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Archive pour février, 2011

Benji, prinsse ssarmant… (ou l'art et la manière de répondre n'importe quoi)

benjiBenji c’est le deuxième fils de mon frère. Je ne sais plus pourquoi il était venu seul, passer 8 jours chez mes parents, alors que j’y habitais encore.

Je ne sais plus ce que faisaient les deux autres et ce n’est pas important…

Les filles étaient chez leur père (où Pulchérie avait préféré dormir, plutôt qu’à l’école du cirque, à moins qu’il ne s’agisse d’une autre année, prenez des notes, un jour tout fout le camp), et je m’occupais pas mal de ce petit bonhomme, en particulier pour l’emmener promener l’après midi.

Je passais également pas mal de temps à aller voir ce qu’il faisait en lui intimant l’ordre d’arrêter de le faire, mais c’est une autre histoire…

Il était dans sa période “belle au bois dormant”, et était bien évidemment, le prinsse ssarmant. Sa scène préférée était celle où le prince promet des carottes au cheval pour aller voir qui chante aussi bien, qui se rétame dans la rivière, et dit au cheval “adieu carottes !”.

Mrs Bibelot, à chaque “tombé dans l’eau !” débarquait avec cuvette, éponge et serpillère dans la salle à manger, où le prinsse caracolait. En 8 jours, elle n’a jamais pu s’y faire : “où y a-t-il de l’eau ?”

L’après midi donc, promenade. Nous avions notre circuit (il était encore petit), au cours duquel :

  • Le prinsse ssarmant faisait de la neize, grâce aux multiples pétales de fleurs jonchant les caniveaux bien propres.
  • Nous faisions une première halte dans une petite résidence, à une maison devant laquelle trônait une superbe moto rouze “elle est belle hein tatie ?” (moi les motos…)
  • Puis il y avait une deuxième halte dans la même résidence, devant une non moins magnifique (hem…) moto bleue électrique.
  • Une fois sur deux l’heureux propriétaire de l’engin bleu, proposait au prinsse de monter dessus, et là, le roi n’était pas son cousin.

Un jour, l’heureux propriétaire de la moto rouze, la forcément plus belle, était là lors de notre passage, et fit enfourcher la bête à l’enfant ravi, puis lui montra, pour le plus grand plaisir des voisins, comment faire vavavoum, plein de bruit, et même des pouêts assourdissants.

Extase (pour le prinsse, moi j’avais les tympans brisés). Mais ses essais sur la bête de mort pétaradant, nous avaient mis en retard, et arrivés devant la mairie, à 150 mètres de chez mes parents, tout à coup le krikitu :

  • Pipi tatie pipiiiiiiiii !
  • Un chinois l’eut compris… Mais il n’y avait pas de chinois à l’horizon…

Car je me suis retrouvée bien conne, moi qui n’avait eu que des filles, y compris la cousiiiiiiine en séjours réguliers, et n’ayant jamais changé un petit garçon de ma vie. Le premier fut Tristan, le fils de ma soeur que j’ai gardé quelques semaines, et malgré les avertissement, il m’a pissé dans la figure quand je l’ai changé la première fois…

Je ne savais pas du tout comment j’allais m’y prendre, peur sans doute de lui déboiter son engin ressemblant vaguement à un macaroni, ou bien d’être attaquée pour atteinte à la pudeur, ou attouchement sexuel sur enfant de moins de 5 ans, quand le sauveur arriva en la personne du chef des services techniques, qui passait toujours “par hasard”, quand je me promenais avec ou sans môme, chien ou autres…

Et là j’ai sauté sur lui, comme la vérole sur le bas clergé breton…

“Excusez moi de vous demander pardon, mais cela vous ennuierait-il éventuellement, de faire faire pipi à mon neveu ? Moi je ne sais pas faire, enfin j’en suis incapable, je ne sais pas m’y prendre, et gnagnagna” (sables mouvants signalés à 50 km de Paris notre Dame, dans lesquels j’étais en train de m’enfoncer…).

Il obtempéra en rigolant, pendant que le prinsse clamait toujours pipiiiiiiiii tatie !

Tout en oeuvrant, pendant que je regardais ailleurs, de peur sans doute d’être accusée de voyeurisme sur la personne d’un mineur de moins de 5 ans, ironiquement, l’homme de la situation me demanda en rhabillant le prinsse :

  • “Eh bien, vous n’avez jamais touché un engin de ce type à votre âge et ayant eu deux enfants ?” (quel malotru, j’avais à peine 36 ans !)

Et là, qu’ai-je répondu ?

Hein ?

Qu’est-ce que j’ai bien pu lui répondre ?

Je vous le donne en mille.

Considérant les 150 mètres nous séparant de la maison sauveuse, j’ai juste trouvé à répondre :

  • PAS DE CE GABARIT !!! Moi la version macaroni ou coquillette, je ne CONNAIS PAS !

On se mord les lèvres après, on regrette de ne pas avoir incriminé une furonculose aigüe du bout des doigts, la lèpre, voire même un début de peste bubonique.

D’autant que mon interlocuteur n’a même pas fait semblant de n’avoir pas entendu, et a éclaté de rire en me précisant pour que je m’engloutisse définitivement dans les sables mouvants :

  • Ah je vois, vous n’êtes pas très cuisine italienne, vous préférez la saucisse de Morteau (vantard !)

Je suis rentrée la queue entre les jambes tête basse, avec le prinsse ssarmant au macaroni cause de ma honte, pour qu’il aille s’avachir dans la rivière coulant dans le séjour de mes parents, pendant que je digérais ma réplique honteuse avec un morceau de camembert, ne rigolant même plus de voir Mrs Bibelot toujours distraite, quitter la cuisine avec tout ce qu’il fallait pour éponger…

Car la vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 9 février '11 par , dans Nos grands moments de solitude. Pas de commentaire.

Les courriers de nos trésors adorés… (1/?)

petite-fille-ecrivantQuand les filles partaient chez leur père, pour la moitié des vacances scolaires, elles recevaient l’ordre de m’écrire régulièrement. J’ai d’ailleurs déjà évoqué ces courriers que je garde précieusement, car c’est précieux…

Ceci, à une époque où internet perçait à peine, où il n’y avait pas de téléphone portable etc… Même maintenant, je refuserais le SMS, le Texto, le mail…

Je guettais donc le facteur, surtout pendant le MOIS COMPLET où elles partaient chez leur père.

Je passais la première semaine à tout ranger et savourer le calme ambiant, et puis les 3 autres à pleurer sur ma solitude insupportable.

Mais il y avait les lettres, que j’ouvrais avec une frénésie proche du fanatisme. D’autant que les trésors adorés complètement traumatisés, avaient pour mission d’écrire AUSSI à leurs grands parents et arrières grands parent encore de ce monde (pas du côté paternel bien sûr, vu qu’elles étaient chez leur père).

Là, elles étaient un peu grandes, et l’orthographe était à peu près correcte (j’ai dit “à peu près”) :

  • Ma chère maman, je t’aime toujours très fort et tu me manque un peu (merci ma chérie, pour le UN PEU)
    Ici ça va bien, Delphine est aussi chiante qu’à la maison (la vie n’est qu’un long calvaire).
    Papa m’a inscrite à l’école du cirque qui s’est installé à Langeait. Tu sais que j’ai toujours voulue être trapaiziste et là, je pourrais réaliser mon rêve, sauf qu’il fallait rester dormir à l’école du cirque et que j’ai préféré rester chez papa pour la nuit.
    Alors je ne serai pas trapaiziste complètement, mais le jour, je m’entraîne. (Protégez là, seigneur !!!)
    Ta fille qui t’aime très fort.
    Pulchérie.
  • Ma chaire maman
    Pulchérie me laisse tranquille parce qu’elle s’est inscrite à l’école du cirke et que du cou, je mange la moitié les tarte de mamie. Elle sont bonne et si je suis bien trankil sans ma soeur, tu me manque beaucoup car je t’aime très fort.
    Delphine.
  • Chers papie et mamy
    J’espère que vous allez bien et que maman vous a tout raconté (évidemment, nous habitions chez eux).
    En effet, papa m’a inscrite à l’école du cirque pour devenir trapaiziste, mais comme il fallait y rester coucher, j’ai choisi de rester dormir chez papa.
    Votre petite fille qui vous aime
    Pulchérie.
  • Cher pépé l’apiculteur.
    Je sais que tu vas bien, sinon maman m’aurai téléphoné pour la date des obssèkes (heureusement, il a bien rigolé)
    Papa m’a inscrite à l’école du cirque, mais comme il fallait y rester coucher, j’ai préféré rester chez papa. C’est pas juste.
    Pulchérie.
  • Chère Mamy tricot
    J’espère que tu n’as pas fait le coup de trafalguare que maman a peur et que j’ai pas compris. Papa m’a inscrite à l’école du cirque mais comme il fallait y restez dormir, j’ai préféré resté chez papa.
    Pulchérie.
  • Chers tonton et tatie.
    Papa m’a inscrite à l’école du cirque, mais comme il fallait y rester dormir pendant 8 nuits, j’ai préférer dormir chez papa.
    Des bisous.
    Pulchérie.
  • Chaires tonton et tatie
    Pulchérie n’arrête pas de me faire chiyer parce qu’elle ne saura pas trapaisiste et que j’aurez préférer qu’elle dorme au cirque.
    Je vous zadore toujours et ici on mange biyen.
    Delphine.
  • Ma chère Marie Framboise (ma meilleure amie)
    Maman m’a di que si je ne t’écrivez pas je serez une mauvaise fille, alors j’espère que tu va bien (on sent la fatigue du trapèze…)
    Papa m’a inscrite à l’école du cirque, mais comme il fallez y rester dormir la nuit, j’ai préféré dormir chez papa.
  • Ma chère maman chérie que j’aime et qui me manque.
    L’école du cirque est repartie, et je regrette bien de ne pas y etre restée dormir, parce que Delphine est chiante et que je ne serai pas trapaiziste.
    J’espère rentrer vite pour m’entrainer dans le jardin.
    Pulchérie
  • MON CHER PAPY
    Tu sais que je t’aime et t’adore. J’espère que tu va trouvé un truc pour un trapaize dans le jardin pour que je devienne trapaiziste (ouais, c’est ça, pour qu’elle se pète les cervicales en tombant sur la pelouse…).
    En effet, papa m’avait inscrite à l’école du cirque, mais comme il fallait y rester dormir la nuit, j’ai préféré rester chez papa. (On découvre, on admire)
    Ta petite fille qui t’adore.
    Pulchérie.
    PS : des bisou à mamy bien sur.

Je suis bien contente d’avoir récupéré tous les courriers.

Parce que Pulchérie ne s’en souvient peut-être plus, mais comme il fallait rester dormir au cirque, elle a préféré dormir chez papa.

Cette utile précision, au cas où quelque chose vous aurait échappé…

Les sacrifices commencent de bonne heure…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 7 février '11 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Entretien avec le médecin conseil… (part 3)

57520720J’ai donc mon protocole dans mon sac à main et j’hésite à le poster. J’avais raison, 8 jours après la rédaction du protocole par psy chérie, je reçois une convocation du médecin conseil de la SS (La sécu !!!) avec pour motif : avoir sodomisé un homme sandwich avec un tube de dentifrice exonération du ticket modérateur.

Je vais enfin rencontrer le concombre masqué de la SS (La sécu !!!).

Ce mec est complètement fou, malgré ce qui est précisé dans le protocole, comme “troubles graves du sommeil”, il me convoque à 10 H.

Les 3/4 du temps, à 10 H le matin, je dors (mal), depuis seulement 4 H, avec des réveils toutes les heures et demi, de 6 H à 13 H. Si l’on retire les périodes de réveil, je dors à peine 6 H.

Le temps où je m’endormais comme un bébé à 22 H pour me réveiller 9 H plus tard dans la position de l’endormissement, est très loin. Ou alors il s’agissait d’une autre personne, je vis une seconde vie.

Donc à 10 H dans le cabinet du médecin conseil, je vais ressembler à une méduse échouée dans un micro ondes qui a des fuites d’ondes. Maman me suggère de venir dormir chez eux (les parents) pour :

  1. Me réveiller en temps et en heure
  2. M’emmener éventuellement sur un brancard

Je récuse cette aimable proposition, et je lui demande juste de me téléphoner à 9 H pour être certaine que je me lève. Hagarde certes, mais debout les braves !

Nuits de Chine, nuits câlines…

Je me réveille au son du téléphone après avoir fait mes cauchemars habituels et m’être réveillée toutes les heures et demies, avec la trouille en plus, de louper cet important rendez-vous.

Je suis crevée, et je ressemble à une endive. Vu la manière dont j’ai vu mon radio réveil de manière régulière, j’ai dormi 5 heures maxi. Il m’en faut 8… Sans parler de ce que je dois rattraper. A mon avis il me faudra dormir 6 mois pour remettre mon compteur à zéro, en admettant que je retrouve mon parfait sommeil d’antan (enfin d’après le somnambulisme et avant son retour…)

Arrivée dans la salle d’attente du médecin conseil, après avoir présenté mes papiers (c’est nouveau, ils exigent une pièce d’identité, mais bon, je n’ai rien à redire là dessus, il paraît que certains fraudent, je ne vois pas moi, quel intérêt j’aurais à envoyer quelqu’un à ma place…), j’ai l’impression que je vais m’endormir dans la salle d’attente.

  • D’ailleurs je m’endors.
  • Un homme à la belle voix, me secoue.
  • Evidemment il touche la mauvaise épaule, celle qui fait mal.
  • Il me suit vers son cabinet et pas l’inverse.
  • En effet je marche de travers, je veux mon lit, mon chat, mes filles revenues à la maison avec ma jeunesse enfuie, mon tank Shermann pour trimballer la troisième, et travailler à nouveau à l’abri tutélaire d’un patron sympathique dilapidant les deniers de la société en me versant un gras salaire.
  • J’ai du mal à garder les yeux ouverts. C’est normal, je rêve tout debout (voir ci-dessus…)
  • L’homme à la belle voix récapitule l’historique de mon passage à la SS (La sécu !!!)
  • Maintenant c’est informatisé, alors il recopie l’épisode hilarant de mon épaule merdique, de juillet 1996 à mars 1998
  • J’ai toujours du mal à garder les yeux ouverts
  • Il me demande de “préciser” ma dépression
  • Question à ne jamais poser à un dépressif : “que se passe-t-il ?”. Ca ouvre les vannes. On ne sait pas où elles sont placées, mais elles existent…
  • Les vannes sont ouvertes.
  • Je ne pleure pas, je fais tsunami.
  • Le médecin conseil n’a pas de kleenex sur son bureau
  • Psy chérie en a ELLE ! (5 paquets d’avance, au moins…)
  • Je le lui signale gentiment parce que là, le serial killer qui sommeille en moi, est en catalepsie avancée, façon vampire déjà mort mais toujours vivant.
  • Je cherche mes kleenex dans mon sac, éjectant au passage mon portefeuille qu’il rattrape de justesse sans se le prendre dans l’oeil (j’admire) et qu’il me redonne.
  • Maintenant je ne peux plus respirer, c’est malin !
  • Cet innocent continue et me demande si je pense à la mort (en fait il veut savoir si j’ai des idées suicidaires, mais il le précisera trop tard)
  • Je lui précise que oui, je lui décris la pierre tombale idéale, la pyramide qu’il faudra faire construire dans le petit bois de maman.
  • Le mot pyramide semble le consterner.
  • L’idée que je veuille me faire couler dans de la résine pour rester intacte aussi…
  • Ai-je songé à faire conserver mon corps autrement, vu les techniques existantes ?
  • Evidemment ! L’idée de me faire bouffer par des asticots me répugne.
  • Dois-je lui préciser ce que je pense des asticots et de la putréfaction ?
  • Non ce n’est pas la peine, il en pense la même chose que moi.
  • Je vois le mot “incinération” apparaître au dessus de sa tête.
  • Je lui précise que l’incinération, je suis contre. Il ne manquerait plus que je ne sois pas morte et qu’on me brûle vive.
  • Je ne veux pas mourir vivante.
  • Je veux être conservée.
  • Mais pas dans du formol.
  • Il semble dubitatif, je sens qu’il hésite tout à coup. Entre toutes les options son coeur balance.
  • Ce soir, il va revoir sa convention obsèques.
  • Mes filles ont-elles réellement l’intention d’aller s’installer au Texas et en Australie ?
  • Respirez madame ! Il vous reste des kleenex ?
  • Ma secrétaire en a, ne bougez pas.
  • Il insiste. Il reste médecin avant tout, je me sens émuuuuuuueeeee ! Car j’imaginais le concombre masqué comme un méchant croquemitaine… (en fait c’est l’autre qui l’est, paraît-il…)
  • Après la mort, le racontez moi ce que vos salauds de patron vous ont fait (là nous avons été d’accord : il les épinglerait bien s’il en avait le pouvoir, éventuellement je peux lui refiler leurs scalps si cela devient légal…)
  • Ai-je envisager de me suicider en me scalpant ?
  • Ca ne va pas la tête, je tiens à mes trois poils sur le crâne.
  • Ca s’appelle des cheveux, et il en voit plus de trois…
  • Racontez moi vos déambulations nocturnes etc etc…
  • Après les cotes pétées et le ventre ouvert, il m’a répondu que cela lui allait bien et qu’il n’allait SURTOUT pas me refuser une prise en charge à 100 %
  • Surtout pas !
  • Si je suis toujours en arrêt maladie dans un an, il me reverra éventuellement.
  • Parce que peut-être il faudra envisager une invalidité (évidemment ce n’est pas la même caisse).
  • Au mot “invalide”, je me transforme en résidus de méduse explosée par un micro ondes à fuites.
  • Il s’en veut, je le sens bien. Mais je m’en fous. Comme je déprime, je ne vois pas pourquoi les autres n’en feraient pas autant.
  • Je ne suis paaaaas invaliiiiiiiide !
  • Non, il a dit ça comme ça, mais il ne le pensait pas !
  • En fait l’arrêt de travail peut se prolonger 3 ans
  • Après on verra
  • Oui après… Quand il aura pris sa retraite et que son remplaçant me recevra.

Il avait les yeux humides et les mains qui tremblaient en me raccompagnant vers la sortie, après avoir validé les deux protocoles (parce que dès le début je lui avais refilé celui d’Acromion, avant les questions qui fâchent) à grands coups de tampons et signatures qu’il a dû doubler pour plus de sécurité, et d’une voix changée, il a appelé le candidat suivant, qui d’ailleurs était une candidate. Avec béquilles, plâtre, et yeux rouges (le pauvre !)

Arrivée en sanglotant à ma voiture, je me suis trouvé le nez rouge et je me suis demandé ce qui avait pu me mettre dans un état pareil.

Cet homme était charmant. Et en plus, il avait une belle voix, rassurante et tout et tout…

Un peu la voix de Jean Ferrat.

Apaisante…

Et puis il était plutôt pas mal dans sa cinquantaine ayant ricané quand je lui avais précisé “pour du boulot, 52 ans c’est VIEUX ! ON nous traite comme des VIEUX !” en me précisant pour me faire sortir de mes kleenex “merci bien, j’ai 2 ans de plus que vous !”

Par contre pour un plan drague, c’était loupé de ma part. A mon avis s’il me croise un jour par hasard, il se glissera dans la bouche d’égout la plus proche, avec souplesse, élégance, et diabolique habileté…

J’espère qu’il aura survécu et n’aura pas mis fin à ses jours le soir même…

La vie n’est qu’un long calvaire… Hein Docteur ???

Posté le 4 février '11 par , dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 19 Commentaires.

Entretien avec le médecin conseil… (part 2)

57260585Munie d’une copie du protocole rempli par psy chérie qu’elle doit poster elle-même, je prends rendez vous avec Acromion pour un contrôle de routine (tension, etc… tout étant contenu dans le ETC… !).

Dans le ETC, il y a en effet le fait qu’il doit immédiatement et sous mes yeux zéblouis, remplir SON protocole à lui, en accord avec celui de psy chérie. D’ailleurs, je suis formelle : je posterai le protocole moi-même, à l’adresse indiquée par une charmante dame de la SS (la Sécu !!!) qui m’a déclaré qu’Acromion n’a rien envoyé du tout, ou alors à la mauvaise adresse.

Quand c’est la mauvaise adresse, ça se perd. Incroyable au 21ème siècle qu’un papier puisse s’égarer entre Plaisir et Rambouillet… Mais c’est l’administration. MOI, j’ai la bonne adresse…

Acromion me laisse en pâture avec sa nouvelle interne qui passe son temps à aller vérifier sur un site médical, la différence entre le sous-épineux, le sus-épineux, les carpiens ou la prostate, ce qui ne me laisse pas une bonne impression.

Parce que lui, pendant ce temps là, il remplit la paperasse, ayant bien compris que s’il ne le fait pas, je m’étends sur son paillasson en attendant la mort entamant une grève de la faim, ce qui va faire désordre vis à vis des autres patients.

Je n’ai rien contre les internes, mais normalement Acromion assiste à la consultation et oriente. Sauf pour ses deux internes d’avant, déjà bien rodés, qui n’avaient aucune hésitation. C’est d’ailleurs l’un d’eux qui a fait hospitaliser Jean Poirotte illico presto subito en 2009, lui sauvant probablement la vie. Eux se mettaient à leur compte 6 mois plus tard, elle, ne me cache pas qu’elle en a encore pour 2 ans…

Acromion me donne le protocole bien complété, car j’ai exigé de l’envoyer moi-même, et me prend la tension vu que d’après son interne, je n’ai pas d’artère dans le bras droit…

Il est formel : j’en ai une, sinon il l’eût signalé à un journal très prisé par les médecins, et lui fait voir comment faire quand on a affaire à une emmerdeuse dont l’artère du bras droit se manifeste très discrètement

Le tout fait que rentrant chez moi, j’hésite à aller me faire scannériser l’intégralité de mon squelette pour une épaule qui merde… L’interne n’a vu que cela pour me se rassurer… Au cazou ma douleur à l’épaule droite vienne d’un déplacement de la rotule gauche (faut suivre).

M’en fous, j’ai mon protocole…

Mais la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 3 février '11 par , dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Entretien avec le médecin conseil… (part 1)

medecin-desespere-1En dépression (en décembre 2009 j’ai craqué, papa à l’hôpital ayant été la baignoire qui a fait déborder la piscine) et arrêt de travail depuis la date mentionnée sus avant, (entre parenthèses), je m’attendais à une convocation du médecin conseil de la SS (LA SECU !!!) depuis février 2010.

Que nenni, mon cas ne semblait pas l’intéresser outre mesure, les arrêts émanant d’un centre spécialisé. Avec un médecin de ville, parait-îl que le médecin conseil se manifeste plus tôt.

En plus du reste (la vie n’est qu’un long calvaiiiiiiiiire !) je souffre de troubles du sommeil de plus en plus graves, avec comme on le dit pudiquement dans le jargon médical “insomnies à répétition avec déambulations nocturnes en phase de sommeil profond, et mise en danger“.

  • Vous n’êtes pas aveugle, vous êtes non voyant
  • Vous n’êtes pas sourd, vous êtes non entendant
  • Vous n’êtes pas paralysée, vous êtes empêché moteur.
  • Vous n’êtes pas somnambule mais vous déambulez en phase de sommeil profond, en vous mettant en danger parce que vous vous pétez la gueule un peu n’importe où en croyant être ailleurs sans vous souvenir de ce qu’il s’est passé au réveil, c’est le principe du somnambulisme
  • Mise en danger il y a eu, puisque je me suis crouté le visage 3 fois, pété des côtes 3 fois (et ça fait maaaaal pendant 3 mois minimum), ouvert le ventre 1 fois, sans parler des fois où, sans me mettre en danger, j’ai flanqué mes chaussons dans le congélateur déménagé mon lit dans ma chambre, c’était devenu sans fin.

Ce retour du somnambulisme qui a rythmé mon enfance, a eu lieu la nuit même suivant mon avis de licenciement de chez Truchon (premier croutage, je m’étais carrément ruiné la partie droite du visage sur la moquette), pour s’incruster de manière grave après mon départ de chez Trucmuche.

La psy s’étant retrouvée impuissante face à cet état de fait, m’a adressée à un centre spécialisé dans les troubles du sommeil fort heureusement gratuit. Au départ on fait un bilan du sommeil au cours de votre vie (5 séances) puis, il faut passer par des examens coûteux…

  • Un scanner cérébral (à tous les coups j’ai un cancer du cerveau en phase terminale)
  • Une nuit ou deux en observation à l’hôpital (ça fait rêver, il y a des infirmières qui tuent, je l’ai lu dans un livre de Robin Cook…)
  • Une prise de sang à faire, que si vous dépliez l’ordonnance, elle arrive chez les voisins du dessous… Bien coûteuse également l’ordonnance, Acromion l’ayant estimé à 600 Euros. Judas a vendu le Christ pour moins que ça.

Si l’on ne parle pas de ma phobie récente des prises de sang car là, on va m’en pomper la moitié (au moins), ou de ma claustrophobie chronique qui va faire que je vais convulser forcément en passant mon scanner après avoir demandé si mes deux plombages n’allaient par ruiner l’appareil (vague espoir) et qu’on va me répondre que non, il y a le ticket modérateur qui reste à ma charge, car je n’ai pas de mutuelle.

Là c’est le banquier qui convulse sauf que les banquiers eux, se remettent toujours…

(Ceci pour des examens à ne pas renouveler par la suite, le traitement de base post résultats, ne risquant pas de mettre la SS (la Sécu !) sur la paille…)

Un petit changement de traitement a pour l’instant éradiqué les crises de déambulation nocturnes rigolotes au cours de la nuit, moments où je serais parait-îl capable de sortir de chez moi et conduire ma voiture !(!). Cela s’est vu. (J’imagine la tronche des flics réveillant le conducteur…)

Depuis que je sais que c’est possible, je dors correctement vêtue, on n’est jamais trop prudente…

Mais bon, il me fallait passer ces examens, rien n’étant possible sans leurs résultats.

Et donc, le temps passant, Acromion s’est décidé en juin 2010 à demander une prise en charge à 100 % pour dépression et troubles du sommeil aggravés dont je vous passe les détails complets.

Sauf que je ne sais pas ce qu’il a fait, enfin si, je sais, il a rêvé qu’il avait envoyé le protocole à la SS (la Sécu !) sans déambuler nocturnement, et que donc, forcément, la SS n’a rien reçu. Parce qu’Acromion LUI, il dort normalement la nuit… (sauf qu’il rêve de trucs qu’il n’a pas faits, mais que c’était tellement plausible, qu’il y croit dur comme fer).

Acromion avec la paperasse, c’est comme moi avec l’anglais. Ca fait 5…

L’autre médecin, non référent, s’est décidé à faire une demande de 100 %, mais qui ne pourrait être valable que 6 mois une fois acceptée, et non renouvelable.

Il revenait à Acromion de remplir le même protocole, qui là, une fois accepté, serait valable à vie.

Comme cela, quand je serai dans une maison de retraite où les filles ne viendront jamais me voir, vu qu’elles seront, une au Texas, et l’autre en Australie (une image que j’avais de ma fin de vie quand Albert m’a quittée), tout le monde saura qu’il est normal que je déambule dans les couloirs en violant des vieux messieurs au passage. Ce qui est ballot, c’est que je n’en aurai aucun souvenir, mais au moins, j’aurai le protocole accepté pour être correctement traitée…

Et c’est là que cela devient drôle…

Sauf ceux dont j’allais transformer la vie en long calvaire (y’a pas de raison !)

Posté le 1 février '11 par , dans Crise de nerf, Histoire de sorcière. 9 Commentaires.