On l'appellera Lilly…

Vous savez, comme dans la chanson de Pierre Perret… Lilly.

Elle avait 48 ans Lilly, quand tout a commencé à aller mal. Son mari ne supportait plus sa fille adolescente à qui il ne passait rien. Lilly vivait entre les engeulades du père flic et de la fille révoltée, à faire le tampon, à s’en prendre un oeil au beurre noir un jour parce que le père s’était trompé de cible.

Elle était contente de venir bosser Lilly et de parler de ses problèmes un thé à la main pendant la pause. Elle ne savait pas, comme moi, qu’on voulait sa peau à Lilly. Elle savait juste qu’il fallait qu’elle divorce Lilly, alors elle mettait de l’argent de côté en allant faire des ménages le samedi en douce pour remplir son petit bas de laine.

Et puis la situation s’aggravant à la maison, elle a trouvé une solution Lilly et envoyé sa fille chez sa mère. Oh tout près : à Bayonne. Facile pour se voir le week-end. Facile à vivre pour une maman que de perdre un peu sa fille, devant un père ravi de la solution. Elle continuait frénétiquement ses ménages en douce Lilly. Elle pleurait pendant la pause Lilly. En nous disant « heureusement que vous êtes là les filles ». Elle ignorait qu’il y en avait une (qui aura son post) qui voulait sa peau.

Et puis la situation s’est dégradée chez Truchon pour elle. Ce n’est pas une peau de banane qu’elle devait éviter chaque jour Lilly. C’était le régime de bananes tout entier. Elle a commencé à dépérir en même temps que moi et d’autres Lilly. A ne pas pouvoir manger, à surveiller comment elle s’habillait la vache de comptable la taxant de pute, car elle avait un décolleté avantageux, (ce à quoi j’échappais).

Et puis son mari est parti et elle s’est retrouvée seule Lilly. En sachant que son homme de 50 ans si prompt à faire la morale à sa gosse, en avait fait un à une jeune de 30 ans et qu’il se promenait avec elle comme s’il avait trouvé la 8ème merveille du monde.

Son fils était loin à Lilly, et sa fille aussi qui ne voulait pas revenir en cours d’année, ni l’année suivante d’ailleurs, tellement elle était bien à Bayonne. Et puis « t’avais qu’à mieux me défendre ». Elle avait tous les torts Lilly. Au boulot et chez elle, où elle se retrouvait seule, son garçon s’inquiétant d’elle, mais du Canada, c’était insuffisant…

Elle a résisté au boulot Lilly, sa démission, Truchon ne l’aurait point. Elle prenait des pilules roses Lilly, comme beaucoup. Moins une par jour. On ne sait jamais on peut avoir besoin d’une réserve dès fois qu’il y ait la guerre… Et puis un jour Truchon l’a appelée Lilly. Elle est redescendue de son bureau en nous faisant juste « au revoir ». C’était 5 mois avant moi.

Elle a quitté la chambre conjugale Lilly, elle ne supportait pas d’être seule dans le grand lit Lilly. Elle pleurait toute la journée et vidait son compte en banque à appeler sa fille qui petit à petit lui pardonnait et acceptait de revenir pour juin 2008, les examens passés et réussis. Elle était condescendante et pardonnante la fille de Lilly, mais toujours absente.

Elle s’est installée sur le clic clac du salon Lilly. Elle y dormait quasi toute la journée, la TV en bruit de fond, la couette bien autour d’elle pour la protéger du monde. Elle pleurait beaucoup. Nous ne pouvions jamais l’appeler sans la trouver en larmes. Elle se refusait à sortir Lilly, c’est une voisine, une vague amie qui lui faisait ses courses à Lilly. C’est une amie qui s’est inquiétée que le ménage ne soit plus fait du tout, que Lilly ne fasse rien. Lilly ne sortait que pour sa visite mensuelle au médecin et avoir son ordonnance non salvatrice finalement.

Elle n’avait pas besoin de manger Lilly, car elle restait blottie avec son lapin nain si affectueux qu’elle ne mettait plus jamais dans sa cage, sur son canapé, à l’abri du monde Lilly. Il y a longtemps qu’elle ne relevait plus sa boîte aux lettres Lilly, trop peur de ce qu’elle y trouverait.

Elle n’encaissait donc plus les chèques du traître Lilly. A quoi bon ? Voir son nom une fois de plus ? Voir un jour un courrier d’avocat ? Non, elle n’ouvrait plus sa boîte à lettres Lilly.

Un jour pourtant, elle a pû sortir Lilly autrement que pour aller voir le médecin. Sa voisine et amie était partie en vacances pour quelques jours. Elle a acheté du rhum et du gin Lilly, et puis des bougies, car EDF avait tout coupé le matin même. Heureusement qu’elle s’était faite belle la veille Lilly. Elle a compté toutes les pilules accumulées au cours des mois précédants, et elle a tout pris Lilly.

On dit que ça ne marche pas… Mais pour Lilly cela a marché. C’est la voisine et amie rentrant de vacances qui l’a trouvée endormie pour toujours, le visage détendu et vaguement souriant, avec le lapin cherchant à la réchauffer, juste à temps pour qu’elle soit encore belle Lilly.

Maintenant elle ne pleurera plus Lilly.

Les fêtes sont là;…

Noel_tristeNoël a perdu de sa magie pour moi depuis longtemps.

C’était la fête des enfants. Maintenant c’est cadeaux obligatoires pour tous, les médias se chargent de nous le rappeler chaque jour et cela m’énerve profondément.

Dans la famille il y a longtemps que les cadeaux sont réservés aux plus jeunes. Mes filles ont oublié l’époque où seuls les enfants trouvaient ce qu’il fallait au pied du sapin.

Cette année cela se présente plutôt bien, pour moi qui déteste la période des fêtes depuis 2003 (inclus). Famille réunie au grand complet, cela risque d’être plutôt bien. Sauf qu’entre adultes on ne se fait plus de cadeaux depuis belle lurette (nous allons être 19 dont seulement 3 enfants encore en âge de les apprécier (encore que si j’avais questionné mon neveu de 10 ans « tu veux quoi mon chéri », il m’aurait très certainement répondu « du fric »…)

Même si cela se présente bien pour moi, qui ne me poserai pas la question de savoir si je vais être licenciée ou non (c’est déjà fait), je ne peux m’empêcher de songer à ces années où pour moi c’était tristesse plutôt, même entourée. J’ai mes raisons mais la vie nous réserve parfois de mauvaises surprises… Sur la fin de l’année je n’ai de joyeux souvenir que la naissance de Pulchérie (une fois la côtelette expulsée) et les Noëls des filles petites qui y croyaient dur comme fer au papa Noël.

Alors je voudrais, je vais avoir une petite pensée pour ceux qui en cette période souffrent. J’ai appris le décès d’un de mes ex-collègues qui sera inhumé le 24 décembre. J’imagine à peine ce que représentera ce jour pour sa femme et ses enfants et ce, pour toujours. Je vais avoir une petite pensée pour ceux qui se sentiront encore plus seuls au monde dans cette ambiance de « joie obligatoire ». Je vais avoir une petite pensée pour ceux qui attendent le 2 janvier avec impatience parce que cette période c’est la traversée du désert pour eux.

Je vais avoir une petite pensée pour ceux qui n’ont pas un radis à dépenser et qui sont submergés d’images de bouffe extraordinaire, de recettes merveilleuses et de très beaux cadeaux qu’ils ne peuvent ni offrir ni recevoir. Pour ceux qui sont vraiment seuls. Pour ceux que la fête n’atteindra pas.

L’an passé j’avais pensé à tous ces solitaires pour le jour de l’an (ici). Là j’y pense malgré moi dès l’avant Noël… Que de joies, que de fêtes, mais également que de détresses, de solitudes absolues. Et une ambiance de fêtes gâchée par le « vendre toujours plus ». Le commercial a bouffé la magie d’antan quelle qu’elle ait pû être… (religieuse ou non).

Et hommage à tous les bénévoles qui vont répondre à des appels en détresse (je le ferai un jour, je pense), aux pompiers, aux urgentistes qui vont affronter la vague de tentatives de suicide jamais aussi haute qu’à cette époque de l’année.

C’était mon moment « méchante sorcière ». Mais de tout coeur, je vous souhaite un joyeux Noël !!! Je vous l’espère.

Adieu ma titine…

Je roulais donc avec Titiiine depuis 1994. 13 ans à 3 mois près, une occasion achetée parce que l’on m’avait volé ma five.

L’assurance me remboursait 27.000 F (ben oui ça date). Je n’avais pas un centime de plus à mettre dans une nouvelle voiture. Je demandais à Jean Poirotte de m’accompagner dans ma quête d’une voiture d’occasion.

  • « Je n’y connais rien en voiture ma chérie, et surtout rien en moteur »

  • « Papa tu viens avec moi, tu ne dis pas au garagiste que tu n’y connais rien… Forcément il va penser que si je suis accompagnée de toi, c’est que tu y connais quelques chose »

  • « Je n’y connais rien… »

  • « Eh bien tu n’y connais rien en silence ». Ce qu’il y a de bien avec Jean-Poirotte c’est qu’il analyse le motif et dit « OK »… sans faire son têtu…

Visite de deux ou trois garages et là, l’occasion apparement rêvée. 1000 F de moins que ce dont je dispose, 40.000 km, une première main, comme neuve (appartenait à un vieux monsieur décédé, le pauvre…). Papa la regarde sous toutes les coutures et demande à voir le moteur d’un air très professionnel. Le vendeur s’exécute ravi, il a raison : tout est nickel chrome… Affaire conclue… La voiture datait de 1991, nous étions en 1994 et l’achat me semblait bon. C’était une Seat Ibiza 1300 et quand le vendeur de Copine (celle dont j’ai pris possession aujourd’hui) m’a proposé un « ancien modèle Ibiza », j’ai ricané et je lui ai fait voir le mien, d’ancien modèle… (ma Titiiiiine !) : voici un ancien modèle Ibiza… Le malheureux s’est figé…

Elle ne m’a jamais trahie ma Titiiine. Elle m’a emmenée où je voulais, quand je voulais. Jamais de grosses pannes subites (sauf un décès de batterie sur une nationale, mais comme c’était à plus de 50 km, prise en charge par l’assistance de tout, sauf du prix de la pièce…). Juste du normal à changer de temps à autre, mais moins souvent que pour certaines voitures neuves… Et elle roulait péniblement mais roulait tout de même avec une durite à changer en urgence (ça puait l’essence, mais je pensais que cela venait du bouchon du réservoir, quand le garagiste a vu l’état de la durite il a fait « GLUPS » et n’a jamais voulu me laisser repartir : ça pouvait exploser (et moi avec, une blogueuse de moins). Pièce changée en une heure, on admire)

Elle a vieilli, comme moi. Elle représente toute une époque. J’étais encore une jeune femme (de 36 ans) quand je l’ai achetée, et j’étais encore pleine d’espoirs et d’illusions. Le prochain cap ce sont les 50 ans, le prochain 9 mai où je serais couchée avec une bouillotte sur la tête après m’être prise une biture parce qu’il faut bien le faire un jour… Et ma Titiiine ne sera plus là. Je le pensais pourtant, même si l’on se moquait de moi avec ma « Ford T » (vous connaissez la bande dessinée ?)

J’avais le choix après un bilan serré : pour la deuxième fois : courroie de distribution + frein à main à refaire (je me garais systématiquement « en prise ») + un soufflet de cardan + un rétroviseur à changer enfin + quand même des piqûres de rouille là où dans le moteur est inscrit « système Porsche », mais un problème vraiment grave impossible à résoudre paraît-il : la ventilation. J’ai perdu chez Titiiine le n° 3 de la ventilation il y a 2 ans. En mai j’ai perdu le n° 1 et voyez-vous mesdames et messieurs, contre cela aucun garagiste ne peut agir : c’est un truc trop compliqué à changer (ce qu’ils disent). Je me voyais affrontant le prochain hiver qui sera rigoureux (prédiction de sorcière), avec la ventilation n° 2 qui lâche un matin de gel. A cause de cette ventilation, j’ai été dans l’obligation de vouer Titine à une mort certaine, et renoncer à faire encore deux ans avec elle après quelques mises au point nettement moins coûteuse qu’un nouveau véhicule… (elle avait passé le contrôle technique, vous avez suivi ou non ?). Voir donc après bilan négatif, avec la banque comment m’acheter une nouvelle voiture sans avoir gagné au loto. Avec assurance chômage sur le prêt (je le sens bien ce coup là… même si j’ai presque 9 ans de boîte)…

Aujourd’hui j’ai été chercher ma nouvelle voiture (d’occasion) qui je l’espère me rendra autant de services, pendant aussi longtemps (mais j’ai des doutes) que ma Titiiiine. Finalement on m’a offert 400 euros pour ma Titiiine dont les pneus sont neufs et le pot d’échappement aussi (je pense que l’on sentait très fort que j’hésitais pour la courroie de distribution et autre, et que j’étais prête à inventer ou m’acheter un séchoir à piles pour le dégivrage). Je ne sais pas si l’on s’occupera de la petite araignée qui habite derrière la vitre de mon rétro extérieur gauche (le droit est niqué depuis longtemps). Que deviendra donc Sophie (la petite araignée !) ? J’espère qu’elle aura l’instinct de se carapater en vitesse quand on mettra Titiiine sous presse après en avoir pris les organes qui étaient encore valides, soit certainement pas grand chose… (rien qu’à cette évocation, mon sang se glace, mon coeur fait une pause, mon foie se fige, mes trompes s’emmêlent, et j’emmerde Freud et les psy sur ce coup là…)

J’aimais la conduire ma Titiiine, son dynamisme de vieille malgré tout… Elle tenait la route et j’avais l’impression d’avoir une vieille complice un peu assoiffée mais bon… Je l’ai regardée avec émotion une dernière fois, au risque de passer pour une cinglée, mais bon, moi je m’attache durablement généralement contrairement à ce que j’ai pu dire et que vous n’avez pas cru…

Sanglots… Et bienvenue à Copine (je fais confiance, elle a intérêt à tenir la route celle-là) ! Caroline c’était ma five, Eglantine c’était un de mes chats, et Titine restera Titine…

On l’aura compris : je n’ai pas l’amour démentiel des voitures en règle générale : d’ailleurs quand on m’a présenté Copine j’ai posé the question fatale « c’est quoi ». Réponse « une Fiat Brava… » Sur le témoignage en cas d’accident de voiture, je suis nulle à n’en plus finir…

Adieu ma Titine, tu valais ton post, et tu l’a eu… Peut-être que dans mon paradis à moi, je te retrouverai un jour, sans qu’un garagiste vienne s’interposer entre toi et moi avec une ventilation à la c… Et Sophie sera toujours là, toute contente de me voir.

La vie n’est qu’un long calvaire, même si l’assureur (la banque désormais), m’assure qu’avoir gardé un véhicule 13 ans, c’est super chouette… Snif…

Maintenant il faut que je m’habitue à Copine avec toutes ses options auxquelles je sens que je vais très vite m’habituer (à peine fait 15 km que je trahis Titiiiine). Ma belle-soeur me suggère de la passer au polish, mon beau-frère de me préoccuper des poignées de portières (déjà !), mais sinon tout le monde a été unanime : Copine est très classe et on espère que je n’y cultiverai pas de la mousse. Inconvénient : plus personne ne me reconnaîtra à 1 km…

Waterloo morne plaine…

SourireMaintenant que je ne scrute plus les résultats sur le festival machin truc bidule auquel j’ai participé avec innocence (sans réussir à voir mes résultats, certainement heureusement), je scrute à nouveau mes stats. Je compatis avec Lampe au Néon Pelle à Tarte devant Waterloo morne plaine…  (Si vous ne savez pas de qui il s’agit, me contacter directement ce sera mieux pour votre image de marque)

Le WE c’est mort et je découvre que pendant les vacances scolaires c’est idem… Pourtant j’ai débuté mon blog en juin 45 et vu tout de même des commentaires en juillet et août…  Là, les commentaires se font rares. J’ai donc dans l’ordre :

  • Fait une crise de paranoïa aigüe en me disant que je n’écrivais plus que de la merde… Donc moins de com, moins de lecteurs… La mort à brève échéance.

  • Pour laisser tout en ordre à ma mort, j’ai donc vérifié mon testament, tout va bien, je n’ai pas envie que les filles se battent pour une gourmette en or et un rang de perles roses… J’ai confié Diabolos à mes parents, ils vont être ravis…

  • La méchante me signale que c’est normal, ce sont les vacances. Je n’avais pas percuté, voilà ce que c’est que de ne plus avoir d’enfants en âge scolaire, et voilà pourquoi ça roule bien le matin. Tous mes lecteurs commentateurs sont en vacances, c’est scandaleux, est-ce que je suis en vacances moi ?

  • Je constate que vacances ou pas, elle a plein de commentaires, elle. Je suis donc bien nulle… Re-crise de paranoïa et re-vérification du testament

  • Je prends la décision de faire grève, outre le dimanche (sauf aujourd’hui, mais je fais ce que je veux d’abord), pendant toutes les vacances scolaires.  Pendant les vacances scolaires je vous ferai un post par semaine (ou deux hein…) et je préparerai le futur. NA ! Et Pouêt (marque déposée par Pulchérie, sur la blogosphère on ne rigole pas avec ça, je ne veux pas que mon trésor adoré me demande des droits d’auteur…)

Pourtant  je vous vois passer, innocents que vous êtes.  Vi je suis accro aux commentaires et aux stats… D’abord je suis accro à ce que je veux… Quand je vous vois tous, je n’ai plus besoin de pilules roses, de rien du tout… Juste de vous… D’ailleurs les pilules roses, je n’en abuse pas du tout : Truchon a pris des vacances (hélas sans couper son mail).

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on a mal à son travail

Je sais que je ne serai pas seule sur ce coup là, mais là la coupe est pleine…

Il a arrêté de fumer, sa femme le trompe, il a un troisième testicule qui pousse ou été séropositif à la grippe aviaire, on s’en fout. Trucmuche a pété un plomb et tout le monde trinque.

Alors qu’il a 6 mois tout le monde était prêt à se mettre en 4 pour lui, parce que l’ambiance était chouette et qu’on l’aimait bien, il a décidé de rappeler à tout le monde qu’il était le grand chef, l’unique chef et que cela allait chier.

Et effectivement ça chie un max. Et nous sommes prévenus en plus : ce n’est qu’un avant goût du pire qui nous attend… On a touché le fond, mais il a prévu une pelleteuse pour creuser.

Maintenant on équipe les voitures de société (m’en fous j’ai ma vieille caisse, mais je déteste le principe)  d’espionnage par satellite dès fois que les plus fous de boulot soient en fait dans une maison close et non pas en clientèle à l’heure dite (à la demande générale, tu parles Edgard). Ca réjouit tous ceux qui bossent samedi et dimanche et sont capables de poster un mail à 22 H 40 alors qu’ils ont femme et enfants.

Maintenant on demande à chacun de faire le ménage sur le serveur, alors qu’il y a 6 mois c’était « gardez tout !!! ». Sauf que de garder tout, ça prend une place pas possible. Et le ménage il faut le faire en 5 minutes… Tout en faisant son boulot du jour d’ailleurs qui s’entasse… On a tort de se donner du mal, le ménage il le fait : il ne sait pas ce que c’est : supression directe.

Maintenant ça gueule sur tout le monde. Avant c’était convivial, désormais on ne croise que des visages livides, décomposés. Depuis quelques temps il dit vaguement bonjour d’un air haineux, ne sert plus les mains, et gueule sur tout le monde, sans aucun respect. Depuis qu’il est zen, il a donné à tous une tâche qui ne rentre absolument pas dans ses attributions, à faire en plus, quand on peut, il ne veut pas le savoir. C’est réunion sur réunion, réorganisation totale, décidée de manière unilatérale par lui. Il trouve un dossier sur le serveur qui l’énerve parce qu’il a la flemme d’aller voir de quoi ça cause ? Poubelle. 3 mois de travail de perdu pour celle à qui il avait dit « mettez le là, je vais le classer ».

On bosse et tout à coup le fichier disparait : il ne sait pas ce que c’est, il jette. Il traque tout et il a accès à tout, passe sa journée à espionner tout le monde, d’ailleurs nous sommes prévenus, nos téléphones auront des mouchards et internet aussi. Beaucoup savent qu’ils payent pour ceux (très rares) qui ont abusé, mais là c’est lui qui abuse. Car comme il a accès à tout il sait bien qui va consulter « Je redoute » à l’heure du déjeuner ou bien « petites cochonnes.com »  après retour à 22 H 30, en récoltant un virus qui plante l’ordi….

C’est tout le monde soudain qui a envie de lui flanquer un coup de fusil dans le café. Tout le monde qui vient en marche arrière. Bien sûr il y a ceux qui savent qu’ils trouveront ailleurs dès hier s’ils le veulent et envisagent de partir. Mais il y a les autres… Comme moi, qui vit (mal) de mon seul salaire. Je ne suis pas la seule. Et à l’aube de la cinquantaine il n’y a rien pour une secrétaire, même chevronnée…

Il y a tous ceux et de plus en plus nombreux qui carburent à la pilule rose pour tenir le coup, car ils ont l’impression justifiée (ou non) qu’il veut les pousser à la démission. Tous ceux qui ne dorment plus ou si mal, qui partent de chez eux avec des nausées le matin et qui vomissent le dimanche parce qu’il faut y retourner demain… Les kg qui sont perdus ou pris actuellement, suivant que l’angoisse coupe ou augmente l’appétit, personne ne veut en faire le compte.

Il y a tous ceux qui sont malades de leur travail et sur qui on hurle « si cela ne vous plaît pas, vous n’avez qu’à aller voir ailleurs !!! ». Il y a votre sorcière qui en est tombée à moitié dans les pommes l’autre matin parce qu’il gueulait comme un malade qu’elle n’était « même pas fichue » d’accrocher le tableau dont il avait besoin en urgence dans son bureau, et à qui il a dit qu’il mettait la pression et que ce n’était qu’un début. Il y a celle dont il a flanqué l’armoire par terre en lui intimant de tout ranger en 5 minutes. Il n’y a plus que de l’angoisse à y aller, le dimanche à être malade en pensant au lendemain. Parce qu’il traque tout le monde pour le moindre « s » manquant, du boulot encore et encore en plus, à faire sinon c’est la porte, ou la faute provoquée, parce qu’il a accès à tout et peut tout modifier.

Il y a les mails que l’on s’envoit chez soi en espérant que le disque dur ne pètera pas un câble, comme lui, avec les copies écran de ce que l’on a fait, parce que le lendemain cela a disparu… Il y a un des délégués du personnel qui se prend la tête, parce que c’est le choeur des lamentations.

Si on pouvait la prendre cette porte, volontairement… Comment qu’on lui déposerait la clef sur le bureau en lui disant « je ne reviens pas demain démerdez-vous ». 30 manquants sur 52 tout à coup, ça lui ferait les pieds, mais il sait que ça ne risque pas de lui arriver.

Si euromillion fait fortune… C’est grâce à des gens qui ont mal à leur travail, l’interdiction de s’en plaindre parce qu’eux ils en ont un, et qu’en France le patron peut faire tyran quand il veut…

Et on se demande pourquoi le français est le premier européen à consommer de la pilule rose… (moi sur ce coup là je peux faire exploser les stats). Au lieu de faire un constat, il faudrait se demander pourquoi… Dans ma boîte, la consommation de pilules roses a fait un bond soudain, depuis que le big boss a pété un plomb… Nous sommes désormais une majorité à en consommer pour tenir le coup… Car si l’on s’absente c’est être dans le colimateur pour 6 mois, lui ne s’arrêtant jamais.

Quand on a mal à son travail on a mal partout. Moi j’hiberne en faisant des cauchemars, mais tout à coup sans l’aide de la Faculté, je ne pourrais même plus dormir…

Et c’est aussi regarder le mal que l’on s’est donné, que l’on nous demande de multiplier par deux en précisant hors témoin « sinon c’est la porte ».

Bref c’est une histoire somme toute ordinaire, mais justement, il n’est pas normal qu’elle devienne ordinaire…

Une sorcière sur le point de s’ouvrir les veines pour avoir autre chose à faire qu’à mal dormir… En fait, du coup je suis partie contribuer au déficit de la sécu en allant voir le Docteur Acromion, alors à ce soir…

Edit du retour : une sorcière à qui le docteur Acromion a bien remonté le moral. Ben oui, il me faut des pilules roses, mais la sorcière ne s’arrêtera pas de travailler, ne donnera aucun motif à Truchon pour lui en vouloir, et tiendra jusqu’au bout. Si un jour il veut la guerre, il l’aura…

Quand on a mal à son travail

Quand on a mal à son travail, on a mal partout. Quand on nous retire le droit de travailler sereinement ou de travailler tout court, on nous retire notre dignité.

Merci à tous pour vos gentils commentaires sur mon 300ème post dont je retire le contenu, mais qui reviendra peut-être un jour.

Edit du soir espoir : j’ai enfin compris (toujours rapide, on dirait Albert) les subtilités de canalblog dans le comptage de mes posts. J’ai tout faux…. Merci de ne pas me lapider si vous êtes du genre maniaque à compter les posts et à constater que du coup, j’ai menti sans le vouloir….

La vie n’est qu’un long calvaire…

Un jour sans fin…

Il s’est levé un peu en retard ce matin, mais ce n’est pas grave, rien d’important ne l’attend aujourd’hui.  Il se prépare tranquillement comme il en a l’habitude et entend vaguement que la petite est malade. 38,5°. La grippe ?

Clothilde s’inquiète comme à son habitude et appelle le médecin. Il lui demande de le tenir au courant et sort en claquant la porte comme à l’ordinaire : elle va le lui reprocher ce soir, c’est certain. Il fait doux pour un mois de janvier. Et si les théories sur le réchauffement de la planète étaient réelles ? Quel avenir pour lui, sa femme, ses enfants, ceux à venir ?

En tous cas, pas besoin de gratter le pare brise, c’est toujours ça de pris. Il respire un air doux pour la saison, il se sent bien.

Il conduit machinalement. La voiture connaît la route pour arriver au bureau.

Ne pas oublier ce midi d’aller chercher la bague qu’il a commandée pour l’anniversaire de Clothilde. Elle va être contente, elle qui déteste être née après les fêtes, à une période où tout le monde trouve pratique de l’oublier ! Demain c’est déjà vendredi, le temps passe à une vitesse vertigineuse.

Le week end qui s’annonce est super sympa. Ses beaux parents prennent les deux petits, car il a réservé un week end en amoureux avec Clothilde pour fêter avec elle ses 35 ans. Demain soir, ils partent pour Amsterdam, reviendront tranquillement lundi dans la journée : il a posé son premier RTT de l’année, sans lui en parler bien sûr.

Sa belle mère le lui a dit : il a vraiment des attentions merveilleuses pour sa femme ! Bien sûr qu’ils garderont les enfants et les mettront à l’école le lundi matin. Pas de problème. Pourvu qu’une sale maladie pour la petite n’interdise à Clothilde de partir. Il n’est pas un père indigne, mais il sait que sa belle mère peut faire face à la grippe, à la gastro et à n’importe quoi, elle a eu 3 enfants…

Il rentre tôt le vendredi, assez en tous cas pour prévenir Clothilde de faire sa valise pour où elle verra bien. Elle aura le temps de préparer de quoi partir au moins 8 jours. Il sourit. Clothilde et ses sacs et valises, c’est toute une histoire, il a renoncé à comprendre. Lui bouclera son sac en 5 sets et emmènera les petits chez ses beaux parents, le temps qu’elle hésite entre pull bleu et rose pour prendre finalement le rouge.

Il a réservé un super hôtel dans Amsterdam, et déjà le rischtaffel qu’ils dégusteront dans un restaurant réputé et dans lequel il lui offrira sa bague : elle rêve de perle depuis des années…

Dernière intersection. Il est prioritaire. Machinalement il tourne la tête vers la gauche en ralentissant un peu, par habitude. Un camion est là, sur lui, qui roule à une allure vertigineuse pour la zone, lui est déjà engagé. Tout tourne soudain au ralenti. Le camion va lui rentrer dedans c’est certain, la voiture de derrière aussi qui lui colle au cul, alors qu’il songe vaguement à ralentir sans en avoir le temps, ni de braquer follement vers la droite.

Après le crash qui dure une éternité lui semble-t-il, il se relève : un miracle, c’est un miracle qu’iil ait été éjecté de la voiture ainsi, et n’ait pas une égratignure.

Sa voiture… Mon dieu, c’est sa voiture cette chose broyée, pliée en deux, ouverte, un chaos de tôles en vrac, projeté à 15 mètres de l’impact, dans les arbres qui bordent la route….

Les sirènes… Déjà ? Il va lui dire ce qu’il pense à ce camionneur dangereux qui roulait comme un fou et lui refusait la priorité, il va lui dire… Tout le monde l’a vu, qu’on lui avait refusé la priorité. Tout le monde court sur le bord de la route, plusieurs voitures se sont téléscopées, ça crie, il y a des blessés. Tout s’entrechoque dans sa tête, il ne comprend pas, car un homme se penche sur sa voiture et vomit longtemps dans l’herbe. Personne ne semble le voir. Par contre la vision de ce qu’il y a dans sa voiture, semble faire impression.

C’est alors qu’il comprend.

C’était un jour ordinaire, un jour comme les autres, rien d’important ne l’attendait ce jour là. Le seul vrai rendez-vous qu’il avait était avec la mort. Il n’a rien senti, rien pressenti. Il n’ira pas chercher la bague, il n’ira pas à Amsterdam, il n’a pas assez dit à ses parents et à sa femme et ses enfants, ses amis, ses frères et soeurs qu’il les aimait, il ne respirera plus l’air tiède d’un matin, tout lui a été retiré en une fraction de seconde, car maintenant tout est fini. Lentement il se sent aspiré vers un ailleurs qui ne lui fait plus peur.

Avec l’arrivée des pompiers, de la police, a commencé une longue chaîne téléphonique. Un pompier a pu récupérer son porte-feuille. Une femme sait tout à coup qu’elle ne reverra jamais son mari, des enfants qu’ils ne reverront jamais leur papa, des parents qu’ils ont perdu leur fils. Tout le monde va savoir et plus de gens qu’il ne l’aurait pensé vont pleurer. Des étrangers vont s’horrifier devant l’état du véhicule en se demandant comment on peut sortir vivant d’une telle horreur. On ne peut pas. Les sirènes continueront à évacuer les blessés légers, lui partant en dernier, car on ne pouvait plus rien pour lui. Du tout. On dira à madame « non, il vaut mieux ne pas le voir, gardez de lui le souvenir que vous en avez ». Quelqu’un d’autre ira à la mise en bière quand on aura remis en place les morceaux. C’est l’horreur. Lui, n’est plus qu’une chose informe que perosnne ne peut reconnaître. Et ce matin là, c’était un jour comme les autres….

Ce matin un homme est mort bêtement à 300 mètres de moi. J’ai pensé à lui toute la journée et je lui ai créé cette petite histoire pour lui rendre hommage. Nous avons été plusieurs à nous dire qu’heureusement on ne sait pas à l’avance « le jour et l’heure », et tout le monde a conduit prudemment et été étrangement silencieux. Nous entendions tous les sirènes du matin, certains revoyaient la voture broyée et entendaient les commentaires. La version circulant était que le camion roulait vraiment trop vite pour l’endroit, a effectivement refusé la priorité et que le choc a été tellement violent que la voiture de Mr X a été littéralement projetée contre les arbres du bord de route sur lesquels elle s’est disloquée et lui avec.

Qu’importe la vérité, la priorité forcée ou refusée, et vos droits. La voiture est un engin mortel, contre lequel il n’existe pas d’interdiction. Alors faites attention… Soyez prudents.

Je n’ai pas le coeur à répondre à vos commentaires ce soir… Je vous dis donc à demain.

Une sorcière qui entend encore et encore le bruit des sirènes sans fin, du matin d’un jour sans fin pour Mr X.

Soir de blues

Femme_qui_pleure

  • J’ai trimé comme une malade au boulot, mais s’il y a du licenciement en vue, je serai forcément dans la charette, c’est écrit (bon d’un autre côté il n’y a pas de licenciement en vue). Lundi je les emmerde tous et je me pointe à 10 heures avec une excuse béton (même pas cap, l’heure c’est l’heure) (même le lendemain d’une crise de colite frénétique, je pars bosser, épuisée, mais bon)

  • Le chat fait la gueule : il est malade ? Après lui je n’en aurai pas d’autre, alors chiant ou pas, il est prié de tenir le coup. Qu’est-ce que t’as mon pépèèèère ?

  • Les filles sont loin et vivent très bien sans moi. Je les ai bien « educare », mais bon, finalement ça me fait chier qu’elles soient si loin, je préfèrerais qu’elles soient là tous les jours (enfin 1 WE sur 2). Je les vois demain d’accord, mais bon… Là je déprime grave : je vis mes derniers jours

  • Je suis fatiguée comme pas possible. IL est 21 H 30 et je n’ai qu’une envie : aller me coucher. Ce n’est pas normal pour un vendredi.

  • Ce n’est pas normal décidément d’être fatiguée à ce point là par un vendredi de boulot (une heure de moins à faire) : je couve un truc grave (J’ai 39,5°)

  • Une leucémie c’est certain, c’est ça !. Demain je range l’appart, que tout soit en ordre à ma mort. Ca va m’achever (de tout ranger) mais tant pis.

  • Faut que je vois le médecin pour la prescription pour la prise de sang qui va révéler forcément que mes leucocytes sont anormaux, sauf qu’avant j’ai le contrôle technique de la voiture à faire (samedi de bonne heure : je suis née sous une mauvaise étoile, le contrôleur ne pouvait pas me prendre à midi (j’ai 40° de fièvre il ne me verra pas, j’ai annulé, je vais vivre dans ll’illégalité la plus totale pendant encore une semaine)

  • Inutile de creuser le trou de la sécu : je suis perdue et je déteste les prises de sang, Autant en finir avec grâce (et des somnifères si possible, merde je dois aller voir le toubib tout de même). On ne rigole pas avec ça, les fourmies dorment et aucune ne viendra me planter son venin auquel je suis allergique à mort avant avril.

  • Le chat régurgite ses croquettes sur la moquette : il est perdu également (tant mieux, il ne me pleurera pas). Il m’emmerde léger tout de même à réguriter ses poils dans l’entrée (bilan de l’inquiétude mortelle)

  • Le téléphone déconne à nouveau. La tonalité c’est quand il veut et le boitier capricieux me fait chier. Je vais mourir seule, sans téléphone, abandonnée de tous…

  • Internet merde : je suis victime d’un complot. Mon blog dérange.

  • J’ai eu 3 pauvre coms sur mon dernier post. J’écris n’importe quoi. Je suis nuuuullle et je mérite la mort.

  • Je dois relire lundi de toute urgence (en fait c’était pour hier), le mode d’emploi de la pompe truc en français et signaler à notre distributeur italien les fautes de français (je le sens bien ce coup là et j’en ai mal à la tête : combiner une leucémie et un mal de crâne atroce dû à une traduction forcément merdique,  c’est un manque de bol incroyable)

  • Où y a-t-il un gourou pour me débarasser de mon manque de bol ?

  • Les pages jaunes c’est n’importe quoi (je cherche un exorciste, le gourou m’inspirant peu, et je ne trouve pas)

  • J’ai 3 dents de sagesse qui décident de pousser en même temps. Je les sens bien, et maintenant que le chat a bien régurgité il en pête de joie, sous mon nez, c’est divin

  • C’est combien la consultation chez le véto ? Une fortune. La prochaine fois je prends un cheval !

  • Tiens le téléphone sonne (tiens, il remarche). Connais pas le n° d’appel. M’en fous je ne décrocherai pas. J’agonise, j’ai les dents de sagesse qui poussent et qu’on me foute la paix !

  • L’autre abruti que je m’en vais plaquer bientôt a trouvé un créneau pour m’appeler de la mer du Nord et m’a laissé un message (c’était lui le n° inconnu). Les nouvelles sont top : dans 10 ans il n’y aura plus de poissons (alors qu’Internet ment prodigieusement en prétendant que c’est pour 2048 quand je serai morte). Il rentre dare dare pour demander sa mutation dans une autre administration ou je le plaque (du coup c’est fait)

  • Je tousse mortellement : un de mes collègues m’a refilé la grippe avaiire (c’est ce qu’il a, vu les symptomes).

  • Où est mon testament ?

  • Le voilà, tout va bien. Finalement je ne vais pas mourir tout de suite, j’ai mal à la gorge subitement, je viens de regarder dans le fond : c’est une angine. Heureusement le Dr Acromion habitué à mes angines éclairs me prescrit toujours de quoi avoir un traitement d’avance.

  • C’est écrit chez Hélène : je ne sais pas me maquiller (n’ayant jamais suivi tous ses conseils), j’ai râté ma vie.

  • Merde, je n’ai à nouveau plus la tonalité

  • Le chat a faim maintenant : il a des croquettes

En fait, je suis allée chez le dermato ce vendredi soir. Il m’a brûlé des tas de trucs qui pouvaient tourner moche (éviter le mot cancer, même s’il plane). Dans le dos je m’en fous. Sur le bras aussi. Sur l’épaule également. Encore que ça fait vachement mal, j’ai l’impression d’être une pustule géante (en plus de l’angine déclarée).

Mais mes chers lecteurs adorés : sur le visage ça ne me plaît pas du tout : je ressemble à une vache normande (ou un dalmatien au choix). D’où la déprime de ce soir où bien sûr tout va mal, après m’être croisée dans le miroir en rentrant chez moi (dans le rétroviseur je n’avais pas trop vu les dégâts et cet homme intelligent n’a pas de miroir chez lui… (quel rat, d’un autre côté il était trop tard, il avait oeuvré)
Et l’idée qu’il va me falloir sortir samedi et dimanche avec cette tronche (je ne vous parle pas de mon arrivée glorieuse au boulot lundi) me déprime à mort.
En plus l’homme de l’art m’a prévenue après que les brulages sur le front pouvaient éventuellement engendrer un gonflage des paupières (et forcément chez moi, ça va le faire tout à fait)

J’en entends qui ricanent : ce n’est pas charitable

PS du samedi matin : les paupières sont bien gonflées, je ressemble à une vache normande qui aurait fait de la boxe. J’espère que je ne suis pas la seule à qui ce genre de chose arrive…

C'était hier…

C’était hier…. Ce sera peut-être un peu décousu, mais je pleure en même temps alors…

    * Ils étaient tous là et maintenant je les visite au cimetière et quand je leur dis qu’ils me manquent, ils ne répondent pas
    * Papa était fort et immortel et il ne pouvait rien m’arriver tant qu’il serait là
    * Maman savait tout
    * Je voulais être grande
    * Mes puces chéries avaient besoin de moi
    * Je pensais que je vivais un grand amour
    * Les pêches du jardin étaient bonnes
    * Il y avait plein de vacances et les étés étaient différents
    * On ne mangeait pas n’importe quoi et il n’y avait pas de date de péremption
    * Les toilettes étaient au fond du jardin et la campagne c’était la campagne
    * Il n’y avait que de l’avenir
    * J’étais jeune et con et je voudrais pouvoir traverser le temps pour l’être encore
    * J’étais enceinte et c’était super
    * J’étais une jeune maman
    * Je me disais que l’an 2000 c’était vachement loin
    * Je ne savais pas ce que c’était que la mort : je me croyais immortelle
    * J’ai souffert le martyr pour mettre fille aînée au monde, mais je retournerais bien à ce jour là quand même
    * Je pensais que tout irait bien, que la vie était un long fleuve tranquille…
    * Je n’avait pas qq rides et les paupières qui commencent à s’avachir
    * Je pensais que fatalement je réussirais tout comme mes parents
    * Je ne pensais pas que je divorcerais, me remarierais, re divorcerais
    * Le débarquement ce n’était pas si loin de ma naissance. Maintenant tous ceux qui l’on vécu sont morts
    * J’avais mon bac, le monde m’appartenait
    * Il y avait plein de cerises chez mon grand père
    * On ne parlait pas de changement de climat
    * Ma cihienne était jeune et je ne pensais pas que je la pleurerais un jour. Et mon petit chat qui s’entendait super bien avec elle était là aussi pour toujours….
    * J’avais du fric et le banquier m’appelait pour me proposer des placements et non pas pour me rappeler à l’ordre
    * Je pensais devenir un grand écrivain
    * J’étais jeune….