L’escargot Léo

L_escargot_L_o_57210837Cette photo illustre parfaitement Pulchérie en train de dessiner. Sauf qu’elle avait des pouettes (couettes) et ne dessinait pas tranquillement assise à une table, ça se saurait… Reste l’air concentré en somme…

(Ceci parce qu’elle m’a adressé il y a peu de temps une vidéo de mon petit fils chéri 🥰 qui écoutait la même chanson que sa mère jadis, et était en extase)

Elle était très en avance pour tout. Je mets ici en garde les parents d’enfants comme elle : arrêtez de l’admirer et de le pousser dans le droit chemin du « doué pour tout », vu qu’il va comprendre « je fais ce que je veux d’abord, puisque que suis cap… » avant le « je t’emmerde t’es nul ».

Parce qu’après ce sont des années à pister le trésor et ses géniales inventions… ou à l’écouter nous faire la morale…

Donc, très en avance sur son âge, Pulchérie savait très bien tenir un crayon de couleur ou juste bêtement HB, ou stylo, ou feutre. Une fois le coup pris, rien ne lui échappait (y compris un stylo plume très cher qui ne s’est jamais remis qu’elle s’en serve 5 minutes, un plume à moi bien sûr, celui d’Albert ayant rejoint sa carte bleue dans la planque du trésor adoré : les après skis d’Albert)

Donc elle dessinait. C’est incroyable le papier qu’elle a pu user. Maintenant qu’elle est militante écologiste je pourrais lui rappeler le nombre d’arbres qui sont DCD par sa faute.

A l’époque elle écoutait donc Anne Sylvestre et ses fabulettes (c’était avant Dorothée !!!) dont une chanson sur l’escargot Léo qui aime l’eau. Elle la chantait très bien, mais un jour Jean Poirotte cet inconscient lui a montré comment dessiner un escargot Léo tout simple. Elle a maîtrisé en 3 secondes l’enroulement diabolique de la coquille d’escargot le reste ne l’intéressait pas, elle faisait juste la coquille…

Moi j’étais en cloque de Delphine, transformée en serpillère moyenne et j’étais ravie qu’elle dessine pendant que je médusais sur le canapé en attendant la mort de chier ma pastèque qui menaçait de faire 300 g de plus que la première (pari tenu, on admire l’accoucheur)

Otite du trésor adoré et chéri, bien entendu. Appel au secours au médecin. Un nouveau à l’époque, qui la sciait parce qu’elle le trouvait BEAU (Delphine d’ailleurs également par la suite, je dois reconnaître que mes filles ont du goût). Du coup elle ne lui gerbait pas dessus, ne hurlait pas pendant qu’il lui examinait les tympans (forcément ensanglantés), se cachait ses futurs seins pendant qu’il stétoscopait et roucoulait quand il lui palpait d’éventuels ganglions, bien présents, (il lui fallait tout de même, beau ou pas,  savoir qu’elle était une emmerdeuse de première pour les ganglions, via sa mère (comme il me l’a dit un jour dans un moment d’odieuse distraction « vous faites des ganglions comme un pommier fait des pommes »)).

A l’époque nous avions avec Albert un grand séjour double. Nous l’avions coupé en deux avec petit coin salle à manger (on mangeait dans la cuisine ou via plateau TV), et grand coin salon.

Le médecin doit rédiger son ordonnance (vu les ganglions et l’état du tympan), je lui avance une chaise dans le coin salle à manger peu utilisé, pour qu’il soit à l’aise sur la table et m’en remplir 3 pages d’une écriture illisible (je ne sais pas si vous avez remarqué mais les médecins écrivent tous très mal, les pharmaciens doivent prendre des leçons spéciales de décryptage sans doute). Sur la chaise de monstrueux escargots dessinés au feutre indélébile (acheté par Albert pour identifier ses boîtes de bricolage et perdu/rangé dans ses après skis qui était la cache à trésor de Pulchérie). Brève stupéfaction de ma part, sourire du médecin quand Pulchérie très souriante et tranquille a déclaré : « c’est papa, je l’ai vu hier… il décore tout ! ».

Il y avait des escargots dessinés sur toutes les chaises… + environ 56 sur la moquette sous le lit de l’héritière en titre… Toujours au feutre indélébile bien sur sinon ce n’est pas drôle du tout. D’ailleurs il était sec quand on la retrouvé…

INTERDICTION FORMELLE DE DESSINER DES ESCARGOTS AILLEURS QUE SUR DU PAPIER ! TU M’ENTENDS PULCHERIE ?

« Vi« . (Cause toujours…)

Déménagement 3 mois plus tard…

On retire le canapé… Une frise d’escargots Léo tout le long du dossier, bien planquée derrière, mais bien là car non lavable… Dans notre chambre idem, quand on a retiré le lit… Dans la sienne pareil (nous avions bien regardé SOUS le lit mais pas derrière). Partout où sa petite main avait pu se glisser (avec le feutre indélébile ou mon crayon khol), il y avait des escargots Léo….

Albert qui était tout fier de notre papier qu’il croyait intact, et des talents de sa fille, s’est collé au papier peint en maudissant Anne Sylvestre et le proprio qui voulait récupérer son appart en l’état. Quant aux talents de sa fille, il n’avait plus qu’à se… Bref, à arrêter d’en être fier.

Je ne sais pas comment il a fait son autoritaire, mais après elle a renoncé aux escargots léo. Elle préférait les éléphants qui trompent énormément… (Jean Poirotte s’en souvenait avec émotion 30 année plus tard, il avait une trompe de gravée sur sa télécommande, l’avait qu’à ne pas laisser traîner sa lime à ongle en métal qui dessine super bien sur la télécommande et chanter n’importe quoi à sa petite fille…)… d’abord…

C’est beau les enfants en avance sur leur âge… (oui, elle n’était pas encore rentrée à l’école, donc elle avait moins de 3 ans, largement…)

Le pire restait à venir… Mais ça vous le savez déjà… Encore que je puisse encore avoir quelques réserves…

la vie n’est qu’un long calvaire…

Comment Charles Hubert a essayé de me tuer… part 2…

Poison_73096502Oui, cela empire… Charles Hubert reste très calme et c’est moi qui appelle mon beau frère pour aller aux urgences. Charles Hubert a perdu son permis de conduire (papier) et ne l’a jamais fait refaire et en plus il est myope comme 4 taupes. Hors de question qu’il conduise ma voiture…

Aux urgences, on me met une perf d’anti-spamodique et d’antalgique. dans une quasie indifférence générale On me fait une prise de sang, et je suis tellement mal que même pas peur d’abord, et je dois passer à la radio. Le temps coule. La douleur s’estompe et les spasmes aussi. Charles Hubert est toujours aussi calme.

La radio ne montre rien de particulier (pas d’occlusion intestinale), les analyses ne sont pas parfaites mais bon ce dont je souffre est psycho somatique paraît-il (c’est pratique, ça sert à tout)… Grave erreur de ma part, je ne regarde pas les résultats de la prise de sang. Je peux sortir avec une ordonnance. Un taxi nous récupère et nous rentrons à la maison.

Charles Hubert s’endort comme un bienheureux non sans me signaler que je ne suis qu’une emmerdeuse qui s’écoute, et moi les spasmes me reprennent. Je vomis à en mourir, je vais mourir… Je vais me coucher dans l’ex chambre des filles avec une cuvette après avoir tout nettoyé sans qu’il n’ouvre un oeil malgré mes appels au secours. J’y laisse mes tripes.

Le lendemain matin Charles Hubert de mauvaise grâce, part m’acheter les médicaments prescrits par les urgences. Il n’a pas que ça à faire. Il va à Paris s’y changer les idées, s’y ressourcer, car il est au chômage lui. Et il me laisse seule après m’avoir fait mon thé du matin… Deuxième « tilt » dans ma tête… Jamais il ne m’a fait mon thé. Il va me le faire 2 ou 3 fois avant la fin…

Je souffre le mardi, le mercredi, le jeudi, le traitement prescrit par les urgences ne fait rien. Je n’en peux plus, Mrs Bibelot qui sait que je ne m’écoute pas, et s’inquiète, me trouve un RV chez un autre médecin qui peut me prendre tout de suite. Elle m’y conduit, je suis incapable de prendre ma voiture.

Le médecin sursaute devant l’analyse faite à l’hôpital « ils vous ont laissé sortir avec ça ? ». Oui. Je jette un oeil. 35000 globules blancs, et rien qui va, les plaquettes en chute libre et je ne parle pas du reste. Il me palpe le ventre. « vous souffrez d’un empoisonnement » me dit-il. Le dernier repas que j’ai pris c’est chez Belle maman. Je l’ai intégralement vomi dans la nuit du lundi au mardi dans ma cuvette donc tardivement… Charles Hubert va bien et belle maman aussi… Il m’indique qu’il va engueuler les urgences un max (ce qu’il fit, j’ai eu une copie de sa lettre incendiaire) et me demande au passage comment je m’entends avec mon mari. Autre « tilt » dans ma tête, dont je ne tiens aucun compte, je ne vois pas le rapport… ‘le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con » dagada tsoin tsoin….

Il me fait une intra veineuse de je ne sais quoi et je ne saurais jamais quoi. Il me prescrit une ordonnance à me faire ficher à la SS (la Sécu !), et me demande de ne manger que ce que j’aurais préparé moi-même. Nouveau « tilt » dans ma tête…

Naïvement tout de même je dis à Charles Hubert que le médecin pense à un « empoisonnement alimentaire ». Il ne moufte pas, mais son regard devient flou. Encore un tilt… Combien faut-il de tilts pour comprendre ? Jusqu’à quel point est-on con ? Qu’importe, le traitement prescrit fonctionne, la piqûre également sans doute, je suis guérie, et quand on s’est senti au bord du décès, se sentir guéri, cesser de souffrir, c’est le top du top.

3 semaines après, je découvre que Charles Hubert me trompe avec une américaine rencontrée le soir où il a découché. Je pars en Egypte avec Pulchérie pour y réfléchir tranquille (et tout haut, la pauvre) ; et en rentrant d’Egypte je le flanque à la porte devant son comportement… Et manu militari, je précise, 1,84 m ou pas, il a dégagé fissa. Telle une image d’Epinal, j’avais pris à la main le rouleau à pâtisserie…

Et le temps passe. Il m’a laissé un bordel pas possible que je trie dans la mesure où je dois garder ses affaires pendant 18 mois après le prononcé du divorce.

Je trie, je mets en cartons (bonne poire, mais bon c’était pour qu’il en embarque le plus possible à chaque visite), et un beau jour dans la cave, dans un de ses sacs plastiques, un flacon curieux.

Un liquide rose. Rose comme les granulés de mort aux rats dans la cave, il y a d’ailleurs des granulés dans le sac plastique, les tilts reviennent tout à coup, le puzzle se met en place, je comprends tout, j’admets enfin ce que mon inconscient avait soupçonné. Il y a de plus, un post it avec sa glorieuse écriture : 20 gouttes par jour avant la totalité de la dilution…

Pourquoi ? Parce qu’il croyait avoir l’usufruit de l’appartement. Que je lui avais retiré depuis qu’il était odieux, sans le lui dire. Parce qu’il héritait d’un quart de mes biens et que mon appartement vaut de l’argent. Parce que c’était un fou et un assassin en puissance. Il se voyait installant son américaine chez moi pour lui faire plein d’enfants…

Et bon, j’ai eu de la chance, mon organisme a réagit violemment aux « quelques gouttes ». Quand je lui ai dit que le deuxième médecin m’avait parlé d’empoisonnement (en toute innocence), il a pris peur sans doute… Et arrêté de mettre les quelques gouttes dans mon alimentation quotidienne (mon lait en particulier dont il ne buvait pas, préférant le 1/2 écrémé lui, et dont je ne peux me passer dans du thé, thé qu’il m’a fait plusieurs fois quand mon lait venait à manquer).

Je garde le flacon… Je ne sais pas ce qu’il vaut, mais je pense qu’il vaut quelque chose. Et je revois encore le médecin me demandant comment je m’entendais avec mon mari. Il ne pensait pas à un empoisonnement alimentaire. Il avait son idée… Il aurait dû me causer un peu plus directement, j’étais finalement prête à voir tous mes « tilts » se télescoper pour faire une idée réelle même si monstrueuse. Finalement, il y a un moment où l’on sait, mais où l’on refuse d’y croire…

Je pense qu’il s’en souvient…

Quant à moi j’ai toujours rêvé de faire femme fatale mais pas celle que l’on empoisonne

La vie n’est qu’un long calvaire parsemée ça et là de mort aux rats…

SINON : Petit PS : j’ai réussi à faire analyser le produit en respectant les empreintes digitales d’Albert. Il y avait autre chose que de la mort au rat, mais le but de mon blog n’est pas de révéler les secrets de certains empoisonneurs…

Et la suite sera : comment je me suis vengée…

Comment Charles Hubert a essayé de me tuer… Part 1…

Poison_73096502Ceci est une reedition, parce qu’après je vous dirai comment je me suis vengée de ce salaud…

Je me suis remariée (quelle idée aussi que de se REmarier !) avec Charles Hubert en juin 2002.

Retour du voyage de noces au Kenya, et voiloù Charles Hubert décidé à jouer les militants syndiqués au boulot (boulot merdique, mais qu’il tenait depuis 15 ans en étant payé bien plus cher que moi, avec (mais je l’ai découvert trop tard) des chefs plus qu’indugents). Bilan, après 3 mois de luttes idiotes me plombant la santé (il était incapable de se débrouiller tout seul, même avec internenette, et je lui faisais tous ses courriers vu qu’il faisait tout pour se faire virer, donc il faisait jouer ma connaissance en droit du travail et certains employeurs écrivent vraiment n’importe quoi) : licenciement et me voici avec un époux au chômage et le vivant très mal. Il s’était vu portant le drapeau des trois glorieuses (sans les nénés de la nana qui porte le drapeau sur le tableau, et dont je pensais petite, que c’était une des trois glorieuses, je cherchais les deux autres) et n’était plus qu’à errer à la maison en ne faisant même pas le ménage (surtout pas, ça aurait pu le tuer).

Fin 2003 très gros problème familial. Priorité absolue à ce problème. Le mari et ses états d’âme je les mets de côté, mais non pas parce que je ne l’aime pas (encore que, maintenant je me pose la question de savoir si je l’aimais encore, ou pas, ou si j’aimais croire que je l’aimais (z’avez qu’à suivre d’abord…).

Parce qu’il dit être adulte alors qu’il ne peut rien faire sans moi sauf, avec un temps de retard, ses envois de mails. Car sa recherche de boulot, il la fait n’importe comment, c’est du n’importe quoi, des mails dantesques bourrés de fautes qu’il envoie n’importe où à n’importe qui, qu’il me demande de corriger. C’est le syndrôme « Cyrano ». Les employeurs convoquent celui qui a écrit qui est moi en fait…

Mes conseils pour être lui il ne veut pas les écouter. Il est au chômage et commence à crier « tu ne sais pas ce que c’est ». Si je sais, j’ai vécu. Mais j’ai écouté les conseils moi. Le bilan il me faut le faire tout à coup (enfin petit à petit) : il n’est bon à rien. Sa place qu’il tenait depuis 15 ans se résumait à ouvrir le courrier le matin et l’affranchir le soir… Il l’a perdue bêtement en se prenant pour un révolutionnaire et en plus il me pourrit la vie. Je découvre qu’il m’a mentit sur son poste réel au travers des débats prud’hommes qui se déroulent. J’assume mon boulot, la maladie de l’âme d’un proche, mon mari malade tout court.

Le temps passe. Le problème familial s’estompe. Je suis seule avec Charles Hubert qui devient de plus en plus imbuvable. C’est l’enfer. La dépression me guette depuis un petit moment. Je me soigne. Je dois continuer à bosser.  Je dois être forte. Je dois ignorer ses cris perpétuels « je suis au chômage, tu ne sais pas ce que c’est« . Il est fiché chez les voisins, on me regarde avec pitié. Je déteste. Moi du coup, on me soigne, car je suis au bout du bout du rouleau. Je suis au bord du gouffre, je n’ai plus qu’à faire un grand pas en avant…

Il veut que nous partions en voyage pendant mes congés. Je m’y oppose : nous n’avons pas l’argent. « On empruntera, je suis toujours parti en voyage ». Je ne cède pas. Et puis vient un soir de juillet, un samedi, qu’il va passer à Paris toutes les semaines. A bien y regarder il va à Paris tous les après midi. Soi-disant pour s’y distraire. J’apprendrai la vérité trop tard.

Ce dernier samedi de juillet, il ne rentre pas. 3 messages sur le répondeur. Il a rencontré des gens sympas, il rentrera plus tard (je ne suis pas rentrée de la piscine où je suis à la recherche d’une vraie détente avec meilleure amie). Il s’incruste avec les gens sympas il rentrera par le dernier train (je suis sous la douche déchlorante). Il a raté le dernier train, il rentrera par le premier (je dors).

Il rentre le dimanche matin vers 6 H 30, haineux en me voyant dans le séjour à me torturer l’esprit. Il file se coucher direct.

Si c’était à refaire, je fouillerais son porte feuille. Mais voyez-vous, votre sorcière est une sorcière stupide. Elle avait confiance tout de même… Elle n’a pas enquêté. Le dimanche en se levant il a adopté la tactique du « j’attaque avant l’autre ». Pour me hurler qu’il avait rencontré des gens BIENS, qu’il avait eu l’impression d’exister ENFIN depuis longtemps. Et il est parti faire son jogging avec son porte feuille, ce qui m’a semblé louche, me laissant donc très mal… Pas le temps de me remettre de tout pour y voir clair. Même ma psy s’est faite avoir sur ce coup là…

15 août je suis en congés. Le samedi nous allons diner chez sa mère qui sent un léger malaise mais juste léger entre son fils et moi. Le dimanche passe. Le lundi matin je suis prise soudain de spasmes atroces dans le ventre. Je vais mourir. Charles Hubert reste de marbre, alors que d’ordinaire quand j’ai un pêt de travers il est prêt à alerter le samu. Premier « tilt » dans ma tête. Il regarde les jeux olympiques pendant que je me tords de douleurs. Je cherche un médecin, le docteur Acromion étant en congés. J’en trouve un qui accepte de me prendre « entre deux ». En fait en voyant mon visage livide et couvert de sueur il me prendra tout de suite. Il me prescrit un anti spasmodique qui doit agir vite. S’il n’agit pas il m’intime l’ordre d’aller aux urgences. J’ai 3 heures devant moi. Ca ne passe pas. Ca empire….

Et Charles Hubert regarde la TV… Les jeux olympiques c’est important…

Les filles ça drague et ça récolte

R_colte_57634080Il arrive un moment où la fille récolte ce qu’elle a semé. Soyez heureux si elle a conservé toutes ses petites culottes au passage (je parlais de semer), signe que vous n’avez pas tout raté (l’honneur de la famille est sauf).

Un beau jour la grande ne marche plus, elle est en lévitation perpétuelle. Elle chantonne « nananère » en gambadant dans l’appartement, embrasse la glace de l’entrée, de préférence avec du gloss, et sautille jusqu’à la gare en chemisier léger en plein mois de janvier, style « Bambi au printemps qui rencontre Faline (NAN ce n’était pas line quand j’étais petite) sans attraper de bronchite… Elle sourit béatement à tout (voire même : niaisement), dit oui pour vider le lave vaisselle et s’exécute toujours en chantonnant, l’air ailleurs. C’est louche… Même pour une mère sans intuition (que vous êtes) encore qu’avoir loupé les épisodes précédents est signe d’une certaine distraction.

La cadette couve sa soeur d’un regard maternel et heureux. Se dérobe à toutes questions « ma soeur ne lévite pas elle marche » « pour un mois de janvier il fait doux » (ah bon et pourquoi prend-elle une doudoune ?), « c’est moi qui ai vidé le lave vaisselle et embrassé la glace de l’entrée » « ah bon elle chante ? je n’avais pas remarqué ».

Bon, on sait qu’il y a eu soirée le samedi précédent (boum c’est naze). D’ailleurs manque le plat à flan que je n’ai jamais retrouvé. Et puis un beau soir, surprise ! Maman voici la photo de classe. Devine qui c’est mon amoureux ?

Je teste le style précédent espionné à la jumelle, j’en désigne 3 à la file, et je loupe gendre n° 1. J’avais tort, il s’est incrusté plus de 10 ans pour le plus grand plaisir de tout le monde.

Ces mères : rien dans la tête… et aucune intuition…

Pour Delphine ce fut plus long passé le coup du « cours après moi et attrape moi ». Exit pour elle en effet les garçons s’intéressant : aux voitures, aux motos, aux journaux de cul, au foot et aux jeux vidéo (les rangs se creusaient donc, je ne vous raconte même pas, vous imaginez, restait un naze boutonneux à QI 50 qui ne connaissait rien de tout cela).

Et un jour : « je ne viendrai pas ce WE avec mon air bag de linge sale je vais voir Joséphine à Nantes » « Non je ne peux pas venir à l’anniversaire de tonton, Joséphine déprime à Nantes » « Je vais voir Jo à Nantes »…

Je me suis demandée si Joséphine n’avait pas des moustaches. Et bien si… Elle l’a avouée alors que je l’ai prise en traitre (hou la vilaine) « t’as un copain à Nantes ? ». Sourire figé, mais trop tard j’avais lu la réponse dans ses yeux.

Gendre n° 2… Qui a demandé à me rencontrer ayant déjà fait la connaissance d’Albert. Pauvre garçon, il ne savait pas ce qui l’attendait…. Même s’il a déjà vu les deux soeurs ensemble + la cousine. Rajoutez la mère un peu déjantée (une sorcière en plus) par là dessus, c’est l’épreuve dont on ne sort indemne que si l’on est bon à rentrer dans la famille.

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les filles ça drague : épisode 2

Drague_4Ayant intégré une bande de jeunes, à elles toute seule et se fendant la gueule (c’est quelle chanson divine ça ?), les filles continuaient la drague, avec quelques variantes et méthodes éprouvées et éprouvantes pour les proches.

Généralement cela n’allait pas sans frictions surtout un certain été, la bande de Delphine étant bien présente alors que celle de Pulchérie avait émigré vers le Touquet (les vaches !). D’où engueulades des soeurs (une raison de plus, ça manquait), Delphine refusant d’intégrer sa soeur dans sa bande à elle (ben je pouvais comprendre…)

Pulchérie était toute seeeeuuuule dans l’appartement, et ne supportait pas d’être seeeeuuuuule (il lui a fallu du temps pour refermer la porte des toilettes et s’isoler). Sa soeur n’avait pas envie de l’emmener avec elle, d’où échange de courriers diaboliques qui les font mourir de rire maintenant (grosse truie boutonneuse et ses petits cons – M’en fous connasse même pas capable d’écrire correctement – et blabli blabla tu fais des fautes d’orthographe conne que tu es… et gnagnagnia et gnagnagnia)

Pulchérie me piquait mon camescope sans agrément de ma part, pour filmer sa journée (lever 12 H 30 dans la douleur – SUPER ! (moi je pointais à 8 H 30)), toasts qui sautent du grille pain dans une absolue mélancolie, passage aux petits coins (porte fermée), et air abandonné de la minette devant la TV (tous des nazes) après le bain filmé dans son intégralité (le film du siècle Cameron n’a toujours pas osé). Tout ceci pendant que Delphine testait son potentiel de séduction sur Alphonse faisant partie de la bande de jeunes.

Elle était d’une ruse diabolique. Pour voir si elle lui plaisait, dès qu’il se rapprochait d’elle pendant la promenade, elle fichait le camp pour vérifier s’il allait la suivre. Ben non hein ! A force de la faire fuir il en a fait autant, mais c’était tant mieux « maman c’était un gros con » (ne pas oublier les trémolos dans la voix c’est important). Ce plan fuite ne donne aucun résultat, à moins de tomber sur un mâle têtu et déterminé (ça existe et ça s’appelle un satyre).

« Bien fait pour toi ! » glapissait l’esseulée, en ricanant et visionnant le film du siècle tout en cherchant une cassette pour filmer le lendemain morne… Ambiance du soir, espoir… Et confessions de filles, je m’esquive…

Elles reprenaient leurs activités de drague à la rentrée : on n’est jamais mieux servies qu’au collège ou au lycée, où la matière première est très présente et très repérable. L’éducation nationale devenait très attractive subitement.

A moi les sanglots longs des violons de l’automne, blessant leur coeur d’une langueur monotone le WE où l’élu était cruellement au loin (leur restait à faire les devoirs pour l’épater par autant de brio, lundi en maths dès la première heure). Elles n’avaient plus qu’à chuchoter dans le téléphone avec les amies de coeur pour mettre au point la tactique infaillible (qui n’existe pas) en faisant les pieds au mur (z’avez qu’à suivre).

Les vacances scolaires n’étaient plus pour elles qu’un long désert avant la rentrée espérée… A moi les airs tristes à mourir, la mélancolie, la langueur débutante insensible aux crèpes, l’attente devant le coup de fil impossible et surtout de la rentrée qui les voyait partir le matin, gambadant sous la bise glacée de février : c’est la rentréééééeee !

Les amoureux dans la même classe que la fille, sont un calvaire pour la mère… D’ailleurs ça laisse des traces (y’a qu’à me lire).

D’ailleurs la vie n’est qu’un long calvaire tout court

Les filles ça drague : épisode 1

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Arrive le moment tant attendu (on espère ce jour depuis l’entrée en maternelle) où la fille décide de passer à l’action lasse qu’elle est de contempler des posters et ses copains de classe en soupirant.

Le tempérament intervient bien entendu : timide, rentre dedans, passif, mais elle va en passer par les étapes suivantes :

  • Repérage du mâle, accidentellement parfois (le répérage c’est la clef de tout, y compris et surtout en temps de guerre (où y a-t-il des patates ?), et là c’en est une)

  • Pistage du mâle pour savoir où il habite (important également le pistage pour bouffer en temps de guerre et d’occupation : trouver la planque à patates),

  • Se faire repérer du mâle sans pisser partout (ben quoi, c’est comme cela que cela se fait à 99 % des cas pour les mammifères : on laisse des traces, Monsieur suit la piste)

  • Créer plein d’occasion pour des rencontres « tout à fait par hasard »

Pulchérie était donc tombée sur une bombe, un petit con brun à l’oeil torve qui habitait le pavillon donnant sur la pelouse donnant sur nos fenêtres de chambres (suivez un peu, et visualisez, j’ai la flemme de faire un plan). Une fois le mâle repéré, il fallait qu’il repère qu’il y avait des filles (surtout elle) dans le troisième appartement à droite en partant de la façade de l’immeuble gauche (forcément a droite il y a un petit bois)

Plan A : espionnage intensif du pavillon occupé par une famille normale, sauf le petit con. Pour se faire comment je pique les jumelles de mon grand père et que je me planque dans la chambre de maman (premier hiver, voir « conseils utiles aux ignorants… ») pour repérer ses habitudes et les heures où il est dans sa chambre.

Plan B : se montrer à la fenêtre aux heures où il est dans sa chambre. Et que je te secoue les couettes, housses de couettes, taies d’oreillers, oreillers, par la fenêtre. Et que je mets des posters dans la chambre, bien debout sur mon lit en tenue séduisante, pour qu’il visualise bien. Ceci avec la complicité de sa soeur boulottant des kiwis debout sur son lit pour être également dans le champ de vision du petit con…

Filles repérées. A lui l’honneur. Il fait appel à un copain, le concept de la bande étant important pour les plans drague, et puis il y a deux filles… Difficile de faire de la mobylette cross sur la pelouse donnant sur la chambre des filles sans déclencher l’alerte rouge coté syndic. Donc, 40 passages par jour de la mobylette vrombissante et pétaradante, sous le balcon côté salon, brusquement investi par les filles volontaires pour arroser les géraniums (une corvée de moins, des emmerdes en vue). 40 passages par jour à risquer leur vie à regarder surtout le balcon et pas où ils allaient, pour vérifier qu’ils était bien repérés (pauvres innocents, se prenant pour des prédateurs alors qu’ils n’étaient que les proies). Combien de fois avons nous craint de les voir se rétamer sur le bitume (enfin surtout les filles, moi je n’attendais que cela, j’étais morte de rire, d’autant qu’elles n’étaient même pas discrètes, comptant sur mon  soutien).

Débarque la cousiiiiine pour 8 jours (heures exquises) qui elle, ne se contente pas de ruses, mais attaque direct. Déjà secouer les cousines, ça dure depuis trop longtemps, sortir, et se montrer dans la rue le plus possible. A l’époque j’avais l’épaule en Louis XV (je vous raconterai, c’était à mourir de rire surtout 10 ans après) et du mal à les faire sortir pour acheter une baguette. Les envoyer à Rampion était autrement fortiche « de quoi je vais avoir l’air avec des sacs plastiques pleins de courses ? ». Ne pas répondre « d’une gentille fille qui aide sa mère ». Faire des courses c’est ringard et point barre… Elles n’allaient donc faire des courses que munies d’un immense sac à dos pour dissimuler leurs turpitudes, et sous la menace de représailles sanglantes, ou de me voir vomir du vert fluo.

Tout à coup, miracle « on peut te faire les courses ? ». Exit 3 créatures éblouissantes pour feinter le gérant de chez Rampion sans doute. Compter une heure pour l’aller et retour, avec le bruit de la mobylette diabolique s’estompant comme par hasard avec le départ du trio et revenant avec lui. Zut on a oublié le pain, on y retourne, mais c’est pas grave maman chériiiie !. Et puis comme disait la cousine, par un si beau temps, pourquoi rester dans la chambre, alors qu’on serait si bien dehors, sur la pelouse donnant sur le pavillon du petit con qui aura une vue plongeante sur nous ?

Piques niques sur la pelouse et ras le bol des voisins à les entendre glousser, mais les garçons n’étaient pas entreprenants et se contentaient de les contempler par la fenêtre qu’elles regardaient discrètement 15 fois la minute.

Hivers n° 2 et chute de neige. Et qui vient donc se battre à coup de boules de neige, sur la pelouse recouverte et juste sous les fenêtres des filles ? Le petit con et son copain. Pas de bol : une boule de neige malencontreuse dans la vitre des filles. Ouverture de la fenêtre avant le bris de glace définitif, discussion. Et voilà mes mignonnes qui quittent l’appartement habillées en inuits et en urgence « on va faire un bonhomme de neige, on n’est pas pressées de dîner »….

La glace était rompue… Moi aussi…

Les fifi-tesques aventures (part 4)

Je rentre du lycée un beau jour, alors que le fifi fait partie de notre vie depuis déjà plus de 2 ans et demi, pour retrouver Mrs Bibelot dans tous ses états. Le fifi a disparu.

Elle ne voit pas comment : jamais la porte fenêtre n’est ouverte sans que l’on ne s’assure qu’il(elle) est bien dans sa cage. Depuis le matin pas de fifi. Elle a fait exprès de ne pas lui mettre d’eau dans sa cage. Car le fifi a son truc à lui(elle) quand il n’a plus d’eau. Il va se poser dans l’évier en acier inox et il cogne avec son bec. Il a très bien repéré que rapidement quelqu’un vient lui donner à boire. Là rien, pas de nouvelles…

Nous bougeons les meubles et surtout le frigo sur lequel il(elle) aime bien se poser. Rien…

Le lendemain matin, toute la famille est sombre. C’est l’hiver, si le fifi a réussi à s’enfuir, quelle nuit a-t-il passé ? Maman met la cage sur le balcon. Rien. Parfois elle sent sa raison vaciller, il lui semble entendre un bruissement d’aile quelque part dans la cuisine. Combien de fois déplacera-t-on le frigo et les meubles derrière lesquels il aurait pu tomber ? 2 jours se passent encore. Le fifi ne reviendra plus, et nous ne savons pas ce qui lui est advenu…

Je rentre du lycée comme tous les jours, là mon frère ravi me demande d’aller voir dans la cuisine. Il y a une surprise : dans sa cage, dans son nid, dormant un peu, le fifi est là et bien là… pâle et amaigri et mort plus qu’à moitié… Mais c’est bien lui. Maman lui a mis à boire tout à côté de lui et il n’arrête pas d’aller s’abreuver avant de se recoucher.

Un bruit l’après midi… Maman est certaine de l’avoir entendu. Elle à dit « fifi fifi », mais le fifi a l’habitude de se tapir quand on l’appelle et dans sa situation c’était un peu couillon… Mais là elle est certaine et entêtée, elle n’est pas folle, elle a bien entendu un bruit d’ailes. Mon frère est là, il déplace à nouveau le réfrigérateur d’où le bruit semblait venir. Rien. Il tire le frigo un peu plus et là : « je la vois ! ». Coincé le fifi, entre le corps du frigo et les jolies circonvolutions qui font du chaud pour nous faire du froid.

Ils le sortent de là. Le fifi n’est pas blessé, mais d’après mon frère et ma mère, il s’évanouit dans leur main. Plus de 3 jours sans manger et surtout boire, le long d’un serpentin qui chauffe… Ma mère empoigne à nouveau son compte goutte pour hydrater l’oiseau. Ce serait tellement bête qu’il meure maintenant le fifi. Mais non, il ne va pas mourir tout de suite. Il accepte d’aller dans sa cage où il s’abreuve pendant 3 heures.

Tout le monde rentre à tour de rôle. C’est la joie (oui nous sommes très intelligents…) et du coup, nous, pendant que le fifi recommence à manger, Mrs Bibelot nous fait du riz au lait que nous adorons tous.

Le fifi n’a plus jamais remis ses pattes sur le frigo. Nous n’avons jamais sû comment il s’en était cassé une, vilainement, un an plus tard. Nous avons essayé de lui mettre une attelle, nous l’avons emmené chez le vétérinaire, mais il n’y avait rien à faire, qu’à lui épargner de perdre son sang jusqu’à la mort…

Et cette alouette qui se perchait sur les meubles, se penchait pour nous faire « cui » d’un air ironique, qui se couchait dans nos bouquets de fleurs (véridique), qui se posait sur notre épaule, qui nous picorait la joue, qui demandait à boire en tapant dans l’évier, qui décrochait les crayons, qui lançait sa trille pendant que le lave vaisselle fonctionnait, et bien…

Nous l’avons pleurée.

D’ailleurs c’est devant le chagrin qu’elle laissait derrière elle que mes parents ont pris un épagneul breton qui a vécu, vous l’imaginez, un véritable d’enfer…

Les fifi-tesques aventures (part 3)

Donc le fifi en ce mois d’août 1975, passait une partie de sa vie dans la salle de bain/WC et dans le cerisier.

Jusqu’au matin où il accueillit le premier levé (mon grand-père), par un vol curieux, avec comme un roucoulement dans le pioupioutement. Le fifi se posa sur le bord du lavabo en causant un peu et en lui faisant des avances. Idem pour tous les membres de la famille. Survol, roucoulement, avances.

Pendant une période creuse, le fifi déchiqueta un rouleau de PQ et commença à faire son nid ailleurs que dans sa cage, dans un endroit choisi par lui qui nous coupait une des entrées de la salle de bain/WC… Question existentielle : le mâle fait-il le nid comme sa femelle ? Normalement ils s’y mettent à deux. Prévoir du PQ de rab. Condamner la porte fatale pour ne pas mettre un pied sur le nid, et non nous ne sommes pas gâteux avec les animaux… L’oiseau continuait à s’activer autour de nous en roucoulant (pour une alouette c’est un comble), et avec du PQ déchiqueté plein le bec.

Et puis un autre beau matin, voici le fifi bien installé sur son nid (nous le laissions lâché la nuit car laisser son nid pour aller dans sa cage semblait le désobliger, il nous injuriait du haut du meuble de salle de bain comme pas possible quand nous voulions l’attraper).

Il finit par aller manger dans sa cage, nous révélant 2 oeufs très jolis, mais bien entendu clairs…

Le fifi était donc une fifille… Ma petite soeur demanda si nous étions certains et mon grand père peu aimable avec les adolescents lui demanda si elle avait déjà vu des coqs pondre des oeufs… N’empêche que cela restait le fifi.

Au bout d’une dizaine de jours à couver, le fifi sentit que quelque chose n’allait pas. Il écoutait les oeufs d’un air pensif parfois, se remettait dessus d’un air absorbé, puis laissa tomber pour retourner dans sa cage ou voler un peu partout, comme il le pouvait…

Nous avons gardé les oeufs et le petit nid longtemps… C’était trop mignon à voir.

Les fifi-tesques aventures (part 2)

Nous avions recueilli le fifi en août. En juillet suivant, il partit avec nous pour les Sables d’Olonne où nous devions passer le mois de juillet. Il pioupiouta dans la voiture que cela faisait bien longtemps qu’il était enfermé et bouda en arrivant, quand nous l’avons installé dans la cuisine en ouvrant la porte de sa cage. « Non je ne sortirai pas puisque c’est comme ça », semblait-il dire, tout en mettant un bec à la porte pour inspecter les alentours.

C’était un stress constant qu’il ne s’échappe pas. Pendant longtemps, tout le monde a eu le réflexe de fermer la porte de la cuisine. Mais c’était un oiseau réellement apprivoisé, qui venait se percher sur notre épaule, venait dans la main, et nous picorait affectueusement la joue (en cherchant des insectes, allez savoir…)

Mrs tricot avait installé un carnet et un crayon pour les listes de courses, accrochés à un clou planté dans un meuble. Plusieurs fois par jour, elle retrouvait le crayon sur la cage du fifi, sans comprendre : elle l’avait tout de même bien accroché avec sa ficelle. Nous pouvions tous en attester : la maison était hantée…

Le hanteur fut trouvé tout à fait par hasard, alors que Mrs Bibelot faisait les poussières du passe plat. Le fifi ne la voyait pas. Elle le vit parfaitement bien. Et je m’envole sur le meuble de cuisine de droite. Et je me pose. Et je penche la tête. Et je regarde à droite et à gauche, et hop, j’attrape la ficelle du crayon et je le regarde tomber sur ma cage. Ca fait du bruit, c’est rigolo. Et c’est rigolo aussi la personne qui s’exclame que le crayon est encore tombé et le raccroche. Petite tête penchée pour tout bien regarder…

Nous avons passé un mois à raccrocher le crayon et à l’espionner par le passe-plat (sommes nous intelligents tout de même…). Il s’amusait tellement (et nous donc !)

Mois suivant chez mon grand père. Remettre le fifi qui a un an en liberté ou non ? Tentative. On accroche la cage dans le cerisier en ouvrant la porte. Le fifi sort et s’envole. Tout le monde pleure, mais c’est mieux pour lui non ? Il va pouvoir voler le plus haut possible, faire ce qu’il veut, vivre sa vie d’alouette sans être brimé par une cage.

Râté. A 17 H, après 3 heures d’absence, le fifi est de retour dans sa cage et nous regarde d’un air de dire qu’on ne l’y reprendra pas…

Pour avoir la paix et sans se traumatiser, car il était en liberté dans la salle de bain/WC forcément fréquentée, l’idéal était de le mettre dans le cerisier et d’ouvrir la porte de la cage. Là, il se couchait dans son nid (ben oui, il avait un nid douillet) en nous avertissant tous qu’il ne sortirait pas…

Sacré fifi qui nous en réservait une belle…