Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Coup de blues'

Histoire de montre…

L_heure_d__t__10026396Ma première montre m’avait été offerte pour mes 10 ans, en prévision de mon entrée en sixième où j’aurais à prendre le bus et non pas un car de ramassage scolaire (ne confondons pas). Il allait me falloir être à l’heure, et comme j’avais avalé une horloge à ma naissance, il ne me suffirait plus de regarder par la fenêtre (l’école se trouvant juste en face), pour ne pas connaître le retard.

Ce n’était pas une montre de grand prix, une Kelton je crois, qu’il fallait remonter tous les soirs. J’aimais bien ce petit cérémonial, m’asseoir sur mon lit, remonter scrupuleusement ma montre avant de la poser sur ma table de nuit. Son tic tac me plaisait, et je m’arrangeais pour la disposer de manière à ce que je l’entende bien.

Elle ne m’a fait que 4 ans, mon frère l’ayant fait tomber en chahutant avec ma soeur cadette. Devant les débris, Jean-Poirotte m’avait dit qu’aucun horloger ne pourrait la remettre en état, et j’ai eu une nouvelle montre pour mes 14 ans, toujours une à remontoir, un peu plus chère.

Aucune pile à changer, en cas de pépin un horloger la démontait et vous réparait le problème. Certains mécanismes étaient inusables, Mrs Bibelot a encore une montre du 19ème qui fonctionne encore, et une pendule qu’il faut également remonter avec une clef. Maintenant je ne sais pas si le métier d’horloger se porte toujours bien.

C’est papa qui nous a tous appris à lire l’heure, à ses petits enfants également, en fabriquant une fausse horloge avec une boite de camembert, deux aiguilles découpées dans du carton, le tout monté avec une punaise…

Maintenant j’en connais qui, grâce à l’affichage digital d’une diabolique précision, ne savent plus lire l’heure sur une pendule normale ou une montre normale.

D’ailleurs le “il est midi et quart” est en voie de disparition, comme les ours blancs, remplacé par un diabolique “il est 12 H 14″.

Et quelle n’a pas été ma consternation il y a 20 ans, alors que je devais changer ma très très vieille montre, de découvrir que celles que l’on remonte coûtent un rein, et quelle drôle d’idée madame de vouloir remonter votre montre… J’ai donc une montre à pile qui lâche quand elle veut, généralement le jour où l’on a un rendez-vous important…

Durée de vie de la montre : 5 ans maximum (je ne donne toujours pas dans le haut de gamme…), alors que celle de mes 14 ans m’a accompagnée jusqu’à mes 34 ans…

Ceci rejoint un peu mon post précédent. Je connais beaucoup de personnes qui ne portent pas de montre.

Papa a gardé de l’époque où il travaillait de ses mains, l’habitude de ne porter ni montre, ni alliance, ni quoi que ce soit qui peut se prendre dans une machine et vous faire perdre un doigt ou vous blesser gravement. Maman n’en porte pas sous prétexte qu’elle a l’heure partout (dans la voiture, dans la cuisine (une pendule et deux réveils, aucun ne donnant la même heure à la minute près), sur le magnétoscope DVD/VHS, son four, etc…

Idem quand je bossais encore, j’étais quasi la seule à porter une montre, avec Dame Venesia qui en avait une de valeur. Pourquoi avoir une montre puisque même sur l’ordinateur, on pouvait voir l’heure ?

Je garde pourtant toujours la mienne. Il faut dire que je n’ai jamais pris la peine de mettre l’heure sur mon lecteur DVD/VHS, mais maintenant je l’ai sur ma box. Ce qui ne m’empêche pas de consulter ma montre de temps à autre. En voiture idem, je n’ai pas l’heure, le boîtier musique + affichage de l’heure ne m’ayant pas été vendu avec. Je suis donc bien contente de pouvoir consulter mon bras, pour savoir si je suis à l’heure ou pas.

Savoir d’ailleurs, que ma montre avance toujours de deux ou trois minutes, c’est fait exprès, depuis l’époque où je prenais le train, où le train était à l’heure (eh oui, ça existe) et qu’à une minute près et bien, nous étions bons pour attendre le suivant (et être en retard, ce qui ne m’arrive quasiment jamais, si j’ai deux minutes de retard tout le monde s’alarme : il m’est arrivé quelque chose).

Là encore on va me dire :

  • Tu as ton portable
  • Tu as l’heure sur ton four micro ondes dans la cuisine
  • Tu as l’heure sur ta box
  • Tu as l’heure sur ton radio réveil

Le tout étant à remettre à jour deux fois par an au mieux, lors des changements d’heure, ou après une coupure de courant. J’étais toujours heureuse en me réveillant la nuit pour constater devant mon radio réveil clignotant 0:00 (il y avait donc eu coupure de courant), d’avoir MA MONTRE pour faire la remise à l’heure. Car tous les appareils électriques étaient dans le même cas : remis à zéro…

A une époque où les filles veillaient à ce que tout soit à l’heure (sans porter de montre), elles remettaient à l’heure le magnétoscope pour le salon, le micro ondes pour la cuisine et pestaient qu’il n’y avait pas l’heure dans la salle de bain (d’où le fait que prendre un bain et vider le ballon d’eau chaude leur prenait environ deux heures…).

Et puis quand on est à pied, c’est irremplaçable (non, ne me demandez pas de sortir mon portable, il me faut ouvrir mon sac, le récupérer, le scruter s’il y a trop de soleil, ça m’insupporte…)

Oui, la montre aussi, il faut la remettre à l’heure : mais pas en cas de coupure de courant…

Et je bénirai celui qui remettra en vente, à prix normal, LA MONTRE DE MON ENFANCE : celle qui se remonte tous les soirs (ou le matin, c’est au choix)…

Il faut que je pense à faire un petit lexique pour les plus jeunes (mon neveux, mes deux dernières nièces).

  • Qu’est-ce qu’un tourne disque
  • Pourquoi remonter une montre
  • Pourquoi remonter un réveil
  • Etc…
  • Dans 10 ans, j’aurai l’équivalent d’un dictionnaire.

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 5 mars '13 par , dans Coup de blues. 29 Commentaires.

11 novembre 2012 – Le voyage d'un père…

11 novembre 2012Je vous ai présenté le Bleuet* l’année dernière (ICI) et son étrange rencontre de ce qui a du être un ange, dans les tranchées de la grande guerre. D’un post à l’autre en renvois, finalement vous savez tout…

Le premier mort de la famille (un cousin germain du bleuet) qui comprenait hélas pour eux, beaucoup d’hommes en âge de se battre, et peu de filles,  fut celui que mon arrière-grand-mère et sa soeur (Tante Hortense), appelaient “le cousin Mac”.

Le 26 août 1914, le mortuaire arriva, à une époque où les municipalités faisaient “quelque chose” en hommage au mort, tué, celui-là, au 23ème jour de la guerre. Après il y en eut de trop, on renonça, c’était déjà bien assez pénible comme cela d’avoir à se déplacer encore une fois, une fois de trop, pour annoncer une mauvaise nouvelle à une famille désormais endeuillée ou à nouveau endeuillée. (Le maire de la commune eut tout de même l’obligation d’apprendre à une femme la mort de son mari et de ses cinq fils…)

Mais la cérémonie ne consola bien évidemment pas les parents, Léon étant leur seul fils, qu’ils avaient eu sur le tard, à la quarantaine, désespérant depuis leur mariage 15 ans avant la naissance miraculeuse, d’avoir la famille de leurs rêves.

Sa femme s’étouffait de douleur nuits et jours, refusait de recevoir qui que ce soit venant la consoler, maigrissait à vue d’oeil, alors “l’oncle Mac”  prit une grande décision, à 63 ans.

Il irait chercher le corps de son fils, là-haut dans le nord. Il le ramènerait, il le mettrait dans le caveau de famille à 800 mètres de la grande maison. Il y aurait enfin un endroit où sa femme pourrait aller épancher sa douleur, un endroit où se recueillir… Il ferait SA guerre à lui, puisqu’il avait été trop vieux pour prendre la place de son fils.

L’odyssée de cet homme nous est quasi impossible à comprendre. Tante Hortense et mon arrière Grand-mère savaient, il leur avait tout dit, mais nous, nous ne savons plus.

Il a pris le plus d’argent possible, si possible en pièces d’or (c’était une famille très aisée). Il a emprunté deux ou trois tenues de garde chasse, de paysans, d’homme ordinaire, et il est parti en train, vers le nord.

Puis il a payé grassement un paysan (inapte à la guerre donc quelque peu handicapé) pour l’accompagner avec sa charrette jusqu’au lieu fatal où était enterré son fils.

Il avait tous les papiers possibles et imaginables pour passer en zone “interdite”. Jamais il n’a vendu le faussaire de la commune, qui les lui avait délivrés…

Ce n’était pas encore trop le désordre DEBUT OCTOBRE, et même si certains ont été surpris de voir cet homme digne mais ferme arriver, ils surent écouter ses doléances.

Léon était enterré à un endroit précis qui lui fut montré, mais le père voulait être sûr. Il ne voulait pas que rapport à une erreur de mémoire ou de plaque d’identité inversée, il puisse ramener le corps de quelqu’un d’autre…

Il a donc fallu déterrer le corps, et à la demande du père qui l’a fait lui-même, ouvrir le cercueil sommaire qui le contenait. Par la suite, les cercueils ne furent plus nécessaires, le linceul non plus, on enterra les corps comme on le pouvait… (en mélangeant parfois les morceaux, excusez-moi les jeunes, pour cette horrible précision !)

Je n’ose même pas imaginer ce que scruta le père, de ce qu’il restait d’un fils mort un 23 août, en ce début octobre. Je ne peux même pas imaginer quels furent les sentiments qui l’animèrent à ce moment là. Nous savons seulement qu’il reconnu la médaille de baptême que son enfant portait toujours et “un problème au niveau d’une canine de la mâchoire supérieure”. C’était bon, c’était bien son fils, et il voulait l’embarquer.

“Impossible lui rétorqua le chef du secteur”. Vous ne passerez jamais avec un cercueil dans cet état et CE qu’il y a dedans”.

Le père commanda donc un cercueil au village le plus proche. Le cercueil dans le bois le plus dur, le plus imperméable, fermant le mieux possible, le cercueil le plus beau,  et 10 jours après, le corps de Léon quitta sa première boîte pour rejoindre la seconde et dernière. Plomber le cercueil était impensable : le plomb était bien trop précieux…

Le commandant du secteur sans trop d’hésitations (c’était les tous débuts, et pour eux, la guerre devait durer au maximum un an), délivra un certificat comme quoi l’oncle Mac emportait bien le corps de son fils Léon Mac, mort le 23 août 1914, enterré sur place à X (top secret) et déterré sur la demande de son père, avec l’accord de l’administration et des armées, pour être inhumé chez lui.

Le père anesthésié moralement désormais, récupéra la médaille. Il avoua être resté 3 jours sans manger pour finir par vomir intact, le repas pris 72 heures auparavant, juste avant le transfert du corps d’un cercueil à un autre et la récupération de la médaille.

Puis il paya grassement l’homme qui avec sa charrette, lui, le cercueil de son fils et son fils, allait le ramener chez lui, dans ce qui était encore la Seine et Oise et devait devenir un jour “les Yvelines”.

Ils purent parfois prendre un train avec leur charrette, firent ce qu’ils purent pour éviter la réquisition des deux bidets la traînant, et un beau jour, un 11 novembre 1914, Léon put être enterré de manière légale et reconnue, “chez lui”, dans “son” village où il eut droit à une deuxième cérémonie officielle, ce qui lui fit une belle jambe, et Tante Hortense put venir pleurer sur sa tombe (nous le savions bien que c’était lui, l’homme X de sa vie).

L’homme qui avait aidé l’oncle Mac resta sur la propriété jusqu’à la fin de ses jours, logé, nourri, salarié, aimé. Avec lui, chargé du chenil “pour la gloire”, l’oncle allait parler tous les jours, l’oeil terne et morne, regardant ailleurs, et revoyant ce que nous ne devrions pas voir, sentant ce qu’il avait senti quand le temps se réchauffait et que des émanations trop nettes lui rappelaient ce qu’il se passait derrière lui, dans le cercueil, dans la charrette.

La mère de Léon récupéra la médaille de son fils en pleurant, mais de pleurs apaisés. Désormais, elle avait une tombe sur laquelle aller se recueillir, et pouvait sans déshonorer la famille, recevoir ouvertement celle qui aurait pu devenir sa bru.

L’oncle Mac ne fut plus jamais le même.

Il y avait pour lui :

  • Avant le voyage
  • Le voyage, la peur et l’espoir tout de même, au ventre
  • La reconnaissance du corps
  • L’extraction de la médaille de baptême du corps
  • Le voyage de retour, avec donc, quand le temps se mettait au doux, des relents lui rappelant ce qu’il advenait de ce qu’il restait de son fils, juste derrière lui…
  • Donc il y avait un avant et un après. D’ailleurs lui, n’allait jamais sur la tombe de son fils. Pour lui, la vraie était restée là-haut, dans le nord, dans un coin dont il avait oublié le nom…
  • Et il y avait finalement pour lui, l’amour sans fin qu’il avait pour sa femme, car c’est pour elle surtout, qu’il avait entrepris ce triste voyage. Elle ne s’en est jamais rendue compte vraiment… Mais il ne lui en a jamais voulu, parce que c’est cela l’amour.

Le cousin Mac repose au cimetière familial dans le village de mes parents. Les siens l’y ont rejoint, tante Hortense aussi, et quasi tout le reste de cette génération qui a été maudite pour on ne sait quelle raison.

Si son père ne s’était pas dérangé, peut-être serait-il au milieu d’autres, si bien représentés sur cette photo où la terre de France se souvient… Ou peut-être serait-il disparu à jamais, tant de corps n’ayant jamais été vraiment retrouvés après de multiples bombardements…

Car la vie n’est qu’un long, long, long, calvaire… Surtout quand on évoque cette période là…

1.300.000 hommes, rien que pour la France, sacrifiés pour que l’on remette cela 20 ans plus tard…

PS : cette histoire est 100 % authentique. Trop de papiers ont disparu pour que je puisse vous donner les lieux exacts, mais ce voyage, ce père l’a fait.

PPS : un jour férié qui tombe un dimanche, vraiment ces hommes là sont morts pour RIEN !

Photo : Merci MARCUS !

Posté le 11 novembre '12 par , dans Coup de blues, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Parfois, on y songe vraiment…

Parfois, souvent, devant l’absence de commentaires sur ce blog, je songe vraiment à l’arrêter maintenant, tant qu’il en est encore temps

Après tout il a eu 6 ans en juin, il a peut-être fait son temps. Je fais désormais figure d’ancêtre sur la blogosphère.

Ce n’est pas du chantage, c’est une simple constatation, et cela ne vient pas de la cigarette… Ne pas se méprendre sur le coup de blues…

J’y pense de plus en plus. C’est pour moi une bouffée d’oxygène que je ne prends plus tous les jours, mais tout de même…

C’est une bouffée d’oxygène. Cétait

Je ne sais pas combien de temps je tiendrais encore. J’ai des millions de choses encore à vous dire, mais j’ai l’impression que vous n’êtes plus là.

C’est tout.

Y renoncer à ce blog,  me ferait mal.

Continuer dans ces conditions tout autant…

La vie n’étant qu’un long calvaire…

Peut-être qu’un jour je viendrai tout simplement venir vous dire adieu ici, après 6 ans 1/2 de bons et loyaux services (enfin, je le crois).

Posté le 18 octobre '12 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de blues. 93 Commentaires.

Le premier vrai chagrin…

Roland

Il y avait eu des départs qui ne m’avaient pas spécialement bouleversée. En avril 1978 quelques larmes pour une trop vieille dame, dont je savais qu’elle me manquerait mais… Rien d’extraordinaire toutefois, juste la vie et son cortège de tellement vieilles personnes que l’on sait qu’il est normal qu’elles nous quittent.

“C’est dans l’ordre des choses”, ainsi va la formule.

Et puis il y a eu ce matin là. J’avais 20 ans. Premier jour pour moi dans mon deuxième travail. Le téléphone a sonné et c’était à moi de décrocher. J’ai donc entendu des mots sans fards, sans métaphores, sans préambule. J’ai entendu que tu étais mort et aucun mot n’aurait pu changer la vérité. Papa et maman n’avaient pas eu le courage de m’appeler, c’était mon autre grand-père qui s’en était chargé.

Je n’ai pas trop osé pleurer, juste un peu sur le moment tellement j’étais choquée, et j’ai fait ma journée avec l’impression que quelque chose n’était pas vrai. J’avais envie de partir, mais on ne quitte pas son travail tout neuf le premier jour, surtout quand on n’a pas vraiment compris… J’ai oublié depuis, les appels que j’ai pu avoir ce jour là, je me souviens juste que je suis rentrée chez moi, et que j’avais peur de dormir dans ma chambre, tout le monde étant absent de l’appartement parce que c’était les vacances et tout le reste de la famille à la campagne, à 5 km. J’ai ouvert le canapé lit, j’y ai apporté des draps et je me suis couchée , la gorge serrée, sans y croire.

La nuit, j’ai rêvé de toi. Tu étais là et je te parlais et tu me parlais. J’ai touché ta joue pour la première fois en te demandant ce qui t’avait fait le plus souffrir, et tu n’as pas répondu. Dans mon rêve tu étais vivant, et j’avais oublié que c’était désormais faux. Et après les rêves, vient le réveil.

Car au réveil, la vérité est là, à nouveau. Il nous faut la réapprendre. Au réveil il y a le court instant où l’on se demande si l’on a rêvé, le moment où l’on réalise que non et qu’il faut affronter la vie qui continue. La vérité était là : tu étais mort. Et c’était injuste, et c’était impossible, et là j’ai vraiment pleuré, avec l’impression affreuse que tu étais tout de même là quelque part, que tu trouvais à la fois qu’il était juste que je pleure ton départ, et triste pour moi que je sois si triste, parce que tu avais forcément des choses à me dire qui auraient pu apaiser ma douleur.

Les gestes de la vie sont automatismes, et il est heureux de pouvoir les exécuter sans penser à ce que l’on fait. Mais au fond il y avait cette pensée lancinante, plantée dans le coeur que toi plus jamais… Toi plus jamais tu ne te regarderais dans un miroir. Plus jamais tu ne prendrais ton peigne pour te coiffer. Plus jamais tu ne te sentirais bien d’avoir bu ta boisson chaude du matin. Plus jamais tu ne sentirais le vent tiède de l’été caresser tes joues, même pour sécher des larmes.

C’était un 28 août, encore l’été pour un moment.

Et puis après il y a eu le refus de tes enfants de me voir à la mise en bière, pour m’épargner de te voir trop changé. Je n’ai eu droit qu’à la vision de ton cercueil dans une église trop froide, j’ai regardé la terre tomber sur toi quand on t’a fait descendre dans ta dernière demeure. J’ai pensé au soleil trop chaud même si j’étais glacée, à ce qui se passe sous la pierre tombale mise en place. J’ai eu vraiment peur pour la première fois et je ne pouvais rien faire contre ça.

Combien de larmes pour toi ? Je ne sais même plus. Quand j’ai tenu Pulchérie sur moi pour la première fois, quand j’ai été seule avec elle, je crois que tu as été le seul invité de ce soir si particulier. Et puis aussi pour Delphine. Il y a eu ces nuits noires où j’étais seule avec la vie venant de moi, que je tenais un peu de toi, blottie contre moi. Le moment où je me suis dit “il ne la connaîtra pas”. Les dernières fois où j’ai vraiment pleuré. Car je savais à quel point tu aurais été heureux de les prendre dans tes bras. J’imaginais en serrant mes filles contre moi, ton rire si particulier, ton regard pouvant être à la fois mélancolique et joyeux, et je pensais une fois de plus que ce n’était pas juste.

Comme l’autre, celui qui m’a encore accompagnée un moment, tu aurais été si formidable et si différent. Tu étais si patient. Tu aurais tenu leurs petites mains pour les accompagner dans leurs premiers pas, tu leur aurais lu des histoires, tu aurais ri de leurs babillages, sans jamais te lasser. Elles t’ont manqué et tes autres arrières petits enfants également, et tu leur a manqué.

Tu as été mon premier vrai chagrin, celui qui laisse une blessure ouverte, et qui fait que, 34 ans après ton départ, je pense toujours à toi… Même s’il y en a eu d’autres après toi mais plus dans l’âge de “l’ordre des choses”, toi qui m’avait permis de me préparer à d’autres chagrins. Et tu es dans la seule tombe que j’évite de regarder, parce que je sais que si je pose mes yeux dessus, forcément, ils se remettront à pleurer, comme il y a 34 ans, comme hier… Sans penser que sous la dalle, Mrs Tricot t’a rejoint comme elle l’a espéré et souhaité, de ta mort à la sienne 13 ans plus tard.

Mon premier vrai chagrin, qui m’a fait comprendre que j’en vivrais bien d’autres… C’est toi…

Et cela sera toujours toi… Parce qu’on ne peut pas revenir en arrière, ni changer l’ordre des choses…

Posté le 11 avril '12 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de blues. Pas de commentaire.

Mon flingage de moral annuel… (chacun sa croix…)

A ceux qui se sentent seuls, désemparés, ignorés, mal aimés, abandonnés, isolés, perdus, sans espoir, sans avenir, qui sont malheureux et loin de toute fête.

A ceux qui passeront ce moment à l’hôpital pour eux ou un de leurs proches. A ceux qui ont perdu un être cher juste à cette période…

A ceux pour qui le 31 décembre est tout sauf un jour de joie à venir.

A ceux que les lumières voisines renvoient à une solitude pesante, à ceux qui pleureront à l’heure du réveillon et le 1er janvier, à ceux qui se demandent si la vie a un sens. A ceux qui se demandent si une année nouvelle vaut qu’on la fête.

Je veux vous dire que tout mauvais moment a sa fin un jour, et qu’un jour de l’an, c’est peut-être une fête pour certains, mais que c’est une journée dans la vie et rien d’autre.
Et c’est toujours un jour de notre vie.

Un jour de notre vie c’est encore la vie.
C’est toujours la vie et nous n’en avons qu’une.

Toi qui passes par hasard “chez moi” en ces jours où tu es seul et triste, j’ai quelque chose à te dire d’important, alors lis moi jusqu’au bout.

Les statistiques sont formelles : la période des fêtes est très difficile pour certains, pour beaucoup (donc tu n’es pas seul), et les urgences, les pompiers ne travaillent jamais autant qu’en cette période où des personnes désespérées ont voulu s’arrêter là.

Nous connaissons tous ces moments où l’on pense qu’il n’y a plus d’avenir, plus rien à espérer, où la tristesse est intolérable, où la fête se déroule sans nous, où la seule issue semble être le sommeil éternel. J’ai connu des moments de ce genre, en ces périodes ou autres, car on ne choisit pas les sales périodes et mauvais jours, et grâce au ciel j’ai deux filles à qui je ne voulais pas faire “celà” Mais ce n’est pas parce  que tu n’as pas d’enfant peut-être que tu as une excuse réelle.

J’ai connu maintenant plusieurs personnes qui ont choisi d’en finir, le jour de Noël, le jour de l’an, c’est dire si le sujet m’interpelle. Malgré famille, amis, il n’y avait plus rien pour eux que des problèmes insurmontables, qu’ils ont cru résoudre par la mort.

La mort c’est le rien, la fin de tout espoir ! Parce qu’il n’y a plus rien après ! Tout est terminé sur cette option là, on ne peut pas revenir signer “j’ai coché la mauvaise case”. Quand c’est fini c’est fini. Plus de case à cocher, c’est le rien.

C’est le rien que tu veux vivre chez moi aujourd’hui ?

Réponds que non…

Leurs problèmes ne seraient plus rien à ce jour pour celui qui avait 33 ans et pensait ne plus pouvoir vivre de véritable amour, pour l’autre qui à 50 se croyait désormais inutile parce qu’un patron l’avait jetée comme une malpropre après 25 années de bons et loyaux services, et pour les autres il y avait de beaux jours à vivre encore… Tous laissaient une famille. Ils n’étaient pas seuls, et pourtant le désespoir les a poussés à l’irréparable, parce qu’en finir avec la vie est la seule chose irréparable. Alors je pense à ceux qui se sentent vraiment seuls, ou qui le sont…  Sans oublier que parfois on se sent seuls aux côtés de ceux que l’on aime.

Rien ni personne ne vaut la peine que l’on préfère partir… La solitude se combat, difficilement c’est certain, mais bon… on sort toujours du tunnel, il y a toujours une porte à pousser, un appel téléphonique à passer, et qu’importe que ce soit un anonyme qui saura écouter et répondre. Il y a toujours un mail à envoyer même si on ne connait pas vraiment le destinataire . Il y a une lueur dans la nuit, et par plein de blogs amis une terre où se poser enfin, l’air à respirer, les étoiles à regarder.

La nuit du 31 décembre au premier janvier, et le premier janvier ne sont qu’une nuit, et une journée.

Toi l’inconnu qui passe, ce jour, ici, avec une boule dans le ventre, du mal à respirer, des larmes plein la gorge, du sel plein l’estomac,  et l’impression d’être nul ou qu’il n’y a plus d’espoir, sache que la sorcière te maudira pour tes prochaines vies si tu fais une bêtise !
Tu peux contacter l’auteur, mais ne fais surtout pas de bêtise !!!!

Au pire tu prends un papier et un crayon et tu écris ta peine et ton désespoir. Pour le relire plus tard en te demandant comment tu as pu être aussi malheureux !

Demain sera un autre jour… Il y a plein d’autres jours… Je ne te souhaite pas une bonne année à venir, parce que cela ne veut finalement pas dire grand chose, si nos voeux se réalisaient, la vie serait merveilleuse pour tout le monde.
Je te souhaite simplement de continuer ta route.

Et tu vois, moi j’ai pensé à toi… 31 décembre/1er janvier, sont souvent des jours tristes


(Il m’est arrivé de pleurer tout un premier janvier, en pensant à ma tête, le lendemain, à présenter au boulot, et tu as raison de t’en foutre complètement !)

MAIS je sais DONC de quoi je parle !

TU N’ES PAS SEUL !

Alors vas voir là-bas si j’y suis au dehors les lumières faibles qui s’allument AUSSI pour toi

Et pour d’autres…

Posté le 29 décembre '11 par , dans Coup de blues, Histoire de sorcière. 20 Commentaires.

Madame…

veuveQuand j’ai appris la mort de votre époux madame, j’ai eu vraiment un serrement au coeur et des larmes sincères me sont montées aux yeux et à la gorge.

Car madame, vous êtes la maman d’un copain de classe de Pulchérie, de ma génération quoi. Vous êtes la première “de mon âge” à ma connaissance, à avoir vu “partir” son époux.

J’ai compris soudain, certains silences de mes parents évoquant trop d’amis désormais disparus, et je me suis révoltée tout à coup contre tant d’injustice, mais bien sûr, pas autant que vous…

Le jour ultime, je n’ai pas voulu vous déranger, alors que vos yeux noirs et noyés de larmes regardaient sans cesse le cercueil que l’on allait vous enlever pour aller en incinérer le contenu loin de vous, car vous ne pouviez pas, non, vous ne pouviez pas l’accompagner jusqu’à la vraie fin…

Le jour ultime, je n’ai pas voulu vous déranger, alors que chacun venait vous embrasser pour vous souhaiter bon courage. Chacun venait vous demander de montrer du courage, alors que le courage, et bien, souvent, on n’a pas d’autre choix que de le laisser en route, quelque part, ailleurs, dans un autre temps.

Je vous ai vue sortir de l’église, votre fils vous serrant contre lui, essayant de vous insuffler une force qu’il n’avait pas. Lui je suis allée le voir, et vos filles aussi. Elles ont un petit peu pleuré dans mes bras, parce que de toutes manières, elles pleuraient. Elles ont tout de même voulu me sourire au travers leurs larmes, pour me remercier d’être là, et finalement de ne rien leur dire.

Que dire ?

Votre fils a bien voulu être un homme moderne et montrer ses larmes en pleurant aussi dans mes bras, avec ces sanglots insupportables des hommes qui veulent être forts.

En le voyant, adulte, j’ai songé un bref instant à la photo de classe sur laquelle il figure avec Pulchérie, alors qu’ils sont si souriants, TOUS, et je me suis dit que dieu merci nous ne savons pas à l’avance.

Je ne lui évoquais sans doute que l’époque où il se crêpait le chignon avec ma fille aînée, en faisant assaut de jolies phrases et de l’humour mordant que découvre le pré-adolescent. L’époque où il était encore un petit garçon et qu’il ne savait pas.

De toute évidence, vous n’aviez qu’une envie : aller vous répandre quelque part, loin de tout le monde et de la foule qui voulait vous saluer en ce jour gris et pluvieux, à la hauteur de vos pensées, si vous pensiez encore…

Seule l’armée française fortement représentée, s’est totalement abstenue de venir vous serrer la main et prononcer des phrases qui ne servent à rien. Cela m’a réconciliée avec elle, et je me suis demandé pourquoi je lui en avais voulu un jour, de je ne sais quoi…

Je préférais vous rencontrer “par hasard” madame, au détour de vos habitudes, de votre descente à la boulangerie, de votre promenade quotidienne. Mais je n’ai croisé à chaque fois “par hasard” qu’une femme au regard noir perdu dans le vague, ne sachant plus certainement qui elle était, semblant frôler les murs en s’excusant de vivre encore.

Votre douleur madame, me semblait devoir être sans amertume. Il ne vous a pas quittée pour une autre, il ne vous a pas trahie. Mais c’est mon point de vue et je ne regrette pas de ne pas vous l’avoir exposé.

Ce sont la vie, les destins, la grande faucheuse qui vous ont trahis tous les deux, vous qui étiez l’apparence et certainement la réalité du bonheur d’un couple. Alors oui, sans doute êtes-vous amère, même sans trahison de sa part à lui…

Vous êtes la représentation même, madame, du fait qu’il y a toujours de l’amertume, de l’injustice, de la révolte, du chagrin, quel qu’il soit… Et en plus du reste, il faudrait être digne et courageux…

C’est inhumain.

J’attendais un jour un sourire timide de votre part, pour vous demander de vos nouvelles. Et puis aussi, pour ne pas vous présenter mes très sincères condoléances tout en le faisant malgré tout, parce que je sais que rien n’est pire que ceux qui font semblant de ne pas… sous prétexte qu’ils pensent risquer de parler au moment où vous n’y pensez pas, alors que vous y pensez à chaque instant, à chaque minute, même dans la nuit noire où vous vous sentez désormais si seule.

Parce que le silence soi-disant respectueux de votre douleur, emporte encore plus le défunt dans l’oubli, la terre ou les flammes… Parce que quel que soit le disparu, en parler ne fait pas plus de mal que son absence jour après jour, mais peut être un baume qui brûle, mais un baume tout de même.

Savoir que nous aussi nous pensons à lui, moins souvent certes, que vous, mais tout de même, ne peut qu’ôter un peu d’amertume, un bref instant, à l’injustice qui vous a frappée de plein fouet.

Vous m’avez parlé de lui, quand j’ai vu que je pouvais  me permettre de vous demander de vos nouvelle, et vous l’avez fait avec un véritable soulagement.

J’ai attendu parce que je sais qu’il ne sert à rien d’évoquer la pluie et le beau temps, le printemps tardif, l’hiver qui a trop duré ou qui s’annonce, alors que quelque part, on s’adresse à une personne qui est entrée dans la nuit…

Un jour enfin, le jour se lève…

Vous donniez l’impression d’accepter enfin que le monde tourne sans lui.

Madame… Vous avez eu un sourire… Noyé de larmes certes, mais un sourire…

Et désormais l’envie de raconter vos souvenirs…

Posté le 5 décembre '11 par , dans Coup de blues. 26 Commentaires.

TOUS MORTS !!!**

97684120C’est un bleuet, sobriquet donné par les poilus à la classe 17*, parce que les soldats de cette classe n’ont connu que le bleu horizon pour uniforme.

Tout jeune soldat en bleu horizon, il a déjà connu les horreurs de la guerre, et dans sa tranchée, il médite, redoutant le jour qui vient.

Il pense à sa fiancée à qui il a promis, en y croyant vraiment, de rentrer. Il sait maintenant que cette promesse n’était qu’une utopie. Les plus anciens dorment, réfugiés dans la crasse imposée, en proie à la vermine qui les dévore, sous des abris de fortune pour se protéger de la pluie. La vie ici, n’a pas plus de sens que sa promesse d’innocent ne sachant plus ce que peut être “rester vivant”.

C’est la nuit, c’est la trêve, c’est le moment où l’on peut se donner le luxe de penser de différentes façons. Quelques uns qui ne peuvent plus dormir, s’occupent à forger de jolis souvenirs. D’autres écrivent. Pour tous, il est le bleuet. Le petit jeune, celui qui ne sait pas tout, mais qui a tout compris très vite et qui en sait de toutes manières bien trop pour son âge.

L’inconnu auréolé d’une drôle de lumière apparait tout à coup, il pense que c’est une intox de l’allemand de la tranchée d’en face le bleuet, mais pénétré soudain d’une tranquillité suspecte, il renonce à soupçonner n’importe quoi.

Car l’inconnu parle tout à coup, et il faut lui répondre.

  • Soldat, de quoi as-tu peur ?
  • De mourir. Demain, j’en suis certain, nous partirons à l’assaut. J’ai peur de ce jour à venir qui sera peut-être mon dernier jour.
  • Et pourquoi as-tu peur de mourir ?
  • Mais parce que la mort c’est horrible, c’est le rien, le néant, c’est l’absurde… J’ai ma fiancée qui m’attend, des enfants en devenir, ma vie à vivre bordel !!!
  • La mort c’est horrible ?
  • Oui.
  • Tout le monde meurt. Tous les êtres vivants meurent. C’est le destin de la vie, sans la mort, il n’y a pas de vie.
    La non existence représente bien plus que l’existence. Les vivants sont rares…
  • C’est con. Ca fait peur. C’est moche. Ca pue. C’est le néant, le rien, c’est horrible !!
  • Oui peut-être…
  • Tu es venu là pour m’empêcher de penser ?
  • Non, justement, pour te faire penser autrement.
  • Je préfère m’allumer une cigarette que de t’écouter…
  • Ta cigarette ne me dérange pas Bleuet… tu te souviens de tout ce temps où tu n’étais pas né ?
  • Non
  • Pourtant, je peux te dire que cela représente un sacré bout de temps, une éternité presque. Tu vois un peu ce que c’est que l’éternité ?
  • Non
  • Et l’éternité où tu n’existais pas, tu ne t’en souviens donc pas ?
  • Non
  • Et cela te fait peur ? Cela t’a laissé de la peur ?
  • Non
  • Pourtant c’était le rien, le néant
  • Oui mais je ne m’en souviens pas, alors cela ne compte pas.
  • Et quand tu vas mourir, tu vois cela comment ?
  • Tu m’emmerdes
  • Oui, et c’est pour cela que je veux que tu me répondes.
  • Je le vois… je le vois, comme un moment soudain que je n’aurais pas vu venir, un moment où je vais tout oublier.
  • Oublier quoi ?
  • Que j’ai vécu. Je vais même oublier ce putain de bordel de merde de moment où un mec étoilé et lumineux sera venu me parler ici bas où nous sommes déjà en enfer mes compagnons et moi.
  • Pourquoi dis-tu “déjà en enfer”… Tu ne crois en rien après la mort…
  • Non. Quand on a vécu ici, Dieu est tout simplement impossible. Il ne reste que l’enfer, mais…
  • Alors pourquoi as-tu peur ? Puisque tu vas tout oublier…
  • Tais toi ! puisque je vais tout oublier, et j’y pensais avant ton arrivée maudite, ce sera comme si je n’avais jamais vécu !
  • Précisément. Et puisque que l’avant de ta venue dans la vie ne te fais pas peur, pourquoi avoir peur de l’après ?
  • Parce que…
  • Parce que tu ne te souviendras plus de rien ?
  • Oui
  • Parce que finalement, pour toi, tu n’auras jamais existé ?
  • Ouiiiiiiiii
  • Mon petit gars, tu te fais du mauvais sang pour rien. Tu l’as compris finalement. Dès que tu auras exprimé ton dernier soupir, ce sera comme si tu n’avais jamais existé. Dans ton souvenir en tous cas. Qui n’existera plus quand ton crâne explosera et que ton cerveau se putréfiera…
  • Tu es venu pour me remonter le moral ? C’est réussi !!!
  • Non, je suis simplement venu te dire, que quoiqu’il advienne, d’après toi, vous êtes déjà tous morts… Tous les êtres vivants sont morts avant même d’avoir vécu, c’est une triste fatalité.
  • Je te remercie de ta visite, et je ne te retiens pas…
  • Alors je te laisse… Mais de ce que je t’ai dit, retiens le “d’après toi…”

Le Bleuet est rentré intact. Quoique… Effectivement…

Il est rentré pour vivre sa vie, faire des enfants, mais en étant déjà mort… Il n’a laissé qu’un journal commentant cette étrange visite dans les tranchées, qui l’avait laissé à la fois plein d’espoir et de résignation devant la mort et la vie.

Cette année, le 11 novembre, date de l’armistice 1918 tombe un vendredi et vous permet de bénéficier d’un WE prolongé.

J’espère que vous aurez tout de même une petite pensée pour ces millions de morts, ces vies brisées, ces vies gâchées,  qui vous font bénéficier de congés…

Je sais, je radote, mais cette guerre inutile et stupide, n’aura fini de me tourmenter que le jour où j’aurai tout oublié.

Mes peines  et mes joies… Et mes vieilles dames, porteuses de souvenirs et d’hommages… (ICI)

* je précise pour le bleuet, le symbolisme du coquelicot ne vous ayant bien évidemment pas échappé :-(

** Tous morts, parce que tous ceux qui l’ont vécue cette guerre, sont désormais partis, et que seuls parfois, leurs enfants se souviennent encore d’un mauvais cauchemar d’enfance… Pour moi, ils sont tous morts…

Posté le 11 novembre '11 par , dans Coup de blues, Histoire de sorcière. Pas de commentaire.

Le genou de Jean-Poirotte…

Il est des sagas qui démarrent avec l’espoir qu’au bout du compte, on pourra vraiment rire de certaines mésaventures, parce que l’on en voit la fin.

J’étais donc pleine d’espoir en démarrant cette histoire de genou, mais hélas elle n’est pas terminée, et loin s’en faut.

Du coup, il n’y a plus rien de drôle à raconter, car plus rien n’est drôle :

  • Les 100 coups de téléphone pour un rapatriement vers le domicile ou l’hôpital de la région
  • Le retour du malade chez lui au son de “il marche”, alors que non
  • Le malade se dégradant jour après jour (il en a fallu 5), grâce à un antibiotique flinguant les reins, la fonction hépatique, la formule sanguine
  • La ré-hospitalisation du malade sur une insuffisance rénale aigüe à tel point que le médecin a encore dit “il est costaud” (je ne sais pas si un taux de créatinine à 85 dit quelque chose à quelqu’un…)
  • Depuis, cela fera demain 3 semaines, un séjour en réanimation avec l’espoir qu’il échappe à la dialyse perpétuelle, et son moral qui va avec.
  • La douche écossaise pour ses proches : un jour il va mieux, le lendemain on reparle dialyse.
  • Le voir s’enfoncer jour après jour dans une absence d’espoir pour lui, de remarcher un jour et de rentrer chez lui. On ne peut rien contre le manque d’espoir…
  • Les questions que nous nous posons sans cesse n’arrangent rien, faut-il mettre la vie d’un patient en jeu pour terrasser un staphylo, alors qu’apparemment on pouvait faire autrement ?
  • Etc…

Voici donc pourquoi, j’arrête bien sûr les mésaventures qui ne sont plus que de très mauvais souvenirs, alors que rien n’est résolu. Quand j’ai commencé leur récit, nous avions beaucoup d’espoirs, là, la superstition nous oblige à garder le tout pour nous.

C’est le coeur gros que je vais mettre un peu en veilleuse mon blog. Je tiens compagnie à ma petite maman*, et je n’ai pas le coeur à rire.

J’espère pouvoir reprendre un jour cette saga, ce sera bon signe. Je l’espère sincèrement…

Des bises à tous…

* EDIT : L’arrivée de l’homme de l’art m’a coupée dans mon élan hier, et j’ai posté sans me relire. Je ne suis fort heureusement pas seule pour soutenir maman, car je ne suis pas fille unique et que personne ne se fiche de ce qu’il se passe. Simplement, comme je suis la plus disponible, et bien, j’habite avec elle quelques temps, à 5 mn d’ici… Ceci pour que personne ne se vexe injustement.

Posté le 17 octobre '11 par , dans Coup de blues. 52 Commentaires.

Le départ de Diabolos…

Mon_animal_de_compagnie

Vous avez été très nombreux à manifester votre sympathie pour mon petit chat et moi-même, parfois même via mails personnels, et je vous en remercie tous du fond du coeur : cela m’a vraiment soutenue.

Même “virtuelles”, ces manifestations m’ont beaucoup touchée.

La mort de Diabolos m’est tombée dessus comme la vérole sur le bas clergé breton (qui doit me haïr…), enfin sur lui en fait, le plus malchanceux de nous deux étant lui, il faut rester corrects et honnêtes dans notre douleur.

Diabolos était donc parti pour passer deux ou trois semaines de vacances chez Delphine et gendre n°2 à qui “le petit chat manquait” depuis septembre et après leur catnapping avorté… Je l’ai emmené le 21 janvier et son séjour s’est un peu prolongé. Je sais qu’il va vraiment leur manquer, et je me demande s’ils n’avaient pas concocté de me le catnapper totalement après leurs vacances d’avril…

Diabolos allait normalement bien, à savoir qu’il était chiant comme de coutume, avec son obsession de prendre une douche dans la baignoire, sa manie de me réclamer des croquettes alors que le saladier débordait, et son amour du grattage de ma porte de chambre genre “debout la vieille !” et certains miaulements intempestifs devant certains programmes de M6, ce qui prouve que ce chat était très intelligent.

Les nouvelles n’étaient pas mauvaises. On se fait piéger tous un jour ou l’autre parce que l’on ne veut pas voir, ou bien que l’on trouve une excuse rassurante.

Si Diabolos n’avait pas été depuis toujours aussi obsédé par la flotte : se faire doucher, SE BAIGNER, se tremper dans son saladier géant quand je lui ai interdit la baignoire (alors qu’il était en pleine forme et que cet amour de l’eau ne semblait pas inquiéter le vétérinaire, beaucoup de félins aimant l’eau), SAUTER dans le reste de mon bain en train de s’évacuer etc… peut-être que Delphine aurait plus prêté attention au fait qu’il s’est mis à boire un peu trop. On ne peut pas refaire le passé, je me serais fait piéger moi aussi…

Après plusieurs reports pour aller récupérer le petit chat dont l’absence me pesait un peu, mais me permettait d’évacuer un peu de mon allergie à son poil et de me poser donc sur le plan sinusite aigüe jumelée avec une allergie des paupières, le jeudi 3 mars était la dernière option pour aller récupérer mon petit père. Pourquoi ? Ce n’est pas important.

J’aurais dû me méfier : je suis arrivée chez Delphine sans me perdre, avec juste en tête un article à faire sur les bouchages du périf sud qui ne verra du coup jamais le jour… Cela se passait trop bien, et puis en plus, j’avais trouvé pile poil à me garer où il le fallait.

Delphine en faisant sortir le petit chat d’une de ses planques, m’a avertie “tu sais maman, je crois qu’il a un peu maigri”.

Et là j’ai vu arriver mon petit père d’une démarche hésitante, qui avait plus que maigri… “il ne mange pas beaucoup, mais il est obsédé par la flotte”.

N’étant pas la dernière à me voiler la face, je me suis dit que je jugerais Diabolos chez moi, dans son environnement. Ailleurs les choses n’ont pas forcément la même couleur. Peut-être qu’à la maison il me semblerait obèse ou à tout le moins tout à fait normal par rapport au jour où il était parti…

Diabolos avait bien évidemment été très bien traité, la litière était impec, on m’a parlé de ses câlins multiples que moi je lui refusais souvent gentiment quand j’avais le nez qui ne supportait plus son contact. Il semblait très à l’aise, chez lui, sauf que sa démarche me dérangeait. Hésitante, pattes raides, ralentie. En plus il était content de me voir mais dans sa tête j’avais vu l’équation inéluctable ELLE = VOITURE !

5 minutes après, il était grimpé sur la baignoire, puis descendu dedans, à réclamer de l’eau : il sautait bien, pas d’inquiétude à avoir…

Départ, il s’est couché sagement dans sa boîte et ne l’a pas ouvert de tout le trajet, ce qui était louche. Coincée sur le périf intérieur/extérieur/est/ouest, on s’en fout, j’ai pu constater qu’il DORMAIT !

C’est là que se sont mis en place mon intuition qualifiée de diabolique par psy chérie, et mes pressentiments de merde (sur lesquels je reviendrai très prochainement). En fait ce serait chez moi une capacité très aiguisée à analyser inconsciemment les éléments les plus minimes, mais anormaux, me dirigeant inéluctablement vers la vérité que je me cache tout de même…

Quand nous sommes arrivés à la maison à 18 H 30, Diabolos est sorti de sa boîte en boitant un peu. Il ne semblait pas tellement inquiet, plutôt pressé de boire et a miaulé pour m’encourager à faire avec lui le tour de l’appartement pour vérifier qu’aucun danger ne le menaçait. Il a bu et est allé se coucher sur le clic clac de l’ex chambre des filles : le plus facile d’accès.

Je suis sortie faire des courses, et à mon retour, il n’était pas derrière la porte à miauler : deuxième anomalie. Il dormait. Toute la soirée il a titubé vers la cuisine et là j’ai commencé à l’espionner : il allait boire, ne mangeait pas, et n’a pas mis une seule fois une patte dans sa litière. Pour vérifier MIEUX, j’ai laissé un petit filet d’eau couler dans la baignoire : il pouvait sauter dedans et en ressortir. Cela m’a rassurée… Faussement, mais de toutes manières, il était trop tard.

Le vendredi matin (vers 11 H, vu mes histoires d’insomnies), quand je me suis levée, il n’a même pas levé la tête de son clic clac pour vérifier que je me levais bien et se lever lui-même pour venir m’emmerder dans la cuisine comme à l’ordinaire. J’ai vérifié dans la litière : toujours rien…

Je suis allée doucement le réveiller. Depuis la veille au soir, il me semblait avoir affreusement fondu, mais je déraillais certainement. Je l’ai levé et emmené vers la salle de bain. Au fond de moi j’avais une certitude : lui permettre de boire à son cher robinet, se doucher, c’était la fin. Aucun retour en arrière ne serait plus possible pour moi… Je n’avais pas d’autre choix…

Il n’a pas pu monter dans la baignoire, a pu boire et se laver pendant un bon bout de temps, mais à la façon dont il a miaulé, j’ai compris qu’il ne pouvait plus sortir tout seul. Il n’essayait même pas d’ailleurs, et comptais sur moi, avec quelque chose dans le regard qui m’a fait comprendre qu’il savait, mais que je restais son sauveur.

Je l’ai donc aidé et en le portant j’avais l’impression de porter un tas d’os. Depuis la veille au soir il avait comme diminué de moitié. Je sentais tous les os de son corps. Il s’est endormi, vraiment, décontracté tout de même et là j’ai appelé mon vétérinaire à qui j’ai tout raconté. Il buvait, n’avait avalé aucune croquette, et sa litière restait vierge, dont il n’urinait pas…

Vétérinaire qui m’a proposé un rendez-vous pour le lundi. Immédiatement dans ma tête j’ai compris que le lundi ce serait TROP TARD ! J’ai insisté pour le jour même et accepté finalement un RV à 16 H le samedi 5. Un remord de plus dans ma vie. Si je l’avais emmené, certainement que le vétérinaire aurait craqué, surtout si je m’étais étendue sur son paillasson en le menaçant d’attendre la mort…

Je me souvenais de la dégringolade d’Isis, celle qui avait précédé Diabolos, qui était pétante de santé le dimanche et pour qui le mercredi 26 décembre qui avait suivi tout était torché. Pour la même raison (les reins) mais pas avec les mêmes symptômes.

Le vendredi soir, j’ai passé mon temps à l’emmener boire dans sa chère baignoire. Je me suis relevée plusieurs fois la nuit pour le faire également. Et j’allais le recoucher : il ne pouvait même plus monter sur le clic clac…

Samedi matin, il n’a même pas relevé la tête quand je suis arrivée. Je lui ai présenté un bol d’eau et il a bu jusqu’à le vider. Mais toujours pas d’urines. Jamais je n’aurais pu croire que je souhaiterais sentir la pisse de chat chez moi…

Ma soeur avait accepté de nous emmener tous les deux chez le véto à 16 H. Pulchérie et Gendre étaient là, à récupérer leurs affaires stockées chez mes parents en vue de leur déménagement (mes parents ont loupé leur vocation de garde meubles…)

A 14 H je suis repartie. Diabolos était incapable de se mouvoir, et il devait avoir soif. Ce n’est pas parce que sa mort était programmée à 16 H qu’il devait souffrir de la soif.

D’un oeil éteint, mal calé sur son clic clac chéri, ne dormant pas vraiment, il m’a laissé le prendre, le poser dans la baignoire et ouvrir doucement le robinet (eau tiède, jet très doux) et là il m’a fait une crise de convulsions horribles ou d’épilepsie, je ne sais pas.

J’étais tétanisée d’horreur et complètement affolée : il souffrait certainement ! je me sentais totalement impuissante devant cette crise ! Je me suis précipitée sur mon téléphone pour appeler ma soeur au secours, et que c’est maintenant qu’il faut l’emmener,  je suis revenue dans la salle de bain, croyant trouver mon chat mort, alors qu’il était seulement avachi dans un peu d’eau qu’il léchait frénétiquement, calmé, avec ce regard qui ne comprend pas et qui fait si mal… Mais incapable de se bouger.

Quand j’ai pu avoir le véto, vu mon élocution pouvant me permettre de perdre la moindre élection (sauf celle de la plus crevée de peur tu meurs),  il m’a précisé de l’amener tout de suite (le chat). Pourquoi 16 H ce rendez-vous, pourquoi pas le plus tôt possible ? J’avais bien enveloppé Diabolos dans une serviette de bain avec l’aide de ma soeur,  impossible pour moi de lui imposer sa boîte de voyage qu’il détestait tant, et quand nous sommes arrivés, il a compris où il était et a essayé faiblement de se débattre.

C’est moi que l’assistante (adorable) a calmée “vous lui communiquez votre stress” Je tremblais de tous mes membres, terrorisée à l’idée qu’il refasse une crise et qu’il souffre. Je sentais qu’il sentait l’urine, comme si son corps essayait désespérément de le débarrasser de l’urée qu’il gardait en lui depuis… Depuis quand ?

Je me crispais tellement pour le garder dans mes bras que j’ai gardé les épaules tétanisées pendant des heures et des tremblements dans mes bras jusqu’au soir.

Ma soeur le rassurait en le caressant, quand il essayait de bouger faiblement.  A son arrivée elle avait été horrifiée de son état. On aurait vraiment pu penser que ce chat n’avait reçu aucun bon traitement depuis au moins un mois ! Comment le mal avait-il pu galoper aussi vite ? Je l’ai vu dépérir heure après heure… Sans mentir.

Puis il y a eu l’entrée dans le cabinet, et devant Diabolos essayant de tituber sur la table d’examen, le vétérinaire n’a opposé aucune objection à une euthanasie. Peut-être s’en est-il voulu de ne pas l’avoir reçu la veille. Son visage consterné parlait de lui-même (merci au passage à tous ceux qui qualifient d’urgence urgente ce qui n’en n’est pas et font qu’on ne vous croit pas quand ça l’est !)

Car il y avait un problème de taille : l’anesthésie normale avant la piqûre fatale. C’est une intra musculaire et trouver un muscle sur mon petit père c’était très difficile, car il n’avait pas perdu que de la graisse mais aussi quasi toute sa masse musculaire. Il a d’abord piqué là où il lui semblait rester un petit muscle sur la cuisse, puis sentant que Diabolos souffrait, s’est arrêté, pour reprendre une autre seringue et tester ailleurs. Le tout avec beaucoup de douceur.

(Là petite parenthèse : alors que l’on meurt d’infections nosocomiales à n’en plus finir en France, pourquoi changer de seringue quand on doit euthanasier un chat et que l’on n’a utilisé que la moitié du produit d’une seringue que l’on jette ????)

Diabolos, sa tête sur ma main, sur laquelle il appuyait très fort, commençait tout de même à sentir le peu qu’on lui avait injecté et le véto a pu terminer la première anesthésie, mon petit chat s’allongeant contre moi, enfin endormi.

Ma soeur lui a fermé les yeux (que nous gardons ouverts sans le savoir pendant une anesthésie)  et m’a proposé de sortir…

Les grandes eaux de Versailles c’est moi, l’assistante du véto l’a, trop tard pour elle réalisé, en me précisant que j’avais pris la bonne décision alors que je pleurais comme pas possible. Non, la bonne décision c’était la veille, mais eux n’avaient pas voulu… Trop d’exagération de la part de certains rendent le corps médical et les assistants méfiants… Il y a les fausses urgences, les vraies, difficiles parfois à trier…

Mais tout de même, je n’ai pas voulu être lâche jusqu’au bout. J’avais assisté déjà à 3 euthanasies et finalement je suis revenue quand ma soeur est venue me demander le chèque.

Diabolos reposait sur la table, mais un court instant j’ai retrouvé sa petite tête détendue qu’il avait quand il dormait (mais tellement amaigrie qu’on ne voyait plus qu’il avait du Chartreux dans les veines). Ma soeur et le véto avaient les yeux mouillés… J’ai passé ma main sur son corps totalement décharné, et là je me suis dit que c’était perdu pour toute la soirée et les journées à venir…

Quand nous sommes reparties, ma soeur m’a dit “ce n’est pas pour te consoler, mais il était tellement au bout du rouleau qu’il est mort après la première anesthésie, il ne respirait plus. Le véto lui a injecté la dose fatale pour ne courir aucun risque, mais bon, il était vraiment au bout du bout du rouleau”.

En même pas 48 H, mon chat était devenu un chat foutu. Et si le véto n’avait pas considéré mes propos comme légèrement exagérés le vendredi, cela aurait fait 24 H.

Le prochain qui me dit que j’exagère, je lui pète LES DEUX GENOUX !

Et puis après, je lui saute sur le thorax pour lui péter quelques côtes, il verra si j’exagère…

Certains m’ont dit sans gentillesse que les problèmes urinaires ça se soigne (car c’était ça en fait, une crise d’urémie fulgurante). Sauf que je ne connais aucun chat qui a été sauvé définitivement d’un problème urinaire…

C’est vrai que pour les hommes on fait très fort avec dialyses et greffes quand c’est possible, et angoisse du médecin attendant les résultats concernant les reins, alors si nos félins chéris meurent d’une crise de reins diaboliquement non fonctionnels, c’est rien que notre faute…

La vie n’est qu’un long calvaire

Ce blog reprendra sa vie normale dans le courant de la semaine…

Posté le 6 mars '11 par , dans Coup de blues. 85 Commentaires.

Les pensées de Diabolos…

Mon_animal_de_compagnie

J’ai été tout content d’aller passer quelques semaines chez la sauterelle et l’homme à la voix qui fait friser les moustaches, même si pour y aller, il m’a fallu me farcir encore le truc qui pue et qui fait vaoum !

J’aime bien être chez eux, c’est pratique, où que je sois je peux les voir et les entendre. Pas comme chez ELLE où l’appart est plus grand, ce qui fait que suivant l’endroit que je choisis, je ne la vois pas tout le temps.

Pourtant tout ne s’est pas passé comme je le voulais. Je me sentais tout drôle, et évidemment, impossible de le leur expliquer. D’ailleurs je n’y comprenais rien moi-même…

Déjà je n’avais pas trop faim et j’ai un peu boudé mes croquettes. Je me suis senti faible et je n’avais que deux choses à faire, dormir et boire. J’avais tout le temps très soif.

Et puis mes pattes ne fonctionnaient plus vraiment normalement. J’avais un peu de mal à sauter ce qui ne m’était jamais arrivé de ma vie, et pour marcher je ne me sentais plus assuré du tout.

Et puis ELLE est venue me rechercher et j’étais content de la revoir, même si je savais que j’allais repartir dans le truc qui pue. ELLE était différente, j’ai senti à son odeur qu’elle s’inquiétait un peu ce qui n’était pas mon cas. ELLE a toujours su arranger mes petits problèmes, alors j’ai été très gentil dans la voiture, j’ai même dormi tout le temps, car j’étais si fatigué…

Arrivé à la maison, j’ai eu du mal à aller vérifier partout que personne n’était venu s’installer sur mon territoire. ELLE est restée avec moi tout le temps, et je la sentais inquiète, alors j’ai essayé de faire une petite gambade à l’endroit habituel, pour aller me cacher afin de lui faire peur en faisant semblant de l’attraper.

Mais j’étais trop fatigué. Pourtant j’ai fait des efforts, et je n’ai rien compris ce qu’il m’arrivait. Je suis allé m’installer dans l’ancienne chambre de la sauterelle où je sens toujours un peu son odeur et je n’ai plus bougé de là que pour aller boire. A chaque fois ELLE venait, et me proposait mes croquettes, mais je n’avais pas faim.

Finalement j’ai dormi, dormi longtemps. Le lendemain matin, quand ELLE s’est levée, je n’ai pas pu en faire autant pour aller lui faire la fête comme avant, alors elle m’a pris dans ses bras et m’a emmené dans la baignoire, où elle ne voulait plus que j’aille. J’ai pu boire beaucoup et me nettoyer un peu, alors j’ai pu sortir de la baignoire tout seul pour aller me recoucher.

Je n’ai pas voulu des croquettes qu’elle m’a apportées en m’encourageant. Dormir, j’ai juste envie de dormir, et qu’on me laisse tranquille.

ELLE vient me voir souvent, je suis content de la voir, mais je ne comprends pas. Avant, ELLE arrangeait toujours mes problèmes, mais là, rien ne se passe. Elle m’a bien fait ma toilette avec un gant humide et je n’ai pas compris ce qu’elle me disait tunapluquelapeausurlesosmonpépère. J’ai bien compris qu’elle pleurait par contre, et j’ai posé ma tête dans sa main pour qu’elle ne soit plus triste.

Après je l’ai entendu parler dans son truc noir, et elle pleurait toujours, mais je n’ai pas pu bouger pour aller la consoler. J’espère qu’elle ne m’en voudra pas.

Je veux dormir…
Je vais dormir…
Dormir, dormir, dormir…
Peut-être que quand je me réveillerai, ELLE aura tout arrangé.

Posté le 4 mars '11 par , dans Coup de blues, Les pensées de Diabolos. 108 Commentaires.