Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

Archive pour mai, 2014

Les grands secrets qui vous foutent dans la merde…

secret-copierCette phrase redoutable, lue dans l’illustration, vient souvent clore une intéressante conversation au cours de laquelle, un Quidam vient de vous confier :

  • Son intention de divorcer pour refaire sa vie avec un danseur du Bolchoï (un homme, sinon ce n’est pas drôle)
  • Qu’il est atteint d’un cancer du bras gauche
  • Qu’il a le SIDA
  • Qu’il a vidé le compte joint pour jouer aux courses, 150 000 euros tout de même…
  • Qu’il ne se lave les pieds qu’une fois par mois
  • Qu’il est bien le meurtrier de son conjoint dont le corps est dissimulé dans le puits de tante Hortense (noter de ne plus boire de l’eau quand on va chez tante Hortense qui radine avec la compagnie des eaux)
  • Et gnagnagna…
  • ET J’EN PASSE ET DES MEILLEURES !!!!

Généralement le Quidam est un proche, très proche, plus que proche et le “personne” englobe toute la famille, cousins issus de germain des germains compris. Si l’on évoquait encore de nos jours nos ascendances burgondes, ou autres,via les invasions barbares, tout le cousinage barbare serait bien évidemment concerné, ce qui fait du peuple il faut bien se l’avouer un jour ou l’autre (comptez vos ancêtres).

Quand le Quidam est un(e) ami(e) vrai(e), c’est plus facile à gérer, vu que généralement le “personne” englobe SA famille et SES ami(e)s, et que l’on peut tout de même se décharger un peu chez un proche à nous (qui nous remercie au passage, sauf s’il ne connaît pas personnellement le Quidam, et donc s’en bat les oreilles sans problème).

Et sinon, vous vous retrouvez comme un con (le Quidam se sent mieux de s’être confié), avec un secret à garder pour vous et qui vous empêche de dormir la nuit dans certains cas. Le Quidam dort lui, désormais très bien, puisqu’il vous a remis son paquet fort lourd, à porter…

Je sais de quoi je parle, j’ai largement donné.

Je ne parle pas bien sûr, des secrets que l’on peut parfaitement garder en dormant la nuit :

  • J’ai un amant
  • J’suis amoureuse de truc
  • J’ai une touche pour un autre job mais il ne faut pas que Truchon le sache
  • Etc…

Je parle des choses vraiment graves.

Sans avoir bénéficié d’une question préalable importante “j’ai un secret à te confier, il ne faudra le répéter à personne, est-ce que je peux me lancer avec toi ?”

Là vous avez toujours l’option de répondre “non” au risque de passer pour une mère, fille, soeur, belle-soeur, cousine, amie, indigne (ne rien rayer, liste plutôt non exhaustive).

Dur.

Très dur.

Très très dur, surtout quand c’est grave, et généralement ça l’est.

Parce que bien évidemment, la question normale et fatale : “puis-je te confier un secret qu’il te faudra garder” ? N’est JAMAIS prononcée. C’est toujours après la révélation qu’il vous est intimé de la garder pour vous, peut-être jusqu’au jugement dernier…

Ce n’est évidemment pas Martine, la conne de comptable, qui vient vous raconter qu’elle trompe son mari et qu’il ne faut le répéter à personne. Martine vous vous en tapez et vous serez de confiance.

Ou pas… Surtout si le “personne” c’est “tout le monde dans la boîte” et que tout le monde se fiche de Martine comme de sa première chaussette (qui a le mérite, elle, de nous avoir réchauffé les pieds il y a longtemps)…

Ca rime à quoi ces secrets ? C’est la mode dans certaines familles. Celle d’Albert était gratinée. Cela allait du truc grave (la grand-mère furoncle est dans un état grave, mais il ne faut le répéter à personne), (la grand-mère furoncle est morte mais il ne faut pas le dire aux filles… (!) (je me suis gênée tiens…)) au truc anodin dont on ne comprend pas le pourquoi du comment : pourquoi ne faut-il pas dire à la cousine Berthe que l’on a mangé du poulet le dernier dimanche ? La cousine Berthe risque-t-elle de déclarer une guerre intra-familiale que les invasions barbares à côté c’était de la petite bière, parce qu’à elle on ne fait jamais de poulet ?

Ou bien, on lui a piqué un poulet dans sa basse cour, et il ne faudrait pas qu’elle puisse penser que c’est justement celui-là que l’on a mangé ?

Le mystère peut rester entier jusqu’à la fin des temps…

La pire histoire que j’ai connue a été celle d’une pauvre femme, pourtant forte de caractère et tout et tout (malgré son âge (80 ans), parce que l’âge ne vous rend pas forcément sénile et incapable d’affronter la vie), à qui l’on avait caché “pour l’épargner” que l’un de ses fils était gravement malade puis, carrément mourant.

Elle a donc vu débarquer un beau mardi, ses 3 enfants survivants venant lui déclarer que le 4ème était enterré le lendemain. Pour l’épargner, c’était vraiment réussi !!!

Bref, les secrets, personnellement moi je, vu mon âge, j’en ai un peu soupé.

Tout le monde est prévenu, je ne suis plus une tombe, qu’on se le dise. Il est inutile désormais de me raconter n’importe quoi, en me précisant :

  • Tu ne le diras pas aux parents (comme s’ils étaient débiles et séniles, et incapables d’affronter certaines vérité, c’est limite la pire injure à leur faire)
  • Tu ne le diras pas à tes filles (32et 29 ans, c’est vrai qu’elles sont trop jeunes…)
  • Tu ne le diras pas à machine (qui m’appelle toutes les semaines et se pose des questions, cela rend la situation encore plus inconfortable)
  • Tu peux le dire à untel, unetelle, sauterelle et Isabelle, mais à personne d’autre. Poil à la maquerelle !

Avec meilleure amie nous en avons longuement discuté. Sa soeur et elle ont brisé l’omerta qui régnait dans leur famille depuis plusieurs décennies, et elles ne s’en portent pas plus mal et la famille non plus. L’avantage est que leurs enfants ne soupçonnent jamais leurs mères de leur cacher quelque chose : ils savent que TOUT sera toujours dit, et n’ont pas à soupçonner un complot dans leur dos…

Désormais je vais faire pareil. Tout en faisant une exception pour mes filles, mais c’est normal n’est-ce pas, ce sont mes filles… Non pas que je vais leur dissimuler quoi que ce soit, mais elles pourront toujours se confier à moi… Et puis pour mes amis, c’est pareil : si secret il y a, je pourrais le garder, sans sentir toute ma famille concernée et totalement ignorante.

On dit tout, ou on ne dit rien. Après c’est le choix de chacun…

Et psy chérie a toujours été formelle : un secret, on demande si l’on peut vous le confier AVANT. C’est la moindre des choses.

Pas pour rien que beaucoup d’hommes d’état avaient des SECRETaires.

Ils pouvaient se décharger sur eux…

Sauf qu’eux, ils étaient payés (et grassement), pour ça… (et pas moi)

Poil au bras…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Je m’énerve un peu sur cette réédition un peu rectifiée, parce que je viens d’apprendre une mauvaise nouvelle dont Delphine connaissait l’origine qu’elle ruminait depuis 6 ans. Avec gendre n° 2, ce qui fait qu’elle pouvait en parler tout de même.

Moi les “tu ne le répèteras à personne”,  je les rumine toute seule, ce qui n’arrange pas mon état mental un rien perturbé depuis pas mal de temps (dormir 1 an serait ma vraie solution).

Ras le bol. Pourtant, depuis quelques mois je garde tout de même certains secrets qui ne demandent qu’un sérum de vérité pour sortir…

Parce que quand je dis RAS LE BOL,  c’est que vraiment, j’ai le dessus du crâne qui ne demande qu’à sauter, et  les secrets avec…

Merci à la famille !  (JE SAIS que certains vont me dire qu’ils préfèreraient en avoir une, mais là, je ne suis pas très dispo pour garder des secrets, ET faire psy de comptoir).

Posté le 25 mai '14 par , dans Coup de gueule, Dans la série Diabolique. 10 Commentaires.

La voisine folle dingo (encore une histoire de voisins)…

femme-horrifiee-2Quand j’ai emménagé dans mon appartement en 1995 (comme le temps passe), j’étais la petite nouvelle, en ce qui concerne ma cage d’escalier et celle d’en face.

Tous les autres occupaient les lieux depuis l’origine de la résidence : 1964, donc des jeunes couples devenus retraités, ou des veuves…

Venait juste d’arriver ma voisine de pallier, puis m’ont suivi le vieux con d’en dessous et sa femme, et en face d’eux, une femme qui n’est restée que 5 ans.

Il me faut vous préciser que ma vendeuse, pour payer son impôt sur la fortune cette année là (là là), avait été obligée de vendre 4 appartements, ne lui restait plus, la pauvre, outre la quasi totalité des appartements de l’autre escalier et une partie de ceux de l’immeuble d’en face, que sa grande propriété, soit un hameau voisin (la maison de maître, deux fermes et 300 hectares allant avec les fermes).

Je l’ai déjà raconté, arrivant avec deux adolescentes, j’ai été assez mal vue dans cette résidence pour personnes âgées, et puis le temps a passé. Maintenant il y a plein de jeunes qui mettent la révolution pendant l’AG annuelle.

Ne restent de l’ancienne génération que la voisine d’en face dernier étage et ses voisins d’en dessous. Désormais pour les jeunes je fais partie des vieux, arrivant en troisième position dans l’ordre d’arrivée.

Les voisins du 3ème étaient très mal vus des autres, 6 mois par an (vu qu’ils en passent 6 à Nice où il ont un superbe appartement) et j’ai compris rapidement pourquoi, le troisième jour où je me suis pointée chez moi pour vider des cartons alors que papa me posait mon papier peint (je m’étais occupée de la peinture de la cuisine avec Pulchérie).

Une odeur atroce d’alcool à brûler régnait dans tout l’escalier. J’ai donc appris qu’elle passait tout son appartement + les rampes de l’escalier (5 étages) + l’ascenseur à l’alcool à brûler, 3 fois par semaine.

C’est un jour en regardant une émission sur la secte du temple solaire que j’ai eu un déclic, ainsi que plusieurs autres voisins (puisque tout passer à l’alcool à brûler 3 fois par semaine fait partie du “contrat”) mais elle avait cessé de le faire.

Car nous, les nouveaux arrivants, étions peu disposés à nous laisser empuantir de la sorte, et que rapidement il a été question de porter plainte. Puis quelqu’un l’a portée cette plainte, le flics se sont déplacés à la bonne heure pour la trouver en train d’opérer à 6 H 30. Je précise que l’odeur était tellement tenace qu’elle s’insinuait dans TOUS les appartements;

Quant à ma voisine d’en face, elle n’en pouvait plus de l’autre commençant à passer l’aspirateur à 6 H du matin. Leur voisine du dessus ne leur disant plus bonjour depuis longtemps avait cessé de leur faire des réflexions, et jubilait de nous voir nous révolter contre le diktat de l’alcool à brûler…

Le temps a donc passé, et plus d’alcool à brûler, les flics ayant dû être fermes. Elle a toujours le regard illuminé de ceux qui voient la vierge chaque jour dans le micro ondes, ne répond jamais aux saluts. Son mari serait plutôt charmant lui, et de plus très américain-dans-les-films avec sa femme. Quand ils partent faire des courses ou autres, elle attend au pied des marches, son mari arrive avec la voiture (garée dans un garage), descend, lui ouvre la portière passager, attend qu’elle s’installe et referme la porte lui-même… Idem pour le retour : elle ne sait pas ouvrir une portière.

Ils m’amusent toujours, mais avant-hier soir, là, j’ai carrément pété un câble.

Mon ordinateur est dans l’entrée à l’endroit qui va bien, et j’entendis tout à coup comme un frottement suspect qui se prolongeait. Comme quelqu’un qui essaye de se déplacer silencieusement, pose l’oreille à votre porte, etc…

Je ne fais pas dans la parano, mais mes nouveaux voisins d’en dessous ont une fâcheuse tendance à ouvrir via leur interphone, à un peu n’importe qui, et deux fois nous avons eu droit à deux types louches auxquels nous avons claqué la porte au nez…

J’ouvre donc ma porte, et j’ai manqué tomber par terre de saisissement.

Cette femme, toujours très élégante et chignonbananée à mort, se promène chez elle exclusivement en robe de chambre courte. Je le sais, ayant plusieurs fois eu l’occasion d’aller sonner chez ces voisins pour une alerte quelconque.

Quand j’ouvre ma porte, j’ai l’escalier qui part direct de la gauche, et remonte donc, normal, vers l’étage supérieur.

Et là que vois-je ?

Dans l’escalier, à genoux, en train de passer la serpillère ?

Madame Langlais, enfin plus exactement son cul…

Enfin c’est ce qui m’est sauté aux yeux comme un coup de pied aux fesses.

Car la voisine, en robe de chambre et donc, sans rien en dessous, avait décidé de passer la serpillère dans l’escalier, malgré les objurgations de son mari que j’entendais “enfin ma chérie la femme de ménage passe demain, et nous ne prenons jamais l’escalier”.

Il ne pouvait pas me voir, et j’étais tétanisée par une vision d’horreur. Heureusement que ce n’était pas lui qui passait la serpillère dans cette tenue, car le spectacle aurait été grandiose !

Absorbée par son travail, elle ne m’avait même pas entendu ouvrir la porte, et j’ai attendu quelques minutes, admirant le spectacle qui ne s’arrangeait pas au fur et à mesure qu’elle descendait et que sa robe de chambre lui remontait dans le dos. J’attendais de voir si mes voisins de pallier allaient arriver. Là, Blaise, aurait eu de bonnes raisons de pleurer…

Puis j’ai refermé ma porte, sans discrétion, en pleurant moi, de rire…

Pas pour rien que celle du dernier la surnomme la folle dingo.

Je ne sais pas si elle est allée jusqu’à faire le hall. Si oui, certains rentrant chez eux, auront eu droit à un spectacle inhabituel, et si c’est le cas, je ne vais pas tarder à le savoir…

Bree Van de Kamp, le cul à l’air, en train de faire le travail de la femme de ménage…

Fort heureusement, on ne voit pas cela tous les jours…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 22 mai '14 par , dans Dans la série Diabolique. 12 Commentaires.

Celle là, c’est la meilleure…

6222-000049En achetant mon appartement j’avais le choix entre : un garage fermé (à l’autre bout de la résidence), ou une place sous mes fenêtres, vu que l’appartement était vendu avec les deux. J’ai opté pour la place (je le regrette l’hiver quand je dois gratter mon pare-brise)  qui coûtait moins. Car figurez-vous que ces places réservées, nous les achetons, nous payons même taxe foncière et taxe d’habitation (un comble) pour.

Les places sont numérotées, il est précisé à l’entrée que les places non numérotées sont des places visiteurs. On ne peut être plus clair.

Aux débuts, les filles se sont beaucoup amusées. En effet, peu de personnes prenaient la peine de prévenir leurs visiteurs du problème des places numérotées, et je retrouvais régulièrement la mienne occupée par des voitures squatters. Généralement quand je revenais de courses avec le coffre plein. Cela met de bonne humeur, surtout une personne comme moi qui s’agace de peu de choses.

Quand les filles étaient rentrées avant moi, elles me guettaient en commentant “Mouth (c’est moi) va piquer une crise”. Ce n’était pas grave vu que du coup elles étaient fin prêtes à descendre m’aider à vider le coffre…

J’ai donc pris l’habitude dès le départ, de klaxonner jusqu’à ce que quelqu’un vienne déplacer sa voiture. Généralement les personnes ne s’excusent pas, elles ont en plus un air outragé qui en dit long. M’en fous, pour peu qu’elles dégagent.

Ma réputation a été assez vite faite, et il est devenue très rare que l’on me prenne ma place. J’ai même fait école : les autres occupants d’une place numérotée au lieu d’aller se garer en visiteur à 200 mètres en maugréant, se sont mis à faire comme moi. Les rares copropriétaires qui ne prenaient pas la peine de prévenir leurs visiteurs, ont été rapidement mis à l’index et ont fini par prévenir leurs visiteurs… Vous avouerez que c’est la moindre des choses !

Revenant du muguet, (comme chaque année, c’est sacré) voici ma place prise. Rien ne me fait tourner le sang plus vite donc je klaxonne. D’autant que deux places visiteurs sont libres. Je ne dis rien que quand la voiture porte un caducée, mais c’est rare (infirmières, kinés, et médecins trouvent toujours à se garer où il le faut !)

Je klaxonne, je klaxonne, je klaxonne. Je suis têtue, que l’on ne compte pas que j’aille me garer ailleurs que chez moi. Un jour j’ai même sonné chez tout le monde, jusqu’à ce que le coupable se dénonce. Tout le monde regarde par la fenêtre et je ne sais qui, a dû dire à son visiteur d’aller dégager sa voiture vite fait, vu que j’ai empêché l’immeuble de sauter, tout de même (vieille histoire qu’il faudra que je réédite un jour), et que de toute évidence, je ne bougerai pas de là sans avoir récupéré MA place.

Je vois donc arriver un monsieur à l’air pas content. Il s’approche de moi l’air mauvais (même pas peur) en jouant avec ses clefs de voiture.

  • C’est quoi le problème ? (il essaye de m’intimider ce naïf)
  • Vous êtes garé à ma place monsieur, et je vous prie de bien vouloir me la rendre
  • Votre place, votre place… Vous… avez le sens de la propriété hypertrophié non ? (les bras m’en tombent)
  • Pour les voitures on peut faire échange ? Je préfère la vôtre à la mienne, et puisqu’elle est chez moi…  (elle est flambant neuve)
  • Vous voulez garder votre voiture ? Prendre la mienne ? Voici mes clefs, donnez-moi les vôtres…
  • … (air stupéfait)
  • Vous avez le sens de la propriété sacrément hypertrophié dites moi ! Sinon, je vois que vous êtes immatriculé en Côtes d’Armor. J’aimerais avoir votre adresse : si j’ai l’occasion de m’y rendre, je viendrais me garer chez vous avec plaisir…

Il a dégagé. Pour aller se mettre sur une autre place numérotée. Pas de bol pour lui, le propriétaire de la dite place, rentrant du boulot avait aussi le sens de la propriété hypertrophié… Et mauvais caractère figurez-vous, car comme l’autre ne daignait pas se montrer, il lui a dégonflé un pneu…

Ceci après avoir juste klaxonné deux fois, car la patience n’est visiblement pas son fort…

Puis une heure après, il est redescendu poser un autocollant plastifié (par lui) format 21 X 29,7, juste devant la tronche du conducteur, sur le pare-brise (où donc, d’ailleurs ?)…

C’est un voisin qui est charmant d’ordinaire, mais a mauvais caractère et je regrette fort, quand j’avais la main mise chez Truchon, sur la plastifieuse, de ne pas avoir eu cette merveilleuse idée de me préparer une trentaine d’autocollants “vous êtes sur une place réservée, le parking visiteur n’est pas fait que pour des cons” (authentique).

J’ai guetté, sadique, le propriétaire de la voiture,  mais il a dû repartir trop tard. Dommage.  Le voir ôter le truc ultra collant en grattant bien après coup + mettre sa galette de secours (maintenant les roues de secours n’existent plus), m’aurait certainement réjouie…

On n’a pas idée non plus, d’avoir le sens de la propriété hypertrophié ET plastifié ! (+ autocollant).

Un jour, je le sens, il y aura une bataille rangée sur ce parking. Car ce n’est pas la première fois qu’il y a des drames rapport à “c’est MA place”, “m’en fous”, etc…

Il y a des jours comme ça, où un rien m’amuse.

Car la vie n’est pas toujours un long calvaire…

Posté le 18 mai '14 par , dans Histoire de sorcière. 16 Commentaires.

La Brinvilliers !!!

La Brinvilliers“Ainsi c’est fait, la Brinvilliers est en l’air”…

Ainsi débute la lettre de Madame de Sévigné à sa fille, le 17 juillet 1676.

J’ai toujours adoré cette adorable marquise, son style, et je signale à ceux qui ne connaissent de la saga des “Angélique marquise des anges” que les sombres daubes de films qui ont été faits, que dans les livres fort exquis, la marquise est une amie de l’héroïne (il faudra que je revienne sur Angélique d’ailleurs, il y a un moment que je veux écrire à son sujet).

J’avais il y a deux ou trois semaines, demandé à Mrs Bibelot où elle avait bien pu mettre son livre sur les lettres choisies de Madame de Sévigné car j’avais bien envie de les relire, pour m’entendre répondre qu’elle  n’avait jamais eu ce livre là, et que j’avais dû  l’emprunter à une bibliothèque quelconque. Je suis bouquinovore, j’ai près de 2000 livres chez moi, chez mes parents il y en a au moins le triple, mais bon, j’ai été obligée à une époque de m’inscrire dans une bibliothèque (c’était cela, ou m’acheter une grande maison…).

Je pense que beaucoup d’ados me prendraient pour une folle à aimer lire la marquise de Sévigné. A une époque, on en a brûlé pour moins que cela…

Delphine a beaucoup de dons me concernant, à tel point que nous pensons parfois avoir une relation télépathique :

  • Si j’ai un coup de mou dans le genou, c’est pile poil le moment où elle appelle pour finalement me remonter le moral
  • Si je suis à poil car je sors de mon bain (ceci à heures non régulières), c’est pile poil (je me gausse) le moment où elle m’appelle pour que je lui remonte le moral
  • Si je suis aux petits coins je ne me demande jamais pourquoi mon portable a sonné : c’est Delphine
  • Quand je suis aux toilettes ou que je sors de mon bain, c’est fatalement “allo maman bobo”
  • Et puis pendant que nous discutons, justement elle y pensait aussi, ou moi.
  • C’est comme cela.
  • Je n’ai pas ce genre de relations avec Pulchérie qui vole allègrement au dessus de la stratosphère, voire au delà du système solaire régulièrement… (je peux le dire, elle le reconnait).

Mes deux filles sont venues ce WE pour me souhaiter mon anniversaire (sans gâteau et sans bougies, les traditions se perdent mais 56 bougies en plein mois de mai, cela réchauffe trop l’atmosphère  sans doute…). L’Arlésienne est venue nous rejoindre le samedi après midi et nous avons papoté dans le salon.

Mes parents devenant de plus en plus sourds trouvent paradoxalement que nous faisons de plus en plus de bruit… Donc ils restaient dans leur cuisine, comme de coutume, pour faire leurs mots croisés sadiques (il faut mettre les cases noires soi-même, c’est du force 6, je ne cherche même plus à comprendre le pourquoi du mot trouvé d’après la définition).

Delphine descend de la chambre VERTE qui est LA SIENNE quand elle vient. Moi je dors dans la chambre ROSE, Pulchérie également normalement. Nous sommes prêts à nous entretuer pour avoir LA CHAMBRE QUI VA BIEN ET QUE JE DORS TOUJOURS LA D’ABORD… La couleur des chambres étant déterminée par celle du papier peint…

Delphine descend donc de la chambre VERTE avec à la main, le livre des lettres choisies de Madame de Sévigné (comme par hasard, alors que je n’en avais pas parlé avec elle). Que je m’en vas immédiatement fourrer sous le nez de ma mère en lui demandant si elle se prend pour une bibliothèque. (Elle le pourrait…).

Là les choses vont se corser :

  • L’Arlésienne n’a pas trop envie de faire tapisserie avec Delphine en train de lire madame de Sévigné car :
  • Pulchérie s’absorbe dans la lecture du mode d’emploi de son nouvel appareil photo. Quand elle connaît le mode d’emploi par coeur, elle change d’appareil. Chacun ses plaisirs…
  • Je louche sur le livre, donc la conversation risque de s’éteindre.
  • Mais Delphine le sent bien, et me refile le livre car je veux relire tout de suite, immédiatement, et sans aucun délai, la lettre fameuse (pour certains) que la marquise a envoyée à sa fille le lendemain de l’exécution de la Brinvilliers. Pourquoi cette lettre là et pas une autre, je n’en sais rien. Je sais simplement que je vais emprunter le livre pour le relire (et le rendre après parce que sinon, ça m’encombre).

Je me sens un peu seule sur ce coup là, l’histoire n’étant pas trop le fort des autres (mes parents sont dans la cuisine) et les premières lettres parlant de Fouquet, je sais que je ne vais pas tout de suite tomber sur la Brinvilliers.

En effet quand “Angélique Marquise des anges” débute, Fouquet est déjà en prison, et dès le deuxième tome, François Degrez, son ami, dont j’ai su tardivement qu’il avait réellement existé, est déjà sur la piste de la marquise de Brinvilliers…

  • Je feuillette le livre à vive allure, cherchant la première phrase célèbre “ainsi c’en est fait, la Brinvilliers est en l’air”.
  • “Tu veux lire quoi ? me demande Delphine à qui j’ai piqué le bouquin (à remettre en état)
  • J’explique. Je cherche la lettre relative à l’exécution de la Brinvilliers.
  • Pulchérie lève les yeux de sa notice “de qui ?”
  • La Brinvilliers !
  • C’était qui ?
  • Une empoisonneuse célèbre…
  • Ah ? (se replonge dans sa notice en 6 langues, la pierre de Rosette du 21ème siècle)
  • Je décide d’aller voir dans le dictionnaire quand est morte la Brinvilliers, car les lettres de la marquise sont éditées chronologiquement (je ne vais pas m’attarder sur 1674 bêtement).
  • Mes parents mis à contribution prennent chacun un dictionnaire. Ils en ont 6. Ne ricanez pas. Régulièrement des mots disparaissent et de nouveaux mots apparaissent, donc, quand on fait du force maximum en mots croisés qu’on met les cases noires soi-même, avoir des dictionnaires de 1901 à nos jours, c’est utile.
  • On ne trouve pas la Brinvilliers. Jean-Poirotte et Mrs Bibelot unanimes trouvent que c’est un scandale.
  • Delphine qui s’est servi du I-machin chose me crie : “j’ai trouvé, elle a exécutée le 17 juillet 1676
  • Pulchérie : “qui ça ?”
  • Ma soeur + Delphine : LA BRINVILLIERS !
  • Moi : “merci ma chérie”. Je tombe sur la lettre et je la relis avec plaisir. Delphine me demande de lire tout haut, QUE TOUT LE MONDE EN PROFITE.
  • L’Arlésienne est morte de rire : deux obsessionnelles : une avec sa marquise et l’autre avec son appareil photo…
  • Pulchérie “de qui est-il question ?”
  • Ma soeur, Delphine, moi : “DE LA BRINVILLIERS” !
  • “C’est qui ?”
  • UNE EMPOISONNEUSE !
  • “Oui mais quand, comment, pourquoi ?”
  • Moi (lasse, comme quand je regarde le programme d’histoire de la petite fée) : tu n’as jamais entendu parler de l’affaire des poisons ?
  • “Non” (se replonge dans son mode d’emploi et l’ouverture de la focale à visée grandiose mais sans macro…)
  • “Enfin ma chérie, tu n’as jamais entendu parler de l’affaire des poisons, sous Louis XIV ? dans laquelle madame de Montespan elle-même a été impliquée ?”
  • “QUI ?” (là j’exagère, mais la petite fée par exemple, n’a jamais fait saint Louis et les croisades… donc un jour un enfant demandera peut-être qui était Louis XIV et la Montespan…). J’espère que Pulchérie parlait de la Montespan, car je suis certaine qu’elle a entendu parler de Louis XIV…
  • Delphine reprend enfin son livre “ainsi donc la Brinvilliers est en l’air”…
  • Pulchérie lève les yeux de son mode d’emploi “QUI ça ?”
  • Tout le monde : LA BRINVILLIERS !!!!
  • “Ne criez pas comme ça, je ne suis pas sourde, je ne sais simplement pas de qui vous parlez et quelle importance cela peut avoir”.
  • Aucune importance, je suis bien d’accord avec elle…

Sûr et certain que s’il s’agissait d’une voisine reconnue empoisonneuse, cela aurait eu plus de charme. Mais j’ai renoncé quand j’ai évoqué la marquise de Sévigné…

  • “C’est qui ? je croyais que tu parlais de la…
  • LA BRINVILLIERS !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!”
  • “Oui, mais c’était qui ?”

La vie n’est qu’un long calvaire…

J’ai renoncé à expliquer qui était madame de Sévigné, pourquoi elle écrivait beaucoup “que ça à foutre les aristos à l’époque”, et donc pourquoi elle avait écrit une lettre à sa fille, concernant l’exécution de LA BRINVILLIERS !

Et la vie ne sera qu’un long calvaire pour Delphine qui se prépare à aller passer un an à Berlin (soupir) et à qui je vais envoyer des mails inspirés par la divine marquise…

De Sévigné.

Et non pas LA BRINVILLIERS !!!

Posté le 11 mai '14 par , dans Famille de foldingues !, J'aime bien l'histoire. 11 Commentaires.

Commémoration du 8 mai 1945

Alphonsine_accouchePour ceux qui ne la connaissent pas, voici la Tante Alphonsine, dont j’ai beaucoup parlé ici.

4 fils. Tous les 4 dans la résistance sans lui en avoir jamais parlé bien entendu. Fort heureusement, elle protégeait déjà l’oncle Jules qui avait son réseau mais faisait léger (deux ou trois messages de temps à autre, sinon il était privé de sel, elle avait trop peur). (Lire la suite…)

Posté le 8 mai '14 par , dans J'aime bien l'histoire. 8 Commentaires.

5 mai 1958…

Papa et moiJour à marquer d’une pierre blanche…

Jean-Poirotte a beau faire celui qui s’en fout, je pense qu’il retournerait bien à ce lundi 5 mai 1958, jour de son incorporation dans l’armée, pour effectuer son service militaire, prévu pour 18 mois…

Mais quand on a 20 ans, 18 mois c’est l’éternité, surtout quand on doit laisser une femme en cloque jusqu’au menton derrière soi…

C’est 56 ans plus tard, c’est toujours en retard, que l’on revivrait bien le passé, mais c’est impossible. Ces moments que nous avons tous détestés, quels qu’ils soient, nous voudrions bien y retourner, peut-être en demandant LE trop : connaître ce qui nous attend. Mais je peux vous assurer que c’est une grâce qui nous est faite de ne pas savoir.

Donc papa n’était pas spécialement heureux à l’idée d’aller faire son service militaire. Les “évènements” d’Algérie épargnaient encore le bataillon de Joinville qu’il devait rejoindre le lundi 5 mai. Vu le nom du bataillon (le net vous renseignera mieux que moi), vous imaginez bien qu’il était hors de question qu’il soit exempté de quoi que ce soit même s’il avait eu les pieds plats, et malgré sa très proche paternité.

Le dimanche 4 mai était donc le dernier jour qu’il allait passer en famille, et maman pleurait toutes les larmes de son corps en imaginant son petit mari (1,82m) partant le lendemain. Je sais de qui je tiens à avoir passé mes deux grossesses à pleurer pour un oui ou pour un non, surtout à cause du trop ou pas assez salé… Enceinte de J + 21 jusqu’au terme, j’étais une vraie fontaine…

En cloque jusqu’au menton, et de surcroit en larmes, maman avait exigé de préparer elle-même le dernier vrai repas familial de son mari. Ils habitaient tous deux chez mes grand-parents maternels, mais les grand-parents paternels qui habitaient non loin, étaient venus se joindre à tout le monde pour ce grand jour.

J’imagine que le prisonnier et l’apiculteur, mes deux grand-pères, étaient assez sereins : mon père partait faire son service militaire, et non pas pour la guerre (la débâcle, les stalags, l’Afrique pour se battre contre Rommel et j’en passe). J’imagine également mes grand-mères assez sereines également : 18 mois c’est vite passé quand on ne part pas se battre vraiment. Elles avaient connu leurs maris partant pour la guerre, la vraie.

Maman a gardé de ce jour là sans doute, son habitude de faire pour entrée des radis : pas de problème.

Pour le plat de résistance, elle avait prévu un poulet. C’était juste avant que papa ne soit dégouté du poulet aux hormones, qu’on lui a servi  3 FOIS PAR SEMAINE au bataillon de Joinville PENDANT 24 MOIS (parce que la loi ayant changé, deux jours avant qu’il ne rentre chez lui au bout de 18 mois, il a appris qu’il devait en faire 6 de plus, la naissance de ma cadette lui épargnant de partir en Algérie “les pères de famille de 2 enfants et plus, ne seront pas blablabla, mais effectueront 24 mois de service militaire”), ce qui l’avait mis, vous l’imaginez bien, de bonne humeur. Quand on a déjà préparé son paquetage pour rentrer chez soi, devoir rester 6 mois de plus doit vous mettre le moral dans les rangers.

Bref, à l’époque il aimait le poulet rôti (maintenant il en garde toujours un vague dégout, et fait contre mauvaise fortune bon coeur, quand le poulet vient de chez qui il est certain qu’il n’a reçu aucune hormone (le poulet, pas mon père).

Donc maman avait prévu un poulet qu’elle avait fait rôtir (en pleurant), + un gâteau de riz (à ne pas saler merci, vu qu’elle pleurait).

Tout le monde s’exclama devant l’arrivée de la bête qui avait fort mauvaise mine si l’on se met dans la peau d’un poulet en pleine forme et bien vivant, et Jean-Poirotte embrassa Mrs Bibelot (qui ne pleurait plus) : “un poulet ma chérie, tu ne pouvais pas me faire plus plaisir”.

Sauf que…

C’était 1958…

  • Le boucher avait dit un vague truc à maman qui lui avait demandé un poulet pour 6 (le vague truc, c’était : il faudra le vider, je n’ai pas eu le temps de vider mes poulets ce matin)
  • Elle n’avait pas fait attention.
  • Elle avait beurré et huilé le poulet, l’avait parsemé d’estragon, de sel de poivre.
  • Il sentait divinement bon.

A la première bouchée, alors que tous les convives venaient de goûter leur morceau mais étaient restés silencieux, maman fondit en larmes à nouveau.

Elle avait oublié de vider le poulet qui avait cuit avec le foie ET son fiel.

Elle s’en rendait très bien compte.

  • Hypocrites, tous les convives prétendirent qu’on ne sentait rien, surtout ceux qui avaient pris une cuisse.
  • Ce qui était fort héroïque de la part du prisonnier et de l’apiculteur pour qui un poulet c’était sacré. Ils mangèrent toute leur part.
  • Mon père ayant du fiel dans la bouche en songeant à ce qui l’attendait le lendemain, fit chorus avec tout le monde. “Ton poulet est délicieux ma chérie”. Pour faire bonne figure, il reprit même de la sauce.
  • Mais la plus merveilleuse fut Mrs Morgan, qui devant les larmes de sa fille, mangea le foie avec le sourire, en prétendant qu’il était délicieux et que la dite fille avait tort de se mettre la vésicule rate au court bouillon pour une histoire de fiel qui ne se sentait même pas.
  • Jusqu’à sa mort elle est restée héroïque, prétendant que manger le foie du poulet n’avait pas été si infect que cela. JAMAIS, elle n’a dit qu’effectivement le poulet était infect. JAMAIS
  • D’ailleurs pour ne pas le terminer froid le soir, les convives le terminèrent le midi, et le prisonnier partit chercher chez son boucher de quoi dîner dignement le soir, pour le dernier repas civilisé de son fils.

Maman pleurait toujours.

Il y avait le dessert, mais cela ne la consolait pas…

Et pour le pousse café, excusez-moi du peu, il y a eu moi qui le mardi, annonça son arrivée.

Pulchérie devait connaître l’histoire familiale : je m’annonce le mardi, je pointe mon nez le vendredi en fin d’après midi…

Papa, averti par un télégramme “femme à l’hôpital, STOP, naissance imminente STOP (pour le “imminente” vous repasserez)” fit le siège de son sergent chef qui, le sentant assez bouillonnant, lui refusa une sortie au péril de sa vie. Ce n’était pas l’époque où un père se devait d’assister à la naissance de son enfant.

  • “Votre femme se démerdera bien toute seule, tant qu’à faire de faire les 100 pas, vous pouvez les faire ici, sans autre demande supplémentaire de ma part, mais promis, dès que le bébé sera là, vous aurez une autorisation exceptionnelle de sortie”.

Incorporé  le 5, sorti le 9 au soir pour un WE…

C’était rare.

Et la dernière fois que mon anniversaire est tombé un vendredi, le jour de ma naissance, c’était pour mes 50 ans…

Là, nous avions évoqué lors de la fête que les filles avaient organisée pour moi, l’histoire du poulet au fiel…

Le temps qui passe a de curieux effets :

On se souvient plus du fiel du 4 mai 1958 que du repas super réussi d’on ne sait plus quand.

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

PS : c’est moi et mon pôpa, vers septembre 1958…

Posté le 5 mai '14 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. 14 Commentaires.

On est bien peu de choses ma bonne dame…

femme-pensive-3-copierMa nouvelle voisine du dessus, habite là depuis le mois de septembre. Contrairement à Madame Vampire, elle est plutôt silencieuse, sauf quand elle passe l’aspirateur avec rage mais bon il n’y a que moindre mal…

Sauf qu’elle pourrait venir le passer avec la même rage chez moi, cela me rendrait bien service…

Je connais bien sa bru, qui est la maman d’un des premiers amours de Delphine (quand elle avait 8 ans, donc en primaire, donc c’est vieux et gendre n° 2 n’a aucune raison d’être jaloux), qui me demande régulièrement quand je la vois (elle tient une boutique de mon bled), comment cela se passe avec sa belle-mère, avec un petit sourire ironique.

La dernière fois, elle m’a précisé “attendez qu’elle veuille bien briser la glace et qu’elle se mette à vous parler de sa santé…”.

Elle n’avait pas trop le moral, car je lui avais précisé que sa belle-mère me semblait bien alerte, et qu’elle avait ruminé tout haut “pas quand elle vient déjeuner chez moi”.

LA BRISATION DE LA GLACE EST DESORMAIS FAIT(E)..

Après 7 mois de cohabitation silencieuse à part un “bonjour” “bonsoir” “comment allez-vous ?”, elle vient de découvrir avec consternation l’affichette dans l’ascenseur qui précise que ce dernier sera indisponible du 5 au 28 mai, pour cause de fric à dépenser à tout prix remise aux normes.

Cette immobilisation est bien ennuyeuse pour elle qui habite au 3ème, car évidemment, il va lui falloir monter et descendre les étages à pieds, quand elle aura des courses à porter elle fera appel à son fils mais sinon on est bien peu de choses…

Elle avait besoin de s’épancher et m’a tenu la jambe dans le hall pendant une bonne heure, et je n’avais rien pour prendre des notes (ce que j’ai fait avec précipitation en rentrant chez moi).

  • Parce qu’elle souffre d’une double hernie fiscale depuis des années (j’en ai une aussi, mais elle atteint mon compte en banque)
  • D’ailleurs sur le plan de la santé elle n’a jamais eu de chance, même si elle trotte apparemment comme un lapin, s’étant dans sa jeunesse farci une entorse des ligaments tressés au niveau du genou gauche. Et à l’époque, cela ne se soignait pas aussi bien que maintenant (elle doit avoir l’âge de ma mère).
  • Pas de bol en plus, quand elle était enceinte, elle a fait la troisième fois de la tension gravissime et a failli y passer et le bébé aussi.
  • Il a donc fallu lui faire une césarienne en lui ouvrant le ventre (à qui se fier ?)
  • A ce moment là, comme il n’y avait pas de contre-indication (contraception) le médecin en a profité pour lui retirer l’organe russe, afin qu’elle ne clamse pas lors d’une prochaine grossesse.
  • Car on connaissait bien les préservatifs à  cette époque lointaine, mais que c’était :
    A) pour fréquenter les femmes de mauvaise vie
    B) impossible à mettre pour son mari parce que cela le faisait étouffer. (Certains hommes ont des neurones à cet endroit là, mais pour les poumons c’était une première pour moi).
  • Après son infractus de la cocarde, (et non, elle ne vient pas du sud qui connait bien la course libre) elle a arrêté de fumer, mais il n’empêche que 7 ans plus tard il a fallu lui faire un double rodage des capillaires (là, j’ai eu un peu de mal à saisir le coup du pontage des coronaires).
  • Depuis ce rodage elle souffre d’ailleurs régulièrement de migraines catalepsiques. Là il faut qu’elle se couche dans le noir, ce qui n’est pas évident car :
  • Elle a les jambes impatientes.
  • Il y a trois ans, ses enfants lui ont payé un voyage en Tunisie. Pas de chance, elle en est revenue avec une hérésie qui pèle, qui a été très difficile à soigner (et il n’y a plus d’exorcistes dans le secteur).
  • Ce qui ne l’empêche pas de souffrir d’une ulcération gastratique
  • Avec les remontées acidaciques qui vont avec et ce n’est pas de la tarte.
  • Elle voit arriver chaque année la grippe avec terreur, parce que le vaccin lui est interdit, rapport à l’albumination  des oeufs utilisés pour fabriquer le dit vaccin.
  • Là c’est le printemps et pas la joie car elle est allergique au pollen gravidique qui va sévir jusqu’aux prochaines gelées.
  • Comme je semble souffrir d’une hanche, elle peut me conseiller le prothésiste qui lui en a posé une, de prothèse, fabriquée avec des pierres rapportées de la lune : il ne faut pas que je tarde,  le stock est  limité.
  • Quel est mon médecin ? Oh elle a le même ! Il est gentil comme tout, et rigole tout le temps…

Quand je vous le dis que la vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 1 mai '14 par , dans Dans la série Diabolique. 12 Commentaires.