Cachée dans le placard…

Dans_le_placard_57519927Cette histoire est 100 % authentique d’où la série « chroniques d’une vie ordinaire »… (c’est sans commentaires sur « la vie ordinaire »)

Albert vendait des appartements en kit aux Arcs. Vous savez, ceux des bronzés qui font du ski et que si tout le monde prend 12 heures de retard et bien Juniot il skiera en juillet dans 7 ans ?… (et comment qu’il balance le scraable par la fenêtre).

Bref ce n’est pas drôle du tout. Albert devait passer 1 semaine par mois à la montagne pour vendre ses kits, pendant 3 mois.

La première semaine, comme nous avions un appart pour nous tous seuls, nous avons invités mon frère et ma future belle soeur à nous accompagner. Elle était ravie, elle qui était skieuse hors pair, et mon frère aussi (ravi) qui ne demandait qu’à découvrir (le ski) (pour la deuxième semaine Albert avait invité son père et sa mère, et aurais-je la force de faire un post sur cette semaine inoubliable ?)

Déjà à l’époque mon frère et sa future s’engueulaient tout le temps (ça a duré un morceau de temps), mais nous ne nous en rendions compte que le dimanche midi chez le grand père (l’apiculteur) et l’après midi du dimanche. On pouvait espérer que le dimanche n’était pas un bon jour pour eux…

Arrivée dans l’appart : déjà bouderie : un seul lit de deux personnes et des lits superposés dans l’entrée. Comme Albert et moi vivions déjà ensemble (et donc pouvions crapuler à notre aise), nous leur avons cédé très rapidement le lit pour deux pour nous en faire un pour nous dans l’entrée en nous débrouillant avec les lits superposés que nous avons dé-superposés…

Premier petit déjeuner : mon frère ne mange rien le matin et il a tort, parce qu’il va faire du ski et que le petit déjeuner c’est super important… Première dispute « je ne mangerai pas » (des oeufs, du fromage blanc, des toasts à la confiture, des saucisses, etc…)  « tu mangeras », etc… Albert déjà un peu las… qui récupère les oeufs sur le plat de mon frère sous la table pour éviter le carnage… Il me faut reconnaître ici et maintenant que j’aurais aimée avoir l’autorité de ma belle soeur (ben oui je la considère comme cela, du coup ça m’en fait deux (de belles soeurs, suivez un peu)… car moi je suis genre poire qui déteste les conflits, si que cela aurait obligé mon mari à manger des oeufs sur le plat au petit déjeuner… Moi je n’ai pu obliger aucun de mes maris à RIEN.

Je débutais le ski avec mon frère dans l’école ad hoc, pendant qu’Albert partait avec sa future belle soeur (fallait bien que l’on se marie un jour ou l’autre). Le premier jour s’est bien passé, sauf que j’ai alerté le moniteur après une chute « j’ai cassé mon ski » « non c’est la sécurité qui a sauté mademoiselle« …(ça fait rêver longtemps après). Le lendemain je débute une crise de rhumatisme articulaire äigü dans le genou gauche (exit le ski et bonjour ma carrière d’emmerdeuse moyenne qui débutait).

Je m’en foutais un peu, la montagne que je découvrais n’était pas pour moi : la neige me donne mal aux yeux (je souffre de photophobie aigüe depuis ma plus tendre enfance), impossible de trouver mon équilibre sur les skis, quand je suis en haut j’ai le vertige (et mal aux yeux) et quand je suis en bas ça m’oppresse…

Bref, munie du diagnostic, les antibiotiques à haute dose qu’il me fallait sur ce coup là, je rentre à l’appart avec 7 ou 8 livres à bouquiner pendant que les autres skieraient.

Je végététais dans l’appart en lisant ce qui n’est pas abominafeux pour moi… En ayant prévenu que vu l’état de mon genou il ne fallait pas compter sur moi pour faire la bonne à tout faire…  Mon frère progressait très vite. « Sans aucun style » d’après Albert qui avait, lui, commencé à 5 ans, mais « il va vite et il n’a pas peur ».

Les voici donc partis un bel après midi, skier à trois : Albert le spécialiste depuis ses 5 ans, mon frère débutant mais près à tout, et ma belle soeur fortiche en ski également mais moins téméraire que les garçons… (d’après Albert, moi j’étais incapable de juger)

Je lisais un truc super quand tout à coup ça sonne  : j’ouvre : la belle soeur en rage, ça se voyait tout de suite…

  • J’étais avec les garçons, je les suivais, je suis tombée, ils ne se sont même pas arrêtés pour m’aider à me relever (elle pose ses skis dans l’entrée)

  • Vraiment des rats les hommes (elle enlève sa combinaison)

  • On se fait un thé ? (oui TU fais un thé)

  • J’aurais pu me blesser grave en tombant (dit-elle en buvant le thé). Ils n’en avaient rien à foutre, ils sont repartis sans m’attendre.

  • J’aurais pu me tuer…

  • Ah les salauds, je suis morte sous un pin et ils skient avec allégresse, tu vas voir comment ils vont être  joyeux en rentrant…

Là j’ai refermé mon livre.

  • Déjà Coraline, tu ne m’as pas vue du tout. Je ne suis pas rentrée. Où sont mes skis ? Je les planque sur le balcon… Ils n’y vont jamais ces rats…

  • Ton frère va se faire un sang d’encre, il sera bien temps, j’aurais pu crever sous le pin, je suis morte sous le pin… Bien fait pour lui, j’espère qu’il va en faire un ulcère

  • Si je mets ma combinaison sur le balcon ça n’est pas l’idéal, je peux t’emprunter ta valise ? merci, t’es un chou ! Hops je lave et je range ma tasse de thé (deux ça ferait louche)

  • Quand ils vont rentrer tu ne m’as pas vue hein ?

  • Où que je vas me mettre : tiens dans le placard : regarde j’y rentre tout bien…

  • (ouverture de la porte du placard) : j’y tiens bien, mais avec un tabouret ce serait plus confortable… Merci Coraline.

Et la voilà dans le placard à 16 H. A cette époque à la montagne le retour des skieurs a lieu vers 17 heures… Donc elle a poireauté pendant 1 heure et pendant 1 heure à ne rien faire qu’attendre, on cogite, surtout, je l’imagine très bien, assise sur un tabouret dans le noir d’un placard (le salaud, je le quitte, je prends le train de minuit, je suis déjà partie)…

Ouverture de la porte à 17 H pétantes, mon frère en tête, Albert levant déjà les yeux au ciel.

  • Coraline ? tu n’as pas vu Julienne ?

  • Heu non… pourquoi ?

  • Putain, elle fait chier ! elle est tombée, on l’a attendue, elle nous est passée sous le nez en criant je ne sais quoi…

Rien à répondre heureusement. La porte du placard s’ouvre et ma belle soeur en sort comme un diable de sa boîte. Pas le temps de dire quelque chose,  mon frère la pointe du doigt.

  • Je le savais que tu étais là !

  • Tu ne savais rien du tout pauvre crétin ! Je pouvais crever sur la piste, tu n’en avais rien à foutre !

  • Tu rigole ? on t’attendait et tu nous es passée sous le nez en disant des  choses abominafreuses ! Je le savais bien que tu n’étais pas morte !

  • Tu t’en fous que je crève !

  • Oui, enfin non, mais là maintenant, tu peux retourner dans ton placard ça nous fera des vacances !

  • Où sont passés Coraline et Albert ?

  • Je ne sais pas, ils viennent de partir en claquant la porte

  • Faut qu’on les retrouve (surtout pas, mais si, ils nous ont retrouvé à la fondue du secteur)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on racontait ça au papa de la belle soeur, il souriait en disant  » je ne le la voyais pas comme ça » (et là sa femme levait les yeux au ciel, car des scènes père/fille, elle en avait eu sa dose)

Sinon on s’est bien amusés cette semaine là (me reviennent plein de souvenirs) et il faudra que je vous raconte comment je suis restée moi, deux heures et demie derrière une armoire… Rappelez-moi de le faire (si ça vous intéresse s’entend)…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Il s'en va…

C’est quelqu’un que j’aime beaucoup, que j’apprécie beaucoup… Il a décidé de nous quitter pour vivre une autre vie dans une autre société… Pour le temps qu’il lui reste à faire avant la retraite dans quelques années. « Une opportunité » dit-il, « l’envie de me poser un peu »

Je n’ai rien à dire sur ses motivations, les raisons de sa démission, qui lui appartiennent, je suis simplement triste qu’il parte… Il va me manquer terriblement, même si son successeur est agréable, charmant et tout le bataclan (pour de vrai), il va me manquer vraiment. L’annonce de son départ fut un choc pour beaucoup… Dont moi. J’avais les mains moites et le coeur palpitant à 40 de tension… Non pas lui !

J’ai travaillé avec lui main dans la main pendant des années, je l’ai épaulé à ses débuts. J’ai pisté tout ce qu’il pouvait perdre et le retrouver, je lui ai fait GPS, je lui ai trouvé des chambres d’hôtel de la gare en catastrophe. Je l’avais au bout du téléphone 15 fois par jour… Sur les gros dossiers « chauds » nous nous soutenions à raison de plusieurs appels par jour, c’était toute une vie (professionnelle) en fait… J’étais son assistante, celle sur laquelle il comptait, et je peux compter avec juste une main les mercuriales méritées ou non, que j’ai pu prendre de sa part…

Il m’appelait « perso » quand il y avait des problèmes autres (comme quand Truchon a fondu un câble), pour m’assurer de son soutien, me remonter le moral et le sien au passage.

Aujourd’hui, c’est le « pot » de départ et je rentrerai tard, certainement triste, très triste, mais je ne le montrerai pas vraiment parce que certains se réjouiraient de ma tristesse et de celle de beaucoup. Parce que certains aiment la tristesse des autres, la méchanceté qu’ils divulguent sans honte, donner glorieusement 2 euro pour le cadeau. Parce que « fêter » un départ c’est tout de même un départ. S’il partait à la retraite, je serais également triste mais plus sereine… J’aurais sû à l’avance.

C’est « entre nous » au téléphone qu’il saura qu’il va me manquer et j’oserai lui dire « tu m’abandonne » d’ailleurs je l’ai déjà fait. Oui il m’abandonne et d’autres avec, sur un chemin que nous avions pavé ensemble… Mais il le sait déjà qu’il va me manquer, nous manquer, à tous ceux qui ne le montreront pas aujourd’hui, et dieu reconnaîtra les siens et lui avec, et je sais qu’il va être triste face à moi, et comme je ne le serai pas, nous resterons dignes. Les plus pleurnicheurs seront les plus hypocrites…

C’est toute une période qui va mourir aujourd’hui lorsque, je le sais, il va me faire la bise en m’appelant sa petite Coraline chérie… Avec son départ c’est toute un monde qui s’en va et ne reviendra jamais. C’est une voix que je n’entendrais plus que rarement, c’est une ambiance qui meurt.

C’est juste un collègue qui s’en va… Quelqu’un que j’appréciais, qui me faisait rire, me donnait beaucoup de travail, mais j’étais là pour ça, avec qui je partageais plein de choses..

Il va terriblement me manquer. Et sachez le, il n’y a jamais rien eu entre nous que la bonne entente entre collègue….

J’ai découvert avec l’annonce de son départ que les deuils ne se vivaient pas qu’avec des « proches »… Il va me falloir faire mon deuil de lui et ce ne sera pas simple. Il s’en va effectivement le 31 juillet alors que je débuterai mes congés. A mon retour de congés, je pourrai mesurer le vide… Pas de mail de lui, pas d’appel…

Ce « pot » de ce jour, n’est qu’un long calvaire… (ça c’est sûr…)

Ca vous est déjà arrivé ?

Moi je me tenais bien à table (pas le choix)

Je_me_tenais_bien___table_53272467Ne pas bien se tenir à table était puni des galères, de l’échafaud via la peine de mort, voire pire encore (j’avais bien noté en lisant des lectures interdites, qu’il existait un sort pire que la mort… surtout pour les femmes, mais je ne voyais pas bien ce que cela pouvait être).

Déjà et d’un : les enfants ne parlaient pas à table. Suplice horrible que je n’ai jamais infligé à mes filles, le repas du soir étant un moment convivial à mon sens. Jean Poirotte sadiquement exigeait de ses petites filles deux minutes de silence au dessert, que Pulchérie était incapable de tenir, ce qui rallongeait la corvée facile à 10 minutes (Delphine réclamant les deux minutes de silence en cas d’oubli pour emmerder sa soeur, la chipie (mais elle avait ses raisons), et tant pis si son grand père était attendu par le tour de France (il assumait) et malgré sa soeur menaçant de l’assassiner sans témoin).

Papa avait accepté que l’on parle à table, mais uniquement « culture ». Les gaulois dans la plaine  c’était culture, la trombine du nouveau voisin ne l’était pas (même si cela intéressait maman aussi). Henri IV assassiné c’était culture, sa poule au pot ne l’était qu’à moitié, et la poule au riz de l’arrière grand mère à laquelle nous pensions tous du coup pour le WE prochain était interdite de séjour.

Il fallait mettre les poings sur la table une fois le plat terminé. Quand on se laissait aller à les mettre sur les genoux on s’entendait dire « on n’est pas en Angleterre ici ». Je n’ai jamais vérifié s’il est exact que la politesse anglaise passe à table avec les mains sur les genoux (je suppose que si c’est vrai, les petits anglais ont envie de les poser sur la table).

Ne rien laisser dans l’assiette, même sur le bord (le coin de l’assiette ronde étant difficile à définir). Pourtant on étaient champions pour disperser le gras tout autour de l’assiette. Papa a renoncé à nous le faire manger le jour où on lui a fait remarquer qu’il avait laissé un gros bout de gras de blanquette bien en évidence (et pourtant ce n’était pas culture).

Il fallait terminer le pain. Important le pain pour des parents qui en avaient manqué pendant la guerre. Maintenant s’il n’en reste pas on a l’impression d’avoir tout faux quelque part… On poussait avec le couteau (à l’anglaise) ou avec un petit morceau de pain que l’on n’était pas obligés de manger (curieux).

Pas de menu particulier pour le difficile : on mangeait ce qu’il y avait. Si l’on n’aimait pas on était autorisé à ne pas manger DU TOUT, en souvenir des années avec cartes d’alimentation. Personne n’osait risquer le « je sors de table » et se priver du reste. On mangeait donc…

Faire Slurrrpp avec une paille attirait des regards indignés (d’ailleurs la paille était rare). Finir son verre d’eau était obligatoire (la déshydratation nous guettait). On demandait « puis-je sortir de table ? » et non pas « je peux sortir de table ? » faute de grammaire inqualifiable (et en avant pour la révision des participes passés et de tous les temps y compris du « plus que parfait » dont on se demande pourquoi il est au masculin) Si « oui », interdiction de partir en criant « youpeee ! ». On pliait notre serviette avec application. Si « non »,  il n’y avait plus qu’à ronger son frein en attendant la sentence : « tu peux sortir de table ».

Papa aimait bien prononcer cette phrase juste avant l’arrivée du dessert…. Petit voyou va !

La vie n’était déjà qu’un long calvaire…

Les livres 4 à 4…

SourireMe voici invité par Danaée aux livres 4 à 4… Donc je réponds… Bien évidemment mes 50 ans proches vont se faire sentir…

4 livres qui ont marqué mon enfance :

  • Les aventures de Suzy la rouquine, traduites du danois dans la série « rouge et or ». Je sais c’est une série, mais pour moi c’est un livre.

  • Les aventures de Puck, là encore traduites du danois dans la série « rouge et or Dauphine » (on progresse). Pareil, c’est une série mais pour moi c’est un livre uniquement.

  • « Gulla » fille de la colline et ses suites (là encore pour moi juste un livre). Rouge et or Dauphine également, traduit du Suédois et montrant vraiment la misère d’une époque et des conditions de vie difficiles (pas étonnant qu’ils aient émigré en masse aux futurs USA…)

  • « Aggie » (bande dessinée). La jeune américaine qui a changé souvent de dessinateur. On passe de l’infortunée Aggie malheureuse à l’Aggie gaie et flamboyante en pleine adolescence, dans l’Amérique d’après guerre. J’adorais. Il y avait « l’espiègle Lilly » aussi, mais je n’avais droit qu’à 4 (et comment je triche !)

4 écrivains que je relirais, encore et encore

  • Margaret Mitchel : dommage qu’elle n’ait écrit qu’un seul livre

  • Maurice Druon : j’ai débuté à 14 ans avec les rois maudits, et j’ai lu tout le reste dans la foulée. Mes parents avaient la paix pendant les vacances à la campagne sans meilleure amie…

  • Zola : pas drôle drôle mais j’adore son écriture. En plus comme il n’est pas traduit, je pense qu’il a vraiment bien écrit….

  • Agatha Christie (que j’appelais petite « tagada Christine » quand maman me demandait d’aller lui chercher son livre) Je ne m’en lasse jamais, et j’espère un jour avoir l’intégrale à la maison, sans racheter un livre que j’ai déjà… (ma spécialité)

4 écrivains que je ne relirai plus

  • Boris Vian : désolée ce n’est pas classe de l’avouer, mais je déteste (jamais pu finir un truc de lui…)

  • Balzac : ce mec m’a toujours gonflée grave, ce n’est pas de sa faute, de la mienne certainement, mais c’est comme ça

  • Patrick de Carolis : Pulchérie connaissant mon amour du moyen âge m’avait offert les « demoiselles de Provence ». Choix judicieux quand on me connait, sauf que je le préfère en journaliste qu’en écrivain (je n’ai pas pu terminer le livre). Ca m’a fait peine comme on dit dans le midi, que ma fille se soit donné du mal pour trouver le bon livre qui tombe pile dans mes goûts et manque de bol…

  • Pour tuer définitivement ma réputation : Jean Paul Sartre… J’ai hésité avec Albert Camus, mais ma réputation est à jamais ruinée… Ils me gavent comme pas possible… (Désolée Simone, et l’autre aussi d’ailleurs…) (et comment que je triche encore)

4 livres à lire, en attente dans ma bibliothèque

  • « Nous les dieux » de Bernard Werber. J’adore depuis les fourmis et surtout les « thanatonautes » (ah bon ça ne s’écrit pas comme ça ?)

  • Le dernier Dan Brown qui en fait était le premier comme celui d’avant d’aiilleurs (« Deception point) qui  fut déception  tout court… (c’est l’auteur dont on édite les livres à rebours en précisant « par l’auteur de Da Vinci Code »

  • Rien d’autre, je n’ai jamais 4 livres en attente dans ma bibliothèque, sauf cas d’angine monstre… Ah si, Dame Vénézia m’a prêté « le parfum »…

4 livres que je suis en train de lire

  • Je lis un livre à la fois… Désolée… Donc « les cavaliers » de Kessel que je relis régulièrement…

4 livres que je n’ai pas terminés

  • « la mémoire dans la peau » de Ludlum. J’aime bien les films que l’on fait de ses bouquins, mais le lire me fatigue (j’ai hésité à le citer comme auteur un peu plus haut)

  • Le dernier « Mary Higgins Clark » : je n’ai pas accroché, d’ailleurs depuis pas mal de temps j’ai du mal à la lire…

  • L’histoire des croisades en 15 volumes que m’a léguée mon grand père maternel (celui qui avait des ruches). C’est sympa les croisades et j’adore le moyen âge, mais en 15 volumes forcément ça fatigue…

  • Le journal d’Anne Franck : de savoir comment ça c’est terminé ça m’a toujours plombé le moral. Je n’ai jamais pu aller jusqu’au bout à cause de cela…

4 livres que j’apporterais sur une île déserte (c’est quoi cette restriction barbare ?)

  • « Autant en emporte le vent »

  • « Les rois maudits » de Maurice Druon (ça fait 6 tomes mais pour moi c’est UN livre)

  • « Les mémoires de Zeus » du même auteur (idem, il y a deux tomes mais c’est UN livre)

  • « Les semailles et les moissons de Troyat ». Curieusement je n’aime que ces 5/6 tomes là de lui (donc un livre) sinon il me fatigue (surtout quand il se promène en Russie dans la première partie de la série : « tant que la terre durera » « les semailles et les moissons rassemblant les français et les russes dans le dernier tome)

  • l’intégrale de Nicole de Buron

  • « Les fourmis » de Werber et le reste avec d’ailleurs

  • « l’esprit de famille » (en plusieurs tomes également) de Jeannine Boissard, et tout ce qu’elle a pu écrire d’autre au passage, on dira qu’un auteur = un livre

  • L’intégrale de Tagada Christine (idem pour elle)

  • Y’a les Robin Cook aussi (le meurtre médical et l’infirmière qui a une tête de sérial killeuse dès le premier chapitre)

  • L’intégrale de Zola pour rigoler un peu sur mon ile…

  • En BD il me faut l’intégrale de Franquin… + Aggie bien sûr et l’espiègle Lilly…

  • « les lions diffamés » de Pierre Naudin

Je ne peux pas tout prendre ? (et encore j’ai fait des restrictions) J’y vais pas sur cette île de merde ?! (pour y faire quoi d’ailleurs ?) Je préfère tout de suite m’ouvrir les veines avec un post-it.

La vie n’est qu’un long calvaire… Faudrait aller sur une île déserte qui ne le sera plus dès que j’y aurais posé les pieds, et en plus de ne pas avoir d’ordi, faut se restreindre sur la lecture… (bon d’un autre côté faut se nourrir et j’aurais bien fait de lire « Robinson Crusoé » plus à fond dans mon enfance au lieu de lire Aggie, comme Jean Poirotte me le conseillait)…

La vie n’est qu’un long calvaire. Si quelqu’un a des insomnies je peux lui énumérer ma bibliothèque, il ne sera pas déçu (j’ai même des livres sous mon lit, dans des cartons…). Pour l’insomnie tenace, aller jeter un coup d’oeil chez Jean Poirotte et Mrs Bibelot : les chiens ne font pas des chats…

7 révélations sur moi…

SourireRécupéré chez madame patate au hasard, car personne ne voulait de moi, snif (à savoir que je n’ai été nominée chez personne même si nominer ne fait pas partie de la langue française si on veut être un peu vache sur le coup du vocabulaire). Du coup je ne recopie pas le règlement et je ne tague personne.

Donc 7 choses à vous révéler de moi… Le jeu se corse un peu, c’est la mode de mentir. Madame patate a mentit une fois, la méchante aussi. Moi, il n’y aura qu’une chose de vraie… (rigolo non ?) (je sais je suis puérile)

  • J’ai été promeneuse à cheval en Camargue parce que j’étais tombée bêtement amoureuse d’un camarguais. Savoir que je me levais à l’aube pour nourrir les petites bêtes, accompagnait à longueur de journée des touristes ravis de découvrir la Camargue et ses moustiques, me couchait très tard après avoir nourrit les petites bêtes. Histoire d’amour qui m’a fait perdre 9 kg en 9 mois…

  • J’ai été secrétaire d’une gynéco homosexuelle (je l’ai sû trop tard), qui m’a virée quand elle a sû que j’allais épouser Albert (un homme quoi). Là j’ai regretté d’avoir quitté mon secrétariat médical à la radiologie d’un hôpital que je n’aurais jamais dû quitter sous prétexte qu’on était mieux payés à l’époque dans le privé. J’y serais encore sans ce prétexte maintenant faux, sans me demander de quoi demain sera fait (à part de malades venus se faire radiographier et échographié et scanner à l’occasion)

  • J’ai eu raison d’un jésuite (avec l’aide d’Albert au départ) après 3 heures de discussion acharnée pour savoir si le christ était le fils de dieu ou non. Il a finit par dire qu’il n’était pas certain… J’étais ravie, sauf qu’en fait je ne lui avais pas fait perdre la foi, il se foutait de ma gueule autant que moi de la sienne. Pas honteux pour un jésuite ? il se devait de me faire changer d’avis.

  • Au cours d’une période de chômage, je me suis lancée dans le « métier » « écrivain public » (en tapant également au passage des thèses toutes admirables et passionnantes, surtout une sur un haricot mexicain qui intéresse beaucoup les chercheurs), pour découvrir très rapidement que cela ne payait pas parce qu’on profitait de la misère des autres (et je ne pouvais pas exploiter mon prochain, honte à moi, même si les lettres aux impôts étaient ce que je préférais rédiger, ainsi que les lettres de rupture). Finalement entre le temps que j’y passais, le prix de la cartouche du vieux mac, j’ai renoncé (les thèses par contre c’était pas trop mal payé mais toujours très mal écrit).

  • J’ai l’intégrale des Beatles et des Moody blues chez moi, en vinyl et CD

  • Je fais toujours pipi dans mon bain. C’est mon pipi et c’est mon bain, et je n’oblige personne, mais dès que je mets un pied dans l’eau je ne peux pas faire autrement que de faire pipi, même si c’est 3 gouttes… J’ai beau prendre les pires précautions, c’est l’horreur…

  • J’ai toujours 2 bouteilles de mousseux au frais au caz-ou… avec de la liqueur de cassis pour faire kir princier…

Je refile le BB à qui qu’en veut, sous la forme qui lui fera plaisir…

Ne me remerciez pas, moi j’ai hérité de « dans la peau de »… via les ménagères… Un vrai plaisir…

Moi aussi je faisais la cuisine

Je_faisais_la_cuisine_53329790Je tente le coup du postage à 11 H sans conviction.

Jour d’ennui sans doute, ou de lassitude devant la cuisine familiale, un beau jour j’ai décidé de me mettre à cuisiner. Je devais avoir environ 13 ans, maintenant les filles sont plus précoces.

En fait c’était chez mes grands parents paternels chez lesquels j’adorais passer mes vacances (ils avaient la télévision et en plus je les adorais, j’alternais avec Mrs Morgan chez qui c’était super aussi, et qui avait également la télévision, oui je sais on dit TV maintenant, mais mes parents étaient contre (il faudra que je le leur rappelle un beau jour d’ailleurs)). J’ai comme un souvenir très vague de mon grand père se forçant un peu pour me dire que c’était excellent. Tout ce dont je me souviens avec une certitude absolue, est que j’ai attaqué par un dessert.

Des iles flottantes caramélisées. Le pauvre homme détestait le lait et donc la crème anglaise, et le caramel (impossible pour moi de comprendre que l’on puisse détester le caramel, donc la nougatine). (Admirons au passage l’abnégation de cette génération qui avait connu la guerre et les privations et lui le stalag pendant 5 ans, et qui pouvait ingurgiter n’importe quoi sans broncher ou presque, ma grand mère ayant interdiction de lui servir des rutabatrucs)

Cela n’a l’air de rien mais c’est très difficile à faire (les îles flottantes), surtout si comme moi on a la fâcheuse habitude (pas perdue depuis) de ne pas lire une recette jusqu’au bout avant de commencer (pour découvrir à 16 heures qu’il faut laisser au frigo pendant 24 heures… avec des invités attendus pour 19 H 30, direction le boulanger qui n’a plus qu’une bombe glacée naze à me proposer)

J’ai donc fait tourner 2 crèmes anglaises (en gardant les blancs d’oeufs), avant d’aboutir à la crème parfaite (2 heures à touiller et ma grand mère inquiète pour ses oeufs de réserve, m’intimant toutes les 30 secondes de ne pas hausser le feu sinon « c’est l’échec assuré »).

J’ai lu trop tard qu’il fallait réserver un peu de lait pour y faire pocher les blancs (en quantité, on l’aura compris) et opté pour le pochage à l’eau sucrée habilement suggéré. Très réussi, sauf que la poêle était ruinée par le caramel se formant au fur et à mesure. Du coup j’ai abandonné la poêle pour faire mon caramel final et pris une casserole. Le téléphone a sonné, c’était pour moi : meilleure amie s’ennuyant en Bretagne (je l’aiiiiimeeuu ! il me manqueeeuuu !). Casserole défunte à son tour. Mais je suis arrivée au bout de ma recette que j’ai voulu agrémenter avec des amandes grillées. Vite une poêle ! Et vlan le programme TV de demain : j’y cours.

Rien ne brûle plus vite que des amandes effilées dans une poêle et la poêle avec (j’en ai ruiné 9 de poêles y compris 3 à Mrs Furoncle, je sais de quoi je parle). Ma grand mère stoïque me laissa achever. Jeta les récipients décédés à jamais, récura la cuisine et mangea la part de son mari au bord de l’évanouissement (il détestait vraiment le lait et le caramel).

Pas grave, le surlendemain je leur ai fait un gratin de crustacés un peu trop salé mais sinon pas mauvais… Pour eux qui avaient connu la guerre, c’était un calvaire de plus, mais bon les grands parents se doivent d’être indulgents…

Je ne sais plus le nombre exact de pannes de cuisinière, ou de coupures intempestives de gaz qu’elle a pu avoir ma grand mère, quand je prononçais le mot fatal « je nous ferais bien un petit plat »…

MAIS : la vie n’est qu’un long calvaire….

1 an déjà…

Mon petit blog a un an aujourd’hui… Le jour où j’ai posté mon tout premier message…

Même pas fait attention que j’avais débuté le jour du débarquement (oh la honte !), c’était le lendemain de la Pentecôte, et j’étais en colère d’avoir dû bosser la veille.

Merci à ma méchante de m’avoir poussée sur ce blog et de m’avoir fait de la pub. (Ici et ) (je vous épargne tous les là là là…)

Merci à mes lecteurs fidèles et à leurs commentaires, et même aux fidèles qui n’en laissent pas… Je sais qu’ils sont passés.

Un an déjà… Qu’à l’an qui se termine… comme on dit dans le midi « si nous ne sommes pas plus, que nous ne soyons pas moins ».

Bon anniversaire ma petite maman !

Coeur_LS015908Bon anniversaire à Mrs Bibelot, née juste avant l’anniversaire du débarquement et surtout, la pauvre, juste aux périodes « fête des mères »… (à un jour près elle cumulait les deux)

Que l’avenir nous accorde de t’avoir longtemps encore avec nous, avec ta fougue, ton côté un peu « à côté de la plaque » qui fait tout ton charme, ton amour de la vie, ton énergie qui parfois me manque, moi avec qui tu n’as que 21 ans de différence (mais nos vies ont été tellement différentes que j’ai décidé de ne plus culpabiliser)

Que l’espoir ne soit pas vain de te voir encore tailler avec amour tes rosiers dans 10 ans et voire même encore plus longtemps, pendant que je t’aide à tondre ta grande et vaste pelouse parsemée « ça et là » de plantations qui obligent à faire des détours pas possibles… (passer la tondeuse dans ce jardin magnifique est une horreur absolue…)

Que tes souvenirs restent, oui, qu’ils restent, toi qui est la mémoire de ta famille dans laquelle je puise souvent… Que tu sois encore là longtemps pour me recueillir le coeur en vrac ou la tête brisée, quand je viens m’abriter à l’ombre de l’amour tutélaire de mes parents qui savent faire ce qu’il faut, et dire ce qu’il faut.

Que je t’entende dire « gouzi gouzi arrheu il est mignon le tout petit » au prochain bébé qui sera de mes filles ou de leurs cousins/cousine…

Que tu garde encore pour longtemps ta démarche alerte, toujours de jeune fille, ton côté excentrique, ta passion des bibelots… Quoi que puisse en penser Pulchérie il y en aura que je récupérerai, certainement en larmes, en pensant à toi, le plus tard possible je l’espère…

Bon anniversaire ma petite maman. Tu n’as pas Internet alors je te téléphonerai bien sûr… Je n’aime pas te voir prendre un an de plus. Egoïstement je sais que je te suis à 21 ans à peu près, et surtout surtout, que le temps passe de plus en plus vite, qui fauche nos espoirs, nos amours, notre vie…

Pour moi tu es toujours la jeune maman de 30 ans, ces 70 ans, c’est une mauvaise blague du destin…

Tu es toujours la jeune grand mère de 44 ans couvrant ta première petite fille de vêtements, tu es toujours la femme enceinte de ma petite soeur, celle sur laquelle j’ai toujours pu compter. Je sais que tu sais que tu peux également compter sur moi. Enfin je l’espère.

J’ai mis le gros coeur sur Internet, car se dire « je t’aime » entre nous, comme je le fais avec les filles, cela n’a jamais été de mise. Je n’ai néanmoins jamais eu de doutes sur l’amour que tu me portais et en cela je te dis à jamais merci.

Bon anniversaire Mrs Bibelot (et bien SI, je lui ai offert un bibelot pour la fête des mère et son anniversaire…)

Quand j'étais jeune fille…

Je_revais___l_avenir_53329550Si j’avais été aussi jolie…

J’étais jeune fille désormais, cela se voyait partout et je n’étais même plus « autorisée » à me faire une queue de cheval, étant théoriquement libre de m’habiller et coiffer comme je le voulais (sans frange tout de même, c’était mauvais genre), jusqu’à ce que papa décrète que je l’énervais en pantalon au mois de juin.

Mrs Bibelot me ressortit une vieille jupe à carreaux et les soquettes allant avec, confisquant mes deux pantalons (oui notre garde robe était assez pauvre, mais c’était pour tous pareil). J’ai compris plus tard que maman avait vraiment du mal à voir ses enfants grandir et était ravie de m’habiller encore en petite fille. Le traumatisme fut tel que jamais je n’ai imposé à mes propres filles de s’habiller comme je le voulais. En effet, arriver à ce qu’on appelait « le lycée » en jupe à carreaux et soquettes c’était 15000 personnes minimum se foutant de votre tronche. Mes filles ont peut-être été certes ridicules parfois, mais de leur propre gré et avec l’agrément du collège… Assez de motifs de conflits pour ne pas en rajouter un inutile (d’un autre côté elles n’ont jamais exigé de se mettre des épingles à nourrice dans les oreilles et de s’habiller péri-esthéticienne (dixit Delphine – 8 ans)).

Meilleure amie arrivait donc le matin au volant de sa mobylette, avec un jean à elle, dans la cave où je rangeais la mienne (de mobylette) pour sauver mon honneur. J’enfilais le jean et sortais par derrière l’immeuble. Le soir je réapparaissais, méprisante et boudeuse, en jupe à carreaux ET socquettes blanches. Mon père cédat après 3 semaines d’air outragé et de bouderie au repas du soir (tout de même)

Passage important dans la vie que de devenir « jeune fille », maman se croyant obligée de préciser même au poissonnier : « c’est une jeune fille maintenant« . Compliments de tout le monde et nous l’envie de rentrer sous terre et de creuser après… Toute la famille était avertie de ce moment crucial qu’on aurait voulu taire, via le téléphone et pour ceux qui ne l’avaient pas : un télégramme (disparu depuis) « Coraline formée stop, bisous à tout le monde ». Retour de télégramme « heureux, stop, aurait pu attendre dimanche » (on payait au mot, jamais compris le pourquoi de la réponse…) (j’ai épargné aux filles les commentaires en précisant « vous ne savez-rien-je-ne-vous-ai-rien-dit » (elles m’ont toutes les deux fait cela chez ma soeur et téléphoné immédiatement bien sûr, mais pourquoi diable toutes les deux chez ma soeur ?).

Je rêvais à l’avenir, écrivant mon journal (un cahier trafiqué pour faire cahier de maths qui a pu y croire ?…), songeant à ce qui allait m’arriver de super (oubliant bien évidemment au passage toutes les merdes qui pouvaient parsemer mon chemin). Naturellement j’étais amoureuse et l’élu de mon coeur faisait la une du dit journal avec des coeurs dessinés en gros, en bleu comme les yeux de l’élu et écrit en gros « Dominique je t’aimeuuu et je t’aimerai toujouuuurs ». Pendant ce temps là meilleure amie gribouillait en vert (comme les yeux de l’élu) en disant à peu près la même chose sauf que le prénom était différent. Aucune imagination (et nos lectures n’y enclinaient pas) (Je précise que meilleure amie a tout de même épousé son premier amour, moi pas…)

Nos échanges quotidiens par courrier (écrits au stylo plume, mis sous enveloppe, et trimbrés, le moyen âge juste après le chevaucheur) pendant les vacances étaient une rengaine extraordinaire « je l’aimeuu » « je l’aimeuu » « je n’aimerai jamais que luiiii » « moi aussiiii ». Et à part ça la santé ? et le thé sur les jambes et le concombre sur la figure ? Ca rend bien merci. On tartinait 3 pages par jour parce qu’il y avait autre chose à raconter, en particulier à quel point nos parents étaient emmerdants.

Jusqu’au jour où il nous fut impossible de passer nos vacances l’une sans l’autre. Mes parents se résignèrent à ce que nous squattions la maison de mes arrières grands parents à la campagne, (les parents de meilleure amie ayant la même chose mais en Bretagne : trop loin), las qu’ils étaient de traîner avec eux une martyre sans meilleure amie à la campagne. Las qu’étaient également les parents de meilleure amie de l’entendre pleurer sans moi le soir dans sa chambre…

La maison était sans chauffage central, sans eau chaude, avec juste un poêle à charbon et les toilettes dans le fond du jardin + un poêle à mazout dans la chambre.. Papa venait vérifier tous les jours que nous ne risquions pas de nous intoxiquer au monoxyde de carbone (et rallumait donc les poêles, nous étions nulles). Nous prenions nos vélos pour aller faire les courses. On écoutait de la musique plein pot sur mon vieil « électrophone » (c’est quoi tatie un électrophone ?), et notre occupation favorite était de parlotter jusqu’à des heures indues et d’écrire notre journal. La grande joie du soir etait de nous laver les dents en crachant l’eau de rinçage par la fenêtre, ce qui faisait hurler le chien du voisin à 22 H, à la campagne ça craignait à l’époque… Nous étions mal vues avec notre musique plein pot et les crachages nocturnes.

A J – 5 plus rien à manger et plus un centime. Mon arrière grand mère (l’autre) (mes parents étaient quand même juste à 200 mètres, chez elle) nous refilat donc en douce des parents heureux de nous prouver que nous ne pouvions pas nous débrouiller sans eux, des bocaux de lapins en sauce et de poulet en blanquette, trois pots de confiture + du pain destiné normalement aux poules, pour assurer notre survie (dieu la bénisse cette sainte femme qui rigolait bien !).

Consternation des parents : nous nous en étions sorties. Des mitaines aux mains pour gribouiller notre journal avec des coeurs partout tous les soirs, en écoutant Demis Roussos sur mon « toune disque » + les beatles. Question des neveux et nièces : c’est quoi un disque et pourquoi il tournait ? Renoncer à expliquer.

On essayait de se faire belles en copiant les stars d’après guerre et Brigitte Bardot, à grand renfort de recettes de grands mères et avions ruiné notre argent en concombres… (je vous ferai un post excusif là dessus, vous aller rire, mais meilleure amie est OK pour se ridiculiser avec moi (je précise c’est important)

A partir de ces vacances là, nous avons squatté la maison des arrières grands parents régulièrement. Nous maitrisions les poêles à mazout ou à charbon, et courageuses, nous nous lavions au jet d’eau (à Pâques c’est super), dans la cour, ignorant que le vieux voisin nous mattait. Nous avons été dans cette maison, les plus heureuses jeunes filles du monde, avec que de l’espoir et des certitudes…

Comme me l’a dit un jour meilleure amie : qu’est-ce qu’on étaient heureuses. Et on ne le savait pas (c’est le problème du bonheur qui est souvent le passé…) Car après quand on sait, c’est que la vie n’est qu’un long calvaire…

Ca ne se dit pas…

Ce_ne_se_dit_pas_53272481Me voici revenue avec mon troisième énorme bouquet de muguet ce premier samedi de vacances. Ce n’est pas le tout, mais avec tatie chérie, maman, nous en avons laissé plein ! donc on va y retourner demain, après demain, et tous les jours de la semaine à venir, voire même après, jusqu’au moment où le muguet aura terminé sa pousse.

Je rassure les écologistes : on en laisse toujours assez pour la reproduction, d’ailleurs cela fait 5 générations que nous ramenons des brouettes de muguet des mêmes endroits et il pousse toujours, voire même de plus en plus, il s’étend, il gagne du terrain.

Je descend de voiture rentrée chez moi, avec mon chou fleur à la main et ma voisine sur son balcon, cette innocente, me demande où je ramasse cette manne merveilleuse. Mon sang se fige, mon sourire aussi sans doute.

Une place à muguet « ça ne se dit pas« . C’est comme les places à champignons, ou autre…

Pour ceux qui connaissent « Jean de Florette » et « Manon des sources », vous savez déjà que dans le midi « une source ça ne se dit pas« . C’est comme plein de choses…

J’ai été élevé dans un milieu plutot rural. Et bien chacun avait ses places. A muguet, à jonquilles,  à morilles, à girolles, à cèpes, trompettes de la mort, mousseron, etc… Nous ramassons beaucoup les champignons dans la famille et c’est une chance pour le père d’Albert que je ne lui ai jamais fait de fricassée d’ammanite mortelle (dieu sait pourtant que j’y ai songé, mais je n’ai pas l’âme d’une tueuse).

Seulement une place à n’importe quoi « ça ne se dit pas ». Et il a fallu que j’atteigne l’âge de raison pour que mes grands pères m’emmènent avec eux pour apprendre l’essentiel « ça tu n’y touche même pas » « ça c’est un bon »… Après avoir exigé de moi le secret solennel et mon silence absolu sur la place qu’ils allaient me faire découvrir…

Le père de Mrs Bibelot sachant qu’il n’arpenterait plus les bois, me demanda un jour de l’emmener pour qu’il me montre ses places, afin qu’elles ne se perdent pas. J’en suis encore émue. Il m’a tout montré. Mrs Bibelot sa fille étant en vacances, il m’avait choisie moi, pour me montrer le secret de famille qu’il tenait de son père qui lui-même le tenait du sien…

J’avais le droit de les montrer à sa fille à l’occasion, mais à personne d’autre

Une place ça ne se dit pas. A personne…

Pareil avec le pêcheur. Question stupide « ça mord ? ». Si ça mord il ne va pas vous le dire, il n’a qu’une trouille c’est que le lendemain il vous trouve à sa place. Non, il est juste venu se détendre avec une canne à pêche en mettant une banane au bout de l’hameçon pour que les poissons lui foutent la paix… Ca ne mord jamais c’est désespérant…

Idem avec le chasseur. « Ca donne ? ». Non il n’y a plus de gibier, les agriculteurs tuent tout avec leurs pesticides. Il aère juste son fusil qui s’encroûte à la maison et il tue le temps qui passe. Il sortira son carnier plein de la voiture, à la nuit tombée, hors d’un regard indiscret. Non mais !

A l’agriculteur qui cultive encore, inutile de lui demander si c’est une bonne année. Ce n’est jamais une bonne année. Ca aussi ça ne se dit pas… Par contre 1976… Ah 1976, ça c’était une sacrée année. Sauf qu’en 1976 il n’en a rien dit ce rat.

Je suppose que c’est la même chose avec la vigne qui ne donnera jamais aussi bien qu’il y a 5 ans, et même secret sur le rendement de la culture du chou en Finlande (faut suivre) qui n’égalera jamais celle de 1956 quand on n’était même pas né…

Tout ça pour vous dire que je ramasse mon muguet où je veux d’abord, mais que vous ne saurez jamais où… J’ai bien proposé à Dame Vénézia si elle a l’occasion de venir une fois avec moi, mais c’est bien parce que c’est elle et que je m’en vas brouiller les pistes et bien la perdre…

Une place : « ça ne se dit pas« … Je pense qu’il y en a certain « à qui ça parlera »…