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Archive pour octobre, 2011

Le genou de Jean-Poirotte (chapitre 6) Dans Montpellier c'est tout simple !

genouLe mardi, il était évidemment prévu d’aller voir Jean-Poirotte à l’hôpital, quand il était encore entier, maman étant persuadée que devant l’état de sa chambre, la Faculté allait décider de carrément la lui couper pour qu’on n’en parle plus.

  • Ma chérie, et si on allait l’amputer ?
  • Maman, on ne coupe pas une jambe comme ça !
  • Qu’est-ce que tu en sais ?
  • Oui on se demande vraiment ce que j’en sais ! (que j’en sais que s’il y avait eu un risque de ce genre, c’est dès le samedi qu’il aurait filé avec les pompiers à l’hôpital, mais bon, on ne rassure pas toujours comme il le faut)

Donc, je gambergeais à mon tour sur une amputation faite à l’arrache, en ayant expédié maman qui dormait vraiment très mal depuis quelques jours, faire une petite sieste.

Téléphone : 14 H.

Papa un peu dans le coma, me précisant que nous ne devions pas venir, car il allait descendre en salle d’op dans l’après midi.

  • Seulement cet après midi ? (plutôt rassurant par rapport à un degré d’urgence)
  • Oui… Ils vont me faire un truc dans la colonne, je ne me souviens plus du terme.
  • Mise au point de mes neurones : il a un problème au genou.
  • Ah on va te faire une péridurale ou un rachis ?
  • Une péridurale, c’est ça. Mais je ne sais pas ce qu’il m’ont fait, je suis dans le gaz
  • C’est mieux papa. Reste dans le gaz, cela va se passer comme sur des roulettes… (un peu comme pire que celles des dentistes, mais je n’allais pas le lui dire…)

Maman était vraiment décontenancée de ne pas revoir son petit mari tout de suite, mais j’ai pu la rassurer : on n’ampute pas sous péridurale dans un pays soi-disant civilisé (enfin je crois qu’on est soi-disant civilisés, en tous cas j’étais persuasive).

Le soir, il a téléphoné, toujours dans le gaz, que tout s’était bien passé, sauf qu’il souffrait toujours autant, voire plus (évidement, on lui avait encore tripatifouillé* l’articulation, cela doit être jouissif comme pas possible).

Le mercredi donc : départ pour Montpellier, avec moi au volant évidemment.

C’est tout simple, il n’y a qu’à suivre le fléchage, même à l’entrée de la ville où il ne faut pas louper le “hôpitaux, facultés” qui est fléché au dernier moment, sortie donc qu’il faut repérer avec anticipation en évitant de doubler le connard improbable sous ces latitudes civilisées qui roulerait à 40 …

  • Après il ne faut pas louper le “hôpitaux, facultés” à la première jonction
  • Après il ne faut pas louper le “hôpitaux, facultés” à la seconde jonction
  • Puis au prochain rondpoint il ne faut pas louper le “hôpitaux, facultés”
  • Après la déviation suite aux travaux du tram, il faut récupérer le “hôpitaux, facultés”
  • Puis à la jonction suivante il faut rester concentré sur “hôpitaux, facultés”
  • Le tout, sous fond de vociférations klaxon des autochtones d’une ville soi-disant civilisée, qui à la vue de votre plaque “78″ ne pensent pas une seule minute que vous cherchez votre chemin.

Un doute étreint Mrs Bibelot qui vient de constater avec amertume que je vois mieux de loin, sans lunettes, qu’elle avec lunettes. Je suis bien consciente que ma vision ne va pas aller en s’améliorant, et que,  à la tombée de la nuit j’y verrai plus clair je ne veux pas en rajouter une couche à déclarer que j’y vois moins qu’il y a 10 ans, donc je profite de ce qu’il me reste de mon oeil d’aigle d’antan…

  • C’est quoi déjà le nom de l’hôpital de ton père ? La Reynie ? (façon historienne)
  • Putain, le feu rouge (façon chauffard)…. Cela ressemble à cela, mais je ne vois pas ce que le lieutenant de police de Louis XIV pourrait avoir à faire avec un nom d’hôpital
  • Tu as raison… Labeyrie ? (façon dégustation)
  • Ca y ressemble aussi. Pas de soucis, quand on verra le nom, cela va nous revenir.

Ralentissement de MA voiture qui ne risquait pas de dépasser le 50 à l’heure prôné dans Montpellier, au grand dam des autres conducteurs façon le 50 j’m'entappe !

Sur la droite en effet, étaient régulièrement fléchés des tas de nom d’hôpitaux. Je ne pANsais pas qu’à Montpellier on était autant MALade.

A droite tout à coup “LA PEYRONIE MA CHERIE, TOURNE !

Après c’est tout droit pendant 500 mètres, on vous annonce que cela va être à gauche, sauf que c’est tout de suite à gauche, donc, j’enregistre que pour QUELQUES JOURS à venir, il me faudra rester sur la droite ou sur la gauche, et merder les conducteurs de Montpellier.

Nous sommes donc arrivées saines et sauves (sauf mes nerfs, maman s’étant cramponnée pendant tout le voyage à sa chère poignée), à l’hôpital Lapeyronie.

Nous avons négligé les parkings visiteurs pour prendre “entrée principale”.

Nous avions tort.

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

* C’est de moi, c’est de la même veine qu’abominafeux…

Posté le 8 octobre '11 par , dans Ah je l'aurai méritée ma place au Sénat !, Vacances WE et farniente. Pas de commentaire.

Le genou de Jean-Poirotte (chapitre 5)

genouLe dimanche, aucune amélioration sur le plan antalgique (et pour cause), la nuit fut difficile, particulièrement pour le malade qui se voyait terminer ses jours sur le canapé.

Pour nous aussi, il était difficile de le voir souffrir comme cela, et surtout de voir l’état de sa jambe, enflée, faisant désormais le triple de l’autre.

Maman commençait à gamberger…

Le lundi après midi, appel du médecin à la ponction, vers 15 H. Je me suis ruée sur le téléphone comme la vérole sur le bas clergé breton.

  • “J’ai deux nouvelles concernant votre papa, une bonne et une mauvaise
  • Aboulez la mauvaise !
  • Y’a un truc qui pousse dans la culture, ce serait c’est un staphylocoque doré (il y en a qui ont les moyens…)
  • Et la bonne ?
  • C’est que cela se soigne. Par contre il faut l’hospitaliser d’urgence pour un lavage articulaire et tout le pataquès. J’arrive, et je m’occupe de son transfert avec les pompiers, j’ai vu avec le professeur truc de Montpellier qui le prend en urgence dans son service (mais à part cela, tout va bien)

Papa inquiet m’appela au rapport. Il sembla soulagé que cela se soigne, et n’émit aucune objection à l’hospitalisation. Il n’en pouvait plus…

Les pompiers arrivèrent à 7 après le départ du médecin, donc, vers 16 H 30, et regardèrent comment descendre le patient qui ne l’était plus, dans un escalier assez raide. Pour une fois, j’ai eu de l’idée et celle de le faire sortir par le jardin, et le faire descendre en pente douce jusqu’à l’allée menant au petit centre commercial, à laquelle les pompiers  ont bien sûr accès.

Cela se passa plutôt bien, et maman avait pris son sac à main, pour l’admission. Elle n’envisage JAMAIS que quelqu’un d’autre qu’elle, puisse s’occuper de la paperasse, l’idée que certaines personnes soient totalement seules ne l’effleurant jamais…

Le chef de la troupe, lui confisqua d’office, la carte vitale et la carte de mutuelle. Ils s’occupaient de tout !

  • Malheureuse ! (avé l’assent), mais vous ne pourrez jamais nous suivre, nous on met  la sirène, et à cette heure-ci Montpellier c’est noir de monde, c’est la grosse catastrophe, les embouteillages et tout et tout, et vous allez vous perdre ! Et puis votre mari est attendu, on va lui faire des examens, vous ne pourrez pas le voir, il vaut mieux attendre demain.

A moi qui tenais les clefs de voiture (forcément) il précisa que pour trouver l’hôpital La Peyronie, il fallait suivre “hôpitaux-faculté” tout le long de la route, une fois arrivée à Montpellier, et bon courage mademoiselle, et on y va…

Nous devions donc y aller le lendemain, mais évidemment, la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 5 octobre '11 par , dans Ah je l'aurai méritée ma place au Sénat !. 14 Commentaires.

Le genou de Jean-Poirotte (chapitre 4) : la pharmacie de garde

genouLe médecin de garde parti, papa n’avait qu’une hâte, nous voir revenir avec les antalgiques : des patchs de morphine.

Artillerie lourde. La première d’une suite à venir…

Restait à gagner la pharmacie de garde, à Mauguio où nous n’avions jamais mis les roues pieds, juste à 20 km de la Grande Motte.

Nous sommes donc parties, avec une carte et l’ordonnance, avec la diabolique intuition que nous allions nous perdre, et en nous demandant pourquoi diable, il n’y avait pas de pharmacie de garde plus près !

Le médecin nous avait conseillé de suivre la direction “aéroport”. Dans le coin, si on cherche la Grande Motte en venant de Montpellier, il faut suivre la direction “aéroport”, pour le retour aussi.

Un jour, c’est certain, nous allons nous y retrouver à l’aéroport, en nous demandant ce que nous foutons là.

A la sortie “Maugio”, maman m’a hurlé de tourner là, tout de suite à droite, ce que j’ai fait. Puis nous nous sommes retrouvées à une fourche, avec bien évidemment des tas de trucs de fléchés, sauf Maugio.

Au pif, je suis allée à droite, maman déballant sa carte pour découvrir que dans sa panique elle avait pris celle de l’Ile de France.

Au bout de ce qui nous a semblé une éternité, enfin Maugio est arrivé devant nos yeux émerveillés, alors que Mrs Bibelot me tannait pour faire demi-tour, car à son sens, à la fourche, j’avais pris la mauvaise route.

Restait à trouver la pharmacie de garde, au centre ville, ville ravissante mais nous n’étions pas là pour faire du tourisme.

Places rares, je me suis garée sur un emplacement interdit devant une banque, pendant que maman courait sonner à la pharmacie.

Pas de bol, il fallait téléphoner, et j’ai béni mon réflexe de toujours prendre mon portable.

Le temps de faire le plein de morphine, d’anti phlébite, d’antibiotiques, et nous voici reparties de Maugio, en cherchant la direction de l’aéroport, ou, miracle, de la Grande Motte.

Autant rêver, le fléchage n’est jamais utilisé par ceux qui le mettent au point. Il paraît qu’en France nous avons le meilleur du monde : on plaint les étrangers…

A vue de nez, nous repartions dans la bonne direction en tenant compte de tous les sens interdits, et nous nous sommes paumées dans une petite résidence charmante, mais nous n’étions pas là pour faire du tourisme.

En gros, nous avons, à la sortie de la résidence, fait un détour de 10 à 15 km avant de nous retrouver sur la bonne route. Mon portable a sonné. Jean-Poirotte immobilisé sur son canapé, s’était mis dans la tête que nous avions eu un accident, et s’inquiétait vivement (on pouvait le comprendre).

Il nous a vues arriver une demi-heure plus tard, comme le messie, et nous a supplié de lui poser ses patchs, tout de suite. J’ai obtempéré, avant d’avoir lu la notice (un vrai scénario de film d’horreur) concernant les effets secondaires possibles, et en priant pour qu’il soit rapidement soulagé.

Ce qui n’a pas été le cas.

Le lendemain matin, en allant acheter le solde des médicaments dont la pharmacie de garde manquait, nous avons appris que par décision préfectorale, il n’y avait qu’une pharmacie sur quarante qui était ouverte dans le secteur le dimanche, ce qui semblait suffisant.

J’en profite donc au passage pour remercier Monsieur ou Madame le Préfet de je ne sais quoi, car depuis cet épisode, les préfectures et les sous préfectures je m’en bats les nichons, de son intéressante décision.

Je doute fort que ce Monsieur ou cette Dame, ait le souci personnel d’aller s’acheter ses médicaments lui(elle)-même en cas de besoin, ce qui n’est pas une raison pour ne pas envisager que d’autres puissent avoir besoin de le faire.

Heureusement, nous avions une voiture, et papa n’était pas le seul à pouvoir la conduire. Sinon je ne vous raconte pas la note de taxi…

Bref :

La vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 3 octobre '11 par , dans Histoire de sorcière. Pas de commentaire.