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Les trucs de tante Alphonsine (2)

Alphonsine_accoucheTante Alphonsine était une femme pleine d’ingéniosité, de courage et d’envie d’aller de l’avant.

Non contente d’élever 4 garçons et d’assumer un homme un peu enfant, elle lisait beaucoup, et récoltait ça et là des recettes à essayer absolument, des avis sur “la femme doit-elle voter ou non ?” ou tout simplement le plaisir de lire.

Elle était donc cultivée. Sa passion de la lecture la poussait à lire la feuille de journal dans lequel le poissonnier avait enveloppé la bête. Maintenant c’est interdit (le papier journal pour envelopper les denrées alimentaires), il paraît que l’encre d’imprimerie est toxique. Maintenant il ne nous reste donc plus que les notices de médicaments et les modes d’emploi hyper compliqués…

L’oncle Jules rentra un beau jour piteux. Il avait étrenné un magnifique pantalon d’alpaca blanc qu’il ramenait avec une tache de cambouis sur la cuisse gaude. C’était une toute petite tache, la moitié d’une pièce de 100 sous, mais il connaissait sa femme et n’en menait pas trop large. Pourtant l’accueil ne fut pas aussi orageux qu’il aurait pu le craindre et Tante Alphonsine considéra même la tache avec une certaine indulgence, voire même un sourire sarcastique.

C’est que le matin même, en rentrant du marché, elle avait lu sur le morceau de journal qui enveloppait le poisson du jour, la description d’une méthode infaillible pour traîter les taches de cambouis sur les tissus blancs, conseils et méthodes venant d’une vague cousine Alberte. Ceci en plusieurs temps bien entendu.

  • Dissoudre le cambouis dans du beurre. Alphonsine tartina généreusement la tache, suivant les instructions à la lettre. Effectivement le petit cercle de cambouis pâlit au point d’en devenir négligeable, mais non invisible, car il était désormais remplacé par un grand cercle de graisse grisâtre et ruisselant à souhait.

  • Jules essaya d’en faire une timide remarque et fut prié d’aller voir comment se portaient ses poireaux.

  • Enlever le beurre maintenant, c’est logique.

  • A faire grâce à un morceau de papier de soie et d’un fer à repasser. Tante Alphonsine ignorait bien évidemment les fers électriques et mit l’un des siens à chauffer sur la cuisinière à charbon.

  • Après une heure d’efforts, la tache de beurre avait pris une belle couleur rousse des plus appétissante.

  • Un faux mouvement de l’oncle Jules avec le tisonnier déclencha un début d’incendie en bas d’une des jambes du pantalon. Il faut dire qu’il la regardait oeuvrer avec une certaine appréhension…

  • Indomptée et indomptable, Alphonsine décida de passer au troisième temps, après avoir limité les dégâts. Pour le bas du pantalon, elle verrait après…

  • Elle saisit le morceau de journal d’une main ferme et lut “nous donnerons la suite de cette intéressante recette ménagère dans notre prochain numéro”.

Pas une indication sur le titre ni sur la date du journal en question. Alphonsine se précipita chez le poissonnier pendant que Jules sermonnait les 4 chiards. Hélas, la provision de papier journal était épuisée. Alphonsine resta sur son ignorance et la tache resta sur le pantalon malgré tout le mal qu’elle se donna par la suite avec des trucs connus.

Heureusement qu’elle est morte la première cette sainte femme, car je pense que Jules en aurait encore entendu parler sur son lit de mort…

Parce qu’il en a entendu parler de cette tache, ce négligent qui se déplaçait avec son vélo !!!!!

Posté le 19 mars '08 par , dans Histoire de sorcière.
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