Réédition : Les soldats de l'espérance ou : l'histoire du SIDA (ben oui quoi, on en parle en ce moment…)

Si l’on me prête vie, un jour je pourrai dire à mes petits enfants, que je suis née dans un monde où le SIDA n’existait pas. Au siècle dernier, à la fin du millénaire précédent. Que nous étions plein à être nés dans un monde où l’on ne pouvait même pas envisager ce type de fléau. Ne plus l’imaginer…

Je suis née dans un monde où nous avions vaincu (en théorie) la peste, le choléra, la rage, le typhus, la variole… tellement de maladies. Nous ne pouvions pas imaginer qu’il en apparaîtrait des nouvelles. Dont une toute nouvelle qui plomberait nos vies, avec les fièvres hémorragiques africaines dont on n’a que peu parlé à l’époque. C’est via des romans et films que nous avons découvert ces nouveaux fléaux : les fièvres hémorragiques africaines…

Je leur dirai que je suis née dans un monde où l’amour était sans danger de procréation non voulue, dans lequel les maladies vénériennes connues se soignaient sans problème, dans un autre monde que le leur…

Je me souvenais de manière assez floue de cette époque où nous avons entendu parler via les informations, d’un « cancer des gays » attaquant les homosexuels mâle de San Francisco, je me souvenais d’un Bobby Campbell acceptant de servir de cobaye pour tous les tests possibles, je me souvenais en vrac d’informations contradictoires. Je ne me souvenais pas par contre du jour où j’avais entendu prononcer le mot « SIDA » pour la première fois, du moment où nous avons eu la certitude qu’il s’agissait d’un virus. Je me souviens que cela a commencé à être évoqué un peu trop souvent à la TV alors que j’avais déjà Pulchérie, mais que Delphine n’était pas née, car je me souviens de l’appartement dans lequel j’étais en voyant ces informations de plus en plus alarmantes…

Et puis je suis tombée sur cette antique cassette VHS, enregistrée par mes soins sur Canal +, aux alentours de 1994 car le film date de 1993. Un film ayant 15 ans donc : « Les soldats de l’espérance ».

C’est l’histoire pure et simple du SIDA. Le héros est Don Francis, médecin du CDC, qui a assisté à une poussée de fièvre Ebola en Afrique en 1976 et qui a décidé de consacrer sa vie à la lutte contre les virus. Il y a également un médecin français à l’hôpital Claude Bernard qui commence à se poser trop de questions et à être mal vu car soignant « n’importe qui ».

On comprend dès le début, que via archives et recherches, il y a eu des cas très isolés de SIDA dès le début des années 1970. Et puis tout à coup c’est l’hécatombe qui débute dans le milieu homosexuel de San Francisco, via des pneumonies et des cancers de la peau très rares, voire incompréhensibles en l’absence d’autres pathologies. ON recherche le patient 0, ON va le trouver, et ON ne saura jamais comment il a été contaminé…

Dès le début de l’épidémie, le CDC va se heurter à l’insupportable inertie du gouvernement Reagan qui ne voit pas l’utilité de débourser un cent pour faire des recherches sur un mal qui ne frappe que les homosexuels. S’ils pouvaient tous crever…

Mais un grand nombre de personnes luttent, se battent, essayent de savoir, avec de piètres moyens. On ne se souvient pas quelles étaient les interrogations essentielles de la communauté scientifique à l’époque : qui était l’agent responsable de ces morts de plus en plus nombreuses ? Un virus ? Une nouvelle bactérie ? Quoi d’autre ? Tout le monde tâtonnait, avançait en aveugle, pour trouver des causes qui sont pour nous évidentes aujourd’hui.

L’hypothèse d’un virus s’avère la plus évidente, mais le ton du film est le reflet de la réalité « on le croit mais ce n’est pas prouvé« . Il semble que les malades soient aussi porteurs de l’hépatite B, première piste. Il faut des preuves. Si le virus est très contagieux, via l’air, ce serait une catastrophe énorme et mondiale (car les données de l’époque lui donnent 100 % de mortalité), comme la rage ayant muté en rhume ou grippe. Si virus il y a, est-il contagieux uniquement par voie homosexuelle ou tout simplement sexuelle ? Grave question pour les moralisateurs. Parce que si c’est uniquement par voie homosexuelle, c’est un SIGNE. Est-il transmissible aussi par le sang ce qui peut sembler évident ? Au bout de combien de temps devient-il mortel ? Personne hormis le CDC ne veut rien savoir concernant une diffusion hématogène possible. La banque du sang des USA freine des 4 fers. Et c’est ainsi que le CDC après avoir lutté en vain et proposé toujours en vain d’écarter comme donneurs les porteurs de l’hépatite, aura la preuve que, le virus ou autre est transmissible par le sang également, puisque des bébés ayant reçu des transfusions, des opérés, des hémophiles, commencent à avoir les mêmes symptômes que les gays dont certains espéraient l’extinction. C’est l’horreur qui commence…

Et toujours la recherche du virus, d’un virus, et une guerre entre l’institut pasteur qui théoriquement l’a découvert en premier, et le découvreur du premier rétrovirus, le professeur Gallo (rétrovirus qu’il a découvert, dont on ne sait toujours pas ce qu’il provoque comme maladie, les canins étant inexplicablement pour l’instant non atteints par les rétrovirus, alors que la leucose du chat a provoqué bien des euthanasies non justifiées).

Malgré le blocage des administrations, malgré les insupportables réticences de certains, malgré l’homophobie régnante, malgré la connerie humaine, les périodes où les services de secours aux USA et ailleurs, refusaient d’intervenir sur une personne perdant du sang par crainte de contagion, malgré la panique si humaine et ambiante, ce film peut toutefois aider à retrouver espoir en l’humanité.

Il y a ceux qui cherchent et qui se battent pour n’importe qui pourvu qu’il soit un être humain. Il y a la communauté homosexuelle si décriée qui met en place une chaîne de solidarité extraordinaire pour tous ceux qui sont atteints : il y a toujours un garde malade, quelqu’un de présent pour celui qui est atteint. Il y a leurs amis qui se fichent complètement de savoir s’ils sont homos ou non, mais qui ne voient en eux que des malades à sauver. Il y a ces défilés si tristes, mais poignants de chaleur humaine et de sensibilité. Il y a les célébrités qui, pour pousser à la recherche et en aider d’autres, iront avouer ce qui est inavouable pour beaucoup à l’époque (je suis homosexuel, voir Rock Hudson et le héros de psychose), d’autres célébrités qui se montreront avec des malades en les embrassant pour faire bien comprendre qu’ils ne sont pas contagieux comme cela. En dehors de l’américain qui veut le Nobel, il y a ceux qui pour aller jusqu’au bout de leur idéal de médecin et chercheur, iront jusqu’à risquer de voir leur carrière brisée net.

La conclusion logique est tout de même que sans blocage de l’administration, la recherche aurait avancé beaucoup plus rapidement. Que l’homophobie a condamné beaucoup d’humains qui ont été contaminés autrement que par voie « homosexuelle » (et j’espère être claire, sur le plan de l’homosexualité, je n’ai aucun jugement à porter, ce n’est pas mon style, chacun doit vivre sa vie comme il le souhaite) .

Si vous avez l’occasion de le voir, je vous conseille vivement ce film « LES SOLDAT DE L’ESPERANCE ». Il rafraîchira la mémoire à certains (comme moi), et en apprendra beaucoup à ceux qui connaissent le SIDA depuis leur naissance. Car quand le SIDA est apparu, personne n’en connaissait rien, et c’est ce que nous oublions petit à petit. Dans ce film on revit toutes les découvertes majeures, et leur prix… Et pour les plus anciens, nous pouvons nous souvenir de ce que nous avons vécu en découvrant PETIT A PETIT cette maladie

La vidéo c’est la fin du film, au son d’Elton John « the last song », un making off des célébrités ou non, mais premiers morts du SIDA. C’est un rappel de manifestations émouvantes, des premiers à vraiment s’impliquer. Les chiffres donnés à l’époque, sont malheureusement à revoir à la hausse. Je sais que c’est un peu long, mais je pense que cette vidéo vaut la peine d’être vue jusqu’au bout.

Richard Preston disait de l’Ebola (ici) « il s’est retiré soudain dans la forêt d’où il venait, il reviendra« .

Le SIDA n’a pas besoin de revenir. Il est toujours là. Il représente l’amplification la plus forte d’un virus, à notre connaissance, depuis les débuts de l’humanité, car beaucoup pensent que celui qui accompagna l’homo sapiens à ses débuts (voir « l’odyssée de l’espèce »), a été décimé par un virus.. C’était peut-être déjà celui là… Qui peut savoir ?

Et ces certains et d’autres pensent avec terreur que ce n’est peut-être qu’un début. Car ce virus malgré ce que l’on peut croire sans y réfléchir, n’est que peu contagieux. S’il vient à muter pour devenir contagieux aussi par voie respiratoire, s’il peut « s’aérosoliser », ce sera notre fin…

Je souhaite vraiment pouvoir parler à mes petits enfants un jour, de l’apparition du SIDA dans nos vie, en racontant également, comment il en a disparu, parce que l’on a trouvé le traitement, le vaccin miracle…

Si vous êtes du genre à parler de « châtiment de Dieu », ou autre, merci de passer votre chemin… Aux autres, bienvenue !!! (21 septembre 2008 – première édition)…

Aujourd’hui, des spots quotidiens nous rappellent le nombre de morts encore d’actualité, un nombre qui finit par ne plus rien représenter tellement il est énorme, qui n’évoque rien finalement. Alors restons lucides, arrêtons de compter, et voyons la vérité en face. Le SIDA tue toujours et il tuera longtemps… Il est fait pour tuer, et il tuera encore longtemps… Le continent africain restant le plus atteint.

Et un grand merci à notre pape (enfin celui des autres, parce que ce n’est pas le mien) pour avoir soutenu la cause anti-sida, au cours de son dernier voyage (qu’il reste chez lui au Vatican, là où est sa vraie place)…

Je me pose une question tout de même (juste une…) Comment peut-il prétendre que le préservatif aggrave le problème au lieu de l’améliorer ?

Benoit, on t’aimera quand tu seras dans la crypte de la basilique St Pierre… Bien au froid et nous foutant enfin la paix…

29 réponses sur “Réédition : Les soldats de l'espérance ou : l'histoire du SIDA (ben oui quoi, on en parle en ce moment…)”

  1. Poignante cette vidéo… comme toi, j’ai connu l’avant sida, mais on ne peut pas vraiment dire que je m’en souvienne. Pour moi, la vraie prise de conscience, ça été de voir « Les Nuits Fauves » de Cyril Collard. 1 an après, un membre de ma famille mourrait du SIDA.

  2. Nous sommes toi, moi, de la parenthèse enchantée, quand le sexe se faisait pour le fun et sans risques.
    Ce n’est comme tu le soulignes aujourd’hui, plus le cas, et il faut veiller à ce que nos enfants prennent toutes leurs précautions.

    je souhaiterais juste, mais j’imagine que tu t’en doutais déjà, souligner le fait que sur un continent encore, des millions de personnes en meurt chaque année, que le Sida, sur le continent africain, c’est pas une maladie qu’on soigne, parfois, c’est même encore : maladie de blanc.
    Maladie de blanc car on ne meurt pas du sida, mais des maladies opportunistes, et pour nombre africains, illettrés, non informés, ne pouvant mettre un nom et des symptômes précis sur cette maladie, en concluent que c’est une invention des blancs.

    Pourtant de nombreuses personnes se battent pour que les accès aux soins soient facilités, pour que l’information soit donnée, pour que les traditions archaïques et dangereuses soient combattues, comme celle qui consiste à coucher avec une vierge pour se guérir.

    En guise de conclusion, le pays dont j’importe les bougies, même si il porte un nom à la Disney, est le pays où l’espérance de vie est la plus faible au monde (33 ans)
    avec le taux d’infestation du sida le plus élevé de la planète.
    Au Swaziland, le taux de séropositivité atteint jusqu’à 40 % de la population dans certaines tranches d’âge.

    Au Swaziland, comme dans beaucoup de pays africains, des enfants, des femmes, des hommes meurent tous les jours du sida, et n’ont toujours pas accès aux médicaments. Parce que des dirigeants préfèrent se payer des mercedes, des villas et organiser des fêtes somptuaires.

    j’ai participé à des campagnes de prévention en Afrique, je pourrais te parler de la corruption de ces dirigeants, mais aussi de celles des ONG qui ne sont là que pour faire du fric, et rien d’autre.

    Pardon pour ce commentaire si long, le sujet me tient tout particulièrement à coeur.

  3. Oh mon Dieu… je me souviens encore – dans les années 85 ??? – de scandaliser mes ami(e)s et ma famille en luttant contre ce qui semblait évident : le Sida n’était pas une maladie d’homo ! (bon ok comme exemple je donnais celui des dames régulièrement sodomisées par leur légitime mari, j’ai conscience que j’y allais fort !!!!!).

  4. Réponses en vrac !

    shalima, je croyais bien m’en souvenir, mais en fait nous n’étions pas vraiment informés de TOUT ce qu’il se passait. Ce film remet les pendules à l’heure…

    Marcus : j’ai du mal à être optimiste… Mais comme tu dis, sortons couverts…

    Dom : de rien, ton commentaire vient s’ajouter à mon post déjà un peu long… La situation en Afrique est vraiment catastrophique (ainsi que dans d’autres pays du tiers monde d’ailleurs pour lesquels effectivement, le préservatif est un « truc de blanc »… Il n’empêche que s’il y avait eu des crédits plus tôt, nous n’en serions peut-être pas là…

    ophise : la désinformation sur le SIDA a été terrible. Avec les « oui mais on ne sait pas trop… ». J’ai oublié l’ancien souverain pontife qui serait un saint soi-disant, qui n’a jamais pu dire oui à l’usage du préservatif…

  5. Je me souviens d’un reportage sur le sujet quand j’avais tout juste dix ans, c’était en 1994. Je ne savais pas ce que ce mot voulait dire et j’ai demandée à Maman mais elle non plus ne savait pas vraiment puisqu’à son époque cela existait pas encore.

    Aprés avoir fait une étude sur le sujet au lycée, il paraitrait que ce soit les singes qui portent ce virus mais qui ne le déclarent pas entre eux. Pourquoi ? Trés bonne question, j’ai jamais pu savoir parce que même les chercheurs eux mêmes ne savent pas mais ils font des études sur ces animaux là pour voir si il n’y aurait pas un remède.

    Pour ma part, j’ai eu de la chance, ma mére étant infirmière au service pédiatrie, de temps à autre nous parlait des risques de cette maladie suite à certains enfants nées avec. Au collège aussi, nous avions un prof de biologie axé spécialement sexualité (à la fois pervers mais intéressant certes ^_^), il nous à fait un topo sur le sujet mais c’est vrai que pour certains qui n’ont pas cette chance d’apprendre sont les plus touchés par cette maladie.

    Seulement le soucis que l’on rencontre actuellement, c’est qu’on dit généralement aux jeunes de sortir couverts. Or pour les hommes « être couvert » signifie que la nana prends la pilule parce qu’ils ne veulent pas mettre le préservatif sous pretexte que les sensations ne sont pas les mêmes. Je dis ça parce que les hommes rencontrés auparavant m’ont sorti ce genre de propos 0_o. Mais j’ai jamais franchi le pas parce que pour moi les rapports étaient pas avant le mariage (ça s’est fait avant mais on a été faire des tests).

    Mais c’est vrai que de nos jours cette maladie est médiatisée mais pas assez à mon goût, il font un wkd ou un jour je sais plus pour le sida. Pourquoi il ne faudrait qu’un jour ? Les malades c’est pas un jour qu’ils ont cette maladie mais toute leur vies, je trouve ça dommage.

    BOn je m’arrête la sinon je vais faire aussi un pâté ^_^

  6. Ah oui j’oubliais… pour sortir « couverts » le meilleur moyen c’est quand même de présenter le préservatif comme un contraceptif et non comme une contrainte liée aux différentes Mst (ah ben non je prends pas la pilule, ça m’est totalement interdit par les médecins donc c’est capote : tiens c’est drole ça se passe tout de suite mieux !) Pfffffff

  7. Réponses en vrac !

    Manou, cette « vidéo » fin de film m’a toujours mis les larmes aux yeux… Et le rappel restera en ligne encore demain (après tout je ne l’avais posté qu’avec 12 heures d’avance…)

    Bleck : à l’occasion, ce film est VRAIMENT à voir !

    coxi : c’est une longue histoire que celle du virus. Il faut vraiment voir ce film… Et il est vrai que depuis l’apparition de la tri-thérapie on en parle moins… Mais comme tu dis, être atteint du SIDA, même sain, c’est pour la vie actuellement…

    ophise : pour les hommes de ma génération, c’est toujours le réflexe « quoi tu ne prends pas la pilule comme tout le monde » ou bien alors, nettement plus sympa « tu n’es pas ménopausée » ? Ou comment avoir du mal à trouver un mec encore plus que de le trouver tout court…

  8. Ben moi, je fais partie de la generation SIDA. C’est à dire que j’ai eu 20 ans quand la maladie a explosé et pas seulement dans les milieux homosexuelles. Je ne connais pas comme ma soeur ainée l’amour sans protection et pourtant on a que 10 ans d’ecart.

    En fait il n’y a pas un virus du SIDA mais des virus avec des virulances variées. Il a muté et il continuera à muter. Je crains que nous pussions jamais avoir un vaccin contre mais peut-être un trés bon traitement.

    Les gens pensent que grace a multitherapie on peut soigner du SIDA : C’est faux, le virus est toujours present à peine detectable mais toujours present donc quite à faire ringard : Protegez-vous.

  9. Melusine : d’accord avec toi. Mais pour ceux qui veulent faire des enfants, c’est donc confiance absolue ? Sur ce plan là le risque zéro n’existe que dans l’abstinence…

  10. J’ai eu des amis qui un jour dans leur salle de bains alors que je prenais leur brosse à cheveux ce sont précipités sur moi, j’ai pas compris sur le coup…maintenant je le sais ils voulaient me protéger, comme cela a été dur quand un des deux est partit suite au SIDA…:(

  11. je n’ai pas encore vu le film (interdit au bureau) mais je me rattrape.
    Également de la génération insouciante, on a commencé à en parler quand je me suis mariée, et encore le médecin pour la prise de sang post mariage nous a dit « bon vous n’êtes ni homos, ni drogués, donc pas de test ».
    Test que nous avons fait quand même, moi j’avais peur, la maladie n’était pas née la veille sous prétexte qu’on en parlait depuis peu !
    Aujourd’hui le préservatif est devenu normal, mes filles et leurs copines n’envisagent de l’abandonner que dans une relation durable, après test et en prenant la pilule.
    Mais je suis encore étonnée quand elles me racontent que certains garçons disent : « on a pas de capotes ? Pas grave, pour une fois ». Elles me disent que pour certains « ça n’arrive qu’aux autres ».
    Mais comme le dit si bien Ophise, la plupart des filles font passer la « pilule » en disant la vérité : « Je n’ai pas de contraception, c’est capote ou rien » !

  12. Ton billet est remarquable. Pas le courage de regarder la vidéo, en ce moment je peux pas.
    Je ne crois pas que la capote soit un probleme pour la plupart des jeunes, elle est plus un probleme pour notre génération !

  13. Réponses en vrac !

    Louisianne : la capote pour notre génération c’est difficile à vivre, moins pour les jeunes qui ont toujours vécu avec le SIDA, mais il y a des ratés tout de même, d’où pour certaines le refus d’une contraception… Dommage car il y a tout de même des accidents…

    macaron : oui notre génération a eu beaucoup de mal. Le problème pour certains n’est pas résolu.

    Caju : c’est vraiment un film à voir, il se trouve apparemment facilement en DVD

  14. Merci de ce rappel. J’ai la chance – oui la grande chance – d’être née comme toi dans un siècle où nous n’avions ni crainte de faire l’amour, ni crainte de ne pas trouver de travail…
    De plus, j’ai eu aussi la très grande chance d’être confrontée à des jeunes alors que mes enfants étaient encore petits et que le Sida commençait à être connu. Ce qui m’a permis, quelques années plus tard, d’apprendre à mes enfants que outre que l’on fait l’amour avec amour, qu’il faut aussi se protéger… Et crois-moi ce n’était pas évident dans un coin de France où avoir un cancer était alors « honteux »… Encore maintenant, de quelqu’un de mourant, on dit qu’il est « fatigué ».

  15. J’ai grandi avec Dechavanne qui disait « sortez couvert », pour moi le préservatif a été un élément intégrant de ma vie sexuelle. Les deux fois où j’ai été en couple assez stable pour m’en passer, on a tous les deux été faire le test, par acquis de confiance et de conscience. La capote, on apprend à jouer avec, il y a tellement de choix de nos jours !
    La premiere fois que j’ai vu Philadelphia, j’ai vraiment compris ce qu’était le HIV et qu’il ne passerait pas par moi.
    Je fais aussi partie de ceux et celles qui ont dit à leurs cadets que au cas où ils pouvaient trouver des préservatifs dans tel tiroir de la chambre.Ca fait un peu « forcé » mais on peut tous un jour tomber en panne de capotes 🙂

    M. Chéri est né au début des années 70, il trouve ça normal lui aussi de faire attention, je crois qu’en tant que donneurs de sang on est encore plus sensibilisés au problème en fait…

  16. Effectivement, née aussi dans cette époque ou s’aimer ne pouvait pas être mortel, où changer de partenaire, ne signifait pas s’autodétruire ou pire, avoir en soi quelque chose qu’on ne développerait pas mais qu’on colporterait au fil de nos amours…

    c’est là où l’horreur du manque d’information, où ce racisme primaire a fait qu’un fait marquant pour nos générations a été tenu secret… par peur, lacheté et méconnaissance….

    Que ce secret a entrainé des victimes par simple transfusion sur un accident ou naissance difficile….que ce secret a entrainé des contaminations parce qu’on ne savait pas qu’on pouvait être contaminé sans développer la maladie, mais que le colporter hélas ça c’était possible…

    Oui l’optimisme est là parce que certes avec un traitement lourd on peut vivre….. avancer…ce qui il y a peu d’années en arrière était impossible et la maladie entrainait irrémédiablement la mort.. mais pas trop optimiste..parce que rien ne la fait reculer… ou s’éradiquer….

    Alors comme dit par tous… sortons couverts…. et informons encore et encore… parce qu’hélas…. à ce jour c’est clair, encore beaucoup de jeunes ou moins jeunes, n’utilisent pas systématiquement la capote

  17. En plus de sortir couvert(e)s, quitte pour les filles à mentir en disant que l’on ne prends pas de contraception autre, n’hésitons pas, en cas de doute ou prise de risque imprévue (une capote parfois ça claque hélas) à se faire dépister. Les traitemetns sont d’autant plus efficaces qu’ils osnt pris tôt.

    J’ai eu la chance de connaître la « liberté » puis la protection. La nécessité de me protéger m’a été prouvée par un de mes amants de jeunesse, bisexuel, qui m’a ammené doucement à réfléchir sur le fait que ça se transmet soit disant par relations sexuelle homo (c’était au début de l’épidémie) mais quand on est bi et qu’on retourne voir sa femme est ce qu’elle prend des risques ? Sans en avoir la preuve il m’a semblé évident que oui et j’ai acheté mes capotes même si c’était pas du tout à la mode pour les filles de l’époque. Vue ma jeunesse quelque peu dissolue c’est très probablement grace à lui que je suis toujours là, sans virus.

    J’ai passé de nombreuses années en tant que bénévole chez ActUp puis Aides, à force de voir partir ces personnes à qui jem ‘attachais je n’en ai plus été capable mais je continu, à mon niveau, à essayer de rappeler que le SIDA ce n’est pas terminé, on survit plus longtemps, mais on survit. Au besoin j’ai quelques copains en tri, quadri et penta thérapie qui peuvent témoigner du confort de vie lorsqu’on a un nombre certain de médocs à prendre au quotidien, des contrôles bio toujours anxiogènes et l’impression d’avoir une épée de Damoclés sur la tête au moindre rhume, en général, les rares fois où j’ai du en arriver là, ça a calmé les inconscients.
    Quand à Benoit 13 etroit le terme meurtrier par empoisonnement lui conviendra bien lors de son jugement dernier

  18. Ton billet est toujours d’actualité et le sera sans doute longtemps.
    Encore ce matin, j’apprends que l’évèque d’orléans prétend (ce con) que la capote n’est pas efficace contre le sida et qu’il faut en mettre la mention sur les boites.

    Je suis consternée devant l’indifférence de l’occident vis à vis du continent le plus touché par la pandémie de sida, mais je suis furieuse de voir ces prélats aggraver par leur propos inconscients de la réalité une catastrophe déjà si présente en afrique.

    Benoit 16, faudrait pouvoir l’excommunier, avec ses sbires.

  19. Une maladie affreuse il n’y a pas de doutes… Elle a changé la face du monde a jamais… Aujourd’hui qui ne pense pas quand il voie du sang d’un étranger qu’il doit se protéger car on ne sait jamais… C’est peut-être ma formation médicale qui me fait voir les choses ainsi et les nombreuses épidémies que nous subissons à chaque année… Mais il est certain que j’aiderai toujours ceux qui en ont de besoin mais pas sans prendre les précautions nécessaires !

    Un jour nous vaincrons, j’espère juste que ce jour il ne sera pas trop tard… D’ici là restons au prêt des gens qui en ont de besoin et apportons leurs tout le soutien nécessaire car la maladie n’est jamais facile a surmonter…

  20. D’accord avec Dom ! Je viens de voir cet evêque qui parait il se serait inspiré un article qu’il n’a pas cité ! Comme je l’ai lu quelque part, on ne se permet pas de parler des choses qu’on ne connait pas ! Et sans vouloir être vulgaire, un abstinent qui parle de sexualité, ça me fait doucement rigoler !

  21. Réponses en vrac !

    Angèle : quant à moi, je plaide coupable, le préservatif, j’ai eu longtemps du mal. Il m’a fallu une grosse peur et un sermon des filles (le monde à l’envers), pour accepter cette nouvelle contrainte dans nos vies…

    tandm : je suis d’accord avec toi. Il n’empêche que ce fléau continue sa vie, et que des cons s’opposent à ce que l’on s’y oppose… Et que je fais partie de la génération qui a du mal à l’admettre tout en en ayant conscience pleinement.

    Marie : le problème du SIDA est très bien montré dans le film : silence et honte. Ce qui a permis au virus de se répandre, car à son sujet, c’était le silence, ou le « on ne sait pas »…

    Cécile-Une quadra : les jeunes filles peuvent prétexter effectivement la contraception. Pour les femmes d’âge mur cela devient plus difficile, d’autant que leurs partenaires potentiels sont de la génération « sans aucun risque ». Et bien sûr que l’affreux de cette maladie est qu’elle peut rester tapie pendant des années et des années et que ceux qui s’en savent porteurs, se demandent jour après jour, comment cela va se manifester au bout du compte…

    Dom : tout ce que je me demande dans cette affaire, vis à vis de l’église c’est QUAND DONC VONT-ILS SE TAIRE ? Ils ont fait assez de mal au cours des siècles passés, mais cela ne leur suffit pas, il faut qu’ils continuent à l’ouvrir… Si dieu existait, il les rendrait muets… (heu, c’est benoit 13 ou 16 ? Je suis perdue dans les commentaires, et pas envie de faire des recherches de peur de tomber sur sa tronche de cake…)

    Vladyk : oui, une maladie affreuse. Et tu vois, quand j’ai ramassé la vieille dame l’autre chose, elle saignait, mais je n’ai pas pensé à cela du tout. Et quand nous aurons vaincu cette maladie, quel est celle qui nous attend ? L’humain est une offense à la planète, elle ne veut plus de nous.

    Louisianne : le problème c’est que leur abstinence, on n’y croit plus trop non ? Bien sûr qu’il y en a qui sont sincères et qui vivent leur sacerdoce comme il se doit. Ceux-là, on ne les entend jamais. Ils se taisent. Ils n’ont pas le droit de l’ouvrir contre la hiérarchie…

  22. « L’humain est une offense à la planète, elle ne veut plus de nous. »

    Mais avons nous déjà mérité d’être sur terre depuis que l’homme a décidé d’inventer la technologie pour la salir ?

  23. Vladyk : il y a un petit moment que l’homme est un danger pour la planète, qui est considérée par beaucoup comme un être vivant… La preuve, elle se défend…

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