Les petits papiers de Maritza…

Les_petits_papiers__57210837_copierMaritza serait plutôt une littéraire, d’où le fait que l’évolution des poissons lui ait complètement échappée. Comme elle parle quasi uniquement l’anglais depuis des années, le français lui a échappé également (grande nouvelle d’un de ses derniers jours de séjour : dans « Investiture » il y a « vêtement ». Inutile de discuter  : « vesti » signifie « vestimentaire »… L’investiture c’est quand le gars ou la nana enfile de nouveaux vêtements…

Une de ses occupations favorites, est d’écrire à ses nombreuses relations, depuis Tintagel où elle se barbe légèrement il faut le dire, quand elle ne va pas vérifier si Trévor n’a finalement pas trépassé (ne la laissant point veuve puisqu’ils sont divorcés, damned !). Non ? toujours pas ? il prend son temps, c’est un rat…

Maritza ne peut pas envoyer uniquement une lettre de 2 4 pages, que Mrs Bibelot lit toujours avec plaisir en prenant tout d’abord son souffle, après avoir vérifié qu’elle n’a rien d’urgent à faire dans l’heure qui suit, et en ayant la lettre sous le coude depuis 6 jours…

Elle prend 4 pages et pas une de plus. Donc il y a de nombreux renvois. Au début de sa missive elle écrit normalement, puis le temps passant, c’est de plus en plus serré, avec des *, de l’écriture en travers, entre les lignes. Il faut du temps pour tout décrypter.

Mais Maritza ne peut pas se contenter de vous écrire, il faut qu’elle vous mette dans l’enveloppe des petits papiers qui forcément vont fort vous intéresser. Ce sont des articles, brèves, qu’elle découpe patiemment dans les journaux (anglais). A l’époque où Albert m’a quittée, Maritza était larguée pour la première fois par Trévor. Elle m’inondait (via Mrs Bibelot), d’articles sur les femmes seules, dont je n’ai jamais lu un traître mot ne lisant pas comme elle, l’anglais couramment (et n’ayant aucune intention de le faire un jour, je sais, c’est maaaaal).

Jean Poirotte trouve tout de même à cette marotte des petits papiers dans les courriers, un avantage certain. Pendant qu’elle lit le journal, elle se taît (sauf pour demander des précisions sur les poissons). L’autre jour elle bavait d’envie devant la pile de journaux que Mrs Bibelot garde pour allumer le feu ou autre utilisation. Généreux, il les lui a tous donnés pour qu’elle y découpe ce qu’elle voulait.

  • Ce que je veux ? Ah merci Jean Poirotte, c’est merveilleux ! Tu es certain ?

  • Maritza si je te dis que c’est ce que tu veux, c’est que tu peux faire les découpages que tu veux !!! (oui il finit par s’énerver et parfois par l’envoyer paître)

Charité bien ordonnée commence par soi-même dit-il toujours. Parce que pendant qu’elle épluchait le journal et faisait ses découpages, triant les petits bouts de papiers pour les uns et les autres, elle lui a fichu une paix royale et à Mrs Bibelot également. Ce, pendant 4 jours quasi pleins. Chaque jour suivant, Mrs Bibelot lui refourguait religieusement le journal du jour (après avoir fait ses mots fléchés en 5 minutes, je ne comprendrai jamais quel plaisir elle y prend, moi qui n’ai jamais terminé un mot fléché de « femme nouvelle ») (aïe mon Bécherelle resté au boulot… Il me faut y retourner, et en plus j’ai à y récuper un châle et un parapluie…)

Sinon Maritza se rabat sur le dictionnaire, et ce n’est pas moi qui vais l’en blâmer, puisqu’il m’arrive de m’y plonger… Sauf qu’elle prend des notes qui vont alimenter ses petits papiers… Je lui ai fait un plaisir immense en lui refourgant le trieur/parapheur de Charles Hubert (je ne peux plus supporter la vision de ce qui lui appartenait) : merveille des merveilles, elle va pouvoir y trier ses petits papiers par personne à qui les adresser.

Horrorrification abominable : deux cases du trieur pour « Mrs Bibelot » et « Coraline »…

Nous voilà ben avec les prochaines lettres, qui sont toujours entièrement scotchées de partout, pour éviter qu’un facteur malhonnête ne lise sa prose (chacun ses manies et ses angoisses, mais le scotch lui fait payer une taxe supplémentaire)…

D’un autre côté, nous pouvons nous dire que nous sommes dans les petits papiers de Maritza… Elle est gentille sinon… Juste un peu infernale…

Elle est repartie pour la perfide Albion. Bien fait pour eux d’avoir vaincu la France pendant la coupe du monde, z’ont que ce qu’ils méritent… (l’ouragan est arrivé sain et sauf le 7 novembre au soir…)

Edit : laissons les anglais avec leur ouragan, et allons soutenir Madame Patate (ici) !!!

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