Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour septembre, 2007

L'heure est venue de passer aux aveux…

dodieclownutVous les connaissiez déjà : de gauche à droite, Pulchérie et Delphine, ces enfants innocentes…

Pour qui l’heure est venue de passer aux aveux, ici même, ou bien par téléphone si la honte est trop grande, bien entendu… Ou par mail, s’il y a terreur d’entendre ma réaction en direct.

Parce que voyez-vous Mrs Morgan est partie après 10 ans à ne plus se souvenir de sa vie, me prenant pour sa mère, me suppliant “maman ne me laisse pas là !”,  puis refusant de reconnaître Mrs Bibelot comme sa fille (“ma fille est une petite fille, vous n’êtes pas ma fille !”) (donc elle ne me reconnaissait, moi, plus du tout) pour finir par ne plus rien dire du tout et juste accepter qu’on la câline. Alzhaïmer… Une horreur. On ne plaisante donc pas avec ça avec maman. Tatie chérie déteste aussi que l’on mette en doute ses souvenirs, Mrs Tricot ayant également perdu la tête sur la fin, mais pas de la même maladie ni de la même manière.

Alors je dois dire que je redoute comme la peste (quoique la peste surtout pulmonaire, soit radicale généralement, donc on ne souffre que peu  longtemps) la mort de mes souvenirs et que chaque épisode remettant en cause ma mémoire m’est pénible, cause de doutes, de questions…

Je vous ai parlé dernièrement de “où diable l’ai-je rangé” (ici). Pulchérie a lu le post et s’est figée (et s’est bien gardée de faire un commentaire, quelle lâcheté de sa part !). En fait je m’étais persuadée les avoir laissés chez Mrs Bibelot qui range tout n’importe comment, qui s’était persuadée elle, qu’elle avait rangé mes moules à Muffin mais elle ne savait plus où, et pour cause : car Pulchérie me l’a avoué dans un salon de thé très chic de Paris “c’est moi pour tes moules, mais je ne sais pas ce que j’en ai fait”.

Sauf que moi j’avais retourné tout l’appartement en me disant que je perdais la boule… Et que Mrs Bibelot rameutée en urgence, a fait de même chez elle en se disant la même chose, pour retrouver ces fameux moules égarés en fait par Pulchérie qui n’avait jamais précisé les avoir “empruntés” (entre une chambre de bonne et un studio, y’a de quoi égarer…).

Ce jour là, dans le même salon de thé, vu mon évocation à la précédente réunion mère/filles d’une cassette audio d’enregistrements des filles petites et que je désespérais de retrouver (qu’est-ce que j’ai pu en faire ? je perds décidément la tête !), Delphine m’a tendu timidement la dite cassette “qu’elle me rendait”… Et là j’ai piqué ma crise : les filles sont chez moi quand elles viennent, et non plus chez elles. Je demande moi à ma mère ou mon père si je peux emprunter un livre… En aucun cas je ne prendrais quoi que ce soit (sauf éventuellement le 12 pour en terminer avec la vie si cruelle (pour les ignorants c’est un fusil de chasse)) sans évoquer la chose et demander l’autorisation (et embarquer le 12 en douce est mission impossible donc…)

Alors après avoir retourné l’appartement et vidé tous les placards à de très nombreuses reprises en me croyant atteinte d’une perte de mémoire précoce, je pose les questions fatales :

  • Qui m’a chourré mes quatre dernières pinces à épiler qui épilaient vraiment ?

  • Et au passage mes pinceaux à maquillage qui coûtaient la peau d’un pied ? Achetés pour la vie ?

  • Que sont devenues mes poudres libres de chez CARON ? (des collectors en plus : ça m’avait coûté un oeil, et le poudrier en lui-même était destiné à faire boîte à bijoux) (et non, ce n’est pas Mamie qui me les a “empruntées” !) (et ça j’y tiens à mes poudres libres de chez CARON !) Avouez enfin !!! Je sais que c’est vous (les deux, laquelle des deux ?) : il ne vous reste plus qu’à CASQUER pour me les rendre ! (des collectors, vous pouvez vous mettre la rate au cours bouillon pour me les retrouver…)

  • Que sont mes tournevis devenus ? Et ma pince à douille ? Et mon ôte agrafe ?

  • Il me manque des culottes et des soutifs… Pas les plus moches d’ailleurs. Là j’ai un soupçon précis vu les gabarits différents de mes bambinettes adorables…

  • Manque-t-il des “disques” à écouter sur un “tourne disques” dans la cave ? Car un jour de broquante je vais me trouver un vieil électrophone et m’y précipiter (à la cave) pour retrouver mes vynils… Donc en manque-t-il ? Me prévenir merci, avant que je ne frôle l’apoplexie dans la cave (et peu de chance que l’on m’y retrouve tout de suite, décès prématuré, le drame complet…)

  • Qui a pris possession de mes jumelles avec lesquelles (et je les avais achetées pour), je contemplais la lune et les étoiles ? (là encore, appartement totalement passé au crible à la vision d’un oiseau inconnu de moi à espionner, car depuis pas mal de temps, les étoiles et la lune c’est vaguement masqué par les nuages…)

  • Qui m’a chourré des photos pour les scanner et me les rendre dans 15 jours il y a 2 ans (là je sais qui c’est mais c’est juste un rappel).

  • Qui m’a piqué quelque chose dont je n’ai pas encore constaté la disparition, sous le prétexte que je n’ai pas l’air de m’en servir ? J’aurais envie de m’en servir un jour fatalement, je suis comme ça… J’achète, je thésaurise et puis un beau jour…

Les filles, j’ai juste une chose à vous dire, mais je pense que vous l’avez compris dans le salon de thé : on demande à maman si l’on peut, on ne passe pas outre pour emprunter discrétos, car emprunter discrétros moi je ne le ferai pas chez vous (sauf si je reconnais LA pince à épiler, bien évidemment planquée avant mon arrivée)…  Grandir c’est aussi cela, et que maman ne se demande pas si elle doit consulter pour Alz… alors qu’une main discrète lui a simplement kidnappé quelque chose qu’elle cherchera un jour.

Bisous d’amour et sans rancune, mais la vie est assez un long calvaire comme cela… Donc passez aux aveux… A votre âge il est temps !

PS : vous avez jusqu’à lundi soir, prochain postage, après il sera trop tard pour prévenir qu’à votre prochaine venue vous serez lourdement chargées… (je visualise le sac à dos…)

Posté le 28 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Les avantages d'un été pourri…

Tous_aux_abris__53271695L’été a été pourri, on le sait (enfin pour pas mal de départements, en tous cas pour les Yvelines, c’était le pompon). Septembre est moins sympa qu’avril mais plus que mai, juin, juillet et août (ouf !), mais bon, on ne peut rien y changer.

Soyons z’optimistes pour une fois, et voyons le verre non pas à moitié vide mais à moitié plein, (ce qui est ma spécialité, je suis pessimiste de nature)

Si j’avais pu partir dans le sud, bien sûr que je l’aurais fait, mais je suis restée sous la pluie au mois d’août (après mai, juin et juillet peu glorieux). Ma reprise de boulot n’a eu aucune incidence sur le temps, donc j’ai eu moins de regrets…

Donc avantages :

  • Je ne me suis pas ruinée en écran total (ni pour payer ma place au plan d’eau voisin, où c’est la première fois que je ne m’y suis pas rendue de tout l’été depuis une éternité)

  • J’ai pu rouler avec Titine jusqu’au bout, sans déplorer l’absence de clim (et j’ai mis 8 jours à découvrir que la clim de Copine ne fonctionnait pas, mais c’est réparé)

  • Mrs Bibelot ne m’a demandé aucun dimanche d’un air innocent si je pouvais par hasard arroser ses nombreux bacs à fleurs (oh combien nombreux…)

  • Je n’ai pas transpiré une seule fois au boulot en me torturant l’esprit le matin à me demander comment m’habiller pour supporter la chaleur infernale qui règne chez Truchon dès que cela dépasse 24° à l’extérieur

  • Une vague ondée une averse vraie de vraie : un coup de raclette et les carreaux sont faits (de l’extérieur bien sûr, mais c’est toujours ça de gagné…

  • Diabolos ne m’a pas trop emmerdée avec sa douche : il avait juste à sortir sur le balcon et à passer la tête dehors

  • Le CUI ! l’a bouclé relativement tôt

  • Pas d’invasion de mouches dans la cuisine

  • Guèpes absentes et frelons également

  • Pas plus d’invasion d’IVNI !

  • Aller passer quelques jours en Normandie ? Non merci et pas de regret de ne pas partir…

  • Ce 26 septembre pluvieux et un peu froid, on peut penser être encore en été…

Et comme le chauffage n’a jamais été coupé, aucun problème pour faire sécher son linge alors que cela se déversait au dehors comme si le déluge était là… Parce qu’il aurait pu faire humide et doux…

Bref : un été de rêve…

JE RETIRE CE QUE J’AI DIT : je viens de me résigner à commencer à sortir les affaires d’hiver, et malgré l’anti-mites, les MITES ont frappé dans un carton, le temps ne les ayant pas découragées de pondre ! Saloperies : 2 de mes pulls préférés de troués.

LA VIE N’EST QU’UN LONG CALVAIRE !!!!!! (le reste est censuré par l’auteur qui tient à sa réputation !)

Posté le 26 septembre '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

C'était tout simple !

SourirePour la généalogie, ce n’est pourtant pas compliqué de s’y retrouver.

  • On décide un jour de folie furieuse, de faire son arbre généalogique. Donc il faut retrouver les parents des parents des parents, et ce jusqu’à ce que l’on bloque (souvent à la révolution, les révolutionnaires ayant brûlé beaucoup de registres dans les églises). Quand on est d’une branche noble on peut remonter beaucoup plus loin, mais généralement on sait de qui on descend (un tueur sanguinaire anobli par Saint Louis pendant les croisades)

  • Pour les grands parents, généralement on ne rencontre que peu de problèmes.

  • Pour les arrières grands parents (dans mon cas) non plus. Les enfants (mes grands parents), étaient là pour évoquer les disparus (4 sur 8) et se rappeler même de leur ville de naissance et approximativement la date.

  • Après ça se corse, et ça prend du temps, parce qu’il faut se déplacer dans les mairies, consulter les registres d’état civil (qui doivent avoir plus de 100 ans, sinon interdit de les consulter). Ca y’est, on tient la naissance de l’arrière arrière grand père et donc le nom de ses parents. En cherchant bien, on peut trouver l’acte de mariage des parents dans la même mairie et donc d’autres noms. C’est super, on est bêtement heureux !

Mon arrière arrière grand mère donc, avait une soeur. Le jour de son mariage, le frère du marié craqua pour la soeur de la mariée et donc, mariage à nouveau l’année suivante. Les deux soeurs avaient épousé les deux frères. D’où le fait que les cousines ayant tous les grands parents communs étaient génétiquement soeurs.

Sauf que les deux frères étaient des Benoist. Dans la famille nous savons pourquoi, mais, chez les Benoist, aucun homme n’était appelé par la famille par son prénom donné comme le premier à l’état civil.

Parce que c’était la grand mère paternelle qui choisissait le prénom du nouveau né mâle (la grand mère maternelle pour une fille). Comme il correspondait rarement aux goûts des parents, ces derniers choisissaient comme prénom d’usage, celui auquel ils avaient renoncé à contre-coeur, car les deux autres prénoms étaient ceux des grands-pères (par autre coutume). Il fallut un jour une bru de mauvaise humeur et déclarant “mon fils ne s’appellera pas Alfred ou je m’enfuis avec” pour que les coutumes cessent (curieusement les grand-mères maternelles semblaient consulter leurs filles, car les filles portaient bien leur prénom de baptême).

Bien évidemment dans la famille, on parlait de ces hommes en leur donnant leur prénom d’usage “Achille” “Georges” “Louis” “etc’”. Tout le monde avait oublié leur vrai prénom. C’était un usage assez répandu, suffisement pour que lorsque l’on remplit des papiers encore actuellement, il y ait une case pour le “prénom d’usage”. Celui par lequel tout le monde nous connaît et qui n’a parfois rien à voir avec le vrai prénom, celui inscrit à la mairie comme premier de l’état civil. Nous avons même tous le droit de choisir un prénom d’usage et l’imposer (du coup je vais cesser de m’appeler Coraline pour devenir Pulchérie, ce qui va bien emmerder mes descendants avides de faire leur généalogie, et na ! et puis si je peux convaincre Delphine de s’appeler Coraline désormais, cela sera encore plus marrant)

Le problème donc était le suivant. J’ai toujours entendu parler de “Robert” (Benoist) “Georges” (son frère) et autres (leurs pères)… Sauf que face aux papiers on est paumés. Parce que sur le livret de famille il y a trois prénoms qui ne nous disent rien : tout ce qu’on sait c’est que c’est un Benoist de la bonne génération, mais lequel ???… Alors qui était le père de qui ? Avec Mrs Bibelot, nous n’arrivons pas à savoir qui était le mari de son arrière grand mère à elle et idem pour son frère. Hors c’est important. Mon arrière grand-mère j’aimerais bien l’inscrire avec le vrai prénom de son père (+ le prénom d’usage), mais là c’este la pagaille.

Et même la seule survivante de la période ne sait pas quel était le vrai prénom de son père… Elle hésite entre Louis et Léon pour les deux frères, mais elle n’est même pas sûre qu’il ne s’agissait pas d’un autre prénom… En tous cas, on ne l’a jamais prononcé devant elle… Quant au vrai prénom de son grand-père, elle ne s’est jamais posé la question (dommage, on aurait le prénom du grand père de mon grand père…)

C’est pour cela que j’ai précisé qu’il était plus difficile de remonter dans l’arbre que d’en descendre. Ceux qui n’ont toujours pas compris, peuvent remonter dans l’arbre de leur choix en pensant à Darwin

Posté le 25 septembre '07 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Petite histoire à méditer

En ce premier jour d’automne (oui cette année l’on rentre dans le signe de la balance le 23, les enfants nés le 21 et 22 ne seront donc pas Balance) : une petite histoire. Il s’agit d’une légende arabe

  • Au commencement des temps, le seigneur fit l’homme après avoir créé le monde. Il déclara que l’homme profiterait de tout ce que la vie et la nature lui apporteraient, qu’il serait insouciant et heureux, n’aurait pas à travailler, juste à apprendre le monde s’il le souhaitait. Sa vie serait de 20 ans.

  • Puis le seigneur fit l’âne…. Ce dernier serait chargé d’assister l’homme dans sa vie et de prendre à sa charge les corvées. Sa vie serait de 40 ans. L’âne protesta : “40 ans à travailler comme une bête de somme, pour l’homme ? Pourquoi aussi longtemps seigneur ?”

  • “Soit” dit le seigneur : “l’âne vivra 20 ans également”

  • L’homme avide déjà, demanda à récupérer les 20 ans de l’âne ce que le seigneur lui accorda. “L’homme vivra donc 40 ans”.

  • Puis le seigneur fit le chien. Son rôle étant de garder et sauvegarder les biens de l’homme en luttant jours après jours. “Le chien vivra 40 ans”. Le chien protesta “40 ans à lutter, surveiller, sauvegarder… Pourquoi aussi longtemps ?” ” Soit dit le seigneur, le chien vivra 20 ans”.

  • Et l’homme toujours présent demanda à récupérer les 20 ans du chien, ce que le seigneur lui accorda en lui précisant qu’il vivrait 60 ans.

  • Et le seigneur fit le singe. Qui amuserait l’homme avec ses grimaces, et ferait n’importe quoi, pour l’homme aux seules fins de le faire rire. A lui de vivre également 40 ans. Le singe se rebella “40 ans à faire le zouave, faire rire, ne pas être moi-même…” “Je veux comme l’âne et le chien n’avoir que 20 ans à vivre, à grimacer et amuser”. “Soit” dit le seigneur, “le singe ne vivra que 20 ans”.

  • Et l’homme toujours présent demanda à bénéficier des 20 ans perdus par le singe.

Et ainsi va la vie, car l’homme vit en moyenne 80 ans….

  • Il y a la vie de l’homme jusqu’à ses 20 ans, celle qui lui est propre. Insouciance, gaité, apprentissage, jeux, que du bonheur quand les parents ne sont pas indignes

  • Il y a la vie de l’âne : il faut trimer, bosser, s’affimer

  • Il y a la vie du chien : sauvegarder ce que l’on a cru acquérir, se battre tous les jours pour sauvegarder encore et encore, à n’en parfois plus pouvoir.

  • Et il y a la vie du singe : quand on devient une vieille personne dont personne ne tient compte sauf pour en rire ou soupirer…

Ca vous parle ? Moi ça me parle. Je suis dans la période “chiens”. J’ai déjà fait l’âne et pour le singe je ne me sens pas prête.

Sinon, belle légende ! Qu’en pensez-vous ?

Posté le 23 septembre '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

La généalogie pratique…

Arbre_g_n_alogique_FLI_012Je signale (gentiment) à ceux qui recherchent des conseils pour faire leur arbre généalogique, qu’en arrivant chez moi via Gogole, ils sont mal barrés… mais qu’ils peuvent rester s’ils le souhaitent…

J’ai commencé mon arbre généalogique quand j’avais 20 ans. Facile du côté de Mrs Bibelot où l’on garde le moindre papier (et même le brin de mimosas envoyé avec le parchemin datant de la guerre de Crimée…), moins facile par contre en remontant de son côté, sur une certaine branche truffée de traquenards…

Je savais que je n’allais pas retrouver toutes les branches de mon arbre en deux temps trois mouvements, je n’étais pas pressée et j’ai progressé lentement. Internet est arrivé (précieux une fois de plus dans ce cas précis), j’ai pu obtenir des actes d’état civil, dialoguer avec des employés de mairie passionnés, et j’ai retrouvé via la généalogie qui m’avait rattrapée, un petit petit petit cousin… Nous avons un ancètre commun, et lui était remonté jusqu’en 1713 et des poussières, me permettant de remplir mon arbre sur cette branche là à la vitesse de l’éclair… Lui qui veut faire la redescente du couple d’origine (en 1713) pour réunir un jour tous les descendants (sacré boulot et chapeau !) a été ravi de me rencontrer, vu que la descente, je l’avais intégralement pour celle qui lui manquait (une de mes arrière arrière grand-mères côté Mrs Tricot qui était une cousine de la sienne…). Car étant maso je fais au passage la remontée et la descente à chaque personne… C’est une galère absolument abominable alors que je n’ai rien signé en plus… (et je ne suis même pas payée…)

De temps à autre, je me recolle à la généalogie et c’est un véritable dilemne dès que j’arrive dans la famille BENOIST (cliquez sur BENOIST au cas z’où vous débarqueriez !).

Certains ayant lu le post sur Robert, et ayant eu le courage de cliquer sur les deux liens et de tout lire, auront peut-être remarqué une erreur à un moment donné sur le prénom.

Je les rassure : c’est normal.

Les Benoist c’était la famille d’une de mes arrière grand mère, la mère de l’homme aux abeilles (le père de Mrs Bibelot quoi), via sa mère à elle qui était donc précisément une Benoist.

Pour bien tout compliquer pour le généalogiste en herbe, à cette génération là (mon arrière arrière grand-mère), les deux frères Benoist avaient épousés les deux soeurs. C’est achement pratique pour s’y retrouver. En fait mon arrière grand mère, tante Hortense et leur cousine étaient génétiquement parlant soeurs et non pas uniquement cousines germaines (z’avez qu’à réviser la génétique, mais c’est comme ça).

Pour corser le tout, si l’on gardait tout bien dans la famille comme papiers, le problème est de s’y retrouver, parce que personne (enfin aucun mâle)  dans cette fichue famille ne portait comme prénom usuel, son prénom de baptême. Une spécialité, pas facile à fréquenter pour les descendants avides de savoir (les généalogistes me comprendront). On peut se rattraper aux branches avec les filles dont le prénom usuel était bien le prénom de baptême. Sauf quand il y en a eu 3 de suite dont 2 décédant prématurément (sur lesquelles on perd du temps, les pauvres) et les parents redonnant le même prénom à la suivante (pas peur de la poisse du tout les ancêtres, d’avoir trois “Blanche” coup sur coup dont une seule survivra, sans enfant, zut ce n’est pas elle…). Et sauf quand un Georges qui en réalité s’appelait Albert, mais que l’on a fini par appeler Louis passé 35 ans, n’a eu que des files (allez retrouver l’arrière grand mère dans ce tas là, merci bien ! Et je ne postule pas pour la légion d’honneur mais je la mérite bien !) (ou bien faire inspectrice des sous-préfectures… Ceci n’est absolument pas un appel du pied à la présidence…) (moi j’aimerais bien me pointer à la sous-préfecture à 8 H 30 pour y botter le cul de tout le monde et vérifier les cartes grises…)

Le fameux (pour nous) “papa Achille” (qui était un grand père de tante Hortense et mon arrière grand-mère), s’appelait en réalité Léandre. Je n’ai pas trop galéré pour retrouver sa trace, car mon grand père était encore de ce monde quand je suis tombée sur lui… Mon grand père m’a donc bien expliqué qui était papa Achille et m’a même donné le menu de ses 50 ans de mariage… Il m’a en outre expliqué que Georges lui s’appelait en réalité Louis, que Louis s’appelait pour l’état civil Léon, et Robert, Charles… J’en passe et des meilleures… (il y a des prénoms pas possible, et ça revient à la mode !)

Lui s’y retrouvait très bien dans ce méandre et même pas peur du Minotaure… La grande faucheuse est passée en 2001 et sa mémoire nous manque de plus en plus… Un coup de bol d’ailleurs, m’avait-il précisé, que l’on dise “Papa Achille“. On aurait pu dire “Tonton Achille” (c’était du style de la famille, le gendre Léon étant en réalité le cousin Charles-Albert du côté de la bicyclette du frère Joseph qui en réalité s’appelait Abel (oui ils étaient protestants)) et perdre encore plus la descendance sur la trace de la remontée…

J’ai eu tort, j’étais sur “papa Achille” ce jour là, et je n’ai pas pris de notes intensives (Delphine têtant avec application (qu’est-ce qu’elle a pû têter celle-là !)). Je le dis toujours pourtant (et pas pour rien, la preuve)  : on doit toujours fourbir ses armes contre un ennemi éventuel… Là l’ennemi est là, les papiers aussi, la cousine de mon grand père (la nièce de Robert qui en réalité s’appelait…)  toujours de ce monde mais sourde comme un pot, et Mrs Bibelot et moi sommes paumées devant les livrets de famille et les papiers d’état civil. Il y a urgence à tout mettre en place : elle partie (le plus tard possible, mais 95 ans c’est tout de même bien déjà, on ne compte pas sur elle pour encore 15 ans) nous serons définitivement perdues !

  • “D’où il tombe celui là (je vous rappelle que l’on est dans un arbre) ? On ne m’en n’a jamais parlé ?” (Moi indignée : c’est qui ce Fernand ?).

  • “Je crois que c’est celui que l’on appelait Ernest”. (Ma mère perplexe) “mais qui pour l’état civil s’appelait Fernand donc…”

  • “Et Robert alors il est où ? Et Georges son frère ?”. Merde c’était quand même les cousins germains de ta grand mère, tu devrais savoir !” (moi énervée)

  • Bouge pas j’appelle Odette (la survivante de 95 ans de plus en plus sourde comme un pot, que fait son généraliste ?), elle va me donner les précisions utiles” (Mrs Bibelot qui me voit subitement la bave aux lèvres, prête à faire sérial killeuse – meu non, du coup je nous refais un thé, le 5ème depuis que l’on escalade la branche Benoist en nous torturant les méninges à coup de recoupements…)

  • ALLO ODETTE C’EST MRS BIBELOT AU TELEPHONE. JE DIS : C’EST MRS BIBELOT AU TELEPHONE ! NON MRS BIBELOT AU TELEPHONE… JE REPETE : MRS BIBELOT AU TELEPHONE… DIS MOI… OUI CA VA ! NON JE DIS OUI CA VA BIEN ! NON CA VA BIEN ! ET TOI ? JE DIS : ET TOI ? AH TU N’ENTENDS PAS TRES BIEN ? NON JE DIS : TU N’ENTENDS PAS BIEN ?… …TON PERE C’ETAIT BIEN GEORGES SON NOM ? JE DIS TON PERE

  • Deux heures après (mon père retire ses boules Quiès, j’ai fait 5 sudokus), elle raccroche le téléphone et vient boire son thé froid, l’oreille rouge :  “Son père en fait ce n’est pas Georges, mais comme on l’a toujours appelé comme cela, elle hésite entre Louis et Léon”

  • “Et Robert ?”

  • “Bah elle hésite entre Louis et Léon”.

La vie n’est qu’un long calvaire et il est plus facile de descendre de l’arbre que d’y remonter…

Posté le 21 septembre '07 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Le pied de Pulchérie (suite et fin)

Le_pied_de_Pulch_rieLa photographie illustre finalement toute l’histoire :

  • La vedette de l’époque qui pose après s’être proposée (private collection) (et j’ai précisé : Stallone c’était au Maroc…)

  • Le sourire de la soeur qui ne lâche pas sa soeur d’une semelle (il manque le reste, mais photoshop a merdé)

  • La résine de Pulchérie bien en évidence sur le canapé

  • Son air innocent (le bon dieu sans confession non ?). Vous êtes outrés, vous avez raison, elle fait 100 % enfant battue sur cette photo là… (je lui souhaite la même fille, le pied en moins bien sûr…)

  • Il manque le petit copain à droite mais photoshop a merdé…

Visite le lendemain du retour chez le chirurgien (j’aurais la paix quand ?)… Qui découpe une fenêtre dans la résine pour voir le dessus du pied qu’il faut soigner (je me disais bien aussi qu’une résine n’allait pas suffire…), après avoir lu le compte rendu du chirurgien grec (écrit en anglais en confondant pied droit et pied gauche du coup j’ai toujours un doute) (c’est le droit et non “the left”). J’en frémis sur le coup qu’elle ait été opérée par un certe spécialiste, mais confondant sa droite et sa gauche, certe champion mondial du membre arraché, mais capable de vous les remettre en place du mauvais côté s’il fait les deux à la fois ! (je suis de mauvaise humeur)). Il regarde, je regarde (je peux tout regarder sauf les yeux), je vois toujours une bouillie grise infâme parsemée ça et là d’embuches de violet ou marron.

C’est magnifique me dit-il, je n’aurais pas fait mieux (vantard en plus)…” (comme quoi le sens du beau ou du laid peut varier suivant les secteurs, je ne suis pas vraiment certaine que Léonard aurait décidé d’en faire un tableau). “C’est le plus grand spécialiste du monde qui l’a opérée, elle a eu une chance folle ! (Youpee !) (une chance folle, tu parles ! je dois avoir l’air aimable, moi j’étais juste partie passer des vacances top en Crête…)  “il est le premier à avoir remis en place un bras arraché” (tant mieux, mais il faudrait qu’il apprenne à repérer sa droite et sa gauche, je persiste…) (d’un autre côté Pulchérie n’était pas obligée d’essayer d’arrêter un ascenseur qu’elle n’avait pas le droit de prendre, avec son pied droit, je continue à le penser fortement…)

Premier épisode : louer une chaise roulante, avec gouttière pour lui tenir la jambe en l’air (je m’en vas lui remettre au moins la tête à l’endroit à cette emmerdeuse). Un vrai plaisir. Rien sur Rambouillet (le plus proche) pour autre chose que les petits vieux. Rien pour les emmerdeuses de première les enfants mutilés en manque de chaise roulante. Faut aller jusqu’à Versailles dans un coin pas possible, même Mrs Bibelot était paumée. Les tarifs sont prohibitifs, mais Europe Assistance n’est plus concerné c’est à la SS (LA SECU !) de s’y mettre, avec toute sa mauvaise volonté : “Madame, “nous n’avons pas de traducteur en cette période de congés ne pouvons comprendre le problème…” (15 lettres incendiaires ! car le chirurgien français avait fait une ordonnance). Je serai remboursée de la location de la chaise roulante 6 mois plus tard (après les fêtes, ils l’ont fait exprès…).

Les soins c’était tous les 2/3 jours, cela variait, c’était suivant l’aspect de la blessure magnifique et l’humeur du chirurgien qui venait jeter un oeil encore elles !.

  • La téléportation n’existant pas, prendre la mutilée la chieuse dans ses bras, la mettre dans la voiture en coinçant la résine dans le tableau de bord en lui demandant de la boucler sur la position inconfortable pour qu’elle ait toujours la jambe en l’air,

  • Glisser la chaise roulante comme je pouvais dans le coffre avec habileté à grand renfort de gros mots et Pulchérie une remarque de plus sur mon vocabulaire et on va causer vraiment des ascenseurs interdits, etc…),

  • Poireauter parfois à la clinique 3 heures (ben oui, un chirurgien, ça opère sur les urgences, c’est ballot, quand ce n’est pas ma fille), voir retirer la languette de résine recollée avec du sparadrap, pour mettre un produit + pansements destinés à empêcher la cicatrisation. Afin que la greffe prenne, et surtout, que la chair se reconstitue en dessous de la greffe (un morceau de peau prélevé sur la cuisse gauche et élargie pour couvrir la surface). J’ai appris à cette occasion que pendant trop longtemps, on était trop pressés de voir la cicatrice se faire et que parfois, il faut en bloquer le processus. Sauf qu’on me l’a répété à chaque visite, et que j’avais bien compris… Et que ça me saoulait grave

La résine : non lourde, mais à garder au sec comme un plâtre (y’a encore du progrès à faire, mais en fait c’était la bessure qu’il ne fallait pas mouiller) (et l’emmerdeuse de première Pluchérie de rouspéter : “c’est moins pratique pour écrire dessus”…). Bonjour la douche de tous les jours et les trésors d’imagination dépensés à coup de sacs plastiques, scotch, sparadrap, finalement pied dépassant de la cabine de douche dans une position hyper confortable pour la fille ET la mère… (L5/S1 définitivement ruinées sur ce coup là) (ce sont des vertèbres et surtout le disque qui va entre, z’avez qu’à aller voir sur gogole d’abord)

L’enfant en chaise roulante : pratique pour se garer que l’on croit (enfin un avantage). Car j’ai découvert avec stupéfaction qu’on ne pouvait pas avoir un auto-collant spécial pour un problème majeur, mais limité dans le temps : c’est GIG ou GIC pas de demi-mesure. J’ai tenté le coup devant la mairie de Rambouillet : une prune, que la contractuelle sympa a déchirée en me voyant arriver avec mon “enfant en chaise roulante”, comme je l’avais indiqué sur le pare-brise, sur du A4 écrit gros comme ça… Sinon : deux prunes jamais remboursées… L’enfant peut être en chaise roulante pour 6 mois : si vous n’avez pas fait 677 démarches pour avoir l’auto-collant qui n’existe pas : basta : va te garer à 2 km et pousse ta chaise…

Ma fille en résine et chaise roulante louée à perpète les oies au prix d’une matinée perdue, que j’ai confiée à son père pour le mois d’août (nananèreu… Demerdakess Albert avec ta progéniture). Soit deux semaines après l’accident.

Le père (Albert), était du genre à minimiser les choses (cette pauvre Coraline exagère toujours). Le père chargé de l’emmener pour les soins à l’hôpital de son bled, et manquant tourner de l’oeil en voyant l’état de la chose au premier (pour lui) décollage de résine pour les soins du dessus de pied (bien fait !). “Il rigolait racontait Pulchérie, mais il s’est assis, et il était tout vert quand il a vu le dessus de mon pied!” (bien fait) C’est à l’hôpital de Clermond qu’on lui a retiré la résine en temps et en heure quand le “cup buttom” est tombé tout seul.

Téléphone de Pulchérie : “maman j’ai le mollet tout riquiqui et plein de poils” (je suis ravie mon trésor, mais là je regardais “amicalement vôtre” et je me sens soudain moins détendue) (ça pousse à l’abri de la lumière, une horreur, et c’est maman qui va casquer pour la première épilation à la cire), mais toujours interdiction de marcher, donc béquilles et toujours pansements à faire pour la chair se reconstituant, mais là par les parents, munis de la bonne ordonnance, qui pouvaient faire (Albert a été ravi de me la rendre 4 jours après, il a vraiment eu une chance formidable sur le pied de Pulchérie) (j”ai gardé pour le fun un sachet du pansement à lui mettre pour que celà ne cicatrice pas)…

Il m’a fallu ramener la chaise roulante en me perdant pour la deuxième fois, et récupérer ma caution, car le loueur prétendait que Pulchérie avait fait une rayure sur la roue droite.

Elle est donc rentrée en sixième avec des béquilles (louées également, mais à la pharmacie) et meilleure amie pour porter son sac. Il fallut attendre début octobre pour que le chirurgien l’autorise à remarcher normalement, et exit la jambe en l’air le plus souvent possible (d’où retour de la tête)… Pas de rééducation à cet âge là. d’ailleurs, dès la nouvelle connue, elle enfourcha son vélo pour aller prévenir son arrière grand père qu’elle était guérie ! Il a été content comme tout l’arrière grand-père, sans vraiment le faire voir, ce n’était pas son style. Elle boitait vaguement (ça tire), mais avait décidé qu’elle remarcherait normalement avant un mois, ce qu’elle fit…

Sinon, j’ai oublié de vous le préciser, la Crête c’est très joli… (je sais je radote, c’est mon droit…)

Mon souvenir restera l’hôpital, toutes ces familles au chevet de leur proche, se relayant à tour de rôle pour que personne ne soit seul (je n’ai jamais vu au cours de mes déambulation, un malade seul), faisant des grillades sur les balcons, et vous proposant, pauvre française perdue, une brochette, un coup de vin, et beaucoup de gentillesse… La fraternité. Maintenant j’y repense autrement… C’est elle qui me revient. Mes amis du club, ma famille, mais également tous ces inconnus qui m’ont ouvert leur cercle. Merci à jamais à eux !

Et également : les lettres de plaintes ont donné satisfaction avec remboursement de 1/3 du voyage pour tout le monde. Sauf pour moi à qui on a accordé le remboursement de 90 %, rapport au pied de Pulchérie dont j’avais largement parlé en menaçant de demande de dommages et intérêts, pretium doloris et tutti quanti… C’est normal, elle a toujours sa cicatrice…  D’un autre côté, argent ou pas, j’aurais dû le faire, mais je sortais du divorce et pas l’envie et l’énergie de retourner en justice… Ne venez pas me dire que je suis vénale…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le seul avantage de cet accident, fut qu’après, Pulchérie m’écouta toujours quand je lui disais que quelque chose était dangereux sans pouvoir préciser en quoi (pour l’ascenseur, j’aurais pensé plutôt aux mains…). Cher payé le début de sagesse…

Edit : qui reconnait la vedette de l’époque ? Et le mieux était que tous les matins Eldoooradooor de Jeet Tour nous passait une chanson de lui et qu’il était là…

Posté le 19 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Le (super) retour de Crête…

BalaisJ’ai déjà évoqué les retours de voyage (ici). Le retour de Crête fut épique naturellement. Il ne pouvait pas en être autrement, nous traversions une période de chance intense

Après 3 jours de calme que je savoure un maximum,  assez bien remise (vous allez voir à quel point) car rassurée sur le sort de Pulchérie et pouvant dormir enfin, départ le 4ème jour. Mrs Bibelot a pris RV avec un chirurgien orthopédiste pour le 5ème jour (il était précisé que ce n’était pas à 24 heures près), dans la mesure où nous devions atterir à Roissy vers 18 H…

Tout a été prévu par Europe Assistance, la compagnie aérienne a été prévenue qu’il y avait une blessée mutilée à prévoir (et donc 3 sièges pour elle toute seule parce qu’elle devait avoir la jambe toujours à l’équerre, la chaise roulante que je dus louer comportait d’ailleurs une gouttière pour qu’elle ait toujours la jambe en l’air (déjà que la tête ce n’était pas ça…). A l’arrivé re-chaise roulante avec gouttière et un ambulancier me ramenant à la maison (enfin chez mes parents chez qui je vivais, mais à la maison…). Tout bien prévu donc…

Voyage en car correct, Pulchérie se prélassant en prenant toute la place sur les sièges arrières avec sa jambe à l’équerre et sa résine avec laquelle elle peut assommer n’importe qui, en rigolant avec son copain Nicolas et sa soeur qui reste crispée (elle le resta longtemps, cet accident l’avait réellement traumatisée et j’ai sû après qu’elle avait essayé elle aussi de tout faire pour dégager sa soeur, et cru mourir de l’entendre hurler comme ça quand l’ascenseur est reparti vers la descente et de voir du sang partout…). Arrivée à l’aéroport : prise en charge immédiate : on m’attend avec une chaise roulante avec gouttière pour Pulchérie, on me fait passer devant tout le monde pour enregistrer nos 3 valises (ben voui…) et nous montons dans l’avion les premières, Pulchérie dans les bras d’un steward très beau gosse qui l’installe sur les sièges qui lui sont réservés. Sa soeur et moi sommes derrière elle.

L’avion se remplit. A l’époque il y avait encore une zone fumeurs et je suis donc allée retrouver régulièrement mes amis du club à l’arrière (mère indigne !).

Consignes de sécurité habituelles et où sont les gilets de sauvetage. Dans un silence relatif (tout le monde pense vaguement à ce qu’il peut se passer dans un avion, surtout s’il tombe) s’élève la voix cruellement forte de Pulchérie : “ah mais si l’avion tombe dans l’eau c’est pas possible, je n’ai pas le droit de mouiller ma résine…”. Silence de mort quelques secondes. Je lui signale que ce n’est pas le problème à cette emmerdeuse et désobéïssante en plusah mais je ne me suis pas fait greffer le pied pour tomber avec un avion dans l’eau !” Re-silence de mort… Il y a la poisse à bord. Non une méchante pesteuse tout simplement (pardonne moi ma chérie, mais là je l’ai vraiment pensé…)

Tout se passe bien (l’avion ne tombe pas dans l’eau), sauf que dans l’avion nous faisons connaissance avec les gens de l’autre club (celui que je n’avais pas pris à cause du parachute qu’il n’offrait pas) qui eux sont ra-vis… Ils ont mangé des grillades tous les soirs et midi, crétois à mort, des langoustes à plusieurs reprises, le club enfant était super, les activités aussi, et les excursions aux prix indiqués. Il y avait un ascenseur certes, mais à 2 pas d’Héraklion… Les lettres sont en place dans toutes les têtes de mon club. Nous, nous avons passé des vacances plutôt merdiques (même sans l’accident de Pulchérie) et “les autres” en tombent par terre d’entendre ce que nous avons mangé, et tout ce qui n’allait pas (et dieu sait tout ce qui n’allait pas !).

Atterrissage à 18 H :

  • 18 H : Madame on vous garde dans l’avion, nous avons commandé une chaise roulante pour la sale gosse et désobéïssante en plus petite mais elle n’est pas là (la chaise)

  • 18 H 30 : Madame désirez-vous une petite collation pour vous et vos filles dont une emmerdeuse de première ? la chaise roulante tarde (Delphine veut bien de la collation et nous aussi du coup)

  • 19 H : on annonce la chaise roulante pour la reine des emmerdeuses la malheureuse greffée du pied

  • 19 H 15 : voici la chaise roulante

  • 19 H 30 : nous arrivons avec l’homme de peine qui pousse la chieuse Pulchérie qui doit faire à tout casser à cette époque 20 kg (elle faisait limite anorexique en plus !), à l’endroit ad hoc pour récupérer nos valises

  • 19 H 35 : inutile d’attendre, plus de valises sur le tapis roulant qui devrait donc arrêter de rouler. La faute à qui ? Je ne vous le demande pas : la faute à une cascadeuse dans les ascnseurs.

  • 19 H 45 : voici l’endroit où je vais pouvoir récupérer mes valises en théorie, quand l’emmerdeuse de première Pulchérie aura fait pipi grâce à toute une gymnastique dans les toilettes avec l’aide de Delphine et de maman dont la sciatique se précise parce qu’il faut lui tenir la jambe en l’air (déjà que la tête, bis repetita…)

  • 20 H : les voici (les valises) (“maman j’ai faim” (Delphine, dite “bouffe tout” par l’emmerdeuse de première et mal embouchée en plus sa soeur aînée qui ferait bien de se faire oublier, (jambe en l’air ou pas))

  • 20 H 05 : pas d’ambulancier comme prévu, il est reparti (maman j’ai toujours faim, et c’est un scancale qu’un ambulancier ait abandonné de pauvres petits enfants (bouffe tout désobéïssante également et l’emmerdeuse de première à qui je m’en vas bientôt, si elle continue, flanquer une claque, pied ou pas…)

  • 20 H 15 : madame, j’ai réussi à joindre l’ambulancier, il revient (maman j’ai encore faim !) (Non politiquement correct)

  • 20 H 45 : l’ambulancier arrive. Marre d’attendre me précise-t-il (moi pas, j’adore attendre…). Il a pensé qu’il y avait eu un loupé. “J’avais terminé ma journée, mais je suis revenu quand on m’a dit que c’était une jeune femme et moi qui suis dans un état ! avec deux jeunes enfants bien entendu innocents” (merci Monsieur) (et Delphine a toujours faim et lui, rien à lui donner à manger)

  • 22 H 15 : arrivée chez mes parents, Chloée (la chienne, pour ceux qui n’auraient pas suivi)  nous ayant senties arriver attendant ses petites soeurs et surtout sa maman, et ma maman à moi qui commençait à s’inquiéter (pas de portable à l’époque) sur le balcon (Jean Poirotte ne trouvant pas obligatoire d’attendre sur le balcon, plutôt que devant la TV, avachi répandu avec grâce dans son canapé).

  • Mamie j’ai faim” (les deux !)

  • “Papy a fait sauter plein de crèpes mes chéries. Il va vous les faire manger, et après, au lit et maman me racontera tout…”

  • 23 H Coucher final des chieuses trésors” Bisous maman, on t’aime tu sais” (les zamouuuurs) “t’es la meilleure super des mamans !!!! et mamie la super meilleure des mamies, et papy le super meilleur aussi” (petits trésoooors à moi) (je sais : … c’est ça les gosses…)

Comme vous avez pu le constater, maman avait beaucoup à raconter, mais la sienne aussi (Mrs Bibelot).

  • Elle apprend l’accident via Jean Poirotte qui a reçu l’appel capital et piétine en attendant qu’elle rentre de ses sacro-saintes courses du jour (Mrs Bibelot est perverse, elle adooooore aller visiter ses commerçants chaque jour que dieu fait, elle adooore faire les courses).

  • Elle contacte ma première belle soeur qui travaille dans l’import/export et se charge, de son boulot de faire sauter tous les standards pour avoir Europe Assistance qui ne sait pas, après 32 appels, combien de temps d’hospitalisation est prévu

  • Elle ne peut pas me laisser toute seule comme ça (très réel) en Crête, elle arrive (ma mère. Ca me rassure réellement).

  • Elle se renseigne (via ma première belle soeur toujours mobilisée, france télécommm aurait pu griller sur cette histoire là) trouve même un hôtel proche de l’hôpital où séjourner avec moi et Delphine que bien entendu Mrs Bibelot ira récupérer au club. Que ce soit écrit partout en grec ne la dérange pas : elle a fait grec ancien, mais il paraît qu’on s’y retrouve en grec moderne… (confirmé par une copine de “philo” qu’elle a appelée)

  • Mrs Bibelot décide de partir en se demandant si elle pourra faire un tour au musée d’Héraklion pour le moins, quand elle apprend que Pulchérie quitte l’hôpital (même sans portables, nous arrivions à communiquer juste à temps, via Nicky et mon ex-belle soeur assiégeant tous les n° de téléphone possibles et utiles).

  • Elle cherche un chirurgien qui pourra prendre en charge Pulchérie dès son arrivée… Elle trouve, après 12 coups de fil au cours desquels je lis la lettre écrite en anglais pour que l’on transmette bien au chirurgien ce qu’il se passe… (finalement le poseur de résine a bien fait de se faire attendre pendant 3 heures…)

  • Elle s’est fait un sang d’encre… Limite pire que moi… Je sens d’ailleurs qu’elle m’en veut de tous ces tourments…

PS : quand je le dis que la vie n’est qu’un long calvaire…
PPS : ce sont les pires, mais il y a d’autres vacances…
PPPS : il y a la suite : le pied de Pulchérie jusqu’à la guérison..

Z’avez rien signé, mais c’est pour en chier, la vie n’étant qu’un long calvaire…

Posté le 17 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Les supers vacances en Crête (part 3)

Les_supers_vacances_en_cr_teLa journée passe après l’opération et la première nuit déjà bien entamée quand j’ai retrouvé ma fille  (772 heures, j’ai tout bien compté).

Un animateur du club est venu apporter des livres à Pulchérie et le bisou de tout le monde le premier matin (envoyé par le chef de club : pouvait pas se déplacer lui-même ?). Je lui donne le numéro de téléphone de mes parents afin que Colette (la maman du petit garçon copain) les prévienne. Je ne sais pas pour combien de temps je suis coincée là avec juste mon sac à main et un peigne + une brosse à cheveux. Il repart m’acheter de quoi me sustenter un peu car je n’ai pas eu de petit déjeuner et pas voulu ôter le pain de la bouche de l’opérée.

Pas de soins particuliers pour Pulchérie, je suis surprise. Elle a un pansement curieux sur la cuisse gauche mais nous n’osons pas le soulever pour regarder de quoi il s’agit. Sauf changement de perf, et je vois bien qu’elle a des antibiotiques (même écrit en grec, avec la traduction anglaise ça se repère à 2 km) j’ai l’impression de ne voir personne (donnez moi un médecin qui m’explique tout) depuis tout ce temps. Et toujours, je me ronge en me demandant “pourquoi un plâtre ?” sur une blessure ouverte comme elle l’avait…

Deuxième nuit. Pulchérie qui n’est plus sous l’effet de l’anesthésie générale n’arrête pas de pleurer “mais pourquoi j’ai fait ça”. Ca ? Parce qu’il fallait que je sache, donc elle a avoué… LES AMES SENSIBLES PASSEZ LES PROCHAINS PARAGRAPHES !

Elles ont pris l’ascenseur pour descendre (Delphine encouragée par sa soeur car n’aimant pas désobéir à maman), et l’ont pris pour remonter me retrouver pile poil au bon moment, vu que je terminais de me démêler, quand Pulchérie s’est aperçue qu’elle avait oublié je ne sais quoi en bas. Et là elle a fait ce qu’elle avait vu ses grand-parents faire dans leur ascenseur quand elle était toute petite : déclencher du pied la sécurité pour le bloquer et repartir en sens inverse. Sauf qu’il n’y avait pas de sécurité. Son pied s’est coincé entre le sol de la cabine et la parois défilante jusqu’à l’arrivée alors qu’elle commençait à hurler.

Et là, un imbécile en bas, entendant hurler à appelé l’ascenseur pour “savoir ce qu’il se passait” (dixit le crétin doublé d’une andouille (un belge, désolée pour mes lecteurs belges fidèles, il y a des crétins dans tous les pays)) qui avouera son forfait plus tard  en toute innocence car je devais avoir l’air vachement aimable en l’écoutant, au risque donc que je le trucide avec un pied de parasol (non mais vous entendez hurler dans un ascenseur, vous l’appelez ou vous montez à pied voir ce qu’il se passe en bloquant tout ?)).

Les deux soeurs n’avaient pas pensé à ouvrir la porte pour arrêter le trafic, pendant que Pulchérie essayait de se dégager en espérant que je n’en saurais rien, ce qui fait qu’elle a fait la redescente (l’ascenseur appelé du bas), ensanglantant toutes les portes au passage en s’arrachant le dessus du pied… JE VOUS AVAIS PREVENUS !

Nuit d’enfer, je n’en peux plus, j’ai l’impression d’être là depuis des siècles. J’essaye de me coucher à côté de Pulchérie qui rouspète, alors que les grands-mères présentes ont leur super fauteuil de jardin dans lesquels elles ronflent en plus, pour me narguer… Et le lendemain matin, arrivée vers 11 heures d’un fort bel homme (et moi qui suis dans un état… Je me suis lavée comme j’ai pu dans les toilettes, mais bon, j’ai la mine que l’on imagine après deux nuits quasi blanches, et les cheveux comme pas possible (j’ai oublié ma barette salvatrice)…)

  • “Bonjour madame !” (aucun accent)

  • “Bonjour ! Dieu soit loué : vous parlez français !” (j’en pleure)

  • “Oui madame, j’ai fait toutes mes études en France, quel beau pays… Calmez-vous, tout va bien” (ah bon ?) (toujours aucun accent)

J’ai préparé mon laïus (mensonge 100 % digne de Mrs Bibelot) pour sortir de là et rentrer en France : je suis secrétaire médicale à l’hôpital truc, du chirurgien machin, je reprends le travail dans trois jours (non finalement deux), ma fille serait très bien dans mon service, etc… Inutile. Mais je me voyais coincée là pour des jours. Mrs Bibelot prévoyait de me rejoindre, c’était la révolution en France et au Club… Et ma petite Delphine, la laisser rentrer en France toute seule même avec Europe Assistance ? Que d’angoisses depuis l’accident, si proche pourtant, alors que j’ai l’impression d’avoir passé des jours dans cet hôpital… Je me prépare à plaider le rapatriement sanitaire… Difficile dans certains pays où l’on est très suiceptibles… (on sait faire aussi…)

Le médecin m’explique. Pulchérie avait le tendon du pouce sectionné net et le pouce donc, mal barré qui pendouillait (me semblait bien aussi…). Elle a eu de la chance d’ailleurs de ne pas le perdre, cela aurait compliqué l’opération (brr ! et qui serait allé à la recherche du pouce ?). Elle avait une grande partie de la chair du dessus du pied arrachée (ça j’avais vu : ça pendouillait également) d’où nécessité de faire une greffe de peau (et explication du pansement qu’elle a sur la cuisse gauche sur laquelle on a fait le prélèvement), l’ongle du pouce partiellement et celui du deuxième orteil également (arrachés). Elle a été opérée par le spécialiste mondial (le premier à faire) des membres sectionnés ou arrachés (je ne savais pas qu’il oeuvrait à Héraklion) qui arrive d’ailleurs…

Avec toute son équipe, comme tout professeur qui se respecte et me salue vaguement, comme si je n’étais pas la maman morte d’inquiétude (c’est l’autre qui traduit). Il découpe le plâtre et le retire, Pulchérie tétanisée et pour une fois muette. Je jette un oeil et je ne vois qu’une bouillie immonde qui a l’air de satisfaire tout le monde, car tout le monde regarde. L’autre médecin me précise (traduisant les commentaires aux internes) qu’il est satisfait du résultat, que Pulchérie peut sortir aujourd’hui, mais qu’auparavant il va lui faire mettre une résine, plus confortable et plus légère qu’un plâtre… Parce que le tendon a été remis en place avec un “cup buttom” (un genre de bouton pression) et qu’elle ne doit pas bouger le pied pendant au moins 6 semaines, moment où le tendon sera de nouveau rattaché à l’os (d’où l’immobilisation obligatoire et l’explication du plâtre et le fait qu’elle ait perdu de la souplesse dans le pouce, car il manque un morceau de tendon..). Je précise pour les âmes sensibles : quand le tendon est rattaché le cup buttom tombe de lui-même…. Et parce qu’il ne va pas laisser repartir une patiente en France avec un plâtre. La résine c’est mieux, c’est plus moderne et plus confortable et les médecins français ne penseront aucun mal de lui, il tient à sa réputation… (les français tous des cons avec leur plâtre !)

Il me précise qu’il a laissé 2 ou 3 morceaux de matrices d’ongles en place pour que plus tard elle puisse s’en coller des faux sur les morceaux qui repoussent (ici)… On va me donner une lettre à remettre au chirurgien orthopédiste qui doit la voir dans 4 jours, 5 maximum (je rentre le 4ème jour…) et décidera lui-même de la fréquence des soins. Exit le rapatriement sanitaire ouf !

Je préviens le club que je reviens, avec la complicité de Nickie qui normalement ne doit pas me confier le téléphone (j’ai plutôt une mémoire auditive, mais je la revois très bien…). Le gars d’Europe Assistance arrive : c’est lui qui doit affrêter le taxi qui va nous ramener au club, et acheter les antibiotiques prescrits… Nous attendrons 3 heures le poseur de résine avec ce qu’il faut en dessous sur la blessure (un martyre pour Pulchérie, car il y a un moment où il appuyait sur le vif pour la mise en place), et enfin nous sortons.

Je le constaterai une autre fois, les chauffeurs de taxi grecs c’est l’enfer sur terre, même Pulchérie a peur et j’ai beau avoir sommeil à en tomber, je ne risque pas de m’endormir… Il se fait d’ailleurs arrêter par les flics cet imbécile doublé d’un chauffard, et c’est la mine de ma fille et sans doute la mienne qui font qu’ils le relâchent après moultes palabres. Arrivée au club : personne pour nous accueillir. Je saurais après que Delphine s’était mise à nous attendre dès mon coup de fil. 4 H 30 se sont écoulées (1 H 30 de bagnole tout de même). Pulchérie et moi nous écroulons dans nos lits respectifs après toilette et Delphine arrive. Petite mère… J’ai l’impression de l’avoir abandonnée depuis la nuit des temps, alors qu’il ne s’est passé que deux nuits et une journée complète, même si finalement nous rentrons en fin de la deuxième journée (il devait être aux environs de 17 H 30, puisque nous avons pu dormir un peu avant le dîner, j’ai un peu perdu la notion du temps ce jour là)… Elle est à la fois heureuse de nous voir (câlins) et triste. Mais tout le monde avait tellement pitié de la voir attendre en fixant la route, toute silencieuse, grave et concentrée, qu’on avait réussi à la décider à aller faire un petit tour sur la plage ramasser des coquillages et du coup, elle a loupé notre arrivée… Elle s’en veut…

3 jours encore au club. Pulchérie vedette. Elle doit toujours avoir la jambe surélevée donc on lui trouve les meilleurs fauteuils + un coussin et idem pour moi. Toujours quelqu’un pour la porter (on voit bien que je fatigue). Un repas spécial crétois est prévu en son honneur le lendemain de notre retour + une fête spéciale le soir. Une vedette de la chanson de l’époque qui séjournait avec nous (eh oui, déjà qu’avec Albert j’avais eu Stallone au Maroc…), pose avec elle pour une photo souvenir en s’étant proposée… Une fois reposée par une bonne et longue nuit (avec Delphine blottie contre moi, sa soeur occupant l’autre lit avec tous les oreillers prêtés par l’hôtel pour qu’elle ait bien le pied surélevé), et rassurée pour ma fille, je profite de la piscine, de l’amitié qui s’est formée autour de moi, des 3 derniers jours (malgré la bouffe toujours aussi nulle), avec Delphine mal remise de l’accident constamment sur mes genoux ou avec moi me racontant “votre absence maman, j’avais tellement peur…”

Delphine jouait et mangeait avec Nicolas (sous la surveillance aigüe des parents…), elle faisait pause toilette et beauté avec une jeune fille en séjour avec son copain, qui l’avait prise en amitié et lui avait d’ailleurs fait les ongles et une jolie coiffure, et elle dormait avec Malika, qui était seule dans une chambre à deux lits (et était journaliste à France Presse, je sais cela n’a rien à voir) (et désespérée d’avoir pris 3 semaines dans ce club de merde, nous allions tous l’abandonner pour une semaine de trop). Tout le monde s’était occupé d’elle, d’ailleurs Europe assistance était venu vérifier et enquêter sur le sort de Delphine.

Et Colette de me confier son premier coup de fil à mes parents (suivi de beaucoups d’autres). Elle était tombée sur Jean Poirotte et lui avait expliqué le problème. Puis tout à coup “je ne vous ai pas dit de quelle fille il s’agissait” “Oh répondit Jean Poirotte, c’est Pulchérie évidemment, ça coule de source“.

“Et nous qui pensions que tu avais un peu exagéré l’autre soir…” “Ma pauvre, bon courage pour la suite“.

Voilà, vous savez tout. Reste le retour de Crête qui fut épique aussi…

Posté le 14 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Les supers vacances en Crête (part 2/3)

Les_supers_vacances_en_cr_te_2Retour au club en rentrant d’Héraklion (le car n’était plus looong vu que j’avais fait la séance “claques”). Douche des filles.

  • Maman on peut aller dans la salle de jeux pendant que tu te lave ?

  • Oui mes chéries, voici des sous, et ne prenez pas l’ascenseur (3 étages, nous sommes au second et la salle de jeux au premier sous sol)

  • Ouiiiii on sait, tu nous l’as répétéééé 136 fois (et nous on t’as désobéi 136 fois mais motus, elle n’en saura rien cette pauvre Mouth débile…)

C’était en effet un ascenseur sans porte, avec parois déroulante. Mes parents avaient le même, mais muni d’une sécurité… Celui là, non. Elles avaient donc interdiction formelle de l’emprunter sans moi.

Départ de l’équipe de fer. Je sors de la douche et je termine la séance démêlage de tignasse quand Delphine déboule, en larmes, bouleversifiée : “maman ! Pulchérie s’est blessé le pied dans l’ascenseur, ce n’est pas grave, mais elle crie très fort, pauvre Pulchérie ! Pauvre Pulchérie !”

Elle s’écroule sur mon lit, au bord de la crise de nerfs, en criant toujours “Pauvre Pulchérie !” pendant que j’enfile à la  hâte un caleçon et un T shirt et me précipite dehors. Dès l’attaque de la descente de l’escalier, hurlements horribles : c’est ma fille, je reconnais le krikitu, elle est vivante, mais j’ai les jambes qui tremblent, et encore plus quand j’arrive au niveau de l’accueil ou je bifurque vers le krikitu : la porte de l’ascenseur est pleine de sang, cela fait une traînée du haut en bas et la réceptionniste est livide qui m’indique d’un doigt tremblant le niveau inférieur. J’arrive au niveau salle de jeux en suivant une trace sanglante,  où un homme plutôt verdâtre porte ma fille qui hurle. Il va tomber dans les pommes c’est sûr et me la faire tomber, en plus !

Je regarde le pied de Pulchérie que ma vue fait taire un instant et mon coeur manque un battement. Je hurle “hôpital !” à l’homme qui va s’évanouir et je récupère ma puce pour m’écrouler sur un canapé en la portant comme je peux (pendant qu’il s’affale sur le sol, ne pas compter sur les hommes quand ça saigne en pendouillant). Elle hurle à nouveau (pas de claque pour avoir pris l’ascenseur, c’est bon, je peux crier). Cela a l’air grave mais c’est tellement sanglant que tout le monde se détourne en pâlissant (jamais vu autant de personnes blèmes en même temps depuis…). Moi je sais que c’est grave (je peux tout regarder sauf si cela concerne les yeux), j’ai peur, j’ai mal pour elle.

Le chef de l’établissement arrive à la hâte, très pâle également (il est responsable de la sécurité et dans l’ascenseur il n’est pas précisé que les enfants doivent être accompagnés : normes grecques). Il me kidnappe ma fille et part avec deux interprètes à l’hôpital le plus proche, Rethymnon. Je pars récupérer Delphine toujours au bord de la crise de nerfs pour la confier au couple d’amis qui ont un fils “ne t’inquiète pas on s’occupe d’elle”, et je pars à mon tour avec le chef des sports. Arrivée à l’hôpital où l’on trouve la bonne salle au son du krikitu Un médecin est en train de répandre du liquide sur le pied de Pulchérie (probablement un anesthésiant) et elle se calme rapidement, en précisant “ça va beaucoup mieux”. Examen attentif de la blessure, grimaces du médecin. Echanges. Le médecin parle en grec au premier interprète qui traduit en anglais au deuxième, qui traduit en français.

“Ils ne peuvent rien faire ici, elle part en ambulance pour Héraklion immédiatement” (j’en viens, ils se moquent de moi ?). Moi il me faut retourner au club ou tout le monde m’attend, anxieux et où  surtout j’ai Delphine (et de quoi m’habiller, je ne suis vêtue que d’un T shirt et d’un caleçon et uniquement de ça). Le chef d’établissement précise que j’ai 3/4 d’heure au club pour régler mes problèmes (et lui, faire nettoyer son ascenseur je présume) En mangeant un morceau je confie Delphine aux amis. Celle-ci est silencieuse et visiblement traumatisée. Tout le monde me rassure : on va recoudre Pulchérie, ce n’est rien. Non… La recoudre ils pouvaient le faire ailleurs. Je ne dis rien, on prétend toujours que je suis pessimiste. Je prends mon sac à main avec le nécessaire, j’enfile une culotte et un soutif (oubliés lors du premier habillage à la hâte) + un peigne et une brosse à cheveux dans mon sac.

Au moment où nous partons avec le chef d’établissement (et 1/2 heure de retard), téléphone : Pulchérie est entrée au bloc de l’hôpital d’Héraklion, inutile de rouler comme des cinglés (car les grecs roulent comme des cinglés) , il y en a pour trois heures au moins. Et moi je ne sais rien. Je ne sais pas ce qu’on va lui faire, ce qu’elle a exactement…. Arrivée à l’hôpital où on me laisse dans la salle d’attente. Le chef d’établissement a prévenu Europe Assistance auprès de qui j’ai souscrit… et il est désolé de devoir me laisser là… Il a de la paperasse à faire rapport à l’accident de ma fille “madame excusez-moi”… Je sens qu’il me hait et ma fille 10 fois plus…

J’attends, des heures me semble-t-il. Pulchérie apparaît enfin, sur un brancard mais bon. Elle est bien réveillée. Elle regarde son pied sous le drap “maman j’ai un plâtre !”. Allons bon ! Pourquoi diantre un plâtre sur une blessure de ce style ? Je vérifie : elle ne délire pas. Bisous maman… Le médecin ne parle qu’anglais, je n’y comprends rien. Il confie la petite à une infirmière adorable : Nickie qui a l’air d’aimer beaucoup les français. Mais elle n’en parle pas un mot, et pas plus d’anglais. Nous parlerons par signes (ça marche très bien quand on sait que quand on fait non de la tête, pour les grecs ça veut dire oui, et inversement, mais dur dur de supprimer une habitude remontant à toujours… (d’ailleurs pour dire oui ils disent “na”, et moi je comprenais toujours “non”)

Nous voici dans une petite chambre où il y a déjà deux enfants. Les parents rouspètent à l’arrivée du lit de Pulchérie (aucun enfant crétois ne séjourne à l’hôpital sans quelqu’un de sa parentèle à ses côtés). On me donne un fauteuil. Pulchérie s’endort suite à l’anesthésie générale, et moi je me sens d’une solitude absolue, perdue dans un cauchemar.

3 heures du matin : Nickie arrive “téléphone !”. Je suis surprise mais j’y cours. C’est Europe Assistance. J’en pleure de joie d’être épaulée, soutenue, réconfortée, en français… Le représentant passe me voir le lendemain, et on avise (rapatriement ou pas…). Je dors un peu dans mon fauteuil après cet appel miraculeux. Je note ici qu’il est absolument fabuleux de voir la capacité de réaction de ces gens qui vous savent seuls et perdus… C’est un réconfort absolu.

Le lendemain, on nourrit bien ma fille, mais pas moi, ce n’est pas prévu. Les familles des enfants voisins (une jambe brisée avec des broches dépassant de partout, et un bassin fracturé pauvres petits pères) me donnent gentiment à manger. Il y a des barbecues sur les balcons, c’est très spécial. Pour les soins aussi : on s’occupe bien de Pulchérie, mais ratage de bassin et pipi dans le lit : c’est à moi de changer les draps en allant me servir dans la buanderie (et je suis vachement douée pour changer les draps de quelqu’un qui ne peut pas bouger et doit garder la jambe surélevée sur 5 oreillers). C’est écrit en grec dans la buanderie, c’est pratique (mais bon là-bas l’hôpital c’est gratuit). Pas de médecin, juste des infirmières pour les soins classiques et changement de perf. J’insiste auprès du représentant d’Europe Assistance qui est arrivé vers 10 heures : je veux rentrer en France. Je ne peux pas laisser Delphine seule comme cela et puis, j’ai peur médicalement parlant. Qu’a-t-on fait à Pulchérie ? A-t-elle été bien soignée ?

Finalement il y aura une part 3…

Posté le 12 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.

Les supers vacances en Crête (part 1)

Les_supers_vacances_en_cr_teJe vous ai déjà parlé des départs en vacances (ici), et maintenant, telle la Comtesse de Ségur voici les vacances (pas toutes bien sur) (vous êtes prévenus, comme je poste un jour sur deux vous en avez pour la semaine, voire plus (voici la série “saga” qui débute)…)

Il y a dans ma vie les supers vacances en Crête dont les filles et moi gardons un souvenir ému… J’ai l’autorisation de Pulchérie de parler de cette histoire mémorable.

Divorce réglé, argent de la communauté touché, je décide d’emmener les filles en juillet passer deux semaines dans un club de vacances en Crête. Surprise…

J’avais choisi un club avec un club enfants, pour pouvoir me détendre sans avoir constamment les filles sur le dos, et surtout excursionner sans elles, gardant des souvenirs émus des excusions imposées par Mrs Bibelot quand j’étais petite (je détestais). Et ce club très précisément pour faire du parachute ascensionnel au dessus de la méditérannée…

Arrivée au club après un voyage éprouvant (et surtout très long, comme tous les voyages) , chambre super, dîner super, gens sympas, tout va bien. Les filles sympatisent avec un garçon dans leurs âges, du coup les parents et moi avec… Un groupe se forme déjà qui le restera jusqu’à la fin, c’est comme cela l’humain…

Premier matin où tout le monde débarque en pensant “premier jour de vacances”  : démission du responsable du club enfants. Pas de club enfants donc. Le zodiac destiné aux parachustistes tombe en panne à 11 H 30 alors que je vais m’inscrire : il ne sera jamais remplacé (comme le responsable du club enfants). Arrivée d’un nouveau cuisinier : le buffet crétois typique se comporte de vagues tzatzikis et tomates fêta + du porc à toutes les sauces (nous nous sommes beaucoup balladés dans l’île sans jamais voir un seul de ces animaux), avec de la purée, des pâtes et quelques tomates… Desserts à l’anglaise : de vagues gelées et mousses diverses… Déception de beaucoup : on se croiraît au Saufitelle.

Le prix des excursions n’est pas celui annoncé par l’agence (tout le monde s’insurge mais les prix ne baissent pas), et il me faut payer en plus (ce qui n’était pas prévu au départ, pour tous les parents idem) pour les filles (qui n’ont pas de club enfant…)  qui du coup sont toute la journée avec moi. Elles préfèrent la piscine à la mer ces enquiquineuses, j’aurais du mal à de temps à autre aller me tremper dans la grande bleue… (avec deux martyres de la mer à mes côtés, préférant faire splatch dans la piscine sous prétexte qu’elles détestent le sable et que la mer c’est salé…(le chlore ne les dérangeant pas))

3 jours après l’arrivée tout le monde tire la tronche : rien de ce qui était annoncé de bien ne fonctionne. Les groupes se soudent (les français contre les belges en règle générale, allez savoir pourquoi eux on leur fait des frites alors que nous voulons manger crétois ! et qui eux s’amusent bien). Je suis la seule femme seule avec des enfants, mais il y a d’autres célibataires toutes féminines. Nous nous organisons des promenades et excursions nous-mêmes. Certains attendent la fin des deux semaines avec hâte (c’est un comble) et tout le monde mitonne la lettre qui va être envoyée par tout le monde à l’agence, au retour… Nous découvrons que les belges pour le même prix ont droit à 3 semaines (bien fait pour eux, mais c’est d’une injustice flagrante). Puis je décide de faire l’excursion du siècle à Héraklion où nous passons la journée.

Les filles rouspètent parce qu’il faut se lever tôt. Le car c’est loooong… La visite des ruines du palais du Minautore les gaaaave profondément, les histoires mythiques crétoises elles s’en taaaapent. Déjeuner au restaurant où nous mangeons enfin crétois (“maman je préfèèèèère le porc !”). Puis visite du musée d’Héraklion où va avoir lieu la séance “claques” que je retiens depuis le matin (j’avais tort, il valait toujours mieux débuter par elle, après j’avais la paix). Sur quelques photographies prises dans le musée, le visage des filles est un peu crispé, puis enfin, elles admirent un peu, et sont bien sages… Le retour en car se passe bien. Reste la soirée…

La veille au soir, nous avions longuement discuté entre parents des bêtises de nos enfants, pendant que les trésors jouaient dans la salle de jeux (importante pour la suite) où c’était donné et où ils dépensaient toute notre petite monnaie (quasi rien en Francs, car c’était bien avant l’idée même de l’Euro). Pulchérie avait remporté la palme des bêtises dans un éclat de rires général, mais j’avais bien senti que l’on pensait que j’exagérais (même pas…) sur ce coup là, les célibataires ne regrettant plus de ne pas avoir d’enfant…

La suite allait le leur prouver… Que je n’exagérais même pas…

Posté le 11 septembre '07 par , dans Faites des gosses !. Pas de commentaire.