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'Dans la série Diabolique'

24 H chrono : que du bonheur

24_H_Chrono_ca30156L’histoire commence comme un conte de fées “il était une fois” et non pas comme un songe d’Athalie “c’était pendant l’horreur d’une profonde nuit“, ce qui est bien dommage.

Parce que sinon elle se serait méfiée Dame Venezia (elle se reconnaîtra).

(C’était pendant l’horreur d’un beau…) Un beau jour de printemps flamboyant et chaud (c’était avant le 21 juin), un homme partit un jour en gambadant, mettre en service une installation importante et urgente (tout est urgent, je vous l’ai déjà dit, un jour la terre s’arrêtera de tourner, faut suivre) qu’il avait mise au point. Manque de bol, tout était effectivement au point, mais il y avait une pièce (détachée mais à 3000 euro tout de même)  forcément importante qui s’avéra défectueuse lors de la mise en service (on ne peut pas compter sur les fournisseurs, ce sont vraiment des nuls !).

Donc besoin urgent de la dite pièce pour le vendredi 14 heures au plus tard. Un message étant envoyé par pigeon voyageur pour réception le mercredi midi “envoyer pièce pour vendredi 14 heures au plus tard – stop – sinon client bloquera règlement – stop – me la faut absolument – stop – sinon m’ouvre les veines en écoutant Dorothée – stop”.

Dame Venezia ne pouvait laisser son chef s’ouvrir les veines dans de telles conditions et mit dont tout en oeuvre pour que la pièce arrive en temps et en heure, après avoir envoyé pigeon voyageur à son tour ” ne pas t’ouvrir les veines – stop – surtout pas Dorothée – stop – m’occupe du problème – stop – te tiens informé – stop – laisser pigeon me revenir donc ne pas lui donner de maïs – stop”.

Après envol du pigeon, appel au fournisseur pour lui faire savoir qu’il était scandaleux qu’une pièce neuve de ce prix ne soit pas apte à fonctionner au premier coup de manivelle. Faut tout de même penser aux chinois qui pédalent dans la cave NDD !

Appel en retour (le jeudi 12 H) du fournisseur, en Angleterre nord quart nord est !  “il est effectivement anowmal que la pièce soit défectueuse, nous vous en faisons pawvenir une de wemplacement immédiatement à nos fwais, elle sewa à Pau vendwedi midi au plus tawd, le twansporteuw nous l’a assuwé” (Non ce n’est pas autant en emporte le vent, c’est l’accent anglais !) – “nous adrwesser la pièce défectueuse en wetour” (n’a pas perdu le nord quart nord est)

Le vendredi matin, dame Venezia se connecta donc sur Internet pour suivre le colis dont les coowdonnées lui avaient été données par le fouwinsseuw qui avait fait son maximum. A Boeing transport maintenant d’agir via le n° 38562985 bis agémenté d’un AZ 49 B 65 HNJNTZ (n° à transmettre en cas de réclamation) .

24 H chrono c’était annoncé. Ils pouvaient le faire (les transporteurs, donc boeing transport).

Donc le colis parti le mercredi à 18 heures fit : Schrulg – Manchester – Manchester – Londres – Londres – Paris. Jusque là tout allait bien. De Paris à Pau, il ne manquait qu’un bond. D’autant que le colis était à Paris le vendredi à 1 heure du matin. Ces braves gens des transports tout de même… Nous étions émues dame Venezia et moi même (moi je pistais un portable oublié dans un TVG mais nous compatissions mutuellement à nos malheurs, le sien dépassant le mien)

Car après ce fut : Paris – Franckfort – Franckfort – Rennes (??????) (les choix des transporteurs sont impénétrables)

Le colis coincé à Rennes à 10 heures, Dame Venezia envisageat de prendre son cheval et d’aller le récupérer elle même. Trop tard. Le colis était parti par avion pour…. Toulouse.

OK. Toulouse/Pau ce n’est pas la mer à boire. Sauf que le transporteur appelé précisat que Pau n’était pas un aéroport desservi par la compagnie boeing transport “quel est le crétin qui vous a dit que cela pouvait être livré aujourd’hui à midi ?” Ben vous… Au fournisseur (vérifier, il y avait bien un mail attestant des affabulations du transporteur au fournisseur). En fait Toulouse/Pau se fait en cariole à âne et le vendredi c’est limité, les chauffeurs de carioles étant en RTT tous les vendredi AM pour se préparer au WE. Livraison prévue pour lundi 14 heures au mieux (prévoir qu’un âne se mette à boiter).

Dame Venezia me demanda si j’avais du Dorothée sous la main pour s’ouvrir les veines sans regret vu qu’elle avait perdu quasiment 24 heures à pister le colis, pour rien. Non… Moi une fourmi me suffit… (z’avez qu’à suivre). L’homme de l’art décrétat à 15 heures qu’il était grand temps pour lui de regagner son foyer (Pau/Paris en cariole à âne), et que cela attendrait bien finalement… D’ailleurs le client n’avait pas vu la fuite (habilement redirigée dans sa botte gauche inondée) et avait payé (si mon syndic pouvait être aussi aveugle !!!).

Mais sinon c’est juré : en 24 H chrono, ils peuvent le faire pourvu que l’aéroport soit bon et qu’ils pensent à vous préciser si oui ou non c’est OK sans se tromper…

De toutes manières ils vous diront toujours que c’est OK. C’est après qu’un homme enfin honnête vous demandera quel est le crétin qui vous a assuré que Boeing transport avait une liaison avec Triffouillyes les oies… A vous tout de même de payer le dit transport…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Posté le 24 août '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Mon P.D.B.D.M de tiroir de cuisine

Femmes_bricolant_jk7163_001Lorsque j’ai emménagé dans mon appartement, j’ai bénéficié d’une réduction considérable sur la cuisine neuve que j’achetais. En fait je pense que les rats vendeurs de cuisine voulaient se débarrasser de ce modèle et qu’ils ont été bien contents de me le refourguer.

Jean Poirotte me l’a installée et je précise qu’étant menuisier de métier, il n’a pas fait n’importe quoi. Elle n’est pas mal mais blanche (je déconseille, une trace de papatte de Diabolos se voit sur l’évier comme un furoncle sur le nez).

Passé un délai trop bref, me voilà un beau matin tirant sur un tiroir (c’est fait pour) avec l’idée saugrenue d’attraper une petite cuillère. Et voici le tiroir qui se décompose et la façade avant me dégringolant sur le pied. Ca fait mal.

C’était samedi, je suis donc partie en éructant direction Castorkarma pour acheter colle à bois, clous multiples, que ça à faire.

Récupération du contenu du tiroir, et des morceaux le composant. Fastoche me suis-je dit devant les morceaux à assembler, j’adore les puzzles (surtout les 6000 pièces représentant une montagne et 1000 sapins enneigés, je le sais que je suis folle). Un peu de colle à bois et tout ira bien. Sauf que quand la face avant du 5 pièces était emboitée la face arrière se débinait, que le fond du tiroir s’était vrillé, que quand les deux faces avant et arrière étaient correctes, les côtés faisaient la tronche… Après deux heures de gros mots, le tiroir était comme neuf, et interdiction aux filles d’y toucher, le temps que la colle à bois sèche (48 heures sans table de cuisine sur laquelle j’avais mis la chose à sécher, et les filles menacées des galères se tenant à carreau pour une fois).

3 ans passent (déjà ?) et un beau matin, vlabadaboum, le tiroir décide de se révolter pour une raison obscure. Face avant sur le pied (l’autre) et tout à refaire, sauf que Jean Poirotte me déclare qu’il ne faut pas remettre de colle sur de la vieille colle (sans proposer ses services, quelle ingratitude !). Faut gratter. C’est passionnant de gratter de la vieille colle dans des recoins inaccessibles au son de “quand c’est qu’on mange ?”, après être allée faire 2 heures de queue chez Castorkarma pour du papier de verre. Recollage du tiroir révolté avec de la super glu (faut ce qu’il faut), au fur et à mesure du remontage. Impec. Consigne absolue : ouvrir ce tiroir avec délicatesse et en lui parlant gentiment. Mais quand une mère/épouse donne des consignes, elles ne sont jamais suivies ou pendant seulement 8 jours (au mieux). Donc ce qui devait arriver arriva : le 14 juillet le tiroir décida que c’était aussi ma fête et se répandit sans grâce sur le sol de la cuisine (une fourchette plantée dans le pied, une, et c’est toujours sur moi que cela tombe)

A moi les grands moyens, vu l’état du pied. Colle, clous, et scotch fort pour soutenir la structure d’ensemble (très esthétique quand le tiroir est ouvert, le scoth marron). Et ce matin…. Devinez qui s’est rappelé à moi, alors que je l’ouvre avec délicatesse et componction depuis 4 ans, en soutenant le fond d’une main ? (restant méfiante)

Je ne sais pas pourquoi le scotch ne s’est décollé qu’aux endroits où il était utile. Parce qu’ailleurs il tient fort bien, trop bien même, je suis asphyxiée par l’acétone… Je hais ce tiroir, mais ne le lui répétez pas : pour une fois, il ne m’a pas blessée… Jean Poirotte a fait la sourde oreille, mais j’ai comme l’intuition qu’un jour il va se retrouver avec le tiroir à me remettre à neuf.

M’en fous pour l’instant, j’ai des clous pour charpente, de la super glu, de la colle 2 faces, du scotch, et toute la journée devant moi pour gratter et décoller ce P.D.B.D.M de scotch avant de coller l’autre… (que ça à faire)

La vie n’est qu’un long calvaire.

PS :Farty vient terrasser la fuite du lave linge entre 10 et 13 H demain, nananèreeu (je leur fait voir mon tiroir ?)

Posté le 23 août '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Ingrédient indispensable…

Couple_et_disputesUne sciatique mal venue m’ayant clouée sur mon canapé (on échoue où on peut) pour 2 jours (j’ai toujours du bol pendant mes vacances), j’ai été dans l’obligation de me refaire quelques vieux films. Enfin certains ont 10 ans, voire même 15, c’est dire les niaiseries que je peux regarder. Et puis j’ai pris ce qui me tombait sous la main.

J’avais sous le coude quelques films catastrophes et autres, tous américains, et il m’est apparu, à les visionner les uns après les autres, qu’il y a un ingrédient quasi indispensable pour réussir un film catastrophe.

C’est le couple qui ne s’entend pas – plus – en instance de séparation – déjà séparé – divorcé.

Sans cet ingrédient miracle comme le coriandre dans les champignons à la grecque, le film sera un échec.

  • Le couple ne s’entend plus, mais rapport à un enfant forcément difficile (vu l’ambiance familiale), reste ensemble (“Le jour d’après” où le père est tout le temps barré aux pôles d’où une certaine lassitude de l’épouse, la garce !). On sent dès le début que cela va craquer de toutes manières, sauf catastrophe annoncée qui sauvera le ménage en ruinant la planète.

  • Le couple est déjà séparé. L’homme vit sous l’eau (“Abyss”) ou à la recherche d’un typhon (“Twister”).

  • Le couple est divorcé. Il se partage la garde des chiens (“Alerte”), non sans disputes l’un n’étant pas là comme prévu pour prendre les fauves quand c’est sa semaine, et vice versa (pour faire plausible on prend des terres neuves)

  • N’ayant pas non plus revu 42 films, je m’arrête là.

Une catastrophe va leur tomber dessus : une glaciation accélérée, un typhon, une tempête, un sale virus, liste non exhaustive. Bien évidemment au cours de cette catastrophe, le couple sera héroïque. L’un d’eux sauvera le monde (lequel ????) voire même leur association qui leur fait prendre conscience qu’ils ont eu tort de se disputer pour des histoires de chaussettes sales et de lavabo non rincé (on n’ose imaginer le héros ne rabaissant pas la lunette des toilettes).

Dans pas mal de cas, le couple travaillait ensemble avant de ne plus s’entendre (“twister” où ils se retrouvent, l’un courant après l’autre pour lui faire signer les papiers du divorce le remariage urgeant) (“Abyss” où il dirige la station sous-marine qu’elle a conçue). Leur non entente reste un mystère qui ne sera pas élucidé (à moins de se rabattre sur les hypothèses ci-dessus). Ce n’est pas important d’ailleurs, ce qui est important c’est de savoir si :

  • Ils vont se réconcilier

  • S’ils vont au moins faire crac crac une fois avant “the end” ou tout au moins s’embrasser laissant présager que…

  • Si l’un des deux va sauver l’autre tout finissant bien.

  • Si l’un des deux sauvera l’autre en y laissant sa vie, mais ce n’est pas grave parce qu’au dernier moment il s’entendra dire “je t’aime”. N’empêche qu’on est émus et qu’on se demande si le survivant n’ira pas s’enfermer dans un monastère tibétain (trop tard).

  • Si à eux deux ils vont résoudre le problème et chasser ce vilain typhon ou cette grippe aviaire, voire remonter à la surface sans respecter les palliers de décompression indemnes… (bon là d’accord il y a l’intervention des extra-terrestres, mais c’est un autre débat, je parlerai des extra-terrestres un jour)

Le suspense du film réside là. On sait bien que le volcan va sauter, que le typhon va passer, que le virus va sévir, que la station va couler, la glaciation s’installer. Ce qui compte c’est l’héroïsme comme dans “le jour d’après” où le père si peu présent, et pour une fois qu’il est là, est obligé de rallier New York avec deux potes pour sauver son fils coincé dans une bibliothèque. On ne se demande pas s’il va y arriver : il y arrivera. Ce que l’on se demande c’est comment sa femme prendra la chose (plutôt bien : ouf !, elle n’a pas attendu de coup de fil pendant tout le film pour rien) et combien d’états il aura parcouru au bout du compte, avec un traineau et des skis de fond, en semant des cadavres partout (oui les deux potes n’arriveront pas, c’est écrit d’avance).

Dans “Alerte” Dustin Hoffman se bat vraiment pour sauver son ex avant tout, donc il piste tous les singes qui passent avec un flair infaillible. Dans “Abyss” c’est à qui se sacrifiera pour l’autre (je me noie, non toi, non moi mon amour, heureusement que tu es là, etc…).

C’est ce qui rend la catastrophe émouvante : de voir que le pire nous rend meilleurs. Surtout dans la stricte légitimité car je ne sais pas si vous avez remarqué, mais dans les films américains, le couple qui ne s’entend plus, est toujours marié (ou l’a été, d’où remariage en vue) : on ne concubine pas aux USA.

Je serais complètement perdue si au départ d’un film comme cela, je ne pouvais pas repérer les héros à leurs disputes (souvent au téléphone d’ailleurs au début, pour brouiller les pistes (qui c’est ? – Ce doit être son mari – t’es sûr ?- Oui c’est dans le résumé du film).

Ma sciatique allant mieux, je ne suis pas en état de vous faire un compte rendu plus complet sur les couples à disputes des films catastrophes. Il y a aussi dans d’autres films, le couple non marié qui s’engueule dès la première rencontre : on peut prédire à coup sûr un mariage pour la fin…

PS : ce message est programmé pour partir le 17 août à 13 H 30 car ce jour, j’suis encore à Paris…

Posté le 17 août '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

L'expédition parisienne ou les beautés des sites de renseignements

Retour_voyageComme vous pouvez le constater, me voici bien rentrée de mon expédition parisienne qui s’est bien passée (même pas dépensé de sous dans les boutiques des filles).

Par contre j’en ai après un site dont je tairai le nom pour ne pas lui faire de publicité imméritée.

Ce site fonctionnait très bien jusqu’au moment où un anonyme plus intelligent que les autres a décidé de l’améliorer. Hors je fais partie des gens qui pensent que le mieux est souvent l’ennemi du bien.

J’avais donc consulté mes horaires de train sur Internet, et annoncé un départ 11 H 08, donc arrivée 12 H 30 environ à la station “cité”.

C’était sans compter avec mon aptitude diabolique à être toujours prête 2 H trop tôt. Me voila vérifiant sur Internet et annonçant à ma méchante qu’en fait je prends le train de 10 H 38.

Bien évidemment, me voilà à la gare avec 20 minutes d’avance dès fois que (…j’ai avalé une horloge).

Le train annoncé pour 11 H 38 était en fait à 11 H 45. Soit attendre 27 minutes. Ca tombait bien, j’avais mon parapluie mais oublié mes lunettes de soleil dans ma voiture. Restait 20 minutes à tuer en pestant contre le site, car l’horaire qu’il m’avait annoncé correspondait à un départ dans le sens inverse de Paris.

Le train a été à l’heure, même pas soif, et aucun loubard en vue. Je ne me suis pas perdue à la gare Montparnasse qui a tellement changé depuis ma folle jeunesse. J’ai pu prendre les tapis roulants sans me tôler (encore qu’au retour c’était limite sur le tapis à grande vitesse au moment de passer sur la zone de ralentissement). Enfin tout s’est hyper bien passé.

Rentrée ce matin, me voici voulant en avoir le coeur net sur ce maudit site, et partant à la recherche d’horaires pour aujourd’hui. Et j’ai découvert ce qui s’était passé.

Pour mon départ : préciser le lieu et la ville. Bon moi j’avais mis “gare SNCF” en bonne cruche et arrivée également à “Gare Montparnasse” Paris (faut-il être bête). Je réitère aujourd’hui, et bingo le voici qui me demande (le site) de préciser mon lieu de départ : “avenue de la gare”, “tabac”, “laboratoire”. Je clique sur l’avenue de la gare comme avant hier, le choix “gare SNCF” n’existant pas. Pour Paris “gare Montparnasse”, préciser “avenue du maine” “gare SNCF” “rue du départ”. Sans doute pour le cas où des sièges éjectables dans le train permettraient d’atterir directement “avenue du maine” (je ne vous dis pas le bon qu’il faudrait faire).

Et me revoici avec un horaire à 14 H 08 alors que je sais que c’est 14 H 15. Mais moi avant hier, stupidement je n’avais pas demandé le détail du voyage et juste regardé l’heure du départ (pour moi du train), ce que j’ai fait aujourd’hui pour découvrir “allée de la gare, rendez-vous à la gare SNCF (7 minutes) et prendre le train ZIPPO à destination de Paris Montparnasse, heure de départ 14 H 15″.

Alors là c’est vraiment le pompon. Combien d’abrutis arrivés à l’avenue de la gare décident-ils d’obliquer vers le troquet du coin, nonobstant l’indication “gare SNCF ?”. Et pouvez-vous me dire pourquoi le lieu de départ “”gare” n’existe pas ?

Moi je ne sais pas, je ne suis pas technocrate…

Posté le 12 août '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Aujourd'hui j'suis à Paris

ValiseAujourd’hui, je suis à Paris. Eh oui, prévoyante pour une fois, j’ai préparé ce post hier…qui doit automatiquement s’éditer à midi, pour que vous sachiez pourquoi je ne vous réponds pas ce jour (prière de suivre).

Donc je suis partie voir la méchante et son chéri. J’ai donc tout bien prévu, parce que moi aller à Paris, autant dire que je file en Chine en stop.

  • J’ai acheté mon billet de train hier pour éviter de subir les “je vais à Strasbourg, après je file chez ma soeur à Nantes, d’où je file direct chez mes parents à Bordeaux pour revenir à Paris le 4 septembre”

  • J’ai pris une petite bouteille d’eau pour ne pas mourir de soif dans le train (je monte dedans c’est la pépie instantanée)

  • J’ai pris mes papiers d’identité dès fois que je me perde et que je perde ma tête aussi, on saura qui avertir, d’ailleurs…

  • J’ai mis un post it dans mon sac “personne à prévenir en cas d’accident” pour le cas où le sac rescaperait du déraillage.

  • J’ai emprunté le portable de mes parents pour appeler Pulchérie au secours, reste à savoir si je saurais m’en servir (finalement non, info de dernière heure : ils n’ont plus de crédit, je n’ai plus qu’à me débrouiller et c’est l’horreur)

  • J’ai pris un cran d’arrêt au cas où je ferais une mauvaise rencontre (même pas peur)

  • J’ai tout bien noté sur un post it comment que c’est compliqué d’aller chez Pulchérie (direct Montparnasse, descendre à “cité” (à ne pas confondre avec “cité universitaire”)

  • J’ai mis le post it tout de suite dans mon sac pour ne pas l’oublier.

  • J’ai consulté Météo France tout comme il faut

  • J’ai pris une réserve de clopes dès fois que mon train soit détourné vers Cuba et qu’à Paris il n’y ait pas de tabac d’ouvert en août (par chez moi c’est le désert sur ce plan là, restons vigilante)

  • J’ai laissé à Diabolos de quoi boire et manger pendant 3 jours en cas de grève des aiguilleurs SNCF et il faudra du temps à Mrs Bibelot pour réaliser que j’ai un chat et qu’elle a mes clefs

  • Pour le retour je ne balise pas trop : j’aurais une protection rapprochée avec la présence de la méchante et du gentil qui viennent prendre le vert. D’ailleurs pour me remettre je dors chez papa maman ce soir…

Quand je pars à l’étranger ? Euh non, je vérifie juste que j’ai bien mon passeport et mon écran total (sauf pour la Suède l’hiver, c’est toujours ça de gagné sur le plan du poids de la valise).

Posté le 11 août '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Deux belles mères pour le prix d'une : comment ne pas être avare

Belle_m_re

A multiplier par deux SVP


Quand j’ai rencontré Charles Hubert, j’étais en pleine recomposition de mon moi existentiel. En plus il ne me restait qu’un plant de basilic de vivant (et vivace) après les 3 qui avaient crevé (3 rencontres justement) (d’où le moi existentiel), donc j’étais certaine que c’était LUI (comme disait Brassens, quand on est con, on est con). Du coup je me suis reconstruite de travers et je l’ai surtout aidé à se reconstruire, mais ce n’est pas drôle alors je passe.

Je ferai un jour un post exclusif sur Charles Hubert qui vous amusera autant que “quand on n’a rien dans la tête”. Tout le monde va bien rigoler, sauf lui s’il se reconnaît au passage (j’vous dis pas les mails que je vais recevoir si c’est le cas, dans le genre “je disjoncte à 8 heures du matin + 36 bières à 8 heures du soir, c’est sympa, surtout au boulot).

Charles Hubert comme tout le monde avait un père et une mère. Divorcés. Et le papa (homme charmant par ailleurs qui bénéficiera d’un post exclusif ou “comment rédiger une procédure”) avait eu la bonne idée de se remarier.

Donc je me suis retrouvée avec deux belles mères. J’en avais déjà eu une qui m’avait largement comblée, et là je n’étais plus trop disposée à me laisser marcher sur les pieds, voire même plus disposée du tout à me laisser pourrir la vie par une belle mère donc deux = résolutions que j’ai tenues (oui ça arrive).

La première, la vraie (la maman de Charles Hubert) avait l’air tout à fait convenable au premier abord, derrière ses lunettes de  myope (je ne critique pas, ce n’était pas de sa faute). Sauf que régulièrement, au deuxième abord elle donnait l’impression d’avoir pris 2 tranxènes 50 + une bouteille de rhum + éventuellement un flacon entier d’anti-dépresseur. Les filles n’ont jamais pu la voir sans avoir l’impression qu’elle était shootée à mort (je n’y faisais plus attention, honte à moi).

Elle picorait 3 feuilles de salade, allait se faire vomir (même pas discrètement) dans les toilettes, et entretenait une relation longue durée avec son ex belle mère ce qui m’a toujours semblé suspect (moi appeler la mère d’Albert pour lui demander de ses nouvelles ne m’effleure jamais l’esprit, et je suis toujours ravie de savoir, via les filles qu’elle a fondu un fusible “une fois de plus”).

Elle recevait très bien. C’était toujours bon, bien préparé, bien présenté. Le hic c’était de la voir se pointer juste après avoir déposé le plateau de fromages, en pyjama, robe de chambre, et chaussettes (très important les chaussettes, Charles Hubert ne se couchait jamais sans, même en pleine canicule), et annoncer “je vais me coucher, le dessert est dans le frigo”. Je n’ai jamais osé faire ce coup là, même si l’envie m’en prenait en cas de coup de pompe subit, avec mes propres invités (suis-je normale ? et “vous descendrez les poubelles en partant et n’oubliez pas de nourir le chat”…)

Elle m’appelait pour me faire part de ses soucis rapport à Charles Hubert. Elle n’avait pas vraiment tort, mais avec un an d’avance ou dix ans de retard (en fait les deux). En plus elle me faisait part régulièrement de la dernière conversation qu’elle avait eu avec son ex belle mère (la grand mère de Charles Hubert, le Bubon (furoncle étant réservé à ma belle mère n° 1)) et me demandait de l’appeler à mon tour. N’importe quoi ! Je fuyais Mrs Bubon comme la peste, et je suis allée à son enterrement pour être certaine que je ne la reverrais JAMAIS, sans avoir vérifié au passage si c’était bien elle dans le cercueil : j’ai un boulot et les mises en bière me bouffant un RTT pour un bubon, merci bien (Dieu ait son âme : le pauvre).

Bien évidemment, la mère de Charles Hubert détestait à mort la deuxième femme de son ex qu’elle vouait aux gémonies. Après 20 ans de séparation je trouvais cela pitoyable (Albert peut se les faire toutes, je m’en fous, voire même je préfère qu’elles soient sympa avec les filles, (mais j’aime bien savoir qu’il se morfond tout seul…))

Hors la deuxième femme de l’ex c’était ma belle mère n° 2.

Celle-ci, psychologue de métier (d’ailleurs mon ex beau père n° 2 avait épousé sa psy), ne se shootait pas du tout. Même un aspirine était exclu… Elle était maigre comme un coucou (visualisez une grande planche avec des cheveux sur le dessus) et était obsédée par “la ligne” sans se demander en psychologue si elle n’avait pas un problème relationnel avec le bourrelet (qu’elle n’avait pas). Comme j’étais un peu rondelette, Charles Hubert aimant les femmes potelées, je ne me sentais jamais visée par ses allusions à la ligne… Elle et Beau papa n° 2 avaient adopté  une fille (elle s’était fait ligaturer les trompes après sa fille aînée et n’avait jamais pu les faire rescaper) qui était adorable le jour diabolique de mon second mariage. Tout le monde l’avait trouvée parfaite mais elle regardait les photos en précisant “elle est beaucoup mieux maintenant, elle a perdu 10 kg (et finit par en reprendre 30 histoire qu’on lui fiche la paix)”. Pour elle squelette façon rescapé de camp de concentration, c’était l’idéal.

Pour elle être bien c’était être anorexique vivant dans une maison modèle. J’étais à moins 5000 dans sa notation.

En effet mettre les pieds chez elle, c’était regretter d’avoir des pieds et n’importe quoi d’autre à caser : maison modèle façon “maison, loisir et création” c’était son truc, déplacer la télécommande de 2 mm c’était risquer sa vie. Hors je déteste les maisons modèles qui manquent de vie et y risquer la mienne.

Elle détestait également sa belle mère (un point commun avec l’autre), qu’elle avait surnommée “la reine mère”.

Toutes les deux me demandaient régulièrement des nouvelles de “l’autre”. Que je ne manquais pas de donner, les pires qui soient, pour le plaisir de leur voir enfin une mine épanouie.

Je ne peux pas dire qu’elles me manquent vraiment, mais j’ai peut-être tort…

 

Posté le 25 juillet '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

J'ai avalé une horloge

HorlogeJe ne sais comment mes parents s’y sont pris pour me la faire ingurgiter, mais une chose est certaine : j’ai avalé une horloge.

Bon je fais partie d’une famille où les retardataires sont rares et se prennent forcément une réflexion en cas d’abus. Cela a dû jouer.

J’ai le souvenir de l’école maternelle fermée, parce que j’étais en retard (elle était à 30 mètres de l’appartement et maman me surveillait de la fenêtre), ce qui m’avait traumatisée (pourtant l’école ce n’était déjà pas mon truc). Après je ne sais plus.

L’heure c’est l’heure, avant c’est trop tôt et après c’est trop tard (surtout quand on prend le train ou un avion).

Moralité, je passe ma vie à poireauter dans des endroits multiples. Chez le dentiste par exemple. Rendez-vous pris à 19 heures. Il est à 3 km, mais dès fois que je crève, dès-fois-que la voiture me lâche et que je sois obligée de terminer à pied, dès-fois que je croise un fou en voiture et que l’on doive m’y emmener en civière… Moralité je sonne à 18 H 30 et comme il n’a pas fini de charcuter la personne précédente dont les gémissements me terrorisent, quand il se décide à s’occuper de mon cas, j’ai perdu 3/4 d’heures (à lire “Voici” c’est ma seule occasion, dites moi pourquoi il y a toujours ce genre de lectures chez les dentistes et non pas : Historia ?).

Idem quand je dois (rarement) prendre le train. Le train est à 10 H 15, j’ai 2 mn en voiture pour y aller (oui quand je reviens de Paris j’ai les pieds en compote et je suis incapable de me traîner de la gare à la maison). A 9 H 50 je suis en train de prendre mon billet, ayant prévu les problèmes de voiture pré-cités et la personne diabolique qui réserve juste avant moi Paris-Tours/ Tours-Vezoul/ Vezoul-Frankfort/ Frankfort-Paris en changeant tout le temps d’avis (cela m’est arrivé une fois, moralité j’ai pris mon train sans billet et je n’ai même pas été contrôlée). Je passe donc 20 minutes à attendre le train et il fait moche. Et 20 minutes à contempler une voie ferrée, c’est long…

Invitée par des amis à un WE en touraine, et m’étant précisé que j’étais attendue “vers midi”, j’ai décollé à 7 H 30 de chez moi au cas z’où (250 bornes c’est la mort pour ma caisse). Pour moi il n’y a pas de “vers midi”. Midi c’est midi et c’est la honte si je pointe à 12 H 05 ou 11 H 55. J’ai été obligée de me résoudre à prendre la RN 10 pour perdre beaucoup de temps et ne pas arriver avec deux heures d’avance.

Le matin également, je pointe normalement chez Trucmuche/Truchon & Co à 8 H 30. J’ai pris la fâcheuse habitude d’y arriver vers 8 H 10, pour papoter avec les collègues en buvant un chocolat (je hais le café). Et bien si jamais je me lève en retard ou autre, la simple idée d’arriver à l’heure (8 H 30) me rend quasi hystérique. C’est pathétique.

Ce qu’il y a d’irréel même, c’est que si je suis en retard malgré mes précautions (the big accident sur l’autoroute), passé 5 minutes tout le monde s’imagine qu’il m’est arrivé quelque chose de grave. Oui c’est grave, je suis coincée dans un bouchon, le samu est là et les pompiers avec, je n’ai toujours pas de téléphone portable et je ne peux prévenir personne. Ne me reste qu’à souhaiter que cela se tasse avant que famille, amis, et autres, n’aient rameuté tous les hopitaux et morgues du secteur…

C’est aussi un cas de brouille indiscutable quand on a une amie qui elle est systématiquement en retard. Attendue chez moi entre 19 et 20 H elle se pointait à 22 H 30 avec toujours une bonne excuse, devant une assemblée exaspérée (mes amis sont à l’heure généralement). Et pendant les 3 H 30 où je l’attendais, je la détestais (ben oui j’avais dit 19 H aussi…). Etant toujours à l’heure je la trouvais systématiquement sous la douche ou en train de s’épiler et le poireautais à nouveau. J’ai résolu le problème le jour où elle s’est vexée chez moi d’arriver en même temps que le plateau de fromages. Et pour un réveillon c’était très fort de sa part.

Je me souviens aussi d’un ex à moi, champion du monde, que j’ai attendue des heures et des heures à de multiples occasions, jusqu’au jour fatidique où il m’avait promis d’arriver à midi pour m’aider à déménager. Il s’est pointé à 20 H après m’avoir téléphoné 5 fois pour me donner des excuses même pas bidons, et pour rouspéter qu’il n’aimait pas les sardines grillées…

Enfin de temps à autres j’aimerais bien pouvoir être en retard… C’est bête mais je n’y arrive pas, malgré une psychothérapie poussée.

Une sorcière pleine de défauts (décidément c’est ma fête en ce moment)

 

Posté le 25 juillet '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Diabolique journée, ou pourquoi me suis-je levée ?

Sous_la_couetteJe suis très catégorique et vous aussi sans doute, mais il y a des jours où l’on ferait mieux de rester couché.

Je vais vous raconter une journée totalement authentique en espérant que parfois vous vous direz “c’est moi ça” ou “ça m’arrive aussi”.

Réveil tout d’abord sur le coup de 5 heures, avec le réveil des 3 millions d’oiseaux qui peuplent le petit bois derrière chez moi. C’est peut-être mieux que le périf ou un autoroute, mais c’est fou ce que ces petites bêtes consomment du décibel, surtout les 4 pics qui font les mitraillettes sous mes fenêtres.

J’attends qu’ils se calment en me réfugiant sous la couette (malgré la chaleur) je me rendors, trop bien. En  fait je sursaute en entendant “il est 7 H 30“, alors que je devrais être levée depuis 20 bonnes minutes. Je me lève donc à la hâte, j’ouvre la porte de ma chambre et je manque écraser le chat qui se vautrait là (pourquoi là ? mystère). Moralité je me cogne l’épaule dans un meuble de mon entrée pour éviter de le transformer en pâtée pour chien (ouille ouille ouille).

Evidemment je m’ébouillante avec la douche, je me gicle du shampoing dans l’oeil, je manque me tôler en sortant de la baignoire pour rechercher l’optrex et me rincer l’oeil (5 minutes de perdues), et je me dirige vers la cuisine pour me faire mon thé sans lequel je ne peux survivre.

Zut plus de sachets. Retrouver la petite infusette à thé, et sortir la boîte de thé en vrac (enfin une des boîtes). La laisser tomber, c’est mieux : du thé plein la cuisine : on verra ça ce soir. Le thé fait, j’y verse mon lait qui tourne… Vider le bol, refaire du thé, ouvrir un autre litre de lait. Le tout sur fond de miaulements : le thé fait mal aux papattes de Diabolos. Aller chercher l’aspirateur et aspirer le thé (du si bon thé !)

Je finis de me préparer en hâte. Tellement vite d’ailleurs que je me flanque un coup de mascara dans l’oeil. ça pleure (le même qui a pris le shampoing, mon oeil directeur évidemment). Re Optrex, et l’heure qui tourne. Comme j’arrive avec 20 minutes d’avance au boulot j’ai de la marge, mais ils vont tous me croire morte si je passe la porte à 8 H29 pétantes.

Je pars en oubliant mon sac déjeuner/première urgence que j’emmène toujours au boulot. Je remonte 4 à 4 pour le prendre et j’appelle donc l’ascenseur dans lequel je me glisse pour redescendre plus vite. Zloum entre deux étages, il se coince.

Au secours ! “Pierre, c’est madame Musquin,  je suis coincée dans l’ascenseur !”. Le temps qu’un voisin se réveille (il n’y a que moi qui travaille dans mon hall, tous les autres sont à la retraite), sorte sur le pallier et pose la question fatidique alors que je sonne à tout va “il y a quelqu’un ?”. Non l’ascenseur est hanté crétin ! Normalement il suffit de l’appeler d’un autre étage pour qu’il redémarre. Ce qu’il fait pour me conduire au dernier étage. Je redescends à pieds en remerciant.

La voiture broute (ah non !), mais j’arrive au boulot saine et sauve avec 5 minutes de retard. Ouf personne n’a rien vu. Le copieur n’a plus de papier ? Pas de problèmes je m’en occupe, en me ruinant le tibia gauche sur lequel j’ouvre le bac A3 sans aucune précaution : un bleu énorme (pas de jupe pendant 2 semaines).

Je manque m’assommer avec le combiné du téléphone que je décroche avec violence alors que le copieur n’est toujours pas regarni en papier (un bleu sur la tempe). Je me cogne la cuisse gauche dans le coin de mon bureau en retournant en finir avec cette saleté d’engin et son papier A3, A4, et à en tête.

Le reste de la journée a été torride, j’avais mal à l’épaule, la cuisse, la tempe et le tibia. Ca téléphonait de partout, j’avais tout à faire pour avant hier et la température rivalisait avec la poitrine de Marylin Le soir en rentrant j’ai croisé deux voitures dans deux mares, mais celle là, vous la connaissez….

Pendant mes vacances il y aura une journée où le temps sera pourri (même plusieurs, ma spécialité étant de me retrouver en congés quand le temps se détraque, donc je peux vous annoncer de la pluie à partir du 4 août prochain). Et bien il y en a une où je resterai sous la couette. Na !

Posté le 24 juillet '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.

Belle mère

EndoraUne belle mère, je sais ce que c’est : j’en ai eu trois. En effet, les parents de Charles Hubert étaient divorcés et son père avait eu la bonne idée de se remarier (quelle idée de se remarier, je ne le dirais jamais assez !), ce qui me faisait deux belles mères pour un homme.

Albert n’avait que des parents tout bêtement mariés et je m’en vais vous parler de sa mère qui restera LA belle mère, avec émotion et nostalgie (les filles arrêtez de ricaner puisque vous lisez mon blog).

J’avais 20 ans. Ou presque, juste un an de plus, et j’ai découvert ma future belle mère lorsqu’Albert décida que notre relation était sérieuse et qu’il lui fallait me présenter à ses parents.

J’ai eu l’intuition diabolique qu’elle allait me plaire beaucoup, au cours du premier apéritif, précédant le premier dîner auquel j’assistais, un peu coincée sur un canapé style empire (mal imité et plus qu’inconfortable) au milieu d’un ameublement que je trouvais hideux. Enfin chacun ses goûts et je ne me permets pas de dire que le mien est meilleurs que celui des autres. Simplement je n’aime pas les gondoles sur la télé, l’arc de triomphe en miniature dans une bibliothèque avec un sphinx et les pyramides, et des meubles style années 1950 en bois vernis avec des incrustations de nacre.

Donc au cours de cet apéritif (je bavarde, je bavarde, et je m’égare), pendant que le père m’ignorait superbement (il a carrément fait l’objet d’une nouvelle : “comment tuer beau papa”, il faut que je la recopie de Mr Mac Intosh), elle m’a passée à la question comme des flics n’osent le faire que s’ils tiennent l’auteur de l’attentat du 11 septembre, ou en ont la certitude, en se relayant. Elle, n’avait pas besoin de relais, elle tenait la route toute seule.

  • Que font vos parents ? AAAhhh chef d’entreprise ? De nettoyage bof… Et votre maman n’a jamais travaillé AAAAhhhh ? Quatre enfants mon dieu ! Vous faites quoi comme travail ? AAAAHHH ? vous gagnez combien ? Vous avez des “espérances” ? Vous voulez des enfants ? Combien ?  AAAHHH ?

J’en passe et des meilleures. Je répondais poliment. Après tout, je n’avais rien à lui reprocher bien au contraire puisque j’étais amoureuse d’Albert et qu’elle l’avait mis au monde. Mais mon petit doigt me disait que je ne faisais pas l’affaire. D’autant qu’elle avait trouvé le moyen de me glisser au passage qu’elle adorait Fernande, l’ex d’Albert, pendant que son mari allait faire admirer à Albert qui détestait tout ce qui avait trait au jardinage, ses dernières plantations. C’était très fin, j’en ai mangé sans fin et sans faim.

J’ai eu la confirmation le lendemain que nous étions faites pour nous entendre. La veille au soir je m’étais assurée dans le calme de la chambre qu’Albert n’aimait pas plus que moi la décoration parentale. Même amoureuse, ayant 21 ans, je me voyais mal me mettre aux napperons au crochet, aux rideaux tricotés mains, et à collectionner les monuments miniatures sur fond de marbre et bois brillant (encore que, il est bien connu qu’une femme amoureuse peut faire n’importe quoi).

Le lendemain, la belle mère, Mrs Furoncle, avait prévu une partie de pêche pour “les hommes”, et un pique nique royal à vrai dire. Dans ma famille on n’a jamais pique niqué avec du foie gras et des moules farcies mais bon pourquoi pas.

Mrs Furoncle, le repas achevé dans un silence un peu contraint (je pense qu’Albert levé de bonne heure lui avait demandé de mettre la pédale douce sur l’interrogatoire serré), les “hommes” se mirent à la pêche, Mrs Furoncle sortit un tricot dont la vue de la laine me donna un frisson bénéfique par cette chaude journée, et moi je sortis le livre que j’avais en train.

“Moi je lis un livre par an” me déclara-t-elle fièrement. Mon frisson s’accentua. Je suis bouquinovore et à l’époque j’étais capable d’ingurgiter 4 livres par semaine (ceci sans compter les notices de médicaments, les magasines et le dictionnaire en cas de panne). Une certitude me terrassa : cela allait bien se passer.

Au cours des visites suivantes j’appris qu’il était vraiment dommage que je sois blonde. Le croirez vous ? Il était tout-à-fait inadmissible qu’Albert, élevé parmis de magnifiques brunes (sa mère et ses deux soeurs), puisse trahir sa race avec une blonde.

  • Qui de plus ne bronzait pas et se tenait à l’ombre (bronzée je ressemble à un litre de lait frais).

  • Qui lisait constamment (tu n’as rien d’autre à faire ?).

  • Qui avait une mère qui avait eu 4 enfants et ne s’était pas faite avorter 7 fois comme elle (Albert ayant échappé à l’aiguille à tricoter parce qu’elle avait croisé une voyante avec 9 jours de retard, qui lui avait prédit “toi tu vas avoir un beau garçon”).

  • Qui envisageait d’élever ses enfants en prenant un mi-temps (elle avait fait élever ses enfants par ses parents pour garder son salaire).

  • Qui ne connaissait pas le point de croix

  • Qui ignorait tout du crochet

Albert persista dans son erreur et un beau jour le mariage eut lieu (après 56 coups de téléphone le décourageant de commettre une erreur fatale) et Pulchérie vint au monde.

Après 72 heures de contractions, accouchant à l’ancienne et sans péridurale, j’avais autre chose à faire qu’à entendre Albert se faire plaindre au téléphone parce que je lui avais broyé la main gauche (pauvre petit chériiiii…) et à me faire engueuler parce que le pauvre avait eu le malheur de dire que j’avais beaucoup souffert, que du coup je lui avais broyé la main, etc…. Avant “félicitations” (contraintes) j’eus droit à “tu aurais pu faire attention à la main d’Albert, le pauvre titiiiii”.

Effectivement pourtant, ce coup de téléphone n’était rien, à côté de la visite qui allait suivre et au cours de laquelle Mrs Furoncle découvrit que le duvet sur le crane de Pulchérie était blond.

  • “OOOOHHHH ELLE nous a fait un bébé blond !”

  • “Regardes P’tit con (le beau père), elle nous a fait un bébé blond !”

  • “Oh elle est mignonne mais elle est blonde !”

  • “Gouzi Gouzi, regardes ta mamie brune !” (regard en coin pour que l’on comprenne bien d’où venait la tare, devant toute ma famille d’apparence plutôt normande, ceci se passant à Noël, et les bruns étant rares dans ma branche quoique très respectés (ils bronzent))

Inutile de lui faire remarquer que si Pulchérie était blonde c’est parce qu’Albert véhiculait un chromosome évident : la mère de Mrs Furoncle était blonde. Mais les chromosomes pour elle c’était une invention très conne et certainement très fausse. Tout comme le fait qu’Albert soit en cause dans le fait que Pulchérie ne soit pas un mâle : je me devais de faire un gars du gars. J’avais raté ma mission, et le chromosome Y, elle ne connaissait pas : LE livre par an était un Arlequin.

Je fus pour elle une bru infâme : en deuxième coup une autre fille, et blonde également, là le scandale était à son comble.

En plus j’étais bourrée de défauts. Malgré ses “CHEZ NOUS” destinés à me faire rentrer dans le rang (le sien) :

  • Chez nous on lave la pure laine à la main (moi pas, mais au lave linge via programme “fragile” ou “spécial laine”). En plus elle m’avait précisé “ça me tue“, donc je m’obstinais : pas de procès aux assises pour cela, mais elle a survécu. Je précise à celles qui veulent se débarrasser de leur belle mère que laver la pure laine en machine ne la tuera réellement jamais.

  • Chez nous on n’aime pas le lait (moi si et les petites aussi, sauf Delphine qu’elle réussit à en dégouter en lui en servant du tourné volontairement, alors que je la lui avais laissé en toute confiance pour 8 jours)

  • Chez nous on aime repasser (Berk)

  • Chez nous on n’aime pas les filles. Là trop c’était trop et j’en avais ma claque de l’entendre seriner cela devant ses petites filles largement en âge de comprendre (je ne parle pas que de mes filles)

  • Chez nous on ne perd pas son temps à lire, on trime en regardant Dallas éventuellement (repasser en regardant Dallas : j’ai dû louper quelque chose)

  • Chez nous on se lève à 5 H 30 du matin (pas Albert en tous cas, loin du regard tutélaire de sa mère et de son père)

  • J’en passe

Avec elle j’ai eu droit pendant 10 ans à de magnifiques napperons (tu en manques), à d’exquises peintures sur toile (j’ai décidé de me distraire), à de superbes assiettes décorées (j’ai remarqué que tu aimes les vieilles assiettes : oui, pas les horreurs vendues dans des magasins souvenirs), à des tricots superbes pour les filles qu’elle faisait avec le reste de laine qui lui restait après avoir tricoté un pull à sa belle mère (80 ans). Sitôt arrivée chez moi, elle empoignait un chiffon pour faire les poussières, surtout celles qu’on ne voit jamais (elle adorait les pieds de table), et ouvrait tous les placards pour en vérifier l’alignement (j’ai prié pour que tout s’écroule sur elle, mais le ciel m’a trahi)

Les réflexion allaient toujours bon train “Taloup (la soeur aînée d’Albert), n’a jamais vu Pulchérie avec la robe qu’elle lui a offerte” (moi je n’avais pas vu non plus ma nièce avec la robe offerte, mais je n’en faisais pas un plat).
“Ton père a grossi” (et toi tu mincis de jour en jour ?)
“Le blond ça ne fonce pas avec l’âge ?”
“Ne repasse pas tes torchons de la même taille que tes serviettes”
“Je m’ennuyais, du coup j’ai lavé tes slips…”
“J’ai remarqué que les chemises d’Albert n’étaient pas repassées avec un pli dans le dos, j’ai dû toutes les refaire”
“Ce n’est pas gras le confit ? On n’est pas venus pour manger : une soupe ça suffit”
“ELLE ne nous a servi qu’une soupe avec de l’eau même pas minérale (à ma mère ravie)

Elle téléphonait le samedi ET dimanche matin à 7 heures “Je ne vous réveille pas ? Si ? pas grave, et bla bli et bla bla” (je la passais à Albert, il adorait)

Tout cela en continuant à tanner Albert pour qu’il trouve mieux que moi (Un mannequin avec la fortune des Kennedy, il fallait cela au moins pour son fils et elle était très portée sur l’argent des autres qui pouvait la faire vivre).

Elle a parfaitement réussi son coup (faut tout de même se mettre à la place d’Albert incapable de dire merde à ses parents, il y en a qui savent le faire, mais pas lui).

Le problème (pour elle, car elle ne me manque pas vraiment) c’est qu’elle n’a pas trouvé mieux, mais bien pire, du genre capable comme je le serais aujourd’hui, de lui dire “t’es trop con, je ne veux plus te voir, la prochaine fois que tu mets l’oeil dans mon panier de linge sale je t’assomme avec le cric et je planque ton cadavre dans le puits”, ce que je me suis retenu de dire pendant 10 ans par égard pour son fils.

D’après ce que les filles ont pu me dire, elle ne s’est pas arrangée en vieillissant. De toutes manières seuls les grands crus peuvent le faire : elle c’était de la piquette….

La prochaine fois : deux belles mères d’un coup, c’était trognon comme tout…

Réédition d’un post du 18 juillet 2006 passé inaperçu à l’époque (ben vi, ce sont les vacances).

Et bon anniversaire ma petite soeur. Comme je te précède de 11 ans, ça commence à me flanquer le bourdon, alors…. Profite ma belle, profite…

Posté le 18 juillet '06 par , dans Dans la série Diabolique. Pas de commentaire.