La vieille bique du dernier étage… (1)

Les filles dans l-arbreQuand j’ai emménagé dans mon appartement en 1995, avec mes deux filles superbement réussies (voir la photo prise par MOA au cours d’un été où elles ont passé leur temps dans un tilleul…), j’arrivais sans le savoir dans une résidence pour personnes âgées…

La résidence datant de 1965 était encore et toujours occupée par les habitants d’origine qui avaient été de jeunes couples avec enfants, et qui étaient tous à la retraite et même grands-parents…

Dans mon escalier : pas un jeune à l’horizon, dans celui d’en face-dans-le-hall non plus. Dans l’autre bâtiment aucun problème : ce sont des studios ou deux pièces loués par leurs propriétaire, donc cela tournait (et tourne toujours) beaucoup, généralement avec des personnes seules, ou de jeunes couples sans enfants.

Mais moi en arrivant au B6, j’ai été regardée d’un sale oeil, d’autant que mes trésors adorés s’étaient bien engueulées en se montrant bien, tout en regardant le déménageur faire monter les meubles par le balcon, donc tout le monde était au parfum de l’abominafreuse nouvelle : la jeune femme (j’avais 37 ans, et oui, comme le temps passe (soupir), qui arrive chez nous, est pourvue de deux adolescentes, mon Dieu mais qu’elle horrification…

Les filles étaient bien élevées et, rompues aux usages du village de mes parents où elles venaient de passer 4 ans, disaient poliment bonjour à tout le monde, et se proposaient même pour aider une « vieille » dame ou une autre, à porter ses courses du jour jusqu’à son ascenseur. Cela mit un peu de baume au coeur de mes voisins, qui au bout de 2 mois me déclarèrent tous que « AU MOINS vos filles sont très bien élevées« .

Le « AU MOINS » étant le noeud gordien de l’affaire.

Il n’empêche que j’étais arrivée dans mon appartement, comme mère seule avec ses deux filles et le bruit qui va avec. Remettez vous dans le contexte de l’époque : 1995, ou il n’y avait pas de portable, juste une ligne fixe pour 1 mère et ses deux filles. D’où les bruits divers :

  • Les filles ça gueule, je l’ai dit et répété à meilleure amie qui avec ses 3 fils et juste une fille qui ne l’ouvrait jamais (forcément, ses frères étaient en surnombre) me serinait que « les garçons ça fait du bruit ».
  • Ca gueule même très fort quand la mère est au boulot et que c’est mercredi après midi, qu’il fait beau et chaud (célèbre contrepèterie belge) et les fenêtres ouvertes.
  • Ca gueule sans se demander si par hasard les voisins ne font pas la sieste.
  • Donc la sieste des voisins est foutue, quand Pulchérie met la « chaîne des filles » en marche à fond avec Mickaël Jackson, pendant que Delphine essaye de couvrir le bruit de « la chaîne des filles » avec la mienne sur laquelle elle a décidé de passer Mozart à fond également.
  • Les vitres en tremblent autant que les voisins.
  • D’autant que l’une et l’autre n’arrêtent pas d’aller demander à l’autre en hurlant si elle va continuer longtemps comme ça à la faire chier avec sa musique de merde. En claquant bien la porte après avoir posé la question sans écouter la réponse, parce que la réponse est « oui je vais continuer longtemps comme ça, et gnagnagna »
  • J’étais en effet contre le truc machin avec écouteurs pour écouter de la musique en se ruinant l’oreille interne, et je le suis toujours (ah mais !). Mes filles me remercieront un jour (mais quand ?)
  • Donc les voisins appréciaient très moyen MJ et détestaient finalement Mozart, Delphine ayant une prédilection pour la messe de requiem qui n’est pas très gaie et leur donnait l’impression d’assister à leur propre service funèbre.
  • Puis ils écoutaient les disputes multiples en se demandant si un jour une des deux soeurs allait passer par la fenêtre (la terreur de la voisine du dessous, la femme du vieux con-et-sourd-en-plus).

Comme les filles se disputent souvent, cela fait donc du bruit.

  • Avec claquements de portes. Très important les claquements de portes
  • De préférence celle de la chambre + celle qui donne du couloir desservant leur chambre + salle de bain + WC au reste de l’appartement.
  • Ou grands coups dans la porte de la salle de bain fermée par l’une ou l’autre soeur, alors que l’autre veut désespérément y entrer pour se laver AUSSI (en vidant la réserve de l’immeuble pour un bain bien chaud)
  • La mère (moi) quand elle est présente, qui hurle : les voisins putain ! Arrêtez de claquer cette porte crier, hurler, vitupérer ! Delphine Pulchérie, arrête de taper dans la porte de la salle de bain. Et puis baissez un peu votre chaîne, je ne m’entends plus respirer !
  • Puis la mère (toujours moi) : tu ouvres cette porte de salle de bain immédiatement, je vous ai déjà 100 fois répété de ne jamais vous enfermer où que ce soit ! (ceci dit avec délicatesse et à voix basse, vous l’avez deviné, fins comme vous l’êtes…)
  • La mère qui crie plusieurs fois « à table !« 
  • J’ai dit « à taaaaable« 
  • Les filles… !!!!!

Et il n’y avait pas que cela, comme bruit…

Car la vie n’est qu’un long calvaire… (dans ces cas là, surtout pour les autres…)

10 réponses sur “La vieille bique du dernier étage… (1)”

  1. Hihi ! En lisant le titre, j’ai failli dire « c’est toi la vieille bique ! »
    Ouh la vilaine, tu as le droit de me virer de ton blog !

    À part ça, je compatis, j’ai deux filles !
    Elles avaient MSN et téléphone portable pour s’isoler du monde, mais la musique à fond et la mère qui hurle « à taaable » je connais !
    Côté voisinage pourtant (comme toi je suis arrivée dans un quartier de mamies) les mamies étaient sourdes et ne tarissaient pas de compliments sur mes filles si bien élevées (dans la rue bien sûr), bonjour madame etc…

  2. Dieu soit loué la vieille bique du premier (je suis la jeune bique du deuxième et dernier, et il n’y a pas d’autre vieille bique dans l’immeuble, nous ne sommes que deux appartements) n’a qu’un chien a priori non aboyeur (disons que je l’entends pas) et une fille de vingt ans a priori non aboyeuse (ou pourvue d’une sourdine). A moins que ça ne soit mon ouïe qui baisse.
    Maintenant, il paraît qu’elle se dote parfois de compagnons de lit un tantinet… agressifs. Ou bruyants. Ou effrayants. La vie n’est qu’un long calvaire, dixit une sorcière de ma connaissance…

  3. la « vieille bique du dernier étage » c’est vous ? à 57 ans pas encore ! (oui, j’ai compté hi!hi!), j’en ai 10 de plus et je me sens JEUNE !
    ou alors y -a-t-il une autre « vieille bique » qui vous a couché sur son testament parce que vos filles étaient bien élevées ?
    ce serait drôle !
    J’ai 2 filles aussi mais cela c’est plutôt bien passé entre elles et cela continue mais c’était plutôt moi et ma soeur que je poursuivais avec la poële à frire autour de la table de la salle à manger car elle m' »embétait » (12 et 7 ans !!). c’était il y a 55 ans ….. Heureusement, c’était notre grand père qui était à l’étage du dessous et il ne disait rien !
    J’aime beaucoup vos articles même si je ne mets pas souvent de commentaires (je viens régulièrement) et merci à vos copines « comment » qui sont aussi drôles que vous : j’ai souvent le rire qui fuse ! et ça fait du bien car la vie n’est qu’un…………etc.

  4. Quand nous sommes arrivés dans l’immeuble avec nos jeunes enfants, c’est les voisins qui nous emm……. : celle du dessous plus de 80 balais, mettant sa télé 15 H par jour à fond (mais charmante au demeurant), nous hurlant dans l’oreille  » pardon pour la télé mais je suis UN PEU dure d’oreille, SURTOUT dites moi si ça vous gêne » .
    La mélomane du d’sus (côté salon) 65 ans et des brouettes, massacrant Mozart au piano 7/7 et faisant des réunions « chorale » ( 18 personnes braillant chez elle 2 fois par semaine à PARTIR de 20h30), chorales suivies systématiquement d’un buffet « festif » .
    Les ceusses d’à côté ( y sont morts depuis Dieu ait leurs âmes) qui s’engueulaient beaucoup, très fort ET tous les jours à n’importe quelle heure fenêtres grandes ouvertes ( « nous on est de la campagne et on aime pô avoir chaud »)
    Le p’tit étudiant ( juste au dessus de la chambre des enfants) qui changeait régulièrement de copines, lesquelles étaient plus  » bruyantes » les unes que les autres….( « NON pas comme ça…. ça fait mal…. Ouiiiiiiiiiiiiiii encore ……etc…… ») ce qui faisait peur à mes filles et (accessoirement) les empêchaient de dormir.
    Je suis d’accord: la vie en collectivité est un long calvaire…..:)

  5. Louisianne : je n’habite pas au dernier étage, donc cela ne pouvait pas être moi 🙂
    Un jour je serai peut-être la vieille bique du 2ème…
    AU MOINS nous avons eu la CHANCE extrême d’avoir eu des filles bien élevées, ce qui a contrebalancé les cris et autres vacarmes…

  6. Danièle : je ne suis pas au dernier étage, et je n’ai encore que 55 ans, donc je ne me qualifierais pas de « vieille bique »…
    Merci pour le commentaire remonte-moral (ainsi qu’aux autres d’ailleurs) : en ce moment, j’en ai vraiment besoin…

  7. Cathy : tu m’as bien fait rire. Preuve est faite qu’il n’y a pas que les jeunes pour faire du bruit…
    Je crois que j’ai parlé déjà ici de mon voisin du dessous qui était sourd comme un pot, mettait sa TV à fond et s’endormait devant…
    Dieu ait son âme (le pauvre) et je n’y suis strictement pour rien, ce qui prouve que je ne suis pas une tueuse dans l’âme 🙂

  8. Je l’ai échappé belle… j’ai eu un garçon (plus calme que lui tu meurs…) et une chipie, mais faute d’adversaire je n’ai pas souvenir de tellement de hurlements…
    Il y a eu des disputes bien sûr, surtout quand elle s’obstinait à vouloir jouer avec son frère qui n’avait envie que de lire, mais elles ne m’ont pas laissé un souvenir impérissable.
    Et j’avais la chance de vivre dans une maison ancienne avec de très hauts plafonds où on n’était pas vraiment gênés par les voisins, sauf par le bricoleur du dimanche… Et même les exercices de violon de mon fils n’ont pas gêné : j’avais heureusement une voisine qui aimait la musique et qui en le croisant lui avait dit que « c’était très agréable »… effectivement, contrairement au crincrin auquel on s’attend avec un apprenti (et que je craignais quand il a choisi cet instrument), il avait une jolie sonorité… mais il est passé depuis à la guitare.

  9. Gisèle : tu as eu de la chance avec tes enfants. Je garde d’autres souvenirs impérissables : ceux de mes disputes avec mes frères et soeurs, sauf la dernière (11 ans d’écart avec moi) et de nos joeux de billes sur le carrelage, au dernier étage… Mes parents ont eu de la chance, jamais aucun voisin d’a fait de remarques ! D’un autre côté c’était encore le temps des familles nombreuses, et aucun appartement n’était silencieux !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *