Les filles ça écoute de la musique…

Fille_et_musique

Cette idyllique image est obsolète…

J’ai essayé d’éduquer mes filles sur le plan musical. L’échec n’est pas total, loin de là, mais le parcours a été pénible.

Sur le plan strict des musiques pour bébé, outre de la musique classique (j’adore), et ce que j’aimais bien, j’ai élevé Pulchérie au son de Anne Sylvestre et ses falulettes. Je trouvais cela poétique et musicalement c’était sympa. Elle avait l’air d’aimer et a chanté très tôt « l’escargot léo » (elle l’a aussi dessiné, mais cela c’est une autre histoire).

Je m’étais déjà farcie « l’ile aux enfants » avec ma jeune soeur, je pensais avoir donné. J’ai hélas été rattrapée par le club Dorothée quand Pulchérie s’est aperçue qu’il n’y avait pas que les infos (l’heure d’aller se coucher) à la télévision. Et puis pendant qu’elle regardait cette émission le soir, elle ne grimpait pas sur le piano ou dans les plantes vertes et ne vidait pas l’intégralité des flacons de shampoing sur la moquette (2 mn de distraction) en goûtant du liquide vaisselle et du détartrant. C’était une enfant vivante et au moins, scotchée à la TV pendant 3/4 d’heure, elle se tenait tranquille.

Dorothée et son nez dans sa valise au milieu des chaussettes rouges et jaunes à petits pois, c’était le top du top, ainsi que ses reprises de vieilles chansons, et ses nouvelles (berk) (tout le monde sachant que Capriiiiii c’est finiiii, c’est très intelligent, mais bon je préférais à Dorothée même si c’était déjà du ré-écouté). Fort heureusement elle se taisait parfois, et j’ai pu suivre avec Pulchérie les aventures de Tom Sayer, son premier grand amour.

Eduquer Delphine s’est corsé : sa soeur s’opposant à la fabulette et ayant découvert, en plus de Dorothée, Chantal Goya, son soulier qui vole et son arbre qui parlotte (pitiéééé !). Delphine avait droit au classique pendant que sa soeur était à l’école. Le soir c’était Dorothée et Chantal Goya, dont leur grand mère (pas ma mère, le furoncle bien sûr) avait eu la bonne idée de leur acheter 2 doubles 33 tours (c’était l’âge de pierre j’vous dis). En plus elle avait gentiment enregistré les « pestacles » en cassette, ce qui permettait à Delphine de se ballader avec son micro (offert par qui à votre avis ?) en chantant en boucle cette unique phrase : « bonsieur le chêêêêne » (non ce n’est pas une faute de frappe)… A moi de me farcir les pestacles pendant les vacances et les jours chômés par les enfants, et dieu sait qu’il y en a !

Le club Dorothé a continué, avec Princesse Sarah, Flo et les robinsons, T’chaou le petit chien errant, le tour du monde en 80 jours, et j’en passe (j’ai encore les génériques en tête, je suivais). Et toujours le pif de l’autre et ses chaussettes à petits pois.

Quand elles sont passées à « Hélène et les garçons » pour la plus grande joie de mes parents (surtout mon père), chez qui nous habitions, elles ont abandonné Dorothée et Chantal Goya (ouf !) pour Mickaël Jackson et Ace of base, écoutant accessoirement Abba pour la joie de tous (oui nous sommes dégénérés mes parents et moi et c’était un CD à moi !). J’aimais bien aussi, donc, pas de conflit de génération, jusqu’à l’arrivée du rap qui m’a toujours vrillé les tympans.

Le premier conflit a été intra-générationel après départ chez moi, enfin, quand Delphine s’est mise à passer Mozart en boucle sur ma chaîne dans le salon, plein pot, avec une préférence pour le funèbre, et que Pulchérie dans leur chambre essayait d’échapper à Mozart en mettant plein pot également je ne sais plus quel groupe que je détestais. Le conflit suivant a eu lieu avec les voisins qui en avaient assez d’avoir en pleine sieste, la stéréo (Mozart dans l’oreille droite et du rap dans la gauche), quand j’étais absente et les filles bien présentes, s’engueulant en plus pour couvrir le bruit des deux chaînes, afin de déterminer laquelle était la plus conne avec sa musique de merde (quel vocabulaire pour des adolescentes ! les filles je vous parle !).

Pulchérie a quitté la maison pour sa chambre de bonne à Paris, me laissant Mickaêl Jackson et Ace of Base, et sa soeur qui écoutait beaucoup de classique. D’ailleurs qui n’a jamais trouvé Delphine en larmes, dans le noir, un beau soir, au son de Rachmaninoff parce que « c’est tellement beau maman, snif, snif », ne sait pas ce qu’est une amoureuse de la musique classique.

Mais le drame couvait. Car Delphine s’est éprise de… Vous ne devinerez jamais et moi même j’ai été prise par surprise par cette époustouflante révélation. Le conflit de génération a débuté, car je vous le donne en mille, Delphine s’était éprise de… de… (Oui vous savez, vous avez lu plus bas, mais moi j’étais innocente et prête à tout, mais pas à ça !) En premier un CD de Patrick Bruel où il remettait au goût du jour les chansons anciennes de l’entre deux guerres. Hors je déteste (même si j’aime bien Patrick sinon). Quand elle écoutait ce CD j’avais l’impression d’être mes grands mères. Puis est venue… Edith Piaf qu’elle adoooorait.

Hors moi, je ne veux blesser personne, mais Edith Piaf je n’ai jamais pu la supporter non plus. Je reconnais qu’elle avait du talent, mais l’écouter m’insupporte. Je fais une exception pour « l’homme à la moto » et « emportés par la foule », mais si ces deux chansons sont chantées par quelqu’un d’autre, je préfère (sauf si c’est Dorothée) (j’assume).

Je vais vous dire : rentrer un vendredi soir après une semaine difficile chez un avocat tordu, à l’époque (je ne pointais pas encore chez Trucmuche/Truchon & Co), avoir fait le plein chez Cauchan au milieu d’une foule en délire, et arriver chargée comme un baudet au son de « veneeeeez veneeeeez Milooooord« , c’était le pompon pour moi et ça me mettait de bonne humeur pour le week end. J’aurais bien rétorqué, sur ma chaîne avec « viiieeeens dans ma viiiiiillllle, viiieeennnns dans ma ruuuuuuuue ! » de Mireille Mathieu, mais je ne l’avais pas en réserve, comme quoi il faut toujours fourbir ses munitions contre l’ennemi qui rôde.

C’est cela le conflit des générations. Delphine est partie à son tour en emportant Edith. Au passage elle m’a chourré le requiem de Mozart et les concertos pour piano et orchestre de Rachmaninoff, mais bon, c’est pour une bonne cause. D’ailleurs Pulchérie s’est mise à la musique classique aussi, et sait que « la symphonie du nouveau monde » existe.

Je n’ai pas vécu un long calvaire en vain… D’ailleurs j’attends mes petits enfants pour leur faire découvrir Jack (Brel) et papy (Brassens) + quelques niaiseries de ma jeunesse (ça ne manque pas, et je pense que j’insisterais surtout là dessus). Gniarf Gniarf.

Une sorcière déjantée (rien que d’avoir évoqué Miiiilooooord) (qu’il vienne et qu’elle nous foute la paix)

Trucs de filles

56715772ATTENTION, planquez vous TOUTES quand elles disent :

  • Je peux te coiffer ? (la réponse est oui, j’adore qu’on me tripote les cheveux), tu vas voir je ne vais pas te rater (effectivement vu le résultat on peut dire qu’elle ne m’a pas ratée, Dracula lui même serait parti en courant et sans besoin d’ail) : en fait on se retrouve avec 4 couettes débiles

  • J’peux m’épiler ? C’est quand que la température de la cire est bonne ? l’épilacire fonctionne plein tube et elle a déjà une brulure 3ème degré

  • C’est vrai que l’huile d’olive c’est bon pour les cheveux ? je peux prendre ton huile de chez fanchon à la truffe ? Non ? Trop tard

  • Comment ça je parle mal ? Précises que je cause pas comme il faut, que j’cause pas beau cé koi ce dikat tu bien koser ?

  • Bouges pas, je vais te mettre de la crème sur les jambes (un pot de Nivéa foutu). Et on ne bouge pas vu que l’autre est en train de ne pas nous rater. On se retrouve avec les jambes grasses à mort ce qui nous rappelle qu’il faudrait que l’on perde un peu de gras

  • Cette chambre manque de décoration (je vais y remédier j’ai trois posters de Titanic et de la colle à papier)

  • Ce papier peint est immonde ! tu es certaine que c’est nous qui l’avons choisi ? On va le recouvrir de posters

  • Ce jaune dans la cuisine c’est immonde, tu n’aimes pas le vert ? On te prépare une surprise pour ton anniversaire

  • Tu crois en la magie blanche ? ELLE y croit

  • Tu peux m’expliquer comment tu as vu la mort de Senna dans les cartes ? Elle va me piquer mon tarot (et elle l’a fait, je ne l’ai jamais retrouvé, et un tarot CA NE SE TOUCHE PAS PAR D’AUTRES, et la mort de SENNA a été mon grand moment de voyance)

  • J’ai un poilt sur le menton c’est normal ? (adieu ma pince à épiler)

  • Je n’ai pas de vagin tu m’as loupée (elle a essayé le tampax au mieux, ou bien son copan et elle… au pire)

  • J’ai fais des plantations, surprise !!!! (ne touche pas c’est un sort magie blanche  pour rencontrer l’amour et tes plantes de bourges peuvent crever)

  • Je t’aime ma petite maman chérie, ma mouth adorée (tu peux venir me chercher chez Marine demain à 4 heures du matin ?)

  • Il va sortir par où le bébé ? (vous expliquez longuement, vous faites lire le livre et Pulchérie se pointe à la maternité, admire la petite soeur, et pose votre main sur votre ventre en posant LA question « ben il est où le bébé ? Echec total d’une éducation réfléchie)

  • Tu n’as pas des jumelles (non, elle piquera celles de son grand père pour admirer le voisin du fond en prétextant s’être éprise des martins pêcheurs)

  • C’est quoi un martin pêcheur ? (elle me prend pour une conne)

  • Tu en as des affaires ! (adieu mes T shirts préférés)

  • Tu te sers de cette poudre ? (non, je l’avais achetée comme collector pour la revendre, mais comme tu l’as ouverte…)

  • Je suis désolée mais… (je vais t’annoncer que j’ai définitivement ruiné le lave linge et l’épilacire ma maman adorée que j’aime tant…)