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Le somnambulisme et moi (je… d’abord) (3)

SomnambulismeJ’étais toujours une somnambule “soignée sans grands résultats”,  le médecin constatant que les lieux où je dormais avaient visiblement de l’importance, car nous revenions de Bretagne (que j’adore) où je m’étais levée toutes les nuits,  quand il se passa quelque chose d’important dans ma vie : mes premières règles, et maman se  contrefichant royalement de ma gêne, quand elle proclamait à tout le monde (était-ce important pour le pharmacien ? le poissonnier ? le boucher ? etc ? ) “c’est une jeune fille maintenant ! “On me complimentait, j’étais rouge de honte.

Pour les filles j’ai évité de clamer la nouvelle, sauf dans la famille en demandant à ce qu’on évite les compliments. Maintenant il paraît que ces demoiselles informent elles-mêmes tout le collège, et finalement, c’est tant mieux.

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Posté le 25 novembre '17 par , dans Chroniques d'une vie ordinaire, Dans la série Diabolique. 6 Commentaires.

Comment mourir bêtement dans l'indifférence générale…

C’est simple, soit vous sentez que vous allez y passer, et vous filez directement au cimetière pour faire gagner du temps à tout le monde. Les cimetières sont assez peu fréquentés en dehors de la Toussaint, donc, théoriquement, vous pourrez vous allonger sur une pierre tombale et crever tranquille.

Soit vous vous décidez à avoir LE malaise, devant tout le monde. Là il vaut mieux qu’il y ait beaucoup de monde. Car tout le monde se dira que quelqu’un fera  bien quelque chose, et s’en ira en comptant sur un “autre” hypothétique.

La mort de madame Vampire a été un concours de circonstances fort malheureux. Certains me diront “c’était son heure”. Mais là, tout le monde est un peu révolté…

L’un des 5 enfants de madame Vampire est handicapé mental, placé dans une institution assez similaire à celle où vit ma soeur. Il était en “permission” chez sa maman pour la semaine n° 1. Et il voulait une soupe de légumes…

Il est juste capable de descendre le chien (sans queue) 3 fois par jour, et madame Vampire a toujours refusé les propositions de ses voisins, de lui faire 2 ou 3 courses en cas de besoin (dont les miennes, car je sors tous les jours, contre vents et neige marées).

Hors là, nous venons enfin de tout savoir (parce que c’est un truc à épisodes), madame Vampire avait besoin d’une botte de poireaux, de 3 carottes, de deux litres de lait et d’une douzaine d’oeufs.

Juste le jour où d’ailleurs, je vais faire mes courses à Rampion. Sauf que la malheureuse était très matinale, et moi pas (tout le monde sait ici que je suis insomniaque et que je hante les blogs à 4 H du matin). Il n’empêche qu’elle serait venue me sonner, vu le froid, le temps, et le reste, je serais allée lui faire ses courses (ça m’arrive pour d’autres), et qu’elle serait toujours là.

Bref : malgré l’interdiction de sortir quand il fait en dessous de 0°, madame Vampire a décidé d’aller faire ses courses à Rampion. Cela lui a pris une bonne demie heure pour gratter sa voiture, elle est remontée chez elle pour préciser à son fils qu’elle ne se sentait pas bien, et puis elle est repartie. Ce n’est pas lui qui aurait appelé le SAMU ou un médecin, ou qui aurait tyrannisé sa mère pour qu’elle se repose et se remette, avant d’appeler quelqu’un (dont un voisin éventuellement). Ce n’est pas de sa faute. Ma soeur face à un problème de ce genre serait totalement inefficace.

Quant à elle : “fi donc, un malaise, j’ai accouché 5 fois, et je ne prends pas mes médicaments”. Elle était de ceux qui pensent en effet, qu’un remède est toujours pire que le mal et ne risquait pas de creuser le déficit de la SS (la Sécu !)

Donc la voici partie pour l’ouverture de Rampion à 9 H. Elle fait ses petites courses, elle monte dans sa voiture, boucle les portières et là, sans doute se sent mal parce qu’elle prend son portable pour appeler chez elle. L’heure indiquée par le portable et la réception de l’appel est formelle : il est 9 H 30.

Le fils répond au téléphone, mais n’entendant qu’un souffle rauque, raccroche. Ce n’est pas lui qui va vérifier qui a appelé, ni faire quoi que ce soit…

Là, Madame Vampire s’écroule sur son volant. Si c’était mon cas cela mettrait en marche le klaxon, mais pas pour elle. Elle a dû retenter un appel car on trouvera le portable complètement déchargé.

Cela ne dérange personne de voir une personne avachie sur son volant.  Surtout une dame âgée qui n’a rien de la personne en train de cuver son cognac… C’est mon voisin du dessous d’en face qui, se rendant à Rampion à pied (il est sportif et en bonne forme), qui reconnait en même temps madame Vampire et sa voiture.

Madame Vampire toujours avachie sur son volant (c’est ce qu’il a remarqué en premier en passant à côté de la voiture). Donc il appelle immédiatement les pompiers qui sont à 50 mètres et arrivent en moins de 3 minutes.

Il est 11 heures 30 ! Combien de personnes se sont garées de chaque côté de cette voiture ? (c’est jour de marché en plus), combien auraient pu la voir ?

Non, en fait, je pense que personne ne l’a vue… Qui regarde ce qu’il se passe dans les voitures voisines ? Savons nous encore regarder autours de nous ? Beaucoup errent dans le stress et l’urgence et ne voient plus que le bout de la route, leur vision périphérique venant à manquer cruellement.

Quand les pompiers sont arrivés, il leur a fallu péter d’abord la portière pour sortir madame Vampire, et pour tenter le tout pour le tout (défibrillateur).

Mais il était trop tard. Le coeur un peu trop affolé était une chose, l’hypothermie en était une autre, le mélange des deux étant fatal…

Heure déclarée du décès : 11 H 55. A savoir que quand elle s’est avachie sur son volant, il lui restait du temps à vivre, et qu’une intervention musclée était possible…

Et il n’y avait pas de vitres teintées qui empêchaient de la voir, car on ne passe pas son temps à regarder ce qu’il y a dans les autres voitures…  Le voisin l’a vue tout de suite, sans tout de suite reconnaître la voiture.

Nous osons juste donc espérer qu’effectivement personne d’autre ne l’a vue.

Combien passent à côté d’un drame sans vouloir le voir, en espérant que quelqu’un d’autre “s’en occupe”, pour l’oublier aussitôt ? D’où l’obligation de légiférer sur la “non assistance à personne en danger”.

Tout était rassemblé pour le “pas de chance” :

  • Une envie de soupe chez le fiston. Sans cette envie, elle ne serait pas sortie.
  • Des médicaments pas pris depuis 3 jours, car généralement un des enfants passait un jour sur deux pour vérifier. Là il y avait eu des imprévus pour lesquels ils s’en voudront toujours.
  • Le klaxon non déclenché en s’écroulant sur le volant, parce que situé ailleurs
  • Une température bien au dessous du 0° autorisé
  • Un effort fait alors que “défendu” (le grand dégivrage de la voiture, car elle ne pouvait pas se contenter de dégager ses vitres)
  • Le fait que personne ne regarde dans les voitures voisines…
  • Le fait que personne ne remarque en s’en souciant, une personne avachie sur son volant (j’ai eu le cas une fois, j’ai cogné à la vitre, à l’haleine et au ton du monsieur qui dormait, j’ai compris tout de suite…)

Et c’est là que les cow-boys vont arriver, pour les voisins…

Posté le 13 janvier '10 par , dans Coup de gueule. 30 Commentaires.