Les super vacances en Crête

Je vous ai déjà parlé des départs en vacances il me semble, maintenant, telle la Comtesse de Ségur voici les vacances, pas toutes bien sûr parce que…

Il y a dans ma vie les supers vacances en Crête dont les filles et moi gardons un souvenir ému… J’ai l’autorisation de Pulchérie de parler de cette histoire mémorable.

Divorce réglé, argent de la communauté touché, je décide d’emmener les filles en juillet passer deux semaines dans un club de vacances en Crête. Surprise…

J’avais choisi un club avec un club enfants, pour pouvoir me détendre sans avoir constamment les filles sur le dos, et surtout excursionner sans elles, gardant des souvenirs émus des excusions imposées par Mrs Bibelot quand j’étais petite (je détestais). Et ce club très précisément pour faire du parachute ascensionnel au dessus de la méditérannée…

Arrivée au club après un voyage éprouvant (et surtout très long, comme tous les voyages), chambre super, dîner super, gens sympas, tout va bien. Les filles sympatisent avec un garçon dans leurs âges, du coup les parents et moi avec… Un groupe se forme déjà qui le restera jusqu’à la fin, c’est comme cela l’humain…

Premier matin où tout le monde débarque en pensant « premier jour de vacances »  : démission du responsable du club enfants. Pas de club enfants donc. Le zodiac destiné aux parachustistes tombe en panne à 11 H 30 alors que je vais m’inscrire : il ne sera jamais remplacé (comme le responsable du club enfants). Arrivée d’un nouveau cuisinier : le buffet crétois typique se comporte de vagues tzatzikis et tomates fêta + du porc à toutes les sauces (nous nous sommes beaucoup balladés dans l’île sans jamais voir un seul de ces animaux), avec de la purée, des pâtes et quelques tomates… Desserts à l’anglaise : de vagues gelées et mousses diverses… Déception de beaucoup : on se croiraît au Saufitelle.

Le prix des excursions n’est pas celui annoncé par l’agence (tout le monde s’insurge mais les prix ne baissent pas), et il me faut payer en plus (ce qui n’était pas prévu au départ, pour tous les parents idem) pour les filles (qui n’ont pas de club enfant…)  qui du coup sont toute la journée avec moi. Elles préfèrent la piscine à la mer ces enquiquineuses, j’aurais du mal à de temps à autre aller me tremper dans la grande bleue… (avec deux martyres de la mer à mes côtés, préférant faire splatch dans la piscine sous prétexte qu’elles détestent le sable et que la mer c’est salé…(le chlore ne les dérangeant pas))

3 jours après l’arrivée tout le monde tire la tronche : rien de ce qui était annoncé de bien ne fonctionne. Les groupes se soudent (les français contre les belges en règle générale, allez savoir pourquoi eux on leur fait des frites alors que nous voulons manger crétois ! et qui eux s’amusent bien). Je suis la seule femme seule avec des enfants, mais il y a d’autres célibataires toutes féminines. Nous nous organisons des promenades et excursions nous-mêmes. Certains attendent la fin des deux semaines avec hâte (c’est un comble) et tout le monde mitonne la lettre qui va être envoyée par tout le monde à l’agence, au retour… Nous découvrons que les belges pour le même prix ont droit à 3 semaines (bien fait pour eux, mais c’est d’une injustice flagrante). Puis je décide de faire l’excursion du siècle à Héraklion où nous passons la journée.

Les filles rouspètent parce qu’il faut se lever tôt. Le car c’est loooong… La visite des ruines du palais du Minautore les gaaaave profondément, les histoires mythiques crétoises elles s’en taaaapent. Déjeuner au restaurant où nous mangeons enfin crétois (« maman je préfèèèèère le porc ! »). Puis visite du musée d’Héraklion où va avoir lieu la séance « claques » que je retiens depuis le matin (j’avais tort, il valait toujours mieux débuter par elle, après j’avais la paix). Sur quelques photographies prises dans le musée, le visage des filles est un peu crispé, puis enfin, elles admirent un peu, et sont bien sages… Le retour en car se passe bien. Reste la soirée…

La veille au soir, nous avions longuement discuté entre parents des bêtises de nos enfants, pendant que les trésors jouaient dans la salle de jeux (importante pour la suite) où c’était donné et où ils dépensaient toute notre petite monnaie (quasi rien en Francs, car c’était bien avant l’idée même de l’Euro). Pulchérie avait remporté la palme des bêtises dans un éclat de rires général, mais j’avais bien senti que l’on pensait que j’exagérais (même pas…) sur ce coup là, les célibataires ne regrettant plus de ne pas avoir d’enfant…

La suite allait le leur prouver… Que je n’exagérais même pas…

Les filles on part en vacances !!!!!

Echaudée par un départ en vacances annoncé trop tôt (c’est quand dans une semaine ? C’est quand après demain ? c’est quand demain ? aujourd’hui on est demain ?), je préparais les valises en douce pendant que les filles faisaient de la soupe dans le jardin avec de l’eau, de l’herbe et un sac de plâtre oublié par le plâtrier (un saladier de fichu entre autres) sous l’oeil intéressé de la chienne et du chat, qui adoraient les inventions des filles (ils étaient bien les seuls à l’époque).

Les filles en voiture (leur cousine devant nous rejoindre le lendemain par avion avec billet « enfant voyageant seul » façon de parler tout l’équipage s’occupant de l’innocente), Albert un mouchoir à la main, me voici partie sur le coup de 18 heures avec la chienne et mes deux gamines pour faire 800 km et rallier les Saintes Maries de la Mer où mes parents prenaient pension 1 mois par an (toujours juillet, août ils ne pouvaient pas), et nous attendaient de pied ferme.

Albert devant nous rejoindre pour la dernière semaine. Après nous devions rallier une autre villégiature en bord de mer pour y passer 3 semaines et continuer à y martyriser les filles (avec sadisme, on l’aura compris).

Je ne vous parle pas des bagages encombrant le coffre de la grande voiture dont le réservoir faisait très exactement 81 litres (j’ai évoqué le sujet de l’obsession d’Albert avec le contenu exact du réservoir) : « tu n’auras pas à refaire le plein ma chérie ». Et dont le quart seulement du contenu était utilisé au retour (je parle des bagages, le réservoir ayant ses limites)…

Au bout de 3 km « quand c’est qu’on arrive, c’est long ! ». Que celui qui n’a jamais entendu cette phrase fatidique alors qu’il y a 800 km à faire, me jette la première valise (excepté ceux qui n’ont pas d’enfants bien entendu). Que celui qui ne l’a jamais prononcé en fasse autant (sauf s’il n’a jamais fait plus de 3 bornes en train ou en voiture…)

Ne pas déprimer du tout. Je me disait qu’il était 18 heures 05, qu’elles étaient crevées et qu’elles allaient dormir, ayant mangé avant de partir (la salade de riz et le riz au lait, ça plombe l’estomac). Une mère c’est toujours un peu innoncent et ce, jusqu’à un âge avancé.

Venait le moment où elles se demandaient qui prenait le plus de place à l’arrière et décidaient que c’était dégoutant que l’autre prenne plus de la moitié du siège. Coups de pieds, crêpage de cheveux, hurlements dangereux pour la concentration du conducteur. Eh non à l’époque le réhausseur n’était pas obligatoires, on se contentait de leur boucler une ceinture qu’elles débouclaient immédiatement (pas obligatoire, on renonçait rapidement).

Premier arrêt « claques » (j’étais une mère indigne) à l’entrée de l’autoroute au bout d’une demie heure, sous l’oeil horrifé d’un routier à qui Pulchérie tirat la langue (ce trésor…) Il fut encore plus horrifié sans doute à mon départ, car le lendemain elles m’avouèrent lui avoir montré leurs fesses au démarrage, ces petits coeurs.

Après, un grand calme miraculeux… mais j’étais intriguée par le fait que tous les conducteurs de camion que je doublais, ricanaient TOUS… En fait les filles s’étaient déculottées , et donc montraient leur petit cul cul à tout le monde… Un gosse qui pleure après le deuxième arrêt « fessée » n’est pas long à s’endormir, et nous voici arrivées sur le coup de minuit trente, et Albert rassuré m’aboyant dans l’oreille « à combien tu as roulé ????? » « Ben 180 il n’y avait personne sur l’autoroute » (exact, c’était en milieu de semaine vers le 7 juillet). Lui en effet se traînait à 50 au volant de la Mercédès sans doute ? et les radars ne pullulaient pas comme de nos jours… Moi j’allais toujours trop vite (6 H 30 pour 800 bornes avec personne sur la route, c’était honnête) (et ce n’est pas moi qui se fit prendre à 250 au lieu de 90 et condamner à rouler à bicyclette pendant 3 mois, ceci après notre séparation, ce qui me fit bien ricaner, (je sais je suis une garce immonde)).

Albert m’ayant quitté et le divorce ayant été prononcé, un peu à l’aise rapport à ce que j’avais touché, le juge ayant trouvé mes exigences normales, je les emmenais en Crète pour deux semaines, dans un centre prévu pour les enfants (on notera qu’elles étaient réellement martyrisées). Silence sur ce voyage, bouclage des valises en grand secret et réveil des filles au son de « on part en voyage dans 1 h » (et ne protestant même pas d’être réveillées de bonne heure) et direction l’aéroport où pour une fois elles furent sages, assises avec leurs petites robes et chapeaux sur les deux trois valises, et un peu angoissées de la disparition de leur môman, alors que j’allais me renseigner sur le retard de l’avion, les ayant confiées à un vigile attendri (pauvre naïf).

Dans l’avion elles furent un peu impressionnées le temps du décollage. Après elles eurent soif, faim, et envie de faire pipi toutes les 15 minutes (c’est rigolo les toilettes dans l’avion, et l’hôtesse qui donne du chocolat chaud et un croissant dès qu’on meurt de faim). Elles boudèrent les crayons de couleur et le papier offerts par une hôtesse aguerrie, et repérèrent tout de suite les copains qu’elles pourraient se faire à grand renfort de courses dans l’allée centrale. Pas de bol ils étaient dans un autre club, celui que j’eusse dû choisir, le mien se révélant pourri…

Mais cela c’est une autre histoire… Un enfant en avion ne risque pas de faire une phlébite lui, c’est moi qui vous le dit.

Je m’égare. Le « quand c’est qu’on arrive » est la phrase clef du départ en vacances, à renoncer d’y aller…

(Non mais sinon c’était des anges. Elles étaient juste vivantes mes petites puces que j’adore… Mais la vie n’est qu’un long calvaire)

L’autre semaine de vacances aux Arcs…

Bouder_moiLa deuxième semaine de vacances aux Arcs eut lieu avec le furoncle et son époux…

Quand Albert leur avait proposé cette semaine merveilleuse, je n’avais pas moufté, juste boudé dans la voiture au retour, car il ne m’avait pas consulté avant (crime impardonnable, mais c’était sa spécialité) La troisième semaine devait avoir lieu en amoureux, mais la société lui demanda d’aller voir ailleurs…

Je sentais que ce serait nettement moins folklo que la première semaine avec mon frère. Exit pétards, placards, engueulades, fou-rires…

A l’arrivée, généreux (le furoncle et son bubon), se proposèrent pour dormir dans l’entrée (avec les lits superposés que nous avions dé-superposés avec Albert un mois avant), pour laisser « aux jeunes », le canapé dépliant 2 places dans la pièce commune avec cuisine à l’américaine….

Dormir dans le lieu commun n’était pas sympa du tout… Le Furoncle débarquait à 6 heures pour commencer la tambouille du petit déjeuner « ne vous dérangez pas pour moi les enfants« … Heu ben non, on voulait juste faire 36 positions du Kama Soutra, tu ne regarde pas hein ? Albert était d’ailleurs totalement paralysé par la présence de ses parents à 3 mètres (moi aussi, ça tombait bien), qui eux, n’avaient aucune discrétion et en ont profité tous les soirs (et nous avec, mais sans aucun plaisir, on comprendra pourquoi…). Ce n’est pas mon frère et mon ex future ex belle soeur qui auraient risqué de nous voir débarquer à 6 heures… Entre jeunes finalement, on avait sû faire discret… Et pourtant nous avions tous les 4 fait crac crac à n’en plus finir… Là nonla vieille garde se foutait bien de nous faire profiter de leurs ébats !

A 7 heures tapantes le beau père débarquait, dûment douché (aussi discrètement que pour le reste), rasé, au son de « alors les jeunes, aucune santé, la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt ! ». A la montagne en janvier c’est l’idéal de se lever tôt : il fait nuit noire… Albert n’osait rien rétorquer (ce rat) et j’étais bien obligée de me lever pour faire le lit, alors que je suis depuis toujours dans le coltard avant 8 heures du matin…

« Ah il faut secouer la literie par la fenêtre ma petite Coraline » « chez nous on l’a toujours fait » (le « chez nous aura son post exclusif »)…

Je sentais bien que cela lui faisait peine de m’avoir fait chauffer de l’eau à part pour mon thé alors qu’ils buvaient tous les trois du café. Sa consternation restait grande de me voir mettre du lait dedans « chez nous on n’aime pas le lait » (donc dépense inutile) Albert essayait de mettre de l’ambiance, vainement, je ne l’y aidais d’ailleurs pas vraiment… Elle jacassait courses, déjeuner, dîner, économies à réaliser « tout est hors de prix ici »… Etc… Puis Albert chaussait ses chaussures de ski, entraînant ses parents. J’allais me repieuter et il le savait bien, puisque le rendez-vous était fixé à tel restaurant d’altitude à telle heure bien tardive. J’avais bien le temps de les haïr (tous, un miracle que les filles soient là)… Lui m’enviait de me recoucher en douce dans des draps non secoués par la fenêtre (parce qu’évidemment je n’avais pas obtempéré) sans ses parents à proximité (bien fait !)…

A partir du rendez-vous c’était le Furoncle admirant son fils skiant « regardez le mon fils » « qu’il est beau mon fils » « qu’il skie bien mon fils », le beau père qui avait du mal à respirer et mal aux yeux, et ne comprenant pas qu’à moi aussi il me faille des lunettes protection 500 « à votre âge ». Ma seule vengeance : lui avoir donné la canette de bière qu’il me réclamait (sans dire « s’il vous plaît ») en l’ayant secouée juste un petit coup : entièrement aspergé le beau père. Albert sur ce coup là fut très bien « c’est normal, c’est l’altitude… »

La nuit tombe vite. Personne pour se planquer dans un placard. Nain jaune obligatoire. Autant c’était marrant avec mon frère et sa future, autant là c’était glauque, tellement le beau père était radin (même au nain jaune). Le dîner le plus économique possible avait été concocté par le Furoncle, moi chargée par Albert de l’empêcher de tout faire brûler (sa spécialité)… Et puis en avant pour se coucher de bonne heure (car la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt), et à Albert et moi d’écouter grincer un sommier (interdiction de seulement lire, la lumière les dérangeait)

Je n’ai jamais de ma vie repris le travail avec autant d’enthousiame…

la vie n’est VRAIMENT qu’un long calvaire…

La semaine de vacances aux Arcs…

Jeunes_couples_53272341Cette semaine de vacances aux Arcs avec mon frère et ma (future et maintenant ex) belle soeur est un très bon souvenir. Nous étions jeunes et heureux et ne savions pas ce que l’avenir nous réservait.

On a vraiment rigolé, malgré les disputes des deux autres et le coup du placard, et on ne peut pas dire qu’Albert se soit franchement décarcassé pour trouver des acheteurs. Pas étonnant qu’après il ait vendu des aspirateurs…

Déjà le départ était marrant. Notre voiture surchargée, il fut décidé que ma belle soeur prendrait le volant pour le premier quart. Comme je suis malade à l’arrière, les garçons s’installèrent derrière et tout le monde nous regardait d’un drôle d’air. Mes beaux parents furent indignés d’apprendre la chose : chez eux c’était : les hommes devant, les femmes derrière… C’est sans commentaire…

Nous occupions nos longues soirées à jouer au nain jaune, au rami, ma belle soeur et moi surveillant les tricheurs potentiels (2 dans la salle), le scrabble on ne pouvait pas, le précédent locataire l’ayant jeté par la fenêtre. Je me demande toujours aujourd’hui, comment on peut se prendre de tels rires à jouer au nain jaune… C’est imparable dans ma famille…

Nous étions fauchés bien naturellement, mais nous avions réservé de l’argent « pour les courses » (après avoir épuisé ce que nous avions apporté), une soirée fondue et une soirée raclette au restaurant. C’était l’époque préhistorique de la vraie raclette que l’on racle vraiment, à chacun son tour, plus sympa à mon sens quand on n’est pas plus de 4, que l’actuelle raclette où tout le monde fait fondre en même temps (c’est mon avis et je le partage…) (seul inconvénient, en attendant son tour on picole un peu trop et on rentre comme on peut, mais en rigolant bien)

Il y avait un problème potentiel qui existait tout de même : la cigarette.

Albert fumait, mon frère et ma belle soeur aussi (moi pas encore, et pourquoi ai-je commencé ?). Elle très peu, et donc les « garçons » plus gros fumeurs, avaient l’habitude de piocher dans son paquet sans vergogne (dans son dos surtout). La clope n’était pas aussi chère qu’aujourd’hui rapport « sous qui rentrent/sous qui sortent », mais bon, ça l’agaçait la belle soeur, de retrouver son paquet vide alors qu’elle s’en serait bien grillée une et je la comprends désormais (fort hélas).

Comme deux gamines nous sommes donc allées, sous le prétexte que le lait allait manquer, acheter des pétards à mettre dans les cigarettes, au rayon « farces et attrapes » de je ne sais plus quelle boutique (on trouve de tout à la montagne, pas comme à Rampion). Je crois qu’au passage on a acheté également une ou deux cuillères qui fondent et un coussin qui pète. Quand on est jeune on fait n’importe quoi (je ne ferais plus cela maintenant… (hem))

Nous avons donc farci les cigarettes de Julienne de pétards, en faisant une petite marque invisible pour le non initié sur les cigarettes piégées.

Nous étions ravies, mais nous avons loupé la meilleure de la cigarette qui explose, car elle a eu lieu loin de nos yeux, ce sont eux qui nous ont raconté, sans avoir vraiment compris (devant nos airs innocents et nos « Oh ! ») ce qu’il s’était réellement passé…

Elle en avait marre de skier et avait décidé de rentrer. J’allais les attendre en boîtant (je vous rappelle que j’avais un genou en vrac, pour ceux qui suivent), vers 16 heures, toujours au même endroit, où elle me retrouva. Les « garçons » décidèrent de faire une dernière descente.

« Merde, c’est ton frère qui a mon paquet de clopes » me déclara ma belle soeur après leur départ. Pas grave elle pouvait en acheter un autre. Qu’elle planqua dans un placard… (évidemment 😇).

C’était la toute première des pétards…

Voiloù mon Albert et mon frère s’installant sur un télé siège, avec, je ne sais pourquoi un pauvre quidam qui avait décidé de rester AU MILIEU du télé siège. Il était donc CERNÉ par l’équipe de fer.

« Tiens constate mon frère, Julienne a oublié de reprendre son paquet de clopes qui est dans ma poche, on va pouvoir lui en piquer quelques unes. Je t’en offre une Albert ? Vous en voulez une Monsieur ? »

Le pauvre obtempère. 3 clopes d’allumées (sur le premier paquet on avait piégé un max parce qu’elle fumait peu).

  • Au premier PAF ! (Albert), le gars du milieu l’a regardé d’un drôle d’air. Albert s’est demandé ce qu’il se passait et a jeté la cigarette…

  • Le deuxième PAF ! (mon frère) a suivi à 2 secondes près, tétanisant définitivement le voisin du milieu (et les deux « garçons » aussi), on ne leur avait jamais fait ce coup là… Cigarette jetée à son tour…

  • Pour se remettre le gars du milieu a tiré un bon coup sur sa cigarette et le plus merveilleux PAF ! du pétard cigarette a eu lieu… (étoile des neiges…). Il les a quittés précipitamment arrivé à bon port, en les regardant curieusement. Ils ne l’ont jamais revu… (il s’est tôlé dans la descente et est resté coincé dans un placard après, du coup…)

La guerre des pétards a duré toute la semaine, avec à chaque vol de clope à la belle soeur un « putain, pourquoi tu n’en as jamais des qui explosent ? C’est quoi ce bordel ? » (ben c’est nous qui avons piégé les cigarettes avec Coraline et je sais voir la marque de la cigarette piégée banane !) (en plus ils n’avaient pas de chance, ils tombaient toujours sur une piégée).

J’ai dû tout avouer à Albert, quand, une fois rentré à Paris, il prit sa plus belle plume pour porter plainte auprès du SEITA… (c’est quoi ces explosifs, un nouvel adjuvant à la drogue dure ?)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Puisque c’est comme ça je me cache…

Dans_le_placard_57519927Cette histoire est 100 % authentique d’où la série « chroniques d’une vie ordinaire »… (c’est sans commentaires sur « la vie ordinaire »)

Albert vendait des appartements en kit aux Arcs (son premier emploi)… Vous savez, ceux des bronzés qui font du ski et que si tout le monde prend 12 heures de retard et bien Juniot il skiera en juillet dans 7 ans ?… (et comment qu’il balance le scrabble par la fenêtre).

Bref ce n’est pas drôle du tout. Albert devait passer 1 semaine par mois à la montagne pour vendre ses kits, pendant 3 mois.

La première semaine, comme nous avions un appart pour nous tous seuls, nous avons invité mon frère et ma future belle soeur à nous accompagner. Elle était ravie, elle qui était skieuse hors pair, et mon frère aussi (ravi) qui ne demandait qu’à le découvrir (le ski) (pour la deuxième semaine Albert avait invité son père et sa mère, et aurais-je la force de faire un post sur cette semaine inoubliable ?)

Déjà à l’époque mon frère et sa future s’engueulaient tout le temps (ça a duré un morceau de temps), mais nous ne nous en rendions compte que le dimanche midi chez le grand père (l’apiculteur) et l’après midi du dimanche. On pouvait espérer que le dimanche n’était pas un bon jour pour eux…

Arrivée dans l’appart : déjà bouderie : un seul lit de deux personnes et des lits superposés dans l’entrée. Comme Albert et moi vivions déjà ensemble (et donc pouvions crapuler à notre aise), nous leur avons donc cédé très gentiment le lit pour deux pour nous en faire un pour nous dans l’entrée en nous débrouillant avec les lits superposés que nous avons dé-superposés…

Premier petit déjeuner : mon frère ne mange rien le matin et il a tort, parce qu’il va faire du ski et que le petit déjeuner c’est super important… Première dispute « je ne mangerai pas » (des oeufs, du fromage blanc, des toasts à la confiture, des saucisses, etc…)  « tu mangeras ! », etc… Albert déjà un peu las… qui récupère les oeufs sur le plat de mon frère sous la table pour éviter le carnage… Il me faut reconnaître ici et maintenant que j’aurais aimée avoir l’autorité de ma belle soeur (ben oui je la considérait comme cela) car moi je suis genre poire qui déteste les conflits, si que cela aurait obligé mon mari à manger des oeufs sur le plat au petit déjeuner… Moi je n’ai pu obliger aucun de mes maris à RIEN.

Je débutais le ski avec mon frère dans l’école ad hoc, pendant qu’Albert partait avec sa future belle soeur (fallait bien que l’on se marie un jour ou l’autre). Le premier jour s’est bien passé, sauf que j’ai alerté le moniteur après une chute « j’ai cassé mon ski » « non c’est la sécurité qui a sauté mademoiselle« …(ça fait rêver longtemps après). Le lendemain je débute une crise de rhumatisme articulaire aigü dans le genou gauche (exit le ski et bonjour ma carrière d’emmerdeuse moyenne qui débutait).

Je m’en foutais un peu, la montagne que je découvrais n’était pas pour moi : la neige me donne mal aux yeux (je souffre de photophobie aigüe depuis ma plus tendre enfance), impossible de trouver mon équilibre sur les skis, quand je suis en haut j’ai le vertige (et mal aux yeux) et quand je suis en bas ça m’oppresse…

Bref, munie du diagnostic, les antibiotiques à haute dose qu’il me fallait sur ce coup là, je rentre à l’appart avec 7 ou 8 livres à bouquiner pendant que les autres skieraient. Il me fallait bien cela, j’ai été toujours bouquinovore.

Je végététais dans l’appart en lisant ce qui n’est pas abominafeux pour moi… En ayant prévenu tout de même que vu l’état de mon genou il ne fallait pas compter sur moi pour faire la bonne à tout faire…  Mon frère progressait très vite. « Sans aucun style » d’après Albert qui avait, lui, commencé à 5 ans, mais « il va vite et il n’a pas peur ».

Les voici donc partis un bel après midi, skier à trois : Albert le spécialiste depuis ses 5 ans, mon frère débutant mais prêt à tout, et ma belle soeur fortiche en ski également mais moins téméraire que les garçons… (d’après Albert, moi j’étais incapable de juger)

Je lisais un truc super quand tout à coup ça sonne  : j’ouvre : la belle soeur en rage, ça se voyait tout de suite…

  • J’étais avec les garçons, je les suivais, je suis tombée, ils ne se sont même pas arrêtés pour m’aider à me relever (elle pose ses skis dans l’entrée)

  • Vraiment des rats les hommes (elle enlève sa combinaison)

  • On se fait un thé ? (oui TU fais un thé)

  • J’aurais pu me blesser grave en tombant (dit-elle en buvant le thé). Ils n’en avaient rien à foutre, ils sont repartis sans m’attendre.

  • J’aurais pu me tuer…

  • Ah les salauds, je suis morte sous un pin et ils skient avec allégresse, tu vas voir comment ils vont être  joyeux en rentrant…

Là j’ai refermé mon livre.

  • Déjà Coraline, tu ne m’as pas vue du tout. Je ne suis pas rentrée. Où sont mes skis ? Je les planque sur le balcon… Ils n’y vont jamais ces rats…

  • Ton frère va se faire un sang d’encre, il sera bien temps, j’aurais pu crever sous le pin, je suis morte sous le pin… Bien fait pour lui, j’espère qu’il va en faire un ulcère

  • Si je mets ma combinaison sur le balcon ça n’est pas l’idéal, je peux t’emprunter ta valise ? merci, t’es un chou ! Hops je lave et je range ma tasse de thé (deux ça ferait louche)

  • Quand ils vont rentrer tu ne m’as pas vue hein ?

  • Où que je vas me mettre : tiens dans le placard : regarde j’y rentre tout bien…

  • (ouverture de la porte du placard) : j’y tiens bien, mais avec un tabouret ce serait plus confortable… Merci Coraline.

Et la voilà dans le placard à 16 H. A cette époque à la montagne le retour des skieurs a lieu vers 17 heures… Donc elle a poireauté pendant 1 heure et pendant 1 heure à ne rien faire qu’attendre, on cogite, surtout, je l’imagine très bien, assise sur un tabouret dans le noir d’un placard (le salaud, je le quitte, je prends le train de minuit, je suis déjà partie)…

Ouverture de la porte à 17 H pétantes, mon frère en tête, Albert levant déjà les yeux au ciel.

  • Coraline ? tu n’as pas vu Julienne ?

  • Heu non… pourquoi ?

  • Putain, elle fait chier ! elle est tombée, on l’a attendue, elle nous est passée sous le nez en criant je ne sais quoi…

Rien à répondre heureusement. La porte du placard s’ouvre et ma belle soeur en sort comme un diable de sa boîte. Pas le temps de dire quelque chose,  mon frère la pointe du doigt.

  • Je le savais que tu étais là !

  • Tu ne savais rien du tout pauvre crétin ! Je pouvais crever sur la piste, tu n’en avais rien à foutre !

  • Tu rigoles ? on t’attendait et tu nous es passée sous le nez en disant des  choses abominafreuses ! Je le savais bien que tu n’étais pas morte !

  • Tu t’en fous que je crève !

  • Oui, enfin non, mais là maintenant, tu peux retourner dans ton placard ça nous fera des vacances !

  • Où sont passés Coraline et Albert ?

  • Je ne sais pas, ils viennent de partir en claquant la porte

  • Faut qu’on les retrouve (surtout pas, mais si, ils nous ont retrouvé à la fondue du secteur)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on racontait ça au papa de la belle soeur, il souriait en disant  » je ne le la voyais pas comme ça » (et là sa femme levait les yeux au ciel, car des scènes père/fille, elle en avait eu sa dose)

Sinon on s’est bien amusés cette semaine là (me reviennent plein de souvenirs) et il faudra que je vous raconte comment je suis restée moi, deux heures et demie derrière une armoire… Rappelez-moi de le faire (si ça vous intéresse s’entend)…

La vie n’est qu’un long calvaire…

La grande réussite d’Albert…

Albert_repr_sentant_10079627Non je ne vais pas vous coller une photo des filles. D’ailleurs nous étions deux pour réussir ces purs chefs d’oeuvres…

Albert croyait qu’il était fait pour le commerce (mais il avait tort). Il avait fait une école spéciale. Il vendait de tout d’ailleurs, parce que la vente ce n’était finalement pas son truc et qu’il changeait de secteur régulièrement. (Pour découvrir un beau jour qu’il était fait pour être acheteur, quand il en a été à son je ne sais plus le combientième emploi)…

Il a vendu des appartements à la montagne (posts à venir) des aspirateurs, des je ne sais plus quoi d’ailleurs… Puis il rejoignit Jean Poirotte pour le seconder dans son entreprise (ne jamais travailler en famille, ce qu’Albert persista à faire en s’installant après deux autres emplois de nouveau infructueux avec son beau frère (et en plus ça rime))

Il était déjà avec Jean Poirotte, mais il lui restait 2 aspirateurs à fourguer ou pas quand un beau samedi, dring à la porte. Je me souviens qu’il s’emmerdait vaguement devant un match de rugby qu’il regardait parce que cela fait mec et que Pulchérie bien remise par sa sieste à elle, l’empêchait lui d’envisager une sieste crapuleuse (l’avait qu’à s’y prendre plus tôt)…

C’était l’époque où ils se promenaient à deux pour nous annoncer la fin du monde (maintenant qu’elle n’a pas eu lieu on ne les vois plus) Les témoins de Jéotruc qui refusent les transfusions et autres… J’ouvre la porte, Pulchérie charabiatant à mort accrochée à mes jupes mon caleçon bien moche du samedi « je glande ». Moi en voyant le couple je me fige. Pas le temps d’en placer une sur le « oh le beau bébé il est à vous ? » (non je l’ai emprunté à la voisine pour occuper mon samedi) que voici Albert prêt à les lourder gentiment j’imagine (restons civilisés).

Ben non, il les fait entrer et les installe dans le salon. Ils sont ravis. Ils ont tort. Mais généralement on leur claque la porte au nez sous un prétexte fallacieux ou pas et là, ils sont reçus. Ils sont coincés, ils ne sortiront pas comme ça… Mais ils l’ignorent…

Albert alla jusqu’à faire du café et à le servir avec des petits gâteaux qu’il trouva sans mon aide, pendant que je donnais le bain à la petite, ce qui me prenais un moment (c’est igolo l’eau maman). Ca blablatait ferme dans le salon (surtout Albert). Les témoins de l’apocalypse futur ignoraient qu’ils étaient tombés sur le bavard du siècle. Si si, il arrivait à me clouer le bec, c’est dire ! Je tends l’oreille, ça cause religion et bible et les malheureux ne sont pas sortis de l’auberge, même un jésuite ne tiendrait pas la route face à Albert… (alors que dire de bénévoles non formés à la dialectique, parce qu’un jésuite on peut dire ce qu’on veut, ça tient la route sur le plan conversation…)

Après le bain de Pulchérie qui charabiate (quelle hérédité a cette petite, c’est consternant), quelques rangements, je commence à préparer le repas en passant donc devant le salon et souriant hypocritement à un homme et une femme légèrement crispés, cela se sent nettement… Ils m’évoquent vaguement un insecte englué dans une glue quelconque et qui se débat désespérément pour s’échapper…

2 heures 60 minutes à discuter avec Albert. Tout ça pour quoi ? Je vous le donne en mille. Pour repartir avec un aspirateur VENDU À EUX PAR ALBERT sans l’avoir échangé contre une bible, ni surtout converti Albert… De dos, ils faisaient peine avec leur démarche anéantie..

On ne les a jamais revus… ils ont déserté le quartier… Je pense qu’ils se sont suicidés en rentrant chez eux… Ils l’avaient assez dit que la fin du monde approchait. C’était la leur…

La vie n’est pas qu’un long calvaire, j’étais morte de rire… Mais bon, Albert ne pouvait pas passer 3 heures à chaque client pour faire fortune dans les aspirateurs… D’où sa reconversion un jour sur les cours de la bourse.

Ou il découvrit qui était fait pour être acheteur, avec son beau-frère (ne jamais travailler en famille, je l’ai déjà dit…)

Car la vie est tout de même un long calvaire…

T comme Téléphone : moi, 2 filles et 1 seul téléphone

Adolescente_au_t_l_phoneEpoque préhistorique où le portable faisait une timide percée et où je me suis retrouvée dans mon appartement avec Pulchérie et Delphine en pleine crise d’adolescence et seulement une ligne et un téléphone.

Téléphone bien sûr avec cordon…

Je pensais que ce téléphone était ma propriété, puisque j’en réglais la facture. J’avais tort.

A la première sonnerie, bruit de cataclysme dans la chambre des filles (zut tout s’écroule), ouverture sauvage de la porte et double précipitation sur l’appareil à grand coup de « c’est moi ! » « non c’est moi connasse ! » (sinon elles s’entendaient bien et s’entendent toujours bien). J’arrivais toujours trop tard. Quand c’était pour moi, elles me tendaient l’appareil avec réprobation et retournaient faire semblant de faire leurs devoirs.

Malheur à moi si je m’attardais à compatir aux malheurs de Fernande pendant 2 heures. Regardant d’un oeil la télé et me jetant l’autre très noir, elles me faisaient bien comprendre qu’elles attendaient elles aussi éventuellement un appel, voire même plusieurs.

Cas n° 1, appel pour Pulchérie. Delphine retournait dans sa chambre éplucher un kiwi en claquant la porte (les voisiiiinnnnsss !!!!). Pulchérie utilisait un langage codé que je comprenais parfaitement, ayant eu le même avec ma meilleure amie, Mrs Bibelot n°2. Du coup l’ayant compris elle m’enfermait dans la cuisine, s’asseyait par terre, coincée par la longueur du fil (oui, ce n’était même pas un sans fil, ayant eu des déboires avec le premier, antique, j’étais contre), chuchotait à m’en faire rappeler les locomotives à vapeur de mon enfance, et raccrochait au bout de 2 heures. Elle trouvait donc le repas froid et sa soeur hystérique qui avait dû louper au moins 4 appels. S’ensuivaient des échanges délicieux dont les voisins pouvaient profiter (curieusement je ne les entendais plus s’engueuler…).

Cas n° 2, appel pour Delphine. Pulchérie retournait dans sa chambre potasser ses maths en claquant la porte. Delphine s’allongeait par terre et chuchotait à son tour, tout en changeant de position toutes les 30 secondes à peu près. A plat ventre, sur le côté en se grattant le pied, sur le dos les jambes en l’air, reptations illimitées, pour terminer les jambes en l’air appuyées sur le mur (d’où la photo d’illustration). Elle raccrochait au bout de 2 heures et retrouvait sa soeur hystérique et le repas froid elle aussi. Elle s’en fichait totalement, mangeant de tout, à l’époque, et dans tous les états. Bien évidemment elle rétorquait à sa soeur et en faisait profiter les voisins, mais je m’en fichais, le film ayant commencé.

Delphine était la championne toute catégorie du « je me précipite sur le téléphone sitôt rentrée à la maison », (comme moi jadis et cela tapait sur le système de maman, je ne me demande plus pourquoi).

A savoir que Delphine était partie pour le collège le matin avec Marine. Qu’elle y avait passé la journée, toujours avec Marine, qu’elles rentraient ensembles, l’autre habitant quasi en face, parlottaient 2 heures en bas de l’immeuble. Le temps de monter l’escalier, de se poser (compter 1 minute 60 maximum), elle se ruait sur le téléphone pour appeler Marine et commençait sa gymnastique.

Ayant besoin de l’appareil pour mon propre usage, j’étais dans l’obligation de tourner à la mère indigne et d’exiger un « raccroche immédiatement où c’est la baffe, j’ai besoin du téléphone », quand j’attendais un appel ou éprouvait le besoin d’en passer un.

Elles raccrochaient donc, l’une et l’autre me fusillant du regard et quittant la pièce avec un air de princesse outragée très au point. Je prenais donc le téléphone, m’apprêtais à décrocher quand drrriiiiinnnnng !

L’appel attendu ? Non Mrs Bibelot me signalant que ma ligne avait été en dérangement pendant 3 heures, où cela avait sonné occupé pour elle tout le temps. « Mais puisque je t’ai en ligne ma chérie »…

Les deux filles se rongeant les poings dans leur chambre…

1 téléphone par personne de sexe féminin, c’est un minimum…

Est venue l’époque du portable où seule Delphine demeurait à la maison (snif). Hors à l’époque appeler un portable d’un fixe c’était la ruine garantie. J’ai d’ailleurs reçu une note de 1 500 F un jour et demandé à France Télécom « j’exige des explications ». J’ai reçu la facture détaillée et crisé à la vue du nombre d’appels que Delphine avait pu passer sur des portables. Facturation détaillée donc, et achat d’un sans fil que je pouvais coder pour interdire l’accès à certains numéros (je n’ai jamais réussi à bloquer le fatidique 06, mais la facture a fait une chute libre quand j’ai précisé à Delphine qu’il y avait un espionneur de numéros composés sur ce téléphone).

Pas grave, munie du sans fil, quand on l’appelait, elle pouvait faire les pieds au mur ou la chandelle dans sa chambre pendant des heures, à l’abri d’oreilles indiscrètes (moi) (d’où la photographie d’illustration) jusqu’à complet déchargement des batteries.

Maintenant je n’ai bien évidement plus la facturation détaillée… mais tout de même, ma facture a dégringolé significativement après le départ de ma dernière fille…

La vie n’est qu’un long calvaire…

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui adore téléphoner

t_l_phone_r_troJe ne vous referai pas le coup des croisades. Une autre fois peut-être mais pour un autre sujet.

Donc nous avons laissé là Albert et sa phobie du téléphone pour rencontrer l’homme qui aime bien téléphoner. Comme une femme quoi et c’est lassant ! Usant ! Flippant !

C’est Charles Hubert m’appelant 15 fois par jour (au boulot c’est  mieux) pour me dire :

  • Rien de spécial (!)

  • Le facteur est passé, pas de courrier…

  • Au fait j’ai oublié de te dire… (liste non exhaustive de ce qui peut attendre le soir)

  • Comment ça je te dérange ?

  • J’en ai marre d’être au chômage et de devoir t’appeler à ton boulot

  • Je te prends des carottes râpées ? il n’y en a plus (ben il me les prendra de toutes manières)

  • Je viens d’avoir Pulchérie, elle te rappelle au boulot. Ah tu es déjà en ligne avec elle ? Je voulais juste te prévenir

  • Rien sur les petites annonces Internet. Ah je te dérange encore ? On voit bien que tu ne sais pas ce que c’est qu’être au chômage (ben si j’ai su)

  • Comment on fait avec l’aspirateur ? Le brancher ? Oui bien sûr…

  • Qu’appelle-tu exactement : passer la serpillère dans la cuisine ? J’ai pris un torchon et le balais, c’est un peu mouillé mais quand tu rentreras ce sera sec. Quel produit ? Non j’ai juste pris de l’eau

  • Le chat n’arrête pas de miauler je ne sais pas quoi faire. Non il n’a pas l’air malade.

  • Toujours rien de spécial

Le pire c’est l’accro du téléphone au boulot. Il a 3 portables (?) et sa ligne fixe sur laquelle je peux lui transférer ses appels. S’il pouvait se faire greffer un portable à la place du bras gauche, il serait volontaire pour l’expérience (sa femme s’insurge et ses gosses aussi).

Mon ancien patron qui depuis à pris sa retraite (Dieu soit loué, Allah agbar (ne pas me reprendre sur l’orthographe je ne maîtrise que 3 phrases en arabe et non écrites), par Toutatis et tout le tralala)) ne pouvait absolument pas se passer de son portable. Il m’appelait pour un truc bien sûr supra urgent, et passait sous mes yeux éberlués tout en continuant à me causer dans le téléphone : en fait il avait décidé de m’appeler alors qu’il se garait en bas des locaux de la boîte, ne pouvant attendre 15 secondes pour me dire le truc urgent. Et moi le croyant loin, et le voyant passer « au secours le v’là ! Pitié ! A l’aide ! » (je goupillais ses voyages pour qu’il parte bien tôt et revienne bien tard, il s’est toujours étonné de la surcharge dans les trains, avions et autres, à des heures décentes).

Le collègue aux 3 portables avait une spécialité : il filait dans le stock pour vérifier un truc urgent également (c’est toujours urgent, un jour la terre s’arrêtera de tourner) en oubliant ses portables qui bien évidemment en son absence vont bourdonner comme des malades (il aimait bien le mode vibreur pour s’épargner les tympans quand il était déjà en ligne), sauf pour un qui reproduisait l’antique sonnerie du téléphone des années 60 : drrrrrinnnnnng !). Remontant pour prendre connaissance de mes nombreux messages sur le fixe, il prenait connaissance des autres et était in-joi-gnable pendant le reste de la journée. Pour une chantier à 1 million d’Euros, je pardonnais , pour un joint à 10 je m’insurgeais .

Pour le devis à 1 million à traiter en urgence, il était injoignable, ses trois portables me renvoyant sur le répondeur « déjà en ligne ». Il n’avait que deux oreilles et deux bras, à moins que quelque chose ne m’ait échappé.

A la maison (donc on quitte mon chef, et mon collègue déjanté) c’est l’homme qui se précipite sur le fixe (conservé au caz’où) avant nous, ce qui est humiliant parce qu’il nous coiffe toujours au poteau. Pour raccrocher au nez de notre meilleure amie : il attend un appel important rapport à son chantier en cours alors n’est-ce pas…  Qu’elle rappelle dans deux mois… Et son portable bourdonne jusqu’à 23 heures et dès 7 heures du mat.

On reprend le téléphone fixe quand il est parti forer la mer du nord à la recherche de pétrole (original), pour découvrir qu’on en a perdu le mode d’emploi (c’est ballot, mais il a acheté le plus compliqué qu’il pouvait, à lui aucun téléphone ne résiste)

C’est diabolique un homme qui squatte le téléphone…

Et la vie n’est qu’un long calvaire

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui n’aime pas téléphoner

Moyen__geIl y a eu toute une longue histoire sans téléphone. Maintenant on n’imagine même pas que cela ait pu ne pas exister, alors que si l’on regarde de près, dans l’histoire humaine, on vient juste de le découvrir.

Au moyen âge par exemple, Tristan s’en allait pour les croisades en abandonnant Iseult la blonde qui n’attendait que peu de nouvelles, car Tristan devait faire appel à un chevaucheur pour la joindre la poste toute bête n’existant pas non plus.

A savoir que parti depuis 4 mois du Pas de Calais et enfin arrivé à Aigues Mortes pour embarquer vers une terre sainte, Tristan réalisait qu’il n’avait pas dit l’essentiel à Iseult. Il dépêchait donc un chevaucheur à la belle et n’attendait que peu de réponse :

  • Parce que le chevaucheur pouvait croiser une épidémie de peste et s’arrêter là

  • Parce que le même pouvait très bien ne jamais arriver à bon port, les routes n’étant pas sûres (exit le doux billet « ma doulce amie je vous aime » piétiné par un brigand)

  • Parce que si le chevaucheur arrivait à bon port, la réponse d’Iseult (« moi de même mon bel ami, j’ai grande crainte pour votre vie et vous attends avec hâte » (bête en plus la belle, comme s’il pouvait revenir comme cela) pouvait ne jamais parvenir à Tristan pour les raisons suivantes :

  • Parce que Tristan avait laissé une indication vague au chevaucheur « je serai avec les armées du roi » et que le chevaucheur enfin arrivé à bon port au bout d’un an, comme tout homme qui se respecte se refusait à s’enquérir du chemin à suivre. Sinon il aurait sû que Tristan était coincé en crête suite à un détournement de navire et que le roi l’attendait justement et pouvait se charger de la missive.

  • Parce que les dangers étaient les mêmes pour le chevaucheur au retour vers Tristan, avec le courrier précieux (peste, bandits de grands chemin)

Sur l’image c’est Tristan qui revient des croisades au bout de 7 ans, et Iseult en cloque pour la 4ème fois du baron pas fou qui, lui n’était pas parti et lui a fait une cour assidue (Iseult à cédé : le chevaucheur n’était pas arrivé).

Aujourd’hui les routes sont sûres (qu’on croit), et une histoire pareille est à dormir debout, parce qu’il y a le téléphone !

Tristan ayant pris le TGV vous appelle de Marseille (Aigues Mortes est dans les terres maintenant, rapport au Rhône capricieux et son delta) 5 heures après être parti et vous hurle dans les tympans « Je t’aime, j’arrive !). Ceci pour le cas où il n’aurait pas de portable, sinon tout le wagon aurait profité de son amour fou (se déclarant au départ du train et il est coincé dedans jusqu’à Nîmes).

Albert était un champion toutes catégories du « j’aime pas le téléphone ». A notre époque lointaine, il n’y avait que le fixe qu’il décrochait le moins souvent possible. D’ailleurs je m’en chargeais, comme toutes les femmes j’adore le téléphone (sauf au bureau bien sûr, mais c’est pour moi du passé). Et puis, toujours à cette époque lointaine, pas de signal d’appel, pas de sans fil : qui appelait c’était toujours la surprise, et on était coincés sur une chaise l’engin fiché dans l’oreille tout le temps de la conversation.

Parfois Albert était obligé de décrocher l’appareil, moi étant prise ailleurs (tétée, change, bain du bébé, toutes choses qu’on ne peut pas lâcher sur l’heure pour se ruer sur l’engin, les escalopes pouvant bien brûler). Au son de sa voix je savais que cela pouvait être ma mère (une heure, occupes toi des escalopes), ma meilleure amie (deux heures, va voir les escalopes), une copine déprimée (nuit foutue les escalopes aussi). Il haussait le son de la télévision régulièrement pour me rappeler à l’ordre et me demandait exaspéré après raccrochage « mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à dire pendant des heures !!!! (alors qu’il avait tout entendu)

Parfois il tombait sur son père. S’ensuivait une conversation extraordinaire et grandiose :

  • « Ah papa ! Ca va ?

  • « Ca va et toi ça va ?

  • « Ca va

  • « Bon bah tant mieux, tiens je te passe ta mère »

S’ensuivait un long calvaire pour Albert qui subissait sa mère et essayait de me la refourguer malgré mes dénégations fanatiques (j’aime bien parlotter au téléphone mais pas avec belle maman).

S’il m’appelait c’était pour une urgence extrême : guerre nucléaire, alerte au cyclone, préavis de peste bubonique ou pulmonaire. Sinon, il ne voyait pas l’intérêt du téléphone… Donc il ne s’usait pas l’oreille (sauf quand il agonisait dans son lit et que j’avais eu l’audace de le laisser seul pour aller bosser. Là il pouvait m’appeler 15 fois pour que je suive l’évolution des symptômes et rapplique avec un prêtre)

Il paraît qu’il a un portable maintenant (dixit les filles). Moi j’y crois pô…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand Charles Hubert a essayé de me tuer : la vengeance…

Et voilà ma vengeance…

Oh bien sûr, cela vous semblera une vengeance moins forte que ce que j’aurais pu faire, mais c’était néanmoins, une bonne vengeance…

Charles Hubert s’était réfugié chez sa mère, au son de « oh non pas chez ma mère, elle est encore plus chiante que toi ». On ne fait pas plus aimable, mais je m’en fichais complètement… De chez sa mère, il avait pris le contrôle de sa boîte mail à elle, il m’envoyait des mails délirants comme il l’étais lui-même… cela allait du : « Mon diabolos mon diabolos, je veux le voiiiir», Au « vu ma nouvelle situation, je me demande, si tu t’amuses bien avec tes copines »…

Quelles copines ? Je me le demandais bien… Et puis il a trouvé un appartement, s’est acheté un nouvel ordinateur, et s’est ouvert une nouvelle boîte mail… Là il m’a fallu trois minutes pour trouver son mot de passe dès que j’ai eu son adresse. Et j’ai attendu…

J’ai d’abord suivi les échanges intéressants qu’il avait avec sa mère… Comme j’avais demandé le divorce, il refusait de me voir lui refuser une prestation compensatoire, que je ne lui devait aucunement (la prestation compensatoire étant destinée en fait , à compenser une baisse significative du niveau de vie). Puis il a reçu un mail de belle maman lui déclarant que (nous étions mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts) :

« J’ai vu l’avocat de ma boîte, qui m’a assuré que tu avais droit à la moitié de tout absolument tout, la moitié du lit, la moitié de la vaisselle, la moitié des meubles, etc. »…

Bien évidemment c’était totalement faux, et je n’ai rien dit avant notre premier rendez-vous chez notre avocat commun, qui était un ancien de chez mon avocat tordu…

Qui s’est évertué à lui faire comprendre qu’il n’y aurait droit à aucune prestation compensatoire… Peine perdue… C’est alors que j’ai déclaré que du coup je lui réclamerai la moitié de ses indemnités de licenciement qui tombaient dans la communauté

De plus j’avais lu dans un e-mail de belle maman, qu’elle le mettait en garde sur une éventuelle réconciliation avec moi « Pari a du être pris avec les copines, pour qu’elle te ramène chez elle »… vous avez l’explication des copines, ce que j’ai eu moi aussi… D’où son air stupéfait lorsque j’ai demandé à partir, l’avocat devant encore régler une ou deux choses concernant les modalités du divorce, que j’avais moi accepté.

Et puis le divorce a été prononcé, j’aurais dû ne pas lâcher sur ce qu’il me devait, mais j’étais tellement pressé de me débarrasser de lui que j’ai laissé tomber… (je le regrette aujourd’hui mais bon…)

Entre-temps, j’avais lu tous ses mails, je savais qu’il s’était rendu aux États-Unis pour y revoir son américaine, et qu’il s’était fait jeter comme un malpropre ! BIEN FAIT !

Il en revenait d’ailleurs au moment de ce rendez-vous avec l’avocat… D’où son abattement certain (hé hé hé).

Et puis je me suis mis petit à petit, à retirer tous les spams de sa boîte mail (il n’y faisais évidemment aucun ménage, cela ne lui était jamais venu à l’esprit d’en faire chez lui, ou chez nous, alors faire le ménage dans une boite mail…) plus un ou deux messages, par-ci par-là… Manque de pot un jour je m’étais connectée en même temps que lui. mais tout ce que j’ai pu lire lendemain était qu’il avait eu un spyware, et qu’il fallait le contacter désormais chez voilà, ou je n’ai eu aucune peine à me reconnecter, puisque je connaissais ses trois mots de passe…

J’ai attendu qu’il annonce à sa mère il partait en week-end, et là j’ai tout vidé dans sa boîte mail principale et l’autre… J’ai tout retiré absolument tout, y compris son carnet d’adresses, ses favoris, tout absolument tout ! Le problème était qu’il avait tellement de spams que j’ai mis plusieurs heures à tout vider et que juste avant son retour, il y en avait déjà une bonne dizaine…

Le lundi soir j’ai éclaté de rire à nouveau en lisant son mail affolé à son deuxième serveur : « J’ai eu un problème, pouvez-vous me dire ce qui s’est passé, et êtes-vous aussi responsable de Yahoo ? ». Là ils lui ont répondu un très long texte pour lui expliquer comment récupérer ses mails… ce qui était peine perdue évidemment, mais je me l’imaginais très bien désemparé et j’en rigolais toute seule…

Cela a duré quatre ans, quatre ans au cours duquel j’ai appris qu’il avait eu un enfant, ce qu’il faisait (toujours mal)… régulièrement, je vidais à nouveau sa boîte, incomplètement parfois ou complètement… et il faisait toujours la même demande, affolé…

J’ai pu constater que j’avais vraiment épousé un sale con ! Je vous passe les détails de la manière dont il s’est fâché avec son père, avec son frère, etc… c’était un grand malade, et je plains sincèrement sa femme…

Car j’ai de plus découvert qu’il était homosexuel, retrouvant dans ma cave des revues porno gay… Son désir d’enfant avait été le plus fort, mais après,avoir eu deux fils il a pu s’abandonner de nouveau à son vrai penchant.

Ce n’est qu’au bout de cinq ans, qu’il a enfin changé son mot de passe… (Toujours rapide…)

Je n’ai bien évidemment plus de nouvelles de lui, depuis qu’il m’a appelé au bout de 20 mois en me demandant à venir récupérer encore des affaires à lui que j’avais jetées avec un bonheur évident vu que je ne devais les garder que 18 mois.

Déjà que quand il m’avait dit « c’est Charles Hubert»je lui avais rétorqué : «QUEL CHARLES HUBERT ?»… Il m’avait précisé après une minute d’hésitation, «bah ton ex mari » Et c’est là que je lui avais annoncé en rigolant qu’il ne retrouverait plus rien chez moi sauf peut-être son précieux flacons…

Je l’ai entendu retenir son souffle, s’étrangler même, et j’ai raccroché.

bien sûr cela doit vous paraître bien faible par rapport à ce qu’il m’avait fait, mais j’ai passé cinq années délicieuses à lui pourrir la vie…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…