A lire ou à relire "les gens de Mogador"

Vous allez vous dire que je passe mon temps à RElire et que je ferais mieux de LIRE, mais c’est ainsi, il y a eu la fin 2008, période où le moral est moyen, et où donc, je n’arrive pas à me concentrer sur un nouveau livre. Donc je relis. C’est déjà ça, au plus noir de mon chômage j’étais incapable de lire autre chose que la comtesse de Ségur (née Rostopchine)…

Pour ceux qui connaissent, pour se remonter le moral, « les gens de Mogador » ce n’est pas vraiment le top. C’est la vie quoi. Pour ceux qui ne connaissent pas, c’est à lire, pas à l’eau de rose du tout (j’ai dit que c’était la vie).

C’est la seule saga où j’ai accepté de passer d’une héroïne à l’autre, avec plus de difficultés pour la dernières, les deux autres n’étant plus là.

On commence avec Julia, petite jeune fille rebelle à la tyrannie paternelle, qui a décidé qu’elle épouserait Rodolphe et pas un autre. On ne peut pas marier une jeune fille de force (il suffit qu’elle dise « non » et c’est terminé ET le scandale) et elle ne peut se marier contre l’avis paternel qu’à sa majorité de 21 ans, après avoir fait délivrer à son père les « sommations respectueuses ». Quelle époque ! Julia va endurer le couvent où l’enferme son père, et attendre « sagement » sa majorité pour épouser son Rodolphe et entrer en maîtresse à Mogador, royaume non loin de la Camargue qui ne pouvait que me plaire, moi qui aime tant la Camargue et y ai passé tant de vacances.

On découvre avec Julia, la vie des jeunes filles de bonne famille au couvent, leur innocence relative de la vie, les convenances d’un certain milieu, ça se lit tout seul. Et puis Julia mariée et la vie qu’elle mène : maîtresse d’un domaine comme Mogador c’est du dur travail toute la journée. Et les enfants qui vont venir, et ceux qu’elle va perdre. Quand je le relis, je redécouvre à chaque fois les deuils… et le veuvage.

Julia est toujours là quand son fils héritier survivant épouse Ludivine. Ludivine est une jeune fille ambigüe et parfois agaçante, possessive et jalouse, face à un homme agaçant également (c’est simple, le Frédéric, je le pilerais volontiers à chaque relecture). Sa meilleure alliée est sa belle-mère, et elle ne dirige que peu Mogador, jusqu’à la mort de Julia, sauf en cas d’urgence. Elle aussi vivra de nombreux deuils pendant la guerre de 14/18. C’est quand elle meurt qu’on se dit qu’elle va nous manquer…

Dominique, sa fille, clôture la saga. Quasi seule survivante de sa fratrie, elle aime son cousin, marié dans des circonstances douteuses, avec une Alsacienne, pendant 14/18. C’est le personnage, non pas non attachant, mais dont j’aime le moins l’histoire. C’est finalement l’annonce de la mort du domaine, une vie brisée par un amour impossible qui se termine pendant la dernière guerre mondiale à la mort de l’amant toujours amoureux fou de sa cousine depuis toujours…

Surtout, ce qui me plaît dans cette saga, c’est cette interrogation constante sur la vie, son déroulement, le qui suis-je, où vais-je, à quelle allure y courge ? L’auteur de toute évidence ne peut cacher qu’elle s’est beaucoup interrogée sur le sens de la vie et de la mort, sans jamais d’ailleurs être rasoir sur le sujet. Et le temps assassin qui passe serait presque le véritable héros de cette saga.

Il en avait été fait un excellent feuilleton, collant pile poil aux livres, qui a été remanié il y a une dizaine d’année par le metteur en scène. Elisabeth Barbier, l’auteur, n’ayant pas aimé Marie José Nath pourtant excellente dans le rôle de Julia, avait demandé un remaniement du scénario depuis le temps qu’elle s’opposait à toute rediffusion. Du coup quand je l’ai revu c’était n’importe quoi, et quand je songe à la Camargue, ses roubines, et ses villes maîtresses, je relis « les gens de Mogador ».

Si vous en avez l’occasion, homme ou femme, c’est à lire !

Parce qu’en plus c’est aussi un rappel de la vie que menaient les gens. Tôt levés, tôt couchés, toujours en train, qui avaient autre chose à penser qu’à leur disque dur. Riches et pauvres dépendant de toutes manières de la terre.

Je ne les envie pas, simplement, il faut se rappeler que la vie a toujours été une suite de problèmes, et que si nous en avons changé, nous n’avons rien à envier à nos ancêtres…

0 réponse sur “A lire ou à relire "les gens de Mogador"”

  1. Je n’ai pas lu le livre, mais je me souviens du feuilleton, de l’époque ! J’ignorais qu’on en avait fait un autre ! Si c’est pour massacrer l’histoire quel intérêt !

  2. je me souviens très bien du feuilleton en effet, mais pas lu le livre….

    Quant à la Camargue, j’adore, dès que je fais un tour dans ma famille paternelle je m’y replonge avec délices….

    Aigues mortes. les marais, les chevaux, les costumes….

    Hum, merci pour ce moment de souvenir… vivement cet été que je m’y replonge, ça m’a trop manqué…deux ans que je n’y suis pas allée

  3. Les « remake » sont bien plus souvent que autrement très décevant…

    Sinon bien sûr que nos ancêtres avaient leur problèmes eux aussi… mais parfois je me demande si vivre dans ce temps n’était pas plus facile vu que la communauté existait et que les gens étaient vraiment proches, s’entraidaient…

    Bref du moins j’envie leur sens de l’entraide qui n’existe plus du tout ! Je ne connais même pas mes voisins si ce n’est leur nom et encore…

    D’un autre côté cette barrière m’évite de désagréables débordements… dur de dire ce qui serait mieux… Enfin de comptes on est jamais content de notre sors je crois bien, non ?

  4. Réponses en vrac !

    Louisianne : quand je pense que c’est le propre réalisateur de la première diffusion (excellente et respectant le livre mot pour mot), qui a décidé de réviser sa copie 20 ans après. L’aurait mieux fait de s’abstenir. Sinon, c’est vraiment à lire !

    Marie : cela se passe plus près de Tarascon et d’Avignon, via Arles très souvent. La famille camargaise reste tout de même très présente. C’est moi aussi une région que j’adore…

    Vladyk : le « remake » par le premier auteur lui-même, c’est comme Maurice Druon réécrivant les rois maudits. A chier… Sinon pour leur vie, elle était peut-être plus facile, car ne sachant pas… En effet quasi tous les morts de la saga, de nos jours survivraient sans aucun souci… Pour le reste, le temps qui passe reste le temps qui passe…

  5. je ne savais pas que çà se passait en Pronvence et en Camargue, j’adore ces deux régions; du coip je suis tentée ; est-ce que tu as lu la série des Jalna de Mazo de la Roche ? seize bouquins pour suivre la vie de colons britanniques au Canada sur un siècle ? sinon je pense que çà te plairait.

  6. Bonsoir, et bonne année! Je ne me souviens plus de cette saga, mais ma mère l’avait beaucoup aimé. Je lui doit mon prénom: Dominique. Ma maman est décédée alors que je n’avais que 9 ans, je me rappelle qu’elle me parlait d’un personnage qui s’appelait Numa ??? est ce que c’était le fameux cousin? Il n’était pas artiste peintre?? Tu m’a donné envie de lire ces romans, merci, sans le savoir tu as réactivé ma mémoire de souvenirs doux et tristes.

  7. J’ai lu et relu àla sortie du livre,j’ai aimé le feuilleton avec marie-josé nat, je n’ai pas vu le remake tant mieux …
    les jalna, c’est ma vie de jeune mariée, immigrée à Paris ! beau-papa si gentil mettait sa bibliothèque bien fournie à ma disposition ! Souvenirs souvenirs …

  8. Bonne année à toi gentille sorcière….
    Tu vas dire que je joue les rabats joie, mais je trouve qu’il y a longtemps qu’on a pas eu des billets de qualité style « visite chez le médecin », « les fistons de tante Alphonsine » ou « le mariage d’Albert et toi »…
    Bien sûr Mme Vampire me fait rire, mais ça me manque un peu ces billets très « travaillés »… Et j’ai cru comprendre que tu as plein de brouillons dans ta besace !!!!
    Je te lis souvent, je ne commente pas !
    Bonne année !

  9. Réponses en vrac !

    Marie-Christine : je n’ai jamais accroché aux « Jalna » que Mrs Bibelot est en train de relire… Sinon « les gens de Mogador » c’est effectivement la provence !

    domi : oui « Numa » est le fameux cousin. Joué par un acteur qui a tenu également dans une autres saga, le rôle d’un peintre ! Bonne année à toi aussi !

    Bé@trice : tu as bien de la chance de ne pas avoir vu le massacre que le réalisateur avait réalisé en faisant son remake… Sinon je tenterai peut-être les Jalna à nouveau, après tout, quand j’avais « calé » j’avais 20 ans…

    Hélène : Bonne année à toi. C’est un choix à certaines périodes de ne pas trop travailler des posts qui seront peu lus ou de les réserver. La période des fêtes, c’est comme les vacances, un peu morne plaine sur la blogosphère…

  10. Je n’ai que de très très mais vraiment très vagues souvenirs de ce feuilleton.
    Je vais me replonger dans les ressources du oueb pour me raviver la mémoire !!

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