Moral en berne…

Aujourd’hui je reprends le collier après 3 semaines de congés.
J’ai donc retrouvé « Radio Notre Dame », n’ayant pas pu retrouver une autre station radio… ET mon bureau…
Priez pour moi mes frères qui suis toute à ma joie du jour…
:-(((

Edit du soir (espoir), mon radio réveil a encore fait des siennes et j’ai été réveillée par NRJ… Je ne peux pas dire que la prière du matin m’ait particulièrement manqué…

Mon frère est inventeur

Mixer_6542_000123Farpaitement messieurs et mesdames, mon frère est un inventeur. J’espère qu’il sera breveté.

Il a inventé le « mélangeur/touilleur », (le mot « mélangeur » n’existant pas dans la langue française, avant lui, on disait « mixer »…)

Si ? le mot existe ? pourquoi avons nous donc des « blender » ou « mixer » ?

Bref lui n’en avait pas, et ras le turban de touiller la pâte à crèpes… Le voici donc, contemplant le « fouet » de ma belle soeur (la deuxième, suivez un peu…) (et un bête fouet de cuisine bande de sadoo-masoos…) et se demandant comment s’en servir sans se ruiner le poignet. Il s’en va inventer le « mélangeur ».

Il a trouvé. Pas de mélangeur à la maison : ce n’est pas un problème, il va adapter le fouet de ma belle soeur à sa perceuse. Il faut un marteau et adapter le bout du fouet à la perceuse. Mais la pâte à crèpes se fera toute seule NDD !

Ca marche ! Youpee ! Léonard de Vinci et lui c’est copain copain… Sauf qu’il y a une perceuse dans la cuisine. Ca fait curieux, mais pour le coup du « mélangeur », c’est top classe, et finalement très original…

Il faudrait peut-être qu’on lui prête (je le sens bien sur ce coup là) un « mixer » tous terrains pour qu’il pique des hélices à quelqu’un ou les copie, avant de les adapter à la perceuse et finir par avoir un robot complet (avec sa perceuse).

Ca marche c’est bien. Dégainer la perceuse dans la cuisine pour faire un « mélange » quelconque, ça peut faire peur… Et les voisins de se demander ce qu’il perce « encore »… (j’ai une illumination soudaine concernant un de mes voisins justement qui use de la perceuse de manière anormale et dont je pensais qu’il voulais transformer un mur en gruyère…)

Je dis ça, je ne dis rien, sauf que mon frère a inventé le mélangeur… Et ça c’est important… D’un autre côté il a donné dans la perceuse et ça reste soft, car il aurait pu avoir une idée de génie avec une tronçonneuse, et faire aux voisins « massacre à la tronçonneuse » de manière régulière à chaque envie de crêpes ou de mélanges à touiller…

Je vis dans une famille de bricoleurs (hommes, les femmes non, sauf Pulchérie), et c’est pour cela que la vie n’est qu’un long calvaire quand j’ai une douille à changer…

J’ai retrouvé un double de « mixer » qui hélas ne bat pas les blancs en neige. Donc la perçeuse n’a pas terminé sa carrière.

La vie… Et cette histoire est 100 % authentique. A la longue je ne voudrais pas passer pour une menteuse de première (rapport à Delphine qui a vérifié après de son oncle l’histoire des pétards dans le remonte pente… Et toc !)

Edit du samedi 17 H 30 : la perceuse du voisin fonctionne une fois de plus, il y a de la mousse au chocolat dans l’air…

Ma vieille voiture et moi…

Voiture_57210954J’ai eu plein de voitures dans ma vie, particulièrement pendant les 10 années que j’ai passées avec Albert qui était un fan de l’automobile et du contenu exact du réservoir de la sus-nommée.

Je ne souhaite pas me vanter particulièrement, mais je conduis plutôt bien. Il le faut d’ailleurs, pour maîtriser la voiture à laquelle je suis fidèle depuis 1994 (tout de même).

Et d’un, si j’aime bien conduire, je n’ai aucune attirance particulière pour la voiture en règle générale. Je lui demande de me véhiculer, d’être fiable et non dangereuse, de dépasser le 60 à l’heure à tout le moins, de ne pas grincer quand je change de vitesse, de freiner quand je le lui demande, de tourner dans les virages et point barre. Je n’y connais rien en voitures et je ne sais pas les reconnaître (sauf quelques unes mais c’est très limité et très ancien). Que je sois témoin un jour d’un accident et de la fuite d’un automobiliste, s’il ne s’agit pas d’une twingo,  je serais dans l’incapacité totale de dire de quel véhicule il s’agissait, pouvant sans doute préciser la couleur…

Albert était infernal avec les voitures, d’une maniaquerie abominable, c’est tout juste s’il ne nous reprochait pas de respirer les filles et moi, rapport à la buée sur ses vitres. Interdiction d’y manger quoi que ce soit pour éviter les miettes, c’est pratique quand on fait 800 bornes avec deux gamines affamées et assoiffées. Car en plus il ne voulait jamais s’arrêter pour ne pas casser sa moyenne, ce que j’ai toujours trouvé totalement nul. Moi aussi je suis pressée d’arriver mais alors dans ces cas là, on autorise les enfants à boulotter à l’arrière des trucs qui font des miettes.

En 1992, le divorce prononcé après moultes bagarres, j’ai touché ma part de la communauté et je me suis acheté ma première voiture : une five me convenait très bien et je n’ai jamais eu l’intention de me payer une voiture trop cher même si je gagne un jour au loto. Pour moi c’est de l’argent gaspillé et voilà tout (mais je ne suis pas radine pour le reste, je ne vous dis pas la barraque que je m’achèterais avec piscine chauffée).

J’aimais bien ma petite five et je l’entretenais correctement, pas aussi bien qu’Albert, mais bon elle était propre et tout et tout (les filles arrêtez de ricaner). C’était ma première voiture à moi toute seule. On me l’a volée un lendemain de grand nettoyage + passage de polish sur la carrosserie, et il a dû se passer quelque chose dans mon cerveau à ce moment là. Munie de l’argent de l’assurance j’ai déniché une super occase qui avait 40 000 km et faisait pile poil le prix voulu. J’ai donc fait l’acquisition de ma seat ibizzzzza 1300 qui était à l’époque une bonne voiture (ne cherchez pas, elle n’est même plus cotée à l’argus, comme moi).

Les choses ont commencé à se gâter quand je me suis rendue compte que je faisais un blocage complet sur le nettoyage de cette petite merveille (surnommée Titine). En gros je m’y collais une fois par an. Ceci est tout à fait inadmissible car en plus, je laisse traîner dedans tout un tas de trucs, alors qu’il serait aussi simple de les jeter immédiatement. Je suis grosso-modo incapable de faire sortir un objet de cette voiture. J’y ai traîné pendant des mois un guéridon que Pulchérie m’avait emprunté + un service à raclette.

Actuellement il y a des paquets de clopes vides dans la contre-porte (je ne les jette pas par la fenêtre) + des bombes de dégivrant vides de l’hiver dernier + 3 parapluies + 2 bouteilles d’eau + Mes moon boots que je vais laisser pour le cas où il se mettrait à geler c’est l’époque (si vous n’êtes jamais tombé en panne un soir de neige à piétiner en escarpins dans la neige, vous ne pouvez pas comprendre le pourquoi de la présence des moon boots à n’importe quelle époque de l’année) + quelques magasines que l’on m’a prêtés et qu’un jour je vais lire (s’il y a des embouteillages monstres, je suis équipée).

Pour la carrosserie, je cultive 15 espèces de mousses différentes dans toutes les rainures. Ma jeune soeur m’a suggéré de tenter les géraniums, mais c’est trop de boulot. Elle se contente ironiquement de me planter une fleur de temps à autre, où il faut, je roule avec, les fleurs c’est sacré. J’ai une petite araignée fidèle (Sophie)  qui loge derrière la vitre de mon rétroviseur extérieur gauche depuis 6 ans. Mon rétroviseur extérieur droit pendouille depuis 4 ans, depuis qu’un sale motard me l’a démoli d’un coup de poing, sans motif. J’ai donc une oreille de Cocker à droite et on me reconnaît de loin. Bref c’est une caisse dans laquelle je fais 20 km par jour. Pour les grands trajets désormais Mrs Bibelot me prête la sienne (2 fois par an), car ma titine commence à avoir du mal à dépasser le 110 sans vibrer et les vibrations ça me stresse (j’ai assez du boulot).

Je n’y suis pas spécialement attachée (que je dis), mais je n’ai théoriquement pas les moyens de m’en offrir une autre. Elle a passé le contrôle technique après maintes péripéties, elle et moi en avions repris pour deux ans…

Hélas la vie n’est qu’un long calvaire car la tôle et les moteurs s’usent mine de rien…

D'où venez-vous tous ? (bis)

mondeAinsi va la vie du blog que curieusement en cette période estivale j’ai beaucoup de nouveaux lecteurs alors que les plus anciens sont parfois en congés et ne me reviendront que dans quelques temps.

La question je l’avais posée l’année dernière, avec environ une semaine de retard, dans la mesure où j’avais pris mes congés plus tard…

D’où venez-vous tous ? J’aimerais bien savoir en curieuse sorcière que je suis où vous vous situez (je vois des visites de pays multiples, mais c’est toujours limité aux 100 dernières visites), mais également par quel biais vous êtes arrivés chez moi…

  • Une gogolesque request ? (comment tuer belle-maman ?)
  • Un blog ?
  • Lequel ?
  • Au pif ? (lequel ?)
  • Pourquoi êtes-vous resté plus de 2 minutes ?
  • Combien de pages avez-vous lu la première fois ?

Et maintenant les méchantes questions. Mais bon, mon blog peut s’améliorer grâce à mes lecteurs.

  • Vous préférez le drôle ?
  • Vous préférez le triste ?
  • Vous aimez bien le mélange des deux ?
  • Les chroniques d’une vie ordinaire peuvent-elles remonter au moyen âge ?
  • Les filles ne vous saoûlent pas trop ?
  • J’ai le droit de continuer à râler ?
  • Il vous manque des sortilèges ?

Merci à vous tous en tous cas… Mes stats même quand elles sont mornes en cette période estivales, me font toujours plaisir…

La vie n’est pas toujours un long calvaire…

La lessive part 2…

Georgette_DUGROPREZ

Mon arrière grand mère… Vous l’avez déjà vue quelque part sur une photo de mariage illustrant le 11 novembre.

Elle avait préparé son trousseau très jeune. Dès l’âge de 6 à 7 ans, elle brodait, ourlait, décorait, tous les soirs en causant avec la famille. Elle préparait son « trousseau » donc, et la mère qui n’avait que des filles en vie (3 sur les 4 nées + 2 fils morts trop petits) s’arrachait les cheveux au sujet des « trousseaux ».

Une fille se devait d’avoir le minimum qui pour nous est bien trop, à cause de l’histoire des lessives justement.

Et pas du n’importe quoi. Chaque drap de lin ou coton est ajouré, brodé, chaque nappe aussi, chaque serviette.

Elle était prête pour se marier et c’était une chance : elle épousa mon arrière grand père 3 mois après l’avoir connu…

Je cite le trousseau, pour ce que nous en savons…

  • Douze douzaines de chemises de nuit (il nous en reste d’intactes dans le grenier)

  • Douze douzaines de chemises de jour (idem, j’ai accouché de chacune des filles dans une de ces fameuses chemises pouvant bouillir sans problème en machine)

  • 24 services de nappes et serviettes assorties (et la serviette de l’époque (X 24 on prévoyait large), que l’on peut se mettre autour du cou en se protégeant encore le haut des cuisses)

  • 25 paires de draps (drap du dessous tout simple, drap du dessus ajouré et/ou brodé) et 50 taies d’oreiller

  • 4 édredons fourrés au duvet de canard ou d’oie et brodés également, en soie véritable (et Mrs Bibelot, oui, ELLE, jetant le dernier un beau jour…)

  • 6 dessus de lit molletonnés mains

  • 12 douzaines de torchons ourlés et portant ses initiales en rouge

  • 72 serviettes de toilettes et gants de toilette non tissés par elle, mais brodés de ses initiales également en rouge

Pourquoi une telle débauche de linge ? Pour la lessive tout simplement.

Elle, pour la lessive hebdomadaire, habitait une jolie petite maison dans les bois, mais sans eau courante, sauf celle de la citerne qu’on ne gaspillait pas en lessives (on la buvait sans jamais avoir une gastro…). Une fois par semaine au maximum, été comme hiver, elle descendait un petit chemin que j’emprunte toujours avec Mrs Bibelot régulièrement pour se retrouver au Pont Grandval où passait la rivière.

Quelqu’un d’astucieux avait mis en place un simili lavoir… Savoir qu’il lui fallait faire descendre une planche monumentale qui retenait l’eau de la rivière et la bloquer avec peine (la planche, l’eau on ne peut jamais vraiment la bloquer). Parfois son mari averti se chargeait de la planche pour qu’elle trouve l’eau à niveau une heure plus tard.

Se mettre à genoux sur la planche ad hoc sur laquelle elle s’agenouillait et qui descendait doucement vers l’eau (une planche spéciale donc, que chaque femme possédait) sur une légère descente du bord de la rivière prévu pour, tout en surveillant son fils afin qu’il ne tombe pas dans la rivière… Quand le niveau était correct, elle se dépêchait de tout laver, avec brosse, battoir également + savon à la potasse qui n’a jamais fait crever les écrevisses qui pullulaient 200 mètres plus loin… L’eau est toujours glacée de nos jours dans ce secteur (sans écrevisses hélas), il fallait faire vite et c’était vraiment la lessive à faire absolument. Ne pas oublier de relever la planche avant de repartir pour qu’elle ne cède pas sous le poids de l’eau s’accumulant.

La grande lessive une fois l’an c’était la fête finalement. Tous les draps, toutes les nappes, toutes les serviettes, toutes les chemises de jour ou de nuit, tout ce qui pouvait attendre parce que l’on avait de la réserve, que l’on allait laver un beau jour d’été, voire plusieurs.

Elle partait avec une cariole pleine de linge, et tout ce qu’il fallait pour le laver. La grand mère prenait le petit ce jour là et elle allait au vrai lavoir où elle pouvait parlotter un peu avec les autres, faisant de même… Certaines s’y rendaient toutes les semaines pour l’urgence, n’ayant pas son lavoir à elle au fond des bois… Mais on ne la snobait pas, parce que l’on comprenait qu’elle lave son linge à la rivière sans faire 8 km à pied pour venir au lavoir.

C’était une bonne journée disait-elle, voire deux ou trois jours sans discontinuer. Elle rentrait « en nage », réservant les vêtements de ces journées pour un petit tour à son lavoir personnel ou presque…

Le linge battu et rebattu, coulé tout de même la veille et les jours d’avant, savonné et brossé, s’étendait sur l’herbe qui sèche plus blanc que blanc, et c’était à qui prendrait le plus de place… Chacune amenait un panier de victuaille et l’on pique niquait sans connaître l’expression en prenant les dernières nouvelles… Alberte est enceinte ? Encore ? Elle en est à combien ? Et le père Michu, toujours aussi désagréable ? Comment ça la boucherie ferme ?

Après restait à rentrer à la maison pour tout repasser… Après le repassage qui pouvait attendre les premiers jours mornes et pluvieux, elle pliait tout comme il faut et mettait sous presse pour que cela prenne moins de place dans les placards. Elle pouvait affronter une nouvelle année à changer ses draps, serviettes de toilette, serviettes de table, nappes…

La première lessiveuse que mon grand père acheta la laissa rêveuse. Le premier vrai lave linge aussi. En aussi peu de temps c’était tellement propre… Juste à repasser, à l’électrique… Le rêve…

C’est en l’écoutant parler de ces lessives d’antan  que j’ai su, sans le savoir vraiment, ce qu’avait été sa vie…

Elle n’a pas connu la lavante sèchante… Nous attendons celle qui repasse en plus et qui plie direct le linge et le range direct dans le placard…. Jamais contentes et surtout : pas du tout conscientes de la chance que nous avons.

Comme je le dis toujours: la vie n’est qu’un long calvaire…

Il reste de vieux draps qui ont l’air neufs chez Mrs Bibelot… ON ne peut  pas s’en débarrasser, alors on les garde… Impossible de faire une housse de couette avec : pas la bonne taille et il faut repasser à mort (mais comment faisaient-elles ???).

La vie n’est VRAIMENT qu’un long calvaire…

Jour de lessive… (part 1 sur la lessive)

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Sa mère le lui a dit et répété à Alphonsine : la lessive le mardi… Elle fera donc sa lessive le mardi. La petite lessive s’entend, celle du quotidien, la « grande lessive » étant programmée une fois l’an.

Alphonsine est pourvue d’une lessiveuse dernier modèle, d’une brosse et d’une planche à battre le linge. Elle a de la chance : il y a l’eau courante chez elle. Froide bien sur, mais bon, elle n’est pas obligée de se rendre au lavoir qui est à 200 mètres de chez elle, autrement qu’une fois l’an, ce qui fait d’elle une pimbêche pour certaines qui vont au lavoir chaque semaine que dieu leur inflige.

Le lundi soir, elle met le linge vaguement humidifié dans la lessiveuse à l’étage 0. A l’étage 1, un genre de panier à couscous dans lequel elle met de la cendre de bois (religieusement recueillie du fourneau jour après jour). A l’étage 2 qu’elle remplit d’eau, le goutte à goutte.

Toute la nuit, le goutte à goutte va jouer, diluant l’eau dans la cendre et noyant le linge. Elle appelait cela mettre le linge « à couler ».

Le mardi matin, Jules parti, elle fait chauffer un bon coup, récupère le linge, regarde ce qui est blanc de blanc ou non, et empoigne sa planche à laver, sa brosse, et un savon à la potasse qui lui esquinte les mains. Elle frotte chaque tache, elle récure. Elle bat le linge pour l’essorer entre chaque opération (rinçages multiples, mais il faut faire attention : l’eau coûte cher).

Dernier rinçage (avec, si c’est du blanc un peu de bleu en boule pour faire plus joli et plus blanc) : aller étendre. Quand il fait beau, comme pour nous : que du bonheur à aller dans le jardin. Quand c’est l’hiver, elle étend devant la cheminée qu’elle fait flamber comme pas possible, en allant chaque heure retourner le linge, le changer de place, pour que tout soit sec pour le soir.

Elle plie tout soigneusement… Parce qu’après il va falloir tout repasser. Et comme le deuxième s’agite déjà dans son ventre, le mercredi c’est également lessive : de couches… En France, le service de nettoyage de couches n’existe pas encore, comme aux USA… Comme elle est enceinte à nouveau elle n’a pas de problèmes avec la lessive mensuelle qui a mortifié tant de femmes en ville. A rincer et rincer jusqu’à ce qu’aucune trace suspecte ne puisse révéler dans le caniveau qu’il se passait quelque chose dans la maison (la mère ou la fille ?). Cette lessive mensuelle qui poussait les femmes au lavoir à des heures pas possibles, quand elles savaient qu’elles seraient seules…

Le jeudi c’est repassage… Avec le fer qui chauffe sur ce que l’on appelle à l’époque « le fourneau », dernier modèle, que lui a acheté Louis. Elle approche le fer de sa joue pour vérifier qu’il est à la bonne température. Elle en a trois de fers : deux qui chauffent constamment sur la plaque du fourneau et un qu’elle remplit de braises… Elle n’a le choix qu’entre le repassage très chaud, et le plus rare : un peu de lingerie ou de vêtements à elle en plus fragile : soie ou cachemire. L’infroissable n’existe pas… Elle apprend très vite à repérer la bonne température pour soie ou cachemire… Pour les cols de Jules, amidonage obligatoire…

J’ai connu cela chez mon arrière grand mère. Le fourneau à charbon ou à bois à allumer tous les matins. Avec une réserve pour avoir de l’eau chaude, le four dont sortaient des tartes extraordinaires, un dernier tiroir en bas pour garder un plat au chaud…

En ce qui concerne la lessive, je déteste franchement vider le lave linge et étendre… Et vous ???

Une grosse pensée pour ce qui était la vie de ces femmes. Et Alphonsine ne « travaillait pas ». D’autres si…

La vie n’est qu’un long calvaire…

2 H 15 derrière l’armoire

Attente_tlp769507Ces femmes là attendent chez le coiffeur que cela sèche, elles ont de la lecture, ce sont des femmes heureuses (même si elles ont franchement une tronche de cake sur ce coup là).

Je vous ai fait la belle soeur dans le placard, je vais vous faire la sorcière derrière l’armoire (moi donc, et c’est tout à ma gloire)…

Déjà je rectifie, ce n’est pas une armoire, c’est une bonnetière… Dans la maison que nous avions achetée avec Albert, nous avions une énorme cheminée. Large et profonde. A gauche mon bureau (genre elle fait ses papiers comme personne, sans ordinateur dessus ça ne se faisait pas), et à droite la bonnetière dans laquelle nous avions mis la TV, la chaîne stéréo, etc… Pour faire joli nous avions harmonisé l’emplacement de la bonnetière avec la limite de la cheminée, ce qui laissait de la place derrière…

Albert m’ayant quittée, prenait régulièrement à l’époque ses filles, pour les lourder le dimanche soir (façon siège éjectable) en me précisant que Pulchérie n’avait pas fait ses devoirs, de préférence quand il se pointait à 23 heures, et ce n’est pas une heure pour coucher des enfants, donc, pire, leur faire faire leurs devoirs. Je faisais louper régulièrement la classe à Pulchérie le lundi matin parce que la maîtresse (une salope celle-là, la seule de ma carrière de mère, mais elle était tellement gratinée qu’elle aura son post), était contre le divorce et malgré mon mot d’excuse, flanquait 100 lignes à l’innocente vraie (pour une fois…).

Ma soeur était venue s’installer chez moi dès la désertion d’Albert. Jean Pascal faisait son service militaire et revenait le WE. Un dimanche soir, Albert par téléphone (le portable n’existait pas) signala à ma soeur qui avait décroché, qu’il serait en avance et déposerait les filles vers 19 H.

Là, j’ai fondu mon premier fusible, je ne sais quelle idée m’est passée par la tête, mais je ne voulais pas être là pour le recevoir. Sauf que j’étais là.

  • « Tu n’as qu’à te planquer » me suggère ma soeur d’un ton tranquille, vu que c’est un jour d’hiver verglacé et que je n’ai pas envie d’aller me réfugier chez mes parents (pour attendre un coup de téléphone salvateur, pas question d’aller planquer sur un parking et revenir au moment où Albert arrive, en me vautrant dans un fossé (ma voiture est donc bien en évidence)).

  • Bonne idée, mais où ? Il est capable de monter visiter l’étage ce rat, sous prétexte d’installer ses filles. Filles qui vont chercher maman partout c’est évident… (elles l’ont fait d’ailleurs)

  • « Derrière la bonnetière » est mon idée lumineuse. Y’a de la place…

  • Effectivement c’est parfait. J’y emmène un tabouret. Je m’installe 1 minute, TVB, sauf que je ne peux pas fumer car la fumée me trahirait (malgré la cheminée allumée plein pot et ma soeur et mon beau frère clopant à mort). J’ai tout bien testé, ma soeur est toute OK pour emmerder Albert en le réceptionnant elle-même et en lui demandant pourquoi il n’a pas fait faire ses devoirs à Pulchérie et c’est indigne de sa part, elle ne veut pas se mêler de notre séparation, mais il chie dans la colle sur ce sujet là…

  • Voiture s’arrêtant dehors, je me précipite derrière la bonnetière et je m’installe. J’ai pris un livre, mais je n’y vois pas assez pour lire. Me reste à écouter…

  • Ouverture et fermeture de porte d’entrée. Le classique, qui énervait tant mon père quand maman ne nous tombait pas sous les yeux illico « où elle est maman ? » (petits coeurs…)

  • « Ah Albert » dit ma soeur sans se démonter, « Coraline n’est pas rentrée, ce serait sympa de ta part de faire dîner les filles ». Je me fige derrière la bonnetière. Quelle idée lui est passée par la tête ? Elle est folle ? il n’a jamais été question de ça !!! Juste qu’il donne des « explications j’attends » sur les devoirs de Pulchérie, les mette éventuellement en pyjama, et basta !

  • « Tiens Coraline n’est pas là ? il y a sa voiture pourtant ! »

  • « On la ramènera en retard, et je suis trop fatiguée pour faire diner les poussinettes, tu t’en occupes ? »

  • Je suis tétanisée d’horreur. Je suis là pour au moins deux plombes… Je ne sais pas quel compte ma soeur règle avec moi…

Il n’allait pas dire non ce rat. Le voilà en train de fouiner pour trouver du tout fait, et moi je commence à me morfondre sans nicotine, parce que je sais qu’il va lui falloir un siècle pour faire cuire quelques pâtes, car le tout fait manque cruellement dans le congélo. En plus j’ai envie de faire pipi. Je sais c’est comme ça, ça prend quand ça veut…

  • Je n’avais qu’une envie (outre me précipiter aux toilettes), me tirer de ce trou à rat, mais je ne pouvais pas le faire discrètement et avec grâce… J’étais piégée derrière ma bonnetière…

  • J’entendais Albert tourner dans la cuisine pour faire cuire des pâtes, les passer, chercher le beurre, les servir, avec de la sauce, et « Pulchérie termine ton assiette ! » (ça pouvait prendre une heure !) alors que ma soeur feignait l’indifférence la plus complète (non je ne lèverais pas mon cul du canapé pour t’aider…) (elle faisait tante indigne avec dignité et soeur sadique avec)

  • Arriva le moment où ma soeur sentit l’alerte rouge pointer et mon beau frère aussi, qui avaient mis la TV à fond : la chienne qui, depuis qu’elle était réveillée était allée fêter ses petites soeurs, et me cherchait partout, dont le nez enfin sollicité tout à coup fonctionnait trop bien… Et il fonctionnait trèèèès bien…

  • « C’est bon Albert (dégage !), je vais les coucher, merci de les avoir fait dîner » « je m’occuperai de la table après » (dégage !)

  • « De rien, c’est normal, je suis leur père après tout… » (départ précipité, la chérie attend à Paris et il a deux heures 16 minutes de retard)

  • Exit Albert au moment où Chloée (la chienne) me repérait derrière la bonnetière à grand coup de snif snif ! Qu’elle renifle c’était une chose, mais qu’elle se mette à remuer la queue en même temps signifiait « j’ai trouvé ! » Albert le savait et les filles aussi…

  • « Il était temps » me signala Jean Pascal en douce, en faisant se coucher la chienne dans le panier alors qu’elle manifestait l’envie de venir me rejoindre vu qu’elle ne pouvait pas vivre sans moi… (et la chienne se glissant derrière la bonnetière en faisant son petit « ouarf » de contentement, aurait été moyen pour mon auréole d’absente)

  • Pendant ce temps là, ma soeur faisait monter les filles pour les mettre en pyjama. Impossible qu’elles puissent raconter à leur père qu’en fait j’étais derrière la bonnetière. Pendant le débarbouillage, je pris le large pour ouvrir discrètement la porte d’entrée et la refermer à grand fracas !

  • « Maman t’es làààààà ? » (petits coeurs) (Maman était rentrée, tout allait bien…)

  • « On n’aime pas quand on rentre que tu ne sois pas là » (petits trésors) Tu nous aime maman hein ?

  • Oui mes chéries… Je vous aime très fort et je n’aimerais jamais personne plus que vous (et ça c’est vrai). Gros calin du soir (après pipi obligé) et extinction des feux…

Le résumé c’est que moi comme une conne, rien que pour emmerder Albert et lui faire croire que j’étais partie crapuler ailleurs (et que sa copine lui fasse une scène finalement, grâce aux idées lumineuses de ma soeur, ce qu’elle fit, je l’ai sû après), je suis restée assise sur un tabouret de merde, derrière une bonnetière, pendant 2 H 15 (ce qui n’était pas prévu au départ)… Et qu’encore heureux que la chienne dormait quant je me suis glissée derrière le meuble… Sinon elle m’aurait dénoncée dès le début en décidant de s’installer avec moi pour ressortir dire bonjour à ses petites soeurs, avant de revenir me rejoindre…

La vie n’est qu’un long calvaire… (et vous trouvez ça drôle ?)

Comment que je vais me la pêter…

SourireOuiiiii, si l’on peut dire. Pendant que ma soeur termine de tester le sérum X à qui je me dois de consacrer un post un jour et qui n’était pas du tout compatible avec ma peau, figurez-vous qu’il m’arrive une chose extraordinaire…

ON va lire des extraits de mon blogs demain et après demain entre 14 H et 15 H sur « radio suisse romande« . J’ai vérifié : ça existe et mea culpa de ne pas avoir sû que ça existait plus tôt.

Je serai au boulot à me morfondre quand l’émission sur les blogs aura son heure de gloire (et moi avec)… Car ON va lire deux articles de mon blog, deux jours de suite… La Suisse Romande faisant partie de mes lieux de séjour de prédilection, à moi la gloire…

Je suis juste contente de passer à la radio même si ce n’est pas moi qui cause… Votre sorcière aimerait tant se sortir de la souricière que représente son boulot actuel, qu’elle a remercié à genoux celle qui voulait lire des passages de son blog.

Radio Notre Dame qui me réveille toujours tous les matins, me signale que je pêche par orgueuil… (cliquez, vous comprendrez…)

La vie n’est qu’un long calvaire et pourvu que Pulchérie pense à enregistrer ce moment important, moi je ne pourrai pas…

Et j’espère que vous savez capter Radio Suisse Romande, sinon je vous maudis sur 7 générations (sur 7 ça doit forcément marcher, il y a toujours une merde quelque part).

Sinon je reste votre gentille sorcière (un peu stressée sur ce coup là…)

Edit du lundi 23 : voici le lien envoyé par Madame Patate, et aller à 44 minutes 30…

La semaine de vacances aux Arcs…

Jeunes_couples_53272341Cette semaine de vacances aux Arcs avec mon frère et ma (future et maintenant ex) belle soeur est un très bon souvenir. Nous étions jeunes et heureux et ne savions pas ce que l’avenir nous réservait.

On a vraiment rigolé, malgré les disputes des deux autres et le coup du placard (ici), et on ne peut pas dire qu’Albert se soit franchement décarcassé pour trouver des acheteurs. Pas étonnant qu’après il ait vendu des aspirateurs…

Déjà le départ était marrant. Notre voiture surchargée, il fut décidé que ma belle soeur prendrait le volant pour le premier quart. Comme je suis malade à l’arrière, les garçons s’installèrent derrière et tout le monde nous regardait d’un drôle d’air. Mes beaux parents furent indignés d’apprendre la chose : chez eux c’était : les hommes devant, les femmes derrière… Quelle époque !

Nous occupions nos longues soirées à jouer au nain jaune, au rami, ma belle soeur et moi surveillant les tricheurs potentiels (2 dans la salle), le scrabble on ne pouvait pas, le précédent locataire l’ayant jeté par la fenêtre. Je me demande toujours aujourd’hui, comment on peut se prendre de tels rires à jouer au nain jaune… C’est imparable dans ma famille…

Nous étions fauchés bien naturellement, mais nous avions réservé de l’argent « pour les courses » pour une soirée fondue et une soirée raclette au restaurant. C’était l’époque préhistorique de la vraie raclette que l’on racle vraiment, à chacun son tour, plus sympa à mon sens quand on n’est pas plus de 4, que l’actuelle raclette où tout le monde fait fondre en même temps (c’est mon avis et je le partage…) (seul inconvénient, en attendant son tour on picole un peu trop et on rentre comme on peut, mais en rigolant bien)

Il y avait un problème potentiel qui existait tout de même : la cigarette.

Albert fumait, mon frère et ma belle soeur aussi (moi pas encore, et pourquoi ai-je commencé ?). Elle très peu, et donc les « garçons » plus gros fumeurs, avaient l’habitude de piocher dans son paquet sans vergogne (dans son dos surtout). La clope n’était pas aussi chère qu’aujourd’hui rapport « sous qui rentrent/sous qui sortent », mais bon, ça l’agaçait la belle soeur, de retrouver son paquet vide alors qu’elle s’en serait bien grillée une et je la comprends désormais (fort hélas).

Comme deux gamines nous sommes donc allées, sous le prétexte que le lait allait manquer, acheter des pétards à mettre dans les cigarettes, au rayon « farces et attrapes » de je ne sais plus quelle boutique (on trouve de tout à la montagne, pas comme à Rampion). Je crois qu’au passage on a acheté également une ou deux cuillères qui fondent et un coussin qui pète. Quand on est jeune on fait n’importe quoi (je ne ferais plus cela maintenant… (hem))

Nous avons donc farci les cigarettes de Julienne de pétards, en faisant une petite marque invisible pour le non initié sur les cigarettes piégées.

Nous étions ravies, mais nous avons loupé la meilleure de la cigarette qui explose, car elle a eu lieu loin de nos yeux, ce sont eux qui nous ont raconté, sans avoir vraiment compris (devant nos airs innocents et nos « Oh ! ») ce qu’il s’était réellement passé…

Elle en avait marre de skier et avait décidé de rentrer. J’allais les attendre en boîtant (je vous rappelle que j’avais un genou en vrac, pour ceux qui suivent), vers 16 heures, toujours au même endroit, où elle me retrouva. Les « garçons » décidèrent de faire une dernière descente.

« Merde, c’est ton frère qui a mon paquet de clopes » me déclara ma belle soeur après leur départ. Pas grave elle pouvait en acheter un autre. Qu’elle planqua dans un placard…

C’était la toute première des pétards…

Voiloù mon Albert et mon frère s’installant sur un télé siège, avec, je ne sais pourquoi un pauvre quidam qui avait décidé de rester AU MILIEU du télé siège. Il était donc cerné par l’équipe de fer.

« Tiens constate mon frère, Julienne a oublié de reprendre son paquet de clopes qui est dans ma poche, on va pouvoir lui en piquer quelques unes. Je t’en offre une Albert ? Vous en voulez une Monsieur ? »

Le pauvre obtempère. 3 clopes d’allumées (sur le premier paquet on avait piégé un max parce qu’elle fumait peu).

  • Au premier PAF ! (Albert), le gars du milieu l’a regardé d’un drôle d’air. Albert s’est demandé ce qu’il se passait et a jeté la cigarette…

  • Le deuxième PAF ! (mon frère) a suivi à 2 secondes près, tétanisant définitivement le voisin du milieu (et les deux « garçons » aussi), on ne leur avait jamais fait ce coup là… Cigarette jetée à son tour…

  • Pour se remettre le gars du milieu a tiré un bon coup sur sa cigarette et le plus merveilleux PAF ! du pétard cigarette a eu lieu… (étoile des neiges…). Il les a quittés précipitamment arrivé à bon port, en les regardant curieusement. Ils ne l’ont jamais revu… (il s’est tôlé dans la descente et est resté coincé dans un placard après, du coup…)

La guerre des pétards a duré toute la semaine, avec à chaque vol de clope à la belle soeur un « putain, pourquoi tu n’en as jamais des qui explosent ? C’est quoi ce bordel ? » (ben c’est nous qui avons piégé les cigarettes avec Coraline et je sais voir la marque de la cigarette piégée banane !) (en plus ils n’avaient pas de chance, ils tombaient toujours sur une piégée).

J’ai dû tout avouer à Albert, quand, une fois rentré à Paris, il prit sa plus belle plume pour porter plainte auprès du SEITA… (c’est quoi ces explosifs, un nouvel adjuvant à la drogue dure ?)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Fifi brin d'acier…

Je l’ai oubliée dans mes livres 4 à 4… Elle m’est revenue en mémoire ce midi quand Jean Poirotte devant les couettes de la petite dernière, a évoqué Fifi brin d’acier…

Ma nièce n’est pas Fifi brin d’acier : elle frise… Mais tout à coup me sont remontés à la mémoire ces livres que j’adorais, de cette petite fille vivant toute seule, trop forte, avec des cheveux méga raides… D’où le surnom… Brin d’acier pour la force et la raideur du cheveu… (un peu moi pour les cheveux…)

Y a-t-il UNE personne ici, qui sait qui est Fifi brin d’acier ????