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Le retour de Maritza (part 1)…

EndoraEt voici Maritza (, et ) revenue pour sa deuxième visite anuelle à Mrs Bibelot (et Jean-Poirotte qui s’est acheté des boules quièèèssss, mon pauvre papa, tu le sais que je suis de ton côté…) Elle ne changera jamais. Elle est rigolote, un peu fatigante par contre. J’ai beau être bavarde, et faire partie d’une famille de bavards, personne à ma connaissance ne lui arrive à la cheville. Et pourtant j’en connais (des bavard(e)s). Sauf qu’elle bavarde à torts et à travers…

La voici donc revenue, arrivée programmée vendredi 19 octobre. Ce qui m’épate toujours chez elle, c’est que malgré sa vie oh combien trépidante, elle semble toujours tomber de l’armoire pour tout (mais finalement c’est peut-être à cause de cela qu’elle a trépidé). Elle ponctue ses conversations de “tu es sûre ?” “Hein ?” “Quoi ?” “Mais quelle horreur !” Elle a pour excuse de vivre en angleterre depuis des années (ça doit marquer. Je n’ai rien contre les anglais mais elle est la première à reconnaître qu’ils ont une mentalité très spéciale, pire que les amerloques, c’est dire, en ce moment il ne faut pas trop m’en causer…), d’y avoir un peu beaucoup perdu son français, et surtout d’avoir vécu des périodes tellement difficiles qu’elle se demandait si elle pourrait se payer un savon. Il n’empêche qu’elle me fatique. Je ne parle même pas de mon père qui doit vérifier l’état de son défibrillateur avant l’arrivée de Maritza. Il faut creuser le déficit de la sécu parce qu’au secours : la voilà. L’ouragan Maritza s’approche des côtes françaises, il est là… Parce qu’il y a forcément un moment où l’envie de meurtre nous vient… Le mercredi 24 octobre Mrs Bibelot a enfin un peu craqué… c’est dire…

Arrivée donc. Je lui propose un thé, Mrs Bibelot faisant sa sieste (ma mère se lève à 5 heures du matin, je tiens de mon père…). Nous prenons le thé, moi tranquillement que je crois, vu qu’elle explique ses périgrination en voiture (anglaise) pour se perdre 3 fois en route, à Jean Poirotte qui n’en peut déjà plus. Elle se retourne gentiment contre moi quand mon père s’esbigne, soi-disant pour s’occuper du jardin (en fait pour aller fumer son cigare tranquille dans son atelier où elle n’ira pas le poursuivre, qu’il croit).

  • Et comment vas-tu ma petite Coraline, et les filles, ça leur fait quel âge déjà ?

  • Quoi ? Bientôt 26 et 23 ans ? mon dieu mais quelle horreur !

  • Et toi donc, ça te fait combien ? Quoi 50 ans en mai prochain ? Mais ce n’est pas possible ! Mon dieu mais quelle horreur, c’est affreux (ne sent pas qu’elle agace un peu, beaucoup, à la folie à insister sur ce coup là, j’avais envie de l’assommer avec la theïère). Jean-Poirotte, tu te rends compte, ta fille va avoir 50 ans, mais quelle horreur ! Ah c’est vrai qu’il est dans le jardin… Quelle horreur, mais tu te rends compte… (je cherche la touche avec une tête de mort sur le clavier pour exprimer ma pensée profonde, avec un marteau si possible, il n’y en a pas et c’est bien regrettable…)

  • Ah Mrs Bibelot, je viens d’en apprendre une bien bonne. Coraline 50 ans ? Mon dieu mais quelle horreur !

  • Je vous épargne la suite qui ne nous fut pas épargnée… Elle a fait le repas du soir avec, ne sentant pas l’exaspération monter un peu partout, parce que mes parents me précèdent de 20 ans… Et qu’ils savent en plus que mes 50 ans le 9 mai prochain, c’est moi injoignable avec une cuite monumentale (la première de ma vie) et un cafard monstrueux (50 ans vous plaisantez, Pulchérie vient de naitre)… A aucun moment elle n’a sentit qu’il lui fallait la boucler sur un sujet brûlant… Non ça, elle ne le sent jamais que c’est brûlant, pas plus qu’elle ne sentait ses ex prêts à s’esbigner (gniarf gniarf).

Sinon elle va très bien, à bientôt 69 ans donc quasi septante ans (ça c’est la Suisse). Elle a divorcé donc (je ne sais pas si je vous l’avais dit, avec elle je m’égare souvent) de Trévor pour la deuxième fois. Va le voir tous les jours pour continuer leurs disputes, dans la maison de retraite dans laquelle il s’est réfugié en vain, le malheureux. Il ne va pas bien du tout d’ailleurs, rien ne va chez Trévor. Elle attend sa mort avec impatience sérénité, en regrettant de ne pas pouvoir dire “je suis veuve”, dans la mesure où ils ont divorcé. On sent bien que Trévor mort, elle va être tout de même perdue, leur histoire dure depuis tellement longtemps. Pour peu qu’il aille vraiment mal, il est fichu de se remarier avec elle  une troisième fois pour la rendre veuve, lui faire plaisir pendant qu’elle lui fichera la paix durant sa tranquille agonie (là il rêvera tout debout, non ? il préfère couché ?), et qu’elle la boucle enfin. (Cette motivation devant le faire réfléchir à mon avis, mais j’ai des doutes sur cette éventualité : qu’elle l’a boucle !)

Elle a laissé les cendres de sa mère à sa fille. Du coup, les cendres lui manquant, elle a récupéré celles de son ex-belle mère qui la détestait et réciproquement, morte “enfin” à 103 ans, ayant battu la reine mère. La boîte à cendre est horrible : d’un rose mauvais goût comme pas possible. Mais bon, sur sa cheminée, ça lui va bien de regarder cette horriiiiible boîte en se disant que c’est la vieille peau qui est dedans…

Elle s’inquiète de tout, pour tout, et là elle est encore plus énervante. Je splashe de la sauce du rôti sur mon haut le dimanche midi et la voici m’enquiquinant (et les autres avec).

  • Ah mon dieu, mais c’est du gras. Ah bon, tu vas le laver ? En machine ?

  • Tu crois que ça va partir en machine ? Oui ? Tu es certaine ? Oui ? Ah !

  • Tu ne veux pas mettre un peu de savon sur la tache ? Non ? Ah la lessive ça suffira ? Tu es sûre ?

  • Oui à près de 50 ans tu sais laver ton linge, mais tout de même c’est du gras… Ah bon tu vas le laver ? En machine ? etc… (c’est la boucle infernale)

Et non, elle n’est pas sourde… Nous si parfois…

Jean Poirotte (une fois sa femme couché) veut-il une tisane ? Elle s’en fait une… Non ? Un café alors ? Non ? un thé ? vraiment pas une tisane ? vraiment pas un café ? ni un thé ? Une soupe en sachet ? Il est certain ? Une tisane alors… Il est certain certain ?

Oui comme moi j’étais certaine d’être montée me coucher en prétextant une migraine, pour terminer mon polar tranquillement… (en fait je mens, j’avais ré-attaqué la comtesse de Ségur née Rostopchine, ce n’est pas de sa faute, elle est née comme ça…)

Mon frère et ma belle-soeur qui ne savaient pas s’ils viendraient déjeuner le dimanche ont décidé que finalement si. Quand Maritza est là, on va vraiment se marrer un coup… Sauf qu’après, ils repartent chez eux, eux…

Sa dernière c’est qu’à la fin de “il était une fois dans l’ouest”, Claudia Cardinale est en train d’ouvrir une cantine… Tête de mon père qui soutient l’argumentation en vain. Elle est certaine qu’elle ouvre une cantine et point barre.

Et pendant sa (première partie de) visite on m’a appelé 7 fois pour que j’aille vérifier sur gogole si… Elle avait tort mais raison quand même…

La vie n’est qu’un long calvaire. On vous la prête quand vous voulez. On ne sait pas comment font les autres pour s’en débarasser toujours avec de l’avance (deux jours pour le moins). Hélas, il faut, je l’ai déjà dit, la sereine distraction de Mrs Bibelot pour la supporter. Jean Poirotte n’a pas la même et je sens qu’il craque, qu’il va craquer…

Pour l’épisode 2 vous aller rire, il sera question de poissons… Les poissons n’ont rien de drôle, sauf quand c’est Maritza qui en parle…

Posté le 30 octobre '07 par , dans Dans la série Diabolique.
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