Le super retour de Crête…

BalaisJ’ai déjà évoqué les retours de voyage… Le retour de Crête fut épique naturellement. Il ne pouvait pas en être autrement, nous traversions une période de chance intense

Après 3 jours de calme que je savoure un maximum,  assez bien remise (vous allez voir à quel point) car rassurée sur le sort de Pulchérie et pouvant dormir enfin, départ le 4ème jour. Mrs Bibelot a pris RV avec un chirurgien orthopédiste pour le 5ème jour (il était précisé que ce n’était pas à 24 heures près), dans la mesure où nous devions atterir à Roissy vers 18 H…

Tout a été prévu par Europe Assistance, la compagnie aérienne a été prévenue qu’il y avait une blessée mutilée à prévoir (et donc 3 sièges pour elle toute seule parce qu’elle devait avoir la jambe toujours à l’équerre, la chaise roulante que je dus louer comportait d’ailleurs une gouttière pour qu’elle ait toujours la jambe en l’air (déjà que la tête ce n’était pas ça…). A l’arrivé re-chaise roulante avec gouttière et un ambulancier me ramenant à la maison (enfin chez mes parents chez qui je vivais, mais à la maison…). Tout bien prévu donc…

Voyage en car correct, Pulchérie se prélassant en prenant toute la place sur les sièges arrières avec sa jambe à l’équerre et sa résine avec laquelle elle peut assommer n’importe qui, en rigolant avec son copain Nicolas et sa soeur qui reste crispée (elle le resta longtemps, cet accident l’avait réellement traumatisée et j’ai sû après qu’elle avait essayé elle aussi de tout faire pour dégager sa soeur, et cru mourir de l’entendre hurler comme ça quand l’ascenseur est reparti vers la descente et de voir du sang partout…). Arrivée à l’aéroport : prise en charge immédiate : on m’attend avec une chaise roulante avec gouttière pour Pulchérie, on me fait passer devant tout le monde pour enregistrer nos 3 valises (ben voui…) et nous montons dans l’avion les premières, Pulchérie dans les bras d’un steward très beau gosse qui l’installe sur les sièges qui lui sont réservés. Sa soeur et moi sommes derrière elle.

L’avion se remplit. A l’époque il y avait encore une zone fumeurs et je suis donc allée retrouver régulièrement mes amis du club à l’arrière (mère indigne !).

Consignes de sécurité habituelles et où sont les gilets de sauvetage. Dans un silence relatif (tout le monde pense vaguement à ce qu’il peut se passer dans un avion, surtout s’il tombe) s’élève la voix cruellement forte de Pulchérie : « ah mais si l’avion tombe dans l’eau c’est pas possible, je n’ai pas le droit de mouiller ma résine… ». Silence de mort quelques secondes. Je lui signale que ce n’est pas le problème à cette emmerdeuse et désobéïssante en plus « ah mais je ne me suis pas fait greffer le pied pour tomber avec un avion dans l’eau ! » Re-silence de mort… Il y a la poisse à bord. Non une méchante pesteuse tout simplement (pardonne moi ma chérie, mais là je l’ai vraiment pensé…)

Tout se passe bien (l’avion ne tombe pas dans l’eau), sauf que dans l’avion nous faisons connaissance avec les gens de l’autre club (celui que je n’avais pas pris à cause du parachute qu’il n’offrait pas) qui eux sont ra-vis… Ils ont mangé des grillades tous les soirs et midi, crétois à mort, des langoustes à plusieurs reprises, le club enfant était super, les activités aussi, et les excursions aux prix indiqués. Il y avait un ascenseur certes, mais à 2 pas d’Héraklion… Les lettres sont en place dans toutes les têtes de mon club. Nous, nous avons passé des vacances plutôt merdiques (même sans l’accident de Pulchérie) et « les autres » en tombent par terre d’entendre ce que nous avons mangé, et tout ce qui n’allait pas (et dieu sait tout ce qui n’allait pas !).

Atterrissage à 18 H :

  • 18 H : Madame on vous garde dans l’avion, nous avons commandé une chaise roulante pour la sale gosse et désobéïssante en plus petite mais elle n’est pas là (la chaise)

  • 18 H 30 : Madame désirez-vous une petite collation pour vous et vos filles dont une emmerdeuse de première ? la chaise roulante tarde (Delphine veut bien de la collation et nous aussi du coup)

  • 19 H : on annonce la chaise roulante pour la reine des emmerdeuses la malheureuse greffée du pied

  • 19 H 15 : voici la chaise roulante

  • 19 H 30 : nous arrivons avec l’homme de peine qui pousse la chieuse Pulchérie qui doit faire à tout casser à cette époque 20 kg (elle faisait limite anorexique en plus !), à l’endroit ad hoc pour récupérer nos valises

  • 19 H 35 : inutile d’attendre, plus de valises sur le tapis roulant qui devrait donc arrêter de rouler. La faute à qui ? Je ne vous le demande pas : la faute à une cascadeuse dans les ascnseurs.

  • 19 H 45 : voici l’endroit où je vais pouvoir récupérer mes valises en théorie, quand l’emmerdeuse de première Pulchérie aura fait pipi grâce à toute une gymnastique dans les toilettes avec l’aide de Delphine et de maman dont la sciatique se précise parce qu’il faut lui tenir la jambe en l’air (déjà que la tête, bis repetita…)

  • 20 H : les voici (les valises) (« maman j’ai faim » (Delphine, dite « bouffe tout » par l’emmerdeuse de première et mal embouchée en plus sa soeur aînée qui ferait bien de se faire oublier, (jambe en l’air ou pas))

  • 20 H 05 : pas d’ambulancier comme prévu, il est reparti (maman j’ai toujours faim, et c’est un scancale qu’un ambulancier ait abandonné de pauvres petits enfants (bouffe tout désobéïssante également et l’emmerdeuse de première à qui je m’en vas bientôt, si elle continue, flanquer une claque, pied ou pas…)

  • 20 H 15 : madame, j’ai réussi à joindre l’ambulancier, il revient (maman j’ai encore faim !) (Non politiquement correct)

  • 20 H 45 : l’ambulancier arrive. Marre d’attendre me précise-t-il (moi pas, j’adore attendre…). Il a pensé qu’il y avait eu un loupé. « J’avais terminé ma journée, mais je suis revenu quand on m’a dit que c’était une jeune femme et moi qui suis dans un état ! avec deux jeunes enfants bien entendu innocents » (merci Monsieur) (et Delphine a toujours faim et lui, rien à lui donner à manger)

  • 22 H 15 : arrivée chez mes parents, Chloée (la chienne, pour ceux qui n’auraient pas suivi)  nous ayant senties arriver attendant ses petites soeurs et surtout sa maman, et ma maman à moi qui commençait à s’inquiéter (pas de portable à l’époque) sur le balcon (Jean Poirotte ne trouvant pas obligatoire d’attendre sur le balcon, plutôt que devant la TV, avachi répandu avec grâce dans son canapé).

  • « Mamie j’ai faim » (les deux !)

  • « Papy a fait sauter plein de crèpes mes chéries. Il va vous les faire manger, et après, au lit et maman me racontera tout… »

  • 23 H Coucher final des chieuses trésors » Bisous maman, on t’aime tu sais » (les zamouuuurs) « t’es la meilleure super des mamans !!!! et mamie la super meilleure des mamies, et papy le super meilleur aussi » (petits trésoooors à moi) (je sais : … c’est ça les gosses…)

Comme vous avez pu le constater, maman avait beaucoup à raconter, mais la sienne aussi (Mrs Bibelot).

  • Elle apprend l’accident via Jean Poirotte qui a reçu l’appel capital et piétine en attendant qu’elle rentre de ses sacro-saintes courses du jour (Mrs Bibelot est perverse, elle adooooore aller visiter ses commerçants chaque jour que dieu fait, elle adooore faire les courses).

  • Elle contacte ma première belle soeur qui travaille dans l’import/export et se charge, de son boulot de faire sauter tous les standards pour avoir Europe Assistance qui ne sait pas, après 32 appels, combien de temps d’hospitalisation est prévu

  • Elle ne peut pas me laisser toute seule comme ça (très réel) en Crête, elle arrive (ma mère. Ca me rassure réellement).

  • Elle se renseigne (via ma première belle soeur toujours mobilisée, france télécommm aurait pu griller sur cette histoire là) trouve même un hôtel proche de l’hôpital où séjourner avec moi et Delphine que bien entendu Mrs Bibelot ira récupérer au club. Que ce soit écrit partout en grec ne la dérange pas : elle a fait grec ancien, mais il paraît qu’on s’y retrouve en grec moderne… (confirmé par une copine de « philo » qu’elle a appelée)

  • Mrs Bibelot décide de partir en se demandant si elle pourra faire un tour au musée d’Héraklion pour le moins, quand elle apprend que Pulchérie quitte l’hôpital (même sans portables, nous arrivions à communiquer juste à temps, via Nicky et mon ex-belle soeur assiégeant tous les n° de téléphone possibles et utiles).

  • Elle cherche un chirurgien qui pourra prendre en charge Pulchérie dès son arrivée… Elle trouve, après 12 coups de fil au cours desquels je lis la lettre écrite en anglais pour que l’on transmette bien au chirurgien ce qu’il se passe… (finalement le poseur de résine a bien fait de se faire attendre pendant 3 heures…)

  • Elle s’est fait un sang d’encre… Limite pire que moi… Je sens d’ailleurs qu’elle m’en veut de tous ces tourments…

PS : quand je le dis que la vie n’est qu’un long calvaire…
PPS : ce sont les pires, mais il y a d’autres vacances…
PPPS : il y a la suite : le pied de Pulchérie jusqu’à la guérison..

Z’avez rien signé, mais c’est pour en chier, la vie n’étant qu’un long calvaire…

Les supers vacances en Crête (part 3)

Les_supers_vacances_en_cr_teLa journée passe après l’opération et la première nuit déjà bien entamée quand j’ai retrouvé ma fille  (77200 heures, j’ai tout bien compté).

Un animateur du club est venu apporter des livres à Pulchérie et le bisou de tout le monde le premier matin (envoyé par le chef de club : pouvait pas se déplacer lui-même ?). Je lui donne le numéro de téléphone de mes parents afin que Colette (la maman du petit garçon copain) les prévienne. Je ne sais pas pour combien de temps je suis coincée là avec juste mon sac à main et un peigne + une brosse à cheveux. Il repart m’acheter de quoi me sustenter un peu car je n’ai pas eu de petit déjeuner et pas voulu ôter le pain de la bouche de l’opérée.

Pas de soins particuliers pour Pulchérie, je suis surprise. Elle a un pansement curieux sur la cuisse gauche mais nous n’osons pas le soulever pour regarder de quoi il s’agit. Sauf changement de perf, et je vois bien qu’elle a des antibiotiques (même écrit en grec, avec la traduction anglaise ça se repère à 2 km) j’ai l’impression de ne voir personne (donnez moi un médecin qui m’explique tout) depuis tout ce temps. Et toujours, je me ronge en me demandant « pourquoi un plâtre ? » sur une blessure ouverte comme elle l’avait…

Deuxième nuit. Pulchérie qui n’est plus sous l’effet de l’anesthésie générale n’arrête pas de pleurer « mais pourquoi j’ai fait ça ». Ca ? Parce qu’il fallait que je sache, donc elle a avoué… LES AMES SENSIBLES PASSEZ LES PROCHAINS PARAGRAPHES !

Elles ont pris l’ascenseur pour descendre (Delphine encouragée par sa soeur car n’aimant pas désobéir à maman), et l’ont pris pour remonter me retrouver pile poil au bon moment, vu que je terminais de me démêler, quand Pulchérie s’est aperçue qu’elle avait oublié je ne sais quoi en bas. Et là elle a fait ce qu’elle avait vu ses grand-parents faire dans leur ascenseur quand elle était toute petite : déclencher du pied la sécurité pour le bloquer et repartir en sens inverse. Sauf qu’il n’y avait pas de sécurité. Son pied s’est coincé entre le sol de la cabine et la parois défilante jusqu’à l’arrivée alors qu’elle commençait à hurler.

Et là, un imbécile en bas, entendant hurler à appelé l’ascenseur pour « savoir ce qu’il se passait » (dixit le crétin doublé d’une andouille (un belge, désolée pour mes lecteurs belges fidèles, il y a des crétins dans tous les pays)) qui avouera son forfait plus tard  en toute innocence car je devais avoir l’air vachement aimable en l’écoutant, au risque donc que je le trucide avec un pied de parasol (non mais vous entendez hurler dans un ascenseur, vous l’appelez ou vous montez à pied voir ce qu’il se passe en bloquant tout ?)).

Les deux soeurs n’avaient pas pensé à ouvrir la porte pour arrêter le trafic, pendant que Pulchérie essayait de se dégager en espérant que je n’en saurais rien, ce qui fait qu’elle a fait la redescente (l’ascenseur appelé du bas), ensanglantant toutes les portes au passage en s’arrachant le dessus du pied… JE VOUS AVAIS PREVENUS !

Nuit d’enfer, je n’en peux plus, j’ai l’impression d’être là depuis des siècles. J’essaye de me coucher à côté de Pulchérie qui rouspète, alors que les grands-mères présentes ont leur super fauteuil de jardin dans lesquels elles ronflent en plus, pour me narguer… Et le lendemain matin, arrivée vers 11 heures d’un fort bel homme (et moi qui suis dans un état… Je me suis lavée comme j’ai pu dans les toilettes, mais bon, j’ai la mine que l’on imagine après deux nuits quasi blanches, et les cheveux comme pas possible (j’ai oublié ma barette salvatrice)…)

  • « Bonjour madame ! » (aucun accent)

  • « Bonjour ! Dieu soit loué : vous parlez français ! » (j’en pleure)

  • « Oui madame, j’ai fait toutes mes études en France, quel beau pays… Calmez-vous, tout va bien » (ah bon ?) (toujours aucun accent)

J’ai préparé mon laïus (mensonge 100 % digne de Mrs Bibelot) pour sortir de là et rentrer en France : je suis secrétaire médicale à l’hôpital truc, du chirurgien machin, je reprends le travail dans trois jours (non finalement deux), ma fille serait très bien dans mon service, etc… Inutile. Mais je me voyais coincée là pour des jours. Mrs Bibelot prévoyait de me rejoindre, c’était la révolution en France et au Club… Et ma petite Delphine, la laisser rentrer en France toute seule même avec Europe Assistance ? Que d’angoisses depuis l’accident, si proche pourtant, alors que j’ai l’impression d’avoir passé des jours dans cet hôpital… Je me prépare à plaider le rapatriement sanitaire… Difficile dans certains pays où l’on est très susceptible … (on sait faire aussi…)

Le médecin m’explique. Pulchérie avait le tendon du pouce sectionné net et le pouce donc, mal barré qui pendouillait (me semblait bien aussi…). Elle a eu de la chance d’ailleurs de ne pas le perdre, cela aurait compliqué l’opération (brr ! et qui serait allé à la recherche du pouce ?). Elle avait une grande partie de la chair du dessus du pied arrachée (ça j’avais vu : ça pendouillait également) d’où nécessité de faire une greffe de peau (et explication du pansement qu’elle a sur la cuisse gauche sur laquelle on a fait le prélèvement), l’ongle du pouce partiellement et celui du deuxième orteil également (arrachés). Elle a été opérée par le spécialiste mondial (le premier à faire) des membres sectionnés ou arrachés (je ne savais pas qu’il oeuvrait à Héraklion) qui arrive d’ailleurs…

Avec toute son équipe, comme tout professeur qui se respecte et me salue vaguement, comme si je n’étais pas la maman morte d’inquiétude (c’est l’autre qui traduit). Il découpe le plâtre et le retire, Pulchérie tétanisée et pour une fois muette. Je jette un oeil et je ne vois qu’une bouillie immonde qui a l’air de satisfaire tout le monde, car tout le monde regarde. L’autre médecin me précise (traduisant les commentaires aux internes) qu’il est satisfait du résultat, que Pulchérie peut sortir aujourd’hui, mais qu’auparavant il va lui faire mettre une résine, plus confortable et plus légère qu’un plâtre… Parce que le tendon a été remis en place avec un « cup buttom » (un genre de bouton pression) et qu’elle ne doit pas bouger le pied pendant au moins 6 semaines, moment où le tendon sera de nouveau rattaché à l’os (d’où l’immobilisation obligatoire et l’explication du plâtre et le fait qu’elle ait perdu de la souplesse dans le pouce (et ceci pour toujours) car il manque un morceau de tendon..). Je précise pour les âmes sensibles : quand le tendon est rattaché le cup buttom tombe de lui-même…. Et parce qu’il ne va pas laisser repartir une patiente en France avec un plâtre. La résine c’est mieux, c’est plus moderne et plus confortable et les médecins français ne penseront aucun mal de lui, il tient à sa réputation… (les français tous des cons avec leur plâtre !)

Il me précise qu’il a laissé 2 ou 3 morceaux de matrices d’ongles en place pour que plus tard elle puisse s’en coller des faux sur les morceaux qui repoussent. On va me donner une lettre à remettre au chirurgien orthopédiste qui doit la voir dans 4 jours, 5 maximum (je rentre le 4ème jour…) et décidera lui-même de la fréquence des soins. Exit le rapatriement sanitaire ouf !

(sauf qu’il y aura un raté dans la lettre qui précisera « left foot » au lieu de « right foot »… mais bon le chirurgien qui allait s’occuper d’elle le verrait bien…)

Je préviens le club que je reviens, avec la complicité de Nickie qui normalement ne doit pas me confier le téléphone (j’ai plutôt une mémoire auditive, mais je la revois très bien…). Le gars d’Europe Assistance arrive : c’est lui qui doit affrêter le taxi qui va nous ramener au club, et acheter les antibiotiques prescrits… Nous attendrons 3 heures le poseur de résine avec ce qu’il faut en dessous sur la blessure (un martyre pour Pulchérie, car il y a un moment où il appuyait sur le vif pour la mise en place), et enfin nous sortons.

Je le constaterai une autre fois, les chauffeurs de taxi grecs c’est l’enfer sur terre, même Pulchérie a peur et j’ai beau avoir sommeil à en tomber, je ne risque pas de m’endormir… Il se fait d’ailleurs arrêter par les flics cet imbécile doublé d’un chauffard, et c’est la mine de ma fille et sans doute la mienne qui font qu’ils le relâchent après moultes palabres. Arrivée au club : personne pour nous accueillir. Je saurais après que Delphine s’était mise à nous attendre dès mon coup de fil. 4 H 30 se sont écoulées (1 H 30 de bagnole tout de même). Pulchérie et moi nous écroulons dans nos lits respectifs après toilette et Delphine arrive. Petite mère… J’ai l’impression de l’avoir abandonnée depuis la nuit des temps, alors qu’il ne s’est passé que deux nuits et une journée complète, même si finalement nous rentrons en fin de la deuxième journée (il devait être aux environs de 17 H 30, puisque nous avons pu dormir un peu avant le dîner, j’ai un peu perdu la notion du temps ce jour là)… Elle est à la fois heureuse de nous voir (câlins) et triste. Mais tout le monde avait tellement pitié de la voir attendre en fixant la route, toute silencieuse, grave et concentrée, qu’on avait réussi à la décider à aller faire un petit tour sur la plage ramasser des coquillages et du coup, elle a loupé notre arrivée… Elle s’en veut…

3 jours encore au club. Pulchérie vedette. Elle doit toujours avoir la jambe surélevée donc on lui trouve les meilleurs fauteuils + un coussin et idem pour moi. Toujours quelqu’un pour la porter (on voit bien que je fatigue). Un repas spécial crétois est prévu en son honneur le lendemain de notre retour + une fête spéciale le soir. Une vedette de la chanson de l’époque qui séjournait avec nous (eh oui, déjà qu’avec Albert j’avais eu Stallone au Maroc…), pose avec elle pour une photo souvenir en s’étant proposée… Une fois reposée par une bonne et longue nuit (avec Delphine blottie contre moi, sa soeur occupant l’autre lit avec tous les oreillers prêtés par l’hôtel pour qu’elle ait bien le pied surélevé), et rassurée pour ma fille, je profite de la piscine, de l’amitié qui s’est formée encore plus autour de moi, des 3 derniers jours (malgré la bouffe toujours aussi nulle), avec Delphine mal remise de l’accident constamment sur mes genoux ou avec moi me racontant « votre absence maman, j’avais tellement peur… »

Delphine jouait et mangeait avec Nicolas (sous la surveillance aigüe des parents…), elle faisait pause toilette et beauté avec une jeune fille en séjour avec son copain, qui l’avait prise en amitié et lui avait d’ailleurs fait les ongles et une jolie coiffure, et elle dormait avec Malika, qui était seule dans une chambre à deux lits (et était journaliste à France Presse, je sais cela n’a rien à voir) (et désespérée d’avoir pris 3 semaines dans ce club de merde, nous allions tous l’abandonner pour une semaine de trop). Tout le monde s’était occupé d’elle, d’ailleurs Europe assistance était venu vérifier et enquêter sur le sort de Delphine.

Et Colette de me confier son premier coup de fil à mes parents (suivi de beaucoups d’autres). Elle était tombée sur Jean Poirotte et lui avait expliqué le problème. Puis tout à coup « je ne vous ai pas dit de quelle fille il s’agissait » « Oh répondit Jean Poirotte, c’est Pulchérie évidemment, ça coule de source« .

« Et nous qui pensions que tu avais un peu exagéré l’autre soir… » « Ma pauvre, bon courage pour la suite« .

Voilà, vous savez tout. Reste le retour de Crête qui fut épique aussi…

Car la vie n’est qu’un long calvaire…

Les supers vacances en Crête (part 2/3)

Les_supers_vacances_en_cr_te_2Retour au club en rentrant d’Héraklion (le car n’était plus looong vu que j’avais fait la séance « claques » (une chacune, et pas bien forte, je n’étais pas une brute)) Douche des filles.

  • Maman on peut aller dans la salle de jeux pendant que tu te lave ?

  • Oui mes chéries, voici des sous, et ne prenez pas l’ascenseur (3 étages, nous sommes au second et la salle de jeux au premier sous sol)

  • Ouiiiii on sait, tu nous l’as répétéééé 136 fois (et nous on t’as désobéi 136 fois mais motus, elle n’en saura rien cette pauvre Mouth débile…)

C’était en effet un ascenseur sans porte, avec parois déroulante. Mes parents avaient le même, mais muni d’une sécurité… Celui là, non. Elles avaient donc interdiction formelle de l’emprunter sans moi.

Départ de l’équipe de fer. Je sors de la douche et je termine la séance démêlage de tignasse quand Delphine déboule, en larmes, bouleversifiée : « maman ! Pulchérie s’est blessé le pied dans l’ascenseur, ce n’est pas grave, mais elle crie très fort, pauvre Pulchérie ! Pauvre Pulchérie ! »

Elle s’écroule sur mon lit, au bord de la crise de nerfs, en criant toujours « Pauvre Pulchérie ! » pendant que j’enfile à la  hâte un caleçon et un T shirt et me précipite dehors. Dès l’attaque de la descente de l’escalier, hurlements horribles : c’est ma fille, je reconnais le krikitu, elle est vivante, mais j’ai les jambes qui tremblent, et encore plus quand j’arrive au niveau de l’accueil ou je bifurque vers le krikitu : la porte de l’ascenseur est pleine de sang, cela fait une traînée du haut en bas et la réceptionniste est livide qui m’indique d’un doigt tremblant le niveau inférieur. J’arrive au niveau salle de jeux en suivant une trace sanglante,  où un homme plutôt verdâtre porte ma fille qui hurle. Il va tomber dans les pommes c’est sûr et me la faire tomber, en plus !

Je regarde le pied de Pulchérie que ma vue fait taire un instant et mon coeur manque un battement. Je hurle « hôpital ! » à l’homme qui va s’évanouir et je récupère ma puce pour m’écrouler sur un canapé en la portant comme je peux (pendant qu’il s’affale sur le sol, ne pas compter sur les hommes quand ça saigne en pendouillant). Elle hurle à nouveau (pas de claque pour avoir pris l’ascenseur, c’est bon, je peux crier). Cela a l’air grave mais c’est tellement sanglant que tout le monde se détourne en pâlissant (jamais vu autant de personnes blèmes en même temps depuis…). Moi je sais que c’est grave (je peux tout regarder sauf si cela concerne les yeux), j’ai peur, j’ai mal pour elle.

Le chef de l’établissement arrive à la hâte, très pâle également (il est responsable de la sécurité et dans l’ascenseur il n’est pas précisé que les enfants doivent être accompagnés : normes grecques). Il me kidnappe ma fille et part avec deux interprètes à l’hôpital le plus proche, Rethymnon. Je pars récupérer Delphine toujours au bord de la crise de nerfs pour la confier au couple d’amis qui ont un fils « ne t’inquiète pas on s’occupe d’elle », et je pars à mon tour avec le chef des sports. Arrivée à l’hôpital où l’on trouve la bonne salle au son du krikitu Un médecin est en train de répandre du liquide sur le pied de Pulchérie (probablement un anesthésiant) et elle se calme rapidement, en précisant « ça va beaucoup mieux ». Examen attentif de la blessure, grimaces du médecin. Echanges. Le médecin parle en grec au premier interprète qui traduit en anglais au deuxième, qui traduit en français.

« Ils ne peuvent rien faire ici, elle part en ambulance pour Héraklion immédiatement » (j’en viens, ils se moquent de moi ?). Moi il me faut retourner au club ou tout le monde m’attend, anxieux et où  surtout j’ai Delphine que j’ai laissée en larmes, et aussi pour prendre de quoi m’habiller, (je ne suis vêtue que d’un T shirt et d’un caleçon et uniquement de ça). Le chef d’établissement précise que j’ai 3/4 d’heure au club pour régler mes problèmes (et lui, faire nettoyer son ascenseur je présume) En mangeant un morceau je confie Delphine aux amis. Celle-ci est silencieuse et visiblement traumatisée. Tout le monde me rassure : on va recoudre Pulchérie, ce n’est rien. Non… La recoudre ils pouvaient le faire ailleurs. Je ne dis rien, on prétend toujours que je suis pessimiste. Je prends mon sac à main avec le nécessaire, j’enfile une culotte et un soutif (oubliés lors du premier habillage à la hâte) + un peigne et une brosse à cheveux dans mon sac.

Au moment où nous partons avec le chef d’établissement (et 1/2 heure de retard), téléphone : Pulchérie est entrée au bloc de l’hôpital d’Héraklion, inutile de rouler comme des cinglés (car les grecs roulent comme des cinglés) , il y en a pour trois heures au moins. Et moi je ne sais rien. Je ne sais pas ce qu’on va lui faire, ce qu’elle a exactement…. Arrivée à l’hôpital où on me laisse dans la salle d’attente. Le chef d’établissement a prévenu Europe Assistance auprès de qui j’ai souscrit… et il est désolé de devoir me laisser là… Il a de la paperasse à faire rapport à l’accident de ma fille « madame excusez-moi »… Je sens qu’il me hait et ma fille 10 fois plus…

J’attends, des heures me semble-t-il. Pulchérie apparaît enfin, sur un brancard mais bon. Elle est bien réveillée. Elle regarde son pied sous le drap « maman j’ai un plâtre ! ». Allons bon ! Pourquoi diantre un plâtre sur une blessure de ce style ? Je vérifie : elle ne délire pas. Bisous maman… Le médecin ne parle qu’anglais, je n’y comprends rien. Il confie la petite à une infirmière adorable : Nickie qui a l’air d’aimer beaucoup les français. Mais elle n’en parle pas un mot, et pas plus d’anglais. Nous parlerons par signes (ça marche très bien quand on sait que quand on fait non de la tête, pour les grecs ça veut dire oui, et inversement, mais dur dur de supprimer une habitude remontant à toujours… (d’ailleurs pour dire oui ils disent « na », et moi je comprenais toujours « non »)

Nous voici dans une petite chambre où il y a déjà deux enfants. Les parents rouspètent à l’arrivée du lit de Pulchérie (aucun enfant crétois ne séjourne à l’hôpital sans quelqu’un de sa parentèle à ses côtés). On me donne un fauteuil. Pulchérie s’endort suite à l’anesthésie générale, et moi je me sens d’une solitude absolue, perdue dans un cauchemar.

3 heures du matin : Nickie arrive « téléphone ! ». Je suis surprise mais j’y cours. C’est Europe Assistance. J’en pleure de joie d’être épaulée, soutenue, réconfortée, en français… Le représentant passe me voir le lendemain, et on avise (rapatriement ou pas…). Je dors un peu dans mon fauteuil après cet appel miraculeux. Je note ici qu’il est absolument fabuleux de voir la capacité de réaction de ces gens qui vous savent seuls et perdus… C’est un réconfort absolu.

Le lendemain, on nourrit bien ma fille, mais pas moi, ce n’est pas prévu. Les familles des enfants voisins (une jambe brisée avec des broches dépassant de partout, et un bassin fracturé pauvres petits pères) me donnent gentiment à manger. Il y a des barbecues sur les balcons, c’est très spécial. Pour les soins aussi : on s’occupe bien de Pulchérie, mais ratage de bassin et pipi dans le lit : c’est à moi de changer les draps en allant me servir dans la buanderie (et je suis vachement douée pour changer les draps de quelqu’un qui ne peut pas bouger et doit garder la jambe surélevée sur 5 oreillers). C’est écrit en grec dans la buanderie, c’est pratique (mais bon là-bas l’hôpital c’est gratuit). Pas de médecin, juste des infirmières pour les soins classiques et changement de perf. J’insiste auprès du représentant d’Europe Assistance qui est arrivé vers 10 heures : je veux rentrer en France. Je ne peux pas laisser Delphine seule comme cela et puis, j’ai peur médicalement parlant. Qu’a-t-on fait à Pulchérie ? A-t-elle été bien soignée ?

Finalement il y aura une part 3…

Parce que la vie n’est qu’un long calvaire…

Les super vacances en Crête

Je vous ai déjà parlé des départs en vacances il me semble, maintenant, telle la Comtesse de Ségur voici les vacances, pas toutes bien sûr parce que…

Il y a dans ma vie les supers vacances en Crête dont les filles et moi gardons un souvenir ému… J’ai l’autorisation de Pulchérie de parler de cette histoire mémorable.

Divorce réglé, argent de la communauté touché, je décide d’emmener les filles en juillet passer deux semaines dans un club de vacances en Crête. Surprise…

J’avais choisi un club avec un club enfants, pour pouvoir me détendre sans avoir constamment les filles sur le dos, et surtout excursionner sans elles, gardant des souvenirs émus des excusions imposées par Mrs Bibelot quand j’étais petite (je détestais). Et ce club très précisément pour faire du parachute ascensionnel au dessus de la méditérannée…

Arrivée au club après un voyage éprouvant (et surtout très long, comme tous les voyages), chambre super, dîner super, gens sympas, tout va bien. Les filles sympatisent avec un garçon dans leurs âges, du coup les parents et moi avec… Un groupe se forme déjà qui le restera jusqu’à la fin, c’est comme cela l’humain…

Premier matin où tout le monde débarque en pensant « premier jour de vacances »  : démission du responsable du club enfants. Pas de club enfants donc. Le zodiac destiné aux parachustistes tombe en panne à 11 H 30 alors que je vais m’inscrire : il ne sera jamais remplacé (comme le responsable du club enfants). Arrivée d’un nouveau cuisinier : le buffet crétois typique se comporte de vagues tzatzikis et tomates fêta + du porc à toutes les sauces (nous nous sommes beaucoup balladés dans l’île sans jamais voir un seul de ces animaux), avec de la purée, des pâtes et quelques tomates… Desserts à l’anglaise : de vagues gelées et mousses diverses… Déception de beaucoup : on se croiraît au Saufitelle.

Le prix des excursions n’est pas celui annoncé par l’agence (tout le monde s’insurge mais les prix ne baissent pas), et il me faut payer en plus (ce qui n’était pas prévu au départ, pour tous les parents idem) pour les filles (qui n’ont pas de club enfant…)  qui du coup sont toute la journée avec moi. Elles préfèrent la piscine à la mer ces enquiquineuses, j’aurais du mal à de temps à autre aller me tremper dans la grande bleue… (avec deux martyres de la mer à mes côtés, préférant faire splatch dans la piscine sous prétexte qu’elles détestent le sable et que la mer c’est salé…(le chlore ne les dérangeant pas))

3 jours après l’arrivée tout le monde tire la tronche : rien de ce qui était annoncé de bien ne fonctionne. Les groupes se soudent (les français contre les belges en règle générale, allez savoir pourquoi eux on leur fait des frites alors que nous voulons manger crétois ! et qui eux s’amusent bien). Je suis la seule femme seule avec des enfants, mais il y a d’autres célibataires toutes féminines. Nous nous organisons des promenades et excursions nous-mêmes. Certains attendent la fin des deux semaines avec hâte (c’est un comble) et tout le monde mitonne la lettre qui va être envoyée par tout le monde à l’agence, au retour… Nous découvrons que les belges pour le même prix ont droit à 3 semaines (bien fait pour eux, mais c’est d’une injustice flagrante). Puis je décide de faire l’excursion du siècle à Héraklion où nous passons la journée.

Les filles rouspètent parce qu’il faut se lever tôt. Le car c’est loooong… La visite des ruines du palais du Minautore les gaaaave profondément, les histoires mythiques crétoises elles s’en taaaapent. Déjeuner au restaurant où nous mangeons enfin crétois (« maman je préfèèèèère le porc ! »). Puis visite du musée d’Héraklion où va avoir lieu la séance « claques » que je retiens depuis le matin (j’avais tort, il valait toujours mieux débuter par elle, après j’avais la paix). Sur quelques photographies prises dans le musée, le visage des filles est un peu crispé, puis enfin, elles admirent un peu, et sont bien sages… Le retour en car se passe bien. Reste la soirée…

La veille au soir, nous avions longuement discuté entre parents des bêtises de nos enfants, pendant que les trésors jouaient dans la salle de jeux (importante pour la suite) où c’était donné et où ils dépensaient toute notre petite monnaie (quasi rien en Francs, car c’était bien avant l’idée même de l’Euro). Pulchérie avait remporté la palme des bêtises dans un éclat de rires général, mais j’avais bien senti que l’on pensait que j’exagérais (même pas…) sur ce coup là, les célibataires ne regrettant plus de ne pas avoir d’enfant…

La suite allait le leur prouver… Que je n’exagérais même pas…

Les filles on part en vacances !!!!!

Echaudée par un départ en vacances annoncé trop tôt (c’est quand dans une semaine ? C’est quand après demain ? c’est quand demain ? aujourd’hui on est demain ?), je préparais les valises en douce pendant que les filles faisaient de la soupe dans le jardin avec de l’eau, de l’herbe et un sac de plâtre oublié par le plâtrier (un saladier de fichu entre autres) sous l’oeil intéressé de la chienne et du chat, qui adoraient les inventions des filles (ils étaient bien les seuls à l’époque).

Les filles en voiture (leur cousine devant nous rejoindre le lendemain par avion avec billet « enfant voyageant seul » façon de parler tout l’équipage s’occupant de l’innocente), Albert un mouchoir à la main, me voici partie sur le coup de 18 heures avec la chienne et mes deux gamines pour faire 800 km et rallier les Saintes Maries de la Mer où mes parents prenaient pension 1 mois par an (toujours juillet, août ils ne pouvaient pas), et nous attendaient de pied ferme.

Albert devant nous rejoindre pour la dernière semaine. Après nous devions rallier une autre villégiature en bord de mer pour y passer 3 semaines et continuer à y martyriser les filles (avec sadisme, on l’aura compris).

Je ne vous parle pas des bagages encombrant le coffre de la grande voiture dont le réservoir faisait très exactement 81 litres (j’ai évoqué le sujet de l’obsession d’Albert avec le contenu exact du réservoir) : « tu n’auras pas à refaire le plein ma chérie ». Et dont le quart seulement du contenu était utilisé au retour (je parle des bagages, le réservoir ayant ses limites)…

Au bout de 3 km « quand c’est qu’on arrive, c’est long ! ». Que celui qui n’a jamais entendu cette phrase fatidique alors qu’il y a 800 km à faire, me jette la première valise (excepté ceux qui n’ont pas d’enfants bien entendu). Que celui qui ne l’a jamais prononcé en fasse autant (sauf s’il n’a jamais fait plus de 3 bornes en train ou en voiture…)

Ne pas déprimer du tout. Je me disait qu’il était 18 heures 05, qu’elles étaient crevées et qu’elles allaient dormir, ayant mangé avant de partir (la salade de riz et le riz au lait, ça plombe l’estomac). Une mère c’est toujours un peu innoncent et ce, jusqu’à un âge avancé.

Venait le moment où elles se demandaient qui prenait le plus de place à l’arrière et décidaient que c’était dégoutant que l’autre prenne plus de la moitié du siège. Coups de pieds, crêpage de cheveux, hurlements dangereux pour la concentration du conducteur. Eh non à l’époque le réhausseur n’était pas obligatoires, on se contentait de leur boucler une ceinture qu’elles débouclaient immédiatement (pas obligatoire, on renonçait rapidement).

Premier arrêt « claques » (j’étais une mère indigne) à l’entrée de l’autoroute au bout d’une demie heure, sous l’oeil horrifé d’un routier à qui Pulchérie tirat la langue (ce trésor…) Il fut encore plus horrifié sans doute à mon départ, car le lendemain elles m’avouèrent lui avoir montré leurs fesses au démarrage, ces petits coeurs.

Après, un grand calme miraculeux… mais j’étais intriguée par le fait que tous les conducteurs de camion que je doublais, ricanaient TOUS… En fait les filles s’étaient déculottées , et donc montraient leur petit cul cul à tout le monde… Un gosse qui pleure après le deuxième arrêt « fessée » n’est pas long à s’endormir, et nous voici arrivées sur le coup de minuit trente, et Albert rassuré m’aboyant dans l’oreille « à combien tu as roulé ????? » « Ben 180 il n’y avait personne sur l’autoroute » (exact, c’était en milieu de semaine vers le 7 juillet). Lui en effet se traînait à 50 au volant de la Mercédès sans doute ? et les radars ne pullulaient pas comme de nos jours… Moi j’allais toujours trop vite (6 H 30 pour 800 bornes avec personne sur la route, c’était honnête) (et ce n’est pas moi qui se fit prendre à 250 au lieu de 90 et condamner à rouler à bicyclette pendant 3 mois, ceci après notre séparation, ce qui me fit bien ricaner, (je sais je suis une garce immonde)).

Albert m’ayant quitté et le divorce ayant été prononcé, un peu à l’aise rapport à ce que j’avais touché, le juge ayant trouvé mes exigences normales, je les emmenais en Crète pour deux semaines, dans un centre prévu pour les enfants (on notera qu’elles étaient réellement martyrisées). Silence sur ce voyage, bouclage des valises en grand secret et réveil des filles au son de « on part en voyage dans 1 h » (et ne protestant même pas d’être réveillées de bonne heure) et direction l’aéroport où pour une fois elles furent sages, assises avec leurs petites robes et chapeaux sur les deux trois valises, et un peu angoissées de la disparition de leur môman, alors que j’allais me renseigner sur le retard de l’avion, les ayant confiées à un vigile attendri (pauvre naïf).

Dans l’avion elles furent un peu impressionnées le temps du décollage. Après elles eurent soif, faim, et envie de faire pipi toutes les 15 minutes (c’est rigolo les toilettes dans l’avion, et l’hôtesse qui donne du chocolat chaud et un croissant dès qu’on meurt de faim). Elles boudèrent les crayons de couleur et le papier offerts par une hôtesse aguerrie, et repérèrent tout de suite les copains qu’elles pourraient se faire à grand renfort de courses dans l’allée centrale. Pas de bol ils étaient dans un autre club, celui que j’eusse dû choisir, le mien se révélant pourri…

Mais cela c’est une autre histoire… Un enfant en avion ne risque pas de faire une phlébite lui, c’est moi qui vous le dit.

Je m’égare. Le « quand c’est qu’on arrive » est la phrase clef du départ en vacances, à renoncer d’y aller…

(Non mais sinon c’était des anges. Elles étaient juste vivantes mes petites puces que j’adore… Mais la vie n’est qu’un long calvaire)

L’autre semaine de vacances aux Arcs…

Bouder_moiLa deuxième semaine de vacances aux Arcs eut lieu avec le furoncle et son époux…

Quand Albert leur avait proposé cette semaine merveilleuse, je n’avais pas moufté, juste boudé dans la voiture au retour, car il ne m’avait pas consulté avant (crime impardonnable, mais c’était sa spécialité) La troisième semaine devait avoir lieu en amoureux, mais la société lui demanda d’aller voir ailleurs…

Je sentais que ce serait nettement moins folklo que la première semaine avec mon frère. Exit pétards, placards, engueulades, fou-rires…

A l’arrivée, généreux (le furoncle et son bubon), se proposèrent pour dormir dans l’entrée (avec les lits superposés que nous avions dé-superposés avec Albert un mois avant), pour laisser « aux jeunes », le canapé dépliant 2 places dans la pièce commune avec cuisine à l’américaine….

Dormir dans le lieu commun n’était pas sympa du tout… Le Furoncle débarquait à 6 heures pour commencer la tambouille du petit déjeuner « ne vous dérangez pas pour moi les enfants« … Heu ben non, on voulait juste faire 36 positions du Kama Soutra, tu ne regarde pas hein ? Albert était d’ailleurs totalement paralysé par la présence de ses parents à 3 mètres (moi aussi, ça tombait bien), qui eux, n’avaient aucune discrétion et en ont profité tous les soirs (et nous avec, mais sans aucun plaisir, on comprendra pourquoi…). Ce n’est pas mon frère et mon ex future ex belle soeur qui auraient risqué de nous voir débarquer à 6 heures… Entre jeunes finalement, on avait sû faire discret… Et pourtant nous avions tous les 4 fait crac crac à n’en plus finir… Là nonla vieille garde se foutait bien de nous faire profiter de leurs ébats !

A 7 heures tapantes le beau père débarquait, dûment douché (aussi discrètement que pour le reste), rasé, au son de « alors les jeunes, aucune santé, la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt ! ». A la montagne en janvier c’est l’idéal de se lever tôt : il fait nuit noire… Albert n’osait rien rétorquer (ce rat) et j’étais bien obligée de me lever pour faire le lit, alors que je suis depuis toujours dans le coltard avant 8 heures du matin…

« Ah il faut secouer la literie par la fenêtre ma petite Coraline » « chez nous on l’a toujours fait » (le « chez nous aura son post exclusif »)…

Je sentais bien que cela lui faisait peine de m’avoir fait chauffer de l’eau à part pour mon thé alors qu’ils buvaient tous les trois du café. Sa consternation restait grande de me voir mettre du lait dedans « chez nous on n’aime pas le lait » (donc dépense inutile) Albert essayait de mettre de l’ambiance, vainement, je ne l’y aidais d’ailleurs pas vraiment… Elle jacassait courses, déjeuner, dîner, économies à réaliser « tout est hors de prix ici »… Etc… Puis Albert chaussait ses chaussures de ski, entraînant ses parents. J’allais me repieuter et il le savait bien, puisque le rendez-vous était fixé à tel restaurant d’altitude à telle heure bien tardive. J’avais bien le temps de les haïr (tous, un miracle que les filles soient là)… Lui m’enviait de me recoucher en douce dans des draps non secoués par la fenêtre (parce qu’évidemment je n’avais pas obtempéré) sans ses parents à proximité (bien fait !)…

A partir du rendez-vous c’était le Furoncle admirant son fils skiant « regardez le mon fils » « qu’il est beau mon fils » « qu’il skie bien mon fils », le beau père qui avait du mal à respirer et mal aux yeux, et ne comprenant pas qu’à moi aussi il me faille des lunettes protection 500 « à votre âge ». Ma seule vengeance : lui avoir donné la canette de bière qu’il me réclamait (sans dire « s’il vous plaît ») en l’ayant secouée juste un petit coup : entièrement aspergé le beau père. Albert sur ce coup là fut très bien « c’est normal, c’est l’altitude… »

La nuit tombe vite. Personne pour se planquer dans un placard. Nain jaune obligatoire. Autant c’était marrant avec mon frère et sa future, autant là c’était glauque, tellement le beau père était radin (même au nain jaune). Le dîner le plus économique possible avait été concocté par le Furoncle, moi chargée par Albert de l’empêcher de tout faire brûler (sa spécialité)… Et puis en avant pour se coucher de bonne heure (car la vie appartient à ceux qui se lèvent tôt), et à Albert et moi d’écouter grincer un sommier (interdiction de seulement lire, la lumière les dérangeait)

Je n’ai jamais de ma vie repris le travail avec autant d’enthousiame…

la vie n’est VRAIMENT qu’un long calvaire…

La semaine de vacances aux Arcs…

Jeunes_couples_53272341Cette semaine de vacances aux Arcs avec mon frère et ma (future et maintenant ex) belle soeur est un très bon souvenir. Nous étions jeunes et heureux et ne savions pas ce que l’avenir nous réservait.

On a vraiment rigolé, malgré les disputes des deux autres et le coup du placard, et on ne peut pas dire qu’Albert se soit franchement décarcassé pour trouver des acheteurs. Pas étonnant qu’après il ait vendu des aspirateurs…

Déjà le départ était marrant. Notre voiture surchargée, il fut décidé que ma belle soeur prendrait le volant pour le premier quart. Comme je suis malade à l’arrière, les garçons s’installèrent derrière et tout le monde nous regardait d’un drôle d’air. Mes beaux parents furent indignés d’apprendre la chose : chez eux c’était : les hommes devant, les femmes derrière… C’est sans commentaire…

Nous occupions nos longues soirées à jouer au nain jaune, au rami, ma belle soeur et moi surveillant les tricheurs potentiels (2 dans la salle), le scrabble on ne pouvait pas, le précédent locataire l’ayant jeté par la fenêtre. Je me demande toujours aujourd’hui, comment on peut se prendre de tels rires à jouer au nain jaune… C’est imparable dans ma famille…

Nous étions fauchés bien naturellement, mais nous avions réservé de l’argent « pour les courses » (après avoir épuisé ce que nous avions apporté), une soirée fondue et une soirée raclette au restaurant. C’était l’époque préhistorique de la vraie raclette que l’on racle vraiment, à chacun son tour, plus sympa à mon sens quand on n’est pas plus de 4, que l’actuelle raclette où tout le monde fait fondre en même temps (c’est mon avis et je le partage…) (seul inconvénient, en attendant son tour on picole un peu trop et on rentre comme on peut, mais en rigolant bien)

Il y avait un problème potentiel qui existait tout de même : la cigarette.

Albert fumait, mon frère et ma belle soeur aussi (moi pas encore, et pourquoi ai-je commencé ?). Elle très peu, et donc les « garçons » plus gros fumeurs, avaient l’habitude de piocher dans son paquet sans vergogne (dans son dos surtout). La clope n’était pas aussi chère qu’aujourd’hui rapport « sous qui rentrent/sous qui sortent », mais bon, ça l’agaçait la belle soeur, de retrouver son paquet vide alors qu’elle s’en serait bien grillée une et je la comprends désormais (fort hélas).

Comme deux gamines nous sommes donc allées, sous le prétexte que le lait allait manquer, acheter des pétards à mettre dans les cigarettes, au rayon « farces et attrapes » de je ne sais plus quelle boutique (on trouve de tout à la montagne, pas comme à Rampion). Je crois qu’au passage on a acheté également une ou deux cuillères qui fondent et un coussin qui pète. Quand on est jeune on fait n’importe quoi (je ne ferais plus cela maintenant… (hem))

Nous avons donc farci les cigarettes de Julienne de pétards, en faisant une petite marque invisible pour le non initié sur les cigarettes piégées.

Nous étions ravies, mais nous avons loupé la meilleure de la cigarette qui explose, car elle a eu lieu loin de nos yeux, ce sont eux qui nous ont raconté, sans avoir vraiment compris (devant nos airs innocents et nos « Oh ! ») ce qu’il s’était réellement passé…

Elle en avait marre de skier et avait décidé de rentrer. J’allais les attendre en boîtant (je vous rappelle que j’avais un genou en vrac, pour ceux qui suivent), vers 16 heures, toujours au même endroit, où elle me retrouva. Les « garçons » décidèrent de faire une dernière descente.

« Merde, c’est ton frère qui a mon paquet de clopes » me déclara ma belle soeur après leur départ. Pas grave elle pouvait en acheter un autre. Qu’elle planqua dans un placard… (évidemment 😇).

C’était la toute première des pétards…

Voiloù mon Albert et mon frère s’installant sur un télé siège, avec, je ne sais pourquoi un pauvre quidam qui avait décidé de rester AU MILIEU du télé siège. Il était donc CERNÉ par l’équipe de fer.

« Tiens constate mon frère, Julienne a oublié de reprendre son paquet de clopes qui est dans ma poche, on va pouvoir lui en piquer quelques unes. Je t’en offre une Albert ? Vous en voulez une Monsieur ? »

Le pauvre obtempère. 3 clopes d’allumées (sur le premier paquet on avait piégé un max parce qu’elle fumait peu).

  • Au premier PAF ! (Albert), le gars du milieu l’a regardé d’un drôle d’air. Albert s’est demandé ce qu’il se passait et a jeté la cigarette…

  • Le deuxième PAF ! (mon frère) a suivi à 2 secondes près, tétanisant définitivement le voisin du milieu (et les deux « garçons » aussi), on ne leur avait jamais fait ce coup là… Cigarette jetée à son tour…

  • Pour se remettre le gars du milieu a tiré un bon coup sur sa cigarette et le plus merveilleux PAF ! du pétard cigarette a eu lieu… (étoile des neiges…). Il les a quittés précipitamment arrivé à bon port, en les regardant curieusement. Ils ne l’ont jamais revu… (il s’est tôlé dans la descente et est resté coincé dans un placard après, du coup…)

La guerre des pétards a duré toute la semaine, avec à chaque vol de clope à la belle soeur un « putain, pourquoi tu n’en as jamais des qui explosent ? C’est quoi ce bordel ? » (ben c’est nous qui avons piégé les cigarettes avec Coraline et je sais voir la marque de la cigarette piégée banane !) (en plus ils n’avaient pas de chance, ils tombaient toujours sur une piégée).

J’ai dû tout avouer à Albert, quand, une fois rentré à Paris, il prit sa plus belle plume pour porter plainte auprès du SEITA… (c’est quoi ces explosifs, un nouvel adjuvant à la drogue dure ?)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Puisque c’est comme ça je me cache…

Dans_le_placard_57519927Cette histoire est 100 % authentique d’où la série « chroniques d’une vie ordinaire »… (c’est sans commentaires sur « la vie ordinaire »)

Albert vendait des appartements en kit aux Arcs (son premier emploi)… Vous savez, ceux des bronzés qui font du ski et que si tout le monde prend 12 heures de retard et bien Juniot il skiera en juillet dans 7 ans ?… (et comment qu’il balance le scrabble par la fenêtre).

Bref ce n’est pas drôle du tout. Albert devait passer 1 semaine par mois à la montagne pour vendre ses kits, pendant 3 mois.

La première semaine, comme nous avions un appart pour nous tous seuls, nous avons invité mon frère et ma future belle soeur à nous accompagner. Elle était ravie, elle qui était skieuse hors pair, et mon frère aussi (ravi) qui ne demandait qu’à le découvrir (le ski) (pour la deuxième semaine Albert avait invité son père et sa mère, et aurais-je la force de faire un post sur cette semaine inoubliable ?)

Déjà à l’époque mon frère et sa future s’engueulaient tout le temps (ça a duré un morceau de temps), mais nous ne nous en rendions compte que le dimanche midi chez le grand père (l’apiculteur) et l’après midi du dimanche. On pouvait espérer que le dimanche n’était pas un bon jour pour eux…

Arrivée dans l’appart : déjà bouderie : un seul lit de deux personnes et des lits superposés dans l’entrée. Comme Albert et moi vivions déjà ensemble (et donc pouvions crapuler à notre aise), nous leur avons donc cédé très gentiment le lit pour deux pour nous en faire un pour nous dans l’entrée en nous débrouillant avec les lits superposés que nous avons dé-superposés…

Premier petit déjeuner : mon frère ne mange rien le matin et il a tort, parce qu’il va faire du ski et que le petit déjeuner c’est super important… Première dispute « je ne mangerai pas » (des oeufs, du fromage blanc, des toasts à la confiture, des saucisses, etc…)  « tu mangeras ! », etc… Albert déjà un peu las… qui récupère les oeufs sur le plat de mon frère sous la table pour éviter le carnage… Il me faut reconnaître ici et maintenant que j’aurais aimée avoir l’autorité de ma belle soeur (ben oui je la considérait comme cela) car moi je suis genre poire qui déteste les conflits, si que cela aurait obligé mon mari à manger des oeufs sur le plat au petit déjeuner… Moi je n’ai pu obliger aucun de mes maris à RIEN.

Je débutais le ski avec mon frère dans l’école ad hoc, pendant qu’Albert partait avec sa future belle soeur (fallait bien que l’on se marie un jour ou l’autre). Le premier jour s’est bien passé, sauf que j’ai alerté le moniteur après une chute « j’ai cassé mon ski » « non c’est la sécurité qui a sauté mademoiselle« …(ça fait rêver longtemps après). Le lendemain je débute une crise de rhumatisme articulaire aigü dans le genou gauche (exit le ski et bonjour ma carrière d’emmerdeuse moyenne qui débutait).

Je m’en foutais un peu, la montagne que je découvrais n’était pas pour moi : la neige me donne mal aux yeux (je souffre de photophobie aigüe depuis ma plus tendre enfance), impossible de trouver mon équilibre sur les skis, quand je suis en haut j’ai le vertige (et mal aux yeux) et quand je suis en bas ça m’oppresse…

Bref, munie du diagnostic, les antibiotiques à haute dose qu’il me fallait sur ce coup là, je rentre à l’appart avec 7 ou 8 livres à bouquiner pendant que les autres skieraient. Il me fallait bien cela, j’ai été toujours bouquinovore.

Je végététais dans l’appart en lisant ce qui n’est pas abominafeux pour moi… En ayant prévenu tout de même que vu l’état de mon genou il ne fallait pas compter sur moi pour faire la bonne à tout faire…  Mon frère progressait très vite. « Sans aucun style » d’après Albert qui avait, lui, commencé à 5 ans, mais « il va vite et il n’a pas peur ».

Les voici donc partis un bel après midi, skier à trois : Albert le spécialiste depuis ses 5 ans, mon frère débutant mais prêt à tout, et ma belle soeur fortiche en ski également mais moins téméraire que les garçons… (d’après Albert, moi j’étais incapable de juger)

Je lisais un truc super quand tout à coup ça sonne  : j’ouvre : la belle soeur en rage, ça se voyait tout de suite…

  • J’étais avec les garçons, je les suivais, je suis tombée, ils ne se sont même pas arrêtés pour m’aider à me relever (elle pose ses skis dans l’entrée)

  • Vraiment des rats les hommes (elle enlève sa combinaison)

  • On se fait un thé ? (oui TU fais un thé)

  • J’aurais pu me blesser grave en tombant (dit-elle en buvant le thé). Ils n’en avaient rien à foutre, ils sont repartis sans m’attendre.

  • J’aurais pu me tuer…

  • Ah les salauds, je suis morte sous un pin et ils skient avec allégresse, tu vas voir comment ils vont être  joyeux en rentrant…

Là j’ai refermé mon livre.

  • Déjà Coraline, tu ne m’as pas vue du tout. Je ne suis pas rentrée. Où sont mes skis ? Je les planque sur le balcon… Ils n’y vont jamais ces rats…

  • Ton frère va se faire un sang d’encre, il sera bien temps, j’aurais pu crever sous le pin, je suis morte sous le pin… Bien fait pour lui, j’espère qu’il va en faire un ulcère

  • Si je mets ma combinaison sur le balcon ça n’est pas l’idéal, je peux t’emprunter ta valise ? merci, t’es un chou ! Hops je lave et je range ma tasse de thé (deux ça ferait louche)

  • Quand ils vont rentrer tu ne m’as pas vue hein ?

  • Où que je vas me mettre : tiens dans le placard : regarde j’y rentre tout bien…

  • (ouverture de la porte du placard) : j’y tiens bien, mais avec un tabouret ce serait plus confortable… Merci Coraline.

Et la voilà dans le placard à 16 H. A cette époque à la montagne le retour des skieurs a lieu vers 17 heures… Donc elle a poireauté pendant 1 heure et pendant 1 heure à ne rien faire qu’attendre, on cogite, surtout, je l’imagine très bien, assise sur un tabouret dans le noir d’un placard (le salaud, je le quitte, je prends le train de minuit, je suis déjà partie)…

Ouverture de la porte à 17 H pétantes, mon frère en tête, Albert levant déjà les yeux au ciel.

  • Coraline ? tu n’as pas vu Julienne ?

  • Heu non… pourquoi ?

  • Putain, elle fait chier ! elle est tombée, on l’a attendue, elle nous est passée sous le nez en criant je ne sais quoi…

Rien à répondre heureusement. La porte du placard s’ouvre et ma belle soeur en sort comme un diable de sa boîte. Pas le temps de dire quelque chose,  mon frère la pointe du doigt.

  • Je le savais que tu étais là !

  • Tu ne savais rien du tout pauvre crétin ! Je pouvais crever sur la piste, tu n’en avais rien à foutre !

  • Tu rigoles ? on t’attendait et tu nous es passée sous le nez en disant des  choses abominafreuses ! Je le savais bien que tu n’étais pas morte !

  • Tu t’en fous que je crève !

  • Oui, enfin non, mais là maintenant, tu peux retourner dans ton placard ça nous fera des vacances !

  • Où sont passés Coraline et Albert ?

  • Je ne sais pas, ils viennent de partir en claquant la porte

  • Faut qu’on les retrouve (surtout pas, mais si, ils nous ont retrouvé à la fondue du secteur)

La vie n’est qu’un long calvaire…

Quand on racontait ça au papa de la belle soeur, il souriait en disant  » je ne le la voyais pas comme ça » (et là sa femme levait les yeux au ciel, car des scènes père/fille, elle en avait eu sa dose)

Sinon on s’est bien amusés cette semaine là (me reviennent plein de souvenirs) et il faudra que je vous raconte comment je suis restée moi, deux heures et demie derrière une armoire… Rappelez-moi de le faire (si ça vous intéresse s’entend)…

La vie n’est qu’un long calvaire…

La grande réussite d’Albert…

Albert_repr_sentant_10079627Non je ne vais pas vous coller une photo des filles. D’ailleurs nous étions deux pour réussir ces purs chefs d’oeuvres…

Albert croyait qu’il était fait pour le commerce (mais il avait tort). Il avait fait une école spéciale. Il vendait de tout d’ailleurs, parce que la vente ce n’était finalement pas son truc et qu’il changeait de secteur régulièrement. (Pour découvrir un beau jour qu’il était fait pour être acheteur, quand il en a été à son je ne sais plus le combientième emploi)…

Il a vendu des appartements à la montagne (posts à venir) des aspirateurs, des je ne sais plus quoi d’ailleurs… Puis il rejoignit Jean Poirotte pour le seconder dans son entreprise (ne jamais travailler en famille, ce qu’Albert persista à faire en s’installant après deux autres emplois de nouveau infructueux avec son beau frère (et en plus ça rime))

Il était déjà avec Jean Poirotte, mais il lui restait 2 aspirateurs à fourguer ou pas quand un beau samedi, dring à la porte. Je me souviens qu’il s’emmerdait vaguement devant un match de rugby qu’il regardait parce que cela fait mec et que Pulchérie bien remise par sa sieste à elle, l’empêchait lui d’envisager une sieste crapuleuse (l’avait qu’à s’y prendre plus tôt)…

C’était l’époque où ils se promenaient à deux pour nous annoncer la fin du monde (maintenant qu’elle n’a pas eu lieu on ne les vois plus) Les témoins de Jéotruc qui refusent les transfusions et autres… J’ouvre la porte, Pulchérie charabiatant à mort accrochée à mes jupes mon caleçon bien moche du samedi « je glande ». Moi en voyant le couple je me fige. Pas le temps d’en placer une sur le « oh le beau bébé il est à vous ? » (non je l’ai emprunté à la voisine pour occuper mon samedi) que voici Albert prêt à les lourder gentiment j’imagine (restons civilisés).

Ben non, il les fait entrer et les installe dans le salon. Ils sont ravis. Ils ont tort. Mais généralement on leur claque la porte au nez sous un prétexte fallacieux ou pas et là, ils sont reçus. Ils sont coincés, ils ne sortiront pas comme ça… Mais ils l’ignorent…

Albert alla jusqu’à faire du café et à le servir avec des petits gâteaux qu’il trouva sans mon aide, pendant que je donnais le bain à la petite, ce qui me prenais un moment (c’est igolo l’eau maman). Ca blablatait ferme dans le salon (surtout Albert). Les témoins de l’apocalypse futur ignoraient qu’ils étaient tombés sur le bavard du siècle. Si si, il arrivait à me clouer le bec, c’est dire ! Je tends l’oreille, ça cause religion et bible et les malheureux ne sont pas sortis de l’auberge, même un jésuite ne tiendrait pas la route face à Albert… (alors que dire de bénévoles non formés à la dialectique, parce qu’un jésuite on peut dire ce qu’on veut, ça tient la route sur le plan conversation…)

Après le bain de Pulchérie qui charabiate (quelle hérédité a cette petite, c’est consternant), quelques rangements, je commence à préparer le repas en passant donc devant le salon et souriant hypocritement à un homme et une femme légèrement crispés, cela se sent nettement… Ils m’évoquent vaguement un insecte englué dans une glue quelconque et qui se débat désespérément pour s’échapper…

2 heures 60 minutes à discuter avec Albert. Tout ça pour quoi ? Je vous le donne en mille. Pour repartir avec un aspirateur VENDU À EUX PAR ALBERT sans l’avoir échangé contre une bible, ni surtout converti Albert… De dos, ils faisaient peine avec leur démarche anéantie..

On ne les a jamais revus… ils ont déserté le quartier… Je pense qu’ils se sont suicidés en rentrant chez eux… Ils l’avaient assez dit que la fin du monde approchait. C’était la leur…

La vie n’est pas qu’un long calvaire, j’étais morte de rire… Mais bon, Albert ne pouvait pas passer 3 heures à chaque client pour faire fortune dans les aspirateurs… D’où sa reconversion un jour sur les cours de la bourse.

Ou il découvrit qui était fait pour être acheteur, avec son beau-frère (ne jamais travailler en famille, je l’ai déjà dit…)

Car la vie est tout de même un long calvaire…

T comme Téléphone : moi, 2 filles et 1 seul téléphone

Adolescente_au_t_l_phoneEpoque préhistorique où le portable faisait une timide percée et où je me suis retrouvée dans mon appartement avec Pulchérie et Delphine en pleine crise d’adolescence et seulement une ligne et un téléphone.

Téléphone bien sûr avec cordon…

Je pensais que ce téléphone était ma propriété, puisque j’en réglais la facture. J’avais tort.

A la première sonnerie, bruit de cataclysme dans la chambre des filles (zut tout s’écroule), ouverture sauvage de la porte et double précipitation sur l’appareil à grand coup de « c’est moi ! » « non c’est moi connasse ! » (sinon elles s’entendaient bien et s’entendent toujours bien). J’arrivais toujours trop tard. Quand c’était pour moi, elles me tendaient l’appareil avec réprobation et retournaient faire semblant de faire leurs devoirs.

Malheur à moi si je m’attardais à compatir aux malheurs de Fernande pendant 2 heures. Regardant d’un oeil la télé et me jetant l’autre très noir, elles me faisaient bien comprendre qu’elles attendaient elles aussi éventuellement un appel, voire même plusieurs.

Cas n° 1, appel pour Pulchérie. Delphine retournait dans sa chambre éplucher un kiwi en claquant la porte (les voisiiiinnnnsss !!!!). Pulchérie utilisait un langage codé que je comprenais parfaitement, ayant eu le même avec ma meilleure amie, Mrs Bibelot n°2. Du coup l’ayant compris elle m’enfermait dans la cuisine, s’asseyait par terre, coincée par la longueur du fil (oui, ce n’était même pas un sans fil, ayant eu des déboires avec le premier, antique, j’étais contre), chuchotait à m’en faire rappeler les locomotives à vapeur de mon enfance, et raccrochait au bout de 2 heures. Elle trouvait donc le repas froid et sa soeur hystérique qui avait dû louper au moins 4 appels. S’ensuivaient des échanges délicieux dont les voisins pouvaient profiter (curieusement je ne les entendais plus s’engueuler…).

Cas n° 2, appel pour Delphine. Pulchérie retournait dans sa chambre potasser ses maths en claquant la porte. Delphine s’allongeait par terre et chuchotait à son tour, tout en changeant de position toutes les 30 secondes à peu près. A plat ventre, sur le côté en se grattant le pied, sur le dos les jambes en l’air, reptations illimitées, pour terminer les jambes en l’air appuyées sur le mur (d’où la photo d’illustration). Elle raccrochait au bout de 2 heures et retrouvait sa soeur hystérique et le repas froid elle aussi. Elle s’en fichait totalement, mangeant de tout, à l’époque, et dans tous les états. Bien évidemment elle rétorquait à sa soeur et en faisait profiter les voisins, mais je m’en fichais, le film ayant commencé.

Delphine était la championne toute catégorie du « je me précipite sur le téléphone sitôt rentrée à la maison », (comme moi jadis et cela tapait sur le système de maman, je ne me demande plus pourquoi).

A savoir que Delphine était partie pour le collège le matin avec Marine. Qu’elle y avait passé la journée, toujours avec Marine, qu’elles rentraient ensembles, l’autre habitant quasi en face, parlottaient 2 heures en bas de l’immeuble. Le temps de monter l’escalier, de se poser (compter 1 minute 60 maximum), elle se ruait sur le téléphone pour appeler Marine et commençait sa gymnastique.

Ayant besoin de l’appareil pour mon propre usage, j’étais dans l’obligation de tourner à la mère indigne et d’exiger un « raccroche immédiatement où c’est la baffe, j’ai besoin du téléphone », quand j’attendais un appel ou éprouvait le besoin d’en passer un.

Elles raccrochaient donc, l’une et l’autre me fusillant du regard et quittant la pièce avec un air de princesse outragée très au point. Je prenais donc le téléphone, m’apprêtais à décrocher quand drrriiiiinnnnng !

L’appel attendu ? Non Mrs Bibelot me signalant que ma ligne avait été en dérangement pendant 3 heures, où cela avait sonné occupé pour elle tout le temps. « Mais puisque je t’ai en ligne ma chérie »…

Les deux filles se rongeant les poings dans leur chambre…

1 téléphone par personne de sexe féminin, c’est un minimum…

Est venue l’époque du portable où seule Delphine demeurait à la maison (snif). Hors à l’époque appeler un portable d’un fixe c’était la ruine garantie. J’ai d’ailleurs reçu une note de 1 500 F un jour et demandé à France Télécom « j’exige des explications ». J’ai reçu la facture détaillée et crisé à la vue du nombre d’appels que Delphine avait pu passer sur des portables. Facturation détaillée donc, et achat d’un sans fil que je pouvais coder pour interdire l’accès à certains numéros (je n’ai jamais réussi à bloquer le fatidique 06, mais la facture a fait une chute libre quand j’ai précisé à Delphine qu’il y avait un espionneur de numéros composés sur ce téléphone).

Pas grave, munie du sans fil, quand on l’appelait, elle pouvait faire les pieds au mur ou la chandelle dans sa chambre pendant des heures, à l’abri d’oreilles indiscrètes (moi) (d’où la photographie d’illustration) jusqu’à complet déchargement des batteries.

Maintenant je n’ai bien évidement plus la facturation détaillée… mais tout de même, ma facture a dégringolé significativement après le départ de ma dernière fille…

La vie n’est qu’un long calvaire…