T comme Téléphone : moi, 2 filles et 1 seul téléphone

Adolescente_au_t_l_phoneEpoque préhistorique où le portable faisait une timide percée et où je me suis retrouvée dans mon appartement avec Pulchérie et Delphine en pleine crise d’adolescence et seulement une ligne et un téléphone.

Téléphone bien sûr avec cordon…

Je pensais que ce téléphone était ma propriété, puisque j’en réglais la facture. J’avais tort.

A la première sonnerie, bruit de cataclysme dans la chambre des filles (zut tout s’écroule), ouverture sauvage de la porte et double précipitation sur l’appareil à grand coup de « c’est moi ! » « non c’est moi connasse ! » (sinon elles s’entendaient bien et s’entendent toujours bien). J’arrivais toujours trop tard. Quand c’était pour moi, elles me tendaient l’appareil avec réprobation et retournaient faire semblant de faire leurs devoirs.

Malheur à moi si je m’attardais à compatir aux malheurs de Fernande pendant 2 heures. Regardant d’un oeil la télé et me jetant l’autre très noir, elles me faisaient bien comprendre qu’elles attendaient elles aussi éventuellement un appel, voire même plusieurs.

Cas n° 1, appel pour Pulchérie. Delphine retournait dans sa chambre éplucher un kiwi en claquant la porte (les voisiiiinnnnsss !!!!). Pulchérie utilisait un langage codé que je comprenais parfaitement, ayant eu le même avec ma meilleure amie, Mrs Bibelot n°2. Du coup l’ayant compris elle m’enfermait dans la cuisine, s’asseyait par terre, coincée par la longueur du fil (oui, ce n’était même pas un sans fil, ayant eu des déboires avec le premier, antique, j’étais contre), chuchotait à m’en faire rappeler les locomotives à vapeur de mon enfance, et raccrochait au bout de 2 heures. Elle trouvait donc le repas froid et sa soeur hystérique qui avait dû louper au moins 4 appels. S’ensuivaient des échanges délicieux dont les voisins pouvaient profiter (curieusement je ne les entendais plus s’engueuler…).

Cas n° 2, appel pour Delphine. Pulchérie retournait dans sa chambre potasser ses maths en claquant la porte. Delphine s’allongeait par terre et chuchotait à son tour, tout en changeant de position toutes les 30 secondes à peu près. A plat ventre, sur le côté en se grattant le pied, sur le dos les jambes en l’air, reptations illimitées, pour terminer les jambes en l’air appuyées sur le mur (d’où la photo d’illustration). Elle raccrochait au bout de 2 heures et retrouvait sa soeur hystérique et le repas froid elle aussi. Elle s’en fichait totalement, mangeant de tout, à l’époque, et dans tous les états. Bien évidemment elle rétorquait à sa soeur et en faisait profiter les voisins, mais je m’en fichais, le film ayant commencé.

Delphine était la championne toute catégorie du « je me précipite sur le téléphone sitôt rentrée à la maison », (comme moi jadis et cela tapait sur le système de maman, je ne me demande plus pourquoi).

A savoir que Delphine était partie pour le collège le matin avec Marine. Qu’elle y avait passé la journée, toujours avec Marine, qu’elles rentraient ensembles, l’autre habitant quasi en face, parlottaient 2 heures en bas de l’immeuble. Le temps de monter l’escalier, de se poser (compter 1 minute 60 maximum), elle se ruait sur le téléphone pour appeler Marine et commençait sa gymnastique.

Ayant besoin de l’appareil pour mon propre usage, j’étais dans l’obligation de tourner à la mère indigne et d’exiger un « raccroche immédiatement où c’est la baffe, j’ai besoin du téléphone », quand j’attendais un appel ou éprouvait le besoin d’en passer un.

Elles raccrochaient donc, l’une et l’autre me fusillant du regard et quittant la pièce avec un air de princesse outragée très au point. Je prenais donc le téléphone, m’apprêtais à décrocher quand drrriiiiinnnnng !

L’appel attendu ? Non Mrs Bibelot me signalant que ma ligne avait été en dérangement pendant 3 heures, où cela avait sonné occupé pour elle tout le temps. « Mais puisque je t’ai en ligne ma chérie »…

Les deux filles se rongeant les poings dans leur chambre…

1 téléphone par personne de sexe féminin, c’est un minimum…

Est venue l’époque du portable où seule Delphine demeurait à la maison (snif). Hors à l’époque appeler un portable d’un fixe c’était la ruine garantie. J’ai d’ailleurs reçu une note de 1 500 F un jour et demandé à France Télécom « j’exige des explications ». J’ai reçu la facture détaillée et crisé à la vue du nombre d’appels que Delphine avait pu passer sur des portables. Facturation détaillée donc, et achat d’un sans fil que je pouvais coder pour interdire l’accès à certains numéros (je n’ai jamais réussi à bloquer le fatidique 06, mais la facture a fait une chute libre quand j’ai précisé à Delphine qu’il y avait un espionneur de numéros composés sur ce téléphone).

Pas grave, munie du sans fil, quand on l’appelait, elle pouvait faire les pieds au mur ou la chandelle dans sa chambre pendant des heures, à l’abri d’oreilles indiscrètes (moi) (d’où la photographie d’illustration) jusqu’à complet déchargement des batteries.

Maintenant je n’ai bien évidement plus la facturation détaillée… mais tout de même, ma facture a dégringolé significativement après le départ de ma dernière fille…

La vie n’est qu’un long calvaire…

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui adore téléphoner

t_l_phone_r_troJe ne vous referai pas le coup des croisades. Une autre fois peut-être mais pour un autre sujet.

Donc nous avons laissé là Albert et sa phobie du téléphone pour rencontrer l’homme qui aime bien téléphoner. Comme une femme quoi et c’est lassant ! Usant ! Flippant !

C’est Charles Hubert m’appelant 15 fois par jour (au boulot c’est  mieux) pour me dire :

  • Rien de spécial (!)

  • Le facteur est passé, pas de courrier…

  • Au fait j’ai oublié de te dire… (liste non exhaustive de ce qui peut attendre le soir)

  • Comment ça je te dérange ?

  • J’en ai marre d’être au chômage et de devoir t’appeler à ton boulot

  • Je te prends des carottes râpées ? il n’y en a plus (ben il me les prendra de toutes manières)

  • Je viens d’avoir Pulchérie, elle te rappelle au boulot. Ah tu es déjà en ligne avec elle ? Je voulais juste te prévenir

  • Rien sur les petites annonces Internet. Ah je te dérange encore ? On voit bien que tu ne sais pas ce que c’est qu’être au chômage (ben si j’ai su)

  • Comment on fait avec l’aspirateur ? Le brancher ? Oui bien sûr…

  • Qu’appelle-tu exactement : passer la serpillère dans la cuisine ? J’ai pris un torchon et le balais, c’est un peu mouillé mais quand tu rentreras ce sera sec. Quel produit ? Non j’ai juste pris de l’eau

  • Le chat n’arrête pas de miauler je ne sais pas quoi faire. Non il n’a pas l’air malade.

  • Toujours rien de spécial

Le pire c’est l’accro du téléphone au boulot. Il a 3 portables (?) et sa ligne fixe sur laquelle je peux lui transférer ses appels. S’il pouvait se faire greffer un portable à la place du bras gauche, il serait volontaire pour l’expérience (sa femme s’insurge et ses gosses aussi).

Mon ancien patron qui depuis à pris sa retraite (Dieu soit loué, Allah agbar (ne pas me reprendre sur l’orthographe je ne maîtrise que 3 phrases en arabe et non écrites), par Toutatis et tout le tralala)) ne pouvait absolument pas se passer de son portable. Il m’appelait pour un truc bien sûr supra urgent, et passait sous mes yeux éberlués tout en continuant à me causer dans le téléphone : en fait il avait décidé de m’appeler alors qu’il se garait en bas des locaux de la boîte, ne pouvant attendre 15 secondes pour me dire le truc urgent. Et moi le croyant loin, et le voyant passer « au secours le v’là ! Pitié ! A l’aide ! » (je goupillais ses voyages pour qu’il parte bien tôt et revienne bien tard, il s’est toujours étonné de la surcharge dans les trains, avions et autres, à des heures décentes).

Le collègue aux 3 portables avait une spécialité : il filait dans le stock pour vérifier un truc urgent également (c’est toujours urgent, un jour la terre s’arrêtera de tourner) en oubliant ses portables qui bien évidemment en son absence vont bourdonner comme des malades (il aimait bien le mode vibreur pour s’épargner les tympans quand il était déjà en ligne), sauf pour un qui reproduisait l’antique sonnerie du téléphone des années 60 : drrrrrinnnnnng !). Remontant pour prendre connaissance de mes nombreux messages sur le fixe, il prenait connaissance des autres et était in-joi-gnable pendant le reste de la journée. Pour une chantier à 1 million d’Euros, je pardonnais , pour un joint à 10 je m’insurgeais .

Pour le devis à 1 million à traiter en urgence, il était injoignable, ses trois portables me renvoyant sur le répondeur « déjà en ligne ». Il n’avait que deux oreilles et deux bras, à moins que quelque chose ne m’ait échappé.

A la maison (donc on quitte mon chef, et mon collègue déjanté) c’est l’homme qui se précipite sur le fixe (conservé au caz’où) avant nous, ce qui est humiliant parce qu’il nous coiffe toujours au poteau. Pour raccrocher au nez de notre meilleure amie : il attend un appel important rapport à son chantier en cours alors n’est-ce pas…  Qu’elle rappelle dans deux mois… Et son portable bourdonne jusqu’à 23 heures et dès 7 heures du mat.

On reprend le téléphone fixe quand il est parti forer la mer du nord à la recherche de pétrole (original), pour découvrir qu’on en a perdu le mode d’emploi (c’est ballot, mais il a acheté le plus compliqué qu’il pouvait, à lui aucun téléphone ne résiste)

C’est diabolique un homme qui squatte le téléphone…

Et la vie n’est qu’un long calvaire

T comme Téléphone : l’homme et le téléphone : l’homme qui n’aime pas téléphoner

Moyen__geIl y a eu toute une longue histoire sans téléphone. Maintenant on n’imagine même pas que cela ait pu ne pas exister, alors que si l’on regarde de près, dans l’histoire humaine, on vient juste de le découvrir.

Au moyen âge par exemple, Tristan s’en allait pour les croisades en abandonnant Iseult la blonde qui n’attendait que peu de nouvelles, car Tristan devait faire appel à un chevaucheur pour la joindre la poste toute bête n’existant pas non plus.

A savoir que parti depuis 4 mois du Pas de Calais et enfin arrivé à Aigues Mortes pour embarquer vers une terre sainte, Tristan réalisait qu’il n’avait pas dit l’essentiel à Iseult. Il dépêchait donc un chevaucheur à la belle et n’attendait que peu de réponse :

  • Parce que le chevaucheur pouvait croiser une épidémie de peste et s’arrêter là

  • Parce que le même pouvait très bien ne jamais arriver à bon port, les routes n’étant pas sûres (exit le doux billet « ma doulce amie je vous aime » piétiné par un brigand)

  • Parce que si le chevaucheur arrivait à bon port, la réponse d’Iseult (« moi de même mon bel ami, j’ai grande crainte pour votre vie et vous attends avec hâte » (bête en plus la belle, comme s’il pouvait revenir comme cela) pouvait ne jamais parvenir à Tristan pour les raisons suivantes :

  • Parce que Tristan avait laissé une indication vague au chevaucheur « je serai avec les armées du roi » et que le chevaucheur enfin arrivé à bon port au bout d’un an, comme tout homme qui se respecte se refusait à s’enquérir du chemin à suivre. Sinon il aurait sû que Tristan était coincé en crête suite à un détournement de navire et que le roi l’attendait justement et pouvait se charger de la missive.

  • Parce que les dangers étaient les mêmes pour le chevaucheur au retour vers Tristan, avec le courrier précieux (peste, bandits de grands chemin)

Sur l’image c’est Tristan qui revient des croisades au bout de 7 ans, et Iseult en cloque pour la 4ème fois du baron pas fou qui, lui n’était pas parti et lui a fait une cour assidue (Iseult à cédé : le chevaucheur n’était pas arrivé).

Aujourd’hui les routes sont sûres (qu’on croit), et une histoire pareille est à dormir debout, parce qu’il y a le téléphone !

Tristan ayant pris le TGV vous appelle de Marseille (Aigues Mortes est dans les terres maintenant, rapport au Rhône capricieux et son delta) 5 heures après être parti et vous hurle dans les tympans « Je t’aime, j’arrive !). Ceci pour le cas où il n’aurait pas de portable, sinon tout le wagon aurait profité de son amour fou (se déclarant au départ du train et il est coincé dedans jusqu’à Nîmes).

Albert était un champion toutes catégories du « j’aime pas le téléphone ». A notre époque lointaine, il n’y avait que le fixe qu’il décrochait le moins souvent possible. D’ailleurs je m’en chargeais, comme toutes les femmes j’adore le téléphone (sauf au bureau bien sûr, mais c’est pour moi du passé). Et puis, toujours à cette époque lointaine, pas de signal d’appel, pas de sans fil : qui appelait c’était toujours la surprise, et on était coincés sur une chaise l’engin fiché dans l’oreille tout le temps de la conversation.

Parfois Albert était obligé de décrocher l’appareil, moi étant prise ailleurs (tétée, change, bain du bébé, toutes choses qu’on ne peut pas lâcher sur l’heure pour se ruer sur l’engin, les escalopes pouvant bien brûler). Au son de sa voix je savais que cela pouvait être ma mère (une heure, occupes toi des escalopes), ma meilleure amie (deux heures, va voir les escalopes), une copine déprimée (nuit foutue les escalopes aussi). Il haussait le son de la télévision régulièrement pour me rappeler à l’ordre et me demandait exaspéré après raccrochage « mais qu’est-ce que vous pouvez bien avoir à dire pendant des heures !!!! (alors qu’il avait tout entendu)

Parfois il tombait sur son père. S’ensuivait une conversation extraordinaire et grandiose :

  • « Ah papa ! Ca va ?

  • « Ca va et toi ça va ?

  • « Ca va

  • « Bon bah tant mieux, tiens je te passe ta mère »

S’ensuivait un long calvaire pour Albert qui subissait sa mère et essayait de me la refourguer malgré mes dénégations fanatiques (j’aime bien parlotter au téléphone mais pas avec belle maman).

S’il m’appelait c’était pour une urgence extrême : guerre nucléaire, alerte au cyclone, préavis de peste bubonique ou pulmonaire. Sinon, il ne voyait pas l’intérêt du téléphone… Donc il ne s’usait pas l’oreille (sauf quand il agonisait dans son lit et que j’avais eu l’audace de le laisser seul pour aller bosser. Là il pouvait m’appeler 15 fois pour que je suive l’évolution des symptômes et rapplique avec un prêtre)

Il paraît qu’il a un portable maintenant (dixit les filles). Moi j’y crois pô…

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand Charles Hubert a essayé de me tuer : la vengeance…

Et voilà ma vengeance…

Oh bien sûr, cela vous semblera une vengeance moins forte que ce que j’aurais pu faire, mais c’était néanmoins, une bonne vengeance…

Charles Hubert s’était réfugié chez sa mère, au son de « oh non pas chez ma mère, elle est encore plus chiante que toi ». On ne fait pas plus aimable, mais je m’en fichais complètement… De chez sa mère, il avait pris le contrôle de sa boîte mail à elle, il m’envoyait des mails délirants comme il l’étais lui-même… cela allait du : « Mon diabolos mon diabolos, je veux le voiiiir», Au « vu ma nouvelle situation, je me demande, si tu t’amuses bien avec tes copines »…

Quelles copines ? Je me le demandais bien… Et puis il a trouvé un appartement, s’est acheté un nouvel ordinateur, et s’est ouvert une nouvelle boîte mail… Là il m’a fallu trois minutes pour trouver son mot de passe dès que j’ai eu son adresse. Et j’ai attendu…

J’ai d’abord suivi les échanges intéressants qu’il avait avec sa mère… Comme j’avais demandé le divorce, il refusait de me voir lui refuser une prestation compensatoire, que je ne lui devait aucunement (la prestation compensatoire étant destinée en fait , à compenser une baisse significative du niveau de vie). Puis il a reçu un mail de belle maman lui déclarant que (nous étions mariés sous le régime de la communauté réduite aux acquêts) :

« J’ai vu l’avocat de ma boîte, qui m’a assuré que tu avais droit à la moitié de tout absolument tout, la moitié du lit, la moitié de la vaisselle, la moitié des meubles, etc. »…

Bien évidemment c’était totalement faux, et je n’ai rien dit avant notre premier rendez-vous chez notre avocat commun, qui était un ancien de chez mon avocat tordu…

Qui s’est évertué à lui faire comprendre qu’il n’y aurait droit à aucune prestation compensatoire… Peine perdue… C’est alors que j’ai déclaré que du coup je lui réclamerai la moitié de ses indemnités de licenciement qui tombaient dans la communauté

De plus j’avais lu dans un e-mail de belle maman, qu’elle le mettait en garde sur une éventuelle réconciliation avec moi « Pari a du être pris avec les copines, pour qu’elle te ramène chez elle »… vous avez l’explication des copines, ce que j’ai eu moi aussi… D’où son air stupéfait lorsque j’ai demandé à partir, l’avocat devant encore régler une ou deux choses concernant les modalités du divorce, que j’avais moi accepté.

Et puis le divorce a été prononcé, j’aurais dû ne pas lâcher sur ce qu’il me devait, mais j’étais tellement pressé de me débarrasser de lui que j’ai laissé tomber… (je le regrette aujourd’hui mais bon…)

Entre-temps, j’avais lu tous ses mails, je savais qu’il s’était rendu aux États-Unis pour y revoir son américaine, et qu’il s’était fait jeter comme un malpropre ! BIEN FAIT !

Il en revenait d’ailleurs au moment de ce rendez-vous avec l’avocat… D’où son abattement certain (hé hé hé).

Et puis je me suis mis petit à petit, à retirer tous les spams de sa boîte mail (il n’y faisais évidemment aucun ménage, cela ne lui était jamais venu à l’esprit d’en faire chez lui, ou chez nous, alors faire le ménage dans une boite mail…) plus un ou deux messages, par-ci par-là… Manque de pot un jour je m’étais connectée en même temps que lui. mais tout ce que j’ai pu lire lendemain était qu’il avait eu un spyware, et qu’il fallait le contacter désormais chez voilà, ou je n’ai eu aucune peine à me reconnecter, puisque je connaissais ses trois mots de passe…

J’ai attendu qu’il annonce à sa mère il partait en week-end, et là j’ai tout vidé dans sa boîte mail principale et l’autre… J’ai tout retiré absolument tout, y compris son carnet d’adresses, ses favoris, tout absolument tout ! Le problème était qu’il avait tellement de spams que j’ai mis plusieurs heures à tout vider et que juste avant son retour, il y en avait déjà une bonne dizaine…

Le lundi soir j’ai éclaté de rire à nouveau en lisant son mail affolé à son deuxième serveur : « J’ai eu un problème, pouvez-vous me dire ce qui s’est passé, et êtes-vous aussi responsable de Yahoo ? ». Là ils lui ont répondu un très long texte pour lui expliquer comment récupérer ses mails… ce qui était peine perdue évidemment, mais je me l’imaginais très bien désemparé et j’en rigolais toute seule…

Cela a duré quatre ans, quatre ans au cours duquel j’ai appris qu’il avait eu un enfant, ce qu’il faisait (toujours mal)… régulièrement, je vidais à nouveau sa boîte, incomplètement parfois ou complètement… et il faisait toujours la même demande, affolé…

J’ai pu constater que j’avais vraiment épousé un sale con ! Je vous passe les détails de la manière dont il s’est fâché avec son père, avec son frère, etc… c’était un grand malade, et je plains sincèrement sa femme…

Car j’ai de plus découvert qu’il était homosexuel, retrouvant dans ma cave des revues porno gay… Son désir d’enfant avait été le plus fort, mais après,avoir eu deux fils il a pu s’abandonner de nouveau à son vrai penchant.

Ce n’est qu’au bout de cinq ans, qu’il a enfin changé son mot de passe… (Toujours rapide…)

Je n’ai bien évidemment plus de nouvelles de lui, depuis qu’il m’a appelé au bout de 20 mois en me demandant à venir récupérer encore des affaires à lui que j’avais jetées avec un bonheur évident vu que je ne devais les garder que 18 mois.

Déjà que quand il m’avait dit « c’est Charles Hubert»je lui avais rétorqué : «QUEL CHARLES HUBERT ?»… Il m’avait précisé après une minute d’hésitation, «bah ton ex mari » Et c’est là que je lui avais annoncé en rigolant qu’il ne retrouverait plus rien chez moi sauf peut-être son précieux flacons…

Je l’ai entendu retenir son souffle, s’étrangler même, et j’ai raccroché.

bien sûr cela doit vous paraître bien faible par rapport à ce qu’il m’avait fait, mais j’ai passé cinq années délicieuses à lui pourrir la vie…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

BONNE ANNÉE !

Bonne année à vous tous… J’aiété très occupée jusqu’à ce jour, mais je tenais (même si je n’ai eu aucun commentaire sur certains posts ☹️) à vous souhaiter à tous une bonne santé surtout, je pense que c’est le plus important…

À très bientôt pour de prochaines aventures…

Pulssérie va ranzer ta SSambre !

Pulch_rie_va_ranger_ta_chambreEn fait en photo, c’est ma petite maman à moi, qui n’arrivait pas à poser avec le soleil dans l’oeil (du coup elle fait la grimace sur 90 % des photos). La ressemblance avec Pulchérie petite a été frappante tout à coup (c’est simple, on dirait totalement 100 % Pulchérie à qui on propose des frites et du steak haché (c’est trop horrirrifiant !)), et elle illustrera donc ce post (je ne retrouve diaboliquement pas la photographie du fouillis de la chambre de la délicieuse enfant, avec juste deux jambes sortant du coffre à jouets et le petit cul en l’air…)

Pulchérie a commencé à faire des comédies assez petite. C’était, et c’est toujours une actrice née, et le théâtre et le cinéma ont perdu une grande artiste quand elle a décidé de se dédier au design. D’ailleurs Delphine a fait perdre également une grande actrice au 7ème art en décidant de se consacrer à la psychologie, car je me souviens d’une pièce (mais laquelle ???) dans laquelle elle m’a fait frissonner en récitant un monologue totalement PAR-FAIT. Cela commençait par « oui moi ! » et elle jouait le rôle d’un homme (Hernanie ou un truc de ce genre… je pense que c’était cela mais on me refuse l’orthographe…).

Pulchérie reconnaît maintenant qu’elle aimait à nous faire rire et à se rendre intéressante (on avait loupé cette dimension de sa personnalité…). Une chose est sûre : même les morts se souviennent sans doute des comédies qu’elle pouvait nous faire.

La première fut gratinée !

Elle a parlé très bien et très tôt. J’étais en cloque de Delphine, ressemblait le soir très vaguement à une baleine échouée sur la banquise (je ne veux pas insulter ces dignes cétacés, mais bon, il y avait de ça) et elle venait de rentrer à l’école maternelle où elle émerveillait par son langage si complet pour son âge. Elle nous émerveillait nettement moins Albert et moi, avec sa capacité toute fraîche à mettre un fouillis pas possible dans sa chambre (de qui pouvait-elle bien tenir !!!??? De moi petite ? certainement PAS. De son père alors, quoiqu’il puisse le nier ? (heu si peut-être…))

C’est simple, elle avait toujours besoin du truc tout au fond de son coffre à jouets. Un vieux coffre retapé par son grand père maternel, donc grand et évidemment bien plein parce qu’on la martyrisait en lui achetant pleins de jouets. Une horreur quand elle le vidait par terre pour retrouver le poney bleu tout au fond, détestant subitement le rose bien en vue sur son oreiller. Remettre dans le coffre était au dessus de ses forces et inutiles à ses yeux : elle avait tout sous la main.

Un beau soir de tout début octobre (j’ai eu Delphine le 12), Albert piqua une crise après s’être ruiné le pied en marchant sur je ne sais quoi dans la chambre de son héritière. Bien fait, l’avait qu’à mettre des chaussons… Il revint me faire part de son indignation et devant ma mine d’endive médusée cloquée devant une émission idiote, appela sa fille pour lui intimer l’ordre formel d’aller ranger sa chambre. Un petit coup d’autorité paternelle ça ne fait jamais de mal nom de d’là !!!

Là va suivre la conversation que se fit Pulchérie toute seule. Je la revois encore, l’air horrirrifiée par le « Pulchérie va ranger ta chambre » énoncé d’une voix ferme et mâle. Elle avait sa robe de chambre qui la faisait ressembler à une frite géante (elle a toujours été menue) et deux pouettes (des couettes) qui lui donnaient un air de chipie qui lui allaient trèèèès bien.

  • Ranzer ma ssambre ze peux pas c’est trop dur (départ indigné dans le couloir, couettes ballottant en rythme, robe de chambre raidie d’indignation horrirrifiée)

  • C’est moi qui fait tout dans cette maison !

  • Maman a Clémentine dans son ventre, et elle ne va bientôt plus pouvoir faire le ménaze et laver le linze !!!

  • Ze vais passer l’aspirateur c’est rigolo l’aspirateur, mais zais pas le droit de le bransser pour ne pas prendre un coup de zu. Ca fait mal un coup de zu !!! (oui elle avait constaté ce qu’étais le coup de jus après 150 avertissements « Pulchérie arrête de jouer avec les prises de courant ! »)

  • Ze vais être obligée de me laver toute seule quand maman sera coussée, ze sais paaassss me laver toute seule !!!!!

  • Ze vais être oblizée de laver le linze ! Quelle rorrheur !

  • Ze suis trop petiiiiiiite pour me servir de la massine à laver (oui elle zozottait, au cas où vous ne l’auriez pas remarqué, je précise que mon ortographe est théoriquement intacte)

  • Ze vais être oblizée de laver le linze dans la baignoire

  • Ze vais être obligée de laver le linze avec de l’eau glacée (3°) parce que maman veut pas que ze tourne le robinet d’eau ssaude (80° qui sortaient direct, cela devrait être interdit par la loi, Ze le sais, Ze me suis brûlée en vérifiant la température!)

  • Ze vais être oblizée de laver les ssaussettes de papa qui sentent mauvais dans de l’eau glacée avec mes pitiiiiites mains qui z’auront froid… (après Albert s’est mis de la crème sur les pieds, ça l’a miraculé tant qu’il a vécu avec moi, après, d’après ce que les filles ont pu me raconter il avait renoncé à se ruiner en parapharmacie)

Retour de l’héritière en larmes (qui n’avait pas ranzzzzé sa chambre, zzzzuste emprunté le couloir en soliloquant).

  • ZE VEUX PAS LAVER LES SSAUSSETTES DE MON PEEEERRRE ! (larmes coulant d’abondance et sanglots dans la voix)

Entre « Pulchérie va ranger ta chambre », et la ssuuuute finaaaale, heureusement que nous avions entendu l’intermédiaire, sinon Ze pense que nous aurions été pétrifiés de surprise sur place…. Du coup elle n’a pas ranzé sa ssambre et zuste été faire dodo. C’est la baleine (moi, le père pas si bête) qui s’est collée au coffre à zouets, le lendemain.

Ce n’était qu’un début (continuons le combat…)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Les Noëls de mon enfance

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Souvent je songe aux Noëls de mon enfance. Où sont-ils ? Que sont-ils devenus ?

Il me manque désormais quelque chose qui ne reviendra jamais : mon enfance et mon innocence.

J’étais petite et Noël c’était toujours le même cérémonial. Mrs Morgan était remariée avec un homme boucher, et donc, le 25 décembre, ils travaillaient jusqu’à 13 heures et le 24 aussi jusque fort tard. La tradition fut prise d’aller chez les parents de Jean Poirotte qui avaient de plus un appartement assez grand pour loger tout le monde.

Maman faisait le sapin (un faux par écologie avant l’heure et surtout pour éviter les aiguilles par terre) vers le 20 décembre pour ne pas être en retard, vu que les guirlandes lumineuses éclairaient les magasins vers le 15 décembre seulement. Le soir, à partir du « soir du sapin » elle nous mettait sur le « tourne disques », des chants de noël et on se battait pour retourner le 33 tour.

Le 24 nous partions chez les parents de Jean Poirotte, frémissants d’impatience. Nous chantions des chants de noël dans la voiture, papa faisant la voix basse et maman la haute, c’était joli comme tout.

Mamie croyante (Mrs Tricot), s’arrangeait toujours pour terminer le sapin au moment de notre arrivée (le 24 décembre donc). La crèche était prête, sans le petit Jésus qui n’arriverait que dans le courant de la nuit (logique). Nous l’aidions à terminer le sapin dans lequel elle accrochait des bougies au risque de flanquer le feu à l’appartement et l’immeuble avec. Elle terminait ensuite de mettre la table pour toutes les personnes devant nous rejoindre le lendemain.

La tradition dans ma famille était le passage du père Noël pendant que les enfants dorment après s’être couchés sagement (hum), ayant déposé leurs chaussons au pied du sapin à défaut de cheminée. On entrouvrait la fenêtre du balcon pour que le père Noël puisse rentrer tout de même, cette absence de cheminée nous inquiétant, juste avant d’aller nous coucher.

On ne réveillonnait pas, le grand jour ayant lieu le lendemain. Mrs Tricot préparait un en-cas pour les affamés et allait à la messe de minuit (à minuit) en laissant les incroyants devant un ou deux bons films en noir et blanc (a l’époque il n’y avait pas encore la couleur) et une tranche de pâté et de la charcuterie diverse. Parfois elle allait à la messe plus tôt dans la soirée à contrecoeur, et les adultes allaient au cinéma, nous laissant sous la garde de l’aïeule ronchon mais si sympa, qui jouait avec nous aux petits chevaux ou nous racontait des histoire horrirrrifiante (faut suivre) avant de nous expédier au lit en nous promettant d’ouvrir la fenêtre du balcon.

Je l’accompagnais, très tôt ma grand mère, pour cette messe, lui laissant croire que j’entrerais un jour dans les ordres (sans le savoir). J’adorais en fait : me coucher tard, la crèche géante, voire même vivante avec de vraies personnes et un vrai bébé, l’ambiance de communion, l’odeur d’encens (et des crottes de vrais moutons éventuellement), et les chants de cette messe de minuit. « Minuit Chrétien » me donne toujours des frissons. Elle allait toujours dans une chapelle dans laquelle les bonnes soeurs étaient toutes espagnoles et infirmières et chantaient avec des voix impressionnantes et un accent horrrrriiiiible. Il faisait froid dans mes souvenirs. Il neigeait souvent. Je revenais avec elle, en lui tenant fort la main et elle me racontait le miracle du Christ alors que je pensais « miracle du père Noël ». Mais comme j’étais la seule qu’elle avait emmenée, je me sentais grande, et maintenant j’aimerais bien me sentir encore petite…

Je me souviens très bien de la dernière fois où j’y croyais (tard, les grands ne caftaient pas dès le CP). Je me suis couchée en me promettant de ne pas dormir pour « le surprendre ». Il y a eu des bruits un peu partout, des déplacements de meubles. L’après midi j’étais allée avec maman faire des courses et elle avait dit à une vendeuse, dans un magasin de jouets, qu’elle voulait « ceux là » en désignant deux édredons à landeaux de poupée.

Je me suis bien entendue endormie sur ma promesse de veiller toute la nuit et de le surprendre sans faire craquer le parquet. C’est fou ce que l’on se réveille tôt un 25 décembre quand le père Noël passe pendant notre sommeil. Nous arrivions mes frères et soeurs et moi, encore endormis à moitié (fait curieux, maintenant quand je dors à moitié et que je peux éviter de me lever, je ne me lève pas…).

J’ai vu ce matin là mon père terminer d’allumer les bougies, maman ayant refermé la porte du salon trop tard (bougies que Jean Poirotte surveillait avec angoisse, un extincteur à la main, et qu’il soufflait le plus tôt possible). J’ai eu un doute sur le miracle du père Noël illuminant le sapin. Fugitif, mais le doute était là.

Nous avons vérifié : le petit Jésus était bien dans la crèche et nous avions des clémentines dans nos chaussons (chose importante, une année, ma petite soeur hyper gâtée a sangloté parce qu’elle n’avait pas eu de clémentines dans ses chaussons, les halles étant en rupture de stock). Pendant ce temps là, ma grand mère qui recevait traditionnellement ses frères et soeur et leur grande marmaille ce jour là, laissait brûler, comme chaque année, les garnitures de bouchées à la reine dans le four. Mon grand père avisé, était déjà parti en acheter de rechange…. je me suis toujours demandé pourquoi il ne s’y prenait pas la veille…

Oui le père Noël était passé. Dans mon landeau de poupée, tout ce qu’il fallait (dont la poupée), et un des édredons vus la veille. Regard sur maman qui m’a supplié en réponse d’un regard, de ne rien dire. J’étais grande, j’avais le droit de savoir. Il était temps pour moi, elle l’avait décidé. Ce n’était qu’une mini trahison : sur ce coup là nous serions complices, mes frères et soeurs ne devant pas encore savoir.

J’avais compris avec une certaine déception. Le père Noël c’était eux tous. Car même les absents pour cause de vente de dindes de dernier moment, donnaient leurs cadeaux à l’avance car c’était le père Noël qu’il nous fallait remercier. J’ai compris en un éclair que les cloches c’était eux aussi (!) et que la petite souris n’était qu’une histoire sympa (vu qu’il me manquait 2 dents).

Qu’importe la déception du jour, elle fut vite oubliée lors du déjeuner traditionnel : huitres, saumon pour les enfants, foie gras que nous trouvions très bon comme pâté, bouchées à la reine succulentes, la dinde aux marrons (et certains pour s’en plaindre alors que ce n’était qu’une fois par an). Après le déjeuner, papa sortait sa guitare et toute la famille chantait. De vieilles chansons horribles (dont j’ai parlé un jour et d’autres, toutes plus belles les unes que les autres. Nous étions assez nombreux pour faire des « canons » (j’adore), et l’on chantait jusque tard le soir, quand les gourmands de nouveau affamés se proposaient pour terminer les restes dans ce que l’on pourrait appeler un bordel organisé.

Le frère de ma grand mère ému par cette journée (il avait le vin ému), partait généralement en sanglots. La vue des coquilles d’huitres dans la poubelle sortie décuplait son chagrin et nous nous rigolions bien.

La magie de la nuit de Noël fut là longtemps. C’était une nuit pas comme les autres. On y respirait un air pur, de paix, différent. On entendait des chants d’espoir. On se réunissait le 25 décembre sans penser qu’un jour les rangs se creuseraient, qu’il manquerait plein de monde, que les traditions seraient méprisées par les plus jeunes (comme chanter à Noël : les filles détestaient). On disait que les guerres s’arrêtaient et les plus anciens évoquaient leurs pires souvenirs de Noëls d’horreur mais d’espoir. Tout le monde s’aimait. C’était magique, cela ne s’expliquait pas en fait, c’était « dans l’air ».

Nous étions heureux. Tout le monde était là, la grande journée avait eu lieu, le père Noël était passé, nous avions chanté. Lorsque l’on est enfant, normalement on est heureux pour Noël. Seulement on ne sait pas à quel point.

Le 25 décembre en rentrant tard à la maison, les guirlandes lumineuses n’avaient pas le même aspect. C’était fini, la magie était terminée. Ne restait qu’à changer d’année et pour nous les enfants qui avions eu tous nos cadeaux à Noël, c’était vraiment ringard de voir ces adultes se complimenter pour un tire bouchon offert, ou une 33ème écharpe en soie un premier janvier, alors qu’il nous manquait tant de jouets…

La vie n’était déjà qu’un long calvaire…

Pourtant je vous souhaite un JOYEUX NOËL À TOUS !

L’escargot Léo

L_escargot_L_o_57210837Cette photo illustre parfaitement Pulchérie en train de dessiner. Sauf qu’elle avait des pouettes (couettes) et ne dessinait pas tranquillement assise à une table, ça se saurait… Reste l’air concentré en somme…

(Ceci parce qu’elle m’a adressé il y a peu de temps une vidéo de mon petit fils chéri 🥰 qui écoutait la même chanson que sa mère jadis, et était en extase)

Elle était très en avance pour tout. Je mets ici en garde les parents d’enfants comme elle : arrêtez de l’admirer et de le pousser dans le droit chemin du « doué pour tout », vu qu’il va comprendre « je fais ce que je veux d’abord, puisque que suis cap… » avant le « je t’emmerde t’es nul ».

Parce qu’après ce sont des années à pister le trésor et ses géniales inventions… ou à l’écouter nous faire la morale…

Donc, très en avance sur son âge, Pulchérie savait très bien tenir un crayon de couleur ou juste bêtement HB, ou stylo, ou feutre. Une fois le coup pris, rien ne lui échappait (y compris un stylo plume très cher qui ne s’est jamais remis qu’elle s’en serve 5 minutes, un plume à moi bien sûr, celui d’Albert ayant rejoint sa carte bleue dans la planque du trésor adoré : les après skis d’Albert)

Donc elle dessinait. C’est incroyable le papier qu’elle a pu user. Maintenant qu’elle est militante écologiste je pourrais lui rappeler le nombre d’arbres qui sont DCD par sa faute.

A l’époque elle écoutait donc Anne Sylvestre et ses fabulettes (c’était avant Dorothée !!!) dont une chanson sur l’escargot Léo qui aime l’eau. Elle la chantait très bien, mais un jour Jean Poirotte cet inconscient lui a montré comment dessiner un escargot Léo tout simple. Elle a maîtrisé en 3 secondes l’enroulement diabolique de la coquille d’escargot le reste ne l’intéressait pas, elle faisait juste la coquille…

Moi j’étais en cloque de Delphine, transformée en serpillère moyenne et j’étais ravie qu’elle dessine pendant que je médusais sur le canapé en attendant la mort de chier ma pastèque qui menaçait de faire 300 g de plus que la première (pari tenu, on admire l’accoucheur)

Otite du trésor adoré et chéri, bien entendu. Appel au secours au médecin. Un nouveau à l’époque, qui la sciait parce qu’elle le trouvait BEAU (Delphine d’ailleurs également par la suite, je dois reconnaître que mes filles ont du goût). Du coup elle ne lui gerbait pas dessus, ne hurlait pas pendant qu’il lui examinait les tympans (forcément ensanglantés), se cachait ses futurs seins pendant qu’il stétoscopait et roucoulait quand il lui palpait d’éventuels ganglions, bien présents, (il lui fallait tout de même, beau ou pas,  savoir qu’elle était une emmerdeuse de première pour les ganglions, via sa mère (comme il me l’a dit un jour dans un moment d’odieuse distraction « vous faites des ganglions comme un pommier fait des pommes »)).

A l’époque nous avions avec Albert un grand séjour double. Nous l’avions coupé en deux avec petit coin salle à manger (on mangeait dans la cuisine ou via plateau TV), et grand coin salon.

Le médecin doit rédiger son ordonnance (vu les ganglions et l’état du tympan), je lui avance une chaise dans le coin salle à manger peu utilisé, pour qu’il soit à l’aise sur la table et m’en remplir 3 pages d’une écriture illisible (je ne sais pas si vous avez remarqué mais les médecins écrivent tous très mal, les pharmaciens doivent prendre des leçons spéciales de décryptage sans doute). Sur la chaise de monstrueux escargots dessinés au feutre indélébile (acheté par Albert pour identifier ses boîtes de bricolage et perdu/rangé dans ses après skis qui était la cache à trésor de Pulchérie). Brève stupéfaction de ma part, sourire du médecin quand Pulchérie très souriante et tranquille a déclaré : « c’est papa, je l’ai vu hier… il décore tout ! ».

Il y avait des escargots dessinés sur toutes les chaises… + environ 56 sur la moquette sous le lit de l’héritière en titre… Toujours au feutre indélébile bien sur sinon ce n’est pas drôle du tout. D’ailleurs il était sec quand on la retrouvé…

INTERDICTION FORMELLE DE DESSINER DES ESCARGOTS AILLEURS QUE SUR DU PAPIER ! TU M’ENTENDS PULCHERIE ?

« Vi« . (Cause toujours…)

Déménagement 3 mois plus tard…

On retire le canapé… Une frise d’escargots Léo tout le long du dossier, bien planquée derrière, mais bien là car non lavable… Dans notre chambre idem, quand on a retiré le lit… Dans la sienne pareil (nous avions bien regardé SOUS le lit mais pas derrière). Partout où sa petite main avait pu se glisser (avec le feutre indélébile ou mon crayon khol), il y avait des escargots Léo….

Albert qui était tout fier de notre papier qu’il croyait intact, et des talents de sa fille, s’est collé au papier peint en maudissant Anne Sylvestre et le proprio qui voulait récupérer son appart en l’état. Quant aux talents de sa fille, il n’avait plus qu’à se… Bref, à arrêter d’en être fier.

Je ne sais pas comment il a fait son autoritaire, mais après elle a renoncé aux escargots léo. Elle préférait les éléphants qui trompent énormément… (Jean Poirotte s’en souvenait avec émotion 30 année plus tard, il avait une trompe de gravée sur sa télécommande, l’avait qu’à ne pas laisser traîner sa lime à ongle en métal qui dessine super bien sur la télécommande et chanter n’importe quoi à sa petite fille…)… d’abord…

C’est beau les enfants en avance sur leur âge… (oui, elle n’était pas encore rentrée à l’école, donc elle avait moins de 3 ans, largement…)

Le pire restait à venir… Mais ça vous le savez déjà… Encore que je puisse encore avoir quelques réserves…

la vie n’est qu’un long calvaire…

Comment Charles Hubert a essayé de me tuer… part 2…

Poison_73096502Oui, cela empire… Charles Hubert reste très calme et c’est moi qui appelle mon beau frère pour aller aux urgences. Charles Hubert a perdu son permis de conduire (papier) et ne l’a jamais fait refaire et en plus il est myope comme 4 taupes. Hors de question qu’il conduise ma voiture…

Aux urgences, on me met une perf d’anti-spamodique et d’antalgique. dans une quasie indifférence générale On me fait une prise de sang, et je suis tellement mal que même pas peur d’abord, et je dois passer à la radio. Le temps coule. La douleur s’estompe et les spasmes aussi. Charles Hubert est toujours aussi calme.

La radio ne montre rien de particulier (pas d’occlusion intestinale), les analyses ne sont pas parfaites mais bon ce dont je souffre est psycho somatique paraît-il (c’est pratique, ça sert à tout)… Grave erreur de ma part, je ne regarde pas les résultats de la prise de sang. Je peux sortir avec une ordonnance. Un taxi nous récupère et nous rentrons à la maison.

Charles Hubert s’endort comme un bienheureux non sans me signaler que je ne suis qu’une emmerdeuse qui s’écoute, et moi les spasmes me reprennent. Je vomis à en mourir, je vais mourir… Je vais me coucher dans l’ex chambre des filles avec une cuvette après avoir tout nettoyé sans qu’il n’ouvre un oeil malgré mes appels au secours. J’y laisse mes tripes.

Le lendemain matin Charles Hubert de mauvaise grâce, part m’acheter les médicaments prescrits par les urgences. Il n’a pas que ça à faire. Il va à Paris s’y changer les idées, s’y ressourcer, car il est au chômage lui. Et il me laisse seule après m’avoir fait mon thé du matin… Deuxième « tilt » dans ma tête… Jamais il ne m’a fait mon thé. Il va me le faire 2 ou 3 fois avant la fin…

Je souffre le mardi, le mercredi, le jeudi, le traitement prescrit par les urgences ne fait rien. Je n’en peux plus, Mrs Bibelot qui sait que je ne m’écoute pas, et s’inquiète, me trouve un RV chez un autre médecin qui peut me prendre tout de suite. Elle m’y conduit, je suis incapable de prendre ma voiture.

Le médecin sursaute devant l’analyse faite à l’hôpital « ils vous ont laissé sortir avec ça ? ». Oui. Je jette un oeil. 35000 globules blancs, et rien qui va, les plaquettes en chute libre et je ne parle pas du reste. Il me palpe le ventre. « vous souffrez d’un empoisonnement » me dit-il. Le dernier repas que j’ai pris c’est chez Belle maman. Je l’ai intégralement vomi dans la nuit du lundi au mardi dans ma cuvette donc tardivement… Charles Hubert va bien et belle maman aussi… Il m’indique qu’il va engueuler les urgences un max (ce qu’il fit, j’ai eu une copie de sa lettre incendiaire) et me demande au passage comment je m’entends avec mon mari. Autre « tilt » dans ma tête, dont je ne tiens aucun compte, je ne vois pas le rapport… ‘le temps ne fait rien à l’affaire, quand on est con, on est con » dagada tsoin tsoin….

Il me fait une intra veineuse de je ne sais quoi et je ne saurais jamais quoi. Il me prescrit une ordonnance à me faire ficher à la SS (la Sécu !), et me demande de ne manger que ce que j’aurais préparé moi-même. Nouveau « tilt » dans ma tête…

Naïvement tout de même je dis à Charles Hubert que le médecin pense à un « empoisonnement alimentaire ». Il ne moufte pas, mais son regard devient flou. Encore un tilt… Combien faut-il de tilts pour comprendre ? Jusqu’à quel point est-on con ? Qu’importe, le traitement prescrit fonctionne, la piqûre également sans doute, je suis guérie, et quand on s’est senti au bord du décès, se sentir guéri, cesser de souffrir, c’est le top du top.

3 semaines après, je découvre que Charles Hubert me trompe avec une américaine rencontrée le soir où il a découché. Je pars en Egypte avec Pulchérie pour y réfléchir tranquille (et tout haut, la pauvre) ; et en rentrant d’Egypte je le flanque à la porte devant son comportement… Et manu militari, je précise, 1,84 m ou pas, il a dégagé fissa. Telle une image d’Epinal, j’avais pris à la main le rouleau à pâtisserie…

Et le temps passe. Il m’a laissé un bordel pas possible que je trie dans la mesure où je dois garder ses affaires pendant 18 mois après le prononcé du divorce.

Je trie, je mets en cartons (bonne poire, mais bon c’était pour qu’il en embarque le plus possible à chaque visite), et un beau jour dans la cave, dans un de ses sacs plastiques, un flacon curieux.

Un liquide rose. Rose comme les granulés de mort aux rats dans la cave, il y a d’ailleurs des granulés dans le sac plastique, les tilts reviennent tout à coup, le puzzle se met en place, je comprends tout, j’admets enfin ce que mon inconscient avait soupçonné. Il y a de plus, un post it avec sa glorieuse écriture : 20 gouttes par jour avant la totalité de la dilution…

Pourquoi ? Parce qu’il croyait avoir l’usufruit de l’appartement. Que je lui avais retiré depuis qu’il était odieux, sans le lui dire. Parce qu’il héritait d’un quart de mes biens et que mon appartement vaut de l’argent. Parce que c’était un fou et un assassin en puissance. Il se voyait installant son américaine chez moi pour lui faire plein d’enfants…

Et bon, j’ai eu de la chance, mon organisme a réagit violemment aux « quelques gouttes ». Quand je lui ai dit que le deuxième médecin m’avait parlé d’empoisonnement (en toute innocence), il a pris peur sans doute… Et arrêté de mettre les quelques gouttes dans mon alimentation quotidienne (mon lait en particulier dont il ne buvait pas, préférant le 1/2 écrémé lui, et dont je ne peux me passer dans du thé, thé qu’il m’a fait plusieurs fois quand mon lait venait à manquer).

Je garde le flacon… Je ne sais pas ce qu’il vaut, mais je pense qu’il vaut quelque chose. Et je revois encore le médecin me demandant comment je m’entendais avec mon mari. Il ne pensait pas à un empoisonnement alimentaire. Il avait son idée… Il aurait dû me causer un peu plus directement, j’étais finalement prête à voir tous mes « tilts » se télescoper pour faire une idée réelle même si monstrueuse. Finalement, il y a un moment où l’on sait, mais où l’on refuse d’y croire…

Je pense qu’il s’en souvient…

Quant à moi j’ai toujours rêvé de faire femme fatale mais pas celle que l’on empoisonne

La vie n’est qu’un long calvaire parsemée ça et là de mort aux rats…

SINON : Petit PS : j’ai réussi à faire analyser le produit en respectant les empreintes digitales d’Albert. Il y avait autre chose que de la mort au rat, mais le but de mon blog n’est pas de révéler les secrets de certains empoisonneurs…

Et la suite sera : comment je me suis vengée…

Comment Charles Hubert a essayé de me tuer… Part 1…

Poison_73096502Ceci est une reedition, parce qu’après je vous dirai comment je me suis vengée de ce salaud…

Je me suis remariée (quelle idée aussi que de se REmarier !) avec Charles Hubert en juin 2002.

Retour du voyage de noces au Kenya, et voiloù Charles Hubert décidé à jouer les militants syndiqués au boulot (boulot merdique, mais qu’il tenait depuis 15 ans en étant payé bien plus cher que moi, avec (mais je l’ai découvert trop tard) des chefs plus qu’indugents). Bilan, après 3 mois de luttes idiotes me plombant la santé (il était incapable de se débrouiller tout seul, même avec internenette, et je lui faisais tous ses courriers vu qu’il faisait tout pour se faire virer, donc il faisait jouer ma connaissance en droit du travail et certains employeurs écrivent vraiment n’importe quoi) : licenciement et me voici avec un époux au chômage et le vivant très mal. Il s’était vu portant le drapeau des trois glorieuses (sans les nénés de la nana qui porte le drapeau sur le tableau, et dont je pensais petite, que c’était une des trois glorieuses, je cherchais les deux autres) et n’était plus qu’à errer à la maison en ne faisant même pas le ménage (surtout pas, ça aurait pu le tuer).

Fin 2003 très gros problème familial. Priorité absolue à ce problème. Le mari et ses états d’âme je les mets de côté, mais non pas parce que je ne l’aime pas (encore que, maintenant je me pose la question de savoir si je l’aimais encore, ou pas, ou si j’aimais croire que je l’aimais (z’avez qu’à suivre d’abord…).

Parce qu’il dit être adulte alors qu’il ne peut rien faire sans moi sauf, avec un temps de retard, ses envois de mails. Car sa recherche de boulot, il la fait n’importe comment, c’est du n’importe quoi, des mails dantesques bourrés de fautes qu’il envoie n’importe où à n’importe qui, qu’il me demande de corriger. C’est le syndrôme « Cyrano ». Les employeurs convoquent celui qui a écrit qui est moi en fait…

Mes conseils pour être lui il ne veut pas les écouter. Il est au chômage et commence à crier « tu ne sais pas ce que c’est ». Si je sais, j’ai vécu. Mais j’ai écouté les conseils moi. Le bilan il me faut le faire tout à coup (enfin petit à petit) : il n’est bon à rien. Sa place qu’il tenait depuis 15 ans se résumait à ouvrir le courrier le matin et l’affranchir le soir… Il l’a perdue bêtement en se prenant pour un révolutionnaire et en plus il me pourrit la vie. Je découvre qu’il m’a mentit sur son poste réel au travers des débats prud’hommes qui se déroulent. J’assume mon boulot, la maladie de l’âme d’un proche, mon mari malade tout court.

Le temps passe. Le problème familial s’estompe. Je suis seule avec Charles Hubert qui devient de plus en plus imbuvable. C’est l’enfer. La dépression me guette depuis un petit moment. Je me soigne. Je dois continuer à bosser.  Je dois être forte. Je dois ignorer ses cris perpétuels « je suis au chômage, tu ne sais pas ce que c’est« . Il est fiché chez les voisins, on me regarde avec pitié. Je déteste. Moi du coup, on me soigne, car je suis au bout du bout du rouleau. Je suis au bord du gouffre, je n’ai plus qu’à faire un grand pas en avant…

Il veut que nous partions en voyage pendant mes congés. Je m’y oppose : nous n’avons pas l’argent. « On empruntera, je suis toujours parti en voyage ». Je ne cède pas. Et puis vient un soir de juillet, un samedi, qu’il va passer à Paris toutes les semaines. A bien y regarder il va à Paris tous les après midi. Soi-disant pour s’y distraire. J’apprendrai la vérité trop tard.

Ce dernier samedi de juillet, il ne rentre pas. 3 messages sur le répondeur. Il a rencontré des gens sympas, il rentrera plus tard (je ne suis pas rentrée de la piscine où je suis à la recherche d’une vraie détente avec meilleure amie). Il s’incruste avec les gens sympas il rentrera par le dernier train (je suis sous la douche déchlorante). Il a raté le dernier train, il rentrera par le premier (je dors).

Il rentre le dimanche matin vers 6 H 30, haineux en me voyant dans le séjour à me torturer l’esprit. Il file se coucher direct.

Si c’était à refaire, je fouillerais son porte feuille. Mais voyez-vous, votre sorcière est une sorcière stupide. Elle avait confiance tout de même… Elle n’a pas enquêté. Le dimanche en se levant il a adopté la tactique du « j’attaque avant l’autre ». Pour me hurler qu’il avait rencontré des gens BIENS, qu’il avait eu l’impression d’exister ENFIN depuis longtemps. Et il est parti faire son jogging avec son porte feuille, ce qui m’a semblé louche, me laissant donc très mal… Pas le temps de me remettre de tout pour y voir clair. Même ma psy s’est faite avoir sur ce coup là…

15 août je suis en congés. Le samedi nous allons diner chez sa mère qui sent un léger malaise mais juste léger entre son fils et moi. Le dimanche passe. Le lundi matin je suis prise soudain de spasmes atroces dans le ventre. Je vais mourir. Charles Hubert reste de marbre, alors que d’ordinaire quand j’ai un pêt de travers il est prêt à alerter le samu. Premier « tilt » dans ma tête. Il regarde les jeux olympiques pendant que je me tords de douleurs. Je cherche un médecin, le docteur Acromion étant en congés. J’en trouve un qui accepte de me prendre « entre deux ». En fait en voyant mon visage livide et couvert de sueur il me prendra tout de suite. Il me prescrit un anti spasmodique qui doit agir vite. S’il n’agit pas il m’intime l’ordre d’aller aux urgences. J’ai 3 heures devant moi. Ca ne passe pas. Ca empire….

Et Charles Hubert regarde la TV… Les jeux olympiques c’est important…