Comment se faire un film…

femme-reveuse-copierJe crois que nous sommes tous un peu pareils, il y a un moment où l’on se fait un film, particulièrement lorsqu’un petit ou grand évènement va se produire dans notre vie.

Ceux qui prétendent le contraire sont des menteurs ! Personne ne lèvera la main en déclarant : pas moi votre honneur !

Cela va de la soirée où l’on va rencontrer l’homme ou la femme de sa vie, pour terminer cette merveilleuse soirée à écouter les radotages de tante Hortense, à la première journée de boulot où rien ne se passera comme on l’avait pensé. On rentre chez soi avec l’idée de s’ouvrir les veines (je sais c’est une obsession chez moi que de m’ouvrir les veines AVEC UN POST IT,  et ceux que ça dérange peuvent toujours m’écrire pour se faire envoyer chier direct avec ou sans post it, tronçonneuse ou pas. Pour les vrais chieurs j’ai le 16 de papa, ou le 24…)

Il y a eu le cas d’une copine qui correspondait via Meetic, avec un monsieur semblant parfaitement lui convenir sur le plan physique (à l’époque elle était très difficile et axée brun à tous prix, et a épousé l’inverse, c’est souvent cela).

Le soir où elle avait RV avec lui, c’est simple, elle allait rencontrer Richard Gere dans Pretty Woman. Elle avait pris sa journée, avait fait beauté de partout, remis son appartement à neuf (au cazou), et pris une petite petite trousse de toilette dans son sac (toujours au cazou).

Elle s’était fait tout un cinéma de cette rencontre, se préparait à guetter l’homme poivre et sel en blouson de cuir et jean, au sourire ravageur, et a pris la fuite devant la créature de Frankeinstein en blouson éculé de chasseur, jean montrant la raie des fesses (c’est d’un sexy) et air très con. Elle pleurait en rentrant chez elle.

Là il vient de m’arriver un truc similaire : la situation où l’on se fait un film.

Allant voir mon père à la clinique, j’avais vu une banderole « grande journée du recrutement le 19 novembre à Coignière, de 9 H 30 à 17 H » et évidemment je m’étais promis d’y aller.

  • Il va y avoir un monde fou, prévoir des chaussures confortables et néanmoins élégantes, pour piétiner pendant des heures
  • Trouver la tenue ad hoc, qui fasse crédible et me laisse jouer les quinquagénaires en pleine forme
  • Prévoir une bouteille d’eau
  • M’imaginer en train de distribuer plein de CV à des recruteurs en attente de LA parfaite secrétaire (nombre prévu : 20)
  • M’imaginer en train de discuter de mon parcours professionnel avec plusieurs recruteurs. Aller voir sur Internet comment éviter les questions pièges.
  • Partir le coeur battant, pour une fois levée à une heure raisonnable, m’imaginant en train de téléphoner à papa « c’est bon, j’ai plusieurs bonnes pistes », puis à tous mes proches, le lundi qui suivra, en criant « youpee ».
  • Divin.

Donc, le film était parfait.

  • Partir en toute confiance, parfaitement vêtue, sobrement, mais ne faisant pas trop âgée (hein ?).
  • Trouver une place pour me garer tout de suite (louche).
  • Rentrer dans une grande salle qui semble un peu vide
  • Me faire remettre un questionnaire de satisfaction
  • Repérer le pôle emploi pour signaler que le site merde depuis qu’il a été remis « à neuf » le WE précédent, m’entendre dire qu’ils sont tristement au courant, et indiquer ma recherche
  • Contempler avec joie la mine tristounette de la conseillère. Ici on recrute (armée de terre et gendarmerie excepté, mais j’ai passé l’âge) essentiellement tout sauf une assistante de direction, une secrétaire, une assistante tout court, voire même une reine de la frappe. Si je savais trancher dans le lard, je pourrais peut-être me proposer pour les nombreux bouchers demandés par les grandes surfaces mais, je ne me vois pas décarcasser un boeuf…
  • Me faire harponner par deux marques différentes et concurrentes, de produits de beauté, mal placées car en face l’une de l’autre. Les deux recruteuses se fusillant du regard.
  • Seul petit dièse de la journée : déclarer que oui, je connais les produits, utilisés parfois par mes filles.
  • M’entendre dire que parfois les très jeunes adolescentes ont ces produits par des mères de copines.
  • Ouf, je ne fais pas vieille peau. J’ai deux très jeunes adolescentes et non pas une fille qui a 1/4 de siècle, et l’autre plus proche de la trentaine que de la vingtaine (les fiiiillles pardonnez moi !)
  • Mais non, je ne souhaite pas pour l’instant faire réunion style Tup pour la première marque ou du porte à porte pour la seconde marque.
  • Me retrouver à la table de sortie avec 4 quadragénaires morts de rire en remplissant leurs bulletins de satisfaction. Nous sommes tous d’accords (puisqu’ils me comptent parmi eux, j’ai 10 ans de moins d’un coup) : ça manque de sociétés, mauvaise signalisation (fallait pas louper la banderole), serait à faire une fois par mois, prévoir de petits stands pour de petites entreprises, ne pas s’axer que sur les grandes marques, faire préciser leur recherche aux employeurs potentiels (pour une grosse boîte, ils ne cherchaient que des chauffeurs livreurs…)
  • « MON DIEU dit l’une des deux femme, QUEL FILM je m’étais fait de cette journée du recrutement ! »

Et moi donc…

Temps passé : 42 minutes dont 10 à discuter avec la conseillère Pôle Emploi très sympathique.

Mais la vie n’est qu’un long calvaire, et souvent un très mauvais film…

16 réponses sur “Comment se faire un film…”

  1. Je vois exactement de quoi tu veux parler, je suis trèèès doué pour me faire des films. Au final, j’étais toujours hyper déçue donc, j’ai fini par m’auto-persuader que « mes films » ne sont que des fantasmes et que de toute façon il est impossible que le moment x soit à la hauteur de mes attentes. Maintenant, quand ca se passe bien, je suis toujours la première surprise.
    Je change de sujet je sais mais j’adore ton blog, merci pour ton humour unique.

  2. @ Calpu : ils ne voudraient pas recruter une organistrice evenementielle? Tu sembles avoir des idees sur la question, ce serait une belle opportunite de job a se creer, non?

  3. Pfiiouuu que de mauvais souvenir ces salons glauques…
    Moua je me faisais plus de films du tout.
    Sinan, tu peux toujours venir a Londres. Moi apres 9 mois a chercher sans succes en France, via annonces, anpe&co, recruteurs (dont un m’a dit qu’il fallait commencer par apprendre a m’habiller et me coiffer), ici j’ai fait, google « intitule de mon post – London » un vendredi, une annonce est apparue, j’ai appele, j’ai eu un entretien le lundi suivant, et j’ai commence le lundi d’apres.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *