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Archive pour mai, 2010

8 Mai 1945

RolandMai 1945. Le 8 mai, date anniversaire de Mrs Morgan, l’armistice est signée. La guerre est enfin terminée. L’europe est dévastée, les morts se comptent par millions de par le monde et surtout chez elle… Mais pour l’Europe c’est terminé. Il y aura d’autres horreurs (deux bombes atomiques lancées sur des civils) mais pas pour elle. Elle s’en fout l’Europe, elle n’en peut plus…

Mrs Tricot n’a plus de nouvelle de son mari depuis 6 mois, pour elle, il est mort. Ses lettres sont sans réponse. Elle survit, résignée, attendant des nouvelles éventuelles de compagnons de stalag de son mari (la photographie a été prise au stalag). L’armistice est juste signée, mais il y a un bon moment que les américains et russes libèrent des camps multiples, que cela rentre en France. Il y a un moment que l’on sait tout ce qui a pu se passer de l’autre côté de la frontière, là-bas, en allemagne, le mot “allemagne” étant craché par beaucoup. Et l’hôtel Lutecia accueille des moribonds qui pétrifient tout le monde devant leur aspect…

Le récit m’a été fait par Jean Poirotte et par elle également. Lui, petit garçon à l’époque, qui ne se souvenait pas de son père vraiment, mais qui lui envoyait des baisers vers l’est tous les dimanche, dormait dans le lit de sa mère qui pleurait beaucoup quand elle était là, depuis un petit moment (6 mois c’est long quand on est gosse).

Mrs Tricot était venue passer quelques jours chez ses parents. Elle travaillait et l’entreprise qui employait son mari également avant (et après d’ailleurs), a versé aux femmes de prisonniers, le salaire du mari, intégralement, pendant toute l’occupation. Elle n’était donc pas dans la gêne, mais était venue voir son fils scolarisé chez ses grands-parents en prenant quelques jours de congés.

Beau temps. Se laver les cheveux, c’est le jour du mois où il faut le faire. L’eau courante dans la maison, mais un évier inconfortable, elle descend à la pompe avec son savon fait maison (cendre et potasse), en jupe et calicot. Jean Poirotte aime bien regarder sa mère se laver les cheveux en criant que l’eau est glacée, et il l’aime bien en petite tenue (Oedipe quand tu nous tient)…. Il pompe l’eau pour remplir le broc, il se sent utile.

Elle en est au rinçage et c’est froid. Le savon lui a brûlé le crâne il faut tout bien rincer… Cavalcade dans la rue tout à coup et hurlement !

“Mrs Tricot, Mrs Tricot, votre mari au téléphone !” C’était le maire. Il n’y avait que deux téléphones dans le village : un à la poste et l’autre à la mairie. Et là, Jean Poirotte stupéfait, vit sa mère se relever en lançant de l’eau partout, et partir en courant “à moitié nue” (en calicot) dans la rue, vers la mairie. Elle a avoué après coup qu’elle serait partie de même en “combinaison”…

Oui c’était bien son mari, rentré à Versailles pour se faire démobiliser avant tout (la bureaucratie est toujours très humaine) et se pointant chez lui pour n’y trouver personne.

Le premier VRAI souvenir de Jean Poirotte en ce qui concerne son père est que tout le monde pleurait, sa mère aussi et surtout. Tout le monde est parti à la gare en gambadant (2 km à pied… ça use…) pour attendre l’arrivée du rescapé que tout le monde croyait mort.

Souvenir de l’arrivée d’un homme dont il avait oublié le visage, à l’air triste, dans les bras de qui sa mère s’est précipitée, le renvoyant lui, dans un autre monde, puis qui l’a serré très fort contre lui en pleurant qu’il était un grand garçon maintenant, parce que tout le monde pleurait.

Et le soir… Et bien cet homme là, le père revenu, dormait avec maman et lui tout seul dans un lit loin de sa maman…. Abandonné de tous… Ne comprenant plus rien au monde…

Pas toujours facile d’avoir un papa. Et puis 8 mois après, deux petites soeurs…. L’émotion favorise l’ovulation double ou triple… Mrs Tricot a fait ce qu’elle a pu… Mais bon, elle ne s’est jamais trompé dans ses calculs en disant que ses filles étaient nées jour pour jour 8 mois après le retour de son mari…

Un papa qui rentre malade et épuisé, ayant vu trop d’horreurs n’est pas franchement top pour comprendre un petit garçon de 7 ans bouillonnant de vie, qui a son caractère et pas du tout l’intention de laisser un étranger lui donner des ordres et lui piquer sa mère.

Commençait un long combat… Quand les guerres sont enfin terminées, ne pas croire que c’est la paix….

Le 8 mai je pense à eux. A tous ceux qui ne sont plus là et qui ont connu cette guerre voire même celle d’avant.

C’est un jour de congés (que Giscard nous avait supprimé)… Un jour de souvenirs de ceux qui ne sont plus là pour m’en parler… Et une grande pensée pour ceux qui ne sont jamais revenus s’il vous plaît… Ceux qui n’ont pas connu la joie de la bonne  fin et survécu en fin de compte.

Pour eux la fin de vie n’a été qu’un véritable long calvaire…

(Réédition du 8 mai 2007)

Posté le 8 mai '10 par , dans J'aime bien l'histoire. Pas de commentaire.

Madame Van Den Connasse…

57519856Suite à de nombreuses démissions du conseil syndical de la copropriété des immeubles, dont la mienne (de démission), Madame Van Den Connasse, d’origine turque comme tout le monde l’a bien compris, s’est retrouvée propulsée au rang de dictateur absolu du conseil syndical.

Dont l’avis pourtant n’est que vaguement consultatif (d’où les démissions à la chaîne, à quoi bon s’emmerder si votre avis n’est pas pris en compte ?).

Sauf que depuis qu’elle est à la tête du dit conseil, ses ordres sont suivis à la lettre par le syndic (des immeubles).

C’est louche, car c’est du jamais vu. J’en m’en vais enquêter à ce sujet… Si j’avais mauvais esprit je la soupçonnerais de faire des p*pes au responsable de la résidence, mais comme je n’ai pas du tout mauvais esprit, j’écarte momentanément cette hypothèse (le flag risque d’être ardu)…

Depuis qu’elle est (se croit) dictateur en chef, elle promène son chien toute la journée en notant les n° d’immatriculation qui sont garés sur les places de tel ou tel n°. Elle fait assemblée générale sur le parking, elle s’agite, elle brasse du vent (énergie non récupérable) et surtout, elle décide de choses importantes sans demander l’avis de personne (le conseil syndical se réunit 2 fois par an), dont la gestion du chauffage.

Sauf qu’elle habite le petit bâtiment A4, mais régente par la même occasion le B5 et le B6 (que j’occupe), dont les frais de chauffage sont inférieurs. En effet,  le A4 a sa propre chaudière, beaucoup moins d’appartements dont beaucoup sont source de déperdition, et bénéficie d’une orientation beaucoup moins protégée que nous (le B5/B6). Donc le chauffage leur coûte plus cher qu’à nous…

Moralité, début octobre, tout le monde se pelait le jonc (comme le bailli du limousin), surtout au B5 dont beaucoup de studios et 2 pièces  sont exposés nord est exclusivement.

Au B6 nous bénéficions du nord est, et du sud ouest, il n’empêche que quand le soleil est absent pour nous chauffer via les baies vitrées, on se pèle autant que les autres.

N’écoutant que mon courage, ma mauvaise humeur, et les stalactites qui me pendaient du nez, alors que mon thermomètre intérieur affichait 15°, un beau matin, j’ai appelé le syndic pour lui demander pourquoi le chauffage n’était pas allumé.

Il faut vous dire que depuis que j’habite cette résidence, le chauffage est toujours allumé, sauf 2 semaines en août pour une révision et d’éventuels changements de robinets de radiateurs. Il y a des palpeurs extérieurs qui le remettent en route en cas de besoin (juillet 2000 : 9° + pluie), le baissent quand la T° remonte, ou le mettent en veille quand la T° est correcte à l’extérieur. Ces palpeurs nous ont coûté la peau des fesses, je le signale au passage.

Le responsable de mon immeuble chez le syndic prend mon appel, embarrassé. Madame Van Den Connasse a interdit de rallumer le chauffage avant le 15 octobre.

Devant mon courroux, le pauvre homme convient qu’il ne s’agit effectivement pas de dates, mais de T°. Comme je lui précise que j’emmerde Madame Van Den Connasse qui n’a pas à donner “des instructions”,  il s’embrouille un peu et me demande d’aller la trouver.

Ce que je fais derechef. Sauf que la chère dame est partie sur la côte d’azur pour 1 mois

Je rappelle donc également derechef le syndic qui soupire qu’il ne peut pas aller contre les décisions du conseil syndical et donc, de son dictateur. C’est nouveau, ça vient de sortir… Si ce conseil avait le moindre pouvoir, je n’en aurais jamais démissionné…

Le lendemain matin, le chauffage était rallumé.

Là, ça recommence.

Lundi 3 mai : 3° le matin sur mon balcon. Radiateurs vaguement tièdes dans la journée (donc ce n’est pas coupé), mais obstinément froids à partir de 21 h, jusqu’à 9 H. J’appelle donc le syndic.

Je tombe sur une jeune femme mal assurée, qui me dit qu’en mai on n’a plus besoin de chauffage, et je lui précise à nouveau que ce n’est pas une question de date mais de T°, et que tous les bulletins météorologiques nous rompent les oreilles au sujet de températures basses, hors normes de saison. Le climat peut très bien changer totalement en France un jour, auquel cas on aura besoin de revoir LES DATES.

Mon arrière grand mère m’énervait assez quand j’étais jeune, et qu’elle coupait le chauffage le 15 avril à midi. Il pouvait neiger et geler jusqu’à fin avril : “on ne rallume pas le chauffage passé le 15 avril”. Mon grand père prudent avait gardé le poêle à charbon dans la cuisine et les poêles à bois dans les chambres, au cas où il ne pourrait pas aller remettre en route le tout nouveau chauffage central, sournoisement…

Madame Van Den Connasse a laissé encore ses instructions avant de partir à nouveau pour la côte d’azur (où j’espère qu’elle se pèle avant de s’y installer définitivement ou de s’y transformer en iceberg ce qui nous ferait un souci de moins) : plus de chauffage en mai, juin, juillet, août, septembre et jusqu’au 15 octobre. Eventuellement on peut vaguement chauffer dans la journée, mais la nuit, tout le monde sous sa couette peut très bien survivre sans la chaudière.

Car, même s’il y a deux chaudières, la programmation concerne toujours les deux, jamais l’une sans l’autre. Et Madame Van Den Connasse vote toujours contre le prix exhorbitant que va coûter au A4 la séparation de corps de leur chaudière avec la nôtre… A savoir qu’elle ne peut pas tyranniser UNIQUEMENT ses voisins proches (qui la détestent, on se demande pourquoi…)

Je précise à mon interlocutrice que Madame Van Den Connasse j’en ai par-dessus la tête et que je l’emmerde. L’autre, croyant me faire peur (je me gausse), me dit que ce sera répété. M’en fous, c’est dit pour être répété, et je suis bien assez grande pour aller le lui dire en face quand elle aura survécu à ses congères (en lui pétant la gueule à coup de cric : tentation…)

Je demande à nouveau si les ordres de Madame Van Den Connasse doivent être suivis à la lettre et dans l’affirmative si le règlement de copropriété a changé, ce qui nécessite une procédure extrêmement coûteuse qui ne serait pas passée inaperçue et aurait nécessité un vote à l’unanimité de l’assemblée générale. Je demande également si un coup de batte de base ball dans la belle vitrine de l’agence pourrait être pris pour un ordre précis, et suivi à la lettre également.

Le chauffage a été rallumé réellement, à savoir qu’il suit les instructions des palpeurs…

L’autre connasse, j’attends son retour pour aller lui dire ma façon de penser. C’est mal tombé, j’étais de mauvaise humeur… Je sens, je sais, que quand je vais voir sa chevelure peroxydée à mort (jaune d’oeuf avec 5 cm de racines = tranche napolitaine)  sur le parking, je vais retrouver illico cette mauvaise humeur, même si je viens de gagner au loto…

De toutes manières elle a tout de la conne et est l’exemple type de l’adage “donnez de l’autorité à un imbécile et il en profite“.

La vie n’est qu’un long calvaire !

Posté le 7 mai '10 par , dans Coup de gueule, Histoire de sorcière, Nos grands moments de solitude. 20 Commentaires.

Exaspération… (part 2)

femme-en-colere-exasperation-2… Ma soeur m’appelle vers 16 H : ils sont toujours aux urgences, tout le monde s’engueule pour savoir dans quel service Jean-Poirotte va être admis.

Pas trop gênée (comme moi), elle a consulté les notes de la pierre tombale du SAMU qui discute toujours avec le réanimateur des urgences, et me donne ses conclusions sur les anomalies de l’ECG et le reste. Je note. Le soir nous allons squatter Internet pour comprendre le jargon des pierres tombales.

Ce n’est pas la peine de nous faire la morale, si c’est secret, ils n’ont qu’à garder leurs papiers avec eux. C’est grâce à une négligence de ce type que Jean Poirotte a su en novembre qu’il était atteint d’une infection nosocomiale…

Finalement Jean-Poirotte est admis en USIC (Unité de Soins Intensifs Cardiologiques). Ma soeur apprend au cours du retour avec maman, qu’il a eu des palpitations il y a 3 jours mais qu’ils n’ont pas voulu nous inquiéter.

Curieusement, ça m’énerve… Faudrait peut-être que je fasse reconversion gentille sorcière/bonne soeur contemplative.

Mais bon, pour les parents c’est un fait acquis désormais, il nous appartiendra de nous gendarmer en cas de besoin.

Maintenant c’est le parcours du combattant qui démarre avec les pierres tombales (les médecins hospitaliers), parcours d’autant plus difficile que Jean Poirotte a un seuil de tolérance très élevé face à la non information, et pose peu de questions.

Le samedi, maman va le voir avec une amie. Elle sait juste au retour, qu’il a des anomalies sur l’ECG, qu’il n’a pas vu de médecin, et qu’il est dans l’ignorance la plus totale de ce qu’il lui arrive. La seule chose qui est sûre, c’est que tout le monde a écarté l’hypothèse de l’embolie pulmonaire.

Le soir, il l’appelle un peu abattu : il a finalement vu un médecin qui lui a dit qu’il avait le coeur fatigué. Cela remonte le moral c’est sûr. Il ne va plus rien faire sans se demander si ce n’est pas de cueillir une pâquerette qui va le tuer, et maman ne va plus pouvoir supporter de le voir se lever avec 1/4 d’H de retard…

Maman ne se sent pas bien du tout, et je lui rappelle que Tante Hortense est DCD à 99 ans et 11 mois, avec un coeur fatigué depuis 30 ans et un traitement nettement moins au point que ce qui se fait de nos jours…

Me revoici sur Internet à chercher le pourquoi du comment, à essayer de comprendre, de savoir. Acromion m’assommerait : il déteste que l’on prenne des renseignements médicaux sur Internet. Mais j’ai besoin de savoir, et j’y passe une partie de la nuit.

Dimanche midi : papa a téléphoné à sa femme. Il a revu un autre médecin qui lui a parlé potassium surtout et l’a collé la veille au soir sous diurétique à haute dose. Moralité, il a passé sa nuit à aller pisser tous les quarts d’heure. Sa femme n’a pas osé lui dire qu’il avait eu un aperçu de ce que c’est qu’être enceinte de presque 9 mois : elle le lui dira plus tard.

Il doit passer un angioscan le lundi. Il ne sait pas ce que c’est mais la pierre tombale est partie trop vite pour qu’il pose des questions. La bonne nouvelle c’est qu’il a quitté l’USIC et qu’il est au troisième étage où l’on trouve de tout (y compris des peintres), mais qui n’est pas un service cardiologie. On lui a dit que son ECG était à nouveau normal, que l’oedeme était résorbé, et qu’il restait à attendre les résultats de l’examen.

Maman va le voir avec celle qui n’est pas comme tout le monde. Elle rentre assez rassurée.  Elle l’a trouvé rajeuni de 10 ans, tellement il est dégonflé et reconnaît que j’avais raison (tout de même), mais qu’elle ne s’est rendu compte à quel point il était gonflé avant, qu’en le voyant débarrassé du superflu…

Le lundi, nous attendons les résultats de l’angioscan. Rien à l’horizon, et enfin, Jean Poirotte va sortir de sa non curiosité pour enquêter. Comme on lui a retiré sa perf, il peut gambader dans les couloirs et ne va pas s’en priver…

  • Car déjà, sa femme ne vient pas le voir avec moi comme prévu, pour ne pas arriver pendant qu’il passe son examen auquel on le prépare depuis la veille car il est allergique à l’iode (donc je prévois limite une réanimation suite au choc à l’iode)
  • Il sait que du coup j’ai entraîné ma mère au muguet pour lui changer les idées (ça marche toujours)
  • A 16 H comme personne n’est venu le chercher pour l’examen il se déplace jusqu’au bureau des infirmières, où il apprend ravi, qu’il n’a jamais été prévu qu’il passe un angioscan. En tout état de cause le service interrogé n’a pas eu connaissance d’un Jean Poirotte à examiner ce jour là. Là il commence une grosse colère car on le traite tout de même contre une allergie éventuelle. C’est incohérent ! Qu’il s’énerve est très rare chez lui, mais généralement ça compte.
  • Le cardiologue de service du 3ème le prend de haut “mais monsieur je ne vous connais pas, je n’ai même pas votre dossier”.
  • Jean-Poirotte peut crier plus fort que le médecin dont il note le nom, il le prouve et donc ça s’entend. Des portes de chambres s’ouvrent discrètement.
  • Après avoir dit sa façon de penser au connard, après une discussion houleuse avec un homme plein de morgue, il descend à l’étage inférieur (la cardiologie), et tombe par le plus merveilleux des hasards sur son cardiologue. Qui lui demande stupéfait ce qu’il fait là, en PYJAMA !
  • Jean Poirotte le lui explique
  • L’autre (et son service) n’a jamais été averti de son hospitalisation. Sinon sa collègue l’aurait bien entendu visité le vendredi après midi (celle qui a opéré 2 fois Jean Poirotte, et qui était de garde le WE)
  • Il examine son patient et trouve que tout est parfait. Pourquoi un angioscan ?
  • Il appelle l’USIC
  • Les médecins s’engueulent
  • Mon père est furieux. Du coup pour arpenter les couloirs, il n’a plus mal au dos (il y a des miracles)
  • Son cardiologue aussi est furieux, qui revoit l’ordonnance tout de même suite à ce que l’on vient de lui transmettre, et compte rendu pris du boîtier du défibrillateur qui fait aussi big brother et note toute anomalie.
  • Mon père toujours furieux décide de gambader jusqu’à l’USIC pour avoir des explications j’attends.
  • On lui répond que l’oedeme résorbé son ECG redevenu normal, tout est rentré dans l’ordre.
  • C’est un fantôme sans doute demande-t-il, qui lui a parlé de l’angioscan alors qu’il ne connaissait même pas le terme et n’avait pas pu l’inventer. (Pour la coronaro, le scanner simple, l’échographie intra oesophagiene il est imbattable par contre…)
  • Il remonte voir son cardiologue qui lui dit qu’il sort le lendemain… En fait il suffisait (de ce qu’on lui en dit) de terrasser le taux trop haut de potassium et de le faire pisser pendant 8 H. Mais nous avons eu raison d’appeler le SAMU tout de même.
  • Donc, ordonnance renforcée, mais le cardiologue/rythmologue est rassurant : le coeur va bien, il n’est pas “fatigué”. Lui par contre  (le cardiologue) si, par les multiples merdes de communications entre services, dont certains vont entendre parler…

Donc je suis à nouveau exaspérée. Par le manque de coordination entre les services, le mutisme de certains médecins, ET le fait que putain j’en ai marre d’avoir toujours raison (enfin dans certains cas).

Quand je lui avais signalé que je le trouvais gonflé, il lui aurait suffit de voir Acromion ou son remplaçant, et jamais il n’en serait arrivé à avoir les poumons engorgés (d’où les symptômes), un ECG perturbé et j’en passe.

Parce que le peu qui lui a été fait à l’USIC (terrasser le potassium et le faire éliminer), Acromion pouvait le faire tout seul vu que la cardiologie c’est tout de même beaucoup son rayon… Son cardiologue a confirmé que s’il était venu le voir “entre deux” 8 jours plus tôt, il n’y aurait pas eu d’hospitalisation…

Mais rien ne s’est passé normalement, car la vie n’est qu’un long calvaire.

J’ai fait jurer sur la Bible à ma mère de m’écouter, ou d’écouter ma soeur ou mon frère, la prochaine fois.

Cause toujours : elle est totalement athée…

Posté le 5 mai '10 par , dans Ah ces parents !, Crise de nerf. Pas de commentaire.

Exaspération… (part 1)

femme-en-colere-exasperationPour ceux qui ont suivi, nous en avons bavé (lui compris) lors de l’hospitalisation de Jean-Poirotte du 2 novembre au 24 décembre 2009.

Il était sorti avec une légère insuffisance rénale à surveiller, l’avertissement qu’il lui restait des végétations accrochées au coeur, qui en cas de détachement pouvaient provoquer une embolie pulmonaire, et un taux de potassium trop élevé à surveiller également et éventuellement à traiter s’il persistait.

Dans un premier temps Jean-Poirotte a bien consulté le médecin régulièrement (pour ça il ne renâcle pas), procédé à ses analyses, et Acromion devant un taux de potassium trop élevé s’incrustant, l’a mis sous traitement.

Lui dire de consulter immédiatement en cas d’oedeme c’est visualiser théoriquement mon père avec une bulle au dessus de la tête “cause toujours”. Idem pour Mrs Bibelot. Lui demander de surveiller un peu son mari, revient au résultat que j’obtenais quand je disais “les filles allez ranger votre chambre”. Deuxième bulle au dessus de la tête “cause toujours”.

C’est déjà bien assez barbant de prendre des médicaments deux fois par jour, de s’obliger à boire de l’eau en suffisance (troublée par du sirop de menthe glaciale), de subir une prise de sang par mois.

Limite c’est pire que l’hospitalisation, tout le monde sait ça. Mais bon, Jean-Poirotte était discipliné, et déterminé réellement à se faire suivre.

Sauf que…

  • J – 10, je  viens prendre mon thé quotidien avec Mrs Bibelot. Mon père se lève de sa sieste quotidienne et je le trouve curieusement bouffi.
  • Je le lui fais remarquer avec diplomatie
  • Ma mère : “cause toujours mais non, c’est parce qu’il vient de se lever”
  • Mon père : “cause toujours : je viens de me voir dans la glace, tu te fais des idées”.
  • Jour après jour je trouve que le phénomène s’accentue mais j’obtiens toujours la même réponse (cause toujours), même quand je suggère une consultation avant le prochain RV prévu.
  • Je rentre chez moi, jour après jour exaspérée. Le déni m’énerve. Qu’ils aient peur c’est une chose. Ne rien faire ne conduira à rien de bon, au mieux une hospitalisation qui peut peut-être être évitée, au pire…
  • Vendredi 30 avril ma mère me téléphone. Jean-Poirotte ne se sent pas bien. Il a passé sa nuit oppressé avec des difficultés respiratoires, il a une barre dans la poitrine et s’essouffle pour faire 3 pas.
  • “Appelle le SAMU” (je pense immédiatement, à l’embolie pulmonaire, à rien d’autre car je ne suis pas médecin)
  • “Ton père ne veut pas”. “On termine de déjeuner et je l’emmène à la clinique X (qui l’a tiré d’affaire)”
  • “APPELLE LE SAMU !” (Putain De Bordel De Merde)
  • “Non, ton père ne veut pas, et puis je ne vois pas ce qu’ils pourront faire” (tout le monde sait que le SAMU est une sombre daube inutile, payée inutilement par l’argent du contribuable, même s’il a sauvé la vie de papa une fois)
  • J’ARRIVE !

Je raccroche, échevelée, énervée, inquiète, pas lavée (mon bain était en train de couler) et je saute dans mes fringues avec une violence inouïe. Diabolos devant mon comportement n’ose même pas me faire remarquer qu’il n’a pas trop de croquettes (si le plat ne déborde pas, il craint la famine). Le temps de prendre mon portable, le chargeur, mon manuel de survie et je file telle un pet sur une toile cirée…

Ma soeur m’appelle : elle aussi fait le pet sur la toile cirée, et nous devons nous retrouver chez les parents dans un délai très bref,  toutes les deux divinement coiffées. Mon père oppressé et un peu pâle (et en plein oedeme, ça saute aux yeux comme un coup de pied aux fesses), refuse que l’on appelle le SAMU. Il n’a rien de grave, finalement il se sent très bien…

J’ai poussé ma gueulante 3 minutes avant l’arrivée de ma soeur, elle en fait autant à son tour “Mais enfin, vous ne vous rendez pas compte ? Et si tu fais un malaise pendant que maman t’emmène (20 km), elle fait quoi ? vous faites quoi ?”.

J’appelle le SAMU. Les parents capitulent. Il ne se sent pas si bien que ça, elle a peur.

Arrivée d’abord comme toujours, des pompiers qui précèdent ou accompagnent le SAMU. Ils sont 4 et procèdent à l’interrogatoire du suspect qui se débat, mais inutilement, car ma soeur ou moi sommes tour à tour présentes pendant que maman prépare une petite valise “en cas d’hospitalisation”, pour répondre en cas de mauvaise foi.

Arrivée du SAMU : 5 personnes. Le médecin m’interroge moi, pendant que 2 personnes s’occupent, l’une d’un électrocardiogramme et l’autre de lui prélever des flacons de sang pendant qu’un autre surveille un masque respiratoire et un ballon. Face au Vampire, Jean-Poirotte se crispe un peu, ma soeur le soutient moralement, et je fais l’historique au médecin du SAMU, à sa demande depuis l’infarctus de 1983… (Ma mère est toujours dans sa valise qui ne peut pas attendre 10 minutes…)

On lui apporte régulièrement des tracés de l’ECG. Je le vois bien prendre des notes, et je l’interroge, mais il est aussi bavard qu’une pierre tombale. Une hospitalisation est nécessaire finit-il par me dire, lassé par mes questions, reste à savoir si la clinique où il est suivi pourra l’accueillir. La réponse tombe au bout de 10 minutes : c’est oui, il est attendu par un réanimateur et aux urgences avant.

Et voici l’embarquement de mon pauvre papa, ligoté par les perfs multiples et les banderilles permettant le relevé ECG en continu. Ma soeur embarque ma mère incapable de conduire…

Moi je reste comme une conne avec la mission d’avertir tout le monde, pour attendre des nouvelles… Un après midi de rêve en vue…

Inquiète mais toujours exaspérée tout de même par ce refus de voir les choses en face. Avoir peur de l’hospitalisation je peux le comprendre, mais se cacher des symptômes qui s’accentuent et peuvent y mener tout droit, je trouve cela stupide. D’un autre côté, je ne sais pas comment je serai dans 20 ans…

Je pense à ce moment là, qu’une consultation 10 jours plus tôt aurait peut-être rendu inutile tout ce tintouin.

La suite me prouvera que j’avais raison.

Mais la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 3 mai '10 par , dans Ah ces parents !, Je m'insurge. Pas de commentaire.

Fausse manip…

Ca m’apprendra à téléphoner en pianotant sur l’ordi.

Une fausse manip de ma part a effacé mon dernier posts et vos gentils commentaires…

Toutes mes confuses…

Posté le 2 mai '10 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.