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Mamannnnnnn !

Roland captivité retouchée 2Le prisonnier me disait toujours que ce qui l’avait le plus frappé pendant la débâcle de 40, c’était le cri que certains hommes touchés à mort, poussaient : “‘Maman !”.

Ou bien que d’autres avaient prononcé avant de mourir dans le stalag “Maman !”

Quand nous avons eu une mère qui nous a aimé, qui a soigné nos maux, qui a été la compagne de nos maladies, c’est “maman”.

Peut-être le premier mot réel que nous avons prononcé, seriné par la “maman”, pressée de se sentir reconnue.Ma maman à moi et à d’autres, mais là j’ai ressenti un immense moment de solitude, ne va pas bien. Elle est comme papa : costaud. Elle lutte, sans le savoir, contre un mal qui gagne du terrain jour après jour, de manière pernicieuse. Elle peut être stable pendant 8 jour et dégringoler tout à coup.

C’est lent, ce n’est pas visible jour après jour et on peut se dire qu’elle a bu un actimel qui va lui donner des forces. Pour quoi faire ? Parce que pour le reste, elle ne bouffe plus rien ou quasi. Elle cache ce qu’elle recrache, car à chaque fois qu’elle mange, c’est suivi d’une crise atrocement douloureuse, calmée par la morphine qui a déjà pas mal augmenté.

Des forces pour réaliser qu’elle ne quittera plus jamais son lit, qu’il n’y a plus de toilettes  mais le bassin, pour lui rappeler qu’elle s’est cassé le fémur, il lui faut prendre des forces… Pour souffrir peut-être encore plus.

Aujourd’hui, après avoir bouffé quasi rien le midi, mais la morphine commençant à faire effet, elle s’endormait doucement, et moi, après 4 heures à ses côtés, je m’apprêtais à partir.

Tout était en ordre : à boire à portée de main,  Les médicaments biens pris, les draps bien  mis, je n’ai pas voulu la réveiller pour lui dire que je partais. Je préviens juste l’équipe  que je la laisse seule jusqu’à l’arrivée de l’arlésienne.

Je  lui ai juste posé la main sur le front.

Dans son sommeil elle a sourit et a murmuré “MAMAN !”

Alors je lui ai pris la main et elle a sourit à  nouveau “MAMAN”. Je n’osais plus m’en aller.

C’est d’elle que nous venons, nous n’en sortirons jamais…  Demain MAMAN aura tout oublié, mais qu’importe.

C’est le cri du coeur, du mourant, du malade, du blessé,  que sais-je….

Je pense qu’à ma dernière heure, c’est elle que j’appellerai…. Celle écartant la mort et la maladie qu’elle soulageait.

La vie n’est….

Posté le 15 août '17 par , dans Coup de blues, Nos grands moments de solitude.
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5 commentaires »

Comment par Angele2b Subscribed to comments via email
2017-08-16 07:58:51

Ma mère aussi me confondait avec la sienne propre. Nous en ferons certainement autant avec nos propres filles…
Mes pensées sont avec toi.

 
Comment par Calpurnia
2017-08-16 12:07:23

Angele : elle avait les yeux fermés, elle dormait. Je pense que c’est le contact d’une main sur le front, tellement “maternel” qui a joué…

 
Comment par Géraldine
2017-08-16 17:20:14

Je vous lis régulièrement mais ne commente presque jamais. Vos derniers textes sont bouleversants et sans vous connaître je me sens triste pour vous. Je vous souhaite beaucoup de courage et vous envoie mes plus amicales pensées

 
Comment par Madame Patate
2017-08-20 15:38:25

Je pleure.
Ce qui est dérisoire, parce que je ne connais ni celle qui souffre tant, ni celle qui porte sa souffrance… mais c’est comme ça.
Je pense à toi. Tout ce que je peux envoyer de positif et de réconfortant, je te l’envoie.

 
Comment par Louisianne
2017-08-28 12:58:30

Pensées aussi. En vacances je n’ai pas de connexion ou si peu, mais j’ai pensé à toi.

 
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