La première vraie robe de Delphine…

J’avais choisi la première robe, ayant la certitude que c’était encore (chic !) une petite fille (à savoir en sortant après échographie), et beaucoup d’autres robes après. Après des années de galère financière, Albert gagnait enfin plein de sous, vraiment plein, j’ai su pendant une période ce que c’était que d’avoir de l’argent et de ne pas se poser de question.

J’avais arrêté de bosser pour m’occuper des filles, de la maison, du jardin, etc… Tous les jeudi j’allais « traîner » avec Mrs Bibelot et Delphine qui n’était pas encore à l’école, pendant que Pulchérie grimpait dans les pommiers à l’école maternelle.

Ce jeudi là, j’avais RV avec la banquière. C’était l’époque bénie où elle me téléphonait pour me proposer des placements et non pas me demander comment combler le trou. Pendant ce RV, Mrs Bibelot avait parcouru la rue principale de Rambouillet avec Delphine (attention, ce n’est pas les champs non plus, ne pas rêver, pour un habitant d’une vraie grande ville le réflexe est « c’est une rue principale ça ? »).

Bref, elles m’attendaient toutes les deux à la sortie de la banque, Delphine ayant lâché son pouce et me regardant d’un air un peu anxieux. Et sa grand-mère de préciser : « elle a vu la robe de ses rêves chez Materna ».

Bon, direction Materna, Delphine précédant la marche et y entrant d’un pas assuré. Et la voici sur le portant circulaire, faisant défiler les petites robes pour me montrer LA ROBE.

Saumon, avec du plumetis blanc, gansée de blanc au col et aux manches (courtes). Certes pas ce que j’aurais choisi pour ma fille, mignon tout de même, mais elle semblait tellement en admiration que j’ai demandé s’il y avait sa taille. Angoisse à nouveau chez elle, mais OUI, il y avait sa taille.

Essayage : « nous la prenons »

  • « Et la petite demoiselle, elle veut la garder sur elle ? »

Quelle question ! Elle n’a pas arrêté de se mirer dans toutes les vitrines, le sourire aux lèvres, toute heureuse.

Peut-on, quand on peut faire le contraire, refuser ce coup de foudre à un enfant ?

Je sais qu’elle s’en souvient. C’est SA ROBE…

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