Delphine au supermarché avec maman…

Dès sa naissance, Delphine a été branchée bouffe, la survie de l’espèce passant par elle.

Il est très agréable d’avoir une enfant qui mange sans problème, est curieuse de tout « je peux goûter maman ? » « mais oui ma chérie » « oh, c’est bon le boudin », et qui vide son assiette après avoir terminé celle de sa soeur.

J’allais faire mon plein le vendredi midi à Carrouf. C’était le jour des stands de dégustation et Delphine n’était pas bien haute, vu qu’elle n’allait pas encore à l’école maternelle. Je ne l’asseyais pas dans le caddy, elle ne risquait pas de me perdre de vue, n’essayant pas de se perdre (comme sa soeur). Elle déambulait donc à son aise dans le magasin, moi à portée de vue.

Pour elle, ces stands de dégustation étaient une aubaine, et il m’a fallu du temps pour comprendre qu’en rentrant, il était inutile de la faire déjeuner : c’était fait.

Je revois mon petit bout de bonne femme, dans sa robe préférée, repérant les stands intéressants : fromage, charcuterie, terrines. Elle était trop petite pour être vue de la présentatrice qui voyait ses canapés fondre comme neige au soleil… Devant le stand, ma Delphine, sa petite main attrapant le canapé, puis un autre, puis un autre… Jusqu’au jour où elle a été prise en flagrant délit au stand « fromages ».

La dame voyait bien que ses canapés disparaissaient, mais, elle ne voyait personne. Jusqu’au moment où elle a vu une petite main attraper « hop là », un morceau de reblochon. Elle s’est penchée, a découvert ma fille en train de boulotter, avec son air grave et souriant à la fois, juste en dessous de la ligne d’horizon de la table de dégustation.

  • Ah c’est toi petite biquette ? qui pille mes fromages tous les vendredi ? » ?
  • Vi !
  • Et tu veux quoi ma poussinette ?
  • Du Babert !
  • Tiens, voilà une jolie part de camembert ma biquette… Dieu qu’elle est mignonne votre puce madame. C’était tellement adorable, cette petite main que j’ai vue tout à coup. (j’espère que vous avez les larmes aux yeux au moins…)

La même main qu’au stand charcuterie vers lequel elle se dirigeait, en habituée, elle connaissait par coeur le parcours de dégustation. N’y a jamais été prise d’ailleurs. Les rillettes, saucissons, saucisses sèches, jambons crus, y disparaissaient mystérieusement… Avec la complicité certainement avouée de la dame aux fromages juste à côté. Car on ne m’ôtera jamais de l’idée que la dame du stand charcuterie déposait le « à déguster », volontairement à portée de ma puce…

Elle extorquait un fruit un peu tapé au rayon fruits et légumes et rentrait à la maison pour aller digérer en faisant sa sieste…

Championne du monde dans le style. Manquant être battue par son cousin, 15 ans plus tard, qui savait très bien dire, quand ma soeur s’arrêtait au stand charcuterie

« moi je l’aime bien le petit sisson ».

Et il repartait avec quoi le chiard ? Avec deux tranches de saucisson, deux de mortadelle et deux d’andouille. Personne ne pouvait résister devant ses yeux innocents de celui qui aime le saucisson, et c’est les larmes aux yeux (tout de même) que les gérantes du stand charcuterie/viande fraiche, le voyaient partir, l’air innocent en boulottant son butin…

Jusqu’au jour où il a tout gerbé sur la caissière, à cause d’une peau mal venue. Delphine sort donc, tête haute, du concours…

Une réponse sur “Delphine au supermarché avec maman…”

  1. Elle avait tout compris!!
    Moi c’était chez la nounou! Pas besoin de me faire manger toute seule avant elle et ses enfants plus grands, je mangeais 2 fois!!

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