L’appareil dentaire de Delphine…

Nous n’avons pas pu TOUT réussir chez les filles Albert et moi, donc on ne pouvait pas tout réussir chez Delphine. A l’occasion d’une carie et d’une visite chez le dentiste, ce dernier diagnostiqua un mauvais positionnement des dents. En clair quand elle fermait la bouche, les dents de la mâchoire supérieure rentraient à l’intérieur de la couronne inférieure, et c’était très mauvais. Pour elle, et pour le porte monnaie je précise.

Suçant son pouce, elle avait le palais creux en plus, mais ça, il me précisa que ce n’était pas grave.

Direction orthodontiste à tel âge, avant, le dentiste m’avait précisé que c’était trop tôt…

Constatation du « mon dieu mais quelle horreur », prise d’empreinte, et nous voici un beau jour récupérant un faux palais avec le mode d’emploi.

Faut visualiser la chose. Immonde, rose pâle comme un bébé qui n’a pas le droit de bronzer. L’engin s’adaptait au palais de Delphine et à sa dentition loupée, et une fois toutes les deux semaines je devais élargir le faux palais d’un petit cran avec une clef ad hoc, et elle le mettre en faisant la grimace et le supporter.

  • La première semaine elle zozota horriblement, il fallait qu’elle s’adapte.
  • La deuxième semaine elle s’insurgea qu’elle ne pouvait plus sucer son pouce
  • La troisième semaine, après le premier tour de clef, elle recommença à zozoter. A la manière dont elle me regardait, je sentais bien qu’elle me détestait. L’ayant surprise à se servir de la clef dans le mauvais sens, je la confiais à mon père (la clef), parce que c’était l’époque bénie où j’étais revenue chez mes parents avec les filles pour cause de haute trahison petits problèmes graves dans ma vie

Puis Delphine s’est adaptée à son appareil, au tour de clef toutes les deux semaines, ou trois semaines au cas où cela la gênerait trop.

Elle s’était tellement adaptée d’ailleurs, qu’on retrouvait l’appareil partout. Dès qu’elle mangeait, elle le retirait, et le remettait soigneusement dès qu’elle commençait sa digestion. Je lui avais expliqué que cela me coûtait un rein et un bras, et elle faisait attention à ne pas le perdre ou l’abimer.

Le problème était qu’elle boulottait pas mal. Tout le monde adore voir un faux palais trôner sur la table basse du salon, face à la TV, avec des morceaux de céréales de coincés dedans. Brosser son appareil avec sa brosse à dent, après retirage et avant reposage, elle savait qu’elle devait théoriquement le faire. Cela restait théorique pour elle.

Elle commençait à dîner « zut mon appareil » (le « merde » lui était interdit à l’époque). Sans moufter, elle le retirait et le posait à côté de son verre avec quelques débris l’ornant bien. Le pire était quand elle le reprenait à la fin du dîner ou déjeuner (au choix) pour le remettre tel que, en place… Tout le monde avait un haut le coeur et elle murmurait que nous étions des chochotes… Après enquête j’ai appris que tous les mômes faisaient la même chose, le comble revenant au fils d’une amie dont l’appareil avait disparu, et qui fut retrouvé dans le sac poubelle. Il le remit direct…

Je la courchassait pour nettoyage le soir de l’appareil, en même temps que le brossage des dents. Quel brossage de dents ? Ces mères, quelle plaie !

On retrouvait le truc partout. Tout le monde savait qu’il fallait le prendre du bout des doigts avec des pincettes et aller le mettre à tremper dans une solution présente dans la cuisine, et la salle de bain. Et tout le monde vérifiait qu’elle le remettait en place immédiatement et sans délais, pourvu qu’elle ne soit pas en train de boulotter.

Elle a mis 6 mois de plus que tout le monde à se retrouver avec un palais à la bonne taille et les dents s’emboitant idéalement.

A l’annonce de la bonne nouvelle, elle a posé le truc par terre et l’a écrasé d’un coup de pied. Tant pis pour le futur musée des horreurs de sa soeur…

Pas de souvenir pour ses enfants. Un faux palais pourtant, c’est top pour les générations futures. Quand je pense qu’on a retrouvé le plâtre de tante Hortense et l’oeil de verre de la gueule cassée de Verdun, je me dis que tout le monde a perdu quelque chose.

Un faux palais qui traîne partout, ça met de l’ambiance dans une maison, je peux vous l’assurer…

De toutes manières, la vie n’est qu’un long calvaire…

Les facéties de Delphine…

Estelle 1 retouchéeNotre mémoire nous joue régulièrement des tours, même si nous pensons que  la nôtre  est excellente.

En ce qui me concerne (MOI JE), je n’ai pour l’instant pas à me plaindre, même si, comme par hasard, j’ai une certaine amnésie concernant les derniers mois passés avec Albert, et de ceux qui ont suivis son départ. A une centaine époque ayant été beaucoup mise à contribution, je servais de mémoire vive concernant les antécédents médicaux de papa, et parfois même d’autres personne de la famille  (souvenirs dont je me passerais bien…). Continuer la lecture de « Les facéties de Delphine… »

Des trucs de filles…

56715772ATTENTION, planquez vous TOUTES quand la chair de votre chair, votre progéniture féminine dit :

  • Je peux te coiffer ? (la réponse est oui, j’adore qu’on me tripote les cheveux), tu vas voir je ne vais pas te rater (effectivement vu le résultat on peut dire qu’elle ne m’a pas ratée, Dracula lui même serait parti en courant et sans besoin d’ail) : en fait on se retrouve avec 4 couettes débiles et il faudrait sortir comme ça !

  • J’peux m’épiler ? C’est quand que la température de la cire est bonne ? l’épilacire fonctionne plein tube et elle a déjà une brulure 3ème degré

  • C’est vrai que l’huile d’olive c’est bon pour les cheveux ? je peux prendre ton huile de chez fauchon à la truffe ? Non ? Trop tard

  • Comment ça je parle mal ? Précises que je cause pas comme il faut, que j’cause pas beau cé koi ce dikat du bien koser ?

  • Bouges pas, je vais te mettre de la crème sur les jambes (un pot de Nivéa foutu). Et on ne bouge pas vu que l’autre est en train de ne pas nous rater. On se retrouve avec les jambes grasses à mort ce qui nous rappelle qu’il faudrait que l’on perde un peu de gras

  • Cette chambre manque de décoration (je vais y remédier j’ai trois posters de Titanic et de la colle à papier)

  • Ce papier peint est immonde ! tu es certaine que c’est nous qui l’avons choisi ? On va le recouvrir de posters

  • Ce jaune dans la cuisine c’est moche, tu n’aimes pas le vert ? On te prépare une surprise pour ton anniversaire

  • Tu crois en la magie blanche ? ELLE y croit

  • Tu peux m’expliquer comment tu as vu la mort de Senna dans les cartes ? Elle va me piquer mon tarot (et elle l’a fait, je ne l’ai jamais retrouvé, et un tarot CA NE SE TOUCHE PAS PAR D’AUTRES, et la mort de SENNA a été mon grand moment de voyance)

  • J’ai un poilt sur le menton c’est normal ? (adieu ma pince à épiler)

  • Je n’ai pas de vagin tu m’as loupée (elle a essayé le tampax au mieux, ou bien son copan et elle… au pire)

  • J’ai fais des plantations, surprise !!!! (ne touche pas c’est un sort magie blanche  pour rencontrer l’amour et tes plantes de bourges peuvent crever)

  • Je t’aime ma petite maman chérie, ma mouth adorée (qu’a-t-elle fait comme connerie ?)

  • Il va sortir par où le bébé ? (vous expliquez longuement, vous faites lire le livre qui va avec l’âge et l’ainée se pointe à la maternité, admire la petite soeur, et pose votre main sur votre ventre en posant LA question « ben il est où le bébé ? Echec total d’une éducation réfléchie)

  • Tu n’as pas des jumelles ? (non, elle piquera celles de son grand père pour admirer le voisin du fond en prétextant s’être éprise des martins pêcheurs)

  • C’est quoi un martin pêcheur ? (elle me prend pour une conne)

  • Tu en as des affaires ! (adieu mes T shirts préférés)

  • Tu te sers de cette poudre ? (non, je l’avais achetée comme collector pour la revendre, mais comme tu l’as ouverte…)

  • Je suis désolée mais… (je vais t’annoncer que j’ai définitivement ruiné le lave linge et l’épilacire, que la peinture s’est renversée sur le sol de la cuisine, etc… MA MAMAN ADOREE QUE J’AIME TANT…)

  • Je suis désolée mais… De toutes façons ce sera TOUJOURS une mauvaise nouvelle, surtout pour VOUS…

C’est sans fin en fait. La vie n’est qu’un long calvaire…

Les filles ça cuisine aussi (ça en fait des choses)

Filles_et_cuisineVous pensiez tout savoir sur les filles avec mon billet de 3 km sur « conseils utiles aux ignorants… », et les autres. Et bien NON. Et encore je suis loin de la fin !

Un jour où elle ne sait pas quoi faire « mamannn j’m’ennuuiiiie », la fille décide de faire de la cuisine. La première fut Pulchérie qui devait avoir 12 ans, et s’ennuyait mortellement pendant ses vacances, les occupations proposées par Mrs Bibelot et moi même étant ringardes comme de coutume, et sa meilleure amie (Vivie) partie.

La fille ne va pas se faire la main sur du bête pain perdu ou des oeufs sur le plat, ni même une salade de tomates. Elle attaque direct avec une recette de dessert de préférence, bien compliquée.

Munie de tous les ingrédients et du livre célèbre « la cuisine de Tante Hortense » que Mrs Bibelot tenait de sa grand mère et annoté de partout, Pulchérie s’est donc enfermée dans la cuisine pendant 3 longues heures, sa soeur regardant pour la 35ème fois « la folie des grandeurs » et ayant décidé de fuir la cuisine avec un instinct très sûr.

De la cuisine nous parvenaient des bruits de casseroles, de plats violemment posés sur la table, tout un remue ménage inquiétant, d’autant qu’aucun bruit d’eau ne venait nous rassurer sur l’état futur des ustensiles de cuisine qu’elle avait tous monopolisés.

Quand elle a émergé pour aller regarder une niaiserie à la télévision, la cuisine ressemblait à Berlin en mai 1945 et une superbe tarte aux fraises nous attendait. A nous le récurage des plats (il en faut autant pour faire une tarte ?) et de la cuisine.

Pour la tarte elle avait pris pour la pâte la recette de « la pâte à sablés » (le gâteau) et non pas la recette de la pâte sablée. La tarte était exquise (rendons lui cette justice), mais ne résistait pas au découpage, c’était dramatique et le grand père y a laissé sa réputation de découpeur hors pair.

Comme elle s’ennuyait ferme, nous avons eu droit aux éclairs au chocolat faits maison, à la tarte à la rhubarbe, à la bête mousse au chocolat, aux îles flottantes pralinées, à la crème renversée, à la tarte au citron meringuée, aux choux à la crème, à des charlottes multiples et variées. Il était temps que sa meilleure amie (Vivie) rentre de vacances, nous avions tous pris 3 kg.

Ne pas rentrer dans la cuisine pendant que la fille oeuvre, c’est dangereux :

  • Elle peut vous réquisitionner pour laver les plats et saladiers, vous avez tout le temps, toute la nuit devant vous

  • Vous lui faites peur : elle relève le fouet des blancs qu’elle bat en neige sans arrêter le batteur et vous vous retrouvez entièrement moucheté

  • Vous pouvez glisser sur une coquille d’oeuf : un accident est si vite arrivé

  • Elle vous demande l’oeil mauvais si les fraises sont fraîches : vous jouez avec votre vie.

Pulchérie était la reine du riz au lait. Elle mettait le riz au lait en route et l’oubliait. 4 casseroles de flinguées dé-fi-ti-vement… (j’ai tout essayé même le HCl pur et la soude caustique, pas en même temps, mais contre 5 cm de carbonisé, on ne peut rien…)

Delphine elle, a directement attaqué une salade ultra composée. On n’a jamais retrouvé la recette, elle avait fait des variantes délicieuses mais ne se souvenait plus lesquelles…

Quant au nettoyage de la cuisine après avoir oeuvré, elles ont mis du temps à s’y mettre… Une fille en cuisine c’est du boulot pour la mère, même si elle a fait le repas…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Les filles dorment dans une chambre (enfin on appelle cela comme ça)

Chambre_en_fouillisEt oui je sais, ce titre est trop long…

Quand elles étaient petites, Pulchérie et Delphine avaient chacune leur chambre. Elles passaient d’ailleurs leur temps à s’installer l’une chez l’autre, passé 20 H 30, discrètement qu’elles croyaient (la charge de la brigade légère sur ma tête tous les soirs). Puis vint l’époque des vaches maigres et un retour chez mes parents, où nous partagions une immense chambre, coupée en deux par deux placards. Leur méthode de rangement s’opposait farouchement à la mienne, encore que je suis loin d’être maniaque (heureusement), et il y eut des frictions, après la nuit où me levant sans bruit, je posais le pied sur une chaussure de barbie renversée (ça fait mal les talons aiguilles !), et une autre fois sur une ceinture dont la pointe me perça carrément le talon (bon elles étaient réveillées malgré mes précautions, mais se percer le talon ça fait très mal (j’en entend qui rigolent… Il en faut pour percer le talon et ça se sent très nettement))

Arriva le moment espéré où j’eus mon chez moi, et les filles emménagèrent dans une grande chambre pour deux (pas les moyens de prendre plus grands, et la même surface avec trois chambres c’était moche). La chambre est vraiment grande et je l’avais joliment arrangée et coupée en deux par l’ameublement (je n’allais pas monter une cloison non plus, Jean Poirotte était contre, il faisait déjà les travaux de papier peint et montage de meubles en kit).

En bonne mère pas encore indigne, je rangeais régulièrement la chambre, n’y rentrant que munie de chaussures de sécurité (punaise dans le talon au début de l’histoire des posters, suivez bon sang !) et d’un casque pour me protéger d’objets tombant du plafond, Delphine adorant accrocher des objets au plafond (qui attend un peintre, maintenant qu’elle a retiré ses voilages de la dernière heure, merci de votre aide).

Je rangeais donc. Tiens des épluchures de Kiwi, tiens une chaussette (on ne trouve jamais la seconde pour faire la paire, c’est pour moi et d’autres femmes un mystère non élucidé : qu’est devenu la deuxième chaussette ?), tiens un slip, tiens un journal intime, tiens ma pince à épiler, tiens une tomate cerise, tiens sa dernière compo de maths (quoi ???? 3/20 ?????), tiens mon coupe ongle…

Le surlendemain tout était à refaire et je désespérais, quand une journaliste psychologue eut l’excellente idée d’écrire un article sur la chambre de l’adolescent. Je la cite en gros « passé un certain âge, délaissez sa chambre même si c’est un fouillis infâme (ça l’est). Si vous ne supportez pas cette vision, contentez vous de fermer la porte. C’est son territoire, il le gère comme il veut, il doit apprendre à le gérer »… Je n’écoute pas toujours ce qui est dit dans les journaux féminins loin s’en faut, mais là elle tombait bien cette psychologue et je ne demandais qu’à la croire.

Bénissant cette femme, j’appris donc aux deux filles que je ne mettrais plus les pieds dans leur chambre (youpee !) sauf pour récupérer ma pince à épiler (beeerk). Elles s’enguirlandèrent donc joyeusement, n’ayant pas du tout la même manière d’envisager la chambre de rêve. Pour Pulchérie c’était tout bien rangé, pour Delphine rien de rangé et « vive l’anarchie ! ». Pulchérie détermina donc une ligne idéale coupant la chambre en deux, et aucune épluchure de kiwi n’était autorisée à dépasser cette ligne.

D’où le choc en entrant dans la chambre (devinez pour quoi faire ?) avec deux chambres en une (même le plafond était coupé en deux). Le placard c’était idem : une étagère bonne pour l’armée la plus stricte du dictateur le plus infâme, l’autre en désordre avec le chat couché dessus, bien emmitouflé dans un pull douillet (et en vrac).

Une fois par mois elles décidaient de tout ranger et y passaient une journée, me laissant 2 sacs poubelles à descendre aux ordures (deux ? oui !) et le panier de linge sale débordant. En fait les crises de rangement débutaient par un « je n’ai plus rien à me mettre, que fait Mouth avec ses lessives ? tout est par terre dans la chambre faut qu’on range un peu ». J’avais en plus 4 machines à faire au minimum, ayant en bonne mère indigne décidé de ne pas laver ce qui n’était pas dûment mis dans le panier de linge sale.

Pulchérie partie, Delphine s’occupat de la chambre seule. Une fois par mois elle en changeait toute la disposition, et rangeait à fond, ce qui lui donnait des courbatures pour 4 jours. Le lit eut 27 places, dont une au milieu de la chambre, le dit lit transformé en canapé (relever un sommier pour faire dossier ne lui posant aucun problème, le tout étant de le fixer mais elle était d’une ingéniosité diabolique (j’en ai déjà parlé)).

Maintenant que Delphine est partie, j’aimerais beaucoup faire de cette chambre une chambre d’amis, où elles pourraient dormir lors de leurs visites… Manque de bol il y a tous leurs cours qu’elles ne peuvent se résoudre à jeter après tri (elles peuvent garder leurs rédactions qui nous font toujours mourir de rire), un canapé rescapé du premier appart de Delphine, 3 coffres pleins à craquer, et tout un tas de bardas qu’un de ces jours je m’en vas descendre aux poubelles, ou brocanter.

Et depuis le temps que je le dis, un beau jour je vais le faire !!!!

PS : C’est fait : Delphine et Pulchérie ont pris le taureau par les cornes et c’est une vraie chambre ! (sauf pour le papier et les peintures, et que du coup j’y mets mon propre bordel) SNIF car ce n’est plus la chambre « des filles« . (Jamais contente !)

La vie n’est qu’une gigantesque pitrerie (je vous ai bien eus sur ce coup là !)

Comment aimer les bandes d’ados…

Fille_et_bricolageJ’ai loupé cela avec les filles, et je l’ai regretté longtemps. Car j’ai connu au moins trois mères vachement fortiches pour faire trimer leur marmaille. Je ne sais pas comment elles faisaient, mais le fait était là.

Moi je n’avais pas le truc. Sinon vous pensez bien que j’aurais fait refaire papiers, peintures, moquettes, etc, en ayant juste à acheter le nécessaire et en montrant comment procéder.

Déjà, les faire participer aux bêtes tâches ménagères me pompait mon énergie, alors pour le reste… Jugez plutôt…

En premier lieu ces trois femmes étaient migraineuses de nature. Pas la vraie migraine. Le mal de tête qui permet de vivre, mais allongée sur le canapé sans trop de bruit autour sauf celui de la TV. Celle qui nécessite que les enfants restent à proximité pour apporter le verre d’eau, le paquet de gâteaux. Cela m’a toujours scotchée le « je ne peux pas sortir, maman a mal à la tête, il faut qu’on reste ». J’ai fait deux migraines dans ma vie : couchée dans le noir, et foutez moi tous la paix en me laissant mourir tranquille.

Donc un bon coup de migraine qui ne les empêchait pas de faire une liste pour les deux ou trois adolescentes. Du genre :

  • Faire la salle de bain à fond avant de la repeindre, les pots sont dans la salle de bain
  • Faire la cuisine à fond avant d’y mettre un coup de peinture, les pots sont dans la remise et les pinceaux également
  • Lessiver les toilettes et y mettre un coup de peinture, gnagnagna
  • Passer l’escalier au papier de verre et vernir une marche sur deux deux jours de suite, faut tout de même pouvoir monter se coucher
  • Repeindre les étagères de l’entrée en mauve
  • Tondre la pelouse
  • Ranger la remise

Ca, ça occupe les vacances à l’époque de Pâques, ou je ne m’y connais pas.

Mais les mères indignes avaient bien raison. Les filles, résignées (ça existe), obtempéraient sans moufter, ça laisse rêveuse. Je pense que si j’avais accroché une liste dans le même genre, j’aurais retrouvé Pulchérie et Delphine réfugiées chez leurs grands parents avec un quart de pomme et un croûton de pain (faut suivre).

C’est là que « la bande de jeunes » entre en scène. La mère n’a plus mal à la tête pour signifier à la bande qui vient chercher ses filles « pour sortir » officiellement, « pour traîner un coup » officieusement, que non, Maria, Mélusine et Stéphanie ne peuvent pas sortir tant qu’elles n’auront pas terminé de peindre la salle de bain.

Et là, qu’est-ce qu’elle fait la bande de jeune, à elle toute seule ? Elle ne va pas se fendre la gueule. Les garçons retroussent leurs manches : à eux 6 ils vont torcher la salle de bain correctement en deux temps et trois mouvements. Donc les filles peuvent sortir. Aujourd’hui tout au moins.

Ils se farciront tout le reste, en piétinant parce qu’il n’y a qu’une tondeuse.

Les grandes vacances étaient l’occasion d’avoir mal à la tête tous les jours, parce que la chaleur c’est pervers, mais également et c’est un must, de faire entièrement refaire la maison du grenier à la cave.

Moi je dis « chapeau ». Si quelqu’un réussit cet exploit de nos jours, mais les migraineux tyranniques doivent bien toujours exister, qu’il me donne son truc, même s’il est trop tard pour moi…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Les filles en visite : Delphine

Filles_en_visite

Les filles ayant quitté le domicile maternel, chacune pour une chambre de bonne à Paris, restaient désormais les visites (elles me reprochaient d’ailleurs mon manque de visites à moi, mais Paris n’est qu’une jungle, j’ai la phobie des transports en commun et j’étouffais dans une chambre de bonne : je suis une mère indigne).

Maintenant il y a belle lurette qu’elles n’ont plus de chambre de bonne…

Plusieurs types de visites étaient à décliner :

La visite programmée, j’étais dûment prévenue 8 jours à l’avance… (je cherche quand c’est arrivé… Ah oui c’était pour l’anniversaire de Delphine…). Impec, rien à redire, j’avais même fait son dîner préféré.

Delphine me téléphone au boulot le vendredi soir « je peux venir demain ? je resterai jusqu’à dimanche ». Coup de bol je n’ai rien de prévu, sinon reste à planquer l’amant sous le lit (ma mère un amant !!!!). Je dis OK. En rentrant du boulot j’achète de quoi la nourrir convenablement, prévoyant même le cas où elle ne repartirait que le lundi matin.

Le samedi quand je n’ai rien de prévu j’ai une sale tendance à zoner à mort tout en rangeant un peu, dans une tenue que je ne vous décrirai pas sous peine de vous voir quitter illico ce blog. Coup de fil à 15 heures « maman, j’arrive à la gare hyper chargée, est-ce que tu peux venir me chercher en voiture, j’arrive dans 3 minutes ? (la gare est à 5 minutes à pied). Bien obligée de dire oui. Me voilà donc enfilant un pantalon correct, un pull correct, des chaussures sans rien (c’est l’hiver) et de me précipiter à la gare avec ma vieille caisse (je persiste et je signe).

Que vois-je sortir de la gare ? Un énorme sac, monstrueux et, tenant le sac dans ses bras comme un très très très gros bébé, ma fille que je reconnais à ses chaussures et un oeil qui dépasse. Elle monte dans la voiture avec son sac : pas besoin de boucler la ceinture, elle a l’air bag.

Bisous maman, « j’ai apporté quelques lessives à faire » (utile précision). Sitôt arrivée à la maison, recherche du chat qui est toujours ravi de la voir après avoir flanqué par terre dans l’entrée : l’air bag + 3 petits sacs qu’elle portait en bandoulière. Direction la cuisine, où elle ouvre avec violence le lave linge et commence à y entasser le linge foncé. La machine se remplit doucement. Coup de téléphone, elle cherche son portable partout, parlotte avec je ne sais qui, raccroche. « Maman je peux aller voir tonton et tatie ? » (ma soeur habitait à 100 mètres, le coup de fil c’était elle).

A peine a-t-elle raccroché, qu’elle est déjà dans l’escalier. La machine à laver fait « couac » : elle l’a trop chargée et la sécurité s’est mise en route. A moi de récupérer la moitié du linge et de remettre le cycle en route. Puis le cycle achevé, je remets à laver l’autre moitié de linge en étendant la première. Vu la quantité à laver, il ne faut pas perdre de temps.

Troisième lessive à mettre en route. Les radiateurs sont déjà saturés, je cherche un deuxième tancarville pour étendre les lessives futures. Coup de fil à 19 H « dis ma metite mamaannnn, je peux rester dîner chez tonton et tatie ? » « mais oui ma chérie, amuse toi bien ».

Hop une pizza au congélateur : celle prévue pour le samedi soir. Quand je vais me coucher aux alentours de minuit, il y a du linge qui sèche partout. J’ai passé mon temps à détendre le déjà sec (chez moi l’hiver il fait chaud et les radiateurs sont bouillants) pour étendre le toujours trop mouillé, tout en remettant une lessive en route. L’ambiance est moite : on se croirait sous les tropiques.

Le dimanche je reprends le cycle des lessives infernales, je plie le linge sec, je fais un gros tas, décoratif sur ma table de salle à manger. Réveil de la petite vers 14 H 30 : elle s’est couchée à 4 heures du matin, ayant fait la folle avec ma soeur et mon beau frère. Elle s’installe dans la salle de bain, se fait couler un bain, et va se faire successivement les 35 masques que je possède, moi assise dans le couloir pour parlotter avec elle. Vers 17 heures, j’ai mal aux fesses, une créature divine (mais en caleçon) débarque dans le salon. Il y a toujours du linge partout « merci ma petite mouth ». On va pouvoir continuer à parlotter un peu. D’ailleurs finalement elle ne repart que lundi (gagné !).

Manque de bol, le dimanche soir je suis toujours hantée par l’idée de commencer ma semaine en étant crevée dès le lundi matin. Je me couche donc assez tôt avec un livre humoristique et un demi comprimé de somnifère. Il faut ce qu’il faut, pas ma faute si je n’ai plus 20 ans, et puis comme je me suis levée à midi, impossible de dormir sans un coup de pouce. Delphine squatte l’ordinateur dès que je suis partie me coucher et les cliquetis du clavier m’empêchent de me concentrer. Puis c’est son téléphone qui sonne, puis c’est la télé qu’elle allume toujours un peu fort. A minuit je me lève pour lui demander de faire moins de bruit, ceci pour le 3ème fois.

Le lendemain matin, je m’efforce de faire le moins de bruit possible, vu qu’elle s’est installée avec couette et tout le barda, dans le salon (vu les DVD répandus, elle a dû regarder la TV tard).

Le soir quand je rentre j’ai une inquiétude : Delphine a été enlevée ! Sûr et certain qu’elle n’a pu quitter l’appartement que sous la menace d’un commando terroriste. Il y en a partout (du linge qui ne devait pas être sec qu’elle reprendra la prochaine fois). La salle de bain ressemble à une piscine et tout est resté en vrac sur le canapé. Je l’appelle mais non ça va, elle est juste partie un peu vite, mais pas sous la menace, ce qui ne l’a pas empêché d’oublier un truc important genre chargeur de portable. Au passage d’ailleurs elle a échangé l’air bag pour ma petite valise noire beaucoup plus pratique et à roulettes qu’elle oubliera de me ramener 3 fois. A moi de faire l’Egypte avec l’air bag.

J’ai comme une vague idée de ce que doit être le passage d’un cyclone…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Le restau sur les champs… (2)

Nous n’avions particulièrement pas prévu que Pulchérie, munie de son CD de Ace of Base et ayant digéré sa glace, n’avait qu’une hâte : rentrer. Exit le restaurant, notre vrai plaisir du jour avec ma mère. Elle s’en foutait complètement du restaurant. Delphine moins, qui n’avait pas décidé de faire limite anorexique.

Elle a commencé (Pulchérie bien sûr) à chipoter devant les menus que nous contemplions avec toujours l’idée d’aller chez Lééééonnn. Là elle a carrément crisé car :

  • Ces salauds cuisinent le lapin avec de la bièèèèère

  • J’aime paaaaaas les moules

  • Et j’aime paaaaaaas les frites

  • Le reste Beuuuuurk… Etc…

Elle nous a fait un caca nerveux sur le trottoir. Tentation de la baffe à lui dévisser la tête, mais devant le public qu’il peut y avoir sur les Champs, ça la fout mal (de quoi se mêlent les autres, je vous le demande, une claque n’a jamais tué personne). Elle le sentait parfaitement et en a rajouté une couche pour nous trouver LE restaurant idéal (pour elle)…

Nous y sommes rentrées non convaincues. Un restau sur les Champs qui n’a pas un péquin à table à 19 H 30, c’est forcément louche. Nous ignorions débuter une grande aventure culinaire et que les aventuriers n’ont que ce qu’ils méritent : des merdes en général et seulement, parfois la gloire (je vous rappelle que Christophe Colomb cherchait les Indes et ne les a pas trouvées, et que du coup on ne lui a accordé que la Colombie, ce qui est consternavrant). (Comme toujours je m’égare)

Une superbe blonde à l’entrée, trônant derrière son téléphone et sa caisse, nous a demandé si nous venions dîner. Bonne question vu l’heure. Elle faisait très distinguée, jusqu’à ce que nous l’entendions décrocher son téléphone.

  • Ouais, l’Elysée Marrant j’écoute

  • Ouais, c’est pour dîner ?

  • OK je note, s’lut ! M’ouais, c’est noté.

Dommage, je ne peux pas vous retransmettre le ton. Sachez toutefois qu’Arletty avec son atmosphère, à côté d’elle, faisait très distinguée…

Nous commandons, Pulchérie ayant l’ordre de se décider rapidement vu qu’elle nous a entraînées dans un piège. Ma mère et moi commençons à nous demander pourquoi on ne lui a pas flanqué une baffe à lui dévisser la tête devant tout le monde, pour aller chez Lééééonnnn ! (Pulchérie on va chez Léon, c’est comme ça et pas autrement, ah mais !)

  • Première arrivée de plat : premier loupé, ce n’est pas ce que Mrs Bibelot a commandé. Le serveur l’air aigre, vérifie et confirme : ils se sont trompés de table (quelle autre table a du monde ?). Elle ne veut pas manger son plat quand même (aucune excuse) ? Non ? Quelle emmerdeuse (il l’a pensé tellement fort qu’on l’a entendu)

  • Arrive mon plat alors que les filles ont pris le menu enfant (je vous rappelle qu’elles détestaient le steack haché et les frites, et ont donc pris jambon grillé/purée c’est top à payer au restaurant). Moi j’ai pris des coquilles Saint Jacques. J’adore, normalement. Mais là, elles baignent dans une sorte de gelée suspecte. Pendant que Mrs Bibelot attend sa langue sauce piquante en lieu et place de la cervelle aux épinards précédemment apportée, nous testons mon plat. Elle trouve : c’est du riz qui a cuit dans la sauce et pris cette consistance gélatineuse. Ma mère est le Dr House de la cuisine.

  • Aimable, comme toujours, mais toujours prête à déraper dans le style emmerdeuse qui tue, j’appelle le serveur qui me confirme : c’est bien du riz qui, au lieu d’être présenté à part, est cuit directement dans la sauce avec le reste. Il me précise fièrement « c’est une spécialité du chef »

  • Et moi toujours aimable, je lui rétorque « et bien le chef ferait bien de changer de spécialité » (je sais que les filles s’en souviennent…).

  • J’ai commandé des coquilles St Jacques, j’ai eu des coquilles St Jaques, de quoi puis-je me plaindre ? On se le demande car :
  • Mrs Bibelot renonce à faire changer les rognons apportés en lieu et place de sa langue sauce piquante (ça tombe bien, elle aime les rognons) depuis le temps qu’elle attend. Mais on ne va pas faire tous les plats non plus…

  • Delphine pas du tout difficile, renâcle devant son jambon grillé/purée, ce qui est un comble car c’est son plat préféré. Pulchérie la boucle. On en profite, c’est tellement rare. Elle doit sentir venir le coup de Sirroccccco qui l’attend dans la voiture… Du coup elle avale le jambon et la purée et se dévoue pour terminer celui de sa soeur (quelle abnégation !)

  • Pour le dessert, elles n’ont plus faim. Elles veulent bien une glace, mais alors une boule seulement alors que 3 sont prévues par coupe. Je demande si l’on peut servir une boule à chacune et compter juste un dessert. On me répond sèchement « ouiiiiiii »

  • Mrs Bibelot et moi ne prenons rien, non merci, j’ai le riz gélatineux qui me plombe l’estomac et elle, commence à se débattre avec ses rognons. Il y a des luttes de ce genre qui peuvent perdurer plusieurs jours. Le garçon insiste, du coup nos précisions ne le satisfont pas.

  • La jolie blonde répond toujours au téléphone, de plus en plus mal aimable et de plus en plus mal embouchée. Le restaurant est complet, elle ne peut prendre personne (????)

  • L’addition arrive. Moment historique. J’arrive à faire rayer pour Mrs Bibelot « langue sauce piquante + rognons » et je rouspète pour les desserts. Pour chaque fille on a compté un dessert complet (donc 6 boules au lieu de 2). On m’a rajouté des cafés non bus (car jamais commandés) et pour moi un supplément pour le riz.

  • J’arrive à faire descendre l’addition en menaçant de faire un scandale. Delphine est toute pâle (pas de scandale, pas de scandale… petite mère)

  • De guerre lasse, je paye, et nous quittons cet endroit maudit où nous avons si mal mangé, pour si cher.

  • Et Pulchérie se prend le coup de Sirrrroccco dans la voiture.

  • Son grand père nous demandera le lendemain pourquoi nous ne lui avons pas flanqué une claque à lui dévisser la tête avant de rentrer chez Léééonnnnn (2 fois moins cher en prenant la totale et nous savons que nous nous serions régalée, enfin moi la fois où je suis allée chez Léon, je me suis régalée)

Bonne question…

On ne flanque pas une claque à une emmerdeuse sur les champs Elysées…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Le restau sur les champs… (1)

Un beau jour de décembre, avec Mrs Bibelot, nous avons décidé d’aller « traîner » à Paris, avec les filles.

Au mot « traîner » qu’il s’agisse de moi ou de ma plus jeune soeur, ou pire, d’un trio infernal, Jean-Poirotte demandait avec philosophie à sa femme de lui acheter des tripes pour son déjeuner et/ou son dîner. Ne sait quand  reviendra, ne peut à sa tour monter, et il fallait qu’il se sustente le pauvre… (comme il adorait les tripes il se les réservait pour quand sa femme n’était pas là, car elle, bof…) (tout le monde s’en fout, j’adore écrire ce genre de trucs !)

Les filles étaient encore petites, en CM2 et CE1 et étaient ravies de cette ballade à Paris.

Le programme était plutôt sympa : voir les illumination de Noël sur les Champs, aller prendre une glace chez Haaaagen Dazzzz, faire une visite chez Virginnnnne et Séfffora, et dîner sur place dans un bon restaurant.

Nous voici donc parties. Les filles ne pensaient qu’à une chose : la glace, ou les glaces chez le renommé marchand, et éventuellement Virginnnne dès fois que je leur achète une cassette ou un CD.

Pour contempler les illuminations, il fallait attendre la nuit, donc nous avons fait Séfffora avec Mrs Bibelot (« berk » des filles, surtout de Pulchérie qui avait juré craché alors que je l’enregistrais qu’elle ne se maquillerait, épilerait, etc, jamais…). Devant leur hâte et leur hyper-salivation évidente, nous nous sommes rendues chez le marchand de glaces pour leur offrir le goûter qui, nous l’espérions, marque un enfant, en buvant nous, un thé (Mrs Bibelot et moi n’etions pas fans des glaces, oui ça existe, comme moi qui ne suis plus fan de chocolats…). Après, Virginnnne où je me suis faite escroquer d’un CD de « Ace of Base », enfin la nuit, et du temps pour contempler les illuminations.

Et Mrs Bibelot et moi, non rassasiées par un thé au lait, même avec 2 toasts, de chercher un restaurant. Sur les Champs, ça ne manque pas, et nous avions prévu d’aller chez Lééééon de Bruuuuxelles que nous n’avions jamais testé.

Nous n’avions pas tout prévu, fort hélas…

Les filles en promenade

Promenade_200396161_001Quand on habite à la campagne, forcément la forêt est un endroit que l’on va visiter souvent, via la promenade.

Les chiens à sortir, les enfants à aérer, et se détendre un peu, voilà le but de la promenade. A certaines périodes on ramasse des mûres, des champignons, des chataîgnes. Bref, tout le monde est content, sauf les enfants au départ, pour qui la promenade en forêt est une corvée (avant la promenade, après c’est la complainte « pourquoi on est rentrééééées »).

La promenade en forêt c’est pourtant chouette. Il y a l’arbre abattu sur le tronc duquel on marche en s’imaginant être un grand aventurier (maman tenant tout de même la main). Il y a la cabane à construire en mettant pile poil la main sur un nid de fourmis rouges pour récupérer de la mousse destinée à garnir le toît. De zolis marrons à ramasser à la pelle pour qu’ils se déssèchent sur une commode où ils avaient été posés pour faire beau. Il y a une vieille grotte où l’on joue à l’homme préhistorique, et le parcours du combattant où l’on s’imagine être un super grand aventurier (avec maman derrière, c’est bon, on peut y aller). Il y a les mûres avec lesquelles on fait une super tarte en rentrant, voire même des confitures, et qui n’a jamais vu mes filles racler une vieille bassine à confiture, noires de partout et rigolant, ne sait pas ce que c’est que d’être bêtement heureux. Il y a les chataignes que l’on fait griller, les champignons à éplucher, bref, que du bonheur.

Il y a aussi des bestioles et là les choses se gâtent. C’est Pulchérie ramassant du muguet (y’en a de trop j’aime bien chercher – y’en a pas assez j’aime pas chercher), découvrant une petite araignée se faufilant entre les feuilles de muguet et se mettant à sautiller en criant au secours « Au secours, à moi ! Papy au secours !, y’a des araignées ! » (Papy n’étant pas venu, pas si fou…). Dans la mesure où nous étions bien loin du chemin, elle a sautillé comme ça pendant un quart d’heure, horrifiée de la précision : on peut compter 1 million d’araignées à l’hectare (+ 1 tonne de vers de terre).

Il y a les limaces (c’est rigolo), les bousiers (berk, qu’est-ce qu’ils font maman ?), parfois un lapin, mais jamais, jamais de grands animaux. J’en voyais quand j’allais me promener toute seule et elles le savaient pertinemment. « Pourquoi on n’en voit jamais nous des cerfs et des biches, et des chevreuils, et des sangliers ? ».

Vu le bruit qu’elles faisaient dans la forêt leur seul espoir était la vieille bête sourde et quasi aveugle, rhumatisante qui plus est pour ne pas pouvoir se carapater en les percevant aux vibrations…

Il est à noter, et c’est important, que malgré 10 000 hectares de forêt aux alentours, il y aura fatalement un moment où les enfants viendront vous marcher sur les pieds…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…