Le pied de Pulchérie (suite et fin)

Le_pied_de_Pulch_rieLa photographie illustre finalement toute l’histoire :

  • La vedette de l’époque qui pose après s’être proposée (private collection) (et j’ai précisé : Stallone c’était au Maroc…)

  • Le sourire de la soeur qui ne lâche pas sa soeur d’une semelle (il manque le reste, mais photoshop a merdé)

  • La résine de Pulchérie bien en évidence sur le canapé

  • Son air innocent (le bon dieu sans confession non ?). Vous êtes outrés, vous avez raison, elle fait 100 % enfant battue sur cette photo là… (je lui souhaite la même fille, le pied en moins bien sûr…)

  • Il manque le petit copain à droite mais photoshop a merdé…

Visite le lendemain du retour chez le chirurgien (j’aurais la paix quand ?)… Qui découpe une fenêtre dans la résine pour voir le dessus du pied qu’il faut soigner (je me disais bien aussi qu’une résine n’allait pas suffire…), après avoir lu le compte rendu du chirurgien grec (écrit en anglais en confondant pied droit et pied gauche du coup j’ai toujours un doute) (c’est le droit et non « the left »). J’en frémis sur le coup qu’elle ait été opérée par un certe spécialiste, mais confondant sa droite et sa gauche, certe champion mondial du membre arraché, mais capable de vous les remettre en place du mauvais côté s’il fait les deux à la fois ! (je suis de mauvaise humeur)). Il regarde, je regarde (je peux tout regarder sauf les yeux), je vois toujours une bouillie grise infâme parsemée ça et là d’embuches de violet ou marron.

« C’est magnifique me dit-il, je n’aurais pas fait mieux (vantard en plus)… » (comme quoi le sens du beau ou du laid peut varier suivant les secteurs, je ne suis pas vraiment certaine que Léonard aurait décidé d’en faire un tableau). « C’est le plus grand spécialiste du monde qui l’a opérée, elle a eu une chance folle ! (Youpee !) (une chance folle, tu parles ! je dois avoir l’air aimable, moi j’étais juste partie passer des vacances top en Crête…)  « il est le premier à avoir remis en place un bras arraché » (tant mieux, mais il faudrait qu’il apprenne à repérer sa droite et sa gauche, je persiste…) (d’un autre côté Pulchérie n’était pas obligée d’essayer d’arrêter un ascenseur qu’elle n’avait pas le droit de prendre, avec son pied droit, je continue à le penser fortement…)

Premier épisode : louer une chaise roulante, avec gouttière pour lui tenir la jambe en l’air (je m’en vas lui remettre au moins la tête à l’endroit à cette emmerdeuse). Un vrai plaisir. Rien sur Rambouillet (le plus proche) pour autre chose que les petits vieux. Rien pour les emmerdeuses de première les enfants mutilés en manque de chaise roulante. Faut aller jusqu’à Versailles dans un coin pas possible, même Mrs Bibelot était paumée. Les tarifs sont prohibitifs, mais Europe Assistance n’est plus concerné c’est à la SS (LA SECU !) de s’y mettre, avec toute sa mauvaise volonté : « Madame, « nous n’avons pas de traducteur en cette période de congés ne pouvons comprendre le problème… » (15 lettres incendiaires ! car le chirurgien français avait fait une ordonnance). Je serai remboursée de la location de la chaise roulante 6 mois plus tard (après les fêtes, ils l’ont fait exprès…).

Les soins c’était tous les 2/3 jours, cela variait, c’était suivant l’aspect de la blessure magnifique et l’humeur du chirurgien qui venait jeter un oeil encore elles !.

  • La téléportation n’existant pas, prendre la mutilée la chieuse dans ses bras, la mettre dans la voiture en coinçant la résine dans le tableau de bord en lui demandant de la boucler sur la position inconfortable pour qu’elle ait toujours la jambe en l’air,

  • Glisser la chaise roulante comme je pouvais dans le coffre avec habileté à grand renfort de gros mots et Pulchérie une remarque de plus sur mon vocabulaire et on va causer vraiment des ascenseurs interdits, etc…),

  • Poireauter parfois à la clinique 3 heures (ben oui, un chirurgien, ça opère sur les urgences, c’est ballot, quand ce n’est pas ma fille), voir retirer la languette de résine recollée avec du sparadrap, pour mettre un produit + pansements destinés à empêcher la cicatrisation. Afin que la greffe prenne, et surtout, que la chair se reconstitue en dessous de la greffe (un morceau de peau prélevé sur la cuisse gauche et élargie pour couvrir la surface). J’ai appris à cette occasion que pendant trop longtemps, on était trop pressés de voir la cicatrice se faire et que parfois, il faut en bloquer le processus. Sauf qu’on me l’a répété à chaque visite, et que j’avais bien compris… Et que ça me saoulait grave

La résine : non lourde, mais à garder au sec comme un plâtre (y’a encore du progrès à faire, mais en fait c’était la bessure qu’il ne fallait pas mouiller) (et l’emmerdeuse de première Pluchérie de rouspéter : « c’est moins pratique pour écrire dessus »…). Bonjour la douche de tous les jours et les trésors d’imagination dépensés à coup de sacs plastiques, scotch, sparadrap, finalement pied dépassant de la cabine de douche dans une position hyper confortable pour la fille ET la mère… (L5/S1 définitivement ruinées sur ce coup là) (ce sont des vertèbres et surtout le disque qui va entre, z’avez qu’à aller voir sur gogole d’abord)

L’enfant en chaise roulante : pratique pour se garer que l’on croit (enfin un avantage). Car j’ai découvert avec stupéfaction qu’on ne pouvait pas avoir un auto-collant spécial pour un problème majeur, mais limité dans le temps : c’est GIG ou GIC pas de demi-mesure. J’ai tenté le coup devant la mairie de Rambouillet : une prune, que la contractuelle sympa a déchirée en me voyant arriver avec mon « enfant en chaise roulante », comme je l’avais indiqué sur le pare-brise, sur du A4 écrit gros comme ça… Sinon : deux prunes jamais remboursées… L’enfant peut être en chaise roulante pour 6 mois : si vous n’avez pas fait 677 démarches pour avoir l’auto-collant qui n’existe pas : basta : va te garer à 2 km et pousse ta chaise…

Ma fille en résine et chaise roulante louée à perpète les oies au prix d’une matinée perdue, que j’ai confiée à son père pour le mois d’août (nananèreu… Demerdakess Albert avec ta progéniture). Soit deux semaines après l’accident.

Le père (Albert), était du genre à minimiser les choses (cette pauvre Coraline exagère toujours). Le père chargé de l’emmener pour les soins à l’hôpital de son bled, et manquant tourner de l’oeil en voyant l’état de la chose au premier (pour lui) décollage de résine pour les soins du dessus de pied (bien fait !). « Il rigolait racontait Pulchérie, mais il s’est assis, et il était tout vert quand il a vu le dessus de mon pied! » (bien fait) C’est à l’hôpital de Clermond qu’on lui a retiré la résine en temps et en heure quand le « cup buttom » est tombé tout seul.

Téléphone de Pulchérie : « maman j’ai le mollet tout riquiqui et plein de poils » (je suis ravie mon trésor, mais là je regardais « amicalement vôtre » et je me sens soudain moins détendue) (ça pousse à l’abri de la lumière, une horreur, et c’est maman qui va casquer pour la première épilation à la cire), mais toujours interdiction de marcher, donc béquilles et toujours pansements à faire pour la chair se reconstituant, mais là par les parents, munis de la bonne ordonnance, qui pouvaient faire (Albert a été ravi de me la rendre 4 jours après, il a vraiment eu une chance formidable sur le pied de Pulchérie) (j »ai gardé pour le fun un sachet du pansement à lui mettre pour que celà ne cicatrice pas)…

Il m’a fallu ramener la chaise roulante en me perdant pour la deuxième fois, et récupérer ma caution, car le loueur prétendait que Pulchérie avait fait une rayure sur la roue droite.

Elle est donc rentrée en sixième avec des béquilles (louées également, mais à la pharmacie) et meilleure amie pour porter son sac. Il fallut attendre début octobre pour que le chirurgien l’autorise à remarcher normalement, et exit la jambe en l’air le plus souvent possible (d’où retour de la tête)… Pas de rééducation à cet âge là. d’ailleurs, dès la nouvelle connue, elle enfourcha son vélo pour aller prévenir son arrière grand père qu’elle était guérie ! Il a été content comme tout l’arrière grand-père, sans vraiment le faire voir, ce n’était pas son style. Elle boitait vaguement (ça tire), mais avait décidé qu’elle remarcherait normalement avant un mois, ce qu’elle fit…

Sinon, j’ai oublié de vous le préciser, la Crête c’est très joli… (je sais je radote, c’est mon droit…)

Mon souvenir restera l’hôpital, toutes ces familles au chevet de leur proche, se relayant à tour de rôle pour que personne ne soit seul (je n’ai jamais vu au cours de mes déambulation, un malade seul), faisant des grillades sur les balcons, et vous proposant, pauvre française perdue, une brochette, un coup de vin, et beaucoup de gentillesse… La fraternité. Maintenant j’y repense autrement… C’est elle qui me revient. Mes amis du club, ma famille, mais également tous ces inconnus qui m’ont ouvert leur cercle. Merci à jamais à eux !

Et également : les lettres de plaintes ont donné satisfaction avec remboursement de 1/3 du voyage pour tout le monde. Sauf pour moi à qui on a accordé le remboursement de 90 %, rapport au pied de Pulchérie dont j’avais largement parlé en menaçant de demande de dommages et intérêts, pretium doloris et tutti quanti… C’est normal, elle a toujours sa cicatrice…  D’un autre côté, argent ou pas, j’aurais dû le faire, mais je sortais du divorce et pas l’envie et l’énergie de retourner en justice… Ne venez pas me dire que je suis vénale…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le seul avantage de cet accident, fut qu’après, Pulchérie m’écouta toujours quand je lui disais que quelque chose était dangereux sans pouvoir préciser en quoi (pour l’ascenseur, j’aurais pensé plutôt aux mains…). Cher payé le début de sagesse…

Edit : qui reconnait la vedette de l’époque ? Et le mieux était que tous les matins Eldoooradooor de Jeet Tour nous passait une chanson de lui et qu’il était là…

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