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J'ai un problème avec l'aurtaugrafe…

Dictionnaire_BC6774_002J’ai été fâchée longtemps avec l’orthographe. Oui vraiment. Je ne comprenais pas pourquoi il était si important d’écrire correctement. Et pourquoi il y avait le plus que parfait (et pourquoi pas la plus que parfaite ? l’imparfait ne me dérangeant pas).

Pourquoi un S à velours ? Pourquoi pas de S à certains verbes à l’impératif et un S à d’autres ? (je prends mon Becherell désormais et comme c’est de l’allemand, m’en fous  comment cela s’écrit).

Je détestais la sacro sainte dictée quotidienne du CM2 de mon époque. J’y brillais pourtant, me repassant dans ma petite tête tout ce que l’on m’avait enseigné (les règles d’exception – dieu qu’il y en a + les autres). Elle m’en flanquait des angoisses, plus que le problème qui la suivait à 14 heures (la dictée ayant lieu à 13 H 30).

Je savais toujours combien le fermier aurait retiré d’argent de ses pommiers plantés à 18 par 1/4 d’hectare, donnant tant par arbre, dont 10 % étaient dévolus à la consommation personnelle, 20 % à la vente directe au consommateur, un certain % étant dévoré par les rats, avec le prix d’achat et le prix de revient du litre de cidre rapport au prix des bouteilles… (non là, il n’y avait pas de jour où ça s’évapore, ça c’était le robinet qui fuit, la baignoire qui se remplit, la tuyauterie qui a des ratés, et je vous passe sur quand le train X allait doubler ou croiser le train Z).

Le calcul (on appelait cela comme celà) c’est simple, il suffit de comprendre. Mais l’orthographe il n’y a rien de logique, c’est très con.

Arrivée en 6ème j’y songeais (aux règles de l’orthographe), mais arrivée en 5ème j’écrivis n’importe quoi, oubliant toutes les règles et Mrs Bibelot s’alarma ayant eu la preuve que mes notes n’étaient pas imméritées car alors qu’elle devait pondre ma soeur et nous avait tous placés ça et là (trop tôt PERSONNE n’est parfait), elle avait reçu de moi une missive écrite de chez mes grands parents, qu’elle garde religieusement “ma chaire maman, j’espaire que tu va byen et que le bébé arivera bientaut (oui on ne savait pas à l’époque si c’était fille ou garçon !!!!) je sé me coifer les cheveu toute seul et tu va étr contante, et ausi que je ne mange pas tout le tant du chocolat et des cacaouettes” (menteuse en plus, elle avait dû le sentir)…

Bref il fallait agir, (car j’avais quitté le CM2 en faisant 0 fautes et j’avais intérêt). Cette enfant n’a plus aucune orthographe, et c’est la faute aux nouvelles méthodes, et nous allons y remédier.

Jean Poirotte s’y colla. Juillet était sacré (à la mer) août moins (à la campagne chez mon arrière grand mère et mon grand père, où les soirées ne pétillaient pas trop). Il m’infligea donc UNE DICTEE TOUS LES SOIR.

Enfer et damnation, horrorification suprême (dixit Pulchérie, z’avez qu’à suivre). Le pire de la chose étant que la dernière fois où j’ai parlé des dictées obligatoires du mois d’août, il est parti en claquant la porte en prétextant que je mentais : il m’avait fait subir 2 dictées grand maximum (je venais de l’accuser d’un crime horrible).

Donc tous les soirs la dictée. A me relire je me trouvais forcément des fautes. D’où cette phrase magnifique, corrigée par moi qui avait tout bon au départ mais persuadée que j’avais fait des fautes : “l’homme était assis à l’hombre et prenais le soleil” (c’était n’importe quoi d’être assis à l’ombre tout en prenant le soleil) (je ne faisais pas d’Espagnol et le “t” de prenait ayant été rayé et remplacé, rien n’est pire que d’avoir peur d’avoir fait une faute).

La famille entière se gaussat devant mon “hombre”. Le lendemain soir je truffais ma dictée de fautes énaurmes et là voulues, et attendis le verdict, mâchonnant mon crayon noir (pour effacer les fautes avec une gomme) avec un brin de défi.

Il était clair qu’on ne pourrait rien faire de moi. On me laissa faire mon chemin vers les galères en soupirant, et en biffant les fautes dans mes courriers.

Puis la première arriva. J’avais opté pour “bureau secrétariat” pour faire du droit après en ayant un bagage. J’appris à taper à la machine (mécanique, le moyen âge, je l’ai déjà dit) avec zèle : c’est super chouette de taper plus vite que l’on pense. Pour découvrir que la faute de frappe était sanctionnée d’un point, et la faute d’orthographe aussi….

Fort heureusement notre prof alarmée par notre manque d’orthographe général, décida de nous faire réviser de la sixième à la première, avec humour et dérision, des anectodes rigolotes qu’on ne peut pas oublier, et pour le bac nous étions prêtes et sans fautes….

Depuis j’essaye (je précise) de faire le moins de fautes possible. Pour moi c’est un devoir pour mes lecteurs, dans le boulot, partout. Et c’est avec joie que j’ai découvert sur la blogosphère que l’orthographe n’est pas morte du tout, même chez les jeunes !

Parfois je me relis avec consternation, et je saute sur le post pour le corriger, même deux mois après… Et je lutte contre un certain racisme qui fait de moi une intolérante quand le langage texto déborde dans mes mails, quand je me demande où donc les autres ont été élevés…

Si vous voulez un coup de main, Jean Poirotte se fera une joie de vous faire une dictée…

Et je vous livre la prose de l’aide comptable de mon ex-boîte (désormais), qui avait fait très très fort.

“Coraline, voici le montant de la facture du chantier X. Voit avec frère Bertrand. S’il est OK je fait la facture en bonne uniforme. Me dire si je mais l’échéance à 30 jours ou 60 jours. C’est urgent mais peut nez en moins attendre le retour de frère Bertrand”…

Posté le 26 octobre '07 par , dans Je m'insurge.
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Commentaires »

Comment par koscha
2008-05-29 18:10:49

“nez en moins ” comme disait Cléopatre ….
(Frédéric Dard _San Antonio )

 
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