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Les filles ça drague : épisode 1

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Arrive le moment tant attendu (on espère ce jour depuis l’entrée en maternelle) où la fille décide de passer à l’action lasse qu’elle est de contempler des posters et ses copains de classe en soupirant.

Le tempérament intervient bien entendu : timide, rentre dedans, passif, mais elle va en passer par les étapes suivantes :

  • Repérage du mâle, accidentellement parfois (le répérage c’est la clef de tout, y compris et surtout en temps de guerre (où y a-t-il des patates ?), et là c’en est une)

  • Pistage du mâle pour savoir où il habite (important également le pistage pour bouffer en temps de guerre et d’occupation : trouver la planque à patates),

  • Se faire repérer du mâle sans pisser partout (ben quoi, c’est comme cela que cela se fait à 99 % des cas pour les mammifères : on laisse des traces, Monsieur suit la piste)

  • Créer plein d’occasion pour des rencontres “tout à fait par hasard”

Pulchérie était donc tombée sur une bombe, un petit con brun à l’oeil torve qui habitait le pavillon donnant sur la pelouse donnant sur nos fenêtres de chambres (suivez un peu, et visualisez, j’ai la flemme de faire un plan). Une fois le mâle repéré, il fallait qu’il repère qu’il y avait des filles (surtout elle) dans le troisième appartement à droite en partant de la façade de l’immeuble gauche.

Plan A : espionnage intensif du pavillon occupé par une famille normale, sauf le petit con. Pour se faire comment je pique les jumelles de mon grand père et que je me planque dans la chambre de maman (premier hiver, voir “conseils utiles aux ignorants…”) pour repérer ses habitudes et les heures où il est dans sa chambre.

Plan B : se montrer à la fenêtre aux heures où il est dans sa chambre. Et que je te secoue les couettes, housses de couettes, taies d’oreillers, oreillers, par la fenêtre. Et que je mets des posters dans la chambre, bien debout sur mon lit en tenue séduisante, pour qu’il visualise bien. Ceci avec la complicité de sa soeur boulottant des kiwis debout sur son lit pour être également dans le champ de vision du petit con…

Filles repérées. A lui l’honneur. Il fait appel à un copain, le concept de la bande étant important pour les plans drague, et puis il y a deux filles… Difficile de faire de la mobylette cross sur la pelouse donnant sur la chambre des filles sans déclencher l’alerte rouge coté syndic. Donc, 40 passages par jour de la mobylette vrombissante et pétaradante, sous le balcon côté salon, brusquement investi par les filles volontaires pour arroser les géraniums (une corvée de moins, des emmerdes en vue). 40 passages par jour à risquer leur vie à regarder surtout le balcon et pas où ils allaient, pour vérifier qu’ils était bien repérés (pauvres innocents, se prenant pour des prédateurs alors qu’ils n’étaient que les proies). Combien de fois avons nous craint de les voir se rétamer sur le bitume (enfin surtout les filles, moi je n’attendais que cela, j’étais morte de rire, d’autant qu’elles n’étaient même pas discrètes, comptant sur mon  soutien).

Débarque la cousiiiiine pour 8 jours (heures exquises) qui elle, ne se contente pas de ruses, mais attaque direct. Déjà secouer les cousines, ça dure depuis trop longtemps, sortir, et se montrer dans la rue le plus possible. A l’époque j’avais l’épaule en Louis XV (je vous raconterai, c’était à mourir de rire surtout 10 ans après) et du mal à les faire sortir pour acheter une baguette. Les envoyer à Rampion était autrement fortiche “de quoi je vais avoir l’air avec des sacs plastiques pleins de courses ?”. Ne pas répondre “d’une gentille fille qui aide sa mère”. Faire des courses c’est ringard et point barre… Elles n’allaient donc faire des courses que munies d’un immense sac à dos pour dissimuler leurs turpitudes, et sous la menace de représailles sanglantes, ou de me voir vomir du vert fluo.

Tout à coup, miracle “on peut te faire les courses ?”. Exit 3 créatures éblouissantes pour feinter le gérant de chez Rampion sans doute. Compter une heure pour l’aller et retour, avec le bruit de la mobylette diabolique s’estompant comme par hasard avec le départ du trio et revenant avec lui. Zut on a oublié le pain, on y retourne, mais c’est pas grave maman chériiiie !. Et puis comme disait la cousine, par un si beau temps, pourquoi rester dans la chambre, alors qu’on serait si bien dehors, sur la pelouse donnant sur le pavillon du petit con qui aura une vue plongeante sur nous ?

Piques niques sur la pelouse et ras le bol des voisins à les entendre glousser, mais les garçons n’étaient pas entreprenants et se contentaient de les contempler par la fenêtre qu’elles regardaient discrètement 15 fois la minute.

Hivers n° 2 et chute de neige. Et qui vient donc se battre à coup de boules de neige, sur la pelouse recouverte et juste sous les fenêtres des filles ? Le petit con et son copain. Pas de bol : une boule de neige malencontreuse dans la vitre des filles. Ouverture de la fenêtre avant le bris de glace définitif, discussion. Et voilà mes mignonnes qui quittent l’appartement habillées en inuits et en urgence “on va faire un bonhomme de neige, on n’est pas pressées de dîner”….

La glace était rompue… Moi aussi…

Posté le 18 août '06 par , dans Faites des gosses !.
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