Les filles et le foulard islamique…

SourireSuper coup des filles, que j’ai failli oublier… Heureusement Pulchérie a évoqué les accessoires dont foulards sur son blog (je sais que je date, mais j’ai 150 posts d’avance)

Nous avions vu le film « jamais sans ma fille », et on commençait vaguement, oh, très vaguement à parler du port ou non du foulard à l’école, collège, lycée. Bref on en parlait tout de même, mais cela restait discret. Dans le film on voit la technique adoptée par la femme pour mettre en place son tchador ou foulard…

Mrs Bibelot et moi avions l’habitude d’aller faire un tour le soir, quand le programme TV n’était pas à la hauteur. Donc souvent. C’était l’époque merveilleuse où j’étais revenue chez papa et maman avec mes deux filles, en attendant des jours meilleurs… (oui époque merveilleuse où j’étais encore un peu nnocente et les filles à la maison)

Un beau soir d’hiver (et de match de foot que Delphine aimait bien regarder avec son grand père, parce qu’il la faisait rire avec ses commentaires), nous voiloù décidant d’aller faire notre tour. Et Pulchérie décide de nous accompagner.

Elle s’habille bien, demande un foulard à sa grand mère (« cette petite est pleine de sagesse, tu devrais mettre un bonnet ma chérie, il fait froid ») (je déteste avoir quelque chose sur la tête, c’est comme ça, et personne n’a réussi à me trainer en Sibérie inférieure par moins 40° pour me prouver que si, c’est possible et utile).

Pulchérie se noue bien le foulard, et fait deux clics comme dans le film (« jamais sans ma fille », suivez un peu). Me voici avec la chair de ma chair qui porte un tchador un peu trop coloré, mais bon, ça fait tchador tout de même.

Au bout de 300 mètres, elle m’énerve.

  • « Pulchérie met ton foulard correctement ».

  • « Non, je fais cela en hommage aux petites filles que l’on oblige et que l’on voile, que l’on torture et que l’on enterre vivantes ». (GLUPS)

  • « Cette idée est merveilleuse et toute à ton honneur ma chérie (elle a quel âge déjà ?), mais là, personne ne peut apprécier le geste, il fait nuit et nous n’allons croiser que des voitures » (retire ton foulard, tu m’énerve grave ! et ma mère qui se tait lâchement)

  • « Je garde mon foulard comme ça et plutôt mourir que de le retirer ». Qui va brutaliser sa fille sur un bord de route pour une histoire de foulard, devant la grand mère 200 % pour sa petite fille ? Pas moi en tous cas, mais j’avais les nerfs devant sa tronche de cake (parfaitement !) sous foulard islamique.

Le temps passe, l’idée fait son chemin, on parle de plus en plus de ce fichu (!) foulard. Je travaille chez mon avocat déjanté. Appel : c’est le collège. Je m’inquiète bien évidemment : c’est forcément Pulchérie qui s’est ruiné une jambe ou un bras en grimpant où c’était interdit…

  • « Madame Dabra, pouvez-vous venir récupérer votre fille qui refuse de retirer son foulard ? »

  • « Quel foulard ? et quelle fille ? » (c’était une des deux années fatales où elles y étaient toutes les deux, au collège, suivez vraiment)

  • « Son foulard Islamique, elles sont cinq à le porter aujourd’hui »

  • « Vous plaisantez ou quoi ? Mes filles ne sont même pas baptisées… »

  • « Je ne vois pas le rapport, (il y en a un pourtant, il n’est pas question de religion dans la famille)  Delphine porte un foulard noué à l’islamique et refuse de le retirer » (v’la la cadette à présent, qui s’y met)

  • « Passez là moi, s’il vous plaît, merci d’avance ! »

  • « Delphine qu’est-ce que tu fais avec un foulard islamique sur la tête ? »

  • « Ah Mouth, je t’ai emprunté ton beau foulard de chez Souleïado (ben tiens, pas folle la guèpe, elle n’a pas pris le plus moche) … Bah, c’est en hommage aux pauvres petites filles (etc…), avec Mariette et Gloriette et d’autres, on a décidé de marquer le coup »

  • « Tu me retire ce foulard illico ! »

  • « Plutôt mourir ! » (Sainte Blandine : c’est ma fille)

  • « OK j’arrive ! Tu vas regretter de me faire quitter le boulot en plein rush… » (privée de TV et de chaîne stéréo pendant 8 jours, Sainte Blandine préfère se récuser…)

  • « Bon, je cède » (là j’ai été super mouth super autoritaire)

  • « C’est bon madame, elle l’a retiré. Je vous passe votre deuxième fille ou elle va céder aussi  spontanément ? »

  • « … (intraduisible) » « Non, passez-la moi ! »

  • OK je cède, d’ailleurs, j’étais en train de céder… Je t’imagine, je ne sais pourquoi, de mauvaise humeur…

Delphine et ses meilleurs copines, Pulchérie et sa Vivi (vous entendrez parler de la meilleure amie de Pulchérie) portant le foulard… Oubliant de préciser avec banderole « en hommage aux petites filles enfermées sous un voile, etc, etc… » pour éviter l’esclandre, et que l’on appelle les parents n’importe quand et n’importe comment…

Et ne venez pas me dire que la vie n’est pas un long calvaire…

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