Madame Baron…

Madame Baron ne m’aime pas et je ne sais pas pourquoi.

Je viens de galérer pendant tout mon CE2  ON M’A  FAIT SAUTER UNE CLASSE !   faite avec billet d’excellence juste à temps, fin mai, avec la gentillesse de Madame Vincent qui m’encourageait et me caressait souvent la joue, ainsi qu’à ma compagne de misère qui avait également sauté une classe. En effet, sans que je sois consultée et pire, avertie,  on m’avait fait sauter une classe, passant du CP en CE2 en perdant au passage toutes mes amies… Je ne m’en suis jamais vraiment remise…

Dans le regard de Madame Vincent, je sentais sans les comprendre, une certaine pitié pour ma compagne de misère et moi, ainsi que de la révolte face au fait que nous étions devenues des parias de l’école. Cette femme certainement, se révoltait contre la course à la première place à tous prix…

Nous étions les crâneuses qui sautent une classe pour nos anciennes amies, les chouchoutes de Madame Vincent pour les autres. Isolées, seules, perdues…

Je passe donc en CM1 haut la main, ce qui n’a pas empêché mes parents de me faire réviser mon programme et de me préparer au prochain, pendant le mois d’août, le mois de juillet étant traditionnellement un mois passé au bord de la mer, sans devoirs.

Curieusement, des deux institutrices à s’occuper du CM1, Madame Baron a une bien meilleure réputation auprès des élèves, que Madame de Poissy qui a l’air plus revêche et semble crier souvent. Je suis donc contente d’être affectée à Madame Baron. Le seul vrai sourire qu’elle me fera, sera celui de la rentrée en CM1, alors qu’elle dévisage toutes les élèves pour voir qui elle connait ou non de vue. ON m’a coupé les cheveux sans trop me demander mon avis (une fois de plus, je voulais une coupe au carré…), au cours de l’été, donc elle hésite un peu, et au hasard, me fait un sourire. Ce sera le seul.

Je suis sage et appliquée, je n’ai pas trop le choix. Moi si bavarde, je ne l’ai jamais ouvert en classe avant la seconde. J’écoute et je me penche sérieusement sur tout. Cela me semble facile, cela me change de l’année précédente.

Première note : 10/10 : elle décortique pour vérifier qu’elle n’a pas loupé une erreur, et me donne mon cahier d’un air mauvais. Elle ne crie pas elle, jamais. En fait, elle jette les cahiers sur les bureaux, avec d’une petite voix, un commentaire désobligeant ou pas de commentaire. Sauf pour certaines. Elle a des lunettes à verres gros comme ça, et derrière ses lunettes, je trouve son regard méchant. Elle me fait peur, elle me fera toujours peur. Pas un compliment, rien, alors que les deux nanties d’un 9/10 ont droit à tous ses encouragements.

Elle ne m’aime pas. Jamais elle ne loupe une réflexion cinglante à me faire pour une broutille. Jamais elle n’accroche un de mes dessins sur le mur. Jamais elle ne m’interroge quand je lève le doigt. Le samedi après midi où c’est bibliothèque, elle me refuse toujours le livre pour lequel je m’inscris. Jamais elle ne me complimente, moi qui me cramponne à la première place. Elle me traite comme les derniers rangs.

Car dans sa classe nous sommes classés par ordre de mérite : la rangée près de la porte n’a jamais droit à un regard de sa part, elle jette les cahiers sur les tables en précisant « nul comme d’habitude ». La rangée centrale c’est le moyen et la rangée près de la fenêtre, ce sont les meilleures (école non mixte). Pour chaque rangée les meilleures sont placées près de son bureau, les moins bonnes dans le fond. Inutile de vous dire que les dernières du rang près de la porte iront en « fin d’étude », une classe qui n’existe plus.

Et moi je suis juste sous son nez dans le rang près de la fenêtre. A chaque distribution de carnets, ça déménage. Moi je ne bouge pas. Je suis enfin la première après avoir été 2 fois seconde. Mais Madame Baron ne m’aime pas. Elle me regarde d’un sale oeil en recomptant les notes.

Nous avons toutes notre « semaine » de planifiée dans l’année, par ordre alphabétique. C’est celle « de semaine » qui essuie le tableau, secoue les tampons par la fenêtre, passe scrupuleusement l’éponge sur le tableau noir le soir, distribue les cahiers, les ramasse, descend les stores l’après midi, et va déclencher la sonnette de la récréation, acte important qui revient aux CM1 : nous adorons toutes, et avons hâte que cela soit notre tour.

Quant mon tour vient, elle s’occupe de tout, toute seule, ou bien, comme par inadvertance, demande à une autre élève de descendre les stores ou d’aller déclencher la sonnette. MA semaine se passe alors que je commence à avoir une boule d’angoisse dans le ventre.

Madame Baron ne m’aime pas… Je ne sais pas pourquoi… Mais je le sens, et ça me fait mal.

Je n’ose pas en parler à mes parents. Une maîtresse d’école ça ne se critique pas, elle a forcément raison contre moi. Et moi je ressens une injustice terrible, et je ne comprends pas. Moins je comprends et plus je m’applique. Il faudra un 3ème carnet en novembre où je suis la première enfin au lieu de seconde, pour que maman commence à se poser des questions. A cette époque là, je « me lève » toutes les nuits, quelque chose ne va pas.

Je suis première. On nous donnait des billets d’honneur ou des billets d’excellence. C’était comme ça et maman a gardé tous mes billets d’excellence ou d’honneur, et mes grands parents me donnaient de l’argent pour avoir si bien réussi. J’aurais dû être heureuse de bien travailler, d’être première, mais ce n’a pas été le cas.

Quand la directrice qui distribuait les carnets par ordre de mérite en commençant par la première, est arrivée, Madame Baron m’a regardée de son regard méchant derrière ses lunettes, et a demandé à ce que l’on me retire mon billet d’excellence sous le prétexte que je n’avais rien fait de valable en dehors des compositions. Elle a précisé que je me fichais du monde les 3/4 du temps. J’étais mal car je ne savais pas me foutre du mondes les 3/4 du temps. Je regardais ma table, une boule dans la gorge pour ne surtout pas pleurer, avec l’envie de mourir s’il me fallait rentrer à la maison sans mon billet d’excellence. Je n’avais pas bien compris comment sur un carnet on pouvait repérer le premier de la classe, je ne regardais que les notes et pas le classement. Et je savais que j’avais tout le temps bien travaillé, qu’elle mentait et voulait me faire du mal. La directrice n’a donc pas commencé par la première de la classe, j’arrivais en 4ème position dans la distribution.

J’ai hésité à rentrer à la maison. Je ne savais pas où aller, mais je savais que j’allais mourir ce soir là, de honte, de chagrin, de colère, d’injustice. J’irais me coucher en pensant bien fort à mourir, et je ne reverrais plus jamais Madame Baron parce que la mort parfois venait chercher des enfants innocents. Plus jamais je n’aurais peur du problème du début d’après midi, qu’elle faisait toujours corriger par une autre que moi, même si j’avais réussi. Plus jamais elle ne me ferait peur.

Pleurer, je l’ai enfin fait en rentrant à la maison. Maman a tout de suite vu que j’étais première, en voyant les moyennes affichées et j’ai eu des félicitations qui ont ouvert les vannes, parce que l’on m’avait retiré mon billet d’excellence. Et je hoquetais que ce n’était pas juste, que ce n’était pas vrai, qu’elle avait menti. Il n’y avait que ce que je pouvais raconter, il n’y avait rien d’écrit, aucune trace, sinon dans ma mémoire, et j’entends encore le laïus près de 50 ans plus tard…

Maman n’a rien dit contre Madame Baron, elle m’a embrassée pour mon excellent résultat, et j’ai tout de même compris que si elle ne disait rien, elle n’en pensait pas moins, et était de mon côté. Papa en rentrant, m’a félicitée à son tour, après discussion à voix basse avec maman. Les mots leur manquaient pour la vraie angoisse, pour l’humiliation du billet d’excellence qui m’avait été refusé, et c’était pour moi le plus important… Le soir, en entendant de notre chambre, mes parents parler un peu fort, j’ai bien compris que c’était virulent des deux côtés. J’attendais un miracle : mon billet d’excellence avec des excuses… Il leur a fallu 30 ans pour m’avouer qu’ils avaient eu l’un et l’autre, l’envie d’aller tout simplement flanquer une claque à Madame Baron mais y avaient renoncé pour ne pas empirer ma situation…

Il y a eu un mot sec, écrit par maman, qu’elle m’avait remis pour la maîtresse, précisant qu’elle gardait le carnet, distribué le vendredi, jusqu’au lundi, comme de coutume. Il fallait ramener le carnet signé le samedi matin et c’était l’horreur pour moi, depuis le CP, d’être la seule à le ramener le lundi, car les grands parents voulaient le voir le WE (même s’ils me donnaient ce qu’on appelait « des sous »).

Questions, et réponses, enfin, quand j’ai dit « madame Baron ne m’aime pas ».

Non, madame Baron ne pouvait pas me supporter. Maman l’avait plus ou moins compris avant cet épisode, à certaines de mes révélations « anodines ». Là, il fallait qu’elle m’en parle, je voulais mourir et sauter par la fenêtre depuis l’humiliation de la distribution des carnets. Du 5ème c’était risqué, elle n’a pas voulu laisser faire.

J’avais contre moi, deux concurrentes des plus sévères : Lise B, fille d’une institutrice de ma maternelle, que je me trainais depuis l’année des petits. Les parents de Lise B étaient divorcés ce qui était rare à l’époque, et sa mère mettait un point d’honneur à ce que ses 3 filles soient les premières en tout. Tout le monde la plaignait, cette pauvre femme abandonnée par un salaud, obligée d’élever ses filles toute seule.

Et puis surtout, il y avait Frédérique de Poissy dans ma classe, car bien évidemment il n’avait pas été question qu’elle se retrouve dans la classe de sa mère. Elle aussi, poussée au mieux, par sa mère et la collègue de sa mère qui ne supportait pas de me donner une meilleure note qu’à elle.

Je me souviens toujours de ma haine, quand papa regardant la photo de classe et ignorant tout, avait qualifié Frédérique de Poissy d’un « oh quelle adorable petite chipie celle-là ! ». J’étais quoi moi ?

C’est pour cela que madame Baron ne m’aimait pas. Je l’obligeais à trahir ses collègues en me mettant première, en me donnant de meilleures notes qu’aux filles forcément préférées de ses apparemment amies. Elle jouait même du 0,25/10 pour arriver à ses fins. Elle restait honnête en m’accordant la meilleure note ou en nous mettant à égalité, mais elle décortiquait toujours tout ce que je faisais, à l’affut de la moindre bricole. Et moi j’angoissais pour ne pas laisser passer une bricole. Nous écrivions au porte plume et le soupçon d’un pâté la réjouissait : elle pouvait me réduire ma note de moitié, ce traitement m’étant réservé… Tout était à l’avenant.

Tout le reste du CM1 j’ai été première après la première fois. Je me croyais débarrassée de Madame Baron pour le CM2, mais les effectifs étant insuffisants, elle s’est retrouvée avec une classe double CM1/CM2, avec en CM2 les meilleures de l’année précédente. Dont moi.

J’ai adoré apprendre cette nouvelle, moi qui me réjouissait d’avoir madame X ou madame Y si gentilles. On supprimait une classe (déjà) et maman n’a jamais réussi à convaincre la directrice de me mettre avec madame X plutôt qu’avec madame Baron. A la rentrée quand je l’ai vue arriver je me suis rappelée que Madame Baron ne m’aimait pas, ce qui s’est confirmé pendant tout le CM2.

Sauf que maman, suite à l’histoire du billet d’excellence que l’on ne m’a finalement jamais donné, avait pris la peine d’aller voir la directrice et qu’après cette visite, le comportement de la grosse truie violette s’était légèrement modifié… C’est d’ailleurs pour contrôler madame Baron que la directrice avait persisté à me laisser avec elle, ainsi que les 2 autres. Je ne comprends toujours pas ce raisonnement car le cas de figure n’était pas près de se renouveler…

Pour la fin du CM2, elle m’a juste oubliée pour le spectacle de fin d’année, ainsi qu’une autre qui menaçait aussi la place de ses petites chéries, et surtout m’a retirée de la distribution des prix (ça se faisait à l’époque, c’était grandiose pour ceux qui n’avaient droit à rien).

« Aucun prix pour elle, c’est normal » a-t-elle précisé à Mrs Bibelot une fois de plus indignée. « Elle lit bien TROP comme ça, elle n’a pas besoin d’un livre de plus ».

Un joli livre broché rouge et or, avec le ruban précisant le prix que l’on avait remporté, que l’on pouvait montrer à tout le monde avec fierté… J’en avais eu trois en CP, deux en CE2, et depuis j’étais évincée… Mais j’allais rentrer au collège, non sans angoisse, et j’ai ravalé mes larmes.

Mais bon, Madame Baron ne m’aimait pas… Vraiment pas, et jusqu’au bout il a fallu qu’elle le montre, qu’elle me fasse du mal, et qu’elle m’humilie… Car j’étais seule, exclue du spectacle de fin d’année, à regarder mes copines de classe danser au son des « filles de la Rochelle »…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Etonnez-vous qu’un jour j’ai décidé pendant quelques mois, de ne plus rien faire…Pour retrouver ma vraie place, pour oublier cette classe sautée, pour oublier quoi.

Cela m’a permis de rencontrer meilleure amie depuis nos 12 ans.

MERCI MADAME BARON !

5 mai 1958…

Papa et moiJour à marquer d’une pierre blanche…

Jean-Poirotte avait beau faire celui qui s’en foutait , je pense qu’il serait bien revenu à ce lundi 5 mai 1958, jour de son incorporation dans l’armée, pour effectuer son service militaire, prévu pour 18 mois…

Mais quand on a 20 ans, 18 mois c’est l’éternité, surtout quand on doit laisser une femme en cloque jusqu’au menton derrière soi… C’est toujours en retard, que l’on revivrait bien le passé, mais c’est impossible. Ces moments que nous avons tous détestés, quels qu’ils soient, nous voudrions bien y retourner, peut-être en demandant LE trop : connaître ce qui nous attend. Mais je peux vous assurer que c’est une grâce qui nous est faite de ne pas savoir.

Donc papa n’était pas spécialement heureux à l’idée d’aller faire son service militaire. Les « évènements » d’Algérie épargnaient encore le bataillon de Joinville qu’il devait rejoindre le lundi 5 mai. Vu le nom du bataillon (le net vous renseignera mieux que moi), vous imaginez bien qu’il était hors de question qu’il soit exempté de quoi que ce soit même s’il avait eu les pieds plats, et malgré sa très proche paternité.

Le dimanche 4 mai était donc le dernier jour qu’il allait passer en famille, et maman pleurait toutes les larmes de son corps en imaginant son petit mari (1,82m) partant le lendemain. Je sais de qui je tiens à avoir passé mes deux grossesses à pleurer pour un oui ou pour un non, surtout à cause du trop ou pas assez salé… Enceinte de J + 21 jusqu’au terme, j’étais une vraie fontaine…

En cloque jusqu’au menton, et de surcroit en larmes, maman avait exigé de préparer elle-même le dernier vrai repas familial de son mari. Ils habitaient tous deux chez mes grand-parents maternels, mais les grand-parents paternels qui habitaient non loin, étaient venus se joindre à tout le monde pour ce grand jour.

J’imagine que le prisonnier et l’apiculteur, mes deux grand-pères, étaient assez sereins : mon père partait faire son service militaire, et non pas pour la guerre (la débâcle, les stalags, l’Afrique pour se battre contre Rommel et j’en passe). J’imagine également mes grand-mères assez sereines également : 18 mois c’est vite passé quand on ne part pas se battre vraiment. Elles avaient connu leurs maris partant pour la guerre, la vraie.

Maman avait gardé de ce jour là sans doute, son habitude de faire pour entrée des radis : pas de problème.

Pour le plat de résistance, elle avait prévu un poulet. C’était juste avant que papa ne soit dégouté du poulet aux hormones, qu’on lui a servi  3 FOIS PAR SEMAINE au bataillon de Joinville PENDANT 24 MOIS (parce que la loi ayant changé, deux jours avant qu’il ne rentre chez lui au bout de 18 mois, il a appris qu’il devait en faire 6 de plus, la naissance de ma cadette lui épargnant de partir en Algérie « les pères de famille de 2 enfants et plus, ne seront pas blablabla, mais effectueront 24 mois de service militaire »), ce qui l’avait mis, vous l’imaginez bien, de bonne humeur. Quand on a déjà préparé son paquetage pour rentrer chez soi, devoir rester 6 mois de plus doit vous mettre le moral dans les rangers.

Bref, à l’époque il aimait le poulet rôti…

Donc maman avait prévu un poulet qu’elle avait fait rôtir (en pleurant), + un gâteau de riz (à ne pas saler merci, vu qu’elle pleurait).

Tout le monde s’exclama devant l’arrivée de la bête qui avait fort mauvaise mine si l’on se met dans la peau d’un poulet en pleine forme et bien vivant, et Jean-Poirotte embrassa Mrs Bibelot (qui ne pleurait plus) : « un poulet ma chérie, tu ne pouvais pas me faire plus plaisir ».

Sauf que…

C’était 1958…

  • Le boucher avait dit un vague truc à maman qui lui avait demandé un poulet pour 6 (le vague truc, c’était : il faudra le vider, je n’ai pas eu le temps de vider mes poulets ce matin)
  • Elle n’avait pas fait attention.
  • Elle avait beurré et huilé le poulet, l’avait parsemé d’estragon, de sel de poivre.
  • Il sentait divinement bon.

A la première bouchée, alors que tous les convives venaient de goûter leur morceau mais étaient restés silencieux, maman fondit en larmes à nouveau.

Elle avait oublié de vider le poulet qui avait cuit avec le foie ET son fiel.

Elle s’en rendait très bien compte.

  • Hypocrites, tous les convives prétendirent qu’on ne sentait rien, surtout ceux qui avaient pris une cuisse.
  • Ce qui était fort héroïque de la part du prisonnier et de l’apiculteur pour qui un poulet c’était sacré. Ils mangèrent toute leur part.
  • Mon père ayant du fiel dans la bouche en songeant à ce qui l’attendait le lendemain, fit chorus avec tout le monde. « Ton poulet est délicieux ma chérie ». Pour faire bonne figure, il reprit même de la sauce.
  • Mais la plus merveilleuse fut Mrs Morgan, qui devant les larmes de sa fille, mangea le foie avec le sourire, en prétendant qu’il était délicieux et que la dite fille avait tort de se mettre la vésicule rate au court bouillon pour une histoire de fiel qui ne se sentait même pas.
  • Jusqu’à sa mort elle est restée héroïque, prétendant que manger le foie du poulet n’avait pas été si infect que cela. JAMAIS, elle n’a dit qu’effectivement le poulet était infect. JAMAIS
  • D’ailleurs pour ne pas le terminer froid le soir, les convives le terminèrent le midi, et le prisonnier partit chercher chez son boucher de quoi dîner dignement le soir, pour le dernier repas civilisé de son fils.

Maman pleurait toujours.

Il y avait le dessert, mais cela ne la consolait pas…

Et pour le pousse café, excusez-moi du peu, il y a eu moi qui le mardi, annonça son arrivée.

Pulchérie devait connaître l’histoire familiale : je m’annonce le mardi, je pointe mon nez le vendredi en fin d’après midi…

Papa, averti par un télégramme « femme à l’hôpital, STOP, naissance imminente STOP (pour le « imminente » vous repasserez) » fit le siège de son sergent chef qui, le sentant assez bouillonnant, lui refusa une sortie au péril de sa vie. Ce n’était pas l’époque où un père se devait d’assister à la naissance de son enfant.

  • « Votre femme se démerdera bien toute seule, tant qu’à faire de faire les 100 pas, vous pouvez les faire ici, sans autre demande supplémentaire de ma part, mais promis, dès que le bébé sera là, vous aurez une autorisation exceptionnelle de sortie ».

Incorporé  le 5, sorti le 9 au soir pour un WE…

C’était rare.

Le temps qui passe a de curieux effets :

On se souvient plus du fiel du 4 mai 1958 que du repas super réussi d’on ne sait plus quand.

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

PS : c’est moi et mon pôpa, vers septembre 1958…

L’appareil dentaire de Delphine…

Nous n’avons pas pu TOUT réussir chez les filles Albert et moi, donc on ne pouvait pas tout réussir chez Delphine. A l’occasion d’une carie et d’une visite chez le dentiste, ce dernier diagnostiqua un mauvais positionnement des dents. En clair quand elle fermait la bouche, les dents de la mâchoire supérieure rentraient à l’intérieur de la couronne inférieure, et c’était très mauvais. Pour elle, et pour le porte monnaie je précise.

Suçant son pouce, elle avait le palais creux en plus, mais ça, il me précisa que ce n’était pas grave.

Direction orthodontiste à tel âge, avant, le dentiste m’avait précisé que c’était trop tôt…

Constatation du « mon dieu mais quelle horreur », prise d’empreinte, et nous voici un beau jour récupérant un faux palais avec le mode d’emploi.

Faut visualiser la chose. Immonde, rose pâle comme un bébé qui n’a pas le droit de bronzer. L’engin s’adaptait au palais de Delphine et à sa dentition loupée, et une fois toutes les deux semaines je devais élargir le faux palais d’un petit cran avec une clef ad hoc, et elle le mettre en faisant la grimace et le supporter.

  • La première semaine elle zozota horriblement, il fallait qu’elle s’adapte.
  • La deuxième semaine elle s’insurgea qu’elle ne pouvait plus sucer son pouce
  • La troisième semaine, après le premier tour de clef, elle recommença à zozoter. A la manière dont elle me regardait, je sentais bien qu’elle me détestait. L’ayant surprise à se servir de la clef dans le mauvais sens, je la confiais à mon père (la clef), parce que c’était l’époque bénie où j’étais revenue chez mes parents avec les filles pour cause de haute trahison petits problèmes graves dans ma vie

Puis Delphine s’est adaptée à son appareil, au tour de clef toutes les deux semaines, ou trois semaines au cas où cela la gênerait trop.

Elle s’était tellement adaptée d’ailleurs, qu’on retrouvait l’appareil partout. Dès qu’elle mangeait, elle le retirait, et le remettait soigneusement dès qu’elle commençait sa digestion. Je lui avais expliqué que cela me coûtait un rein et un bras, et elle faisait attention à ne pas le perdre ou l’abimer.

Le problème était qu’elle boulottait pas mal. Tout le monde adore voir un faux palais trôner sur la table basse du salon, face à la TV, avec des morceaux de céréales de coincés dedans. Brosser son appareil avec sa brosse à dent, après retirage et avant reposage, elle savait qu’elle devait théoriquement le faire. Cela restait théorique pour elle.

Elle commençait à dîner « zut mon appareil » (le « merde » lui était interdit à l’époque). Sans moufter, elle le retirait et le posait à côté de son verre avec quelques débris l’ornant bien. Le pire était quand elle le reprenait à la fin du dîner ou déjeuner (au choix) pour le remettre tel que, en place… Tout le monde avait un haut le coeur et elle murmurait que nous étions des chochotes… Après enquête j’ai appris que tous les mômes faisaient la même chose, le comble revenant au fils d’une amie dont l’appareil avait disparu, et qui fut retrouvé dans le sac poubelle. Il le remit direct…

Je la courchassait pour nettoyage le soir de l’appareil, en même temps que le brossage des dents. Quel brossage de dents ? Ces mères, quelle plaie !

On retrouvait le truc partout. Tout le monde savait qu’il fallait le prendre du bout des doigts avec des pincettes et aller le mettre à tremper dans une solution présente dans la cuisine, et la salle de bain. Et tout le monde vérifiait qu’elle le remettait en place immédiatement et sans délais, pourvu qu’elle ne soit pas en train de boulotter.

Elle a mis 6 mois de plus que tout le monde à se retrouver avec un palais à la bonne taille et les dents s’emboitant idéalement.

A l’annonce de la bonne nouvelle, elle a posé le truc par terre et l’a écrasé d’un coup de pied. Tant pis pour le futur musée des horreurs de sa soeur…

Pas de souvenir pour ses enfants. Un faux palais pourtant, c’est top pour les générations futures. Quand je pense qu’on a retrouvé le plâtre de tante Hortense et l’oeil de verre de la gueule cassée de Verdun, je me dis que tout le monde a perdu quelque chose.

Un faux palais qui traîne partout, ça met de l’ambiance dans une maison, je peux vous l’assurer…

De toutes manières, la vie n’est qu’un long calvaire…

Vous pouvez vous planquer où vous le voulez…

femme-surprise-copierC’était la fin de ma période mystique qui m’a permis de faire des rencontres rocambolesques… Je n’en ai raconté qu’une, mais avant la fin du monde, j’ai le temps de vous raconter plein de conneries et donc, d’autres rencontres mystiques…

Rocambolesques, d’où ma méfiance.

Ma dernière rencontre avait été le résultat de pas mal d’échanges mails, pour RV pris le SAMEDI à 18 H, gare des chantiers à Versailles.

Je dis bien A 18 H, le VERS 18 H n’existant pas pour moi…

Nous nous étions bien retrouvés devant le kiosque à journaux, il ressemblait à sa photographie et moi aussi, donc nous avons débuté le périple décidé d’avance :

  • On boit un coup quelque part
  • On va dîner ensemble si affinités (d’où le 18 H, pour éviter d’arriver au restaurant déjà bourrés).

Je n’avais parlé à personne de cette rencontre, laissant comme de coutume un mail en brouillon avec les coordonnées du mec (portable et coordonnées mystiques), Pulchérie ayant accès à mon mail/blog, pour le cas où l’on retrouverait mon corps en 5 morceaux, dans 5 fleuves différents (il faudrait que j’arrête de regarder les séries policières gores…).

Je savais que ma fille, avec l’aide de Delphine,  saurait bien aller voir mes brouillons et aider les enquêteurs à débrouiller l’intrigue… (il faudrait vraiment que j’arrête de regarder les séries policières gores et les informations)

Cela se passait plutôt bien, et puis tout à coup l’homme de la situation m’a précisé que le diner ensemble si affinités il était vachement pour SAUF qu’il y avait un match de foot le soir qu’il ne pouvait absolument pas louper.

Organisé avec des potes à lui, avec des pizzas et des bières. 12 fans de foot ensemble, il n’osait pas m’inviter à participer.

Mon rêve pourtant… Vous l’imaginez bien…

Comme je sortais de ma relation/remariage (quelle idée aussi que de se remarier !) avec Charles Hubert qui m’avait gonflée avec son foot en dansant et en chantant tralalala devant la TV quand Zidane marquait un pénalty, je me suis un peu crispée, et j’ai dis que ce n’était pas grave, pour repartir vers ma voiture.

Un fan de foot, plus jamais… Parce que, quand on refuse une soirée sous prétexte qu’il y a un match, on est gravement atteint… (c’est mon point de vue et je le partage, je peux louper un très bon film moi pour un diner si affinités).

Ce que je qualifiais de grossier personnage en démarrant ma bagnole, aurait pu tout simplement choisir un autre jour pour le rendez-vous, sans dire pourquoi… D’un autre côté je lui reconnais le mérite d’avoir été franc…

6 heures après j’avais un mail me demandant où et quand nous pouvions nous revoir et là, j’ai été franche : fan de foot il pouvait l’être, mais sans moi. Il m’a relancé pendant 3 semaines, mais ce n’est pas le problème.

Le DIMANCHE, tatie chérie m’appelle et me demande de but en blanc des nouvelles de mes amours.

  • « Point mort » que je lui réponds….
  • « Ah bon, pourtant Guillaume (l’ainé de mes neveux, habitant parly 2) t’a vue hier à la terrasse d’un café, à côté de la gare des chantiers, avec un plutôt beau monsieur…
  • Damned !

En fait, mon neveux passait en bus, par hasard, à cet endroit là, et à ce moment là, était bien assis du bon côté du bus pour reconnaître sa tatie en train de boire un diabolo fraise avec un monsieur plutôt pas mal.

A cinq minutes près, et s’il avait été de l’autre côté du bus, j’aurais pu faire ni vue ni connue, mais va te faire lanlère et tralala !

Le dimanche soir, toute la famille était au courant, et les filles également en train de me seriner à nouveau « quand tu sors fais attention en traversant sois prudente, tu pourrais tomber sur un serial killer, etc… ». La police scientifique aurait été aussi développée que maintenant et j’aurais été priée d’aller déposer mon ADN quelque part pour qu’on me reconnaisse au premier coup d’autopsie des morceaux disséminés ça et là (il faut vraiment que je me rabatte sur Joséphine ange gardien…).

Mes parents, je ne vous raconte même pas. Je n’étais pas rentrée chez moi pour poser mes fesses dans mon canapé en maudissant le foot, que toute la famille était au courant que je péchais gravement à une terrasse de café, à côté de la gare des chantiers, via ce qui s’appelle le téléphone arabe…

Alors je vais vous dire un truc achement important, et je l’ai vérifié plusieurs fois dans ma vie, via moi-même ou des ami(e)s :

  • Vous pouvez prendre toutes les précautions utiles pour rester dans la clandestinité, vous tomberez toujours sur une personne qui dira vous avoir vu tel jour à telle heure, à tel endroit, avec qui vous voulez.
  • Il y aura toujours une personne pour constater que vous partez tous les jours à la même heure dans la direction opposée d’une autre voiture qui part aussi à cette heure précise, et en conclure le lieu de rencontre (sans se tromper en plus et c’est ça l’horreur, aussi horrirrifiante que la conclusion totalement fausse). Et qui en parlera à tout le monde…
  • Vous pouvez garer votre voiture dans les ruelles les plus sombres de la plus grande ville, il y aura toujours un jour, quelqu’un qui la reconnaitra et en parlera à tout le monde (adieu discrétion)
  • Vous pouvez partir à l’autre bout du monde pour faire des frasques dont vous ne voulez parler à personne : en haut de l’Everest, cyanosée (l’endroit idéal pour faire des folies de votre corps), vous tomberez sur Ginette, la pire langue du pute que vous connaissez, qui verra bien que vous êtes accompagnée par un trop beau monsieur, et désormais, le distillera sur face de bouc, à votre insu. Avant elle avait la lettre anonyme et les allusions fallacieuses, maintenant c’est aisé.
  • Où que vous alliez d’ailleurs, si c’est crapuleux, il y aura Ginette, ou un neveu, ou une nièce, ou votre voisine si médisante.
  • Z’êtes prévenu(e)s

Oui vous pourrez faire ce que vous voudrez. Vous pourrez en plus, le pire, vous imaginer que vous bernez tout le monde, alors que tout le monde sait…

Par contre, quand vous voulez rendre Charles Edouard jaloux en vous montrant bien avec un collègue de boulot, ça ne marche jamais.

C’est tellement évident que personne n’en parle.

Parce que la vie n’est qu’un long calvaire….

Rencontre mystique…

Comme beaucoup, j’ai naïvement trainé sur ce site. En fait ce n’était pas vain, car certaines rencontres valaient leur pesant de noix de cajou et quelques années après cela laisse de bons souvenirs. Qu’est-ce qu’on peut se poiler… après…

Le premier d’une petite liste, avait l’air tout à fait normal. J’aurais dû me méfier, un homme normal c’est louche par définition, il a forcément quelque chose à cacher, ou une tare inavouable.

Après quelques échanges téléphoniques (j’avais son numéro mais pas réciproquement), il avait été décidé d’une rencontre. J’étais telle un iceberg à l’idée de m’engager pour un dîner, et avais proposé de boire un coup quelque part et après on voit : restaurant ou pas. Lui insistait pour un dîner, au son de « je t’invite ». Mais invitée ou pas, je n’étais toujours pas chaude. Et puis j’ai fini par céder, et j’avais à la fois raison et tort, raison parce qu’on ne m’y reprendrait plus jamais. Et tort parce que finalement j’avais raison…

Donc RV devant tel restaurant. J’avais garé ma voiture de manière à pouvoir m’esbigner au caz-où discrètement sans être suivie et le lieu était neutre.

J’ai vu arriver une voiture dont le coffre touchait quasi terre. J’étais tombée sur un journaliste (ça je le savais), qui profitait d’être allé chercher un maximum d’exemplaires de son dernier magasine parce qu’il changeait d’éditeur, pour me fixer rendez-vous (ça je l’ignorais). Bon on a le droit de rouler en voiture surchargée le problème n’était pas là.

Physiquement il était assez loin de ce que j’imaginais d’après sa photo, et pour cause, en 10 ans un homme peut perdre tous ses cheveux et attraper des lunettes. Je n’ai rien contre le physique des autres, mais quand il y a tromperie manifeste je me hérisse. J’ai donc un peu hésité, mais il m’a précisé que même journaliste il ne se prenait jamais en photo et que son dernier photomaton remontait à 12 ans. Je me suis dit que j’aurais pu mettre sur le site une photo de moi étudiante et que j’étais bien stupide, mais je n’ai rien osé dire. Là encore on ne m’y a pas reprise et la fois suivante apprenant que le gnome qui me frappait sur l’épaule après avoir annoncé 1,80 m avait mis la photo de son frère nettement mieux, j’ai tourné les talons et je suis repartie… Bref…

Nous sommes donc rentrés dans le restaurant, nous sommes installés. Il avait l’air assez content lui, et m’a donc fait la totale pour me montrer qu’il était un homme, un vrai, un dur, un tatoué.

  • En premier lieu sans me demander mon avis, il a demandé deux kirs. J’aime bien le kir, mais la moindre des choses était de me demander mon avis.
  • Il a levé son verre « à nous », malgré mon air un peu crispée de celle qui se demande s’il y a une fenêtre dans les toilettes pour s’échapper (réponse négative après enquête, et je fuis désormais tout restaurant qui ne dispose pas d’une fenêtre dans les toilettes).
  • Il m’a demandé ce que je voulais comme plat dans ce restaurant de poissons. M’a précisé que le saumon c’était de la daube partout, et m’a commandé du Bar. J’aime bien le bar mais pas que l’on choisisse à ma place : c’est simple, je me fige.
  • A la demande du garçon, il a précisé que nous prendrions de la Saint Yorre j’adore, alors que je déteste tout ce qui est pétillant, limite même le champagne d’ailleurs. Il a tiré la tronche quand j’ai demandé un demi de blanc, vu qu’il invitait… Ce qui ne l’a pas empêché de piocher copieusement dedans (donc j’avais bien fait de ne pas commander un quart)
  • C’était bien parti et je suis donc restée un peu silencieuse. Pour qui me connait c’est mauvais signe sauf si j’ai annoncé la fièvre aphteuse en arrivant.
  • Comme je me taisais, il m’a raconté ses déboires avec sa salope d’ex femme qui l’avait dépouillé de tout et à qui il avait laissé sa maison, ses meubles et même ses photos d’enfance. Mais il n’était pas amer, non, une relation amoureuse doit être axée sur la con-fiance. Moi je me disais qu’il me mentait ou qu’il était vraiment con.
  • Comme je n’étais pas totalement d’accord avec sa confiance à 100 % accordée à quelqu’un qu’on connait depuis 3 semaines (et uniquement par téléphone) il m’a répondu que je n’y connaissais rien et qu’il allait m’expliquer.
  • Le temps qu’il m’explique, il a pu commander, toujours sans me demander mon avis, deux iles flottantes.
  • Après m’avoir expliqué il a pris un air pincé quand je lui ai précisé que je n’étais toujours pas d’accord et que je ne me remarierais que sous la contrainte d’abord. Contrairement à beaucoup d’hommes, il était accro au mariage et venait de divorcer pour la 4ème fois, envisageant avec impatience de se remarier une 5ème fois.
  • Il m’a déclaré que j’étais têtue et que c’était insupportable. Comme il avait 2 ans de plus que moi, il avait plus d’expérience que moi, il en savait plus que moi, et d’ailleurs si nous étions ensemble il me mettrait au pas et plus vite que ça. Là il a pris l’air satisfait de celui qui a marqué un point et m’a demandé si on allait à l’hôtel ou chez moi.
  • Je lui ai précisé qu’il allait à l’hôtel s’il le souhaitait, mais que pour ma part je rentrais chez moi toute seule et plus vite que ça également.
  • Sentant le roussi, le garçon dont on peut admirer l’instinct, a apporté la note et là, l’homme, le vrai, le dur, le tatoué, a précisé sans rougir « c’est pour madame »
  • Il n’était pas question que je me dégonfle, même s’il m’avait gonflé à un point pas imaginable. Je me suis levée, j’ai pris mon sac, ma veste et je me suis dirigée vers la porte avec toute la dignité dont j’étais capable, non sans avoir dit bien distinctement « pauvre crétin ! » en créant un petit silence dans la salle. De l’extérieur j’ai pu le voir, tétanisé sur sa chaise, attendant visiblement que je revienne : on n’avait jamais dû lui faire ce coup là.

Une fois dans ma voiture, je me suis promis de continuer à ne jamais donner un numéro de téléphone quel qu’il soit et à ne jamais m’engager pour autre chose que boire un verre, et après on verra si on dine ou non…

Je ne sais pas si son « aura » de journaliste lui permettait de se comporter comme il le voulait… J’ai tout de même eu avec lui, ma plus belle expérience de rencontre mystique…

Après peu de temps, j’ai arrêté…

Je vous l’ai déjà dit (je crois) mais la vie n’est qu’un long calvaire…

Une bien vilaine farce…

Oui, maintenant nous en rigolons… mais à l’époque cela failli déclencher un incident diplomatique…

Ma grand-mère (Mrs tricots) et son frère, avaient décidé de réunir toute la famille. Cela faisait un paquet de monde, et il fut décidé de louer une salle des fêtes dans le bled de leur jeunesse (de mes parents et de moi-même également)

Mon père s’occupa de louer la salle, et de trouver un traiteur. Tatie chérie (Pour une raison que j’ignore) s’occupa entre autre, de contacter mon frère, pour une cagnotte destinée à faire deux beaux cadeaux aux deux organisateurs…

Et évidemment c’est ma belle-sœur qui décrocha :

« Allo Julienne ? C’est Nicole »…

« Oh Nicole comment vas-tu ?»

« Ça va mais je trouve que tu as une drôle de voix»

« Ça va, mais je suis enrhumée»

« Ah bien… Et comment vont les enfants ? »

« Oh ils vont très bien, toujours un peu turbulent »

« je t’appelle pour le cadeau que nous allons faire à maman et à tonton Robert. Combien comptez-vous donner ? »

« Oh et bien 1000 Fr. »

Tatie chérie stupéfaite (cela représentait une grosse somme à l’époque) : «Ooooh !»

« Ce n’est pas assez ?» (ton inquiet)

« Oh si bien sûr »

« Écoute Nicole, il faut que je te laisse, les enfants ont faim, gros bisous »

« À bientôt, gros bisous »

Et elle raccroche. Une semaine plus tard elle rappelle :

« Allô julienne, c’est encore Nicole : à quelle heure comptez-vous arriver ? »

« Eh bien à l’heure que tu me diras !»

« Eh bien normalement nous attendons tout le monde vers 19 heures »

Et bla-bla-bla et bla-bla-bla jusqu’à ce que Tatie chérie raccroche…

arrive le jour J. Embrassades multiples, buffet joyeux et avant le « bal » nous décidons tous d’offrir les cadeaux aux deux organisateurs de cette fête (qui restera dans les mémoires, c’était plus sympa que de se retrouver tous à l’occasion des enterrements) (et encore tous ne pouvaient pas être là à ces occasions)

Et voilà mon frère et ma belle-sœur, qui me demandent l’oeil mauvais pourquoi ils n’ont pas été conviés à la cagnotte commune, et de quoi ils ont l’air avec leurs deux cadeaux minables…

J’appelle Tati chérie, qui ne comprend pas, qui explique qu’elle a eut ma belle sœur deux fois et que d’ailleurs ils lui devaient 1000 francs…

Ahurissement des deux, julienne nie avoir eu ma tante au téléphone, cela sent le roussi…

finalement tatie chérie va prendre son sac, exhibe son carnet d’adresses et PAF elle avait un chiffre de faux dans le numéro de téléphone…

Soulagement de part et d’autres… mais indignation : cette femme (dont on admire au passage la présence d’esprit) a vraiment fait une sale blague…

Bien évidemment nous avons son numéro de téléphone (et pour cause) (même si tatie chérie a noté immédiatement le nouveau numéro), mais comment se venger d’elle ?

Et il y a le problème des 1000 Fr., que Tatie chérie ne peut pas assumer toute seule… Nous décidons donc tous de la rembourser, cela représente peu pour chacun car nous sommes nombreux…

Tout est bien qui finit bien, mais nous avons jamais trouvé l’auteur de cette force douteuse, car elle était sur liste rouge…

Impossible donc de lui faire une blague au téléphone (cela ne prendrait pas), ni d’avoir son nom et son adresse… Sinon je pense que mon frère et ma belle sœur se seraient fait un plaisir de lui faire une sale blague à elle aussi…

Genre lui peindre sa porte en rose vif, ou bien commander un buffet bien cher à faire livrer chez elle, ou bien les deux pourquoi pas ?

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les facéties de Delphine…

Estelle 1 retouchéeNotre mémoire nous joue régulièrement des tours, même si nous pensons que  la nôtre  est excellente.

En ce qui me concerne (MOI JE), je n’ai pour l’instant pas à me plaindre, même si, comme par hasard, j’ai une certaine amnésie concernant les derniers mois passés avec Albert, et de ceux qui ont suivis son départ. A une centaine époque ayant été beaucoup mise à contribution, je servais de mémoire vive concernant les antécédents médicaux de papa, et parfois même d’autres personne de la famille  (souvenirs dont je me passerais bien…). Continuer la lecture de « Les facéties de Delphine… »

Les pompiers chez MoA !!!

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Avec les filles, ces adorables créatures divinement réussies, j’ai eu les pompiers à la maison deux fois (comme mon titre ne l’indique pas). Une fois pour l’aînée, une fois pour la cadette.

Arrêtez de fantasmer les filles, je n’ai vu aucun beau mec débarquer, preuve sans doute que je suis maudite (car les pompiers ont une sacrée réputation, ou bien je ne suis pas touchée par le syndrome de l’uniforme) (ou alors, autre possibilité, j’étais tellement inquiète que je n’ai rien vu du tout)

En premier : Pulchérie, normal c’est l’ainée, et elle avait 18 mois, donc sa soeur n’était même pas en préparation. Je préparais ma soirée d’anniversaire pour le lendemain. J’étais hyper débordée comme il se doit. Nous étions vendredi et j’avais tout faux comme de coutume. Albert rigolait doucement ce rat, parce que j’avais toujours tout bon avec 3 heures d’avance.

Il avait la garde du trésor, j’avais des poubelles à sortir, et je pose un petit sac sur le piano + le carton de produit lave-vaisselle vide (non la pastille n’existait pas !). Je retourne dans la cuisine fermer et prendre le deuxième sac, ignorant qu’Albert était allé aux toilettes (un homme n’attend jamais 15 secondes pour aller pisser, c’est dingue) et là j’entends un hurlement.

Il avait fallu très exactement 8 secondes à Pulchérie pour échapper à la « surveillance » de son père, escalader le tabouret du piano, s’emparer du carton vide, l’ouvrir, et ingurgiter quelques grains de lessive lave vaisselle. D’où le hurlement : apparemment, ça brûle.

  • Je me précipite sur le combiné et j’écoute avec impatience le répondeur me disant que l’on va donner suite à mon appel.
  • Albert se rembraguette comme il le peut car je l’incendie en écoutant le répondeur et qu’il a peur (pour sa fille qui hurle toujours, et de moi)
  • On me répond. Ne rien donner à boire au trésor, mais en attendant l’arrivée des secours qui sont en train de partir, lui nettoyer la bouche avec un gant de toilette humide (facile avec Pulchérie qui a un jour mordu le dentiste au sang)
  • Arrivée de 7 hommes en uniforme qui m’ont dégueulassé ma moquette. L’un d’eux s’est précipité sur mon trésor en sucre rose pour l’examiner (c’était le médecin). Cette arrivée massive lui avait coupé la chique (à Pulchérie)
  • Puis elle lui a hurlé « patate !!!!! » pendant qu’il lui examinait la bouche avec une loupiotte pour repérer les dégâts. Puis il s’essuya le pouce mordu au sang après m’avoir demandé du sopalin et du désinfectant. De ce qu’il avait pu voir, elle n’avait rien et semblait en forme, mais ils allaient tout de même l’emmener à l’hôpital pour en être certains.
  • Me voici partie avec la petite, dans la voiture des pompiers. Elle pétait la forme. Dès qu’ils ont mis la sirène en route, elle s’est mise à chanter « pompiers, pompiers », avec le ton.
  • Le médecin des urgences (l’avait qu’à mettre des gants aussi) m’a assuré qu’elle se portait bien.
  • Elle se portait bien et n’avait avalé aucun granulé malsain de toute évidence. Je pense qu’il n’avait pas envie de pousser ses explorations trop loin.
  • Contrôle le lendemain (le jour de la fête), avec le pédiatre des urgences à 16 H 15 (super quand on attend tout le monde à 19 H) Elle l’a traité aussi de patate et a manqué lui crever un oeil en jouant avec le stéthoscope qu’il lui avait inconsciemment confié pour l’occuper… Puis elle s’est mise à hurler parce qu’elle voulait garder l’engin pour palper ses poupées…

Delphine maintenant. J’étais en train de détartrer le fer à repasser. Les enfants sont d’une rapidité diabolique, j’étais au courant pourtant. Elle arrive en disant « a foif maman », s’empare du truc machin fait exprès dans lequel j’avais dilué le détartrant, et à peine le temps de me coucher sur la planche à repasser en me ruinant une vertèbre pour l’empêcher de s’en emparer, elle avale ça cul sec.

  • J’appelle les pompiers
  • J’interpelle les voisins à qui je vais refourguer Pulchérie qui pour une fois se tenait tranquille.
  • J’enfile des chaussures en gardant mon jogging (oui c’était un mercredi matin, tôt : 10 H)
  • Les pompiers arrivent à 9. Le médecin me demande quel produit ma fille a ingurgité, je lui tends la bouteille en pleurant
  • Tout est écrit en allemand sur le flacon rescapé de la poubelle. On part (moi avec) avec le mode d’emploi, le médecin en ligne avec le centre anti-poison, un autre la gardant consciente « comment tu t’appelle mon trésor » « ? », « tu te sens bien » « ? » « c’est normal qu’elle ne réponde pas madame ? » « oui c’est normal elle est timide » (Delphine a toujours eu un côté chat malgré sa vie antérieure de chien, en fait, c’était quand elle voulait, OU PAS).
  • Réponse du centre anti poison au moment où nous arrivons aux urgences de l’hôpital de Versailles « ce produit est absolument inoffensif« . Les 9 pompiers me lourdent aux urgences avec ma gamine qui a retrouvé l’usage de la parole et a « faim maman », en jogging, sans sac à main, et une paire de chaussures dépareillées. Et quand je dis « ils me lourdent », c’est très réel, tout juste s’ils ne se sont pas servi d’un siège éjectable.
  • Obligée d’appeler Mrs Bibelot pour qu’elle vienne me récupérer (3/4 d’heure) et me ramener à la maison. Ceci parce que la secrétaire des urgences était vraiment gentille et m’avait autorisée à utiliser son téléphone, sinon, basta je faisais la route du retour à pied…
  • On récupère Pulchérie qui s’est gavée de beignets en attendant le décès de sa soeur et donc, en pleurant
  • Merde, j’avais oublié de débrancher le fer…
  • Merde, Pulchérie ne digère toujours pas les beignets…

La vie n’est qu’un long calvaire et avoir des enfants un choix absolu…

Mais j’ai retenu certaines choses importantes :

  • Ne jamais confier un môme à un homme sans s’être inquiété de savoir s’il avait la vessie pleine OU PAS
  • Ne jamais monter dans la voiture des pompiers avec le mourant, sans s’être inquiété de savoir comment on va revenir
  • Ne jamais ranger ses chaussures n’importe comment, cela évite la paire dépareillée qui va avec la coiffure en pétard explosé et le jogging qui a 15 ans mais-qui-peut-toujours-servir.
  • Et le jogging qui a 15 ans mais peut toujours servir, eh bien il faut le transformer en chiffons quand il a un trou au niveau du cul.

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Voyage de noce part 2 – Royan et autres

Pied blesséDonc, récapitulons un peu, nous avons commencé notre voyage de noce avec 5 mois de retard, par Royan que nous ne connaissions pas Albert et moi. Nous avions beau savoir que la ville avait été quasi détruite à la fin de la guerre alors que les allemands occupaient encore cette fameuse poche, nous ignorions que les architectes de la reconstruction avaient aussi mauvais goût. Royan ne nous emballa pas du tout, aussi il fut décidé que nous n’y resterions que deux jours et deux nuits. C’est assez pour en faire au moins un post.

Premier jour : moi la mer à proximité, ou un plan d’eau, ou de quoi se tremper, m’attire comme de la confiture attire les fourmis. La veille nous avions pas mal roulé et l’après midi se devait donc d’être consacré à la plage pour le repos du bébé. Pour moi plage = baignade sinon je me tire, faire le lézard sur le sable ne m’ayant jamais vraiment plu.

Albert ayant tâté l’eau du gros orteil pour la trouver trop froide, décida d’aller excursionner dans les rochers de la marée descendante, pendant que je me consacrais à mon sport favori : nager et faire la planche. Là quand je faisais la planche c’était plutôt marrant, mon ventre qui dépassait de l’eau évoquant quelque peu une baleine (mais une toute petite baleine), et Albert se mit à se moquer de la baleine, tellement qu’il loupa un rocher et, se rétablissant comme il le pouvait, se fit très très mal aux pieds parce que les rochers parfois, ça coupe.

Aie le sable dans ses petites blessures. Aie le sel de l’eau de mer dans ses petites blessures. Aie ses petites blessures. Le voyant agoniser sur la serviette de bain j’ai fini par sortir de l’eau au bout de 2 heures. En bonne épouse je pu constater qu’effectivement cela saignait juste un petit peu, mais bon, il me fallait bien songer à le soigner, la gangrène le guettant. J’empruntais un seau à un gamin pour aller chercher de l’eau de mer pour rincer les pieds d’Albert afin qu’ils sèchent sans sable dans les petites blessures. Au contact de l’eau de mer Albert poussa des cris de putois et un CRS arriva pour voir ce qu’il se passait (authentique !). Peut-être  que certaines serial killeuses tuent les hommes avec un seau d’eau de mer…

Une fois les petits petons secs et sans sable (à répéter 52 fois très vite), Albert rechaussé, nous voici partis pour la pharmacie, lui boitillant derrière moi avec un « aie » à chaque pas. Il fit l’acquisition du strict nécessaire : désinfectant, compresses, pansements, bandages pour 3 personnes, toute une pharmacie, le pharmacien se frottait les mains. Restait à soigner le blessé qui s’allongea sur le lit dans la chambre d’hôtel, en criant à chaque fois que je m’approchais avec une compresse et le désinfectant. Finalement il décréta que ce n’était rien, d’ailleurs il était temps d’aller dîner. Le voici parti en gambadant sans boiter vers la salle à manger, alors que je contemplais avec la tentation de la lui faire avaler, la compresse que je tenais à la main…

Cette nuit là Albert dormant comme un bienheureux malgré les blessures des pieds pieds, je fus réveillée par une douleur atroce dans le dos, poignante comme une contraction à ce que l’on m’en avait dit. Et là, réveillée par la peur de perdre mon bébé, car il était bien trop tôt pour accoucher, puis par la peur de mourir tellement la douleur revenant était intense et insupportable, je me suis levée frénétiquement et j’ai secoué Albert.

  • « Chéri je suis en train de mourir ! »
  • « C’est bien ma chérie » me répondit-il avec un sourire crispant, les yeux à peine ouverts « CONTINUES ! »

Ce n’était QU’UNE crise de colite néphrétique, des spasmes à jamais non expliqués, mais le blessé pu continuer à dormir alors que :

  • J’appelais la réception tout en allant et venant dans la chambre en souffrant le martyr
  • La réception arrivait avec le médecin
  • Le médecin m’examinait, décrétait qu’il n’y avait rien de dangereux pour le bébé, et me faisait une piqûre d’anti-spasmodique
  • Le médecin attendait que cela fasse effet, faute de quoi c’était l’hôpital direct, même si ce n’était rien, mais il ne faut pas paniquer une femme enceinte
  • Le médecin partait en claquant vicieusement la porte rapport à Albert dont le sommeil de plomb l’avait pétrifié.

Et le lendemain matin, le blessé des pieds se réveilla tout sourire, s’étira et me demanda avec une innocence contristante « tu as bien dormi ma chérie ? »

N’eut été l’ordonnance et la note du médecin, il ne m’aurait jamais crue…

Et c’est l’époque où j’ai commencé sérieusement à envisager l’achat d’une corne de brume, au cas où mon véritable accouchement se déclencherait LA NUIT…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Voyage de noce part 1 – Sarlat

SarlatAvec Albert nous nous étions mariés en mars mais n’avions pas le premier radis pour faire notre voyage de noce dans la foulée et il avait été décidé que nous profiterions de nos vacances d’été pour faire ce fameux voyage.

Nous sommes partis à l’aventure, en août c’est mieux, d’autant que j’étais en cloque de Pulchérie de 5 mois et qu’enceinte il est divin de dormir dans une voiture… (ceci pour le côté aventureux de l’histoire)

Mais le ciel était avec nous et nous avons déniché un petit hôtel sympa à Royan où nous avons passé 2 jours. Royan était décevant et Albert décida que le Périgord noir c’était pour nous. En avant pour le Périgord.

Le ciel étant toujours avec nous, vous avons pu nous arrêter à Brantôme où un hôtel avait justement de la place pour nous. Hôtel divin en 1/2 pension, dont je vous raconterai les menus un jour où je n’aurais pas faim. Nous avons décidé que pour les 10 jours à venir cet hôtel serait notre QG et nous avons sillonné le Périgord avec plaisir, moi me trempant les pieds dans toutes les eaux glacées que je croisais, à reluquer une ruine ou une autre sur une hauteur, Albert à ouvrir le chemin au coupe-coupe pour me dégager l’accès à la ruine en maudissant les bâtisseurs du moyen âge.

Nous avons écumé les ruines, les châteaux, les cours d’eau et les restaurants le midi, avec un plaisir sans mélange. Pourquoi aller au bout du monde quand c’est si joli chez nous  ?

Nous sommes rentrés ravis avec des tas de pellicules à faire développer, Pulchérie tressautant d’indigestion dans mon ventre, avec un hoquet qui ne l’avait quasi pas lâchée pendant tout le voyage (pourtant le confit ce n’est pas gras) (et je précise qu’à ce moment là je ne savais toujours pas si c’était fille ou garçon…) (et, une lettre de moi adressée à mes parents à cette époque m’a rappelé que je l’avais surnommée « Gudule »)

Premier appel : la belle soeur qui voulait savoir si tout c’était bien passé. Au bout d’une heure de conversation : question. « Vous êtes allés à Sarlat ? ». Non, nous n’étions pas allés à Sarlat, d’ailleurs nous ne connaissions pas, Albert aimant bien partir sans guide et sans savoir où il atterrirait…

Deuxième appel : mes parents. Au bout d’une heure de conversation : question. « Vous êtes allés à Sarlat ? ». Non. « C’est dommage, c’est magnifique ». Nous commençons à le croire. Pas d’internet à l’époque pour cliquer sur Sarlat et avoir plein de regrets.

Troisième appel : meilleure amie. Comment ça se passe ta grossesse ? Tu sais si c’est ou non une fille ? Ah le Périgord ? C’est magnifique. « Vous êtes allés à Sarlat ? ». Non nous ne sommes pas allés à Sarlat et apparemment c’est plus que dommage. Elle confirme.

Quatrième appel : Mrs Tricot qui connaît bien le Périgord. D’ailleurs au mot « Périgord », question : « vous êtes allés à Sarlat ? ». C’est une conspiration, ce n’est pas possible autrement.

Dimanche déjeuner chez mon grand père avec une partie de la famille et visionnage des photos, le truc bien barbant pour les innocents présents. Mon grand père s’interroge tout haut : sommes nous allés à Sarlat ? Consternation générale : nous-ne-sommes-pas-allés-à-Sarlat. Au mot « Sarlat » Gudule fait un saut périlleux dans mon ventre : une bonne chose de faite, ce ne sera pas un siège, désormais ce sera tête en bas et dos à gauche…

Nous sommes retournés dans le Périgord en août 1983 avec Pulchérie qui rivalisait avec RTL à l’arrière de la voiture et à peine arrivés dans notre hôtel fétiche où nous avions réservé, nous avons préparé notre excursion du lendemain pour Sarlat. Sar-lat, Sar-lat, Sar-lat chantonnait l’héritière à l’arrière, dûment chapitrée par son père ravi de la voir si en avance pour parlotter ET chanter ! (ceci juste avant de me demander régulièrement « elle ne va pas se taire ? »)

Pulchérie peut donc répondre à la question fatale, même si elle ne se souvient de rien, dormant dans sa poussette, pendant que nous trouvions Sarlat très bien, mais pas de quoi se relever la nuit non plus pour remercier le ciel.

ELLE EST ALLEE A SARLAT !

Aussitôt rentrés, nous avons pu dire à tout le monde que nous étions allés à Sar-lat. Et bien vous le croirez ou non, mais tout le monde s’en fichait éperdument…

La vie n’est qu’un long calvaire…