Bienvenue sur le blog de la Gentille sorcière.

'Chroniques d’une vie ordinaire'

Un BEAU jour… (le blues du dimanche)

Roland captivité retouchée recadrée

Ce devait en être un de beau jour, mais cela ne l’a pas été… Simplement un jour qui peut faire comprendre pourquoi je ne fais jamais dans la dentelle quand je parle de la mort, même avec le médecin conseil de la SS (la Sécu !) (celui qui s’est glissé dans une bouche d’égouts après mon départ, zavez qu’à suivre) ou  psy chérie qui me disait parfois que je suis très forte pour flinguer le moral de n’importe qui quand le sujet me vient aux lèvres (généralement après un enterrement, sauf que depuis celui de papa tout est devenu différent, mais pas dans le bon sens).

Un beau jour qui fait que pour moi, les mots qui veulent écraser la réalité : la mort, je ne les utilise pas.

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Posté le 1 mai '16 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de blues. 4 Commentaires.

Ma mobylette et moi… (bon OK, sur l’illustration c’est un vélo mais c’est par lui que tout a commencé)

Gendarme Meilleure amie est repartie ce jour, vers 18 H 30,  après 6 heures d’une visite qui me nous requinque toujours. C’est une longue histoire entre elle et moi… Au delà d’une fraternité qui est je le pense, désormais indestructible.

Tout a commencé quand j’ai connu meilleure amie en redoublant ma cinquième, qui l’est toujours, après 46 ans de concubinage notoire, d’amitié. Ma première victoire avait été de pouvoir aller au collège/lycée à bicycleeeeeettte au lieu de prendre le bus. Je gagnais un temps fou pour y aller car cela descendait tout le temps, par contre je faisais pas mal de marche à pied pour en revenir, quand je me sentais les mollets ruinés, parce que là, vous ne devinerez jamais, mais cela montait tout le temps sauf 1 km de plat avant d’arriver à la maison. (Lire la suite…)

Posté le 8 mars '16 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. 25 Commentaires.

La vengeance ne nous appartient pas toujours…

6222-000049J’en ai un peu marre pour le moment, de la CNAV qui est actuellement dans mon collimateur (mais je j’ai pas de bazooka), qui vous raccroche au nez dès que vous demandez des explications-j’attends, bref, on reviendra aux papiers plus tard (car ce n’est pas terminé).

Après Truchon qui m’avait remerciée après 9 années de bons et loyaux services, et sur lequel je reviendrai, pour les nouveaux, j’avais eu la chance extrême de retrouver du travail au bout de 8 mois. A 50 ans, c’était un exploit…

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Posté le 20 janvier '16 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de gueule, Dans la série Diabolique. 14 Commentaires.

Bon ben ce n’est pas le tout…

Nous sommes le dimanche 10 janvier, l’année n’a pas vraiment démarré sur des chapeaux de roues, mais il va falloir que je m’y remette, car bon, les vacances, cela va un peu, mais il faut bien en terminer un jour.

J’ai tellement à râler (pour l’instant) contre notre chère administration, que je ne sais pas par quel bout la prendre… J’ai découvert en effet certaines lois et surtout leurs effets pervers, tellement aberrantes que je me demande COMMENT IL EST POSSIBLE QUE PERSONNE N’EN PARLE JAMAIS !

En tous cas, je sais par quel bout vous prendre, et j’espère pouvoir le faire avec humour.

Juste une petite demande de ma part : si vous êtes ou vous sentez concernés par ce qui suivra dès demain (ou après-demain), n’hésitez pas à commenter, cela me fera du bien et pourra peut-être faire avancer le schmilblick… Quand je gueule, c’est tout de même aussi pour cela : faire bouger si possible les choses (vaine illusion ?)

Merci pour vos voeux (toujours pas le coeur à dire “bonne année”), et donc, au plus tard, à mardi…

Posté le 10 janvier '16 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Coup de gueule. 2 Commentaires.

TOUS MES VOEUX !

Lumières Noël 2Un peu de mal, à dire “Bonne Année” car celle qui s’achève, qui avait commencé sur cette phrase,  n’a pas été avare de mauvais moments, pour beaucoup comme pour moi. Je souhaitais néanmoins vous présenter MES MEILLEURS VOEUX pour l’année 2016 (sans pour autant trouver de rime qui aille avec 16…)

Des Bises à tous, et à bientôt pour la suite des aventures ubuesques, des râleries, des doléances, et je l’espère, de l’humour pour tous.

A tout bientôt !

Posté le 31 décembre '15 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. 8 Commentaires.

J’étais au mauvais stop, le mauvais jour, au mauvais moment…

GendarmeJ’ai été élevée dans une famille qui m’a inculqué le respect des forces de l’ordre (et le fait que le droit de vote était aussi un devoir :-) )

Petite, je savais qu’en cas de “vilain monsieur” me faisant peur, il me fallait aller voir la personne en uniforme (une fois : le facteur, mais il a fait son boulot), et que je ne devais avoir peur en aucun cas de gendarme ou policier. Petite je ne savais pas faire la différence entre les deux et maintenant qu’ils ont changé de couvre chef, je regarde leur voiture pour me faire une idée.

Bref, en plus, j’ai toujours été une conductrice méritante, respectueuse des stops, des feux rouges et des limitations de vitesse. M’en suis-je pris des coups de klaxon de gens exaspéré par ma “lenteur” ou mon arrêt mal venu… N’empêche que j’ai tous mes points sur mon permis, 50 % de bonus, et que tout le monde ne peut pas en dire autant… (Lire la suite…)

Posté le 8 avril '15 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 12 Commentaires.

Quand que j’étais petite, et jeune… (1)

Et_moi_dans_tout__a_tlp753093Et moi dans cette famille, ce blog, qui suis-je en dehors de la mère de filles un peu originales et délurées ? Ex femme de ? Fille de ? Petite fille de ? Amie de ? ex secrétaire de plusieurs PME ? victime d’un système qui me dépasse ? Révoltée en puissance devant ce système qui me rejette ? (poseuse de bombe potentielle à l’hôtel des impôts, la nuit…)

Me demandant ce que je suis devenue vraiment mais le savons-nous ? Je me souviens en tous cas de ce que j’ai été…

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Posté le 13 août '14 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 8 Commentaires.

1970… le mois de Juillet de l’ennui… (1)

Frédérique 1970

Cette année là (là là), mes parents et mes grands-parents paternels s’y étaient pris trop tard pour notre location à Lancieux (Côtes du Nord à l’époque) où nous avons passé tous nos mois de juillet de 1968 (mois de juillet mémorable, puisque l’arlésienne est née le 14 avril 1969, et que nous avons retrouvé une carte postale il y a quelques années, envoyée par maman à son père : “le 14 juillet s’est bien passé, retraite aux flambeaux, feu d’artifice, ETC…”) jusqu’en 1975 où nous avons opté pour très longtemps pour les Saintes Maries de la mer…

(Pour la carte postale, inutile de vous dire qu’après un gros tri il y a quelques mois, elle est dans la boîte qui va bien, à savoir celle dans laquelle il y a les cartes qui comptent, et non pas “bons baisers” d’on ne sait pas qui)…

Où partir en juillet ? Je vas vous le dire : dans le haut du Cotentin, aux Gougins St Marcouf, à l’époque bled paumé, et je n’irai pas faire un tour pour voir si cela a changé… Cet endroit là méritait plutôt de s’appeler “le bout du monde”, ou “le trou du cul du bout du monde”. Une ex voisine de mes grands-parents y habitait désormais, et était ravie de nous trouver une maison à louer (on peut la comprendre, cela lui ferait de la distraction pendant au moins un mois), ce qui  n’était pas difficile, vu que les rares propriétaires d’une maison de famille allaient forcément  passer leurs vacances ailleurs, à l’époque. En fait c’était la deuxième fois que nous nous rendions là-bas, et toujours pour la même raison : impossible de trouver ailleurs (c’est dire…). La deuxième maison fut largement plus grande et confortable que la première, c’était une exigence de mon grand-père.

J’avais pour instruction de Mrs Morgan de lui écrire au moins deux fois par semaine pendant les vacances qu’elle ne passait pas avec nous (elle vint avec son mari 3 ou 4 années de suite à Lancieux, dans une autre location que la nôtre. J’aimais déjà bien écrire, et en plus, dans la réponse, il y avait toujours un billet à dépenser).

Je viens de retrouver dans les courriers que nous trions toujours vu que mes parents ont tous ceux de Mrs Morgan et certains adressés à Mrs Tricot et son mari, une lettre que Mrs Morgan avait annotée “à garder soigneusement”, envoyée par moi, et dont je respecte le contenu et l’orthographe…

“Ma chère marraine (elle l’était en plus d’être ma grand-mère)
“Je te remercies beaucoup pour le billet de 10 F, S et N aussi (mon frère et ma soeur, 10 F c’était beaucoup…) (nous avons tout dépensé en tubes de lait Nestlé, c’était notre période, et puis il n’y avait pas de boutique où acheter quoi que ce soit d’autre que de la bouffe…)
“Je suis contente que tu ailles bien et que vous aillez beaux temp. J’espaire que tu va continuer à te baigner tous les jour. Moi je me baigne tous les jour mais hier et aujourd’hui, je n’ai pas pu a cause du temp : il y a beaucoup de vent. (Tous les jours ce n’était pas tous les jours, et vous allez le comprendre rapidement : c’était venteux comme endroit).
“Cette après midi nous allons en escurssion et j’aime pas ça tu le sait (Mrs Bibelot avait l’horrible habitude de nous emmener visiter des vieilles pierres, et à l’époque je détestais les vieilles pierres et c’était un après midi de plage de gâché). Mais comme nous allons allez assez loin, j’espère que nous allons nous baigner s’il y a moins de vent. (Espoir sans doute vain).
“J’ais été malade, heureusement rien de grave, seulement une petite angine de 4 jours environ (mais sinon je me baignais tous les jours…). Maintenant je suis tout à fais rétablie.
“N… sais nager, enfin elle flotte et fait au moins 20 brasses avant de couler, elle est très fière… (sous entendu : pas de quoi vu qu’elle coule… (il est à noter que c’est là quelques années plus tôt que j’avais fait moi-même mes premières brasses avant de couler à pic également, il faut absolument que je retrouve la date fatidique du moment où j’ai su nager (en plein vent) …)
“L’arlésienne sur la plage est à mourir de rire (c’est elle en photo, et il devait y avoir du VENT !). Elle est souvent (5 jours dans le mois en gros) toute nue avec un petit chapeau sur la tête. Quand on lui dit “vient faire plouf plouf dans l’eau, elle accourrre (avec trois r) en riant ou se sauve d’un air coquin. La plage est mieux que ce que l’on pouvait penser, mais voici ce que cela donne (suit un schéma très précis) :
“Digue
“Sable
“Varech
“Sable
“Galets
“Mer.
“On va sur la droite et là il n’y a presque pas de varech (il est à  noter que ce varech nous pourrissait la vie) mais toujours du vent, et la petiote peut aller où elle veut, son grand plaisir c’est de démolir les pattés que mamie fait, elle s’amuse bien… (qui n’a jamais eu d’enfant ne peut savoir que l’on fait des pâtés, que le gosse les écrase, et qu’on se lasse avant lui…)
“Il n’y a aucun risque à ce que maman se lance à la traversée de la Manche, elle trouve (souligné) l’eau trop froide, trouve car nous les enfant on la trouve bonne (je précise que c’était l’époque où à 12°j’essayais d’attirer ma mère, et mon frère et ma soeur également, en prétendant que l’eau était “bouillante”).
“Au gougins aussi le temps est très instable, aujourd’hui il fait beau, alors qu’hier… (il devait y avoir trop de vent…)
“Il y a encore tout de même beaucoup de vent.
“Francine une amie à mamie nous a acheté de la pâte à ballons, alors mamie nous en a acheté car on avait tout usé… (nous étions très occupés, d’ailleurs nous avions des avions à faire voler DANS LE VENT, c’était SUPER ! )
“Les gougins je trouve cela triste, il n’y a même pas une librairie (en souligné, pour moi c’était l’horreur !), heureusement il y a une bibliothèque et Francine me prête tout ce que je veux… (c’est ce mois là que j’ai lu une bonne partie des signes de piste, mais sinon, la mer était bonne)
“Le coq du clocher tourne et vire toutes les 5 minutes, on dirais une vrai girouette (il aurait fallu me préciser que c’en était une vraie, car vu LE VENT, pas étonnant que le coq tourne et vire !)
“L’amie à mamie m’a apprise à jouer à la crapette (jeu de cartes). J’ai appris à papa et papa a appris à maman, on y jouent tous, on ne manque pas de distraction… (une personne bien intentionnée devait surveiller mes parents, car il n’y a pas eu de bébé avril 1971, et qu’est-ce qu’ils devaient se marrer, à jouer à la crapette l’après midi, le soir étant OUF ! consacré à la lecture, car tout le monde passait son temps à la bibliothèque tenue par Francine).
“Maman va comme moi à la bibliothèque de Francine tous les jours, elle ne lit, elle, que des tagada Christine.
“Je t’embrasse très fort, je te souhaite beau temps et moins de vent que nous, bonne santé.
“Coraline”

La vie n’est qu’un long calvaire.

Photo : l’Arlésienne prise par votre gentille sorcière avec son premier appareil, offert pour sa communion, que Jean-Poirotte faisait la gueule à l’idée d’avoir à payer des développements débiles, mais, miracle, avec cet appareil, je n’ai fait que des photos magnifiques ! (enfin je trouve que celle-ci n’est pas mal, d’instinct j’évitais de centrer le personnage et il paraît que c’est mieux).

NB : on verra que le vent était une de mes préoccupations principales (interdiction de se baigner dans beaucoup de cas) et que je n’évoque que très peu, ou pas du tout, la pluie qui n’avait pas le temps de s’attarder. Il faut dire que nous nous étions fait des copains, et que les jours de pluie, nous avions de formidables occupations…

A suivre… Même si après 1970 nous avons évité soigneusement le Cotentin…

Posté le 24 juin '14 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Histoire de sorcière. 15 Commentaires.

5 mai 1958…

Papa et moiJour à marquer d’une pierre blanche…

Jean-Poirotte a beau faire celui qui s’en fout, je pense qu’il retournerait bien à ce lundi 5 mai 1958, jour de son incorporation dans l’armée, pour effectuer son service militaire, prévu pour 18 mois…

Mais quand on a 20 ans, 18 mois c’est l’éternité, surtout quand on doit laisser une femme en cloque jusqu’au menton derrière soi…

C’est 56 ans plus tard, c’est toujours en retard, que l’on revivrait bien le passé, mais c’est impossible. Ces moments que nous avons tous détestés, quels qu’ils soient, nous voudrions bien y retourner, peut-être en demandant LE trop : connaître ce qui nous attend. Mais je peux vous assurer que c’est une grâce qui nous est faite de ne pas savoir.

Donc papa n’était pas spécialement heureux à l’idée d’aller faire son service militaire. Les “évènements” d’Algérie épargnaient encore le bataillon de Joinville qu’il devait rejoindre le lundi 5 mai. Vu le nom du bataillon (le net vous renseignera mieux que moi), vous imaginez bien qu’il était hors de question qu’il soit exempté de quoi que ce soit même s’il avait eu les pieds plats, et malgré sa très proche paternité.

Le dimanche 4 mai était donc le dernier jour qu’il allait passer en famille, et maman pleurait toutes les larmes de son corps en imaginant son petit mari (1,82m) partant le lendemain. Je sais de qui je tiens à avoir passé mes deux grossesses à pleurer pour un oui ou pour un non, surtout à cause du trop ou pas assez salé… Enceinte de J + 21 jusqu’au terme, j’étais une vraie fontaine…

En cloque jusqu’au menton, et de surcroit en larmes, maman avait exigé de préparer elle-même le dernier vrai repas familial de son mari. Ils habitaient tous deux chez mes grand-parents maternels, mais les grand-parents paternels qui habitaient non loin, étaient venus se joindre à tout le monde pour ce grand jour.

J’imagine que le prisonnier et l’apiculteur, mes deux grand-pères, étaient assez sereins : mon père partait faire son service militaire, et non pas pour la guerre (la débâcle, les stalags, l’Afrique pour se battre contre Rommel et j’en passe). J’imagine également mes grand-mères assez sereines également : 18 mois c’est vite passé quand on ne part pas se battre vraiment. Elles avaient connu leurs maris partant pour la guerre, la vraie.

Maman a gardé de ce jour là sans doute, son habitude de faire pour entrée des radis : pas de problème.

Pour le plat de résistance, elle avait prévu un poulet. C’était juste avant que papa ne soit dégouté du poulet aux hormones, qu’on lui a servi  3 FOIS PAR SEMAINE au bataillon de Joinville PENDANT 24 MOIS (parce que la loi ayant changé, deux jours avant qu’il ne rentre chez lui au bout de 18 mois, il a appris qu’il devait en faire 6 de plus, la naissance de ma cadette lui épargnant de partir en Algérie “les pères de famille de 2 enfants et plus, ne seront pas blablabla, mais effectueront 24 mois de service militaire”), ce qui l’avait mis, vous l’imaginez bien, de bonne humeur. Quand on a déjà préparé son paquetage pour rentrer chez soi, devoir rester 6 mois de plus doit vous mettre le moral dans les rangers.

Bref, à l’époque il aimait le poulet rôti (maintenant il en garde toujours un vague dégout, et fait contre mauvaise fortune bon coeur, quand le poulet vient de chez qui il est certain qu’il n’a reçu aucune hormone (le poulet, pas mon père).

Donc maman avait prévu un poulet qu’elle avait fait rôtir (en pleurant), + un gâteau de riz (à ne pas saler merci, vu qu’elle pleurait).

Tout le monde s’exclama devant l’arrivée de la bête qui avait fort mauvaise mine si l’on se met dans la peau d’un poulet en pleine forme et bien vivant, et Jean-Poirotte embrassa Mrs Bibelot (qui ne pleurait plus) : “un poulet ma chérie, tu ne pouvais pas me faire plus plaisir”.

Sauf que…

C’était 1958…

  • Le boucher avait dit un vague truc à maman qui lui avait demandé un poulet pour 6 (le vague truc, c’était : il faudra le vider, je n’ai pas eu le temps de vider mes poulets ce matin)
  • Elle n’avait pas fait attention.
  • Elle avait beurré et huilé le poulet, l’avait parsemé d’estragon, de sel de poivre.
  • Il sentait divinement bon.

A la première bouchée, alors que tous les convives venaient de goûter leur morceau mais étaient restés silencieux, maman fondit en larmes à nouveau.

Elle avait oublié de vider le poulet qui avait cuit avec le foie ET son fiel.

Elle s’en rendait très bien compte.

  • Hypocrites, tous les convives prétendirent qu’on ne sentait rien, surtout ceux qui avaient pris une cuisse.
  • Ce qui était fort héroïque de la part du prisonnier et de l’apiculteur pour qui un poulet c’était sacré. Ils mangèrent toute leur part.
  • Mon père ayant du fiel dans la bouche en songeant à ce qui l’attendait le lendemain, fit chorus avec tout le monde. “Ton poulet est délicieux ma chérie”. Pour faire bonne figure, il reprit même de la sauce.
  • Mais la plus merveilleuse fut Mrs Morgan, qui devant les larmes de sa fille, mangea le foie avec le sourire, en prétendant qu’il était délicieux et que la dite fille avait tort de se mettre la vésicule rate au court bouillon pour une histoire de fiel qui ne se sentait même pas.
  • Jusqu’à sa mort elle est restée héroïque, prétendant que manger le foie du poulet n’avait pas été si infect que cela. JAMAIS, elle n’a dit qu’effectivement le poulet était infect. JAMAIS
  • D’ailleurs pour ne pas le terminer froid le soir, les convives le terminèrent le midi, et le prisonnier partit chercher chez son boucher de quoi dîner dignement le soir, pour le dernier repas civilisé de son fils.

Maman pleurait toujours.

Il y avait le dessert, mais cela ne la consolait pas…

Et pour le pousse café, excusez-moi du peu, il y a eu moi qui le mardi, annonça son arrivée.

Pulchérie devait connaître l’histoire familiale : je m’annonce le mardi, je pointe mon nez le vendredi en fin d’après midi…

Papa, averti par un télégramme “femme à l’hôpital, STOP, naissance imminente STOP (pour le “imminente” vous repasserez)” fit le siège de son sergent chef qui, le sentant assez bouillonnant, lui refusa une sortie au péril de sa vie. Ce n’était pas l’époque où un père se devait d’assister à la naissance de son enfant.

  • “Votre femme se démerdera bien toute seule, tant qu’à faire de faire les 100 pas, vous pouvez les faire ici, sans autre demande supplémentaire de ma part, mais promis, dès que le bébé sera là, vous aurez une autorisation exceptionnelle de sortie”.

Incorporé  le 5, sorti le 9 au soir pour un WE…

C’était rare.

Et la dernière fois que mon anniversaire est tombé un vendredi, le jour de ma naissance, c’était pour mes 50 ans…

Là, nous avions évoqué lors de la fête que les filles avaient organisée pour moi, l’histoire du poulet au fiel…

Le temps qui passe a de curieux effets :

On se souvient plus du fiel du 4 mai 1958 que du repas super réussi d’on ne sait plus quand.

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

PS : c’est moi et mon pôpa, vers septembre 1958…

Posté le 5 mai '14 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire. 14 Commentaires.

Quand on est issu d’une famille de chasseurs… (la vie n’est…)

fusil-copierCertains qui suivent, l’auront certainement remarqué : mais je fais souvent allusion au fait que j’aime les armes à feu et certaines armes blanches.

Bien évidemment tout ce qui est bombe, obus, canon, etc… armes lourdes de guerre, ne m’attire pas du tout. D’ailleurs en faire la collection serait très difficile (une autorisation spéciale pour détenir une bombe A chez soi, je ne vous raconte pas le parcours du combattant pour remplir les papiers…) (Lire la suite…)

Posté le 10 décembre '13 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Dans la série Diabolique, Famille de foldingues !. 8 Commentaires.