Les fifi-tesques aventures (part 4)

Je rentre du lycée un beau jour, alors que le fifi fait partie de notre vie depuis déjà plus de 2 ans et demi, pour retrouver Mrs Bibelot dans tous ses états. Le fifi a disparu.

Elle ne voit pas comment : jamais la porte fenêtre n’est ouverte sans que l’on ne s’assure qu’il(elle) est bien dans sa cage. Depuis le matin pas de fifi. Elle a fait exprès de ne pas lui mettre d’eau dans sa cage. Car le fifi a son truc à lui(elle) quand il n’a plus d’eau. Il va se poser dans l’évier en acier inox et il cogne avec son bec. Il a très bien repéré que rapidement quelqu’un vient lui donner à boire. Là rien, pas de nouvelles…

Nous bougeons les meubles et surtout le frigo sur lequel il(elle) aime bien se poser. Rien…

Le lendemain matin, toute la famille est sombre. C’est l’hiver, si le fifi a réussi à s’enfuir, quelle nuit a-t-il passé ? Maman met la cage sur le balcon. Rien. Parfois elle sent sa raison vaciller, il lui semble entendre un bruissement d’aile quelque part dans la cuisine. Combien de fois déplacera-t-on le frigo et les meubles derrière lesquels il aurait pu tomber ? 2 jours se passent encore. Le fifi ne reviendra plus, et nous ne savons pas ce qui lui est advenu…

Je rentre du lycée comme tous les jours, là mon frère ravi me demande d’aller voir dans la cuisine. Il y a une surprise : dans sa cage, dans son nid, dormant un peu, le fifi est là et bien là… pâle et amaigri et mort plus qu’à moitié… Mais c’est bien lui. Maman lui a mis à boire tout à côté de lui et il n’arrête pas d’aller s’abreuver avant de se recoucher.

Un bruit l’après midi… Maman est certaine de l’avoir entendu. Elle à dit « fifi fifi », mais le fifi a l’habitude de se tapir quand on l’appelle et dans sa situation c’était un peu couillon… Mais là elle est certaine et entêtée, elle n’est pas folle, elle a bien entendu un bruit d’ailes. Mon frère est là, il déplace à nouveau le réfrigérateur d’où le bruit semblait venir. Rien. Il tire le frigo un peu plus et là : « je la vois ! ». Coincé le fifi, entre le corps du frigo et les jolies circonvolutions qui font du chaud pour nous faire du froid.

Ils le sortent de là. Le fifi n’est pas blessé, mais d’après mon frère et ma mère, il s’évanouit dans leur main. Plus de 3 jours sans manger et surtout boire, le long d’un serpentin qui chauffe… Ma mère empoigne à nouveau son compte goutte pour hydrater l’oiseau. Ce serait tellement bête qu’il meure maintenant le fifi. Mais non, il ne va pas mourir tout de suite. Il accepte d’aller dans sa cage où il s’abreuve pendant 3 heures.

Tout le monde rentre à tour de rôle. C’est la joie (oui nous sommes très intelligents…) et du coup, nous, pendant que le fifi recommence à manger, Mrs Bibelot nous fait du riz au lait que nous adorons tous.

Le fifi n’a plus jamais remis ses pattes sur le frigo. Nous n’avons jamais sû comment il s’en était cassé une, vilainement, un an plus tard. Nous avons essayé de lui mettre une attelle, nous l’avons emmené chez le vétérinaire, mais il n’y avait rien à faire, qu’à lui épargner de perdre son sang jusqu’à la mort…

Et cette alouette qui se perchait sur les meubles, se penchait pour nous faire « cui » d’un air ironique, qui se couchait dans nos bouquets de fleurs (véridique), qui se posait sur notre épaule, qui nous picorait la joue, qui demandait à boire en tapant dans l’évier, qui décrochait les crayons, qui lançait sa trille pendant que le lave vaisselle fonctionnait, et bien…

Nous l’avons pleurée.

D’ailleurs c’est devant le chagrin qu’elle laissait derrière elle que mes parents ont pris un épagneul breton qui a vécu, vous l’imaginez, un véritable d’enfer…

3 réponses sur “Les fifi-tesques aventures (part 4)”

  1. Merci pour ces délicieuses aventures, c’est vraiment charmant à lire ! Et il s’en passe toujours des choses dans cette famille ! Quel régal ! J’attends les suivantes avec impatience !

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