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Archive pour juillet, 2013

Les pompiers chez MoA !!!

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Vu que l’on arrête pas de me spamer avec cet article, autant faire une réédition au moins je saurai pourquoi je dois payer si cher…

Avec les filles, ces adorables créatures divinement réussies, j’ai eu les pompiers à la maison deux fois (comme mon titre ne l’indique pas). Une fois pour l’aînée, une fois pour la cadette.

Arrêtez de fantasmer les filles, je n’ai vu aucun beau mec débarquer, preuve sans doute que je suis maudite (car les pompiers ont une sacrée réputation, ou bien je ne suis pas touchée par le syndrome de l’uniforme) (ou alors, autre possibilité, j’étais tellement inquiète que je n’ai rien vu du tout)

En premier : Pulchérie, normal c’est l’ainée, et elle avait 18 mois, donc sa soeur n’était même pas en préparation. Je préparais ma soirée d’anniversaire pour le lendemain. J’étais hyper débordée comme il se doit. Nous étions vendredi et j’avais tout faux comme de coutume. Albert rigolait doucement ce rat, parce que j’avais toujours tout bon avec 3 heures d’avance.

Il avait la garde du trésor, j’avais des poubelles à sortir, et je pose un petit sac sur le piano + le carton de produit lave-vaisselle vide (non la pastille n’existait pas !). Je retourne dans la cuisine fermer et prendre le deuxième sac, ignorant qu’Albert était allé aux toilettes (un homme n’attend jamais 15 secondes pour aller pisser, c’est dingue) et là j’entends un hurlement.

Il avait fallu très exactement 8 secondes à Pulchérie pour échapper à la “surveillance” de son père, escalader le tabouret du piano, s’emparer du carton vide, l’ouvrir, et ingurgiter quelques grains de lessive lave vaisselle. D’où le hurlement : apparemment, ça brûle.

  • Je me précipite sur le combiné et j’écoute avec impatience le répondeur me disant que l’on va donner suite à mon appel.
  • Albert se rembraguette comme il le peut car je l’incendie en écoutant le répondeur et qu’il a peur (pour sa fille qui hurle toujours, et de moi)
  • On me répond. Ne rien donner à boire au trésor, mais en attendant l’arrivée des secours qui sont en train de partir, lui nettoyer la bouche avec un gant de toilette humide (facile avec Pulchérie qui a un jour mordu le dentiste au sang)
  • Arrivée de 7 hommes en uniforme qui m’ont dégueulassé ma moquette. L’un d’eux s’est précipité sur mon trésor en sucre rose pour l’examiner (c’était le médecin). Cette arrivée massive lui avait coupé la chique (à Pulchérie)
  • Puis elle lui a hurlé “patate !!!!!” (désolée Madame Patate, c’était son insulte de prédilection) pendant qu’il lui examinait la bouche avec une loupiotte pour repérer les dégâts. Puis il s’essuya le pouce mordu au sang après m’avoir demandé du sopalin et du désinfectant. De ce qu’il avait pu voir, elle n’avait rien et semblait en forme, mais ils allaient tout de même l’emmener à l’hôpital pour en être certains.
  • Me voici partie avec la petite, dans la voiture des pompiers. Elle pétait la forme. Dès qu’ils ont mis la sirène en route, elle s’est mise à chanter “pompiers, pompiers”, avec le ton.
  • Le médecin des urgences (l’avait qu’à mettre des gants aussi) m’a assuré qu’elle se portait bien.
  • Elle se portait bien et n’avait avalé aucun granulé malsain de toute évidence. Je pense qu’il n’avait pas envie de pousser ses explorations trop loin.
  • Contrôle le lendemain (le jour de la fête), avec le pédiatre des urgences à 16 H 15 (super quand on attend tout le monde à 19 H) Elle l’a traité aussi de patate et a manqué lui crever un oeil en jouant avec le stéthoscope qu’il lui avait inconsciemment confié pour l’occuper… Puis elle s’est mise à hurler parce qu’elle voulait garder l’engin pour palper ses poupées…

Delphine maintenant. J’étais en train de détartrer le fer à repasser. Les enfants sont d’une rapidité diabolique, j’étais au courant pourtant. Elle arrive en disant “a foif maman”, s’empare du truc machin fait exprès dans lequel j’avais dilué le détartrant, et à peine le temps de me coucher sur la planche à repasser en me ruinant une vertèbre pour l’empêcher de s’en emparer, elle avale ça cul sec.

  • J’appelle les pompiers
  • J’interpelle les voisins à qui je vais refourguer Pulchérie qui pour une fois se tenait tranquille.
  • J’enfile des chaussures en gardant mon jogging (oui c’était un mercredi matin, tôt : 10 H)
  • Les pompiers arrivent à 9. Le médecin me demande quel produit ma fille a ingurgité, je lui tends la bouteille en pleurant
  • Tout est écrit en allemand sur le flacon rescapé de la poubelle. On part (moi avec) avec le mode d’emploi, le médecin en ligne avec le centre anti-poison, un autre la gardant consciente “comment tu t’appelle mon trésor” “?”, “tu te sens bien” “?” “c’est normal qu’elle ne réponde pas madame ?” “oui c’est normal elle est timide” (Delphine a toujours eu un côté chat malgré sa vie antérieure de chien, en fait, c’était quand elle voulait, OU PAS).
  • Réponse du centre anti poison au moment où nous arrivons aux urgences de l’hôpital de Versailles “ce produit est absolument inoffensif“. Les 9 pompiers me lourdent aux urgences avec ma gamine qui a retrouvé l’usage de la parole et a “faim maman”, en jogging, sans sac à main, et une paire de chaussures dépareillées. Et quand je dis “ils me lourdent”, c’est très réel, tout juste s’ils ne se sont pas servi d’un siège éjectable.
  • Obligée d’appeler Mrs Bibelot pour qu’elle vienne me récupérer (3/4 d’heure) et me ramener à la maison. Ceci parce que la secrétaire des urgences était vraiment gentille et m’avait autorisée à utiliser son téléphone, sinon, basta je faisais la route du retour à pied…
  • On récupère Pulchérie qui s’est gavée de beignets en attendant le décès de sa soeur et donc, en pleurant
  • Merde, j’avais oublié de débrancher le fer…
  • Merde, Pulchérie ne digère toujours pas les beignets…

La vie n’est qu’un long calvaire et avoir des enfants un choix absolu…

Mais j’ai retenu certaines choses importantes :

  • Ne jamais confier un môme à un homme sans s’être inquiété de savoir s’il avait la vessie pleine OU PAS
  • Ne jamais monter dans la voiture des pompiers avec le mourant, sans s’être inquiété de savoir comment on va revenir
  • Ne jamais ranger ses chaussures n’importe comment, cela évite la paire dépareillée qui va avec la coiffure en pétard explosé et le jogging qui a 15 ans mais-qui-peut-toujours-servir.
  • Et le jogging qui a 15 ans mais peut toujours servir, eh bien il faut le transformer en chiffons quand il a un trou au niveau du cul.

Posté le 28 juillet '13 par , dans Crise de nerf. 5 Commentaires.

Il est né le divin enfant…

bébé royal

Vous vous imaginez bien que je n’allais pas laisser passer une occasion de rouspéter un peu, ou de jouer de l’ironie facile…

A ceux qui vivent sur un cocotier ou planent en règle générale, je vais fournir une information bouleversifiante : la duchesse de Cambridge, alias Kate Middleton (puisqu’ON s’obtine à lui donner son nom patronymique) a mis au jour un petit garçon (petit, petit, 3800 g tout de même, c’est ce que faisait Pulchérie à 1 mois et Delphine à 3 semaines…), qui héritera du trône d’Angleterre après son père William si la royauté perdure au Royaume Uni.

Je ne voudrais pas dire que l’on nous a pris le chou avec cette grossesse tant attendue, mais c’est tout comme. Pour la naissance, je vais en rester là pour l’instant.

J’ai pu admirer comme de coutume, l’art et la manière des médias et journalistes, de nous distiller de fausses informations à défaut d’en avoir de vraies.

Le top pour moi ayant été jadis la guerre du golfe, où j’avais passé une nuit blanche à regarder la TV et à entendre dire qu’on ne savait rien. Tenir l’antenne pendant 15 heures sans informations réelles, j’avais trouvé cela grandiose !

  • On a commencé par scruter le ventre de la duchesse depuis son mariage en 2011 : dans les familles royales personne ne se regarde le nombril, c’est inutile, on s’en charge pour eux.
  • Puis la duchesse a été hospitalisée et force a été à la couronne britannique de révéler qu’elle était enceinte, et souffrait de nausées et vomissements anormaux dus à un début de grossesse difficile.
  • Elle était enfin enceinte !
  • Puis j’ai appris avec surprise que ce mal gravidique dont elle souffrait, atteignait plus particulièrement les femmes attendant des jumeaux.
  • J’ai scruté ma mémoire, ayant connu ou connaissant plusieurs femmes ayant eu des jumeaux (et même une collègue ayant eu des triplés naturellement) : pas souvenir d’avoir entendu dire qu’elles avaient été plus malades que les autres.
  • Par contre la femme de mon parrain, pour 2 fois 1 enfant seul, a vomi du premier jour jusqu’au moment de l’expulsion (cela l’a pas mal aigrie d’ailleurs mais c’est un autre débat)
  • Mais l’information capitale était “la duchesse de Cambridge pourrAIT attendre des jumeaux, nous vous tiendrons informés”.
  • Les journalistes aiment bien jouer du conditionnel qui se transforme rapidement en certitude absolue.
  • Puis nous avons SU que l’enfant “seraAIT prévu pour le 13 juillet“.
  • Le 13 juillet c’est le 13 juillet, ce n’est pas le 12 ou le 14. J’ai ricané finement en songeant à toutes les femmes dont le terme était certain et qui ont malgré tout accouché avec de l’avance ou du retard (moi la première, avec des certitude sur la date de conception et dans les deux cas largement plus d’une semaine d’avance).
  • Mais bientôt on vous donnera l’heure, et on vous déclenchera l’accouchement 12 H après l’heure fatidique…
  • Puis la duchesse de Cambridge aurAIT gaffé en évoquant une petite fille.
  • Cette gaffe m’a paru surprenante de la part d’une jeune femme qui s’est tellement bien coulée dans le moule de la monarchie tout en gardant de la modernité.
  • Je n’y croyais pô
  • Puis la reine a décidé que désormais seule compterait la primogéniture et que les garçons n’auraient plus le pas sur leurs soeurs, même aînées.
  • Ce qui confortait l’idée d’une fille “la reine souhaiterAIT savoir qu’une autre reine pourrAIT régner après elle, son fils et son petit-fils
  • Sympa l’arrière grand-mère : un cadeau comme cela je ne l’aurais jamais souhaité à une de mes filles.
  • Mais bon…
  • Dès le 12 juillet (on vous avait dit le 13) ON a commencé à camper devant l’hôpital. Il a fallu quelques jours pour que nous sachions qu’en fait ce terme très précis fixé au 13 juillet, venait d‘ON ne sait QUI et n’avait jamais été confirmé par les principaux intéressés.
  • Genre une publication “nous attendons une petite fille, et elle doit naître le 13 juillet 2013 à 13 H 13″ (ah c’était donc ça le 13 juillet ?)
  • J’ai passé mon WE du 14 à blaguer sur cette naissance attendue, concluant devant un “les merguez sont trop cuites” ou autres par un : “et pendant ce temps là, la duchesse de Cambridge n’a toujours pas accouché”. Ceci jusqu’au mardi 16…
  • Quelle se grouille quoi…
  • Le lundi 22 au soir, j’ai été avertie par un texto ironique de Delphine et gendre n° 2 en vadrouille dans le midi, “ça y’est il est né”.
  • Je savais depuis le 19 H 45 que la duchesse de Cambridge était hospitalisée depuis le matin de bonne heure et que la naissance était attendue dune minute à l’autre.
  • En fait elle avait déjà chié sa pastèque à cette heure là, mais il ne semblait venir à l’esprit de personne que parfois le travail, surtout pour un premier, peut être assez long.
  • Bon d’accord, j’ai été obligée de reconnaitre avec aigreur que si j’avais été la duchesse de Cambridge, pour Pulchérie on ne m’aurait pas laissé aussi longtemps à attendre.
  • Imaginez la tronches des journalistes attendant devant la clinique dans laquelle j’étais arrivée le mardi vers minuit, alors que mon aînée a attendu le vendredi 17 H 05 pour pointer son nez (et il neigeait en plus, cela aurait été BIEN FAIT POUR EUX !)
  • Et non seulement la naissance attendue d’une minute à l’autre (qu’est-ce que tu en sais journaliste ?) avait déjà eu lieu, mais en plus c’était un garçon !
  • Le comble !!!!!!!

Bref, j’ai encore été agacée par le monde des médias et les journalistes en particulier. Curieusement j’aurais tendance à attendre d’eux des informations réelles et non pas des spéculations… Mais cela doit venir d’un problème latent chez moi.

Maintenant on nous parle de la robe de sortie de maternité “à pois comme Diana” “bleue à pois comme Diana” (le Parisien, mais faux, pour Diana la robe était vert pâle même s’il y avait effectivement des pois).

Déjà que l’ON se demandait si pour son mariage Kate pourrait être à la hauteur de sa belle-mère… Moi j’étais certaine que oui. Pour rivaliser avec une meringue géante, un air niais et un bouquet de mariée de 3 kg, il fallait une roturière…

Et moi si j’étais ON, j’arrêterais de comparer la bru à sa belle-mère dont le destin tragique n’est pas à envier… Moi si que j’étais Kate, ma belle mère j’en aurais ras le chèche.

Et maintenant ON va bien nous bassiner avec le prénom du trésor adoré, je le sens bien. Ces gens là n’ont sans doute pas eu assez de 9 mois pour trouver des prénoms masculins ET des prénoms féminins (puisqu’il en faut plein) si réellement ils ne désiraient pas connaître à l’avance le sexe de leur enfant… Mais bon, le protocole c’est le protocole, et espérons, si ce gamin peut régner un jour, que lui pourra éventuellement s’asseoir dessus (le protocole).

Un grand coup de dégraissage ne pourra jamais faire de mal…

Car la vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 24 juillet '13 par , dans Crise de nerf, Dans la série Diabolique. 10 Commentaires.

Trousse de secours… Liste OBLIGATOIRE !!! (1)

Ecrivain

Quand que j’étais jeune, ma trousse de secours représentait vraiment le minimum du minimum… D’ailleurs c’était vaguement en vrac dans mon sac à main, et non pas dans une trousse…

A savoir que dans mon sac j’avais :

  • UN comprimé d’aspirine
  • UN tampax
  • UN vernis à ongle incolore pour rattraper la maille qui file du collant,  mais uniquement l’hiver (précision utile).

Sinon j’avais mon portefeuille comme tout le monde, un trousseau de  clefs, une brosse à cheveux, un miroir, et de quoi me reformater le visage (mascara, poudre, etc…) sauf qu’à 20 ans c’est rarement utile. J’avais de plus mon livre en train car j’ai toujours été bouquinovore et que dans le train, un livre ça aide à passer le temps, ou le tricot du moment parce que mine de rien ici, je peux enfin avouer que je sais tricoter et même fort bien (terminer un pull par contre, c’est une autre affaire).

Et puis le temps passe, comme le train.

Quand j’étais chez Truchon, j’avais TOUT dans mon sac et d”ailleurs mes petits ingénieurs ou collègues, et même le grand patron, n’hésitaient jamais à me demander :

  • L’intégrale contre une migraine tenace (Truchon me promettait toujours sa reconnaissance éternelle : bilan, j’attends toujours et je ne “prête” plus de médoc qu’à ma famille proche). Je parle d’antalgiques en gros… Sous 3 formes différentes.
  • Un anti histaminique
  • Ce qu’il faut contre une gastro qui semble s’incruster (j’avais vraiment tout, de l’immodi… à l’ercéfu… en passant par le smec… et le bédé…
  • Une pince à épiler (une fois c’était pour sauver de la mort un mulot d’ordi, je n’ai pas compris, mais bon, il me faut avouer que ma pince de secours pouvait crever c’était une vieille qui n’épilait plus que peu…)
  • Un tampax ou deux pourquoi pas ?
  • Oui, parfaitement, parce que le diamètre d’un tampax, comme celui d’une cigarette (une tige de 8) ou d’une bouteille de vin (boulon de 33 si c’est la vielle bouteille avec des étoiles (donc avec consigne, si vous ne savez pas ce que c’est vous êtes trop jeune alors pfuitt)), est un repère important pour vérifier des mesures de diamètres strictes (et PAF !)
  • Un miroir pour repérer la saloperie de putain de bordel de merde de pièce en platine (la seule) qui s’est échappée derrière la grande machine qui fait 5 x 5 x 12 M et qu’il faut absolument récupérer parce que forcément, elle coûte un rein et est, elle, toute petite.
  • Une petite lampe de poche pour la même opération

Mes collègues femmes n’hésitaient jamais à demander à la secrétaire DE DIRECTION du PÔLE INGENIERIE (j’avais cette auréole autour de la tête, qui ne protège jamais de RIEN, mais bon, EN PLUS j’étais de l’INGENIERIE)…

  • Les  médicaments pré-cités + du spasfon en cas de ragnagnas se déclarant à la mauvaise heure (j’ai pu noter que pour certaines c’était très régulier, mais qu’elles ne semblaient jamais savoir où elles en étaient…)
  • Le tampax avec OU sans applicateur (‘j’avais les deux, et ne venez pas me demander le diamètre d’un tampon sans applicateur)
  • Une brosse à cheveux lavée tous les soirs donc sans doutes aucun sur le plan de la propreté
  • Un peigne, entretenu aussi strictement que la brosse.
  • Quelques épingles à cheveux
  • Une ou deux barrettes pourquoi pas ?
  • Une lime à ongles parce que l’ongle qui casse à 9 H va vous faire chier toute la journée
  • Une paire de collants de rechange (vous noterez avec ironie qu’il n’y a plus le vernis, mais carrément un collant de rechange).
  • Concernant la paire d’ailleurs j’avais le choix : noir ou chair.
  • Une culotte en cas de fuite malencontreuse (voir plus haut). Ne me demandez pas pourquoi un jour j’ai estimé devoir me promener avec une culotte de rechange, je n’en sais rien, ce n’est JAMAIS à moi qu’elle a servi. Peut-être que c’était justement pour dépanner une collègue.
  • La pince à épiler était bien évidemment l’objet de toutes les convoitises, et celui qui l’avait en main pour mettre en place un truc machin dans sa taupe était sommé de la rendre immédiatement à sa propriétaire (moi) pou qu’elle la prête…

J’avais changé radicalement de style de sac, car j’avais pour moi-même en plus, une mini bouteille d’eau et toujours un livre en train. J’avais ré-inventé la masse d’arme, étant née trop tard dans un monde trop vieux (un coup de mon sac à main ne pouvait pas pardonner).

Mais comme la vie n’est qu’un long calvaire, il n’y a pas que le sac qui change de format (et pour cause) au cours des siècles ans.

Posté le 17 juillet '13 par , dans Dans la série Diabolique. 9 Commentaires.

Et vous la tête, ca va comme vous le voulez ?

Femme incrédule

Je ne prétends pas ne pas être tête en l’air. Je le suis un peu, comme tout le monde, sans atteindre les sommets de la distraction dont j’ai parfois constaté les effets sur certains…

Généralement c’est assez drôle….

  • Le collègue qui arrive au boulot avec son sac poubelle. Sa femme lui avait demandé de s’en charger, mais il a juste oublié de s’arrêter dans le local ad hoc. CELA PEUT ARRIVER, la preuve, mais de là à descendre le sac poubelle de la voiture pour le poser tranquillement sur son bureau, il y a un gouffre.
  • Celui qui s’énerve sur cette PDBDM de télécommande qui ne fonctionne plus. D’autant moins d’ailleurs qu’il se sert du téléphone pour essayer de baisser le son.
  • Le même d’ailleurs, qui essaye de prendre un appel, avec la télécommande…
  • Celui ou celle qui retrouve enfin son portefeuille dans le frigo. Ou dans le congélateur, ce qui lui aura laissé le temps de faire opposition à tout auprès de sa banque parce qu’il ne mange que peu de surgelés.
  • Le vraiment distrait qui s’aperçoit au bout de 100 km qu’il a juste oublié sa femme et les bagages sur le trottoir (ceci avant l’invention du portable qui aurait pu éviter à la malheureuse une longue attente).
  • Le père de la mariée qui monte à l’arrière de sa voiture et s’exclame : “putain on m’a piqué mon volant!”
  • La mariée qui a oublié son bouquet et ne s’en aperçoit qu’au moment de sortir de la mairie sous les flashes crépitants, en se demandant ce qu’elle peut bien faire de cette fichue main gauche, la droite étant accroché à celui qui se demande s’il a bien fait de dire oui.
  • La collègue qui se dandine régulièrement parce qu’elle a mis son string à l’envers. Une culotte je veux bien, mais un string…
  • Un de mes profs d’anglais, resté dans les annales, qui arrivait régulièrement avec le pantalon devant/derrière et les coutures à l’extérieur. Et qui quittait l’établissement le soir dans le même état.
  • Le mal réveillé qui passe sa brosse à dent dans ses cheveux… avec le dentifrice.
  • Albert, ses lunettes de soleil sur le nez, me demandant où je les ai planquées (utiles les lunettes…)
  • Ma voisine qui a très gentiment déneigé ma voiture, alors que la sienne est beaucoup plus petite et trois places devant la mienne
  • Le type énervé par ses 3 mômes au demeurant vraiment insupportables, qui remplit soigneusement votre caddy avec de la bouffe pour enfants insupportables
  • Fille ainée partant de chez elle avec une ballerine noire et une autre bleu marine.
  • Monsieur gendre confondant le désodorisant des toilettes et celui qu’il doit se mettre sous les bras.
  • Une amie se brossant les dents avec de la crème dépilatoire, sans broncher… et précisant même qu’elle n’avait jamais eu les dents aussi blanches (et les gencives si irritées…)
  • La personne bénie, personne à droite, personne à gauche, personne en vue, qui m’avait gentiment laissé 150 euros dans le distributeur, preuve que la mention “prenez vos billets” n’est pas superflue…

Après cette dernière évocation, difficile de dire que la vie n’est qu’un long calvaire, sauf que cela devrait m’arriver plus souvent…

Posté le 12 juillet '13 par , dans Dans la série Diabolique. 13 Commentaires.

Le meilleur café de ma vie d’hotesse…

Blonde rétro 2Tout le monde sait que je déteste le café (enfin mes proches et ceux qui suivent mon blog). Mais il faut savoir que dès mes 15 ans, j’ai voulu faire comme tout le monde et “prendre un petit café” en famille, ou plut tard au bistrot avec des potes de première ou terminale.

Au départ j’ai trouvé cela dégueulasse, comme la cigarette, mais j’ai persisté pour être une grande personne (comme pour la cigarette, moralité, je me débats comme une malade contre ce truc immonde (la cigarette)).

Donc j’ai pris goût au café. Jusqu’au jour où je me suis retrouvée secrétaire médicale à l’hôpital de Rambouillet au service radiologie.

Ne me demandez pas pourquoi après un avis favorable du chef de service je n’y suis pas restée… Je le regrette encore amèrement. Mais à l’époque, dans le privé, une secrétaire était grassement payée, alors que dans le public ce n’était pas ça… Personne ne pourrait prévoir que le secrétariat serait un jour un métier moribond…

Tout le monde carburait au café bien noir au service radio, dont la cafetière devait être détartrée un jour sur deux, donc il y en avait une de secours. Inutile de vous décrire ce qui régnait comme bruit dans le service, en dehors du “ne respirez plus… Respirez !” : celui d’une cafetière ou l’autre, ou les deux, turbinant plein pot de 8 H à 20 H.

Le service jouxtait à l’époque celui des urgences, où c’était pire : trois cafetières (le truc machin à expresso rapide n’existant pas à l’époque)..

Moi je carburais au café noir de même que tout le monde. J’y avais pris goût. Et je regrette amèrement que la cigarette n’ait jamais eu sur moi l’effet que m’a fait un jour le café.

  • 17 H : j’en suis à mon 15ème espresso fait maison et tout à coup je me sens mal.
  • Je transpire et j’ai froid partout. Je comprends enfin ce que signifie l’expression : “avoir des sueurs froides”.
  • Mon coeur bat la chamade entre les chevilles et les épaules.
  • Je vais mourir.
  • Un de mes collègues s’inquiète tout de même devant ma pâleur (cadavérique parait-il) et appelle un interne des urgences qui arrive vite fait, vu la proximité.
  • Il regarde mon rythme cardiaque très accéléré, mais sans anomalie, prend ma tension qui lui semble normale (j’avais 20 ans), et finit par conclure  sans frémir, son expresso à la main :  “c’est l’abus de café”, avant de me faire une intraveineuse de Valium qui a fait tout rentrer dans l’ordre dans les 10 minutes.
  • On m’a renvoyée chez moi en me priant de me coucher (je venais en mobylette) avant de faire une bonne nuit accordée par l’intraveineuse de Valium. (Ce que j’ai fait, et était-il bien raisonnable de me laisser repartir à ce point shootée ?)

De ce jour là, j’ai pris le café en grippe et totalement, l’associant avec un malaise proche de la mort (pour moi). L’odeur m’insupporte, le parfum aussi, même dans une crème, une glace. Un soupçon de café dans un litre d’eau me fait recracher l’eau (testé par mes collègues ingénieurs de chez Truchon qui m’avaient collé 10 gouttes de café dans mon litre de flotte).

C’est resté. Sauf que quand je recevais, j’avais à coeur de faire du café pour ceux qui aimaient cela.

Albert était mauvais juge. Pour son café du matin, il se touillait du soluble dans un bol en contemplant Waterloo morne plaine, comme mon père, et n’était pas du tout adepte à autre chose que son Nes du matin (sauf chez ses parents chez lesquels il devenait également fan de foot, mais c’est une autre histoire).

N’empêche que j’avais une cafetière et du café moulu chez moi.

A l’époque j’espérais devenir parfaite. Depuis, vous l’avez certainement compris, j’ai renoncé à la perfection.

Donc un soir. C’était pendant l’horreur d’une profonde nuit… Nous recevions le parrain de ma méchante belle-soeur et sa femme. Pourquoi je n’en sais plus rien, sauf que nous avions vraiment sympathisé.

Albert m’avait prévenue en démoulant les glaçons pour l’apéritif : “ils sont café à mort”.

J’avais donc sorti l’artillerie lourde : la cafetière et le café moulu. Qui n’avaient jamais servi, car à l’époque nos fréquentations même familiales n’en prenaient jamais le soir, alors que nous recevions quasi totalement le samedi soir.

Je suis partie faire le café, l’air de rien, à la fin du repas, Albert héroïque s’étant déclaré partant pour une petit noir lui aussi, pour se donner un genre (là encore c’est une autre histoire…)

Une fois le café passé, j’ai regardé au travers du réceptacle : on voyait au travers.

Je ne sais pas qui m’avait dit qu’un bon café coulé ne doit pas laisser passer la lumière, et donc, persuadée pouvoir être jugée sur mon café, j’en ai remis un à couler.

En réalité, j’ai remis du café moulu dans un nouveau filtre, et j’ai passé le café fait dedans en me servant d’une verseuse pour ne pas vexer la cafetière. Ce fut long et périlleux parce que je savais aussi qu’il ne fallait jamais faire bouillir le café, et que je le réchauffais petit à petit sur ma cuisinière..

Le résultat était au delà de mes espérances : on ne voyait rien à travers. J’avais ré-inventé sans le savoir l’encre de chine, même si les ingrédients différaient…

Victorieuse, je suis revenue avec mes grandes tasses, le sucre, et le café qu’on ne voyait pas au travers.

Mes hôtes ont été parfaits.

  • Ils se sont servis, comme Albert qui lui, sentait le traquenard involontaire.
  • Ils ont commencé à goûter le café. A petite dose.
  • A chaque dose j’avais droit à un “il est costaud“, et j’étais très fière de moi : je savais faire du café.
  • “Il est costaud” a duré tout le long de la cafetière…
  • Ils l’ont terminée sans moufter plus que ça. Les pauvres, j’avais fait LARGE !
  • Albert qui n’avait bu qu’une tasse pour ne pas me flanquer la honte, a passé le reste de la nuit à faire des mots fléchés.
  • Tellement énervé qu’il avait percé le papier de mon hebdomadaire…

J’ai su longtemps après par les grand-parents d’Albert qui eux m’adoraient que mes invités de ce soir là leur avait déclaré :

  • Elle est charmante, elle cuisine divinement, mais la prochaine fois (ils l’envisageaient tout de même), on lui dira que le café nous est interdit. Parce qu’on n’a pas dormi de la nuit et que nous étions agités par un tremblement nerveux du plus mauvais effet.
  • A tel point que le matin, nous avons négligé le café pour nous faire un lait miel/tilleul ou c’était la mort assurée.

Après ce soir mémorable, j’ai laissé la cafetière aux mains de celui ou celle qui voulait bien la prendre. Le café, ce n’est pas mon truc…

Je voulais bien avoir tout ce qu’il faut pour faire plaisir mais à ceux à qui le plaisir appartenait de faire ce boulot là !

J’ai découvert rapidement que les amateurs de café étaient toujours totalement volontaires pour le faire à ma place, quand nous avons commencé à recevoir le dimanche midi… Albert, ce traitre, avait raconté l’histoire de mon café “qu’on ne voyait pas au travers”.

Ma seule excuse est que je gardais tout de même le souvenir de la couleur du café servi au service radiologie…

Et encore je n’avais pas suivi la recette des cuistots des westerns, donnée dans un Lucky Luke : “mettre à bouillir 2 litres d’eau avec 1 kg de café moulu pendant 2 heures. Au bout de 2 heures jeter un fer à cheval : si le fer à cheval ne flotte pas, on rajoute du café”.

Car la vie n’est qu’un long calvaire.

Posté le 7 juillet '13 par , dans Dans la série Diabolique. 7 Commentaires.