Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Chroniques d’une vie ordinaire'

2 H 15 derrière l’armoire

Attente_tlp769507Ces femmes là attendent chez le coiffeur que cela sèche, elles ont de la lecture, ce sont des femmes heureuses (même si elles ont franchement une tronche de cake sur ce coup là).

Je vous ai fait la belle soeur dans le placard, je vais vous faire la sorcière derrière l’armoire (moi donc, et c’est tout à ma gloire)…

Déjà je rectifie, ce n’est pas une armoire, c’est une bonnetière… Dans la maison que nous avions achetée avec Albert, nous avions une énorme cheminée. Large et profonde. A gauche mon bureau (genre elle fait ses papiers comme personne, sans ordinateur dessus ça ne se faisait pas), et à droite la bonnetière dans laquelle nous avions mis la TV, la chaîne stéréo, etc… Pour faire joli nous avions harmonisé l’emplacement de la bonnetière avec la limite de la cheminée, ce qui laissait de la place derrière…

Albert m’ayant quittée, prenait régulièrement à l’époque ses filles, pour les lourder le dimanche soir (façon siège éjectable) en me précisant que Pulchérie n’avait pas fait ses devoirs, de préférence quand il se pointait à 23 heures, et ce n’est pas une heure pour coucher des enfants, donc, pire, leur faire faire leurs devoirs. Je faisais louper régulièrement la classe à Pulchérie le lundi matin parce que la maîtresse (une salope celle-là, la seule de ma carrière de mère, mais elle était tellement gratinée qu’elle aura son post), était contre le divorce et malgré mon mot d’excuse, flanquait 100 lignes à l’innocente vraie (pour une fois…).

Ma soeur était venue s’installer chez moi dès la désertion d’Albert. Jean Pascal faisait son service militaire et revenait le WE. Un dimanche soir, Albert par téléphone (le portable n’existait pas) signala à ma soeur qui avait décroché, qu’il serait en avance et déposerait les filles vers 19 H.

Là, j’ai fondu mon premier fusible, je ne sais quelle idée m’est passée par la tête, mais je ne voulais pas être là pour le recevoir. Sauf que j’étais là.

  • “Tu n’as qu’à te planquer” me suggère ma soeur d’un ton tranquille, vu que c’est un jour d’hiver verglacé et que je n’ai pas envie d’aller me réfugier chez mes parents (pour attendre un coup de téléphone salvateur, pas question d’aller planquer sur un parking et revenir au moment où Albert arrive, en me vautrant dans un fossé (ma voiture est donc bien en évidence)).

  • Bonne idée, mais où ? Il est capable de monter visiter l’étage ce rat, sous prétexte d’installer ses filles. Filles qui vont chercher maman partout c’est évident… (elles l’ont fait d’ailleurs)

  • “Derrière la bonnetière” est mon idée lumineuse. Y’a de la place…

  • Effectivement c’est parfait. J’y emmène un tabouret. Je m’installe 1 minute, TVB, sauf que je ne peux pas fumer car la fumée me trahirait (malgré la cheminée allumée plein pot et ma soeur et mon beau frère clopant à mort). J’ai tout bien testé, ma soeur est toute OK pour emmerder Albert en le réceptionnant elle-même et en lui demandant pourquoi il n’a pas fait faire ses devoirs à Pulchérie et c’est indigne de sa part, elle ne veut pas se mêler de notre séparation, mais il chie dans la colle sur ce sujet là…

  • Voiture s’arrêtant dehors, je me précipite derrière la bonnetière et je m’installe. J’ai pris un livre, mais je n’y vois pas assez pour lire. Me reste à écouter…

  • Ouverture et fermeture de porte d’entrée. Le classique, qui énervait tant mon père quand maman ne nous tombait pas sous les yeux illico “où elle est maman ?” (petits coeurs…)

  • “Ah Albert” dit ma soeur sans se démonter, “Coraline n’est pas rentrée, ce serait sympa de ta part de faire dîner les filles”. Je me fige derrière la bonnetière. Quelle idée lui est passée par la tête ? Elle est folle ? il n’a jamais été question de ça !!! Juste qu’il donne des “explications j’attends” sur les devoirs de Pulchérie, les mette éventuellement en pyjama, et basta !

  • “Tiens Coraline n’est pas là ? il y a sa voiture pourtant !”

  • On la ramènera en retard, et je suis trop fatiguée pour faire diner les poussinettes, tu t’en occupes ?”

  • Je suis tétanisée d’horreur. Je suis là pour au moins deux plombes… Je ne sais pas quel compte ma soeur règle avec moi…

Il n’allait pas dire non ce rat. Le voilà en train de fouiner pour trouver du tout fait, et moi je commence à me morfondre sans nicotine, parce que je sais qu’il va lui falloir un siècle pour faire cuire quelques pâtes, car le tout fait manque cruellement dans le congélo. En plus j’ai envie de faire pipi. Je sais c’est comme ça, ça prend quand ça veut…

  • Je n’avais qu’une envie (outre me précipiter aux toilettes), me tirer de ce trou à rat, mais je ne pouvais pas le faire discrètement et avec grâce… J’étais piégée derrière ma bonnetière…

  • J’entendais Albert tourner dans la cuisine pour faire cuire des pâtes, les passer, chercher le beurre, les servir, avec de la sauce, et “Pulchérie termine ton assiette !” (ça pouvait prendre une heure !) alors que ma soeur feignait l’indifférence la plus complète (non je ne lèverais pas mon cul du canapé pour t’aider…) (elle faisait tante indigne avec dignité et soeur sadique avec)

  • Arriva le moment où ma soeur sentit l’alerte rouge pointer et mon beau frère aussi, qui avaient mis la TV à fond : la chienne qui, depuis qu’elle était réveillée était allée fêter ses petites soeurs, et me cherchait partout, dont le nez enfin sollicité tout à coup fonctionnait trop bien… Et il fonctionnait trèèèès bien…

  • C’est bon Albert (dégage !), je vais les coucher, merci de les avoir fait dîner” “je m’occuperai de la table après” (dégage !)

  • “De rien, c’est normal, je suis leur père après tout…” (départ précipité, la chérie attend à Paris et il a deux heures 16 minutes de retard)

  • Exit Albert au moment où Chloée (la chienne) me repérait derrière la bonnetière à grand coup de snif snif ! Qu’elle renifle c’était une chose, mais qu’elle se mette à remuer la queue en même temps signifiait “j’ai trouvé !” Albert le savait et les filles aussi…

  • “Il était temps” me signala Jean Pascal en douce, en faisant se coucher la chienne dans le panier alors qu’elle manifestait l’envie de venir me rejoindre vu qu’elle ne pouvait pas vivre sans moi… (et la chienne se glissant derrière la bonnetière en faisant son petit “ouarf” de contentement, aurait été moyen pour mon auréole d’absente)

  • Pendant ce temps là, ma soeur faisait monter les filles pour les mettre en pyjama. Impossible qu’elles puissent raconter à leur père qu’en fait j’étais derrière la bonnetière. Pendant le débarbouillage, je pris le large pour ouvrir discrètement la porte d’entrée et la refermer à grand fracas !

  • “Maman t’es làààààà ?” (petits coeurs) (Maman était rentrée, tout allait bien…)

  • “On n’aime pas quand on rentre que tu ne sois pas là” (petits trésors) Tu nous aime maman hein ?

  • Oui mes chéries… Je vous aime très fort et je n’aimerais jamais personne plus que vous (et ça c’est vrai). Gros calin du soir (après pipi obligé) et extinction des feux…

Le résumé c’est que moi comme une conne, rien que pour emmerder Albert et lui faire croire que j’étais partie crapuler ailleurs (et que sa copine lui fasse une scène finalement, grâce aux idées lumineuses de ma soeur, ce qu’elle fit, je l’ai sû après), je suis restée assise sur un tabouret de merde, derrière une bonnetière, pendant 2 H 15 (ce qui n’était pas prévu au départ)… Et qu’encore heureux que la chienne dormait quant je me suis glissée derrière le meuble… Sinon elle m’aurait dénoncée dès le début en décidant de s’installer avec moi pour ressortir dire bonjour à ses petites soeurs, avant de revenir me rejoindre…

La vie n’est qu’un long calvaire… (et vous trouvez ça drôle ?)

Posté le 24 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Comment que je vais me la pêter…

SourireOuiiiii, si l’on peut dire. Pendant que ma soeur termine de tester le sérum X à qui je me dois de consacrer un post un jour et qui n’était pas du tout compatible avec ma peau, figurez-vous qu’il m’arrive une chose extraordinaire…

ON va lire des extraits de mon blogs demain et après demain entre 14 H et 15 H sur “radio suisse romande“. J’ai vérifié : ça existe et mea culpa de ne pas avoir sû que ça existait plus tôt.

Je serai au boulot à me morfondre quand l’émission sur les blogs aura son heure de gloire (et moi avec)… Car ON va lire deux articles de mon blog, deux jours de suite… La Suisse Romande faisant partie de mes lieux de séjour de prédilection, à moi la gloire…

Je suis juste contente de passer à la radio même si ce n’est pas moi qui cause… Votre sorcière aimerait tant se sortir de la souricière que représente son boulot actuel, qu’elle a remercié à genoux celle qui voulait lire des passages de son blog.

Radio Notre Dame qui me réveille toujours tous les matins, me signale que je pêche par orgueuil… (cliquez, vous comprendrez…)

La vie n’est qu’un long calvaire et pourvu que Pulchérie pense à enregistrer ce moment important, moi je ne pourrai pas…

Et j’espère que vous savez capter Radio Suisse Romande, sinon je vous maudis sur 7 générations (sur 7 ça doit forcément marcher, il y a toujours une merde quelque part).

Sinon je reste votre gentille sorcière (un peu stressée sur ce coup là…)

Edit du lundi 23 : voici le lien envoyé par Madame Patate, et aller à 44 minutes 30…

Posté le 22 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

La semaine de vacances aux Arcs…

Jeunes_couples_53272341Cette semaine de vacances aux Arcs avec mon frère et ma (future et maintenant ex) belle soeur est un très bon souvenir. Nous étions jeunes et heureux et ne savions pas ce que l’avenir nous réservait.

On a vraiment rigolé, malgré les disputes des deux autres et le coup du placard (ici), et on ne peut pas dire qu’Albert se soit franchement décarcassé pour trouver des acheteurs. Pas étonnant qu’après il ait vendu des aspirateurs…

Déjà le départ était marrant. Notre voiture surchargée, il fut décidé que ma belle soeur prendrait le volant pour le premier quart. Comme je suis malade à l’arrière, les garçons s’installèrent derrière et tout le monde nous regardait d’un drôle d’air. Mes beaux parents furent indignés d’apprendre la chose : chez eux c’était : les hommes devant, les femmes derrière… Quelle époque !

Nous occupions nos longues soirées à jouer au nain jaune, au rami, ma belle soeur et moi surveillant les tricheurs potentiels (2 dans la salle), le scrabble on ne pouvait pas, le précédent locataire l’ayant jeté par la fenêtre. Je me demande toujours aujourd’hui, comment on peut se prendre de tels rires à jouer au nain jaune… C’est imparable dans ma famille…

Nous étions fauchés bien naturellement, mais nous avions réservé de l’argent “pour les courses” pour une soirée fondue et une soirée raclette au restaurant. C’était l’époque préhistorique de la vraie raclette que l’on racle vraiment, à chacun son tour, plus sympa à mon sens quand on n’est pas plus de 4, que l’actuelle raclette où tout le monde fait fondre en même temps (c’est mon avis et je le partage…) (seul inconvénient, en attendant son tour on picole un peu trop et on rentre comme on peut, mais en rigolant bien)

Il y avait un problème potentiel qui existait tout de même : la cigarette.

Albert fumait, mon frère et ma belle soeur aussi (moi pas encore, et pourquoi ai-je commencé ?). Elle très peu, et donc les “garçons” plus gros fumeurs, avaient l’habitude de piocher dans son paquet sans vergogne (dans son dos surtout). La clope n’était pas aussi chère qu’aujourd’hui rapport “sous qui rentrent/sous qui sortent”, mais bon, ça l’agaçait la belle soeur, de retrouver son paquet vide alors qu’elle s’en serait bien grillée une et je la comprends désormais (fort hélas).

Comme deux gamines nous sommes donc allées, sous le prétexte que le lait allait manquer, acheter des pétards à mettre dans les cigarettes, au rayon “farces et attrapes” de je ne sais plus quelle boutique (on trouve de tout à la montagne, pas comme à Rampion). Je crois qu’au passage on a acheté également une ou deux cuillères qui fondent et un coussin qui pète. Quand on est jeune on fait n’importe quoi (je ne ferais plus cela maintenant… (hem))

Nous avons donc farci les cigarettes de Julienne de pétards, en faisant une petite marque invisible pour le non initié sur les cigarettes piégées.

Nous étions ravies, mais nous avons loupé la meilleure de la cigarette qui explose, car elle a eu lieu loin de nos yeux, ce sont eux qui nous ont raconté, sans avoir vraiment compris (devant nos airs innocents et nos “Oh !”) ce qu’il s’était réellement passé…

Elle en avait marre de skier et avait décidé de rentrer. J’allais les attendre en boîtant (je vous rappelle que j’avais un genou en vrac, pour ceux qui suivent), vers 16 heures, toujours au même endroit, où elle me retrouva. Les “garçons” décidèrent de faire une dernière descente.

“Merde, c’est ton frère qui a mon paquet de clopes” me déclara ma belle soeur après leur départ. Pas grave elle pouvait en acheter un autre. Qu’elle planqua dans un placard…

C’était la toute première des pétards…

Voiloù mon Albert et mon frère s’installant sur un télé siège, avec, je ne sais pourquoi un pauvre quidam qui avait décidé de rester AU MILIEU du télé siège. Il était donc cerné par l’équipe de fer.

“Tiens constate mon frère, Julienne a oublié de reprendre son paquet de clopes qui est dans ma poche, on va pouvoir lui en piquer quelques unes. Je t’en offre une Albert ? Vous en voulez une Monsieur ?”

Le pauvre obtempère. 3 clopes d’allumées (sur le premier paquet on avait piégé un max parce qu’elle fumait peu).

  • Au premier PAF ! (Albert), le gars du milieu l’a regardé d’un drôle d’air. Albert s’est demandé ce qu’il se passait et a jeté la cigarette…

  • Le deuxième PAF ! (mon frère) a suivi à 2 secondes près, tétanisant définitivement le voisin du milieu (et les deux “garçons” aussi), on ne leur avait jamais fait ce coup là… Cigarette jetée à son tour…

  • Pour se remettre le gars du milieu a tiré un bon coup sur sa cigarette et le plus merveilleux PAF ! du pétard cigarette a eu lieu… (étoile des neiges…). Il les a quittés précipitamment arrivé à bon port, en les regardant curieusement. Ils ne l’ont jamais revu… (il s’est tôlé dans la descente et est resté coincé dans un placard après, du coup…)

La guerre des pétards a duré toute la semaine, avec à chaque vol de clope à la belle soeur un “putain, pourquoi tu n’en as jamais des qui explosent ? C’est quoi ce bordel ?” (ben c’est nous qui avons piégé les cigarettes avec Coraline et je sais voir la marque de la cigarette piégée banane !) (en plus ils n’avaient pas de chance, ils tombaient toujours sur une piégée).

J’ai dû tout avouer à Albert, quand, une fois rentré à Paris, il prit sa plus belle plume pour porter plainte auprès du SEITA… (c’est quoi ces explosifs, un nouvel adjuvant à la drogue dure ?)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 22 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Fifi brin d'acier…

Je l’ai oubliée dans mes livres 4 à 4… Elle m’est revenue en mémoire ce midi quand Jean Poirotte devant les couettes de la petite dernière, a évoqué Fifi brin d’acier…

Ma nièce n’est pas Fifi brin d’acier : elle frise… Mais tout à coup me sont remontés à la mémoire ces livres que j’adorais, de cette petite fille vivant toute seule, trop forte, avec des cheveux méga raides… D’où le surnom… Brin d’acier pour la force et la raideur du cheveu… (un peu moi pour les cheveux…)

Y a-t-il UNE personne ici, qui sait qui est Fifi brin d’acier ????

Posté le 15 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Cachée dans le placard…

Dans_le_placard_57519927Cette histoire est 100 % authentique d’où la série “chroniques d’une vie ordinaire”… (c’est sans commentaires sur “la vie ordinaire”)

Albert vendait des appartements en kit aux Arcs. Vous savez, ceux des bronzés qui font du ski et que si tout le monde prend 12 heures de retard et bien Juniot il skiera en juillet dans 7 ans ?… (et comment qu’il balance le scraable par la fenêtre).

Bref ce n’est pas drôle du tout. Albert devait passer 1 semaine par mois à la montagne pour vendre ses kits, pendant 3 mois.

La première semaine, comme nous avions un appart pour nous tous seuls, nous avons invités mon frère et ma future belle soeur à nous accompagner. Elle était ravie, elle qui était skieuse hors pair, et mon frère aussi (ravi) qui ne demandait qu’à découvrir (le ski) (pour la deuxième semaine Albert avait invité son père et sa mère, et aurais-je la force de faire un post sur cette semaine inoubliable ?)

Déjà à l’époque mon frère et sa future s’engueulaient tout le temps (ça a duré un morceau de temps), mais nous ne nous en rendions compte que le dimanche midi chez le grand père (l’apiculteur) et l’après midi du dimanche. On pouvait espérer que le dimanche n’était pas un bon jour pour eux…

Arrivée dans l’appart : déjà bouderie : un seul lit de deux personnes et des lits superposés dans l’entrée. Comme Albert et moi vivions déjà ensemble (et donc pouvions crapuler à notre aise), nous leur avons cédé très rapidement le lit pour deux pour nous en faire un pour nous dans l’entrée en nous débrouillant avec les lits superposés que nous avons dé-superposés…

Premier petit déjeuner : mon frère ne mange rien le matin et il a tort, parce qu’il va faire du ski et que le petit déjeuner c’est super important… Première dispute “je ne mangerai pas” (des oeufs, du fromage blanc, des toasts à la confiture, des saucisses, etc…)  “tu mangeras”, etc… Albert déjà un peu las… qui récupère les oeufs sur le plat de mon frère sous la table pour éviter le carnage… Il me faut reconnaître ici et maintenant que j’aurais aimée avoir l’autorité de ma belle soeur (ben oui je la considère comme cela, du coup ça m’en fait deux (de belles soeurs, suivez un peu)… car moi je suis genre poire qui déteste les conflits, si que cela aurait obligé mon mari à manger des oeufs sur le plat au petit déjeuner… Moi je n’ai pu obliger aucun de mes maris à RIEN.

Je débutais le ski avec mon frère dans l’école ad hoc, pendant qu’Albert partait avec sa future belle soeur (fallait bien que l’on se marie un jour ou l’autre). Le premier jour s’est bien passé, sauf que j’ai alerté le moniteur après une chute “j’ai cassé mon ski” “non c’est la sécurité qui a sauté mademoiselle“…(ça fait rêver longtemps après). Le lendemain je débute une crise de rhumatisme articulaire äigü dans le genou gauche (exit le ski et bonjour ma carrière d’emmerdeuse moyenne qui débutait).

Je m’en foutais un peu, la montagne que je découvrais n’était pas pour moi : la neige me donne mal aux yeux (je souffre de photophobie aigüe depuis ma plus tendre enfance), impossible de trouver mon équilibre sur les skis, quand je suis en haut j’ai le vertige (et mal aux yeux) et quand je suis en bas ça m’oppresse…

Bref, munie du diagnostic, les antibiotiques à haute dose qu’il me fallait sur ce coup là, je rentre à l’appart avec 7 ou 8 livres à bouquiner pendant que les autres skieraient.

Je végététais dans l’appart en lisant ce qui n’est pas abominafeux pour moi… En ayant prévenu que vu l’état de mon genou il ne fallait pas compter sur moi pour faire la bonne à tout faire…  Mon frère progressait très vite. “Sans aucun style” d’après Albert qui avait, lui, commencé à 5 ans, mais “il va vite et il n’a pas peur”.

Les voici donc partis un bel après midi, skier à trois : Albert le spécialiste depuis ses 5 ans, mon frère débutant mais près à tout, et ma belle soeur fortiche en ski également mais moins téméraire que les garçons… (d’après Albert, moi j’étais incapable de juger)

Je lisais un truc super quand tout à coup ça sonne  : j’ouvre : la belle soeur en rage, ça se voyait tout de suite…

  • J’étais avec les garçons, je les suivais, je suis tombée, ils ne se sont même pas arrêtés pour m’aider à me relever (elle pose ses skis dans l’entrée)

  • Vraiment des rats les hommes (elle enlève sa combinaison)

  • On se fait un thé ? (oui TU fais un thé)

  • J’aurais pu me blesser grave en tombant (dit-elle en buvant le thé). Ils n’en avaient rien à foutre, ils sont repartis sans m’attendre.

  • J’aurais pu me tuer…

  • Ah les salauds, je suis morte sous un pin et ils skient avec allégresse, tu vas voir comment ils vont être  joyeux en rentrant…

Là j’ai refermé mon livre.

  • Déjà Coraline, tu ne m’as pas vue du tout. Je ne suis pas rentrée. Où sont mes skis ? Je les planque sur le balcon… Ils n’y vont jamais ces rats…

  • Ton frère va se faire un sang d’encre, il sera bien temps, j’aurais pu crever sous le pin, je suis morte sous le pin… Bien fait pour lui, j’espère qu’il va en faire un ulcère

  • Si je mets ma combinaison sur le balcon ça n’est pas l’idéal, je peux t’emprunter ta valise ? merci, t’es un chou ! Hops je lave et je range ma tasse de thé (deux ça ferait louche)

  • Quand ils vont rentrer tu ne m’as pas vue hein ?

  • Où que je vas me mettre : tiens dans le placard : regarde j’y rentre tout bien…

  • (ouverture de la porte du placard) : j’y tiens bien, mais avec un tabouret ce serait plus confortable… Merci Coraline.

Et la voilà dans le placard à 16 H. A cette époque à la montagne le retour des skieurs a lieu vers 17 heures… Donc elle a poireauté pendant 1 heure et pendant 1 heure à ne rien faire qu’attendre, on cogite, surtout, je l’imagine très bien, assise sur un tabouret dans le noir d’un placard (le salaud, je le quitte, je prends le train de minuit, je suis déjà partie)…

Ouverture de la porte à 17 H pétantes, mon frère en tête, Albert levant déjà les yeux au ciel.

  • Coraline ? tu n’as pas vu Julienne ?

  • Heu non… pourquoi ?

  • Putain, elle fait chier ! elle est tombée, on l’a attendue, elle nous est passée sous le nez en criant je ne sais quoi…

Rien à répondre heureusement. La porte du placard s’ouvre et ma belle soeur en sort comme un diable de sa boîte. Pas le temps de dire quelque chose,  mon frère la pointe du doigt.

  • Je le savais que tu étais là !

  • Tu ne savais rien du tout pauvre crétin ! Je pouvais crever sur la piste, tu n’en avais rien à foutre !

  • Tu rigole ? on t’attendait et tu nous es passée sous le nez en disant des  choses abominafreuses ! Je le savais bien que tu n’étais pas morte !

  • Tu t’en fous que je crève !

  • Oui, enfin non, mais là maintenant, tu peux retourner dans ton placard ça nous fera des vacances !

  • Où sont passés Coraline et Albert ?

  • Je ne sais pas, ils viennent de partir en claquant la porte

  • Faut qu’on les retrouve (surtout pas, mais si, ils nous ont retrouvé à la fondue du secteur)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on racontait ça au papa de la belle soeur, il souriait en disant ” je ne le la voyais pas comme ça” (et là sa femme levait les yeux au ciel, car des scènes père/fille, elle en avait eu sa dose)

Sinon on s’est bien amusés cette semaine là (me reviennent plein de souvenirs) et il faudra que je vous raconte comment je suis restée moi, deux heures et demie derrière une armoire… Rappelez-moi de le faire (si ça vous intéresse s’entend)…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 10 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Il s'en va…

C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, que j’apprécie beaucoup… Il a décidé de nous quitter pour vivre une autre vie dans une autre société… Pour le temps qu’il lui reste à faire avant la retraite dans quelques années. “Une opportunité” dit-il, “l’envie de me poser un peu”

Je n’ai rien à dire sur ses motivations, les raisons de sa démission, qui lui appartiennent, je suis simplement triste qu’il parte… Il va me manquer terriblement, même si son successeur est agréable, charmant et tout le bataclan (pour de vrai), il va me manquer vraiment. L’annonce de son départ fut un choc pour beaucoup… Dont moi. J’avais les mains moites et le coeur palpitant à 40 de tension… Non pas lui !

J’ai travaillé avec lui main dans la main pendant des années, je l’ai épaulé à ses débuts. J’ai pisté tout ce qu’il pouvait perdre et le retrouver, je lui ai fait GPS, je lui ai trouvé des chambres d’hôtel de la gare en catastrophe. Je l’avais au bout du téléphone 15 fois par jour… Sur les gros dossiers “chauds” nous nous soutenions à raison de plusieurs appels par jour, c’était toute une vie (professionnelle) en fait… J’étais son assistante, celle sur laquelle il comptait, et je peux compter avec juste une main les mercuriales méritées ou non, que j’ai pu prendre de sa part…

Il m’appelait “perso” quand il y avait des problèmes autres (comme quand Truchon a fondu un câble), pour m’assurer de son soutien, me remonter le moral et le sien au passage.

Aujourd’hui, c’est le “pot” de départ et je rentrerai tard, certainement triste, très triste, mais je ne le montrerai pas vraiment parce que certains se réjouiraient de ma tristesse et de celle de beaucoup. Parce que certains aiment la tristesse des autres, la méchanceté qu’ils divulguent sans honte, donner glorieusement 2 euro pour le cadeau. Parce que “fêter” un départ c’est tout de même un départ. S’il partait à la retraite, je serais également triste mais plus sereine… J’aurais sû à l’avance.

C’est “entre nous” au téléphone qu’il saura qu’il va me manquer et j’oserai lui dire “tu m’abandonne” d’ailleurs je l’ai déjà fait. Oui il m’abandonne et d’autres avec, sur un chemin que nous avions pavé ensemble… Mais il le sait déjà qu’il va me manquer, nous manquer, à tous ceux qui ne le montreront pas aujourd’hui, et dieu reconnaîtra les siens et lui avec, et je sais qu’il va être triste face à moi, et comme je ne le serai pas, nous resterons dignes. Les plus pleurnicheurs seront les plus hypocrites…

C’est toute une période qui va mourir aujourd’hui lorsque, je le sais, il va me faire la bise en m’appelant sa petite Coraline chérie… Avec son départ c’est toute un monde qui s’en va et ne reviendra jamais. C’est une voix que je n’entendrais plus que rarement, c’est une ambiance qui meurt.

C’est juste un collègue qui s’en va… Quelqu’un que j’appréciais, qui me faisait rire, me donnait beaucoup de travail, mais j’étais là pour ça, avec qui je partageais plein de choses..

Il va terriblement me manquer. Et sachez le, il n’y a jamais rien eu entre nous que la bonne entente entre collègue….

J’ai découvert avec l’annonce de son départ que les deuils ne se vivaient pas qu’avec des “proches”… Il va me falloir faire mon deuil de lui et ce ne sera pas simple. Il s’en va effectivement le 31 juillet alors que je débuterai mes congés. A mon retour de congés, je pourrai mesurer le vide… Pas de mail de lui, pas d’appel…

Ce “pot” de ce jour, n’est qu’un long calvaire… (ça c’est sûr…)

Ca vous est déjà arrivé ?

Posté le 4 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Moi je me tenais bien à table (pas le choix)

Je_me_tenais_bien___table_53272467Ne pas bien se tenir à table était puni des galères, de l’échafaud via la peine de mort, voire pire encore (j’avais bien noté en lisant des lectures interdites, qu’il existait un sort pire que la mort… surtout pour les femmes, mais je ne voyais pas bien ce que cela pouvait être).

Déjà et d’un : les enfants ne parlaient pas à table. Suplice horrible que je n’ai jamais infligé à mes filles, le repas du soir étant un moment convivial à mon sens. Jean Poirotte sadiquement exigeait de ses petites filles deux minutes de silence au dessert, que Pulchérie était incapable de tenir, ce qui rallongeait la corvée facile à 10 minutes (Delphine réclamant les deux minutes de silence en cas d’oubli pour emmerder sa soeur, la chipie (mais elle avait ses raisons), et tant pis si son grand père était attendu par le tour de France (il assumait) et malgré sa soeur menaçant de l’assassiner sans témoin).

Papa avait accepté que l’on parle à table, mais uniquement “culture”. Les gaulois dans la plaine  c’était culture, la trombine du nouveau voisin ne l’était pas (même si cela intéressait maman aussi). Henri IV assassiné c’était culture, sa poule au pot ne l’était qu’à moitié, et la poule au riz de l’arrière grand mère à laquelle nous pensions tous du coup pour le WE prochain était interdite de séjour.

Il fallait mettre les poings sur la table une fois le plat terminé. Quand on se laissait aller à les mettre sur les genoux on s’entendait dire “on n’est pas en Angleterre ici”. Je n’ai jamais vérifié s’il est exact que la politesse anglaise passe à table avec les mains sur les genoux (je suppose que si c’est vrai, les petits anglais ont envie de les poser sur la table).

Ne rien laisser dans l’assiette, même sur le bord (le coin de l’assiette ronde étant difficile à définir). Pourtant on étaient champions pour disperser le gras tout autour de l’assiette. Papa a renoncé à nous le faire manger le jour où on lui a fait remarquer qu’il avait laissé un gros bout de gras de blanquette bien en évidence (et pourtant ce n’était pas culture).

Il fallait terminer le pain. Important le pain pour des parents qui en avaient manqué pendant la guerre. Maintenant s’il n’en reste pas on a l’impression d’avoir tout faux quelque part… On poussait avec le couteau (à l’anglaise) ou avec un petit morceau de pain que l’on n’était pas obligés de manger (curieux).

Pas de menu particulier pour le difficile : on mangeait ce qu’il y avait. Si l’on n’aimait pas on était autorisé à ne pas manger DU TOUT, en souvenir des années avec cartes d’alimentation. Personne n’osait risquer le “je sors de table” et se priver du reste. On mangeait donc…

Faire Slurrrpp avec une paille attirait des regards indignés (d’ailleurs la paille était rare). Finir son verre d’eau était obligatoire (la déshydratation nous guettait). On demandait “puis-je sortir de table ?” et non pas “je peux sortir de table ?” faute de grammaire inqualifiable (et en avant pour la révision des participes passés et de tous les temps y compris du “plus que parfait” dont on se demande pourquoi il est au masculin) Si “oui”, interdiction de partir en criant “youpeee !”. On pliait notre serviette avec application. Si “non”,  il n’y avait plus qu’à ronger son frein en attendant la sentence : “tu peux sortir de table”.

Papa aimait bien prononcer cette phrase juste avant l’arrivée du dessert…. Petit voyou va !

La vie n’était déjà qu’un long calvaire…

Posté le 2 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.