Régression (part 1)…

R_gressionCertaines personnes dont je fais partie, ont tendance à régresser à certaines périodes de leur vie… Généralement cette régression quasi obligée pour survivre, a lieu pendant une mauvaise période.

J’étais en plein dedans. Depuis en plus un moment, mais mon licenciement a cristallisé quasi 4 années de problèmes venant se rajouter les uns aux autres… Avec toujours mon boulot en toile de fond. Le perdre, m’a donné l’occasion de revivre tout ce que j’avais traversé en ne vivant (pour moi) quasi que pour le conserver.

Certains régressent sur le plan nourriture. Je ne dis pas que je n’ai pas envisagé de demander à maman de me faire une bouillie au chocolat, mais bon, je n’ai résolument pas faim…

Je fais partie des personnes qui lisent beaucoup. Hors là, je n’allais pas m’attaquer à un livre bien sérieux ou à relire du sérieux déjà lu. Même « les rois maudits » et  « Angélique » me traumatisaient d’avance.

Ma régression à moi consiste à relire l’intégrale de la comtesse de Ségur (née Rostopchine, on vous l’a déjà dit, ce n’est pas de sa faute si elle est née comme ça…) que Mrs Bibelot conserve soigneusement… (et d’ailleurs les vieux livres d’origine qu’elle a perdus, elle les a rachetés en nouvelle version).

Evidemment je n’ai pas voulu me traumatiser un max et j’ai attaqué par « les malheurs de Sophie », en me demandant pourquoi diable je l’avais fait lire à Pulchérie qui n’avait qu’une envie : faire mieux que Sophie…

Dans la logique viennent « les petits filles modèles » et « les vacances », avec quelques perles à mourir de rire :

  • Son coeur battait encore : elle n’était pas morte

  • L’eau, et encore mieux, l’eau salée, est souveraine contre la rage (on se demande pourquoi Pasteur s’est escrimé à trouver un sérum et un vaccin)

  • La description des « sauvages » dans « les vacances » et comment ils sont éduqués en religion.

  • Et j’en passe.

J’adore le côté moralisateur de l’auteur,  les histoires se terminant toujours bien, surtout pour les nobles qui sont bien au dessus de tout le monde (même s’ils donnent « aux pauvres »), la description de leur monde à eux, si éloigné du nôtre, dans laquelle « la bonne » même appréciée, ne pourra jamais rentrer. Je souris jaune devant le devoir du pauvre d’être humble, courageux, honnête et digne jusque dans le plus profond du malheur…

J’adore le côté tranché des personnages, tout bon ou tout mauvais, le rappel perpétuel à dieu qui nous observe. J’adore aussi, mais d’une autre manière, le rappel à certaines vertues (courage, fidélité, sacrifice etc…) que l’on rencontre y compris dans ses « nouveaux comtes de fées ». Je me dis parfois que nos leçons de « morale » à l’école, de mon temps, n’étaient pas toujours inutiles.

J’adore surtout, l’éducation donnée à l’enfant à qui dès 3 ans l’on fait la morale en lui apprenant qu’il s’est puni tout seul. Dans les malheurs de Sophie, Sophie vient d’avoir 4 ans. Alors que nous en sommes à demander au petit chéri s’il veut mettre des baskets ou des bottes, en attendant le verdict avec angoisse, là, les parents imposent et tranchent et toute insoumission est forcément punie (justement en plus, car les parents sont aimants et justes (les vrais)).

Reconnaissons à cette comtesse née Rostopchine, sa manière de s’élever contre les châtiments corporels très en vogue à son époque, via « Les petites filles modèles », « Un bon petit Diable » etc… C’était sa manière à elle de désapprouver…

Quand j’aurais tout relu (ça se lit vite), je pense que j’aurais terminé ma régression…

Souhaitez moi bon courage, on ne sait jamais, la vie n’étant qu’un long calvaire, je peux craquer sur un livre ou l’autre

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