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Les filles ça mange (et les garçons aussi)

BB_qui_boude_56800768Ce n’est pas le tout de mettre au monde des enfants qui vont illuminer votre existence : il faut les nourrir et ce, jusqu’à un âge avancé. (Je vous l’avais dit que mon billet sur “conseils utiles aux ignorants qui….”  n’était qu’une petite introduction…)

Certains innocents pensent que (sur le plan de la bouffe) cela va se passer tout seul : ils ont tort dans certains cas, voire même en général totalement.

Tout commence à la maternité. On a décidé de donner le sein, mais BB n’en veut pas, il ne sait pas comment cela fonctionne (il y a bien un mode d’emploi mais il ne sait pas lire). Un biberon il n’en veut pas non plus (une tétine en plastique quelle horreur !). Résultat il braille, et cela fait du bruit tout petit que c’est : à chasser une horde de prédateurs (c’est peut-être le but de la portée du cri qui vrille les tympans : ne plus s’interroger sur la disparition du tigre aux dents de sabre en général et de la hyène en France en particulier, même la mère a envie de foutre le camp, c’est dire).

Pulchérie m’a fait la totale. Elle ne voulait pas du sein. Après avoir vérifié qu’elle respirait bien par le nez et les seins au bord de l’explosion, je lui ai enfourné le tout (pas les deux hélas) et elle a finit par trouver le truc. Elle voulait bien du sein du coup, mais toujours un seul à la fois, et surtout pas de la pipette avec fluor + vitamine D destinée à lui éviter une mort prématurée. Elle me régurgitait l’intégralité de la pipette sur mon plus joli pull (c’était l’hiver). Elle a survécu, on se demande comment.

Ma pédiatre n’était pas pour une alimentation diversifiée trop tôt (à l’époque la mode c’était : à 3 mois on diversifie et on les passe au steak haché), moi non plus, donc Pulchérie eut droit au lait exclusif jusqu’à 6 mois (vicieusement j’avalais les vitamines et fluor pour qu’elle en profite, tout passant dans le lait). Le temps passant un peu, et passé 3 mois, je réussis à lui faire accepter un biberon le soir nonobstant cette dégouttante tétine en plastique, et un le midi en lieu et place du sein (avec de la bouillie le soir pour qu’elle soit rassasiée jusqu’au matin + les médocs indispensables à sa survie avant de clamser pour over dose de vitamine D et fluor).

Il fallu commencer à lui donner des biberons avec bouillon de légume. Berk…. Elle n’en voulait pas et tournait la tête vers moi, me déclenchant une montée de lait. La pédiatre me suggérat de la feinter et de diluer le lait maternisé dans le bouillon. J’ai goûté et c’est à gerber, mais enfin elle n’était pas née que pour rigoler. Elle finit par accepter le bouillon de légume et la compote (toujours diluée dans le lait, mais là c’était meilleur).

Passage à la petite cuillère : c’est quoi ce truc métallique ? J’en veux paaaaas ! L’astuce c’était de la faire rire pour lui enfourner la compote de fruits ou le yahourt (je n’allais pas l’attaquer direct avec une soupe) dans la bouche, jusqu’au moment béni où elle a déglutit le contenu de la cuillère sans en baver partout, et comprit qu’elle se nourrissait ainsi. Son père faisant le Jacque pour qu’elle rigole bien (attention chérie elle va rire, et hop la cuillère, et c’est super sexy Albert avec une passoire sur la tête !)

Là eut lieu une période (comme une glaciation)  idéale où elle mangeait de tout, même de la vache qui rit et des épinards, parfois les deux mélangés (j’ai une photo où elle est morte de rire, des épinards plein la bouche, j’ai une preuve). Car sous peine de filier illico dans la catégorie “parents indignes”, on est priés de donner de tout à l’enfant, même ce que l’on n’aime pas. Parfois on goûte le petit pot et on se dit qu’on est vraiment des parents indignes… (surtout quand c’est celui avec des épinards, les cuisiner nous même merci bien)

Un beau jour tout à coup (la glaciation ayant prit fin), ce bel appétit cessa. Pulchérie n’aimait plus que le jambon, et coquillettes au beurre demi sel, et les desserts (éventuellement un oeuf coque…) . La faire manger était tout un poème, même ma mère renonçait et faisait cuire des pâtes, ayant chargé le frigo en beurre demi sel. Le jambon devait être passé à la moulinette (à 14 ans elle le passait dans le presse ail, c’était mieux, surtout qu’elle me laissait l’engin à nettoyer avec une allumette puis de l’eau savonneuse).

Jusqu’à ses 17 ans elle frisa l’anorexie sauf pour les barres chocolatées et le riz au lait, pendant que Delphine terminait tous les plats et lui mangeait sa part (en douce qu’elle croyait).

Car Delphine elle n’avait pas eu de problème avec le sein, ni le biberon qu’elle maîtrisait top classe. En une journée après quelques grimaces elle était passée du lait à la soupe à la petite cuillère (faut survivre) (d’alleurs si elle déprime : lui faire une soupe), dévalisait le frigo la nuit dès 12 ans (impossible de mettre un cadenas à ces trucs là, c’est mal conçu), et dévorait le poulet froid prévu pour le repas du lendemain avec un pot de mayonnaise et de la rouille quand la mayonnaise avait rendu l’âme.

Aujourd’hui la tendance est inversée. C’est Pulchérie qui demande “on mange quoi ?” et Delphine qui indique aux innocents prêts à lui servir de la compote à la vache qui rigole : “j’aime plus ça”.

Ma meilleure amie qui a trois fils me demande de vous préciser que pour des garçons il faut prévoir un frigo de secours blindé quand ils arrivent à l’adolescence… (encore qu’une adolescente ingurgite aussi pas mal).

La vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 22 août '06 par , dans Faites des gosses !.
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