Comme une grande fatigue…

sanglotsAprès la mort de maman, il y a eu des hauts et des bas, mais surtout des bas… J’étais dans le fond du trou et je commençais à creuser… C’était normal. Nous réagissons néanmoins tous de manières différentes, et notre mode de vie compte beaucoup.

Je vis toute seule, je n’ai pas de travail, je suis plutôt bien entourée, et j’appréhendais les fêtes de fin d’année qui n’en seraient pas.

Malgré tout je me suis obligée à faire un petit quelque chose toute seule pour Noël, et avec une amie de la résidence pour le jour de l’an.

C’est le 3 janvier que c’est arrivé. Une grande fatigue comme je n’en avais jamais ressenti. Depuis un an, je vivais des nuits anarchiques : un coup bonnes, un coup mauvaises. Et puis après la mort et l’enterrement, beaucoup de cauchemars, des réveils quasi toutes les heures, de temps à autres une bonne nuit qui me donnait de l’espoir, puis : rechute.

Le 3 janvier je me suis réveillée en sursaut. Non seulement j’avais bien dormi, je gardais le souvenir de rêves agréables(enfin ! ), mais j’avais fait une nuit de 12 H ! Cela s’est mis à durer, mais malgré tout je me trainais comme une malade, alors j’ai vu le médecin un peu plus tôt que prévu, qui n’a pas eu l’air surpris, vu que mes analyses sont de rêve (parait-il).

  • « Je vous attendais au tournant sur ce coup là, vous en avez pour des semaines à récupérer, vous n’avez plus 20 ans… ».

Des vitamines pourquoi pas si cela pouvait me faire plaisir, ne pas oublier mon traitement pour la nuit malgré mon impression de commencer une hibernation (pour éviter de déambuler et de me casser encore la gueule), et m’écouter un peu, enfin faire ce que je pouvais, en respectant mon corps réclamant du repos. Affronter les emmerdes ne m’a pas tuée, mais j’ai tout de même passé 6 H au téléphone il y a 15 jours, entre le banquier et le notaire, car le service succession du crédit vinicole n’avait rien trouvé de mieux que d’annuler les 3 assurances de maman : les deux voitures et le domicile. J’ai dû tout reprendre à mon compte, le banquier mal à l’aise (ils étaient dans leur tort) finalisant le dossier avec moi par téléphone à 20 H 30. Seule mauvaise nuit que j’ai passée après, depuis, j’ai l’impression d’avoir été croisée avec un loir…

Comme mon médecin se méfie de moi, il m’a prescrit un traitement en cas d’angine  éventuelle, que j’ai la spécialité de débuter un samedi soir, et puis il m’a conseillé de me reposer VRAIMENT ! Ce que je fais, tout en effectuant la liste de ce que je dois faire : c’est terrifiant !

Mais bon, je me repose réellement, et je suis contente quand je me réveille, d’avoir fait des rêves agréables. Je m’astreins à écrire 3 heures par jour. J’ai plusieurs nouvelles sous le coude, deux romans qui avancent, alors je vous ai un peu oubliés…

Parce que l’avenir cela va être, quand les papiers seront enfin au point, de vider l’appartement de maman pour le vendre, de tout trier (elle planquait des trucs de valeur dans des endroit curieux, genre un drap plié par exemple), de régler le problème des voitures et après de m’occuper de mon appartement pour y recevoir celle qui n’est pas comme  les autres…

Et après, piscine deux fois par semaine, me remettre à marcher un minimum tous les jours, me faire opérer de ma hanche gauche si elle s’obstine à merder malgré la natation, continuer à écrire, y compris mon dossier « souvenirs » qui n’est destiné à aucun éditeur, bref, revivre enfin. A l’aube de mes 60 ans c’est vraiment ce qu’il me faut faire !

Je me sens encore très fatiguée (parce que l’angine je l’ai faite, je dois une fière chandelle à mon médecin chéri, et j’aide l’industrie de l’ultra levure à survivre), mais sur le plan du moral, c’est vraiment mieux : j’ai des projets. Et  puis certaines mauvaises images s’estompent petit à petit. Pas dans la journée, mais la nuit ce n’est plus là.

Ce qui ne m’empêche pas de dire une fois de plus que LA VIE N’EST QU’UN LONG CALVAIRE !

Si je ne le disais pas, cela vous manquerait !

Je remercie tous ceux et celles qui m’ont écrit personnellement pour prendre de mes nouvelles, tout comme je remercie les amis qui me téléphonent régulièrement pour me booster un peu, ou tout simplement me dire que j’existe pour eux…

7 réponses sur “Comme une grande fatigue…”

  1. Un décès c’est toujours compliqué. Si en plus, on a affaire à des professionnels négligents, voire incompétents, ça devient inextricable.
    Ma mère est morte en 2017 également.
    Le siège du crédit « vinicole » a été lamentable.
    Entre, par exemple, l’appel dès le lendemain des funérailles pour des placements, l’oubli de régler la facture des pompes funèbres, les mois mis à verser l’argent alors que je suis seule héritière, le service succession joignable uniquement entre 14.30 et 16.00…
    8 mois après le décès, je n’ai toujours aucun relevé final des comptes, aucun justificatif sur les mouvements.
    Je leur ai envoyé un courrier en novembre pour demander des explications, j’attends la réponse.
    Le directeur de notre agence bancaire redoute de me voir alors que, dans ce dossier, eux ont parfaitement géré l’affaire et tenté à chaque fois de rattraper les bourdes du siège.
    Youpi !
    Courage à vous.

  2. Louisianne : non, le centre où elle est c’est pour la vie. C’est pour la prendre en WE de temps en temps, moins souvent que ne le faisait maman, mais pour qu’elle se change les idées…

  3. Après avoir vécu pour ses enfants (avec bonheur, évidemment) puis pour ses parents (avec amour, cela va de soi), il est plus que temps de commencer à vivre pour soi. Avec plein de belles choses au tournant, j’en suis convaincue. Mais si mais si 😉

    Je t’embrasse.

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