Petits retours en arrière…

clin-doeilQuand j’ai passé mon bac en 1976 (hélas, comme le temps passe), les terminales étaient réputées pour leur côté hippies par bien des côtés. Pour les filles c’était cheveux longs au maximum (et raides), la tunique brodée à la Véronique Samson, les sabots, etc… Pour les garçons j’ai moins de souvenirs, en dehors de leurs coiffures qui feraient frémir d’horreur les jeunes actuels…

Nous avions une particularité : nous parlions écologie, planète en danger et tout le monde se fichait de nous !

Les « babas cool » emmerdaient en gros… avec leurs histoires de pollution, d’ordures, de colorants alimentaires, de mal bouffe, d’air irrespirable par endroit (entre Rambouillet et Paris c’était flagrant dès que l’on descendait du train à Montparnasse) etc…

Dans mon entourage, seul le prisonnier pronostiquait, pessimiste « le monde croulera sous un tas d’ordures ». L’apiculteur haussait les épaules : à l’époque les abeilles n’étaient pas menacées, et il s’en foutait un peu de ne plus voir de coquelicots ou bleuets dans les champs de blé.

Nos mères, grand-mères, s’étaient précipitées avec joie sur les lessives les plus performantes, les enzymes gloutons, les assouplissants leur faisant gagner du temps au repassage, et pour tout ce qui était soins corporels, rien n’était assez bien. Le premier vrai démêlant était vendu en pharmacie, en ampoule, et puait le cadavre, mais maman en usait tout de même avec 3 filles aux cheveux longs. Puis j’ai fait l’acquisition du premier démêlant « crème » « Miss Helen », et chaque shampoing nouveau qui sortait, était testé, et souvent adopté.

Maman était devenue la championne de la purée mousseline (pour 6 quel gain de temps ! ) mais l’on commençait à parler des colorants. Saucisses de Francfort ou de Strasbourg se devaient de ne pas être de la même couleur, mais un jour où la choucroute était devenue bien rose, papa s’était demandé si l’on n’avait pas raison de s’insurger contre les colorants…

Une chaîne d’avant garde avait montré un documentaire sur les sirops : rouge c’était grenadine, vert c’était menthe, etc, alors que l’on servait le même sirop avec des colorants différents. Seule une gamine avait déclaré « je trouve que tout cela a un peu le même goût », et ce fut la chasse aux colorants, qui ne dura pas…

Aujourd’hui, on sait qu’il y a plein de trucs mauvais pour la santé, en cosmétiques, en bouffe, en produits d’entretien, en boissons, et une réaction très certaine se fait sentir. 15 ans avant leur mort, mes parents étaient revenus à la vraie purée, aux plats faits maisons sans trop de sel, aux vraies confitures sans gélifiants, etc… (BON, il faut reconnaître qu’il faut avoir le temps pour les achats, et pour cuisiner ! )

IL ETAIT TEMPS !

Trop de sel, trop de sucre, des perturbateurs endocriniens, que sais-je encore, nous alertent vraiment. Les colorants ont repris leur place pourtant, et actuellement le summum d’une pub c’est le « fabriqué en France », « sans paraben » (oui mais le reste ???  et d’où viennent les produits traités au final en France, ce qui suffit à dire « fabriqué en France ? (même si le poulet vient du Brésil avec antibiotiques interdits en UE ou hormones de croissance, ou le cornichon d’un pays où les ouvriers crèvent des produits qu’ils ont inhalé ? Je ne vous parle pas des tomates, c’est à vomir).

Maintenant on ne sait plus où donner de la tête sur le web, pour trouver LA recette de la lessive écolo, ou du shampoing ou de l’assouplissant.

Ah l’assouplissant ! Ah, la lessive alors que nos grand-mères « mettaient à couler » avec de la cendre de bois… C’est ce que j’appelle nos retours en arrière psychologiques…

Ces femmes là ne sont pas en cause : elles ont profité d’un progrès notable pour elles. Il suffisait de garder les produits, pas de faire de la concurrence à longueur de temps (mais là, je délire…)

Lors de ma première période de vaches maigres, en 1996, après mon opération de l’épaule, j’ai été arrêtée 20 mois avec 1/2 salaire pour vivre et les deux filles à la maison. J’appréhendais donc le caddy avec lessive, lessive pour lave vaisselle, assouplissant, sels pour lave vaisselle et liquide de rinçage : je triplais la mise, et j’appelais cela le caddy de l’horreur !

DEPUIS :

  • J’utilise en lieu et place de l’assouplissant à linge, du vinaigre blanc. Pour plus d’efficacité, j’en mets aussi avec la lessive dont je diminue systématiquement les doses de moitié, le tout à 40° maximum. Je ne garde l’assouplissant que pour les draps pour l’odeur, mais d’ici peu ce sera terminé  Ma voisine d’en dessous m’a refilé son truc : mélange d’eau de Cologne à 2 Euros le litre avec le vinaigre et tout sent bon. Pour les lainages je garde également l’assouplissant. Je précise que le dernier qui a jeté un oeil dans mon lave linge (l’homme de l’art, une baleine de soutien-gorge s’étant faufilée sur UNE résistance) m’a dit : « on dirait un lave linge neuf ».
  • Pour le lave vaisselle, j’avais opté en 1996 pour des cristaux de soude vendus une misère à la place des tablettes miraculeuses (une cuillère à soupe pour une lessive), et du vinaigre blanc également pour le rinçage (inconvénient, il faut être là quand il démarre pour le verser soi-même, le dosage prévu pour le liquide de rinçage ne convenant pas). J’ai appris dans le traitement des eaux que l’on peut remplacer les sels du lave vaisselle par du gros sel. On peut s’en passer également, si l’on dose bien le vinaigre. Donc, je m’en passe, et pourtant l’eau chez moi est horriblement calcaire.
  • Pour le shampoing je prends le moins cher, et pour l’après shampoing aussi (le bicarbonate de soude n’est pas idéal pour tout ! ) en gardant la giclée de vinaigre dans la dernière eau de rinçage, comme quand j’étais petite, pour faire briller (et surtout neutraliser le calcaire). Pour le shampoing je fais cela depuis également mon « stage » de 9 ans en traitement des eaux. Un de nos clients était tout simplement l’Oréal et de la même chaîne sortaient 7 shampoings, du plus cher au bas de gamme. Rien n’était rajouté ou retiré pendant le fonctionnement, seul le flaconnage et le colorant changeaient en cours de journée !
  • La dernière droguerie de mon village a fermé : je ne trouve plus de cristaux de soude, mais si l’on en trouve ailleurs, faites-moi signe. Au pire je reviendrai au lavage en poudre le moins cher et point barre.
  • LE MOINS CHER c’est souvent le meilleur choix !
  • Je n’ai jamais osé utiliser les cristaux de soude pour le linge : c’est caustique… Et je ne vais pas aller recueillir des cendres des bois à mettre dans mon lave linge après l’avoir pilé :  faut pas pousser, ma voisine d’en dessous (toujours elle ! ) écolo à mort a eu un problème avec cela (lave linge niqué, ton compte en banque plombé).

On peut faire son vinaigre soi-même (et je me tâte pour récupérer le vinaigrier de maman, enfin non, je vais le récupérer), sa lotion pour le visage aussi bref…

Nous retournons en arrière pour certaines choses… C’est bien si l’on a le temps, la patience, le goût.

MAIS :

Combien d’entre vous changent de smartphone régulièrement ? (perso je n’ai qu’un téléphone portable basique, mais ce n’est pas pour me vanter, c’est que cela me suffit). Savez-vous quels composants sont utiles pour les fabriquer ? Dans quelles conditions ? D’où sont extraits les dits composants ? Dans quels pays et les dangers et salaires pour ceux qui procèdent aux extractions ?

Penser à l’avenir, au devenir, ne se concentre pas que sur un seul objectif (la bouffe ou le cosmétique ou le nettoyage…) mais sur une globalité qui dépend de nous tous.

Car la vie et la consommations sont : DE LONGS CALVAIRES !

 

8 réponses sur “Petits retours en arrière…”

  1. J’utilise aussi le vinaigre. Je trouve les cristaux de soude
    chez LE..RC en cartons d’un kg sous la marque St M..C. Je retiens le mélange eau de Cologne + vinaigre. Bonne journée.

  2. Il y a tellement de saloperies partout et depuis des années que ça me désespère, parfois. Peut-être que je dis ça parce que je suis prof, mais s’il existait une forme d’éducation à la consommation, systématisée et concrète (avec la garantie que les formateurs seraient « indépendants » sans aucun lien avec un/des lobby industriels, je sais, je rêve), ça serait déjà pas mal.
    Sinon au quotidien j’utilise beaucoup le vinaigre blanc aussi (j’ai vérifié il y a encore des cristaux de soude au G20 à côté de chez moi), mon lave-linge tient depuis 2003 avec ça. Des fois je rajoute des huiles essentielles (genre arbre à thé, giroflier et lavande), sachant qu’un flacon peut durer plusieurs mois, ça va, c’est pas la ruine). Et le savon noir liquide aussi, je m’en servais pour dépanner quand j’avais plus de liquide vaisselle, pis j’ai découvert qu’il laissait les mains toutes douces donc il fait plus dépannage et il me sert de savon à main.

  3. C’est drôle, on y revient de plus en plus au vinaigre blanc, cristaux de soude, bicarbonate de soude et autre ! Et on a l’impression de découvrir l’eau chaude alors que nos aïeuls les utilisaient déjà. Je trouve ça bien que de plus en plus de gens se posent la question de la toxicité des produits !

  4. Rathilde : c’est contraintes et forcées que nous revenons en arrière. Pour les cristaux de soude, je n’ai jamais osé avec mon linge. J’ai une copine par contre qui fait tourner son lave vaisselle sans rien du tout que du vinaigre au moment du lavage et du rinçage. Comme elle le dit « ce n’est pas le plus extraordinaire, mais c’est propre »… Devoir revenir en arrière à cause de produits remis en question, mais qui ne seront supprimés qu’en 2020 ou 2022, c’est cela qui est désespérant !

  5. Tout pareil ou presque!
    Mes cristaux de soude, j’en ai trouvé chez biocoop, mais ma mère en a trouvé en magasin plus traditionnel (Intermarché ou leclerc).
    Pour l’instant, je n’en mets que sur du blanc…

  6. Coucou,

    C’est un peu comme ça chez nous aussi, pour cause initiale de terrain allergique (et d’allergie à la surconsommation) me concernant.

    Vinaigre blanc pour le linge (une exception: un peu d’assouplissant pour les draps, j’adore cette odeur), dose de lessive réduite de moitié, shampoing pour bébé pour laver les lainages, ménage au « pschitt magique », cuisine maison (pas de sel quand je cuisine, peu quand c’est mon mari, et dose de sucre réduite au moins de moitié à chaque recette sucrée), boycott du jetable (lingettes, sopalin, mouchoirs en papier…), on prend le train dès que possible…

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