Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour avril, 2008

Trop tard pour lui…

Garfunkel_2C’était le médecin du village. Il était juif et ne savait pas que c’était un crime. Il exerçait depuis un petit moment, habitant au dessus de son cabinet avec sa petite famille : une femme et le choix du roi. Ils espéraient une petite fille de plus pour 1944.

Et puis la tempête nazie est arrivée jusque là. Personne pour les dénoncer : sans penser à mal, ils avaient adopté l’étoile jaune, comme c’était “prescrit”. Personne n’imaginait ce qu’il pouvait bien se passer et pourquoi il fallait tant les reconnaître.

Le premier embarquement cela a été la femme enceinte et ses deux enfants. Ils ont attendu le retour du médecin qui venait de pratiquer un accouchement difficile en sauvant la femme et l’enfant, et il est parti à son tour.

Ce qu’ils ont connu, nous le savons aujourd’hui, même si certains minimisent ou refusent l’évidence. Cela a été les wagons plombés, la soif, la faim, la chaleur ou le froid suivant la période. S’éclaboussant de merde et d’urine, serrés à mort les uns contre les autres en suffoquant, des hommes et des femmes cessaient d’être humains pour ne devenir que des nombres, que des ombres. Certaines femmes qualifiées de barbares parce que juives ont préféré étrangler leurs enfants plutôt que les voir mourir à petit feu sans à manger, et sans rien à boire dans ces wagons qui n’en finissaient pas de rouler. Mes filles sont grandes, une puissance suprème m’a épargné d’avoir à choisir entre les tuer tout de suite ou attendre. Lâchement, enfant, je me disais que je n’étais pas juive… Cela me rassurait sur ce passé si proche.

La date de l’assassinat est connue parce qu’il a eu lieu dès l’arrivée dans ce camp maudit. Il l’a su et compris trop tard… Lui était un homme valide, et médecin qui plus est. Juif ou non, c’était précieux et utile. Sa femme enceinte et les deux enfants ont filé direct vers la chambre à gaz et les crématoires. Il ne voulait pas y croire. Il refusait d’y croire. Il se répétait que les allemands étaient civilisés. Il l’a écrit, il a laissé des traces de ses pensées.

Presque 2 ans dans ce camp dit “de la mort”. Sans doute a-t-il pu survivre tout ce temps car il était médecin et que les nazis faisaient sortir les médecins du rang. Il a laissé quelques notes sur ce cauchemar “les médecins sortez du rang !”. Un autre en a fait un livre qui relate le moment où il n’est pas sorti du rang tellement il n’en pouvait plus… Il a écrit qu’à un moment le mot “civilisation” cessa de représenter quelque chose pour lui.

Presque 2 ans d’espoir malgré ce qu’il voyait. C’est un squelette livide qui rentra en 1945 pour retrouver l’appartement vide et quelques patients qui venaient le voir pour lui apporter qui 6 oeufs, qui 1 litre de lait, qui un fromage, qui de l’affection et du soutien… En fait on essayait de le soigner plus qu’il ne soignait. Il ne pouvait pas se soigner lui-même. On ne parlait pas des blessures de l’âme et de la conscience à l’époque. Lentement il a repris son activité qui était de guérir, de soigner, d’aider, en espérant toujours.

Et si… Et si sa femme et ses enfants étaient dans un camp à recevoir les antibiotiques nouvelles et salvatrice. Et si, elle avait pu s’enfuir et prendre le temps du retour. Et si…

Il a attendu attendu attendu, jusqu’au jour où il a compris qu’ils ne reviendraient pas. Sa femme et le bébé qu’elle portait, ses enfants.

Juste avant une nouvelle année à venir, dans une maison vide d’espoir, vide d’enfants, vide d’amour, après une année de trop passée à espérer un miracle, à pleurer seul, à trop se souvenir, il a fait son choix d’en finir. Comme Madeleine longtemps auparavant, il a choisit la corde, ne laissant qu’un mot laconique sur l’espoir qui l’avait porté et qui était vain. Le pire peut-être est le “pardonnez-moi” qui terminait son message. Il demandait pardon du mal qui lui avait été fait et qui l’obligeait à violer une loi divine qui dit “tu ne sauras ni le jour ni l’heure”. Il était croyant. Enfin, il l’avait été.

Je pense à lui régulièrement. Mes grands parents et mes parents l’ont connu. A l’endroit où se trouvait son cabinet médical, c’est un office notarial désormais, mais garni d’une énorme plaque que je vous livre telle qu’elle est.

Du coup on se souvient de lui… Et je rends hommage à la municipalité qui a pris la peine que l’on se souvienne. Je trouve que l’hommage rendu à ce médecin est admirable. Je pense qu’il manque d’ailleurs, plein de plaques un peu partout… C’est mon avis, et je le partage.

PASSANT SOUVIENS TOI !

Posté le 8 avril '08 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de gueule. Pas de commentaire.

Parole de pas sorcière !

EndoraEt shlark ! Alors, pour certains qui ne savent pas lire entre les lignes (ou moyennement lire d’ailleurs), malgré l’intitulé de la rubrique, sachez qu’il est inutile de m’écrire perso :

  • Pour savoir comment tuer votre belle mère en toute impunité. Si je savais j’aurais 5 morts sur la conscience (voui, faut rajouter les 2 beaux pères)

  • Non je ne conné pa de sor pour fér reviendre l’amour (sinon je ne me serais jamais re-mariée)

  • Je ne commercialise pas de manuel pour devenir une parfaite sorcière

  • Je n’ai pas non plus de livre de recettes de filtres magiques

  • Je n’ai scandaleusement pas de grimoire ancien avec lé recet ki tu ou done l’amour

  • Je ne sé pa fér tourné les table pour fér viendre les esprit

  • Je ne suis pas en relation avec les extra-terrestres vivant sur Véga (mais pourquoi toujours Véga, qui est une étoile donc invivable ???)

  • Je ne sais pas diagnostiquer une sorcière par l’intermédiaire de mon écran ordinateur. Preuve que je n’en suis pas une (et toi retourne donc à tes études)

  • Je ne sé pa si une chouete empayé peu aidé a fér les sor. Tout ce que je sais c’est qu’il faut foutre la paix à ces pauvres bêtes qui ont souffert de siècles de superstitions…

  • Je n’ai pas de truc pour comprendre la langue des animaux. Quand je dis que je parle au chat c’est une image… Même s’il est noir, c’est d’ailleurs un hasard.

  • Juste une précision puisqu’elle veut savoir : craché 3 fois de suit dans la bouche d’une grenouye me semble léger pour éviter une gossesse inopinée… (pour comprendre inopinée, prendre un dictionnaire. C’est un grand livre qui explique pas mal de choses et qui permet d’apprendre à écrire en plus…)

Donc, arrêtez de me faire perdre mon temps en perdant le vôtre… (et la dernière, tu vas voir ton toubib plus vite que ça, merci pour moi et l’enfant non désiré…).

Il y a des jours où je me sens lasse… Je précise ; y’a dé jour ouj’me sans lass…

Cé konpri ?

Posté le 6 avril '08 par , dans Sorcellerie, magie, et autres. 6 Commentaires.

Il commence à m'énerver

Dans la série “horloge” ,j’ai fréquenté pendant un an, un homme qui était diaboliquement toujours en retard. J’aurais dû me méfier, pour notre premier rendez-vous, j’ai poireauté 1 H sur les Champs. Il est arrivé avec une bonne excuse.

En retard, en retard, je suis toujours en retard, j’avais l’impression d’être Alice au pays des merveilles avec lui. Il avait des qualités (j’ai oublié lesquelles), aussi je suis restée patiente avec lui, d’ailleurs de la patience, il en fallait.

Mon premier énervement est tombé le jour de mon anniversaire, bien préparé (mon énervement) par ses forfaits précédents. Il faut dire que je l’ai attendu attendu et que même s’il finissait par venir, j’en avais ma claque de l’attendre. Voici le samedi où je fêtais mon anniversaire. 30 personnes enfants compris, que je recevais chez mes parents (c’était juste avant que j’emménage dans mon appart). Il m’annonce qu’il arrive avec ses deux enfants vers 14 H pour m’aider. (il pouvait, j’avais du taff…)

  • 15 H le téléphone sonne (pas de portable à l’époque). Il m’appelle de chez lui. Il y a une promo de chaussures je ne sais plus où, il part s’en acheter une paire (notez qu’il part une heure après l’heure d’arrivée prévue chez moi et qu’il a 3/4 d’heure de route).

  • 16 H : c’est bon il a les chaussures, mais maintenant il en a pour 1 H  de route, il ne sera pas là avant 17 H

  • 17 H : il m’appelle de chez lui : il avait oublié les affaires des enfants pour la nuit, il arrive après avoir fait demi tour pour s’acheter une deuxième paire de pompes

  • 18 H : personne. Le téléphone sonne : il m’appelle du garage où il s’est arrêté pour prendre un rendez-vous qu’il reporte depuis 3 semaines.

  • 19 H : les invités commencent à arriver, lui toujours pas

  • 20 H : bon dernier (eh oui dans mon coin, c’est 19 H/19 H 30). En costume avec des nikess flambant neuves. Visualisez le comptable et ses pompes dans “le bonheur est dans le pré”. Avec un jean ça passe, ou un jogging, pas avec le reste…

  • Je suis tellement exaspérée contre lui que je ne dis rien. Pas de scandale devant les autres, et puis il y a ses mômes qui ont l’air bien fatigués.

  • Scène de ménage après le départ de tout le monde et là je prononce une phrase dont il aurait dû comprendre le même pas sous-entendu : “je t’avertis, la prochaine fois, je te largue”.

J’ai encore tenu bon. 3 semaines plus tard j’emménageais chez moi, il devait arriver en fin de matinée pour m’aider à trimballer des cartons. Moralité je me suis mise aux cartons avec ma soeur vers 14 H. Elle se souvient encore du costard que je lui ai taillé ce jour là et s’est dit que la fin était peut-être proche.

Il est arrivé à 19 H avec des tas d’excuses. En plus il a fait la tronche parce que Mrs Bibelot avait prévu des sardines grillées et que préparer les sardines le dégoûtait profondément… Il s’est installé sur le balcon à lire les cours de la bourse, pendant que tout le monde s’éclatait dans la cuisine.

Donc la suite à venir : il a finit de m’énerver.

Posté le 4 avril '08 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. Pas de commentaire.

Comment être ponctuel

EndoraMon ex belle-mère, la première, le furoncle, était toujours en retard, systématiquement en retard, très en retard en plus. Elle pouvait retarder un repas de famille de 2 heures sans complexes.

C’est le genre de personne très difficile à fréquenter quand comme moi on a avalé une horloge (ici). Plus on les attend et plus on pense de mal d’eux. J’ai ainsi rompu un jour avec un homme que j’étais lasse d’attendre et qui avait eu un jour 6 heures de retard.

Le furoncle tenait cela de sa mère paraît-il. Cette dernière était adorable et m’a elle-même raconté comment elle était devenue ponctuelle…

Jeune mariée elle était toujours en retard, avec toujours une bonne excuse. Les personnes en retard ont toujours une bonne excuse d’ailleurs, ce qui fait que non seulement on les hait quand elles arrivent, mais qu’en plus on doit se farcir leur excuse. Bref.

Son mari avait, lui, avalé une horloge. Il passait donc son temps à attendre sa belle en pianotant d’énervement le volant de sa voiture, en redescendant de voiture pour l’appeler, en remontant dans sa voiture un pestant.

Grâce à elle, ils arrivaient après l’appéritif chez tous leurs amis, après le “oui” lors d’un mariage, le film entamé de moitié au cinéma, quand la marée était basse à la plage, après la fermeture du boulanger.

Un beau jour il décida de frapper un grand coup.

Mariage donc prévu pour 16 H à la mairie à 1 H de route, il lui ment honteusement en prétextant que c’est 15 H, il la prévient “on part à 14 heures pétantes”. Vi mon chéri. La voici qui se prépare en commençant en retard, n’ayant pas encore jeté son dévolu sur une toilette. Il est 13 H, ça va prendre du temps.

  • 13 H 55 : le mari lui crie “je vais sortir la voiture du garage”. Elle est en culotte, soutien gorge et porte jaretelle en train de commencer à se coiffer

  • 14 H : le papy d’Albert allume une première cigarette

  • 14 H 15 : il allume une autre cigarette

  • 14 H 30 : il a hâte

  • 14 H 45 : il retourne dans la maison se chercher un paquet de clopes neuf

  • 15 H : Marinounette est prête. Son mari la voit descendre l’escalier, il met la voiture en route. C’est l’heure théorique du mariage, elle n’en a rien à faire d’arriver avec une heure de retard, elle va voir…

  • Marinounette ferme la porte à clefs

  • Elle commence à descendre les marches du perron et là, la voiture démarre et lui passe sous le nez

  • Elle se dit qu’il lui fait une blague et qu’il va revenir la chercher, et s’asseoit délicatement sur le rebord de la fenêtre.

  • Il n’est jamais revenu la chercher. A été à l’heure au mariage en expliquant à quel point Marinounette était malade.

“Après ça ma petite fille, j’ai toujours été à l’heure”. Confirmé par le mari. Impossible pour moi de la plaindre sur ce coup là… (il y a excuse et excuse et je ne demande à personne de se pointer chez moi à l’heure, sur un brancard du SAMU…)

Comme quoi faut oser…

Posté le 2 avril '08 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.