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Echarpe, Hachis parmentier et Chili con carne… (part 1)

SourireLes filles avaient décidé de venir passer ce WE à la campagne, avec leur petite maman et leurs grands parents.

L’approche sympa est venue de Delphine me téléphonant mercredi pour me dire que gendre N° 2 avait envie de faire des choux à la crème (quel délicieux garçon). Pouvait-il venir les faire ce WE chez moi Jean Poirotte et Mrs Bibelot ? (chez mes parents c’est immense, chacun sa chambre, chez moi c’est un chambre pour 4 et les filles ne sont pas adeptes (gendre n° 1 et 2 non plus). “Tu dormiras avec nous ma petite maman ? chez papy et mamie ? on pourra faire un tarot, il y a bien longtemps qu’on n’a pas fait un tarot !” ‘Mais bien sûr ma chérie” “En plus on devait aller chez tatie furoncle et on n’a pas envie”. Tatie furoncle c’est mon ex méchante belle soeur, la digne fille de sa mère. Bien fait pour elle de s’entendre dire (enfin) qu’on n’a pas envie de la voir.

OK, super, sympa, les filles viennent (avec leurs mecs). Mrs Bibelot s’inquiète : elle n’est pas là le samedi avant 17 H, s’occupant du repas des anciens de son village, dont elle gère l’organisation, mais qu’à celà ne tienne : les filles s’occupent de tout. C’est bien de voir la jeune génération prendre la relève, on supporte mieux nos ans…

Débat sur le repas du samedi soir après 32 coups de téléphone en diagonale, car les choux à la crème c’est bien beau, mais cela ne va pas nourrir tout le monde. Moi les impôts sont passés et je peux à la rigueur offrir une soupe de légumes ou de poisson pour ne pas faire mesquin (avec rouille et croûton). C’est bof pour les gendres et les filles avec. Pulchérie se propose pour une entrée (elle nous avait déjà fait le coup pour l’anniversaire de Delphine). Reste le plat principal à faire et Jean Poirotte se propose pour un hachis parmentier, mettant tout le monde d’accord. Pour le dimanche midi ce sera petit salé aux lentilles avec saucisses de morteau pour les allergiques au porc. TVB !

Tout va bien donc. La petite maman n’a à s’occuper de rien et peut arriver chez ses parents vers 18 heures. Elle dormira là-bas dans la chambre restée libre, après avoir fait un tarot d’enfer jusqu’à 2 heures du matin et s’être goinfrée de choux à la crème (concept sympa pour moi au départ)

Le vendredi soir le programme change. Déjà la petite maman a été brûlée de partout par un dermato sadique, elle a de la fièvre et se sent très mal. Et puis les filles iraient finalement bien passer la fin de la soirée chez leur tante le samedi après le diner… (adieu le tarot, moi je n’irai pas chez ma soeur que j’adore mais chez qui les filles s’incrustent jusqu’à 3 heures du matin. Moi à 3 heures du matin je dors, c’est pathologique)

Elles s’occupent de tout, mais le samedi midi, m’apprennent, alors que j’émerge de 39° de fièvre avec une sale angine pyélo néphrite qui s’est déclarée le vendredi à l’impromptu (comme de coutume, au boulot c’est mieux) qu’elles arrivent à 15 H et que je dois passer les prendre à la gare. Et les emmener faire les courses. Mais sinon je n’ai rien à faire. Du coup j’abrège mon ménage que je faisais au ralenti la gestion de mon blog : avec de la fièvre je suis un peu poussive… Je fais mon sac sans oublier les antibiotiques salvateurs et de laisser au chat une montagne de croquettes pour qu’il tienne jusqu’au lendemain.

Je les récupère à la gare. Les courses ont lieu et alors que je grelotte au rayon “froid” je suis priée de me souvenir combien d’oeufs il faut pour la pâte à choux et la crème patissière. Je dis 12 au hasard. Delphine a des doutes, elle en prend 20 (il en fallait 6 en tout). Pulchérie décide qu’elle n’a pas besoin de faire une entrée avant un hachis parmentier et qu’elle va acheter du fromage. Elle est folle, sa grand mère a forcément du fromage, elle achète donc de l’eau de fleur d’oranger pour la crème patissière et du sucre au caz-où sa grand mère soit en panne (ça lui arrive) et partage les courses avec sa soeur.

Arrivée chez mes parents. Delphine tombe sur un sac fait par Mrs Bibelot pour une fondation dans laquelle ma soeur vit (elle est handicapée mentale, j’en parlerai un jour, mais ce n’est pas un sujet qui fait sourire, donc cela viendra en son temps). Ce sont des fringues pour ceux qui n’ont pas les moyens de s’habiller. Une écharpe attire tout de suite Delphine : bleu électrique, kitch à mort. Pulchérie la veut aussi dès qu’elle l’a voit autour du cou de sa soeur.

ENGUEULADE des filles pour l’écharpe (22 et 25 ans…), alors que gendre n° 2 essaye de sauver les oeufs et que Jean Poirotte se concentre sur son match de rugby (il souffre).

  • Je veux l’écharpe !

  • C’est moi qui l’ait vue la première !

  • Tu m’emmerde !

  • Toi aussi ! Tu m’as toujours fait chier ! (quelle langage, et c’est moi qui les ai élevées…)

  • Je te hais !

  • Pas autant que moi !

  • Pierre/papier/ciseaux !!! en 3 manches !!!

  • Delphine perd, mais sa soeur a triché ou trafiqué le règlement apparement

  • Mamannnnn c’est quoi 3 manches pour toi ?

  • …. (ne jamais prendre parti, dans une heure elles seront réconciliées sur mon dos) (en plus laissez moi mourir tranquille)

  • Gendre n° 2 pose les oeufs sur un placard, et, prudent, s’éclipse dans les toilettes

  • Tu n’es qu’une tricheuse ! Pour la peine je prends la chambre rose ! (réservée généralement par Pulchérie)

  • Non c’est la mienne ! tu le fais exprès pour me faire chier tu as dit que tu préférais la verte !

  • Galopade dans les escaliers, à celle qui posera son sac dans la chambre voulue la première

  • Hurlements à l’étage, ça se crèpe le chignon. Delphine précise qu’elle prendra effectivement la chambre rose pour faire chier Pulchérie qui n’est qu’une emmerdeuse, Pulchérie songe à trucider sa soeur avec une queue de billard, il faudra lui passer sur le corps pour rentrer dans la chambre rose : Delphine est OK pour lui passer sur le corps et elle peut prendre une queue de billard aussi (1 partout, sauf que Pulchérie piétinant sa soeur en retour personne n’y croit).

  • Gendre n° 2 (sorti des toilettes) me demande si j’ai l’habitude de ce genre de clash, d’un air surpris. Je confirme : à une époque c’était comme cela à la maison TOUS LES JOURS. Ca traumatisait les voisins. Il comprend et compatit. Le plafond craque de manière inquiétante au dessus de nos têtes, le chat demande à sortir. On lui ouvre, on irait bien aussi gambader dans le cerisier. Gendre n° 1 qui fréquente les deux frangines depuis 7 ans n’est pas fou : il travaille dans une pharmacie le samedi et échappe à tout avec un alibi en béton (et en plus on le plaint).

  • Gendre n° 2 admire mon flegme (j’ai de la fièvre) (enfin un admirateur) et me précise que je suis cool. Ben oui, je ne me prends plus le chou depuis qu’il n’y a plus de voisins à épargner. On cherche le livre de recettes pour les choux à la crème pendant qu’à l’étage le parquet craque et que ça hurle.

  • Les filles redescendent l’escalier en piétinant comme un troupeau de tyranausaures glapissants et Jean Poirotte signale avec amabilité qu’il voudrait bien regarder son match tranquille

  • Le rugby c’est con ! précisent-elles s’aventurant ainsi sur un terrain glissant (comme celui du match)

  • Jean Poirotte est chez lui et elles sont priées de la mettre en veilleuse, c’est quoi ce bordel ?

  • Jean Poirotte est chiant avec son rugby et c’est quoi ce langage papy ?

  • Il est chez lui, et elles sont priées de la mettre en veilleuse (BIS) où elles dégagent vite fait, c’est quoi ces enfantillages ? Il aimerait bien regarder SON match tranquille, sans hurlements de gamines hystériques

  • Tu nous as traité de gamines hystériques ?

  • Oui parfaitement  ! (les filles font marche arrière face à leur grand père qui visiblement ne rigole pas, il y aura bien une autre victime à se mettre sous la dent)

  • Je décrète que l’écharpe est pour moi et qu’un mot trop haut en plus : je rentre chez moi

  • Je suis une emmerdeuse qui ferait mieux de porter du rose plus souvent (Pulchérie ne m’aime pas en bleu marine)

  • Oui je suis une emmerdeuse, mais au prochain soupir, je me tire et elles se démerdent avec leurs choux à la crème. Et je me tire AVEC l’écharpe ! et mon pull bleu marine

  • Gendre n° 2 va voir si le jardin se porte bien, les rosiers sont encore magnifiques, il prend son temps…

  • Pulchérie et Delphine essayent mutuellement de s’étrangler avec l’écharpe. Elles résistent, l’écharpe aussi.

  • J’ai toujours un peu de fièvre et je pars pleurer dans le salon (je suis née à Versailles, les grandes eaux c’est mon truc)

  • Ca les calme net, du coup Jean Poirotte les colle à la corvée de patates : c’est indigne de faire pleurer sa fille, leur mère, enfin bref c’est honteux ! Z’ont que ça à faire ?

  • Pulchérie dit à sa soeur : prend là, tu l’avais vue la première !

  • Non c’est pour toi, on est bêtes !

  • Mais non je te dis de la prendre !

  • NON prends là ! Je te laisse la chambre rose

  • J’en veux pas, pour une fois je prendrais la verte

  • Tu es vraiment chiante ! Pierre/Papier/Ciseaux en une manche ! MAAAAMANNN vient voir si ele ne triche pas !!!!!

  • Je t’aimeu ma soeur chérie. Maman, fait pas la tête (pourquoi diable ferai-je la tête ?), y’a des choux à la crème à faire !

  • Jean Poirotte insiste : ne doivent-elle pas éplucher les patates ?

  • ATTENTION : il y a deux épluches patates : un bon, et un mauvais…. Vous devinez le reste… Non ? Vous manquez d’imagination…

La vie n’est qu’un long calvaire, et cela ne faisait que commencer.

Posté le 27 novembre '06 par , dans Dans la série Diabolique.
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