Les filles ! au pied ! (toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne sera ni fortuite ni involontaire)

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Les filles vous venez IMMEDIATEMENT !
J’ai dit IMMEDIATEMENT !

Bon, inutile de faire cette tête là, vous vous asseyez sur le canapé… LA ! et vous quittez vos airs de…

Bon sang Pulchérie, on dirait Pulchérie vierge et martyre, vierge j’ai encore un espoir mais martyre… Je suis ta mère non ? Tu n’es pas en train de te faire canoniser ? ou de subir le martyre…

Non… Mais vu ta tête on peut se demander…

Martyre ? OUIIIII…. Bien sûr….

Si j’en ai pour longtemps ? Ca dépend… On verra si vous êtes martyres APRES ce que j’ai à vous dire où si c’est moi la martyre.

Il y a déjà une sainte Anne ???? OUIIIIII je sais. Mais je ne m’appelle pas Anne et si l’histoire des saintes vous intéresse, je ne vous empêche pas de vous instruire.

Tout d’abord il faut que je vous dise que face à l’état de cet appartement, à l’air hagard des voisins, et à tout un tas de choses dont précisément je veux vous parler, j’ai décidé de REPRENDRE LES CHOSES EN MAIN !

Parfaitement !

Delphine arrête de sourire bêtement niaisement.

Pulchérie je t’ai très bien vu mettre un coup de coude à ta sœur. Tu arrêtes de te foutre de ma gueule, et ta sœur aussi parce que CELA VA BARDER !

Vous n’allez pas rigoler longtemps, c’est moi qui vous le dit… Ah tiens, on redevient sérieuse.

Je suis toute seule pour vous élever devant l’absence chronique de votre père que je comprends finalement mieux depuis quelques temps…

Pulchérie sort tes doigts de ton nez et arrête de RICANER !

C’est bien les filles : ça ricane, ça cancane. LES MAINS SUR LES GENOUX ET ON M’ECOUTE !

Bon !

Donc je disais… : Delphine je sais que je l’ai déjà dit et répété, mais je le répèterai jusqu’à ce que vous ayez compris : JE SUIS SEULE POUR VOUS ELEVER ET CA NE VA PLUS DU TOUT.

UN : cet appartement est un foutoir !
Pardon ? Je n’ai qu’à faire le ménage plus souvent ?

Mais vous avez 15 et 17 ans et vous pouvez peut-être faire un petit effort non ?!!

Un exemple : c’est quoi ce soutien gorge accroché au lustre depuis dimanche ? Non Pulchérie ce n’est pas celui de Delphine, Delphine fait un 95 C : c’est le soutien gorge qui est par terre dans l’entrée. Là je vois de loin qu’il s’agit d’un 80 bonnets A alors arrêtes d’accuser ta sœur lâchement et contre toute logique.

Quand ton arrière grand mère m’a fait cadeau de ce lustre en cristal de Venise véritable (que je déteste, mais papy prend son temps pour venir le décrocher) pour célébrer ta naissance, elle ne pensait pas que tu y rajouterais un jour des pendeloques supplémentaires !

Et inutiles en plus ! D’ailleurs il est sale ce soutien gorge… C’est pour cela que tu ne le portes pas en ce moment ? Et il est où le panier de linge sale ? Pas dans la cave que je sache. Il est dans la salle de bain et tu y vas tous les jours. CELA TE FATIGUERAIS DE METTRE TON LINGE SALE DANS LE PANIER AU LIEU DE L’ACCROCHER AU LUSTE ? Décroches moi tout de suite ce soutien gorge, le jean qui va avec et le tee shirt que Joséphine t’a prêté !

C’est quoi cette manie d’emprunter les affaires de tes copines ?

Et de leur refiler le neuf que tu m’as extorqué injustement puisque c’était pour le prêter ?

Bon. Pour en revenir au panier de linge sale, il n’y a qu’à l’ouvrir et à y déposer… Comment ? JETER SI TU VEUX, ton linge sale dedans.

Aller dans la salle de bain tu sais faire…

D’ailleurs tu as encore vidé le ballon d’eau chaude ce matin à toi toute seule ! Et il n’y a pas de « pfuit ! »

Parfaitement : moi je me suis lavée à l’eau froide. Non le ballon n’est pas insuffisant, non le ballon n’est pas trop petit. Il fait 500 litres ! Il ne te faut pas ½ m3 d’eau chaude pour te laver non ? Si Delphine, 500 litres c’est la moitié d’un m3. On reparlera de tes brillantes études plus tard…

L’eau était tiède ? Evidemment pour chauffer 500 litres depuis hier soir après que Delphine ait vidé le ballon pour se laver les dents, et rincer son henné il faut du temps.

D’ailleurs à ce sujet, je dois impérativement vous parler des problèmes de plomberie et des bouchages de baignoire perpétuels qui font vivre Monsieur Smussen depuis 6 mois : c’est simple il a abandonné toute sa clientèle pour être prêt quand je l’appelle. Je suis le pilier de son entreprise, la clef de voûte de son chiffre d’affaire !

Mais je n’ai pas les moyens de faire vivre le plombier du coin. Je vous rappelle que je travaille dur, pour que l’on ne vive pas trop mal mais pas au dessus de nos moyens. Hors payer le plombier 3 fois par semaine pour qu’il débouche la baignoire, cela commence à être au dessus de mes moyens !

Pardon ? Je n’ai qu’à dévisser le siphon ? Delphine puisque tu es si portée sur le siphon je ne t’empêche pas d’intervenir. Mais la dernière fois que tu l’as fait tu as inondé le voisin du dessous… Ah c’était toi Pulchérie finalement ? On en apprend des choses… PERSONNE NE TOUCHE A CE SIPHON ! Qui c’est qui se tortore les problèmes avec l’assurance quand le voisin du dessous est inondé ? Pas vous alors mollo…

Oui je sais que mollo c’est une vieille expression mais je suis vieille et lasse et je dis ce que je veux.

La première qui quitte ce canapé s’en prend une !
ASSISES !

Donc j’aimerais savoir ce qui bouche la baignoire régulièrement.

Le henné, je suis au courant, l’argile qui vous garde un teint blanc et délicat aussi, MAIS IL Y A AUTRE CHOSE !

Monsieur Smussen a trouvé une bouillie infâme dans le siphon. On dirait des feuilles !!!! Mélangé à de l’argile et du henné cela peut boucher une canalisation jusqu’au rez de chaussée.

Ce n’est pas drôle du tout : nous habitons au 5ème je vous le rappelle.

Hein ? C’est bien des feuilles ? Ah… ?

Des feuilles de chêne tu dis Pulchérie ? Bien sûr. C’est normal. TOUT LE MONDE A DES FEUILLES DE CHENE DANS SES CANALISATIONS…

Pour le bain de Delphine ? Bon sang mais c’est bien sûr !

C’est vrai de vrai ? Delphine tu peux m’expliquer ?

Tu TE PURIFIE L’AME ?

Ah c’est un charme de magie blanche que Bénédicte t’a refilé ? OUIIII…. Tu fais une infusion de feuille de chêne dans la baignoire et tu te poses un gland sur le front pendant toute la durée du bain en récitant des prières en sanscrit ?

Et bien on est bien parties…

Et le gland tu en fais quoi ?

Tu le jette dans le vide ordure ? Et allez donc ! Il va falloir que je paye un débroussailleur pour dégager la gaine dans deux ans. Le plombier + un jardinier, il ne faut que cela pour faire mon bonheur.

Et les feuilles tu ne peux pas les ramasser et les jeter aussi à la poubelle, enfin dans le vide ordure, enfin n’importe où ?

Ca t’esclave trop ?

Parce que ça ne m’esclave pas moi d’être accrochée au plombier ? Depuis deux semaines il a l’air de penser que je bouche la baignoire exprès pour le voir. Il m’a fait des propositions !!!!!

Comment ça à mon âge ? J’ai 40 ans je ne suis pas canonique !!!!! Seulement le plombier n’est pas mon type. J’aime les grand bruns et c’est un grand blond. D’ailleurs vu son nom vous voyez bien que c’est un norvégien… Je m’égare…

Bon, ce problème de bouchage de baignoire étant éclairci : merci Pulchérie…  Delphine !! ce n’est pas la peine de fusiller ta sœur du regard pour m’avoir aussi bien renseignée, nous allons passer à la suite.

Non pas tout de suite. Je vous interdis désormais de passer plus de 4 minutes sous la douche. J’en ai marre de me doucher à l’eau tiédasse, et d’entendre le ballon chauffer nuit et jour : comment avez-vous su comment le mettre en chauffe le jour, alors que j’ai un tarif spécial pour qu’il ne chauffe que la nuit ?

C’est écrit dessus ? Maintenant vous savez  et vous ferez ce que vous voudrez : on va voir !

La première qui fait basculer de « nuit » à « jour » s’électrocutera : je vais piéger le système.

Parfaitement. Je ne sais peut-être pas dévisser un siphon, mais je sais électrifier les touches du tableau de bord EDF. Comment ? Ce n’est pas le problème. Enfin, bon, je vous déconseille de toucher à la touche incriminée dans deux jours…

Et avant de vous rincer les cheveux du henné ou de l’argile, vous mettrez désormais une passoire avant le siphon pour que la baignoire puisse enfin s’évacuer.

Ceci étant vu… Il faut que je revienne aux vêtements accrochés au lustre ou répandus par terre.

Je rentre à 19 H 30 en étant partie à 8 H, j’ai autre chose à faire qu’à passer derrière deux greluches de 15 et 17 ans pour ramasser leurs affaires….

J’ai dit greluches ? J’ai dit greluches. Maintenant je vais me pencher pour ramasser les affaires et je les met à la poubelle !!

Ne ricanez pas. Je n’ai pas dit la poubelle d’ici où vous pourriez aller les récupérer. Je peux emmener vos vêtements pour les jeter AU BOULOT ! CRIC CRAC les soutiens gorges, les jeans, les petits hauts, etc… TOUT A LA POUBELLE.

Quand vous n’aurez plus qu’un soutien gorge, un slip, un pantalon et un pull, on verra qui rigolera qui n’aura pas les moyens de vous racheter autre chose RAPPORT AU PLOMBIER !

On rigole moins. Les yeux au ciel c’est superflu, abstenez-vous, ça ne m’impressionne pas.

Donc les affaires vont être rangées ou mises au sale, la baignoire va fonctionner à nouveau et le plombier se refaire une clientèle.

Ah. Il y a un autre problème.

Les voisins.

Vous savez pertinemment que nous habitons une vieille résidence et qu’il y a beaucoup de vieilles personnes dans cet immeuble.

Les pauvres ont été ravis de me voir arriver avec vous il y a 5 ans. De la jeunesse enfin ! et polie en plus ! (vous ne pouvez pas n’avoir que des défauts). Depuis ils ont changé d’avis !

Il y en a qui ne me disent même plus bonjour ! Les autres me fusillent du regard.

Ils sont peut-être vieux mais ils ont tous leurs moyens. Moi je ne vois qu’une solution pour eux, eu égard au bruit, c’est de se cotiser pour prendre un tueur à gages pour nous éliminer toutes les trois !!!!

PULCHERIE CE N’EST PAS DROLE.

DELPHINE ARRETE DE TE GRATTER LE NEZ !

Non mais comment vous ai-je élevées !!! Oui, comme ça, je sais, mais nous étions en pavillon.

Vous êtes bruyantes !

SI !

D’ailleurs dans les deux semaines qui ont suivi notre emménagement la chaîne stéréo de votre chambre a déclenché une émeute chez les voisins d’à côté : ce sont des vieilles personnes je vous le rappelle et qui n’avaient jamais envisagé le mot DECIBEL sous ce jour là.

Le monsieur d’à coté qui est par ailleurs charmant m’a déclaré l’autre jour que votre chaîne en fonctionnement continu lui rappelle une batterie d’artillerie pendant la déroute de 40. Moralité : il ne dort plus : vous avez ravivé de mauvais souvenirs.

Je vous préviens : si votre chaîne tombe en panne, je ne la change pas.

La mienne ?

C’est la mienne et ça n’est pas le problème.

Vous voyez très bien comment est fait l’immeuble : nous donnons au nord pour les chambres et au sud pour le salon.

Et les voisins sont obligés de supporter Mickaël Jackson plein nord, avec du classique au sud.

Les deux chaînes à fond pour se couvrir mutuellement. Les vitres tremblent.

Si, elles tremblent. J’en ai tremblé également l’autre soir en descendant de voiture. Un jour vous allez me péter la baie vitrée. Et qui paiera la vitre de 3 m sur 5 ? MOI ! et je n’ai pas envie de démarrer une idylle avec le vitrier qui ne m’inspire pas plus que le plombier bordel de merde !

Delphine, je suis ravie que tu aimes la musique classique. J’ai au moins réussi cela dans ma vie. MAIS ARRETE DE PASSER LE REQUIEM DE MOZART A FOND ET EN BOUCLE LE MERCREDI APRES MIDI. Tu ferais mieux de réviser tes mathématiques primaires et savoir enfin que 500 l c’est bien ½ m3.

ET TOC !

La voisine du dessous qui a 90 ans a l’impression d’entendre la messe de sa mort tous les mercredi, au moins 3 fois !

C’est magnifique ? Je suis d’accord. Mais en boucle quand on croit qu’on est dans le cercueil, cela peut être stressant !!!! Tu verras quand tu auras 90 ans et que moi je serai enfin tranquille !!!!!

Oui je sais que tu ne souhaites pas ma mort, mais parfois j’y songe comme à une échéance… agréable…

Pour en revenir à ton requiem tu ne peux pas mettre le casque ?

Comment ça je vous ai interdit le casque ? Mais PAS DU TOUT ! Je vous ai interdit de mettre le casque AVEC la musique à fond qui risque de vous démolir définitivement l’oreille interne !!!

Delphine, si tu veux savoir ce qu’est l’oreille interne tu vas regarder sur ton encyclopédie que j’ai acheté fort CHER, A TA DEMANDE, et qui semble toujours neuve.

Tu en profiteras pour aller te documenter sur les m3….

Alors : le linge sale, la plomberie, le bruit… Ah !

Il y a QUELQU’UN qui, tous les après midi du mercredi, à savoir que c’est l’une ou l’autre, ou les deux, va dans ma chambre, ouvre la fenêtre, y fait je ne sais quoi, et laisse la fenêtre ouverte.

Je vous rappelle que nous sommes en janvier et qu’il fait 2° DEHORS !

Et que tous les mercredi soirs je me couche dans une chambre glaciale.

Des explications, j’attends….

Pulchérie, inutile de mettre des coups de pieds à ta sœur : si elle a quelque chose à dire, qu’elle s’exprime, comme tu t’es exprimée sur les feuilles de chêne…

Hein ? Le voisin de derrière ?

Quoi ce petit con de grand brun qui me regarde d’un air ironique ? PULCHERIE l’épie avec les jumelles de… DE PAPY ?

PAPY qui cherche ses jumelles partout et qui est persuadé avoir perdu la tête ?

Hein ? Pulchérie laisse ta sœur parler. Arrêtez de vous foutre des coups de pied. Delphine va dans le fauteuil, hors de portée…

Donc, Pulchérie est amoureuse de Schmurf qui habite la maison du fond (ça lui passera)… j’ai compris. Sa chambre donne sur notre immeuble j’ai compris également.

Ce que je ne comprends pas c’est que, munie des JUMELLES DE PAPY QUI LES CHERCHE PARTOUT  elle espionne Schmurf de MA chambre et non pas de la VOTRE !

Parce qu’il faut ouvrir la fenêtre pour avoir une meilleure visibilité derrière les rideaux et que Delphine ne supporte pas de dormir dans une chambre froide ?

COMME JE LA COMPRENDS !

Donc tu viens dans MA chambre espionner SCHMURF QUI ME FAIT CHIER CELUI LA. Et pourquoi ne refermes-tu pas la fenêtre ?

… Parce que tu te précipites en m’entendant rentrer… Oui… Tu sautes sur le lit d’un bond gracieux…

Pulchérie tu arrêtes d’ironiser sur ta sœur et moi. Sur que quand on fait 40 kg pour 1 m 55 et qu’on chausse du 80 A on saute toujours gracieusement sur les lits !!!!!

Tu t’esbignes quand tu m’entends rentrer…. Avec les jumelles de ton grand père…

Je ne sais pas si tu te rends compte Pulchérie que ces jumelles ont 40 ans, et que de les avoir perdu a persuadé papy qu’il perdait la tête ! Il a rendez-vous la semaine prochaine pour un dépistage d’ALZAIMER PRECOCE. Tu trouves cela drôle ?

Tu rends les jumelles à ton grand père ! Ne fais pas cette mine horrifiée… Tu n’as qu’à les remettre à leur place… Non ce n’est pas le bon truc à faire parce qu’il va se croire VRAIMENT FOU et que mamy va se croire folle également pour ne pas les avoir vues….

TU RENDS LES JUMELLES A TON GRAND PERE AVEC TOUTES TES EXCUSES ET PLUS VITE QUE CA !

ET TU ARRETE DE TRANSFORMER MA CHAMBRE EN GLACIERE.

Mercredi prochain j’ôte le matelas de mon lit, et tout le reste, et je tends le dessus de lit sur un vide sidéral : on verra si tu sautes gracieusement !

Delphine arrête de rire bêtement : ta sœur est tellement niaise qu’elle est capable de se casser la jambe !

Bon : j’ai passé en revue certains sujets importants, il me faut maintenant aborder le sujet du TELEPHONE.

Le TELEPHONE est un instrument très pratique qui permet de communiquer avec des gens qui sont hors de portée de voix.

Nous sommes d’accord.

Que faites vous du téléphone ? Des explications, j’attends…

Vous vous précipitez dessus aussitôt rentrées à la maison pour appeler Marine (ceci pour Delphine) ou Valérie (Pulchérie, oui, tu es visée aussi), alors que vous avez passé la journée avec elles et que vous venez à peine de les quitter.

Et comme elles ont des portables, mes factures de téléphone rivalisent dangereusement avec celles du plombier.

Bon, j’ai terminé pour ce soir. On y reviendra demain. NON, il n’y a pas contrôle de maths de 17 à 23 H, demain. RV donc, demain, à la même place… Et non vous n’aurez pas la variole.

Je pense qu’on a ENCORE des choses à régler…

Pour ma part je vais me coucher, et si je vous entends parlotter, CA VA CHIER !

Illustration : Chloé, voir mes favoris.

Le pôle emploi ou : comment se faire truander par l'Etat.

L’Etat c’est nous paraît-il. Je ne me sens pas concernée c’est curieux.

Donc j’ai fait connaissance avec le pôle emploi. Les mêmes locaux séparés, du personnel un peu perdu par contre, et j’ai eu affaire à deux personnes réellement charmantes, qui ne m’ont pas caché que les structures peinaient à suivre.  Ceci exception étant faite de l’hôtesse d’accueil côté assedics toujours aussi désagréable et à qui un monsieur lui a fait remarquer que si elle se retrouvait sans boulot, cela ne lui ferait pas de mal. Des années qu’elle sévit celle-ci. Faudra que j’en parle…

Au pôle emploi-assedic : inscription prise en compte dès le 19 février dernier, car la jeune femme a parfaitement compris mon problème de connexion internet et serveur téléphonique (elle doit entendre cela toute la journée), et décrété que du coup j’étais inscrite depuis le 18 février et non pas le 2 mars. Changement par rapport à mon inscription de décembre 2007, elle m’a demandé « que s’est-il passé ? », malgré les papiers du patron causant juste CDD. J’ai pu me lâcher un peu, et elle a soupiré.

« Ras le bol m’a-t-elle dit, d’entendre des histoires comme les vôtres, de voir chaque jour des gens révoltés et découragés ».

Car cerise sur le gâteau, elle a calculé mes droits par rapport à mon dernier emploi, avec mes droits précédents :

Tenez-vous bien :

  • En décembre 2007, j’avais droit à 35,45 Euros par jour sur une durée de 700 jours (moins de 50 ans, mon patron y avait veillé).
  • En février 2009 j’ai droit à 34, 75 Euros par jour (mais pendant 36 mois). C’est moins qu’avant, donc ils sont dans l’obligation de reprendre mes anciens droits.
  • Sauf que ces anciens droits, c’était 700 jours et que cela ne change pas. On ne peut pas m’accorder mes anciens droits sur les 36 mois auxquels j’ai droit avec mes 50 ans passés. Pour 70 cents de différence, je n’ai même pas le droit d’exiger mes nouveaux droits.

Ne pas mordre surtout. Elle avait l’air réellement navrée. Elle a recommencé les comptes plusieurs fois, et là j’ai vu la tête de mon patron tournoyer au plafond : la prime qu’il m’avait promis et qu’il a réduite de moitié, m’aurait réellement sortie de cette nouvelle ornière, à 100 Euros près. J’ai bien vu qu’elle hésitait. Pour si peu, pouvait-elle se permettre une faute de frappe ? Elle m’a juste demandé si j’étais certaine de la dernière paye, puisqu’il y avait eu une prime de résultat. Le patron ne s’était-il pas trompé ? Sous-entendu « arrangement possible ? ». Bref, je l’ai remerciée et je suis préparée pour mon RV avec le conseiller pôle emploi-ANPE prévu au départ tout de suite derrière, mais reporté à l’après midi pour une raison indépendante de la volonté de tout le monde. 2 allers et retours à Rambouillet dans une même journée, ce n’est pas énorme, c’est juste très chiant. Et la raison indépendante de leur volonté c’est un homme en fin de droit, qui a décidé de péter la gueule à la conseillère ANPE qui ne fait pas les lois et fait avec les annonces qu’elle a. Et là, vous devez le savoir : je suis totalement contre péter la gueule à cette pauvre fille qui ne m’annonce pas que je dois aller dans un cabinet de consultants…

Jeune femme charmante là encore, me demandant de lui raconter un peu pourquoi j’avais l’air si triste (Moi ?). C’est la question à poser à une personne qui a une boule dans la gorge, mais elle était équipée : elle m’a tendu une boîte de kleenex. On se croirait chez le psy…

Après elle a actualisé mon CV, et nous avons regardé ensemble les petites annonces. Elle était la première à soupirer devant les exigences du patronat « secrétaire bilingue, et blabla et blablabla, 40 H, et gnagnagna : 1300 Euros brut par mois ».

« Il va savoir que cela cesse m’a-t-elle dit. Plus ils en demandent, moins ils payent, c’est scandaleux ! et nous n’arrivons pas à les raisonner ».

Elle a estimé que j’étais très capable de rechercher toute seule comme une grande, sans cabinet de consultants « ah, ceux-là, tout le monde m’en dit du mal ! mais quand le logiciel les désigne comme conseillers, nous ne pouvons rien faire ! Vous trouvez cela normal ? ».

Nous étions d’accord. Elle m’a offert un thé, car j’avais comme en décembre 2007, la gorge nouée. Elle m’a tout de même au cours de la recherche de petites annonces (c’est le néant horrible), fait sans le vouloir, un compliment : « 50 ans ? Je n’aurais jamais cru ».

Je n’ai pas mentionné mon âge sur mon CV, mais bon, vu l’âge que j’avais quand j’ai eu mon dernier diplôme, on ne peut que voir que je ne suis pas un perdreau de l’année…

La différence par rapport à décembre 2007 : des personnes désormais confrontées au côté « sous » et « recherche vaine » donc : découragement. Des personnes plus humaines, désemparées elles aussi. Peut-être est-ce voulu… Qu’elles soient désemparées ne me dérange pas : cela les rend humaines enfin.

Mais bon, qui ne risquent pas de perdre leur emploi, on est d’accord. Et les 70 cents qui m’ôtent mes droit à 36 mois d’indemnisation, même si je souhaite de tout coeur retrouver un emploi bien avant, cette petite assurance sur l’avenir qui me passe sous le nez, et bien, je l’ai carrément en travers.

Et 70 cents en travers de la gorge, ça ne va pas arranger mon angine qui allait mieux… Celui qui m’a suggéré que mon angine était peut-être dû à ce que j’avais en travers de la gorge, avait sans doute raison.

D’où ma question au Dr Acromion : comment le microbe mute-t-il quand on ne va pas bien ?

Il me remercie de repasser dans 2 ans. Il étudie trop de chose à la fois, et là c’est la question piège. Il sait pourquoi on en « a plein le dos », « pas les épaules pour »,  » plein le ventre ». Mais l’angine on ne la lui avait jamais faite et donc, il sèche…

Quand je le dis QUE LA VIE N’EST Qu’UN LONG CALVAIRE !

Et qu’en plus le parcmètre ne vous oublie pas avec le SCRATCH 5 minutes de passées : PV.

Même si on a mis un petit post-it « Assedics ». L’Etat (c’est moi) n’aura jamais pitié ?

Un petit geste de l’état (c’est moi), ce serait le truc à mettre sur le pare brise, parce que l’on est chômeur, aux alentours des assedics et de l’anpe, pas au supermarché. C’est rêver tout debout… Mais bon, juste le droit de se garer sans payer.

C’est peu, mais cela peut empêcher une révolution qui couve…

CHA VA MIEUX, MERCHI !

Vous avez tous été très sympas à compatir avec mes démêlés avec le Pôle emploi (je verrai bien lundi ce que cela va donner, et dois-je m’y rendre avec une mitrailleuse lourde ?). Comme toujours, je culpabilise de n’avoir pas fait des réponses en vrac…  (le strepto se renouvelle, moi pas). Idem, je n’ai pas répondu à vos bons voeux de prompt rétablissement.

Je n’ai pas pu vous répondre avec mon début d’angine qui s’est incrusté pour faire « angine vraie ».  Cela faisait un petit moment que je n’avais pas été rétamée comme ça par une bonne angine. Pour vous dire à quel point j’étais mal en point : je suis restée 18 H sans me coller devant l’ordinateur, à attendre la mort sur mon canapé en bavant dans un torchon (berk) car je ne pouvais RIEN avaler.

C’est un symptôme d’ailleurs, dont les médecins vont devoir tenir compte d’ici peu. Savoir si on blogue par exemple. Si oui, combien de fois par jour la connexion ? Vous ne vous êtes pas connecté depuis 48 H ? Diantre :c’est l’hosto direct, il se passe quelque chose… (je rigole à peine).

Bref, le Dr Acromion sans méfiance aucune (car je n’abuse jamais) me prescrit toujours un traitement d’avance pour l’angine cataclysmique éventuelle, généralement se déclarant le samedi soir ou son jour de congé (le strepto-staphilo est vicieux).  Là, j’ai eu le tort d’attendre d’être certaine que c’était bien une angine et non pas une simple irritation à traiter avec une tisane de thym au miel (c’est radical mais dégueulasse), et de sortir acheter des piles pour ma lampe de poche. Qui me permet de vérifier l’état de ma gorge ou de retrouver mon chemin dans l’appart en cas de coupure de courant.

Quand j’ai regardé, je me suis sentie mal, car en fait c’était bien violet à pois blanc, membraneux, les agmydales gonflées, bref une rhorreur.

J’ai donc pris double dose comme prescrit sur l’ordonnance, en première prise, mais impossible d’aller me connecter sur internet : les pois blancs dans ma gorge devaient paralyser ma connexion ADSL.

Tout ça pour vous dire que cela va nettement mieux, bien même, car les antibiotiques ont agit comme il se doit, à tel point qu’il ne faut pas que j’OUBLIE de terminer le traitement de 10 jours prescrit (parce que quand on n’a plus mal, on oublie souvent de se soigner). Mais que du coup je n’ai pas eu le courage ou l’énergie de répondre à vos commentaires ou mails.

Toutes mes confuses…

Une sorcière guérie quasie, mais confusionnée…

Voila ce que c'est…

Voilà ce que c’est que de faire le parcours du combattant.

Voilà ce que c’est que de s’égosiller dans le téléphone ou de crier dans l’appart « merde alors, font chier ».

Vi, parce que votre pauvre sorcière est terrassée par une angine fabuleuse, monstrueuse, merveilleuse (pour elle) fiévreuse. D’ailleurs elle se demande (la sorcière), si elle n’est pas atteinte de fièvre aphteuse, rien de moins.

Sinon on dit « une bonne angine » comme on dit « une bonne grippe ». Ce sont les biens portants qui disent ça.

Moi qui ait été victime d’angines à répétition de mes 14 ans à ma deuxième grossesse, où là, mon médecin a décidé de sortir les orgues de Staline la panoplie la plus totale après examens né-ga-tifs, panoplie non toxique bien sûr pour ma Delphine, j’ai été tranquille après pendant un certain temps temps certain.

Mes 3 derniers « maux de gorge » étaient tout simplement des flegmons. On ne ricane pas. Même s’ils se sont étalés sur 5 ans, ils poussent mon ORL à me prendre tout de suite quand je téléphone. Deux ganglions suffisent à l’alerter (avant le mal de gorge).

Sauf que là, ce rat est aux sports d’hivers.

Et qu’heureusement que le Dr Acromion, suivant les instructions de l’ORL, me prescrit toujours une charge d’antibiotiques à prendre dès le premier mal de gorge, car généralement ça me prend le jeudi, son deuxième jour de congé avec le dimanche (ou bien le dimanche). Car sur moi, cela a été toujours cataclysmique, bien avant la montée de fièvre. Vu l’état de ma gorge la dernière fois, il a vérifié que je n’avais vraiment pas de fièvre, tellement cela lui semblait incroyable.

Le temps de retrouver l’ordonnance dans la nuit de mercredi à jeudi, les comprimés allant avec pour ne pas me tromper dans la posologie, et me voici partie pour un grand moment de rigolade vu que ma gorge est rouge à pois blancs… Impossible d’avaler quoi que ce soit, y compris donc, ma salive.

Je suis donc une chômeuse avec réellement la bave aux lèvres. M’oterez pas de la tête que c’est mon temps d’attente avec le pôle emploi, qui m’a projeté des microbes dans la gorge.

Je vous abandonne donc un petit peu. Le temps de passer en dessous de la barre des 39°, car oui, la fièvre est montée, car il m’a fallu 6 H avant de me dire que c’était bien une angine, 1 pour retrouver ordonnance et médicaments + 1 H pour me décider à avaler le premier comprimé (1 ou 2 pour la première prise ?).

Et le premier qui me parle de pshiiit anesthésiant dans la gorge s’en prend une : je n’ai jamais pu supporter ce truc là. Je me le bidouille en gargarisme. C’est effectivement anesthésiant et cela a un intérêt capital : quand je me gargarise, Diabolos est très intrigué. Du coup, il me suit toute la journée (avachie sur le canapée et lui avec), pour me surveiller, pour le caz-où, j’irais dans la salle de bain procéder à ce rituel étrange. Et pendant le rituel étrange, mon chat noir miaule.

La vie n’est qu’un long calvaire…

J'ai testé le parcours moderne du combattant…

A savoir, tester ce qui s’appelle désormais le « pôle emploi », regroupement tout à fait justifié des Assedics et de l’Anpe, mais qui aurait pu se faire correctement, en se donnant quelques moyens.

Déjà que j’étais fort heureuse de me retrouver à nouveau à devoir vivre sur le dos des autres, et que j’adore mon désormais ex patron de m’avoir mise en congés… Car chacun sait qu’être chômeur c’est le grand panard… Me manquaient le treillis et les rangers, et une arme de poing ou de destruction massive. Le vert kaki me va bien, la mitrailleuse lourde, je n’ai jamais testé, si cela se trouve cela me va comme un gant également…

A chaque fois que je me retrouve confrontée à un service public, je me dis que, si l’on travaillait comme cela dans le privé, il y aurait des millions de chômeurs en plus (sans compter les facteurs déportés vers les colonies, car la poste, c’est  part).

Donc mardi 17 février, je suis officiellement au chômage. Reste à m’inscrire comme telle… A mon avis, vu la poussée du chômage en janvier et février, les autorités ont tout fait pour que les chômeurs supplémentaires, à compter d’une certaine date, ne puissent plus s’inscrire et les anciens, actualiser leur situation. Ca se rattrapera bien sûr, mais cela va permettre de fausser quelque peu les statistiques (qui sont de toutes manières truquées, tout chômeur sait cela).

La dernière fois (en 10 ans), en décembre 2007, je m’étais pointée, pauvre innocente, aux Assedics avec tous mes papiers pour m’entendre dire qu’il me fallait prendre RV par téléphone. Et que NON, on ne pouvait pas me donner au moins le RV alors que j’étais là. Je suis donc passée par l’obligatoire case téléphone pour avoir un RV, et sans le savoir, je mangeais mon pain blanc.

Car là, au chômage à nouveau depuis le 18 février au matin, j’ai eu le choix entre :

  • Un serveur internet affichant avec grossièreté et régularité « serveur surchargé, merci de vous reconnecter dans 15 minutes » (ou lors de créneaux horaires tout aussi surchargés). Même à 2 heures du mat c’était « surchargé », franchement ça gonfle et on se demande de qui on se fiche (les chômeurs), car il n’y a pas 2 millions 300 mille personnes qui se connectent à 2 H du mat, pleines de frissons..
  • Un serveur téléphonique demandant d’appuyer sur étoile, 1, 2, 3, taper le code du chômeur, pour ne jamais identifier le code (nous n’avons pas compris votre code, appuyez sur le bouton !). et revenir au serveur d’accueil après avoir subit pendant un bon moment « une voix amie un conseiller va vous répondre ».
  • Pour agrémenter mes journées, j’ai expérimenté l’un et l’autre, l’un après l’autre, ou le téléphone pendant la connexion internet foirant, pour que nada…
  • Sur un forum il m’a été répondu que si je me déplaçais avec tous mes papiers, je me ferais envoyer bouler, devant prendre RV par téléphone. C’est là que la mitraillette serait bien utile, car pour le moins on serait dégagés des contingences d’une vie bassement matérialiste pour un certain temps, même si l’on n’a tué personne (tentation, tentation…)
  • A noter : faut pas être victime d’une tempête et d’une coupure d’électricité, et/ou de téléphone. Dans ces cas là, point de salut ! Droits perdus, recherches foutues, poil au nez.

Las, lundi 2 mars, j’ai réussi à me connecter avec une non identifiée du pôle emploi, après 4 heures d’attente. Vous avez bien lu : 4 heures d’attente. Pas folle, j’avais prévu clopes, pas de boisson pour ne pas avoir envie d’aller pisser, et DVD à arrêter si jamais on me répondait « allô ? »

Ce qu’une malheureuse a fini par faire en me confessant à voix basse (à quoi bon si elle est sur écoutes ?) que les deux semaines précédentes cela avait été l’horreur sur le plan des inscriptions et actualisations, et le programme révisé pour le pôle emploi merdique pas du tout au point. J’acceptais tout à fait de la croire. Elle a été ravie que je sois contente de l’avoir en ligne, au lieu de se faire engueuler. Du coup elle m’a refilé un RV en fin de matinée pour le lundi suivant, et non pas à 8 H, m’a précisé que j’en avais pour 1 H 30, ex chômeuse ou pas.

Là j’ai commencé à m’énerver. Je veux bien me pointer avec tous les papiers nécessaires, c’est logique, mais me re-farcir le film d’animation racontant les droits et surtout obligations du demandeur d’emploi, j’veux pô. J’ai une réplique toute prête si on m’oriente vers mon ancien cabinet de « consultants ». J’irai jusqu’à la présidence de la république à genoux via le site qui répond toujours, mais je ne remettrai pas les pieds dans ce cabinet de consultants, quitte à être fusillée dans les fossés de Vincennes, pour haute trahison vis à vis des finances de l’état, et qu’est-ce que c’est que cette chômeuse qui refuse de se soumettre à la connerie au plus haut point pour avoir le droit de toucher ses indemnités ? (de merde, mais de toutes manières je n’ai JAMAIS trouvé de travail via l’ANPE ou un quelconque cabinet de « consultants »).

Z’êtes prévenus. Eux pas encore, mais cela ne saurait tarder…

Remettre les pieds chez eux, plutôt mourir, plutôt faire Rambouillet/l’Elysée à genoux (avec la presse de préférence, et plein de copains…). Enfin non : à pied, c’est bien suffisant quand on porte une banderole !

La vie n’est vraiment qu’un long calvaire…

AAAHHHHH MON DIIIIEU… !

Faites gaffe à ce que vous dites quand vous prenez les transports en commun. C’est mon conseil à moi, qui les emprunte deux fois l’an environ, en craignant un déraillement, une agression, n’importe quoi de mauvais, une phobie c’est une phobie, ça ne se contrôle pas.

Il y a longtemps, longtemps de cela (« 30 ans déjà ? » « 30 ans je suis certaine »), meilleure amie était déjà mariée avec celui qui partage toujours sa vie (la veinarde…) depuis ses 18 ans.

Elle avait une tante qui habitait Paris, Tante Alberte, et qu’elle allait voir régulièrement, une fois par mois.

Tante Alberte habitait dans le 16ème. C’était une jeune vieille dame dynamique, qui habitait un appartement de luxe, mais avec dans la cuisine un poêle à bois ancien qu’elle avait tenu à conserver en surplus de sa cuisine flambant neuve, dans lequel elle ne faisait brûler que…  je ne ne sais plus quelle essence. Elle gardait religieusement les cendres du poêle pour tout le monde, car c’était réputé pour les plantes vertes.

Meilleure amie m’entraîna un jour chez elle pour prendre un thé. Au passage nous avons fait les boutiques, et nous disposions à continuer d’ailleurs, après le thé. C’était l’époque où j’étais normale et adorais faire du shopping et claquer mon découvert en fringues et chaussures.

Meilleure amie, se découvrait la main verte et avait donc de quoi asphyxier la nuit une famille de 6 personnes si elle n’ouvrait pas les fenêtres. C’était quasi la jungle en rentrant chez elle, et donc tante Alberte lui gardait une jolie provision de cendres.

Qu’elle emporta avec elle, dans un sac kraft anodin, après le thé, du papotage à 3 bien sympathique, et en tête pour elle comme pour moi, l’idée de se faire pour le plaisir des yeux la rue du faubourg St Honoré, en songeant au jour où, ayant gagné au loto, on viendrait y claquer un peu de notre fric.

Métro pour 3 stations. Elle tient son sac en papier anonyme bien serré contre elle. Monte un gougnafier qui la bouscule, le sac lui échappe et tombe à terre, les cendres se répandent à n’en plus vouloir.

  • « AAAHHHHH MON DIIIIEU ! » s’écrie-t-elle avec horreur. « LES CENDRES DE TANTE ALBERTE !« 

Nous avons eu tout de suite plus de place, et tout le monde nous a regardées descendre à la station suivante, avec l’air de ne pas y croire :

Nous leur avions laissé les cendres de tante Alberte. Et n’avons réalisé que trop tard ce qu’elle avait pu dire et ce que tout le monde avait pu croire…

A tenter un jour de grève pour vous faire de la place… Nous on en rigole encore, 30 ans après !