J'aime pas le train…

EndoraPour revenir de Paris, j’ai été bien entendue obligée de prendre le train, la cariole à âne se faisant rare dans Paris. Et puis 45 km en cariole, avec Diabolos mourrrrrrant de faaaaiiiim à l’arrivée malgré la tonne de croquettes que je lui avait laissée samedi, j’ai préféré éviter.

Je n’avais pas pris d’arme cette fois ci, pas plus qu’un quart de pomme ou un quart de flotte (faut suivre), je me sentais en confiance.   Delphine m’a accompagnée jusqu’à Paris Montparnasse parce qu’entre Cité et ma gare de réception, je peux toujours m’égarer c’est certain et puis on avait à parlotter entre mère et fille loin des oreilles de sa soeur (non pas qu’on en dise du mal, mais être deux par deux c’est sympa aussi). J’étais sciée par ma valise (je vous parlerai du coup du billet expiré plus tard et les courbatures feront l’objet d’un post exclusif) et je me suis écroulée dans le premier wagon qui est celui à prendre pour être à côté de la sortie quand en arrive à Champignac en Cambrousse (z’avez qu’à lire Spirou, les vieux, c’est à mourir de rire).

Les flics sont passés en bande de 18 pour faire remarquer à un jeune homme bien sous tous rapports et lisant Quafqua, qu’il n’avait pas à mettre ses pieds sur le siège devant lui. J’ai cru qu’ils montaient dans le train, j’avais tort, ils regardaient juste où l’on mettait nos pieds et SE SONT ROULES UN JOINT SUR LE QUAI, alors que Delphine m’avait fait remarquer que je n’avais pas le droit de fumer sur le même quai ! C’était un peu hallucinant, d’un autre côté ils dialoguaient sympa avec des fumeurs en manque, je peux comprendre (par 18 les flics armés c’est peut-être un peu beaucoup non ? Ou c’est moi ?).

Juste avant le décollage, mais alors juste avant, (après vérification sans doute que les flics restaient bien sur le quai) 6 loubards bien blancs et sans accent (je précise), sont montés dans le wagon. Alors que j’étais seule dans le wagon le jeune homme quafqua ayant décrété aller poser ses pieds ailleurs, ils se sont installés juste en face de moi, à côté et tout et tout, ce qui fait louche tout de suite. Je les ai ignorés mais eux ne m’ignoraient pas et j’étais à 1000 km de la sonnette d’alarme.

Ils avaient un look d’enfer et des idées plein la tête, certainement pas des meilleures… J’en ai eu la certitude dès qu’ils m’ont apostrophée « ça va miss ? » « Miss » ? MOI ? Bigleux en plus… Et puis je n’ai pas gardé les lapins avec ces types avec leurs bottes, leur portable dans lequel l’un criait à un autre qu’il faisait grimper les filles aux rideaux (c’est quoi un rideau au fait miss ?)

On a juste bousculé ma valise. On m’a dit « elle fait quoi la vioque c’est pas une miss t’as plus l’oeil (rires intelligents c’est mieux) elle n’est pas contente que des jeunes sympas s’intéressent à elle ? ». J’ai méprisé, le coeur dans les godasses et révisé mon testament. Le plus moche (bien sûr) m’a fait un clin d’oeil en me précisant que j’avais de beaux restes, ça fait toujours plaisir, quand on me parle de restes ça m’évoque un gigot, et lui ferait mieux de faire un clin d’oeil dans son miroir pour voir comment il est séduisant ainsi…. Je n’avais plus peur, juste envie de lui défoncer la tronche mais pas la santé de l’héroine de Kill Bill (et sa maestria). Sinon je pense que… Ayant laissé mon sabre fabriqué par Atory Henzo à la maison j’ai pris la décision de descendre à la prochaine, en maudissant ma distraction.

J’ai courageusement pris ma valise l’air de rien, ne jamais faire voir à un prédateur qu’il nous fait peur, écrasé le pied du plus moche qui voulait m’empêcher de passer en le fusillant du regard, pour me diriger vers la sortie et descendre à Clamart comme si j’avais fait cela toute ma vie (descendre à Clamart, connais pas). Il a attendu que je descende pour me dire que je ne savais pas ce que je perdais, vu qu’il avait été légèrement tétanisé (tout de même) par mon écrasage urgent de ses arpions et mon regard qui tuait, enfin j’espère. Comme une conne je lui ai répondu « je t’emmerde » une fois sur le quai parce que m’écraser trop, je ne peux pas (il aurait pu descendre avec ses potes, j’ai été conne sur ce coup là). Trop tard pour qu’il descende (heureusement) il était coincé dans le train qui repartait, et moi sur le quai à attendre le prochain train une heure plus tard…

Quand le train suivant est arrivé deux siècles après, j’avais toujours peur et envie de chialer, mais à 48 ans ça n’attendrit plus personne. Je me suis assise à côté d’une famille sympa, la maman m’a dit que je n’avais pas l’air bien et m’a proposé des chips (elle pensait que j’étais en hypoglycémie). Je déteste les chips alors j’ai lâché le morceau en restant digne (enfin j’espère). Du coup elle m’a proposé un coca et j’ai eu envie de chialer une fois de plus parce que je déteste le coca, que je ne pouvais pas lui faire de peine et que du coup je l’ai bu et le coca excusez moi, mais c’est atroce, ça devrait être interdit par la loi en ce qui me concerne.

Ca tombait bien, ils descendaient à la même station que moi. Ils m’ont ramenée en voiture chez moi car j’étais incapable de marcher tellement j’avais la bloblotte… et qu’ils sentaient bien que sur les 800 mètres à faire à pied je n’étais pas top. Ils m’ont demandé mon n° de tél pour vérifier que je ne m’ouvrais pas les veines en rentrant (je les ai rassurés, MAIS ILS ONT APPELE C’EST SUPER) Je me suis dit qu’il y avait des gens bons sur terre et j’ai remercié en regrettant de ne pas avoir de pain à l’ail à leur refiler (les pauvres). J’ai pensé à mon petit fils Georges lancé dans cette jungle avec des parents indignes qui lui font des calins et lui donnent à manger quand il a faim. Je me suis dit que ce n’était pas grave parce que j’étais entière, que si cela se trouve je ne risquais vraiment rien, et que j’avais passé une bonne soirée la veille. J’ai effacé tous les messages de ma boite mail blog toute seule tant j’étais perturbée quoi que pas au point de négliger de me précipiter sur le net. J’ai fini par pleurer un bon coup avant de reprendre une vie normale (je me suis fait 2 masques dans mon bain rapport à la pleuraison, mais bon le lendemain matin je ressemblais à une grenouille abligeoise tout de même et ça craint).

La prochaine fois que je pars à Paris, je prends mon cran d’arrêt, une bombe de gaz lacrymo et un pistolet à eau chargé en jus de citron pour tirer dans les yeux : ça les fait briller ! (du coup c’est malin, je vais baliser tous les jours en sachant les filles dans le métro à longueur de journée, ces innocentes…)

La vie n’est qu’un long calvaire. JE HAIS LE TRAIN ET LES TRANSPORTS EN COMMUN.(Non Pulchérie tu n’y échappera pas, je viens avec Mrs Bibelot qui viendra visiter son premier arrière petit fils dans 3 semaines, mais je n’ai même pas peur parce qu’elle aura ses petits ciseaux pliants…)

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.