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Mes cheveux “Vert Irlande” (je n’en avais pas rêvé, il l’a fait…)

Cheveux vert IrlandeIL c’est un coiffeur. Je crois que depuis ma mémorable aventure que je m’en vais vous raconter, il a préféré transporter ses pénates ailleurs, probablement à l’autre bout du monde, jugeant plus prudent de mettre au moins un océan entre lui et moi…

C’est en participant chez Shalima, à un concours,  que je me suis souvenue de cette horrible mésaventure capillaire (qui m’a d’ailleurs permis d’être une des deux gagnantes de ce concours, juste retour des choses), que j’avais préféré enfouir au plus profond de ma mémoire.

Cette année là là là, les filles passaient Noël avec moi et donc pour le jour de l’an 1990/1991, j’étais libre comme l’air et occupait encore la grande maison conjugale. C’était l’endroit rêvé pour organiser un réveillon avec des amis, ce qui fut fait.

De plus, nous avions décidé de faire un réveillon costumé, sans thème, c’est toujours plus amusant.

J’avais décidé de me costumer en bohémienne. Un coupon du tissu plus oriental que nature plus tard, j’avais réussi, en squattant la machine à coudre de Mrs Bibelot et en disant beaucoup de gros mots,  à me faire un superbe (réellement) pantalon bouffant, et un boléro du meilleur effet (à porter tout de même avec un truc noir à manches longues, vu que ma maison même chauffée, restait assez froide à cette période de l’année).

(Ce déguisement est dans la malle “déguisements” de Mrs Bibelot, mais nonobstant les souvenirs, je peux le céder à prix prohibitif, avis aux amatrices…)

Tatie chérie avait pu avoir pour moi, de la Comédie Française, un flacon de maquillage pour me faire la peau très bronzée, de manière naturelle. Jean Poirotte m’avait suggéré non sans ironie de tester le brou de noix, mais après touche d’essai sur le dessus de mon pied, j’avais constaté qu’il fallait au moins 5 jours et 10 litres d’eau de javel pour s’en défaire, et j’avais accepté le flacon d’un produit miracle dont je me demande pourquoi il n’est pas commercialisé, car pour avoir l’air bronzé de manière très naturelle, c’est l’idéal.

Un problème pour la tzingara : mes cheveux.

Longs, mais blonds et raides.

Pour les boucles j’avais le truc des bigoudis mousse, pour la couleur par contre, j’étais dans la merde.

“Que Nenni !” me déclara un coiffeur chez lequel j’étais entrée en toute inconscience. “Avec une teinture temporaire qui s’efface en 7 ou 8 shampoings, je vous fais plus brune que naturel”.

Pas de problème !” (quand vous entendez cela, un conseil, fuyez…)

Je suis ressortie de chez lui noir corbeau. Cela faisait curieux d’ailleurs, et finalement la nature normalement ne se trompe pas. Brune ce n’était pas mon truc.

Passé la case bigoudis, puis teinte de peau (3 passages de la lotion teintée), avec khôl à l’égyptienne et tout le tintouin, j’étais une bohémienne très crédible.

D’ailleurs des amis d’amis m’ayant rencontrée ce soir là, ne m’ont pas reconnue la fois d’après…

Soirée très réussie, nous nous sommes bien amusés et je suis rentrée dormir chez mes parents (chez qui je devais déjeuner le 1er au midi) la tête dans le sac, vers 7 heures du matin. C’est dire que nous nous étions bien amusés.

Ma maison était en bordel, mais justement nous avions deux ou trois jours devant nous pour effacer les traces de nos turpitudes…

Le 1er janvier à l’heure du déjeuner je n’étais pas vraiment au top, et tout le monde commentait ma couleur malgré ma migraine (due probablement à la teinture), et j’ai remis au 3 janvier 1991 de retrouver ma couleur de cheveux normale.

Cela arrangeait bien deux copines à moi qui devaient m’aider à la remise en état et qui souffraient d’une crise de foie (moi j’appelle ça la gueule de bois, mais la crise de foie, c’est plus classe). Le ménage a été fait le 2, et le 3 donc, j’ai commencé à effacer la teinture temporaire.

Cela coulait noir, shampoing, coule noir encore, shampoing… 9ème rinçage, plus de couleur.

Ouf, le temporaire était parti…

Et là, je me suis regardée dans la glace pour me démêler les cheveux et j’ai constaté avec stupéfaction que j’avais les cheveux vert.

Pas verdâtres. Vert Irlande. Le temporaire parti, il en restait un petit quelque chose, sans doute incrusté dans les écailles des cheveux (les salopes !), et le noir bleuté sur du blond clair (ma couleur naturelle qui a bien foncé maintenant), ça fait vert.

Quand je suis redescendue de la salle de bain, mes parents ont compris immédiatement qu’aucun commentaire n’était négociable, et mon père s’est même proposé pour aller m’acheter mes clopes, car il était hors de question que je sorte avec ma tronche de trèfle.

Le lendemain, après un autre shampoing et toujours aussi verte, je me suis résignée à me couvrir les cheveux d’un foulard façon turban, et je me suis rendue la bave aux lèvres chez l’homme de l’art.

“Ah”, a-t-il dit quand j’ai retiré mon turban. J’attendais le “pas de problème” qui aurait dû suivre, mais je me suis assise dessus.

“Faut tout couper/raser” qu’il a dit… après m’avoir précisé “vous n’êtes pas dans la merde”.

Une lueur dans mon regard lui a fait comprendre qu’il n’était pas dans la merde non plus, et au hasard quand je lui ai demandé en hurlant s’il me prenait pour une conne, il a pioché dans sa caisse et la boite à pourboires, de quoi me rembourser le double de ce que j’avais claqué chez lui le 31 décembre…

Je suis repartie en claquant la porte, hélas sans la casser, suivie par deux clientes affolées qui finalement avait décidé d’aller se faire teindre ailleurs, ayant fort bien compris ce qu’il m’était arrivé.

Et je n’étais pas dans la merde…

J’ai finalement appelé Tatie chérie, en larmes, toujours aussi verte, mes parents bien au fait qu’un commentaire n’était toujours pas négociable.

“Ce n’est pas compliqué (ouf). Tu vas t’acheter un shampoing ultra décolorant, destiné normalement à décaper entièrement la couleur avant de faire une autre couleur (je notais frénétiquement). Il faut les faire poser 35 minutes, mais là, tu as un truc superficiel, et tu vas donc te laver les cheveux avec, attendre une minute, rincer, et normalement le reste de ton temporaire sera parti”.

Juste à aller à Monop en tronche de trèfle,  trouver le shampoing miracle. Juste à laisser poser une minute en priant Sainte Rita. Et retrouver ma couleur, un tout petit peu plus claire mais bon, c’est passé inaperçu quand j’ai retrouvé les filles qui pourtant, avaient l’oeil…

Un pavé dans la vitrine du coiffeur ? Une affichette “attention cet homme est dangereux pour vos cheveux” à coller avec un plaisir sadique, vers 2 heures du matin, c’était largement suffisant.

A faire la veille du jour de fermeture, c’est mieux…

Avec une colle bien forte et du papier bien épais c’est encore mieux !

J’espère que ce salopard ascendant incompétent doublé d’un crétin, cultive du trèfle en Australie, là où le climat est le plus sec…

(Et bien évidemment, quand je suis redescendue de la salle de bain avec une couleur normale, Jean Poirotte n’a pu s’empêcher ENFIN de me faire remarquer que “dommage, le vert ce n’était pas trop mal et si original”…)

La vie n’est qu’un long cal-vert !

PS : oui je sais c’est une odieuse réédition de 2011, mais cela prépare l’article à venir…
PPS : sur la photo c’est du cheveux vert trouvé sur le net : il y en a qui choisissent cette couleur VOLONTAIREMENT (ou bien l’incompétent a fini par revenir en France).

Posté le 21 janvier '15 par , dans Ah je l'aurai méritée ma place au Sénat !, Crise de nerf, Dans la série Diabolique.
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15 commentaires »

Comment par Théotiste
2015-01-21 19:35:10

… réédition peut être, mais enfin, la “tronche de trèfle” m’a achevée ! (mon mari m’a regardée bizarrement, une folle rigolait niaisement devant l’ordi).
Merci ! :)

 
Comment par Filo
2015-01-22 06:44:42

Ah quand même…..Eh bien je pensais que ce genre de mésaventure n’arrivait plus, j’ai eu entendu autour de moi une permanente qui avait viré au vert la veille du mariage (sur la mariée bien sûr) mais ça datait des années 60.
Qui sait, tu auras raté ta vocation d’icone de la mode capillaire?
Beh je plaisante mais je me doute que tu devais avoir plutôt la haine…. et je te comprends, moi je crois que j’aurais carrement envisager de mourir sur place, au moins.

 
Comment par Eldoé
2015-01-22 07:43:04

Qu’il est bon de rire!!
Mais quelle mésaventure!! Et quel merveilleux coiffeur (je suis soulagée que la mienne soit une femme, au moins je sais que ça n’est pas le même s’il a déménagé depuis/est toujours en activité).

 
Comment par Meg
2015-01-22 09:02:41

Toujours aussi drôle même à la 2e lecture :-)

 
Comment par Princesse Strudel
2015-01-22 14:16:38

Formidable (enfin, pour ton lectorat…). J’ai pouffé de rire derrière mon écran (heureusement en dehors de ma tasse de thé).

 
Comment par Cathy
2015-01-23 09:24:52

:) :) Mouarfffff !!! une chose similaire est arrivée à une tante à la fin des années 60 : c’était une dame très élégante et un brin snob. Ses cheveux se sont retrouvés orange vif le jour de son mariage. Exit le tambourin couture avec voilette super chic, pour un turban en satin “quelconque” déniché en catastrophe, qui lui donnait (selon elle) l’air de sortir de sa douche….. ceci expliquant la tronche qu’elle tirait sur toutes les photos (idem pour le marié) et ses yeux bouffis d’avoir pleuré toute la nuit précédent l’évènement.

 
Comment par Calpurnia
2015-01-27 16:13:54

Théotiste : “tronche de trèfle” c’était vraiment ce qui me venait à l’esprit quand je me regardais dans la glace…

 
Comment par Calpurnia
2015-01-27 16:15:42

Filo : c’est plutôt le coiffeur qui avait joué avec sa vie… Heureusement que je n’avais rien d’important à faire, car même mon teint pâtissait de cette horrible couleur de cheveux ! (Et heureusement que j’étais en congés…)

 
Comment par Calpurnia
2015-01-27 16:16:38

Eldoé : j’ose espérer que cet imbécile, crétin, andouille, incompétent, ET J’EN PASSE, a compris que les teintures temporaires, il fallait s’en méfier…

 
Comment par Calpurnia
2015-01-27 16:17:33

Princesse : maintenant aussi j’en rigole. Mais sur le coup, je peux te dire que je l’avais vraiment mauvaise. Heureusement que ce connard m’avait rendu mon fric + du rab (comme quoi il se sentait vraiment dans son tort)…

 
Comment par Calpurnia
2015-01-27 16:19:10

Cathy : imprudent tout de même de jouer avec ses cheveux peu avant son mariage. Je ne m’y serais pas risquée !!!
Ma mère s’était retrouvée rose vif, mais c’est une autre histoire !

 
Comment par Princesse Strudel
2015-01-28 08:31:29

Tu nous la racontes, dis? :-)

 
Comment par Louisianne
2015-01-28 12:49:12

Hihi j’ai connu une mésaventure semblable mais entièrement de ma faute !
Jeune je voulais teindre mes cheveux en noir corbeau, manie de jeune sûrement ma fille qui a pourtant une jolie couleur châtain foncé se teint aussi en noir corbeau !
Sauf qu’après j’ai regretté, je voulais retrouver ma couleur !

Croyant naïvement qu’on pouvait effacer la couleur (ce n’était pas une couleur temporaire ça n’existait pas à l’époque) comme on gomme un dessin, j’achète le super shampoing décolorant, sauf que j’aurais du écouter ta tatie (je blague) et ne pas laisser poser trop longtemps.

La plupart de mes cheveux ont retrouvé leur teinte normale, mais j’ai eu droit à une énorme tache orange poil de carotte sur le dessus de la tête, et l’autre sur la nuque ! L’horreur !

J’ai couru racheter une teinture chatain foncée en face (heureusement que j’habite en ville).

Et j’ai reteint, une vraie catastrophe pour les cheveux. Les taches oranges ont disparus, mais cela se voyait quand même : il restait deux taches de cheveux anormalement plus clairs que le reste !

J’ai réussi à cacher la tache de la nuque dans une natte serrée relevée en chignon plus dur pour le sommet du crâne. Plusieurs mois plus tard, j’ai coupé mes cheveux, me débarassant de la tache de la nuque, mais il a fallu encore très longtemps pour que la tache du crâne disparaisse.

Moralité : on décolore chez le coiffeur, pas à domicile !

ps : mais pourquoi n’as tu pas juste mis une perruque pour la soirée ?

 
Comment par Calpurnia
2015-01-29 16:20:53

Princesse : bientôt !

 
Comment par Calpurnia
2015-01-29 16:23:40

Louisianne : HI HI pour les taches ! N’aurait plus manqué que ma couleur soit partie uniquement par endroits…
Perruque : les seules que j’avais trouvé étaient soit très moches, soit hors de prix. J’avais opté pour le “plus simple, pas de problème”…

 
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