Les grandes décisions…

Les_grandes_d_cisions_53273203Les grandes décisions se prennent rapidement voire même pire encore. C’est cette capacité à prendre de grandes décisions qui distingue le fin stratège de celui qui eusse mieux fait de ne pas faire l’école militaire et de rester chez lui à cultiver l’asperge (j’aime bien les asperges, avec de la sauce hollandaise de préférence).

On peut passer des heures à hésiter pour des trucs idiots (j’aime bien les trucs idiots).

  • Je prends la robe noire ou la bleu marine ? (finalement les deux, le commerçant lassé nous faisant une ristourne de 50 % sur la deuxième, ce qui fait que c’était une affaire à ne pas louper)

  • Je mets mes chaussures à haut talon quitte à faire trop vedette des années 50, où les chaussures de chaisière qui seront divines et pleine de contraste avec le reste ?

  • Je mets de l’essence dans la voiture qui broute ou ça peut attendre ?

  • J’écris au fisc ou je fais la morte en lui envoyant mon attestation de don d’organes ?

  • Je me lève et je vais bosser ou je téléphone que j’ai la peste et que j’attends le SAMU ?

  • Je fais un gigot où une blanquette ? Tarte aux pommes ou fondant aux poires ? Avec ou sans fromage ? Salade ou pas ? (la vie n’est qu’un long calvaire)

Mon avant dernière grande décision, a été de flanquer Charles Hubert mon deuxième ex mari à la porte. Je n’ai pas envie de passer pour une mégère et je m’en vas vous expliquer pourquoi (ne vous endormez pas, merci, parce qu’après il y a ma dernière grande décision qui compte pour moi).

Je suis tombée amoureuse de Charles Hubert étant en pleine recomposition de mon moi existentiel (traduisez : elle n’allait pas bien la pauvre et elle ne s’en rendait pas compte), et lui ayant une double personnalité (cela porte un nom, mais Delphine n’est pas là pour me l’épeler ce nom en « phrène » précédé de « schyzo ». Rien n’est plus dangereux qu’un réel « phrène » doublé d’un maniaco dépressif qui cache bien son jeu (c’est normal, cela fait partie des symptômes, donc, méfiance…). Seulement le problème c’est qu’il avait l’air bien, encore que chez lui ce soit le bordel comme personne ne peut l’imaginer (j’aurais dû partir en courant, je ferai un post sur nos instincts de survie qu’il faut suivre absolument). Excepté le bordel, j’avais l’impression d’avoir rencontré l’homme qu’il me fallait (les filles si vous ricanez, je vous flanque une tarte, je suis tout de même votre mère !)

Nous voulions un enfant (j’aurais bien aimé avoir encore une fille et pourquoi pas encore une autre fille, je pense que je ne m’en serais jamais lassée…). Lui, voulait un gosse. Quand il m’a demandé ma main, je lui ai quand même précisé que passé 40 ans on ne concevait pas et ne chiait pas un chiard aussi facilement qu’à 26, âge limite où j’avais accouché de Delphine en espérant bien lui faire une petite soeur (une fille de plus, Albert s’est dégonflé, je le hais).

Bref. Charles Hubert avait méprisé cet avis pourtant réel, décidé que de fonder un couple était sa seule raison de vivre, qu’il s’en fichait d’avoir ou non un gosse et comme une idiote sorcière, j’ai dit « oui ». Parce que moi je ne sais pas ce que c’est que de se mentir à soi-même… (sauf quand j’ai voulu croire encore qu’il n’était pas fou, pendant environ un an, vous oubliez tout de suite).

Depuis donc un an, il était odieux, parce qu’il était au chômage et je ne savais pas ce que c’était MOI que de toucher les assedics (siiiiiiii). Depuis un mois et demi il était odieux puissance 20, à vouloir partir aux USA faire un reportage photo TOUT SEUL (alors qu’il n’envisageait pas de passer une soirée sans moi, avant un certain soir où il avait loupé le dernier train devant le ramener de Paris), à me faire des crises perpétuellement, hurlant parce que j’avais acheté une pizza et qu’il était assez grand pour se nourrir tout seul…. Il me cherchait continuellement, cherchait le conflit.  L’enfer qui suivait une sale période… J’étais au bord du gouffre, non décidée à ce que cela continue trop longtemps (ça il ne l’a pas senti) et j’ai fait un grand pas un avant un beau jour (sauf que du coup j’ai rebondi sur un gros matelas posé au fond par mon ange gardien).

Vacances pourries. Malade à crever (je suis sûre qu’il m’avait donné de l’arsenic ce rat et je ne rigole même pas, vu son indifférence narquoise aux urgences. Il attendait ma fin et l’usufruit de l’appartement, ignorant qu’il m’avait fait tellement chier que j’avais annulé le tout au dernier vivant parce que je n’étais pas QUE conne), temps de merde, je décide un beau soir devant une promo internet, de partir en Egypte pendant ma dernière semaine de congés. Lui n’était pas libre, ayant trouvé un CDD, et je propose à ma méchante de l’emmener détestant être seule et Delphine ayant connu l’Egypte pour sa majorité, avec Albert (et n’étant pas libre, sinon quel calvaire de choisir).

La méchante hésite 15 secondes « je ne sais pas, il faut que je réfléchisse, OK« . Je réserve le voyage le mercredi pour départ le samedi. Charles Hubert ravi « tu vois que les voyages c’est ce qu’il faut, tu ne pourras pas t’opposer à ce que j’aille faire mon reportage photo aux USA… ». Prends moi pour une conne, on en reparlera… (et quand on commence comme cela c’est mauvais signe, je vous le dis, surtout quand on a annulé son tout au dernier vivant (en fait je voulais tout pour mes filles))

Le lendemain soir, attendant des nouvelles du Tour opérator devant confirmer le voyage, je me prends un mail en pleine tronche, d’une américaine appelant Charles Hubert « mon chéri », et ravie qu’il puisse venir la voir en octobre vu « que ton femme parte toute seule peut-être avec sa amant en Egypte ». J’ai eu un petit choc devant cette grammaire désastreuse.

Charles Hubert s’est pris un aller et retour en rentrant, et je n’aurais jamais cru que je pourrais giffler un adulte un jour. Mais devant son oeil torve, alors qu’il traitait « sa correspondante américaine, oui j’ai oublié de te parler d’elle » de folle « ce n’est pas de ma faute si elle m’appelle mon chéri ! cette folle », alors qu’ils n’avaient fait que s’écrire et se répondre et que j’avais donc pu tout lire, je n’ai pas pu résister… J’en ai gardé un bleu dans le creux de la paume pendant 3 semaines (lui rien, il y a un dieu pour les cons)…

Oui j’avais tout lu. Qu’il n’avait pas fait que louper son train. Qu’il était triste depuis qu’elle était partie. Qu’il allait me pourrir la vie et me pousser au suicide pour hériter. Qu’il était fou d’elle, qu’il arrivait pour lui faire beaucoup d’enfants dans une petite maison dans la prairie, etc… Je pense que beaucoup me comprendront (même les hommes).

Je partais tout de même le lendemain avec la méchante, un peu sciée quand même, ne voulant rien faire dans l’urgence car j’aurais fait n’importe quoi (me tirer en lui laissant MON appart). La grande décision je l’ai prise en revenant (après avoir un petit peu cogité, on le comprendra, et merci à la méchante pour ses silences pendant que je soliloquais), en le retrouvant même pas piteux et déconfit, de retour d’Amstermam où il était parti en reportage photos juste pour mon retour… Dépité tout de même que son petit mot sur le bureau « je suis parti à Amsterdam pour le WE, reprenons un nouvel élan, on en parle lundi », ne m’ait pas satisfaite (les femmes, c’est compliqué, tu es vraiment chiante !). Il a cru bon de préciser « je veux un enfant, j’en ferai un à une non stérile et tu ne pourras que t’incliner et l’accepter ». D’où mon « tu as 2 heures pour partir ou je flanque ta garde robe par la fenêtre ». Comme j’avais pris, très classique, le rouleau à patisserie (il faisait quand même 20 cm de plus que moi et les kg qui vont avec), il s’est exécuté en soupirant : ces femmes toutes des mégères ! (et lui pas con de donner la boite mail commune à sa copine !) et s’en est retourné chez sa mère en attendant que ça me passe.

Sauf que cela ne m’est pas passé. Il ne s’en est toujours pas remis (tout en ayant effectivement fait un gosse à n’importe qui) mais je m’en fous, je plains seulement le gamin et la mère, moyen, parce que j’en ai d’autres à plaindre avant (dont moi qui viens de fêter les 22 ans de sa cadette).

Les grandes décisions se prenent rapidement, et elles ne sont grandes que si l’on persiste et signe. Ne jamais revenir en arrière, telle est ma devise !
(même si 8 jours après on a l’impression que l’on va crever : ça passe !)

Donc ce soir j’ai pris une grande décision en 3 secondes et c’est absolument magnifique.

Surtout pour qui sait ou a deviné ma haine du shopping (oui Hélène je sais, je mérite les mines de sel de bain et tout ce qui va avec, mais c’est comme cela, je déteste faire du shopping).

Depuis ce matin j’en avais un peu marre de toujours porter les mêmes fringues. Non pas que je sois jalouse des pin up de mon boulot. Non, marre d’avoir envie d’un « slim ». J’adore et j’attendais que la mode revienne et ça me va super bien en plus, donc cela me manquait. Marre de bosser pour le percepteur et le syndic. Marre que le banquier me téléphone GENTIMENT en me précisant qu’à la vue de mes relevés de compte il sait bien que je n’abuse pas mais que… Marre tout court. Je voulais tout à coup un slim noir et un pull allant avec, et ne pas me crever le tempérament 47 semaines par an pour une facture de robinet de radiateur que le syndic veut que je change (je m’y oppose, la position ouverte/bloquée me convenant parfaitement) uniquement.

En fait cela me taquinait depuis environ 2 mois

Et là je sors du boulot, je prends la file du milieu pour rentrer chez moi, et tout à coup, en 2 secondes, je décide de prendre la file de droite qui mène à la RN10 et à plein de boutiques, au lieu de prendre la file de gauche qui passe par la campagne et un salon de toilettage pour chiens… Bon OK j’ai bien emmerdé 3 vendeuses et ruiné ma carte bleue, mais bon une fois tous les 18 mois, on me pardonnera…

En tous cas, j’ai pris cette décision en 3 secondes, et je ne suis pas lâchement rentrée chez moi par la RN 10. Non j’avais pris ma décision, et je m’y suis tenue et j’ai acheté plein de trucs !!!!! Parce que depuis deux mois je n’arrêtais pas de me dire dès 15 heures « je vais m’acheter des fringues » (mollo maxi sur la motivation). Et je prenais la bonne direction pour finir par faire celle qui rentrait chez elle et qui testait si ce n’était pas plus rapide la RN 10 que les chemins dans la forêt… Quand j’ai trop mûri ma décision, le fruit est pourri… Surtout quand je dois faire du shopping…

Comment que je suis fière de moi (encouragez moi pour les chaussures, c’est un calvaire pour moi…)

Mais je persiste : LES GRANDES DECISIONS SE PRENNENT RAPIDEMENT !

Et vous, vous avez déjà pris de grandes décisions en deux coups de cuillère à pot ?
(quelles qu’elles soient ? (pour la majorité aller faire du shopping ne compte pas…))

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