L'incendie…

Hier, fin d’après midi, une certaine agitation dehors. Forcément je vais jeter un oeil comme toute personne un peu curieuse qui se respecte. Beaucoup de monde sur les trottoirs, et des lueurs intrigantes  sur la droite. J’ouvre ma porte fenêtre (brr…) : 4 voitures de pompiers, les flics, et tout le bataclan…

« On » semble courir vers l’arrière de l’immeuble, je m’y précipite et me penche à mon balcon de cuisine : horreur ! des flammes de 3 à 4 mètres sortent d’un appartement trop proche du mien à mon goût.

Je descend sans oublier de prendre mes clefs. Tout le monde se pose la question : on rassemble l’essentiel ? On va nous évacuer ? Ca brûle au troisième et dur, sur la façade avant de l’immeuble. Un chien est réfugié sur le balcon et hurle à la mort. Je me demande pourquoi les pompiers actionnent leur lance de ce côté là. Je connais mal l’immeuble et tout à coup c’est une évidence : ce n’est pas un appartement qui brûle, mais deux…

De mon côté, des 4 ou 5 pièces donnant sur toute la largeur de l’immeuble. Dans la première partie, ce sont des studios ou deux/trois pièces, chacun donnant d’un côté ou de l’autre… D’ailleurs les pompiers se dirigent également avec des lances vers l’arrière. Les flammes semblent se moquer éperdument de l’arrosage plus qu’intensif, et pour les soldats du feu, impossible d’accéder vers l’arrière avec la deuxième grande échelle : le jet perd en puissance.

Tout à coup, comme tout le monde le redoutait,  sur l’arrière, le feu apparaît au balcon du dessus, avec violence également. L’angoisse prend tout le monde : y a-t-il quelqu’un quelque part ?. Non, tout a été évacué dans cette partie de l’immeuble. Les pompiers stoppent finalement le feu de l’étage inférieur, mais au dessus, tout continue de brûler. Il faudra deux heures pour tout éteindre, dans l’angoisse générale. Apparement les 3 appartements incriminés étaient vides. Reste à récupérer le chien sur son balcon, qui ne semble pas du tout disposé à quitter les lieux. C’est un voisin le connaissant par son nom qui revient avec une laisse, se propose de monter avec le pompier, réussira à museler l’animal affolé qui redescend au grand soulagement de tout le monde.

Un bruit unanime circule : bougie oubliée dans l’appartement d’origine. Court circuit, bougie, quoi que ce soit qu’importe.

Il y a des personnes qui sont parties de chez elles hier matin, comme chaque jour et qui sont rentrées pour ne plus rien retrouver du tout. Dans ces cas là, on ne retrouve plus rien ! photos, papiers, meubles, tout ce qui fait une vie et ses souvenirs, il n’y a plus rien. C’est brûlé, inondé, rien à sauver. D’autres sont revenus pour trouver leur appartement inondé car les pompiers ne font pas de cadeau avec leurs lances à incendie et on ne peut pas le leur reprocher. C’est le dégat des eaux maximum pour toute la cage d’escalier et jusque dans les caves.

Nous étions tous secoués et silencieux. La vie peut basculer tout à coup. Un incendie venait de nous le rappeler, car cela, nous l’oublions toujours… Et fort heureusement malgré tout, aucun mort à déplorer, sauf apparement un poisson rouge dans son bocal. Mais comme les poissons rouges d’aboient pas leur désespoir sur les balcons tout le monde s’en est fichu… Un tour de garde a été organisé, pour attendre les malheureux rentrant chez eux, avec 3 pompiers surveillant que rien ne reprenne, prêts à tout, avec leur philosophie bien à eux et dont ils ont bien besoin.

Assez curieusement sur la façade avant de l’immeuble (la moins atteinte) il n’y paraît quasi déjà plus. Pour ceux qui ont du mal à nous croire (parce qu’aucune information n’a circulé sur le sujet jusque là), nous pouvons suggérer une petite promenade à l’arrière… Petite leçon à donner à mes neveux et nièces : « voici ce que ça donne que de jouer avec le feu » (ne jamais perdre une occasion de les instruire). Personne n’a réellement dormi et si cela « avait repris », il y aurait forcément eu quelqu’un pour le voir…

La vie n’est qu’un long calvaire… Comme le disait Marcel Pagnol « il n’est pas nécessaire de le dire aux enfants »…

Edit du soir : il s’agissait bien d’une bougie, allumée par 7 ou 8 personnes pour chauffer ce qu’il faut à s’injecter alors que c’est illégal… Un torchon là dessus, tout le monde assez en forme pour détaler en précisant à la voisine suspicieuse « y’a le feu »… Elle a cru pendant un moment que c’était une blague de ces affreux, mais non… La drogue c’est dangereux, on ne le répètera jamais assez !!! La bougie parfumée également si on oublie de l’éteindre…

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