Bibliothèque pour tous…

57520741En ce moment je m’occupe quand je le peux, de trier les livres de maman. Ceux qu’elle avait voulu garder à tous prix. Il y en a que je souhaite avoir, d’autres que je mets de côté pour mon frère, et j’en ai retrouvé un que l’arlésienne a pris avec plaisir (oh, ils l’ont assez cherché : forcément il était planqué dans une bibliothèque de l’étage, en deuxième couche, j’ai halluciné en le trouvant me l’étant racheté sur Amazon* en 2010).

J’avais avec grand déplaisir, emporté plus de 2000 livres à la déchèterie, et là j’ai trouvé autre chose, suggéré par meilleure amie qui a dans son secteur une « bibliothèque pour tous ».

Je ne sais pas où exactement, mais il y a près de chez elle des étagères où l’on vient déposer les livres dont on ne veut plus. On peut se servir par contre et en prendre qui nous tentent, pour les garder ou les ramener si l’on ne souhaite pas les garder. Cela tourne bien.Idée excellente, sachant que mettre des petites annonces ou s’emmerder avec Amazon* ne donne pas toujours de résultats (j’en ai eu la preuve). Faire appel pour des vieux livres soi-disant de valeurs à des bouquinistes ou spécialistes, n’avait pas donné de meilleurs résultats. Et puis de la déchèterie cela va aider à  faire je ne sais pas quoi pour les voies ferrées… Je sais bien qu’il faut entretenir nos chemins de fer, mais avec des bouquins, cela me fait mal au coeur.

J’ai donc repris le tri de mes propres livres (mon tonneau des Danaïdes), sans tergiverser comme avant. Pas relu depuis 25 ans : exit. Je complète mes tagada christine, je prends ce que les autres ne veulent pas, à savoir la majorité moins deux (mon frère et moi)  (avec la surprise parfois de retrouver mon nom dans un livre que j’ai prêté à maman) et le reste, je vais le déposer à U. Ceci après m’être assurée que les bibliothèques classiques du secteur ne demandent rien…

La première fois j’avais mis un gros tas de livres sur un fauteuil juste à côté de l’entrée où ils sont trois (fauteuils), et je suis retournée voir le lendemain, par curiosité :  il n’en restait plu un seul. Le directeur m’a confirmé que cela avait bel et bien été pris par la clientèle, et non jeté par le magasin. Il m’a simplement demandé de n’utiliser qu’un fauteuil, et je vais donc un jour sur deux, faire un dépôt pour constater avec plaisir qu’il ne reste rien de ma précédente visite ou quasi…

C’est long et fastidieux, pour AC particulièrement, car elle a écrit plus de 80 livres. Ne manquerait plus que j’en prenne un en double… Faire ce tri me fait mal aux tripes mais il faut le faire, car il est exclu pour moi de jeter des livres comme cela.

Je me pose simplement une question. J’habite un petit bled mais pas si petit que cela, celui d’à côté n’est pas si petit que cela. Les communes ne pourraient-elles pas organiser ce dépôt/retrait de livres ? J’ai une vieille étagère dans ma salle de bain, dont je vais bientôt me débarrasser : elle pourrait être utile. Il doit y en avoir d’autres qui terminent n’importe où… (à la déchèterie, pour les chemins de fer…)

Car ne pas s’imaginer que les gens ne lisent plus, particulièrement les jeunes. Pulchérie a une liseuse (pratique pour la grande voyageuse qu’elle est, avec peu d’espace chez elle), Delphine est devenue une grande lectrice devant l’Eternel. Ma petite  nièce la petite fée a toujours beaucoup lu, et d’autres encore plus jeunes chopent le virus assez tôt. Il est clair par contre que d’avoir toujours vu ses deux parents ou au moins un, avec un livre en train, peut motiver à se lancer car ce ne sont pas les programmes de l’éducation nationales qui peuvent donner envie vu le choix qui est imposé aux élèves généralement totalement à côté de leur âge…

Elles ne sont pas isolées. ON lit toujours, mais les livres coûtent cher, et puis de nombreux bouquins  ne se trouvent plus. Aujourd’hui j’ai été déposer un cabas de bouquins, et le directeur est venu me voir car une jeune fille, qui a pris tous mes Patricia Highsmith souhaitait me contacter au cazoù j’aurais des Fred Vargas sauf que manque de bol, ceux-là, je me les garde. Lui-même est preneur des AC que j’aurais en double…

DONC… On lit toujours. Est-il si compliqué de mettre quelque part à la portée de tous, un endroit où déposer nos livres dont nous ne voulons plus, pour en trouver d’autres que nous testerons avant des les garder OU PAS ?

Je fais appel ici à tous les membres d’un conseil municipal : c’est faisable, à peu de frais, et peu de grandes surfaces manquent de place… Je pense aux grandes surfaces parce que tout le monde y va… A la mairie l’on va peu, dans une pharmacie cela ferait désordre, bref, c’est faisable…

En attendant, je trie, mais l’horreur c’est quand je tombe sur les derniers livres que maman a pu lire. Il y en avait à moi que je lui avais refilés, sans vouloir les garder, et là, je benne sans état d’âme.  Rien que la vue de la couverture me donne la nausée.

Je me souviens de papa, pris d’une véritable boulimie de lecture dès janvier 2015, comme s’il lui fallait relire ses préférés à tous prix, et urgemment. Maman a fait pareil en rentrant de l’hôpital de Houdan et n’a plus rien lu après le 24 avril.

C’est la raison pour laquelle je pense que ses livres, les leurs, ceux qu’ils aimaient tous les deux, méritent de profiter à d’autres qui ne pourront recevoir que de bonnes ondes.

J’ai un peu peur pour tous les « Maigret » que maman avait reliés elle-même, mais qui ne sont pas marqués… Prendra-t-on la peine de regarder ce dont il s’agit (je vais les grouper).

Des bises larmoyantes (il ne fallait vraiment pas que je naisse à Versailles, rien que d’avoir fait du tri dans ce que j’avais ramené, m’a mis les larmes aux yeux).

Les grandes eaux c’est Versailles…

 

9 réponses sur “Bibliothèque pour tous…”

  1. Bonjour,
    tu as parlé de Trappes dans un de tes posts. Si ce n’est pas trop loin de chez toi, leur médiathèque a un système de récup : tu remets les livres à un bibliothécaire, et ils sont ensuite mis dans une étagère dédiée, à la disposition de tous. Une 2e vie pour les livres, ce que tu recherches.

  2. Dans ma ville, des particuliers ont installé un meuble bibliothèque sur le trottoir devant leur maison et depuis 3ans, on y dépose et emprunte des livres. Un2e meuble a dû être ajouté. Dans les salles d’attente de l’hôpital, une de mes voisines dépose des piles de livres et les voit disparaître et revenir plus tard, ça lui fait chaud au cœur. J’ai vu le même système d’échange à Vienne en Autriche. Les Maigret : un vrai amateur de livres prendra la peine de les ouvrir et verra de quoi il retourne. Je pense chaleureusement à vous.

  3. Je te comprends ! J’ai vendu pas mal de livres au vide grenier, mais en province. En Ile de France il paraît d’après une copine que ça ne se vend pas. Dans un village jai vu une boîte à livres dans la rue où l’on dépose, on prend, on remet si on veut mais ça reste très petit. Au marché de Versailles il y a un bouquiniste, il achète tout quelque centimes, j’en ai parlé dans mon dernier billet. D’ailleurs les grands esprits se rencontrent comme toi je parle d’Agatha Christie et comme toi je ne compte pas le nombre de AC que j’ai en double ou en triple !

  4. Une de mes « grandes angoisses » est de mourir sans avoir terminé le livre en cours de lecture!!!
    Mais je vais peut-être bien faire comme toi, aller voir le directeur de mon Doudou du coin et lui proposer un coin livres à disposition. Merci de l’idée! et bon courage pour la suite du tri.

  5. Bonjour,
    J’ai donné pas mal de livres à la Mediatheque de ma ville, ils ont pris les poches en bon état et de plus grands formats récents ; ils les ont pris pour les bibliobus. J’en ai également laissé chez Emmaüs et pour finir j’en ai donné à un bouquiniste sur un marché, le plus long à été de li expliquer que non, surtout pas d’autres livres en échange
    Mais j’ai gardé Les gens de Mogador et quelques autres de ma mère et les livres de montagne de mon père. Et les livres sur le rugby sont partis chez quelqu’un qui m’à promis de les garder.

  6. Bonjour chère sorcière,
    La bibliothèque universitaire de ma petite ville de province a mis deux étagères à disposition, pour cela. Et l’hôpital où ma belle mère est morte, comme celui que j’ai fréquenté, disposent également de livres « en libre service »: on prend, on échange, on ramène après lecture …
    Cela m’a permis de me débarrasser sans remord des livres que je n’arrive pas à lire/ne relirai pas.

  7. Je vois qu’on a les mêmes goûts de lecture… tu as cité Angélique il n’y a pas longtemps et j’ai une grande quantité d’AC…
    A Embrun où je vis, le Secours Populaire organise tous les mois de juillet « Le livre en fête ». Pendant 8 à 10 jours on vend à très petits prix (de 0,50 à 2 € sauf livres exceptionnels pouvant aller jusqu’à 5 € ou livres pour enfants pour quelques centimes) tous les livres qui nous sont donnés tout au long de l’année. On arrive à récupérer environ 4.000 € qui nous permettent d’acheter de la nourriture pour les personnes aidées.
    Les gens sont fidèles (locaux comme touristes), certains sont là le jour de l’ouverture dans l’espoir de faire de bonnes affaires, certains nous passent des commandes au cas où nous aurions ou recevrions le livre dont ils ont envie, certains passent tous les jours pour voir ce que nous remettons en vente… car nombreux sont ceux qui profitent de l’occasion pour nous amener les livres dont ils veulent se séparer et ceux qui nous ramènent d’une année sur l’autre ceux qu’ils nous ont achetés pour que nous les remettions en vente… Je te laisse imaginer le nombre de livres qui nous passent par les mains quand on compare les prix de vente et la recette…
    Tu dois pouvoir donner au Secours Pop’ le plus proche de chez toi livres, vêtements, meubles qui t’encombrent…
    Moi aussi j’ai beaucoup de mal à jeter les livres, ceux qui sont en trop mauvais état pour partir au Secours Pop’ je les dépose sur un muret pas loin d’un coin recyclage, dans les heures qui suivent ils ont disparu… leur état ne les empêche pas d’être lus.

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