Je suis écolo : je couve…

M_sange_GA10426Pulchérie ne manquait pas d’idées, on l’aura deviné (ou alors on manque autant d’intuition qu’une pompe à vélo). Je me dis que si sa soeur avait été du même acabit, je vous écrirais de St Anne… (remarquez que vous ne savez pas tout de Delphine : son tour viendra (sauf qu’avec elle c’est vachement compliqué, il me faut pleins d’autorisations)

Donc elle (Pulchérie !)  allait régulièrement se promener avec sa meilleure amie : Vivie. « Interdiction d’aller vous promener n’importe où les filles, les bois sont plein de violeurs potentiels de pré-adolescente, d’exhibitionnistes, voire pire encore » (je savais de quoi je parlais même si je n’étais plus pré-adolescente…).

« Vi maman chérie » (cause toujours !). Elles avaient 11 ans et quittaient le CM2. Elles étaient grandes, et de plus en plein émoi écologiste à mort, traquaient par exemple les mégots dans le village de mes parents qu’elles nous rapportaient scrupuleusement.

J’apprends un beau jour qu’elles vont se promener au lieu dit « les buissons », régulièrement. Mon sang ne fait qu’un tour. C’est un de mes endroits de prédilection quand je vais promener les chiennes, dont ma malinoise. Et un certain jour, devant un homme, soit-disant inoffensif (on dit toujours que les exhibitionistes sont inoffensifs, mon cul !), me déballant son service 3 pièces (pas à montrer à mon avis, mais il ne le partageait pas), j’avais été bien contente que ma chienne sente que j’avais peur. Elle lui avait sauté dessus et je me demande toujours si elle n’avait pas mordu ce qu’il fallait. Bref. Personne n’a porté plainte pour défigurage de service 3 pièces. Moi j’ai tout de même téléphoné à la gendarmerie qui m’a confirmé qu’il y avait eu attentat sexuel et attouchements, dans ce secteur précis. J’ai donc changé un de mes endroits de prédilection.

J’appelle la mère de Vivie : les filles n’ont pas à aller se promener n’importe où, même deux par deux. Moi, même armée de ma chienne très efficace pour la protection rapprochée quand j’ai peur (elle le sent), j’ai un cran d’arrêt avec moi (oui c’est moi…). La mère absente toute la journée s’insurge contre sa fille.

OK, elles cèdent. Elles iront tous les soirs se promener sur le stade. Rien à redire. Là il ne peut rien leur arriver, à moins que des extra-terrestres ne décident d’atterrir là. Mais voyez-vous on ne peut pas tout interdire à ses mômes sous des prétextes aussi fallacieux…

Donc il ne pouvait rien leur arriver à ELLES. Je reste formelle. Par contre tout le monde n’était pas protégé sur le stade.

Un beau soir, voiloù Pulchérie et Vivie, découvrant sous un sapin sous lequel elles avaient décidé de parlotter (quelle curieuse idée !), un nid d’oiseaux, avec des oeufs dedans et pas de parents.

J’avais dit et répété de ne jamais caresser un faon sur lequel on pouvait tomber par hasard, que les parents n’ont jamais abandonné leur couvée, progéniture, etc… J’avais dit et répété que les parents se sont juste barrés en nous entendant arriver. En bonne petite fille et fille de chasseurs, élevée dans la nature, j’avais seriné l’essentiel aux filles.

« Vi maman chérie » (cause toujours).

Pulchérie devant les oeufs abandonnés décide de les couver. J’imagine bien la détresse des parents planqués non loin en la voyant s’allonger sur le nid en demandant à Vivie d’aller lui chercher à manger, vu qu’elle va devoir couver un certain temps (tout pour louper la dernière semaine d’école : Pulchérie ? elle couve !).

A peine le temps de voir arriver Vivie en quête d’un casse croûte, d’un quart de pomme (faut suivre) et d’un peu à boire, que voici ma progéniture arrivant la tête basse, le T shirt plein de jaune d’oeuf.

« Je ne sais pas comment font les oiseaux, mais moi j’ai toussé et ça a fait splotch ! »

D’après les débris rapportés, il s’agissait d’un nid de mésanges. Vu l’époque, nous n’avons pu que prier qu’elles aient pu remettre une couvée en route ces pauvres mignonnes petites bêêêtes.

Et sur ce coup là, comme j’étais une mère indigne, Pulchérie s’est prise une claque à lui démonter la tête + une semonce de son grand père :

« Mais enfin on t’a dit et répété… »

« Vi » (cause toujours)…

La vie n’est qu’un long calvaire, surtout pour les oiseaux ce jour là… D’un autre côté une de mes filles peut déclarer fièrement qu’un jour elle a couvé… On se demande pourquoi pas plus de fermières devant l’absence d’une poule vraiment pondeuse, n’ont pas décidé de remplacer la poule…

Edit du soir : espoir : alors je dois avouer que j’avais bien visualisé ma fille en train de couver (de toutes manières elle était capable de n’importe quoi), mais maintenant de m’en imaginer d’autres (hem !) en train de faire du bouche à bouche à un hamster ou autre, je suis au bord de l’apoplexie tellement j’en rigole (pauvres petites bêêêtes…)

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