J'suis retournée à Paris

ValiseCeux qui ont suivi, savent que pour moi le top de l’expédition, c’est d’aller à Paris voir les filles. Ce qui était prévu pour le samedi 31 mars (après un report tout de même, sinon ce n’est pas drôle, mais avec les filles il y a forcément quelque chose qui coince à l’heure dite).

J’allais voir les filles, et mes petits enfants (les chats de Pulchérie). Mrs Bibelot avait décidé de m’accompagner pour voir comment ses petites filles étaient installées, et puis il y avait un bail qu’elle n’avait pas mis les pieds à Paris, elle (3 ans, nous avons compté dans le train…).

Je ne me suis pas méfiée de ma mère, et j’avais tort, quand le vendredi soir elle m’a annoncé qu’elle aimerait bien faire une virée au « quartier latin », où elle a plein de souvenirs… En me sortant tous ses vieux plans de Paris et du métro (le RER, connait pas). Je n’ai pas voulu la contrarier et lui suggérer de garder ses souvenirs. Elle voulait revoir le « boul’mich » qu’elle arpentait avec ses amis de la fac de médecine, et la rue de la Huchette dans une cave de laquelle elle allait danser… Ceci il y a longtemps maintenant.

Nous voici donc parties pour Paris, et Pulchérie un peu consternée de savoir que l’on arriverait chez elle « tôt » (12 H 45, annoncer cela à Mrs Bibelot qui se lève à 6 H relève de la haute voltige sans accessoire et rétamage sur la moquette obligé). Décision prise d’aller manger quelque part dans le Marais qui est le quartier de prédilection de ma méchante, de retrouver Delphine et gendre n° 2, et d’aller faire le quartier latin, because Mrs Bibelot y tenait beaucoup. Pulchérie généreuse nous invita pour un thé chez « Angélina », et Mrs Bibelot ravie, me rappela ces périodes ou nous « faisions » la rue de Rivoli avec Mrs Morgan, pour terminer devant un thé divin dans la même boutique… ceci sans oublier pour autant son quartier latin

Mrs Bibelot avait bien prévu son coup, elle s’était même acheté un portable flambant neuf, dont la sonnerie ne fonctionnait pas. Elle avait pris son plan de Paris et tout ce qu’il fallait, dès fois que je veuille la perdre (moi à Paris je ne sais jamais où je suis géographiquement parlant). Nous sommes arrivées à Montparnasse saines et sauves pour prendre le bus, et je la sentais avide de son Paris de jadis. Arrivées à la bonne station, elle savait très bien où elle était (moi pas). Elle a simplement oublié de me prévenir qu’elle voulait voir le marché aux fleurs et faire les quais et m’a fait faire un détour d’au moins 3 km pour arriver chez Pulchérie dans l’Ile Saint Louis,  (qui n’était bien évidemment pas prête, ma fille bien sûr). Moi j’avais faim et déjà mal au pieds (jamais contente).

Nous avons fait « gouzi gouzi arrheu arrheu » avec les chats le temps que ma fille termine de se préparer (3/4 heure). Elle avait prévu elle, de nous emmener déjeuner à côté de chez Delphine, de nous emmener chez elle (Delphine) et après : vive le quartier latin. (Je sentais bien que pour elle c’était « bof », mais elle n’a pas voulu démoraliser et contrarier sa grand mère qui de toutes manières était incontrariable sur ce coup là).

Le déjeuner a été sympa (un peu cher, mais bon…) avec un serveur non collet monté sachant blaguer juste ce qu’il faut. Pulchérie a réglé le portable de Mrs Bibelot sur « sonnerie hallucinante + Vibreur », découvert en rigolant que Jean Poirotte avait essayé de joindre sa femme 6 fois, et j’en passe. Ceci avec une maestria qui m’a fait peur vu qu’elle n’avait pas de mode d’emploi : moi avec un portable je vais faire n’importe quoi (eh oui, l’idée germe)… Le temps se détraquait, voici la pluie… Le lendemain il faisait un temps radieux, mais nous n’allions pas retourner à Paris…

Puis nous voiloù parties chez Delphine. Elle habite au 7ème… Là il y a eu un moment de battement entre le 3ème et le 4ème. Pulchérie qui grimpe les étages à la vitesse de l’éclair (l’habitude de son 6ème de chambre de bonne pendant 5 ans) a trouvé très drôle arrivée au dernier étage de commencer à grimper sur une échelle sous mon regard consterné. Je me suis figée nette : moi vivante, je n’irais pas voir Delphine au prix d’une escalade d’échelle après les 7 étages… Non c’était une blague avant le premier avril… La pluie a commencé à tomber de plus en plus fort et le quartier latin c’était moyen pour les jeunes : Pulchérie, Delphine et gendre n° 2… Eux pensaient plutôt à « Angélina » chez qui Pulchérie nous invitait.

Mais il a bien fallu y aller, via le bus n° 3456, sous la pluie, « mamie » insistant quelque peu et bien déterminée à y aller de toutes manières. Pulchérie était d’humeur aimable et avait son regard qui tue (elle fait ça trèèèès bien). Arrivée à Saint Michel et Mrs Bibelot qui fonce droit devant. Les filles constatent avec stupéfaction qu’elle connaît le quartier… Oui, elle retrouve sa rue où elle allait danser dans une cave. Il vase de plus en plus, et Mrs Bibelot ne reconnait plus rien (évidemment 50 ans après…). Du coup elle n’a plus envie d’aller voir le reste, elle veut garder ses souvenirs.  On fait machine arrière pour reprendre le bus n° 3456 vers « Angélina ». Nous perdons en route Mrs Bibelot et gendre n° 2…

Là j’admire la technique. Delphine dégaine son portable après 2 minutes d’attente sous un porche de la rue de la Huchette pour appeler son Jules (la rue n’est pas longue, l’absence est anormale). Mrs Bibelot s’est arrêtée avec lui (il la trouve super « funky » la grand mère) dans une boutique de souvenirs pour y acheter des parapluies… Nous voici munis de l’engin essentiel en cet heureux jour. Un noir, automatique, avec une tour Eiffel dorée dessus et écrit en gros « Paris ». C’est divin.

Elle se marre  en arrivant  sous le porche où nous l’attendons (avec gendre n° 2) avec son pébroque naze et les nôtres, mais ne retournera plus dans son cher quartier latin qui vit désormais dans son coeur avec ses caves où l’on dansait dans la fumée, quand Sartres était déjà bien engagé et qu’au café de Flore il y avait déjà des folles… Maintenant elle veut son Angélina. Tête de Pulchérie à nouveau… On z’y va. On aurait pu s’épargner la station « Saint Michel »… Finalement la virée a duré moins de 15 minutes.

Pas de soucis… On a marché comme pas possible. On l’a eu notre thé, notre chocolat, notre gâteau exquis… Nous avons cavalé vers la province (ou presque) tardivement : nous n’avions pas vu le temps passer. Nous avons bien vu par contre le train partant pour chez nous décoller sous notre nez et l’affichage annonçant 1/2 heure d’attente pour le suivant…

Je suis rentrée moulue, fourbue, crevée, gavée à mort entre le restaurant du midi (enfin 14 H) et l’Angélina, les mollets en vrac rapport aux 7 étages en montée et en descente, à la marche forcée, ravie, nostalique déjà de cette journée…

Mrs Bibelot nous concocte, je le sens, une virée sur les champs Elysées ou bien finalement chez les bouquinistes et les îles (de la cité, + l’ïle Saint Louis)… Voui, elle en a parlé plusieurs fois de ses bouquinistes (tous fermés ces rats). Avec Mrs Morgan nous avions toutes les trois deux destinations sur Paris, régulièrement (et là elle va en rajouter une) :

  • Les arcades de la rue de Rivoli + Angélina pour terminer

  • Les champs et la maison du Danemark pour le thé.

Donc je sens que l’on va y retourner. Je m’achète des chaussures de randonnées et OK… Je suis un peu triste pour elle tout de même que son quartier latin soit mort, et qu’elle n’ait pas pu nous faire voir « là où j’allais danser »… Elle n’a retrouvé qu’un théâtre qui joue toujours la même pièce depuis jadis… Mais tout le reste s’était envolé.

Toute une époque qui est morte avec comme pierres tombales des boutiques de souvenirs, des marchands de parapluies, de frites et du moche partout.

Pas grave, maman danse toujours dans sa cave enfûmée, elle a déjà rencontré Jean Poirotte et une nouvelle vie sera là… Avec moi pas prévue au programme du départ…

La vie n’est qu’un long calvaire… Sauf pour gendre n°2 ce jour là qui savait bien qu’elle était funky la grand mère…

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