BON ANNIVERSAIRE DELPHINE !

Anniversaire_des_filles_57210832Delphine a eu  22 ans ce 12 octobre à 1 H 35 du matin… Pulchérie aura 25 ans le 18 décembre à 17 H 05…. (oui je sais c’est précis, mais le moment exact où l’on chie sa pastèque, on s’en souvient toute sa vie) (vous saurez ce que c’est que de chier une pastèque, je ne vous ai pas fait les naissances…)

Et là c’est tout bête mais je cafarde à mort (enfin presque) et je ne vois pas pourquoi je ne vous en ferais pas profiter. Vous n’êtes pas ici que pour rigoler, non mais sans blague ! (et puis en plus ce serait trop facile !).

Pour les filles l’anniversaire c’est super sympa parce qu’on fait la fête avec papa d’un côté et maman de l’autre, encore qu’atteindre le quart de siècle soit douloureux pour la grande (laissez moi rire et mes parents plus encore, c’est horrible dans ma têtes ils ont toujours 40 ans et moi 20…). Pour moi fêter l’anniversaire des filles, c’est désormais comme fêter celui de mes parents : il y en a deux qui tirent devant et deux qui poussent derrière et cela devient difficile. Plus de garde fou devant les parents. Quand je suis née j’avais les grands parents et des arrières grands parents devant, j’étais à l’abri. Maintenant je suis en deuxième ligne et je prends de la bouteille… Arrivera un beau jour  un chiard qui me poussera encore plus (et mes parents avec, tout le monde n’étant pas comme le père de Mrs Bibelot qui se croyait immortel, pensait connaître ses arrières arrières arrières petits enfants, et prenait à la banque des placements sur 20 ans à 85 ans pour en discuter à l’échéance)

Ce qu’il y a de terrible, ce sont les souvenirs si vivaces que l’on ne peut pas les vivre comme on l’aimerait. Généralement le cafard me prend 1 mois avant l’anniversaire. Donc pour Delphine dès le 12 septembre (si vous suivez j’étais en plein dedans depuis un petit moment !) je gamberge en revivant mon 9ème mois (le plus long !). Pour Pulchérie cela m’attrape le 18 novembre sur un ciel de traîne, pour le même motif, donc en toute logique dans la foulée, et en plus il y a les « fêtes » en perspective, qui n’en sont plus vraiment depuis qu’il manque trop de monde, qu’elles ne sont là qu’une année sur 4 (au mieux, je parle des filles) et que le père noël n’existe plus, ce que j’ai découvert en regardant Friends, ça m’a sciée et bouleversifiée.

Je me revois avec mon gros bidon, genre mongolfière en pleine ascension, épanouie, confiante pour la naissance (pour l’aînée seulement, pour la cadette, échaudée, j’avais fait aiguiser un couteau de chasse et scier un fusil par papa, pour menacer le personnel de la clinique en cas de non intervention de la péridurale dès que possible), tout bien prêt, heureuse et jeune, confiante en l’avenir. Et dès que Delphine me dit « dans un mois c’est mon anniversaire ! » (en rythme, faut connaître), clac, le couperet tombe. 22 ans aujourd’hui. Comment 20 ans de ma vie ont-ils pu se dissoudre de la sorte ? Je dis 20 parce que pour l’instant c’est 20… Dans 10 ans si je vous saoule toujours je dirai 30…

Je me revois quand on me l’a mise dans les bras, ignorant tout ce qu’il allait m’arriver (heureusement, je n’aurais eu que la force de la laisser choir par terre), et Pulchérie soudain très grande par rapport à sa soeur, venant rendre visite à la nouvelle venue dès 14 heures, et s’extasiant sur ses petits doigts et ses petits pieds et m’en voulant de l’abandonner pour quelques jours (en posant ses mains sur mon ventre en me demandant où diable était le bébé..). Je revis aussi la naissance de Pulchérie (dans la douleur comme dans la bible, et toute la salle d’accouchement poussant avec moi, leurs efforts étant 100 % négligeables). En fait, dès que j’attaque la naissance de Delphine, je me fais au passage celle de sa soeur, ce qui fait que je sais pourquoi le dernier trimestre de l’année + un mois (janvier c’est mortel) sont pour moi « maudits » (en plus beaucoup de disparus à cette époque là…). Non pas maudits parce que je les ai eues mes pupuces, j’en aurais bien pondu encore plusieurs (des filles surtout), mais parce que tout a passé trop vite…

Je revois les premiers sourires si merveilleux, les grosses larmes plein les yeux du chagrin à consoler absolument, les premiers aheuuu, les petits bras tendus vers maman tout le temps, le petit visage plein d’espoir levé vers moi parce qu’il fallait que je dise « vazy » et qu’elles me sachent derrière elles en comptant sur moi, le premier jour d’école, les premières grandes vacances quand elles pensaient en avoir terminé avec l’école définitivement « ben maman c’est les GRANDES vacances ». J’entends leurs petites voix (c’est fou la mémoire des voix), leurs questions, leurs discussions. Je les revois jouer et mettant le bazar partout, en me demandant des crèpes  à ma confiture et en riant avec le chien et le chat qui sont eux aussi partis… Je les revois plus grandes, causant, discutant avec moi de choses parfois graves. Je revis nos soirées de 3 filles seules à la maison où on écoutait de la musique choisie à l’unanimité en discutant des grands problèmes de la vie jusqu’à deux heures du matin en rigolant bien (ne jamais se laisser abattre). Tout cela m’attendait à leur naissance, et c’est déjà derrière moi… Elles croquent dans la pomme et moi j’attaque le trognon… (les mecs, restez à vos patates et à votre boeuf !)

Je me revois aussi, triste et anéantie, et pas à la hauteur pour elles à certaines périodes et je m’en veux toujours. (Si c’était à refaire je me shooterais au tranxène pour tenir le coup, mais à l’époque je ne voulais pô, il m’a fallu plonger un jour dans le 356ème dessous pour m’y résoudre, contrairement à ce qu’elles pensent, à contrecoeur). Elles étaient tristes et je n’y pouvais rien, sauf faire semblant et mettre ainsi un  pansement sur une blessure ouverte, donc je ne l’ai pas fait.

Leur enfance a passé tellement vite alors que la nôtre n’en finit pas de se traîner (c’est dingue, jusqu’à mes 16 ans, j’ai l’impression d’en avoir vécu 50)… Je cafarde un peu parce que forcément le temps a coulé trop vite… L’estuaire du fleuve se rapproche et j’ai perdu trop de temps. Sans le savoir. Je vous le dis mais cela ne sert à rien : on le sait toujours trop tard et c’est pour cela que l’on sait : parce qu’on ne peut pas remonter le cours du fleuve et que l’on comprend soudain où l’on est. On ne peut pas revivre le passé en en profitant plus (et j’ai tout fait pour en profiter), et en le changeant (pour pire peut-être). Je vous dis simplement : CARPE DIEM ! C’est VRAI, sauf qu’on nous l’apprend à un âge où l’on ne peut pas comprendre (mais on s’en souvient un jour).

Leurs bêtises et leurs disputes, leurs musiques et leurs fouillis, leurs bricolages, tout cela me manque, même si c’est aussi un plaisir d’avoir des enfants adultes.

Et je me dis qu’un jour j’aurais un petit fils ou une petite fille (ou alors les deux !) à qui j’apprendrai plein de trucs. A qui je ferai des crèpes. A qui je raconterai les bêtises de maman (et oui les filles c’est comme ça… vengeance…) et qui croira au père noël (certainement chez Albert, mais ça, je ne veux pas y penser).

Un jour je referai un sapin et une crèche, pour quelqu’un qui me demandera si j’ai connu Jules César, Charlemagne, Louis XIV… Je ferai un peu partie de la préhistoire pour un gamin qui découvrira que le téléphone portable n’existait pas quand j’étais petite, que mamie a vécu à la campagne avec des toilettes dans le fond du jardin, sans lecteur DVD et sans TV mais avec un « tourne disques ». Je lui raconterai à la bougie (c’est mieux, je couperai le compteur), qui étaient ses arrières grands parents, et les autres, que l’on mangeait bien quand j’étais petite. Et je lui apprendrai ce qu’est un cèpe ou un coprin chevelu, un chêne, un hêtre, un bouleau, et que mamie n’a pas d’anniversaire… (en lui rappelant celui de sa mère). En plus on jouera aux 7 familles avec Disney…

Bon je sais je suis nulle sur ce coup là, mais du 12 septembre au 1er janvier inclus, je broie souvent du noir (je m’en vas vous faire Noël avec allégresse promis, je vais vous tuer le mythe avec dérision)… Alors là je prend les devants… Surtout que cela fait 5 personnes qui me téléphonent pour me rappeler que :

L’anniversaire de Delphine (samedi 14 au soir grève de blog ce jour là) = buffet froid
= ne peut pas se faire sans salade vietnamienne que je réussis si bien alors on me remercie de ne pas l’oublier (je ne risque pas…) 

Et mon chagrin tout le monde s’en fout (qu’elle ait déjà 22 ans et que cela ait passé trop vite). Pas de bol, du coup, ça tombe sur vous, mais je ne peux pas toujours vous parler d’Albert…  D’un autre côté ma soeur commence son petit cafard avec mon neveu qui va avoir 9 ans, mais qu’elle horreur ! Comment le temps a-t-il pu passer si vite ? (je ricane in petto, mais ce n’est pas drôle)

La vie c’est aussi le temps trop vite passé, et en plus un big boss qui choisit un mauvais jour pour venir nous la pourrir encore plus !

Comme dirait Dom, il n’y a pas de hasard…

BON ANNIVERSAIRE MA CHERIE !

Pulchérie aura son tour le 18 décembre, z’êtes là pour en baver…

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