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Archive pour juin, 2007

Le jour le plus long…

Ils_ont_d_barqu__73441768Nous connaissons tous l’histoire, nous avons tous vu “le jour le plus long” au moins 3 fois. Nous savons que ce n’était pas le jour idéal et que sinon il fallait reporter d’un mois.

Les conditions météo étaient mauvaises (c’était un mois de juin pourri), mais à 0 H 15 commence l’opération “Overlord”.

23 000 parachutistes lâchés sur la Normandie. A 3 H 14 c’est le bombardement aérien et à 5 H 30 la préparation de l’artillerie navale. A 6 H 30 les premières vagues d’infanterie d’assaut et de chars débarquent sur les plages d’invasion de la côte normande… Heure inhumaine et bien militaire : comment voulez-vous être à 100 % de vos performances éventuelles à 6 H 30 ? (c’est mon point de vue et je le partage)

130 000 hommes. Sur 17 km il y a un bateau tous les 70 mètres. Avec le jour naissant cette prodigieuse Armada se découvre. Des milliers de péniches de débarquement avancent, appuyées par 8 cuirassés, 22 croiseurs, 93 destroyers, 450 escorteurs et dragueurs, et 360 vedettes lance-torpilles. Quand les américains le veulent, c’est comme quand ils ne le veulent pas… (comme Albert)

Il y a des ratés, des endroits où la plage n’est pas la bonne. C’est la boucherie du siècle sur certaines, qui fut enfin révélée avec “il faut sauver le soldat Ryan”, autrement moins propre comme film que “le jour le plus long” qui reste lui, regardable (si, malgré le parachutiste qui tombe direct dans un puit, les morts font propres et John Wayne est impatient et joyeux d’aller au combat)…

Le soir de ce jour le plus long, 5 divisions américaines, 3 divisions britanniques, 2 divisions canadiennes ont débarqué entre l’Orne et la Vire. Il y a même des “bon dieu de merde d’Australiens” (rien contre les australiens mais il paraît qu’à l’époque leurs soldats étaient très grossiers, et se prénommaient ainsi, étant en grande minorité). Rommel est rappelé d’urgence. Il l’avait assez dit : “les 24 premières heures seront décisives”. Il avait raison, mais trop tard. Les allemands, Hitler, ne croyaient pas en la Normandie…

Après tant de combats, de fureurs, de douleurs, voici enfin venue la bataille de France, la bataille de la France, la vraie (pas celle de 40). Elle le sera. Les troupes avançant péniblement vers l’est s’en rendront compte en entrant enfin en Allemagne : la résistance française les a beaucoup aidées sur son territoire. En Allemagne la percée est moins nette, plus difficile…

Ce sont aussi les petites histoires qui me sont chères. Le papa de Mrs Bibelot, hurlant à sa femme étendant le linge dans le fond du jardin, au risque de se faire arrêter parce qu’il écoutait radio Londres “Ils ont débarqué !”. Là il a commencé à apprendre à Mrs Bibelot à dire aux américains qu’elle rencontrerait “chocolate please”… Elle ne savait pas ce que c’était. C’est ce qu’elle a dit quand Rambouillet a été libéré, et elle a eu sa première barre de chocolat de sa vie…

Ce sont mes arrières grands parents se retrouvant avec tous les voisins dans la rue principale du petit village pour chanter la marseillaise et parfois danser…

Jean Poirotte se souvient aussi du “Ils ont débarqué“. Tout le monde se sentait sauvé tout à coup. Là bas en Allemagne, son père ne savait rien. Sa mère a pleuré un coup (je tiens d’elle, une vraie fontaine), mais tout le monde était content (voir paragraphe précédent). Quand il a vu ses premiers américains également, il a reçu tout un tas de trucs à boulotter et n’a pas compris ce qu’était un chewing gum sur le coup (j’imagine bien la surprise des mômes)… Pendant ce temps là, son grand père en “Marcel” découvrait le “T shirt” qui protège les épaules du coup de soleil cuisant, avec envie…

Mais je laisse la parole à Tom, brancardier américain, qui avait connu une jolie infirmière française et s’est implanté en France, dans le petit village de mon enfance que je fréquente toujours, sans jamais perdre son accent terrible. Tom était brancardier pendant le débarquement et après… Un soir de cuite, il a parlé…

“La mer moussait rose… L’écume était rose de sang, il y avait du je ne sais quoi et je ne voulais pas savoir, qui flottait sur la marée montante puis descendante. Partout, des hommes parfois coupés en deux, atrocement mutilés, ou amputés d’un membre et perdant leur sang, criant, hurlant, et appelant leur mère… Nous n’avions déjà plus de morphine. Nous avions tous fait sous nous, après avoir vomi de trouille dans nos casques dans la péniche. Il y avait de la tripaille partout, de la cervelle sur la plage, des bras et jambes arrachés ça et là. Aucun mort propre sauf certains, semblant dormir, les pires… Combien avons nous laissé d’encore vivants sur cette maudite plage ? Ils avaient l’air morts mais ne l’étaient pas forcément… J’ai sû après qu’on en avait enterré d’encore vivants sans le savoir (véridique)… Trop pour ma conscience… Nous étions trop peu nombreux pour tous ces blessés. Brancardier ce n’était pas la planque, j’ai pété la gueule de tous ceux qui ont prétendu le contraire, jamais de quelqu’un d’autre”…

Non, brancardier Mr Tom on le sait que ce n’était pas une sinécure. Hommage à toi.

Et hommage à tous ceux qui sont morts ce jour là. Juste pour débarquer. La suite allait être longue. Songez qu’il y a des hommes qui ont débarqué le 6 juin 1944 et sont allés jusqu’au 8 mai 1945. Sont-ils rentrés complètement intacts chez eux ces vainqueurs ?

Posté le 6 juin '07 par , dans J'aime bien l'histoire. Pas de commentaire.

Bon anniversaire ma petite maman !

Coeur_LS015908Bon anniversaire à Mrs Bibelot, née juste avant l’anniversaire du débarquement et surtout, la pauvre, juste aux périodes “fête des mères”… (à un jour près elle cumulait les deux)

Que l’avenir nous accorde de t’avoir longtemps encore avec nous, avec ta fougue, ton côté un peu “à côté de la plaque” qui fait tout ton charme, ton amour de la vie, ton énergie qui parfois me manque, moi avec qui tu n’as que 21 ans de différence (mais nos vies ont été tellement différentes que j’ai décidé de ne plus culpabiliser)

Que l’espoir ne soit pas vain de te voir encore tailler avec amour tes rosiers dans 10 ans et voire même encore plus longtemps, pendant que je t’aide à tondre ta grande et vaste pelouse parsemée “ça et là” de plantations qui obligent à faire des détours pas possibles… (passer la tondeuse dans ce jardin magnifique est une horreur absolue…)

Que tes souvenirs restent, oui, qu’ils restent, toi qui est la mémoire de ta famille dans laquelle je puise souvent… Que tu sois encore là longtemps pour me recueillir le coeur en vrac ou la tête brisée, quand je viens m’abriter à l’ombre de l’amour tutélaire de mes parents qui savent faire ce qu’il faut, et dire ce qu’il faut.

Que je t’entende dire “gouzi gouzi arrheu il est mignon le tout petit” au prochain bébé qui sera de mes filles ou de leurs cousins/cousine…

Que tu garde encore pour longtemps ta démarche alerte, toujours de jeune fille, ton côté excentrique, ta passion des bibelots… Quoi que puisse en penser Pulchérie il y en aura que je récupérerai, certainement en larmes, en pensant à toi, le plus tard possible je l’espère…

Bon anniversaire ma petite maman. Tu n’as pas Internet alors je te téléphonerai bien sûr… Je n’aime pas te voir prendre un an de plus. Egoïstement je sais que je te suis à 21 ans à peu près, et surtout surtout, que le temps passe de plus en plus vite, qui fauche nos espoirs, nos amours, notre vie…

Pour moi tu es toujours la jeune maman de 30 ans, ces 70 ans, c’est une mauvaise blague du destin…

Tu es toujours la jeune grand mère de 44 ans couvrant ta première petite fille de vêtements, tu es toujours la femme enceinte de ma petite soeur, celle sur laquelle j’ai toujours pu compter. Je sais que tu sais que tu peux également compter sur moi. Enfin je l’espère.

J’ai mis le gros coeur sur Internet, car se dire “je t’aime” entre nous, comme je le fais avec les filles, cela n’a jamais été de mise. Je n’ai néanmoins jamais eu de doutes sur l’amour que tu me portais et en cela je te dis à jamais merci.

Bon anniversaire Mrs Bibelot (et bien SI, je lui ai offert un bibelot pour la fête des mère et son anniversaire…)

Posté le 4 juin '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.