La lecture de l’horoscope….

Zodiaque_BC6335_001Un samedi ordinaire chez mes parents (il y a hélas très longtemps déjà ☹️) lecture de l’horoscope pendant l’épluchage des patates.

Ca tombe bien, il y a du monde et personne n’est du même signe. Dans la cuisine, bélier, taureau, gémeaux, lion, vierge, balance et sagittaire.

Pulchérie entame la lecture en commençant par son grand père (bélier). Elle est au centre de la page : elle est le signe de la semaine, elle se garde donc pour la fin.

  • BELIER  : Amour : « attention à l’esprit volage qui partage votre vie » (regard en coin vers Mrs Bibelot qui ne suit pas, comme d’habitude). « Ailleurs l’herbe n’est pas forcément plus verte » (faudrait savoir). Travail (il est à la retraite) « la semaine a été difficile, la  prochaine vous verra plus détendu et plus reposé ». Forme : faites de la danse. (Tout le monde s’esclaffe sauf Jean Poirotte qui n’a plus les vertèbres nécessaires pour faire des entrechats et qui le regrette)

  • TAUREAU (moi) Amour : « tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour peu que vous sortiez un peu » – Tu vois maman tu vas rencontrer l’amour de ta vie c’est écrit là, hein Delphine qu’il faut qu’elle sorte plus ? La soeur répond, on perd un temps fou sur les avantages et inconvénients du coup de pied dans un buisson pour en faire sortir 10 (hommes) ou de la fréquentation assidue d’un pub après le boulot. Travail : « semaine calme » (quoiiii ?), « vous prenez des forces pour la suivante » – Et tu te plains d’être fatiguée, tu exagères comme d’habitude… Forme : « rien à signaler » (alors que je sors de chez le dermato et que je me trimballe une brûlure énorme sur le front et un oeil poché. J’en rajoute, c’est écrit que je suis en forme, que j’arrête avec mon oeuf de pigeon sur le front même si c’est vrai qu’il est moche.

  • GEMEAUX (Mrs Bibelot qui est parti chercher de l’ail, donc on va passer à Delphine). BALANCE : Amour : « des désaccords avec l’être aimé, envisager une séparation temporaire pourrait s’avérer nécessaire ». Gendre n° 2 fait la tronche et s’épluche le pouce gauche, la frangine aussi, mais Pulchérie persiste : l’horoscope c’est quand même important, c’est une tendance. Travail : vous manquez d’assiduité, remettez vous à l’ouvrage avant qu’il ne soit trop tard. Tête de Delphine qui planche déjà ses partiels. Sa soeur insiste : elle a tendance à glander, c’est écrit là. Forme : couchez-vous de bonne heure (on a dit qu’elle planchait et généralement les étudiants planchent la nuit, c’est comme ça.)

On ne saura jamais si la semaine des gendres avait été conforme aux prévisions, Pulchérie veut lire son horoscope de la semaine presque terminée pour vérifier que tout était bien bon. Elle est le signe de la semaine, zut alors…

  • SAGITTAIRE. Amour : « tout va pour le mieux dans votre petit nid douillet » (c’est parfaitement exact hein mon namour ?). Travail : « vous prenez votre ouvrage au sérieux, la réussite vous guette » (hé hé, je le savais). Forme : malgré vos multiples imperfections dont vous devrez faire abstraction (on ne saura jamais la suite)

Elle referme subitement le magasine d’un coup sec, le visage figé, le regard qui tue : « comment ça mes multiples imperfections ???? ils se foutent de notre gueule, tous des cons dans ce magasine !!!« 

L’horoscope si vous voulez son avis (et le mien), c’est de la daube….

HI HI HI !

La vie n’est pas toujours un long calvaire…

Les aventurières… (2)

Les ENFIN aventurières du Rio Grande (et toc papy), avaient le matin, plein de choses à nous dire.Cela allait d’un bruit qu’elles avaient entendu mais pas la chienne, du coup elles n’avaient pas peur, et allaient voir avec la lampe de poche, pour découvrir un hérisson, en passant par la nuit des étoiles, où elles étaient ressorties de la cabane en douce pour regarder un aussi beau ciel et faire des voeux.

Et puis LA découverte, un beau matin. Il faisait grand jour, et il y avait un petit trou dans la porte de la cabane, qui ne laissait pas passer que de la lumière.

Grande excitation au petit déjeuner (vers 10 H, les filles sont aussi matinales que moi) :

  • Tu sais maman, sur le « mur », en face du trou de la porte de la cabane, nous avons vu l’image de la porte du sous sol et de l’arrière de la maison !
  • Mais à l’envers maman !
  • Fallait se mettre juste au bon endroit qui changeait tout le temps, mais on étaient certaines que c’était bien l’arrière de la maison que l’on voyait !
  • Mais à l’envers maman !
  • C’ETAIT QUOI ? UN MIRAGE ?

Et bien mes aventurières, c’était ce qui avait permis d’inventer la photographie… C’était bien l’image inversée de l’arrière de la maison qui se reflétait via le soleil, sur le « mur » d’en face le petit trou… Et c’est parce que le soleil change tout le temps de place que la terre tourne, que le bon endroit changeait tout le temps…

Pour bien expliquer le principe de la découverte, il a fallu ressortir les « tous l’univers » et pour une fois, faire un petit cours en révisant (chut !) en étant certains d’être écoutés.

Mais quelle horreur pour elles que de constater que pour leur grande découverte, quelqu’un était déjà passé avant elles !!!

J’avais ressenti la même déception en découvrant le pouvoir de la vapeur (en me brûlant, on connait mes dons innés), mais que Denis Papin avait fait la même longtemps avant moi et que le brevet avait été déposé depuis longtemps…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les aventurières… (1)

C’était l’époque où de sombres maléfices m’avaient amenée avec mes filles chez mes parents. Au départ c’était pour 3 mois, nous y sommes restées 4 ans…

Cette année là (la la la), j’avais les filles au mois d’août et Albert pour le mois de juillet (moins une semaine sur la fin). C’était un bel été plein de promenades en forêt, au cours desquelles les filles jouaient les aventurières (pour les aventures en forêt, ce sera un autre post).

Dans le jardin de mes parents « leur » cabane, apportée par le père Noël avant qu’Albert ne décide de cesser d’hiberner avec moi. Cette cabane de jardin classique, en pin, avait été déménagée, et ne servait pas à grand chose d’autres qu’aux enfants et c’était sa vocation première, mes parents ayant un immense sous-sol pour y ranger leur bordel de jardinage…

Et puis un bel après midi, idée de génie des filles « maman, on aimerait bien dormir dans la cabane jusqu’à la fin des vacances » « Siteupléééé ! ».

Pourquoi pas ? Rien à craindre vu la manière dont le terrain était clos, et vu la garde assidue que montait ma chienne, leur petite soeur…

Déménagement de 2 matelas de rab dans la dite cabane + 2 oreillers + couette. Dormir dans la cabane d’accord, mais façon « hôtel 2 étoiles ». Pour la première  et sans doute unique fois de leur vie, elles furent ravies de balayer, passer la serpillère, avant installation de la literie + une petite table de nuit pour bouteille d’eau et lampe de poche.

Ma mère optimiste, avait acheté plein de piles pour la dite lampe et jamais elles n’avaient manifesté un tel désir d’aller se coucher, ce qui fut fait à 22 H, la mère (moi), vérifiant que sa progéniture était bien installée.

A cet âge là, on se lève rarement la nuit pour aller faire un petit pipi, mais elles avaient tout de même accès au sous sol, où il y avait des toilettes…

0H00, je suis en train de lire tranquillement dans mon lit, fenêtre ouverte sur le jardin, quand des hurlements me font bondir et descendre l’escalier quatre à quatre. Mon père qui regardait la TV est en train de se lever pour aller voir, inutile, j’y vais.

Mes deux filles, se tenant dans les bras l’une de l’autre, étaient debout sur une souche, à hurler.

En me voyant arriver, le ton baisse.

  • On a entendu une grosse bête
  • On a vu une grosse bête (genre, les visiteurs)
  • On ne veut plus dormir dans la cabane…

Je récupère la couette, et direction la chambre que nous partageons, où elles s’endorment rapidement, vu que je leur intime l’ordre de se taire, la grosse bête allant fort probablement passer du hérisson à l’ours, puis au mammouth laineux…

C’était sans compter sur leur grand père qui partit à l’assaut dès le lendemain matin :

  • Ah elles sont belles les petites filles des bois !
  • Ah les aventurières du Rio Grande !
  • Debout sur la souche d’un tilleul à bramer comme jamais, et pourtant dieu qu’elles savent faire !
  • Ah comment qu’elles ont décabané les aventurières !
  • Décabaner ça n’existe pas papy (ton vexé)
  • Si, les iroquois employaient cette expression
  • Ah les iroquoises !
  • Elles ont entendu un ours fort probablement !
  • Ou pire !
  • Hi hi, voici les aventurières à la conquête de l’ouest
  • Vous préférez votre viande cuite ou cru pour le déjeuner les aventurières ?
  • Etc…

Piquées au vif et fort vexées de s’être fait traiter d’aventurières du Rio Grande HI HI, toute la journée, elles décidèrent de retenter l’aventure, mais avec une condition : que ma chienne ou celle de mes parents leur tienne compagnie.

Ma chienne n’était pas l’idéal, elle était effectivement capable de gueuler toute la nuit en entendant un hérisson dans le jardin, et allait s’étaler de tout son long sur le lit en leur mordillant les orteils pour avoir  plus de place. La chienne de mes parents fut donc mise à contribution. Plus petit gabarit, et plus trouillarde tu meurs. Elle était idéale pour RASSURER les filles, pendant que la mienne monterait vraiment la garde dans la maison.

La petite épagneul  n’avait jamais rêvé de dormir sur une couette. La deuxième nuit, se passa donc sans encombre, avec la « gardienne » (attention, chien trop gentil) ravie de dormir sur couverture pour protéger la couette : confort absolu.

Ma mère alla délivrer sa bête dès son petit lever, pendant que les filles pionçaient du sommeil du juste.

Elles passèrent tout le mois d’août dans la cabane, ravies d’avoir été à la hauteur de leurs souhaits. Et puis ça sentait bon dans la cabane, et puis elles pouvaient parlotter, et puis c’était super.

L’arrivée de la cousine pour le premier WE de septembre gâcha tout. Elle était moyennement décidée à dormir dans la cabane et passait son temps à allumer la lampe de poche pour en scruter les parois.

Et que donne une toute petite araignée grosse comme l’ongle du petit doigt, grossie X fois par une lampe de poche ? Ca donne une tarentule. Au moins.

Chienne de garde ou pas, ce soir là, ce sont les 3 cousines que nous avons retrouvées debout sur la souche, se serrant les unes contre les autres, en criant « au secours, à l’aide, PITIE ! »

Terminé la cabane…

Mais bon, Pulchérie et Delphine pouvaient tenir la tête bien droite, face à leur grand père qui ne se moquait plus d’elles : elles avaient été des aventurières même si le Rio Grande c’était loin, et c’était leur cousine qui avait tout gâché !

NA !

Delphine et son bac option arts dramatiques

Mes deux filles ont fait du théâtre, avec un certain talent, je dois le reconnaître en toute objectivité. J’ai malheureusement loupé la dernière représentation de Pulchérie au lycée, suite à une dispute stupide, car c’était l’époque où nous nous prenions le chou deux fois par jour. Si que je serais un homme, je m’en boufferais toujours les couilles… Mère/Fille, la mère n’est pas forcément la plus intelligente…

Delphine avait choisi l’option « arts dramatiques » et cela pesait lourd en coefficient pour son bac. Elle y a eu 18 si mes souvenirs sont bons, c’était plutôt correct…

C’est sympa d’avoir un enfant qui fait art-dra. Si si. Je vous le souhaite. D’un autre côté, je ne le regrette pas, je regrette juste qu’elle n’ait pas continué après, car elle avait du talent (et sa soeur aussi d’ailleurs), mais on emmerde sa mère comme on peut, et les compagnies de théâtre amateur manquaient cruellement à Paris…

Delphine avait donc un prof à l’ancienne. Normal. Depuis les grecs et bien avant, il faut travailler sa diction. Très important la diction… Michèle Morgan le raconte dans ses mémoires en parlant du très renommé « cours Simon ».

Et voici donc ma Delphine, un crayon coincé entre les dents, en train de déclamer une tirade du Cid dans l’appartement. Le but : être compréhensible malgré le crayon, même du bout de la salle. Hors le bout de la salle c’était au delà de l’appartement et les informations devenaient inécoutables. Si c’était maintenant où je ne regarde plus les infos si déprimantes, cela m’empêcherait tout de même de me concentrer sur ce que j’écris. Et puis « le Cid », j’ai toujours dit « bof » désolée pour les puristes…

La tirade le crayon entre les dents : c’est tous les jours… Viennent des bribes que l’on ne comprend pas trop : c’est normal : c’est pour le pestacle qui va être donné pour les parents avant le bac, et Delphine tient de son père l’art de la surprise.

Pour sa soeur, il s’agissait d’une pièce assez drôle, et Pulchérie avait un peu transformé son rôle pour faire une chipie (farpaitement réussie). Delphine devait faire une tirade d’Hernanie, et jouer quelques scènes de Hedda Gabler d’Ibsen.

Elle a commencé par extorquer à Jean Poirotte un de ses révolvers pour Hedda Gabler. Mon père avait une belle collection d’armes (non chargées évidemment) et c’est tout juste si nous avions le droit de les regarder. J’ai donc été sciée quand Delphine est rentrée avec le colt de son grand père dans son sac pour l’emmener au théâtre.

La représentation a été très bien, et ma fille était la meilleure bien entendu, particulièrement pendant sa tirade que deux cons m’ont un peu gâchée car ils n’arrêtaient pas de se demander quand aurait lieu la fameuse bataille (d’Hernanie)… Elle vous tirait des larmes et de la haine dans sa réplique. Puis J’ai découvert Hedda Gabler au travers des quelques scènes qui en étaient extraites, avec Delphine en amoureux transit, que j’ai trouvée parfaite (mais pas que moi, na na na…)

Pour le révolver elle avait bien fait de l’emprunter à mon père. Bien entendu le bruit des détonations était enregistré, mais la vision de l’arme a permis à la moitié de la salle de se demander si c’était un vrai.

-« Mais non tu es folle ! »
-« Je te dis que c’est un vrai ! »
-« N’importe quoi… » et gnagnagna

Et pendant ce temps là, les acteurs donnent leurs tripes, le trac au ventre, et le personnage bien ancré en eux…

PITIE ! juste un conseil. Si vous vous posez des questions, que ce soit au CINEMA, AU THEATRE, ou AUTRE. gardez-les pour la sortie.

Parce que pour les autres, les commentaires stupides « c’est quand la bataille d’Hernanie » « comment ils vont jouer la scène ? », ou savoir si l’arme est authentique, chimique atomique ou non, C’EST GAVANT.

Surtout quand votre enfant si doué, est sur scène…

Mais la vie n’est qu’un long calvaire…

La fugueuse…

Fille_fugant_3248261Tous les enfants ne décident pas de fuguer un jour, comme Pulchérie qui détestait les réflexions oiseuses, pour elle (ICI), mais certains décident un beau jour de sauter le pas…

J’avais une copine de classe en CM1 et CM2, qui était passée reine dans l’art de la fugue annoncée. Martyrisée par sa mère et sa grande soeur, elle prenait la décision, 2 fois par semaine, de se sauver en emportant quelques provisions (un quart de pomme et de la flotte sans doute), et de se planquer dans la cave pour bien profiter de l’animation que son départ ne manquerait pas de créer. Le top pour elle était de monter l’escalier à pas de loup, d’écouter à la porte « si j’entends ma mère pleurer, je frappe, sinon je redescends à la cave ». Elle s’y voyait déjà…

Quand j’ai redoublé ma cinquième et que nous nous sommes retrouvées, elle ne parlait plus de fuguer, et d’ailleurs, déclarait que sa mère était charmante…

BREF…

Comme hier… je passe devant un petit square avant de faire un petit tour de rondpoint pour me garer à MA place. Il y a 3 immeubles, et le reste de la résidence, est composé de pavillons, une soixantaine en gros…

Je vois fugitivement une tête blonde dans le square, se baisser à mon passage. Je me gare, je suis sur le point d’oublier, mais je me demande finalement ce que fait un gosse dans le square puisque normalement il y a école.

Du coup, je vais jeter un coup d’oeil.

Il y a bien une petite fille, 6 ou 7 ans, assise sur un banc, à regarder les feuilles mortes qui se ramassent à la pelle, d’un oeil morne, en triturant une boucle blonde. Pas d’adulte à l’horizon… Ni dans le square, ni dans la rue.

Je vais peut-être me mêler de ce qui ne me regarde pas, mais je rentre dans le square. L’ange blond me regarde d’un sale oeil.

  • « Qu’est-ce que tu fais ici toute seule ? Tu n’as pas école ?
  • « Je n’ai pas le droit de parler à des inconnus, même à des dames qui pourraient me vendre à des méchants messieurs.
  • C’est bien, elle a retenu la leçon. Lui extorquer des aveux risque d’être difficile.
  • « Tes parents savent que tu es là ?
  • « Je n’ai plus de parents, je les déteste. J’attends Fleur qui va m’apporter mon goûter
  • « Qui est Fleur ?
  • « Ma meilleure amie, je l’ai appelée sur son portable, mais je n’ai pas le droit de parler à des inconnus, même des dames qui pourraient me vendre à des méchants messieurs.
  • Je pose mon cul sur le banc (glacé) à côté d’elle, et elle fait un saut de carpe pour aller se poser sur la première marche du toboggan. Je ne suis pas prête de lui mettre la main dessus.
  • Je suis tout de même ennuyée, cette gosse n’a rien à faire là, toute seule, et de quoi est-ce que je me mêle ?
  • « Tu es fâchée avec tes parents ?
  • « Oui. Ils veulent m’emmener chez le médecin parce que je suis malade, il va me faire faire une prise de sang j’en suis sure, alors je suis partie, mais  je n’ai pas le droit de parler à des inconnus, même des dames qui pourraient me vendre à des méchants messieurs.
  • « Il y a longtemps que tu es partie ?
  • « Oh OUI ! AU MOINS DEUX HEURES (Il est 16 H) mais je n’ai pas le droit de parler à des inconnus, même des dames qui pourraient me vendre à des méchants messieurs.
  • Une fugueuse. C’est une fugueuse qui n’est pas à l’école parce qu’elle doit aller chez le médecin. D’un autre côté elle n’a pas l’air bien malade. Encore que, les yeux sont un peu battus, elle doit avoir de la fièvre.
  • Si je lui pose la main sur le front pour vérifier, elle va hurler « au secours, une vilaine bonne femme m’enlève », et je ne serai pas dans la merde quand tous les résidents oisifs du secteur vont se pointer dans le square.
  • « Tes parents se sont surement aperçus que tu es partie, ils doivent te chercher partout !
  • « Papa est au travail, maman regardait la télévision, je suis sortie par la fenêtre, mais je n’ai pas le droit de parler à des inconnus, même des dames qui pourraient me vendre à des méchants messieurs.
  • Indice : elle habite un des pavillons sans étages, et a donc sa chambre à hauteur du jardinet… Les parents ne sont jamais assez prudents. La chambre du trésor adoré doit forcément être blindée avec barreaux aux fenêtres, ou munie d’une alarme…
  • Ou alors c’est une acrobate et elle est descendue du 1er étage. Les gosses sont capables de tout (je sais de quoi je parle…)
  • L’idéal serait que je prenne la fugueuse par la main (essayer juste pour voir me semble risqué) et d’aller sonner à tous les pavillons… pour la restituer à la mère qui va forcément à un moment ou un autre, constater que sa gamine est partie.
  • Je me dégonfle, je dégaine mon portable et j’appelle le 18.
  • Les pompiers me signalent que la police c’est le 17
  • Je fais le 17
  • Que je garde la gamine sous les yeux (ça va être simple, je le sens), ils arrivent.
  • Il est 16 H 20 quand ils arrivent. Ils sont 2, et me demandent de rester pour que la gamine soit en confiance avec eux.
  • C’est cela, et le père Noël existe…
  • Parce que la gamine se met à geindre que je suis une méchante bonne femme et qu’ils sont de faux flics.
  • Personne ne leur a signalé qu’une gosse avait disparu.
  • Il faut bien se fâcher un peu, mais la gamine refuse de dire son nom, son prénom, son adresse, d’ailleurs, elle attend Fleur et le goûter, pour la nuit, elle verra bien où elle va la passer
  • « Au poste » lui répond un flic qui est visiblement agacé « jusqu’à ce que tes parents nous signalent ta disparition »
  • Le deuxième lui demande de lui passer son portable pour qu’il vérifie s’il n’a pas de GPS qui permettrait à un vraiment méchant monsieur, de la localiser (on fait ce qu’on peut parfois, et il y a de pieux mensonges).
  • La gamine hésite, et donne le portable. Elle a effectivement téléphoné il y a une heure, sans doute à Fleur, et n’est pas partie depuis si longtemps que ça. Sa mère la croit sans doute en train de dormir (cette innocente) et alertera la police d’ici peu.
  • Enfin non, parce que le numéro des parents est bien dans le registre du portable, et les flics appellent une pauvre femme qui tombe de l’armoire.
  • Oui elle a bien une fille, blonde, aux cheveux bouclés, mais elle est patraque et fait la sieste depuis 14 H environ (c’est cela…). Oui elle a bien un manteau rouge vif, elle rêve assurément, et va de ce pas, vérifier que le trésor adoré dort bien (et moi je suis le pape et j’attends ma soeur)…
  • Ah bah non…
  • 45 secondes plus tard, déboule une femme affolée. Le pavillon est à 50 mètres du square, effectivement la fenêtre de la chambre d’amis en bas est restée ouverte. La mère n’a rien entendu, elle s’en veut à mort.
  • La gamine nous foudroie du regard (surtout moi), et est restituée à sa génitrice en larmes « une fugue, à son âge, mais qu’est-ce qui a bien pu lui passer par la tête ? » (ne cherchez pas madame, vous expiez des crimes horribles commis dans une vie antérieure, et cela ne fait que commencer).

Elle me remercie chaleureusement, et part avec les flics (qui doivent y aller de leur petit rapport), et la gamine qui braille qu’elle va se re-sauver, car aller chez le médecin, c’est hors de question…

Le fait qu’il ne soit pas question de prise de sang ne la rassure pas (si vous voulez mon avis, elle est en pleine forme, juste un peu enchifrenée…).

C’est en me posant chez moi que j’ai réalisé que si cela se trouve, personne n’aura pensé à Fleur, qui va attendre peut-être dans le square avec le goûter destiné à sa copine, et que l’on va peut-être donc, chercher cette gosse partout d’ici quelques heures, à moins que la nuit tombant tôt ne fasse sortir le loup du bois que la dite Fleur va finir par rentrer chez elle dare dare, la peur au ventre.

Espérons que les flics et la maman auront fait leur boulot et alerté les parents de Fleur.

Je présente mes sincères sentiments aux parents des deux gredines qui ne sont qu’en CP (d’après ce que j’ai pu comprendre).  Donc, avec ou sans portable, elles ont encore tout le temps de leur en faire voir de toutes les couleurs.

La vie n’est qu’un long calvaire.

Ps : tout ceci avec le masque qui va bien et qui est noir pour les flics, ce qui a bien rajouté à notre allure « patibulaire »

Alphonsine a eu 4 enfants…

Alphonsine_accoucheAlphonsine eut avec l’oncle Jules, 4 fils nés respectivement en 1911, 1912, 1913 et 1914, tous les quatre un 15 août. On admire la performance (et on plaint la ménagère…).

Lorsqu’elle eut connaissance de sa première grossesse, sa mère crut bon de la « prévenir » de ce qui l’attendait. Nausées, vomissements, enfler jusqu’à ressembler à une baleine, et enfin risquer sa vie pour accoucher. Le programme sympa que beaucoup de femmes connaissent ou ont connu.

Tante Alphonsine avait déjà été « avertie » de ce qui l’attendait d’horrible à partager son lit avec un homme. Elle n’avait rien remarqué d’horrible particulièrement, bien au contraire, mais n’avait jamais osé contrarier sa mère sur ce terrain là, de peur de passer pour une femme de mauvaise vie.

Elle avait entendu ça et là tout de même, qu’accoucher c’était l’horreur, la douleur, que cela pouvait durer des heures et des heures, que la mère pouvait mourir et le bébé aussi, et que le père parfois était prié de choisir entre la mère et l’enfant. Cela devait remonter le moral comme pas possible.

L’oncle Jules pour une fois prudent, lui affirma qu’il choisirait la mère bien sûr… Pas envie de manquer de sel jusqu’à l’accouchement, et en plus il tenait à sa petite puce.

En premier lieu, Alphonsine n’enfla pas particulièrement, comme beaucoup de crevettes de nature. C’est injuste mais les petites puces enflent parfois très peu, et les femmes « théoriquement » faites pour enfanter enflent elles, beaucoup. Juste le ventre et juste ce qu’il fallait. Elle marchait normalement (à noter, mon père repèrait une femme enceinte de dos à sa démarche…) et prit juste 6 kg pendant sa première grossesse. Tout le monde pronostiquait une fille, car elle « portait en avant ». Sinon elle pétait la forme, comme quoi ça existe. Elle avait un peu peur de la fin tout de même, toutes les femmes de son entourage se relayant pour lui raconter les pires horreurs, véridiques en plus. Il fallait qu’elle soit prête. Elle l’était. Elle écrivit son testament 30 jours avant l’échéance fatidique et fit jurer à l’oncle Jules que s’il reprenait femme après elle, il mangerait sans sel pour se rappeler d’elle…

On ne peut donc pas dire qu’elle était particulièrement préparée à un accouchement super. En plus elle lisait Freud, c’était une femme pervertie, et elle savait que le mental est important. Elle se préparait donc à accoucher dans la douleur, c’était écrit et raconté partout. Elle allait souffrir un martyr et peut-être même mourir. C’est à cela qu’elle se préparait : mourir dans la douleur pour avoir conçu l’enfant dans le plaisir (ça ne rigolait pas ce truc là). Donc le côté psychologique, exit sur ce coup là.

Le 15 août 1911, alors qu’elle devait accoucher finalement elle ne savait plus trop quand et le médecin non plus, vu qu’il la trouvait peu grosse pour une femme à terme,  elle se préparait pour la fête de sa mère (devinez comment elle s’appelait ?), se faisait belle, se poudrait un peu, se préparait pour une belle journée, quand elle ressentit une envie de faire pipi comme pas possible sur le coup de 12 H 30, alors que Jules commençait à lui signaler qu’elle allait être en retard comme de coutume, en allumant son cigare.

Elle avait bien remarqué que « la fille » lui appuyait sur la vessie depuis un moment, mais là, c’était à crever. Elle se précipita dans les toilettes. Jules en homme extravagant voulait les toilettes dans la maison et non pas dans le jardin, la population du village toute entière les regardait d’un sale oeil à cause de cela. C’est incroyable ce que certains peuvent être originaux !

Alors là, je vais être obligée de dire les choses comme elles l’étaient. Tante Alphonsine voulu s’asseoir sur le siège des toilettes (à l’intérieur de la maison, une honte), et ressentit quelque chose de curieux. De l’eau coulait d’elle, mais ce n’était pas de… Elle prit du papier et sentit qu’il se passait un truc anormal en s’essuyant. Effectivement il se passait quelque chose. La tête du bébé était en train de sortir. Elle était sortie !

J’imagine sa position et sa panique « Jules !!!!! » hurla-t-elle, « c’est le bébé qui est en train de sortir !!!! ».

L’oncle Jules qui fumait son cigare tranquille réalisa qu’il n’y avait pas d’eau à bouillir. Sa femme délirait très probablement… Dans les récits qu’il connaissait (par coeur, bien sûr), on faisait bouillir de l’eau en grande quantité, et des femmes envahissaient la maison. Un bébé ne nait pas en l’absence d’eau bouillante et de troupeau de femelles glapissant.

« Jules au secours, il est sorti tout entier, j’ai peur de le faire tomber, il glisse ! »

Jules nonchalant se dirigea vers les toilettes pour trouver sa femme dans une posture difficile, un truc gigotant et vagissant vaguement, à la main, éructant « une serviette ! vite ! ». Il n’eut que le temps d’aller chercher un drap ou autre chose (non, un drap) pour que la mère y dépose ce qui était en fait un garçon qu’il emporta dans la chambre après être allé chercher des ciseaux pour couper le cordon (finalement un sécateur…) avec la mine de la poule qui a couvé une clef anglaise et ne sait pas quoi en faire.

Pendant ce temps là, Alphonsine se pansa comme elle le put, rejoignit sa chambre pour s’affaler dans son lit et exigea du père pétrifié qu’il appelle au moins sa mère ou une voisine « enfin fait quelque chose chéri, tu verrais ta tête ! ». Ceci en récupérant le nourrisson même pas braillard et en parfaite santé apparemment, entortillé dans un drap de 120 pour le prendre contre elle, ne sentant pas le fils en sécurité à proximité de son père.

Les voisines et la mère accoururent au cri de ralliement de Jules. Il fut convenu qu’il était tout bonnement scandaleux d’accoucher aussi facilement, sans aucune douleur préliminaire. Le médecin arriva en même temps que le placenta et pu tout de même procéder à la délivrance et constater que mère et enfant se portaient très bien. Il n’avait jamais vu cela, il devait le revoir 3 fois…

Tante Alphonsine accoucha les 3 autres fois dans les toilettes également (et toujours un 15 août). Elle avait apprit, elle, par contre, vers la fin, à partir équipée de serviettes, langes, et tout et tout, quand elle se rendait dans les sanitaires trop petits pour un stockage tout bête. Parce que Jules se fit avoir à chaque fois. Car le malheureux était toujours présent et pour cause (jour férié oblige), et incrédule face au « Jules ! c’est le bébé ! ».

Pour le quatrième il était quelque part dans le nord de la France, suite à la mobilisation générale, et c’est sa belle mère qui se fit avoir sur ce coup là… Sauf qu’elle, tomba carrément dans les pommes…

Alphonsine expliqua à Mrs Morgan que l’accouchement ce n’est rien du tout, du pipeau, du n’importe quoi, « n’écoute pas les autres femmes ma chérie, c’est de la comédie… ». Elle ne chiait même pas une pastèque, elle avait juste envie de faire pipi… Et encore, c’était sans douleur.

Mrs Morgan, ma mère, moi-même, avons cru dur comme fer que le gène serait arrivé jusqu’à nous. Nous étions programmées pour accoucher dans les toilettes et sans douleur…

T’en foutrais moi du gène aléatoire… et de l’importance du psychisme sur le corps…

La guerre des nerfs…

La_guerre_de_nerfs_53272600Je voulais intituler ce post « la guerre des boutons », mais comme pour « les mouches » quand j’avais des IVNI chez moi, j’ai été dans l’obligation consternante de constater que le titre était déjà pris…Je suis née trop tard dans un monde trop vieux…

Cette femme un peu ironique, c’est la tante Alphonsine, celle qui déménageait les meubles (on dira que c’est elle).

Une femme super, dont je vous reparlerai, maintenant que vous la connaissez. En avance sur son époque et tout et tout. C’était tout de même la tante de la mère de Mrs Bibelot, donc, mon arrière arrière grand tante. Elle nous a laissé plein de souvenirs supers d’un temps désormais dépassé de beaucoup et a gardé pour elle ses gène miraculeux qui feront l’objet d’un post exclusif… (mais qui lui venaient tout de même d’un ancêtre commun, et c’est pas juste)

L’oncle Jules (son mari) avait une bonne situation, donc tante Alphonsine était femme au foyer. A l’époque pour travailler il fallait Zola et faire blanchisseuse genre Gervaise, ou le fond de la mine genre Germinal… Pour la moyenne classe, la femme ne travaillait pas.

L’oncle Jule avait une bonne situation dans les assurances et en outre il était syndiqué. Ca l’occupait pas mal. Il avait de plus un énorme défaut. Quand un problème échappant à sa jeune épouse lui revenait, il rétorquait « je m’y mets demain », sans sourciller et sans s’y mettre. Toute femme comprendra Alphonsine.

Lorsqu’ils louèrent leur première petite maison dans le bordelais après leur mariage, dans les années 732, ils furent heureux de ce grand 4 pièces qui pourrait accueillir un héritier. Sauf que la peinture du plafond du salon cloquait et s’effondrait régulièrement par terre vu qu’il y avait 3 couches de mal posées, ce qui irrita tante Alphonsine qui à 20 ans n’était pas née que pour balayer le par terre.

Elle fit part de son irritation à l’oncle Jules qui imprudent et jeune marié déclara « samedi je m’y mets ». Il ne travaillait déjà pas le samedi et vit donc plus tard, les grèves de 1936 passer sereinement…

Le samedi : rien. Le dimanche non plus. Patiente, la jeune mariée attendit 3 semaines et un beau lundi soir, l’oncle Jules se coucha en constatant avec consternation qu’il lui manquait un bouton à sa veste de pyjama. Diantre ! où était-il passé ? Il s’en ouvrit à sa jeune épouse qui lui rétorqua qu’il était vraiment maladroit. Elle avait autre chose à faire qu’à recoudre un bouton avec le boulot que lui donnait ce plafond merdique.

On reconnaitra bien là l’homme et son absence de signal « danger »… L’oncle Jules s’endormit tracassé par ce bouton manquant. Le lendemain matin, il lui manquait un bouton à son pardessus. Et impossible de s’en ouvrir à Alphonsine qui balayait le salon suite à des chutes inopinées de peinture cloquée au plafond…

Le soir il n’y avait plus de boutons du tout sur le pyjama et il s’entendit accuser de négligence aggravée « mais que diable fais-tu avec tes boutons, j’ai autre chose à faire avec ce plafond ! ». Le lendemain matin, le pardessus ne comptait plus aucun bouton non plus. Il saisit l’allusion au plafond et décida de résister coûte que coûte. L’homme est ainsi fait qu’il préfère lutter plutôt que de se rendre quand il en est temps… La grande histoire grouille de ce genre de petites histoires, avec des morts partout et non pas des boutons perdus…

Les boutons étaient bien recousus, sur ses chemises, son pardessus, ses pantalons, mais ils lâchaient traitreusement au moment le plus inoportun.

Après 8 semaines à vérifier sa braguette, l’oncle Jules rentra un soir avec de la peinture et ce qu’il fallait pour l’étaler. Le plafond fut refait le samedi suivant, et les boutons tinrent bon.

Chose curieuse : il lui fallut toujours un certain temps à se demander pourquoi diable il avait perdu un bouton de pyjama

Deux de ses fils encore en vie à 97 et 96 ans le confirmaient : c’était toujours pour un bon motif que les boutons tombaient… Ils ont vécu eux aussi ce calvaire…

Si les guerres se faisaient toutes comme cela… Ce serait marrant non ????

Et vous la guerre des nerfs matrimoniale, ça vous parle ?

Les héroïnes des films américains…

Il n’y a pas que le héros, il y a aussi les héroïnes dans les films américains. Il est d’ailleurs important de se demander pourquoi héros prend un S vu qu’on ne dit pas une hérosine… (j’ai déjà cité cette interrogation, mais bon…)
Généralement à vous filer des complexes d’ailleurs.
Donc z’hynoptisez vous pour affronter : Les femmes typiquement « films américains »…

Incapables de flanquer une taloche à leur môme. Si. Z’avez qu’à regarder « Desperate Housewives » même si ce n’est pas un film. La Linette avec ses jumeaux infernaux, on lui referait bien le portrait avant de s’occuper des gamins. D’ailleurs ce doit être un fantasme pour beaucoup…

Tirées à 4 épingles dès 7 heures du matin. A cette heure là, pimpantes et tout et tout, elles font the big petit déjeuner à leur petite famille/petit mari, en tailleur et escarpins, impecs, sans un kg de trop. D’ailleurs elles s’attaquent au ménage dans la même tenue et après vont tondre la pelouse. Ou alors elles dérivent genre nous, en vieux pyjama avachi, vers la salle de bain, mais on sent bien les marginales sur ce coup là, qui vont forcément se bonifier au cours du film.

D’ailleurs elles sont toujours tirées à 4 épingles à 23 H 45 quand elles rentrent du boulot pour préparer la tambouille de la semaine (on ne sait pas si elles dorment de temps à autres). Avec le sourire, ou en secouant l’homme endormi dans son lit en hurlant « c’est quoi ton problème ? Il faut qu’on parle ». Le fait est là : l’américain supporte qu’on lui dise à n’importe quelle heure « il faut qu’on parle ». C’est comme ça, arrêtez de baver…

La grande spécialité, c’est l’accouchement. Dans les films américains, elles sont toujours en train d’accoucher n’importe où et n’importe comment. C’est toujours pendant l’attaque des indiens, la fuite d’Egypte, pendant la chute des murs de Jéricho, à bord de l’Exodus, dans un tank qui doit prendre Berlin, sur une plage du débarquement, alors que leur mari trappeur ne reviendra pas avant 9 semaines et demie. Il y a bien Mélanie dans « autant en emporte le vent » qui accouche dans son lit, mais comme par hasard pendant que les Yankees rappliquent…

Au choix : elles sont tireurs d’élite (Texas à l’époque d’Alamo) ou laissent tomber le pistolet ou révolver avec un cri strident (New York quand elles ne font pas partie de la pègre). Pas de juste milieu.

Elles sont souvent accrochées à leur téléphone pour appeler leur mari fugueur, ou ex mari (au hasard toujours) environ 9 fois par jour pour lui causer môme, chien, belle mère, serial killer. Et on s’étonne que le malheureux s’empare de la bouteille de scotch à la moindre sonnerie.

Elle sont souvent également aussi douées que leur mari (on concubine peu aux USA) en terme d’astro physique, physique, biologie, virologie, ou autre. Mais pour épargner l’ego du chéri, elles décident de s’adonner désormais aux muffins, pan-cakes, gaufres et autres desserts bien gras, après avoir sauvé le monde, le principal étant fait.

Elles sont parfois alcooliques comme certains héros. Mais elles, en restant bien mince, pas gonflées, et s’effondrant avec grâce sur leur lit ou parfois sur la pelouse bien tondue par leurs soins.

Dans les westerns, c’est le top du top, elles donnent la vie de leur mari ou de leurs fils avec élégance et patriotisme (« Alamo » « La conquête de l’Ouest » etc… et comment qu’elles refusent qu’ils restent s’occuper d’elles, aveugle ou en cloque et préfèrent qu’ils aillent donner leur vie pour une juste cause), s’occupent des patates, du maïs, des indiens, de l’armée d’en face et de fendre les buches. Sinon elles sont de mauvaise vie, mais vont se rédempter forcément comme Claudia Cardinale dans « il était une fois dans l’ouest », qui décide que construire une gare, c’est plus honorable que la mauvaise vie.

Dans les films modernes, elles ont tendance à causer comme si elles avaient un doctorat de psychologie. D’ailleurs une phrase clef est « c’est quoi ton problème ? ». Et en face personne ne répond jamais : c’est toi mon problème !

La vie n’est qu’un long calvaire…

On se cache où ?

Il y a des moments où l’on aimerait rentrer sous terre. Certaines situations ne font sourire que les autres. Bien évidemment tout ne m’est pas arrivé, et merci à ceux et celles qui ont osé se confier.

  • Percuter en nageant le filament que laisse traîner la hideuse méduse. Généralement la sortie de l’eau et la cavalcade vers le sable fait rire tout le monde, car on ressemble à Christian Clavier dans « les bronzés » quand il réalise qu’il se baigne dans une décharge.
  • Dans la même série, se proposer généreusement à Mamie pour arracher les myosotis qui envahissent ses massifs. Ca s’arrache tout seul, sauf l’ortie vicieusement dissimulée sous les fleurettes bleues. Là encore le repli stratégique vaut son pesant de crème calmante.
  • Allumer avec la grâce d’une actrice et l’air condescendant qui peut aller avec, la clope par le filtre
  • Eternuer et laisser malencontreusement échapper une flatulence bruyante non synchronisée, dans la salle d’attente du médecin, bien bondée.
  • Entendre et sentir le pantalon craquer dans toute la zone arrière, alors que l’on se baisse, et que l’on n’a rien pour camoufler la plaie béante.
  • Le slip dont l’élastique craque alors que l’on est en minijupe et dans les couloirs du métro. Ou en train de monter l’escalier d’un grand restaurant.
  • Sortir des toilettes avec la jupe coincée dans la culotte ou le slip. S’en apercevoir réellement trop tard, quand on retourne aux toilettes.
  • Se promener avec la braguette bien ouverte dévoilant des petits coeurs sur le caleçon.
  • Se rendre compte que l’on s’est trimballé tout l’après midi avec des résidus de persil sur les incisives et se rappeler que l’on a passé son temps à se fendre la poire.

Oui, il y a des moments où l’on souhaiterait devenir amnésique ou, bien mieux, que les autres le deviennent…