Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour juillet, 2007

Ca recommence…

Ca_recommenceHier matin, en partant au bagne bosser, j’ai croisé sur ma route un chien qui avait l’air un peu affolé et semblait guetter toutes les voitures. Bon il m’arrive très souvent de croiser des chiens qui se promènent, mais au moment des grandes vacances, ça fait un peu louche.

Hier soir, pas de chien… Bon, un vagabond fugueur. D’ailleurs il portait un collier…

Ce matin : re-le-chien, un peu efflanqué par rapport à la veille, mais bon, un mâle à la recherche de sa chérie dont il a senti l’odeur attirante à 7 km, maigrit très rapidement (j’ai connu un setter que l’on avait retrouvé à 7 km de chez lui, à la porte d’une demoiselle “en chaleurs…”)

Ce soir re-le-chien, au même endroit, toujours guettant les voitures, l’oeil paniqué. Pas de doute, plus de doute : chien abandonné. Comme désormais j’ai un portable, je me gare et j’appelle les pompiers… En les attendant (ils sont à 3 minutes), j’essaye d’amadouer la bête. Elle n’est pas méchante, mais je ne suis pas la bonne personne. Les pompiers ont le truc pour lui mettre le grapin dessus.

En fait les maîtres en l’abandonnant, ont été “sympas” si je puis dire… Autour du collier des renseignements pour la SPA. “Je m’appelle Marcel, mes vaccins sont en règle, j’adore les enfants et les chats, je suis très propre, je suis très sage, j’ai vécu en maison avec un grand terrain autour, mais je ne supporte pas les croquettes…”. Un pompier a dit “Marcel !” et du coup le chien l’a suivi…

IL FAUT QUE CA CESSE… C’est dégueulasse d’abandonner son animal. Et cela me rappelle une bande dessinée destinée à sensibiliser les enfants, parue dans SPIROU il y a des siècles.

  • On voit le chien dormant confiant dans la voiture aux pieds de la passagère, avec les bulles de conversation des maîtres (on ne voit jamais les maîtres)

  • “Tiens, il y a une bonne ligne droite, c’est le moment”

  • La voiture ralentit, la portière s’ouvre, le chien est éjecté dehors. Ca le réveille, il panique

  • “Mon dieu, je suis tombé, est-ce qu’ils s’en sont rendu compte ?”

  • Commence un long périple… Le chien renifle partout, il cherche une piste, il cherche ses maîtres qui doivent être fous d’inquiétude pour lui.

  • Il les retrouve après un temps fou. La voiture est là dans un fossé. Ils sont blessés, ils ne lui répondent pas. Il faut qu’il fasse quelque chose.

  • Il part vers le premier village. Son comportement alerte une ou deux personnes qui veulent l’attraper : il les dirige vers l’accident avec son comportement curieux, à aboyer en se dirigeant obstinément dans la même direction.

  • On le suit finalement. On appelle les secours. Le maire prend cette brave bête chez lui pendant tout le temps de l’hospitalisation des maîtres gravement blessés.

  • Ils sortent de l’hopital, le maire les attend : “j’ai une surprise pour vous chez moi”.

  • La surprise c’est le chien qui leur saute dessus, tout heureux.

  • “Sans lui vous ne seriez pas là” précise le maire, “c’est lui qui nous a conduit sur les lieux de l’accident”.

  • Caresse de l’homme, la femme pleure.

  • “Mon pauvre vieux” dit l’homme “je crois que je ne pourrais plus jamais te regarder dans les yeux…”

Mais certains se regardent dans la glace sans scrupule. Un chien, un chat, ce n’est pas un jouet. C’est un être qui nous aime, qui a ses repères. L’abandonner c’est le briser, une vie en l’air qui vaut certainement mieux que celle de celui qui est capable de…

Je l’ai déjà dit : quand on fait certaines choses aux animaux, on n’est pas humain… Et on se demande pourquoi l’homme est un loup pour l’homme ?

Une sorcière pas contente du tout du tout… Comme l’année dernière (ici)…

Posté le 12 juillet '07 par , dans Coup de gueule. Pas de commentaire.

Cachée dans le placard…

Dans_le_placard_57519927Cette histoire est 100 % authentique d’où la série “chroniques d’une vie ordinaire”… (c’est sans commentaires sur “la vie ordinaire”)

Albert vendait des appartements en kit aux Arcs. Vous savez, ceux des bronzés qui font du ski et que si tout le monde prend 12 heures de retard et bien Juniot il skiera en juillet dans 7 ans ?… (et comment qu’il balance le scraable par la fenêtre).

Bref ce n’est pas drôle du tout. Albert devait passer 1 semaine par mois à la montagne pour vendre ses kits, pendant 3 mois.

La première semaine, comme nous avions un appart pour nous tous seuls, nous avons invités mon frère et ma future belle soeur à nous accompagner. Elle était ravie, elle qui était skieuse hors pair, et mon frère aussi (ravi) qui ne demandait qu’à découvrir (le ski) (pour la deuxième semaine Albert avait invité son père et sa mère, et aurais-je la force de faire un post sur cette semaine inoubliable ?)

Déjà à l’époque mon frère et sa future s’engueulaient tout le temps (ça a duré un morceau de temps), mais nous ne nous en rendions compte que le dimanche midi chez le grand père (l’apiculteur) et l’après midi du dimanche. On pouvait espérer que le dimanche n’était pas un bon jour pour eux…

Arrivée dans l’appart : déjà bouderie : un seul lit de deux personnes et des lits superposés dans l’entrée. Comme Albert et moi vivions déjà ensemble (et donc pouvions crapuler à notre aise), nous leur avons cédé très rapidement le lit pour deux pour nous en faire un pour nous dans l’entrée en nous débrouillant avec les lits superposés que nous avons dé-superposés…

Premier petit déjeuner : mon frère ne mange rien le matin et il a tort, parce qu’il va faire du ski et que le petit déjeuner c’est super important… Première dispute “je ne mangerai pas” (des oeufs, du fromage blanc, des toasts à la confiture, des saucisses, etc…)  “tu mangeras”, etc… Albert déjà un peu las… qui récupère les oeufs sur le plat de mon frère sous la table pour éviter le carnage… Il me faut reconnaître ici et maintenant que j’aurais aimée avoir l’autorité de ma belle soeur (ben oui je la considère comme cela, du coup ça m’en fait deux (de belles soeurs, suivez un peu)… car moi je suis genre poire qui déteste les conflits, si que cela aurait obligé mon mari à manger des oeufs sur le plat au petit déjeuner… Moi je n’ai pu obliger aucun de mes maris à RIEN.

Je débutais le ski avec mon frère dans l’école ad hoc, pendant qu’Albert partait avec sa future belle soeur (fallait bien que l’on se marie un jour ou l’autre). Le premier jour s’est bien passé, sauf que j’ai alerté le moniteur après une chute “j’ai cassé mon ski” “non c’est la sécurité qui a sauté mademoiselle“…(ça fait rêver longtemps après). Le lendemain je débute une crise de rhumatisme articulaire äigü dans le genou gauche (exit le ski et bonjour ma carrière d’emmerdeuse moyenne qui débutait).

Je m’en foutais un peu, la montagne que je découvrais n’était pas pour moi : la neige me donne mal aux yeux (je souffre de photophobie aigüe depuis ma plus tendre enfance), impossible de trouver mon équilibre sur les skis, quand je suis en haut j’ai le vertige (et mal aux yeux) et quand je suis en bas ça m’oppresse…

Bref, munie du diagnostic, les antibiotiques à haute dose qu’il me fallait sur ce coup là, je rentre à l’appart avec 7 ou 8 livres à bouquiner pendant que les autres skieraient.

Je végététais dans l’appart en lisant ce qui n’est pas abominafeux pour moi… En ayant prévenu que vu l’état de mon genou il ne fallait pas compter sur moi pour faire la bonne à tout faire…  Mon frère progressait très vite. “Sans aucun style” d’après Albert qui avait, lui, commencé à 5 ans, mais “il va vite et il n’a pas peur”.

Les voici donc partis un bel après midi, skier à trois : Albert le spécialiste depuis ses 5 ans, mon frère débutant mais près à tout, et ma belle soeur fortiche en ski également mais moins téméraire que les garçons… (d’après Albert, moi j’étais incapable de juger)

Je lisais un truc super quand tout à coup ça sonne  : j’ouvre : la belle soeur en rage, ça se voyait tout de suite…

  • J’étais avec les garçons, je les suivais, je suis tombée, ils ne se sont même pas arrêtés pour m’aider à me relever (elle pose ses skis dans l’entrée)

  • Vraiment des rats les hommes (elle enlève sa combinaison)

  • On se fait un thé ? (oui TU fais un thé)

  • J’aurais pu me blesser grave en tombant (dit-elle en buvant le thé). Ils n’en avaient rien à foutre, ils sont repartis sans m’attendre.

  • J’aurais pu me tuer…

  • Ah les salauds, je suis morte sous un pin et ils skient avec allégresse, tu vas voir comment ils vont être  joyeux en rentrant…

Là j’ai refermé mon livre.

  • Déjà Coraline, tu ne m’as pas vue du tout. Je ne suis pas rentrée. Où sont mes skis ? Je les planque sur le balcon… Ils n’y vont jamais ces rats…

  • Ton frère va se faire un sang d’encre, il sera bien temps, j’aurais pu crever sous le pin, je suis morte sous le pin… Bien fait pour lui, j’espère qu’il va en faire un ulcère

  • Si je mets ma combinaison sur le balcon ça n’est pas l’idéal, je peux t’emprunter ta valise ? merci, t’es un chou ! Hops je lave et je range ma tasse de thé (deux ça ferait louche)

  • Quand ils vont rentrer tu ne m’as pas vue hein ?

  • Où que je vas me mettre : tiens dans le placard : regarde j’y rentre tout bien…

  • (ouverture de la porte du placard) : j’y tiens bien, mais avec un tabouret ce serait plus confortable… Merci Coraline.

Et la voilà dans le placard à 16 H. A cette époque à la montagne le retour des skieurs a lieu vers 17 heures… Donc elle a poireauté pendant 1 heure et pendant 1 heure à ne rien faire qu’attendre, on cogite, surtout, je l’imagine très bien, assise sur un tabouret dans le noir d’un placard (le salaud, je le quitte, je prends le train de minuit, je suis déjà partie)…

Ouverture de la porte à 17 H pétantes, mon frère en tête, Albert levant déjà les yeux au ciel.

  • Coraline ? tu n’as pas vu Julienne ?

  • Heu non… pourquoi ?

  • Putain, elle fait chier ! elle est tombée, on l’a attendue, elle nous est passée sous le nez en criant je ne sais quoi…

Rien à répondre heureusement. La porte du placard s’ouvre et ma belle soeur en sort comme un diable de sa boîte. Pas le temps de dire quelque chose,  mon frère la pointe du doigt.

  • Je le savais que tu étais là !

  • Tu ne savais rien du tout pauvre crétin ! Je pouvais crever sur la piste, tu n’en avais rien à foutre !

  • Tu rigole ? on t’attendait et tu nous es passée sous le nez en disant des  choses abominafreuses ! Je le savais bien que tu n’étais pas morte !

  • Tu t’en fous que je crève !

  • Oui, enfin non, mais là maintenant, tu peux retourner dans ton placard ça nous fera des vacances !

  • Où sont passés Coraline et Albert ?

  • Je ne sais pas, ils viennent de partir en claquant la porte

  • Faut qu’on les retrouve (surtout pas, mais si, ils nous ont retrouvé à la fondue du secteur)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on racontait ça au papa de la belle soeur, il souriait en disant ” je ne le la voyais pas comme ça” (et là sa femme levait les yeux au ciel, car des scènes père/fille, elle en avait eu sa dose)

Sinon on s’est bien amusés cette semaine là (me reviennent plein de souvenirs) et il faudra que je vous raconte comment je suis restée moi, deux heures et demie derrière une armoire… Rappelez-moi de le faire (si ça vous intéresse s’entend)…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 10 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Tempéraments différents…

Temp_raments_diff_rentsOn espère élever nos enfants avec égalité et on a tout faux… Il faut compter avec la place de l’enfant dans la famille et surtout, son tempérament profond.

Pulchérie qui pourtant ne s’est jamais laissée abattre a été la seule des deux à terminer dans un pommier à l’école maternelle (on attendait les pompiers pour la descendre, 2 mètres j’hallucine, les maîtresses n’étaient vraiment pas à la hauteur elles).Jamais Delphine ne serait grimpée dans un pommier avec son manteau neuf… (déjà, nuance…). D’ailleurs elle n’aimait pas particulièrement grimpouiller partout, elle préférait se couper les cheveux (en commençant par le dessus de la tête c’est mieux)… et ratiboiser au passage les barbies, consternée de découvrir que non hein, chez les barbies les cheveux ne repoussaient pas…

J’habillais Pulchérie pour une soirée, deux minutes après elle ne ressemblait plus à rien. Elle était décoiffée de partout, sa jupe descendait, son collant était filé, bref, c’était l’horreur (et maintenant elle fait du shopping à tout va…). Delphine dûment habillée allait, elle se poser dans un fauteuil sans même remuer un sourcil et restait présentable à la fin de la soirée (et maintenant elle fait du shopping à tout va…)

Et voici Pulchérie rentrant en larmes un beau jour de l’école. De vraies larmes, sanglots et tout et tout. Le coeur d’une mère se brise, c’est évident.

  • “Ma chérie, qu’est-ce qu’il se passe ?”

  • “Eh bien Vincent il m’a proposé 3 bonbons pour voir ma culotte

  • Le salaud et alors ?”

  • “Eh bien je lui ai fait voir ma culotte, mais j’ai pas eu les bonbonnnnnns !!!!!”

  • “Ma pauvre chérie… Les hommes sont tous des rats et Albert arrête de ricaner…” (corvée de bonbons en plus et ça vous fait rire ?)

Delphine retrouvant l’école maternelle également après son opération de l’appendicite…

  • “Maman, Charles Louis m’a proposé 4 bonbons pour voir ma cicatrice, je suis super contente”

  • “Oh ma chérie, tu la lui a fait voir ?”

  • “Non j’attends qu’il me propose plus de bonbons” (à noter elle a tenu jusqu’au paquet et l’a ramené à la maison…)

Bref on se dit qu’élevés pareils, nos enfants ont tout de même des tempéraments différents. Exemple : Delphine a eu les bonbons une autre fois, et jamais montré sa culotte : ce jour là elle avait oublié de la mettre. Comment qu’ils se sont fait avoir… (mais bon elle avait à l’avance ses paquets de bonbons, elle est du genre “on paye d’avance, la maison ne fait pas crédit”, Pulchérie faisant confiance pour relever le défi)

Adultes (!) laquelle est la plus débrouillarde des deux ? j’hésite… C’est quoi se debrouiller finalement ? Pulchérie gère très bien les finances et les papiers, Delphine gère autre chose mieux que sa soeur et ça s’engueule du coup à coup de “TAVEKA !” (les soeurs qui s’aiment faut que ça s’engueule) (à cliquer absolument…).

Et moi maintenant je ricane en douce quand je les entends s’étrangler avec une écharpe… (mère indigne)

Posté le 8 juillet '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Entendu ça et là…

Entendu__a_et_l__57417054J’ai bien fait de faire arrêt Rampion en rentrant du boulot, pour trouver une ampoule de rechange pour mon hallogène qui m’a lâchement laissé tomber hier (ils n’en avaient pas, d’ampoule, le contraire eut été surprenant, ils n’ont jamais ce que je cherche et toujours ce dont je n’ai pas besoin, c’est une malédiction).

Deux jeunes filles d’environ 15 ans. L’une d’elle super coiffée pour faire les poussières, pas à dire. Elle expliquait à sa copine qu’elle avait le porte monnaie archi plein la veille (quelle chance).

“Trop de pièces, alors j’en ai eu marre ! je les ai toutes prites, toutes prites tu m’entends ? Je les ai toutes comptées et bien j’en avais au moins pour 10 euros ! la pharmacienne a été ravite d’avoir de la monnaie” (persiste et signe)

On ne rigole pas, on passe son chemin, moi je recherche une ampoule de rechange pour mon hallogène mais les autres les ont toutes prites c’est honteux.

Il y avait déjà eu en son temps :

  • Les tomates sont pourrites, j’en ai pas pris (la mère de la jeune fille peut-être)

  • C’est l’anarchie dans ce local poubelles, une véritable narchie et je sais de quoi je parle (une concierge de mauvaise humeur)

  • Ah ils ont eu une fille, ils doivent être contents, eux qui z’en voulaient une (avant l’invention de l’échographie)

  • A la tombée de la nuit on y verra plus clair (un journaliste parlant d’évènements au moyen orient, passé à la postérité bien avant que je ne le cite, mais je l’adoooore celle-là !)

  • Cette peinture est criarde de vérité (un admirateur de Léonard à Londres)

  • Je ne comprends pas ce que vous me disez (un ancien patron à moi, et oui, il a réussi)

  • C’était d’un blanc écarlate (ça c’est de moi, j’avais 8 ans, et je pensais que le terme écarlate que je venais de découvrir signifiait “éclatant”)

  • On a fait installer un appareil pour démoraliser l’eau qui était trop calcaire…

Et vous, vos meilleures, dites ou entendutes ?

Posté le 5 juillet '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Il s'en va…

C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, que j’apprécie beaucoup… Il a décidé de nous quitter pour vivre une autre vie dans une autre société… Pour le temps qu’il lui reste à faire avant la retraite dans quelques années. “Une opportunité” dit-il, “l’envie de me poser un peu”

Je n’ai rien à dire sur ses motivations, les raisons de sa démission, qui lui appartiennent, je suis simplement triste qu’il parte… Il va me manquer terriblement, même si son successeur est agréable, charmant et tout le bataclan (pour de vrai), il va me manquer vraiment. L’annonce de son départ fut un choc pour beaucoup… Dont moi. J’avais les mains moites et le coeur palpitant à 40 de tension… Non pas lui !

J’ai travaillé avec lui main dans la main pendant des années, je l’ai épaulé à ses débuts. J’ai pisté tout ce qu’il pouvait perdre et le retrouver, je lui ai fait GPS, je lui ai trouvé des chambres d’hôtel de la gare en catastrophe. Je l’avais au bout du téléphone 15 fois par jour… Sur les gros dossiers “chauds” nous nous soutenions à raison de plusieurs appels par jour, c’était toute une vie (professionnelle) en fait… J’étais son assistante, celle sur laquelle il comptait, et je peux compter avec juste une main les mercuriales méritées ou non, que j’ai pu prendre de sa part…

Il m’appelait “perso” quand il y avait des problèmes autres (comme quand Truchon a fondu un câble), pour m’assurer de son soutien, me remonter le moral et le sien au passage.

Aujourd’hui, c’est le “pot” de départ et je rentrerai tard, certainement triste, très triste, mais je ne le montrerai pas vraiment parce que certains se réjouiraient de ma tristesse et de celle de beaucoup. Parce que certains aiment la tristesse des autres, la méchanceté qu’ils divulguent sans honte, donner glorieusement 2 euro pour le cadeau. Parce que “fêter” un départ c’est tout de même un départ. S’il partait à la retraite, je serais également triste mais plus sereine… J’aurais sû à l’avance.

C’est “entre nous” au téléphone qu’il saura qu’il va me manquer et j’oserai lui dire “tu m’abandonne” d’ailleurs je l’ai déjà fait. Oui il m’abandonne et d’autres avec, sur un chemin que nous avions pavé ensemble… Mais il le sait déjà qu’il va me manquer, nous manquer, à tous ceux qui ne le montreront pas aujourd’hui, et dieu reconnaîtra les siens et lui avec, et je sais qu’il va être triste face à moi, et comme je ne le serai pas, nous resterons dignes. Les plus pleurnicheurs seront les plus hypocrites…

C’est toute une période qui va mourir aujourd’hui lorsque, je le sais, il va me faire la bise en m’appelant sa petite Coraline chérie… Avec son départ c’est toute un monde qui s’en va et ne reviendra jamais. C’est une voix que je n’entendrais plus que rarement, c’est une ambiance qui meurt.

C’est juste un collègue qui s’en va… Quelqu’un que j’appréciais, qui me faisait rire, me donnait beaucoup de travail, mais j’étais là pour ça, avec qui je partageais plein de choses..

Il va terriblement me manquer. Et sachez le, il n’y a jamais rien eu entre nous que la bonne entente entre collègue….

J’ai découvert avec l’annonce de son départ que les deuils ne se vivaient pas qu’avec des “proches”… Il va me falloir faire mon deuil de lui et ce ne sera pas simple. Il s’en va effectivement le 31 juillet alors que je débuterai mes congés. A mon retour de congés, je pourrai mesurer le vide… Pas de mail de lui, pas d’appel…

Ce “pot” de ce jour, n’est qu’un long calvaire… (ça c’est sûr…)

Ca vous est déjà arrivé ?

Posté le 4 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Moi je me tenais bien à table (pas le choix)

Je_me_tenais_bien___table_53272467Ne pas bien se tenir à table était puni des galères, de l’échafaud via la peine de mort, voire pire encore (j’avais bien noté en lisant des lectures interdites, qu’il existait un sort pire que la mort… surtout pour les femmes, mais je ne voyais pas bien ce que cela pouvait être).

Déjà et d’un : les enfants ne parlaient pas à table. Suplice horrible que je n’ai jamais infligé à mes filles, le repas du soir étant un moment convivial à mon sens. Jean Poirotte sadiquement exigeait de ses petites filles deux minutes de silence au dessert, que Pulchérie était incapable de tenir, ce qui rallongeait la corvée facile à 10 minutes (Delphine réclamant les deux minutes de silence en cas d’oubli pour emmerder sa soeur, la chipie (mais elle avait ses raisons), et tant pis si son grand père était attendu par le tour de France (il assumait) et malgré sa soeur menaçant de l’assassiner sans témoin).

Papa avait accepté que l’on parle à table, mais uniquement “culture”. Les gaulois dans la plaine  c’était culture, la trombine du nouveau voisin ne l’était pas (même si cela intéressait maman aussi). Henri IV assassiné c’était culture, sa poule au pot ne l’était qu’à moitié, et la poule au riz de l’arrière grand mère à laquelle nous pensions tous du coup pour le WE prochain était interdite de séjour.

Il fallait mettre les poings sur la table une fois le plat terminé. Quand on se laissait aller à les mettre sur les genoux on s’entendait dire “on n’est pas en Angleterre ici”. Je n’ai jamais vérifié s’il est exact que la politesse anglaise passe à table avec les mains sur les genoux (je suppose que si c’est vrai, les petits anglais ont envie de les poser sur la table).

Ne rien laisser dans l’assiette, même sur le bord (le coin de l’assiette ronde étant difficile à définir). Pourtant on étaient champions pour disperser le gras tout autour de l’assiette. Papa a renoncé à nous le faire manger le jour où on lui a fait remarquer qu’il avait laissé un gros bout de gras de blanquette bien en évidence (et pourtant ce n’était pas culture).

Il fallait terminer le pain. Important le pain pour des parents qui en avaient manqué pendant la guerre. Maintenant s’il n’en reste pas on a l’impression d’avoir tout faux quelque part… On poussait avec le couteau (à l’anglaise) ou avec un petit morceau de pain que l’on n’était pas obligés de manger (curieux).

Pas de menu particulier pour le difficile : on mangeait ce qu’il y avait. Si l’on n’aimait pas on était autorisé à ne pas manger DU TOUT, en souvenir des années avec cartes d’alimentation. Personne n’osait risquer le “je sors de table” et se priver du reste. On mangeait donc…

Faire Slurrrpp avec une paille attirait des regards indignés (d’ailleurs la paille était rare). Finir son verre d’eau était obligatoire (la déshydratation nous guettait). On demandait “puis-je sortir de table ?” et non pas “je peux sortir de table ?” faute de grammaire inqualifiable (et en avant pour la révision des participes passés et de tous les temps y compris du “plus que parfait” dont on se demande pourquoi il est au masculin) Si “oui”, interdiction de partir en criant “youpeee !”. On pliait notre serviette avec application. Si “non”,  il n’y avait plus qu’à ronger son frein en attendant la sentence : “tu peux sortir de table”.

Papa aimait bien prononcer cette phrase juste avant l’arrivée du dessert…. Petit voyou va !

La vie n’était déjà qu’un long calvaire…

Posté le 2 juillet '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.